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J’accuse à tort et à travers

Les fiancés de la régulation : Lobbying Juridique et Manipulation Médiatique

L’affaire du « Que sais-je » disparu : le juge Gomez interroge les grands témoins
par Tiresias et ARNO*
 

La guerre idéologique pour préparer l’opinion et faire pression sur les parlementaires, en vue de rendre encore plus répressif le projet de Loi sur la Société de l’Information, se poursuit sur les divers champs de bataille, dans des configurations diverses. Le 4 septembre, le terrain est celui du Tribunal de Grande Instance de Paris, l’équipe d’intervention idéologique est composée principalement d’un philosophe et du Nouvel Obs.

Sous le regard bienveillant de Libération, qui médiatise comme il convient. C’est à dire dans le même sens, sans rechigner à la manipulation des représentations mentales, voire, comme on le constatera in fine, au mensonge.

Généraliser...

On peut lire d’entrée de jeu que « le "procès de l’Internet" a repris hier au palais de justice de Paris avec un premier défilé de "grands témoins ». Il faut, bien sûr, le dire ainsi, afin de remonter la portée du débat, et de faire bon usage des raccourcis qui parlent de manière frappante au lecteur et le disposent d’avance négativement vis à vis du défendeur ; il eut été moins efficace, sans doute, d’annoncer un procès inepte qui vise des fournisseurs de service pris dans le Bottin. L’article d’Édouard Launet répond ainsi au délire de sa commère Emmanuèle Peyret, qui dénonçait quelques jours plus tôt les « Pièges à enfants sur la toile néonazie » ; en tranformant le procès d’un hébergeur de sites racistes (Front 14) en procès des fournisseurs d’accès, puis en « procès de l’internet », juste après une nouvelle évocation racoleuse des pédo-nazis de l’internet, Libération fait le choix très clair de s’éloigner du droit au profit d’une morale de pacotille.

Puis, après la généralisation abusive, le caractère exceptionnel : « jamais auparavant des fournisseurs d’accès français n’ont eu à répondre à une demande de filtrage ». Certes, l’UEJF avait ouvert le bal en poursuivant, déjà en 1996, les fournisseurs d’accès français (en tirant leur noms du Que sais-je consacré à l’internet) au motif qu’on trouvait sur le réseau des sites négationnistes ; mais on ne va pas demander à un journaliste de remonter aussi loin dans les archives, ni de renoncer à son accroche sensationnaliste.

Ce qu’on aurait pu souligner, à l’inverse, de réellement exceptionnel et de sensationnel, c’est qu’un juge décide de donner autant de retentissement à une affaire qui se heurte directement à l’esprit de la loi d’août 2000, qui affirme que les intermédiaires techniques ne sont pas juges du contenu. Il s’agit donc clairement d’une remise en cause oblique de la loi par le juge, dans le but évident que les amendements de l’année passée soient infirmés par la prochaine Loi sur le Société de l’Information.

...manipuler...

Apprécions les témoignages.

Qu’est-ce qu’un « grand témoin » ? Le juge Gomez, lors de l’affaire Yahoo, avait nommé quelques experts ; cette fois, il préfère des « grands témoins ». Est-ce mieux ou moins bien qu’un expert ? Qu’est-ce que ces témoins ont vu de si important ? On ne saura rien de plus sur le sujet, si ce n’est que le juge Gomez a un goût prononcé pour tranformer des procédures de référé en procès à grand spectacle en agitant un vocabulaire spectaculaire qui plait aux médias.

Parmi les « grand témoins », l’article de Libération expédie les experts techniques en une unique phrase : « Trois experts techniques ont d’abord conclu que, bien qu’imparfaites et à manier avec précaution, des techniques de filtrage existaient et pouvaient être appliquées au niveau des fournisseurs d’accès. » C’est tout ? Ils n’ont rien dit d’autre ? Dans ce cas, pourquoi en faire venir trois ? Ces experts n’ont-ils pas lu l’article de Libération, paru vendredi dernier, du même Édouard Launet, décrivant le système Safeweb, qui permet de contourner avec une facilité déconcertante toute tentative de filtrage des contenus à la source ?

Trois experts qui s’y connaissent étant expédiés en une phrase, le grand témoin Finkelkraut a droit à son paragraphe complet...

« Il ne faut pas laisser se développer l’exception de l’Internet dans l’espace public » . Le thème usé jusqu’à la corde, de la zone de non droit ... « Pour le philosophe il y a un lien entre le Web, "monde allégé de ses contraintes et de ses pesanteurs, épluché du principe de réalité", et le négationnisme "où les vérités factuelles peuvent être changées à volonté". » Ça, c’est de la philosophie ! Un parallèle approximatif tenant lieu de démonstration. Il aurait aussi bien pu établir que le Loft, les romans de la rentrée, les films de Spielberg et les analyses de Finkelkraut sont un monde allégé de ses contraintes et des pesanteurs, épluché du principe de réalité, et par là directement reliés au négationnisme. Dire ça ou rien, ce devrait être pareil, mais pour la médiatisation, on peut le sortir sans honte. Peut-être même le lecteur pressé trouvera-t-il cela profond, qui sait.

Et on poursuit. « Ce lien rend "urgent d’introduire les gros sabots du droit dans l’Internet, pour nous dégriser de cette promesse folle du virtuel". » Le philosophe-sic donne aussi dans la poésie, j’y vois un lien avec Alcools. Et, en passant, pour que le lyrisme soit utile, en rajoute une couche sur le thème du non droit...

Mais tout n’est pas aisé pour les ultras qui ont des problèmes, comme l’avait déjà noté Breton dans le même journal (« ..cette action, qui se situe dans le contexte de l’élaboration de la future loi sur la "société de l’information", rencontre beaucoup de résistances... »). Par exemple : « Aujourd’hui, quand le droit essaie de poser des limites, on invoque aussitôt les droits de l’Homme... » Oui, dénonçons ces dérives droit-de-l’hommistes ! De fait, en opposant les droits de l’Homme et le droit, le camarade philosophe se présente comme l’un des plus beaux fleurons du courant réactionnaire. Historiquement, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 précède l’élaboration du droit démocratique en France, puisqu’adoptée par l’assemblée nationale constituante. Constitutionnellement, elle est le texte de référence de la Constitution et reste le texte le plus fort du droit français. Enfin la philosophie des lumières définit le droit comme l’outil garantissant les droits de l’Homme. Donc, oui, il faut invoquer les droits de l’Homme, c’est même l’unique garantie contre une instrumentalisation réactionnaire du droit.

Autre problème de ces gens : « Les pouvoirs publics devraient réguler, mais craignent de passer pour liberticides. Ils ont eux-mêmes tenu des discours idolâtres sur l’Internet. » Une pierre dans le jardin des corégulateurs, mauvais croyants idolâtres ?

Libération capte aussi le juge, par une citation choisie. « Le juge ne doute pas. Il compare même cet Internet sans régulation à "une centrale nucléaire installée au coeur de la cité" que certains voudraient "exonérer de tout contrôle". Ce qui laisse peu de suspens quant au sens de sa décision. » Après la philosophie approximative, voici le juge qui a déjà conclu alors que les « grands témoins » convoqués par la « défense » ne se sont pas encore exprimés... et qui lance ses grandes déclarations qui n’ont que peu de rapport avec le droit (au fait, qui sont ces « certains » évoqués ici... toujours ces pseudo-libertaires mythologoques ?). Mais on devra s’y habituer : on raconte n’importe quoi (la centrale nucléaire, chapeau ! on ne l’avait encore jamais sortie, celle-là...), on fait la morale dans les tribunaux, et on conclut par une ordonnance délirante.

L’autre équipier du témoignage, Laurent Joffrin, suit la même voie et a décidé de « s’attaquer, "en tant que journaliste", à cette "exception de l’Internet" ». Déjà lu souvent, mais en tant que journaliste, ça doit être censé ajouter quelque chose. On comprend le terme « grand témoin » : ça doit être une sorte de spécialiste en expertise, du genre « je suis compétent parce que je l’ai lu dans le journal »... Ce qui justifie la présence de Laurent Joffrin ici ? Tout simplement d’avoir choisit le même positionnement marketing que son ami Val (« internet c’est caca ») et avoir pondu un éditorial inepte lors de l’affaire Yahoo. C’est une vision épatante du droit (vous savez, sur l’air de « c’est la loi qui libère ») : lors d’un procès, on ne fait pas venir les témoins des événements ni des experts qui s’y connaissent en quelque chose, on convoque un type connu qui est d’accord avec vous.

Pas à une banalité sotte près, il répète « Les opérateurs de l’Internet répondent aux lois des pays où ils sont implantés, tout comme les internautes sont soumis aux lois des pays où ils vivent. » C’est d’ailleurs tellement évident qu’il soutenait exactement le contraire lors de l’affaire Yahoo, lorsqu’il reprochait à l’« opérateur » américain Yahoo de se réfugier derrière le droit américain !

Et le grand témoin, brusquement inspiré, dénonce « les nouvelles féodalités » qui « se parent des oripeaux de la modernité Internet  » Mystérieux. Mais il a raison de protéger les anciennes féodalités, il y est à l’aise, puisqu’il s’interroge ainsi : « Va-t-on maintenir le principe moderne de la régulation de la liberté d’expression ». Encore un beau fleuron de la pensée réactionnaire : qu’y a-t-il de « moderne » à réguler la liberté d’expression (d’ailleurs, prenons Joffrin au mot : en quoi la « modernité » d’une telle régulation serait-elle un élément de légitimité ? Parce que quand c’est nouveau c’est mieux ?) ? Rappelons simplement que, toujours depuis la Révolution française, l’expression n’est pas régulée, elle est au contraire libre tant qu’elle ne contrevient pas à la loi ; la régulation implique une intervention préalable à l’expression (façon CSA et attribution des fréquences), là où l’expression est libre (les dérives sont réprimées à posteriori).

Quant au dernier « grand témoin », « le sociologue Gérard Rabinovitch », promis en introduction de l’article, on ne saura pas ce qu’il a dit. Il n’est sans doute pas suffisamment connu pour avoir quelque chose d’intéressant à raconter.

... et mentir

J’ai gardé le meilleur (c’est à dire le plus grossier) pour la fin. Pour Libération, « Les débats continueront mardi prochain avec l’audition, notamment de Joël Boyer, secrétaire général de la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés), et de Meryem Marzouki, présidente d’Iris (Imaginons un réseau Internet solidaire), à la demande des avocats de "J’accuse" ».

Le mensonge est énorme, et sera assurément mis sur le compte de l’erreur (irrattrapable...). Quoi, quel mensonge ? Tout bonnement, la CNIL et IRIS témoignent à la demande des fournisseurs d’accès, et pas de J’accuse. J’accuse et la Licra n’ont pas trouvé d’organisation témoin (le MRAP est contre l’assignation, la LDH fait silence), ils sont isolés dans leur démarche... Elle est bonne cette manipulation là, en tant que journaliste, l’autre pourrait en dire quelque chose... Comment inventer des alliés quand on n’en a guère, ne t’ennuie pas, ramasse les témoins de la partie adverse.

On attend le sort qui sera fait aux inévitables protestations contre cette captation... Tu vois, Jean-Jacques, prêts à tout ces gars là...

 
 
Tiresias et ARNO*
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Vainqueur 1982 du concours « Chateau de sable » du Club Mickey des Pingouins à Sainte-Cécile.
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> Les fiancés de la régulation : Lobbying Juridique
28 septembre 2001, message de Jean-no
 
Le délire paranoïaque de certains n’a pas de limite. Ils ne semblent jamais s’interroger sur des questions très pragmatiques (ceci ou cela existe-t-il hors du net ? une personne peut-elle devenir néo-nazie par simple connaissance d’une thèse en rapport ?) mais pire, leurs motifs mêmes sont suspects. Je m’en veux de ne pas avoir noté le jour, l’heure, la chaîne et les noms, mais il est passé au journal télévisé, un ou deux jours après l’attentat du World Trade Center, un petit sujet sur la responsabilité du réseau dans l’affaire : le gars de J’accuse expliquait sans rire à une caméra elle-même sérieuse que l’on pouvait apprendre à piloter des avions sur internet (illustration : flight simulator - qui n’est pas un logiciel en ligne mais passons). A quand la définition légale d’un délit de pédagogie ? Quelques heures plus tard, on apprenait que les suicidés avaient sans doute appris à piloter "à l’ancienne", avec instructeurs et manuels, nous voilà rassurés, le sujet ne sera plus diffusé (à ma connaissance). Les terroristes - apparemment pilotés depuis un pays où Internet est à peu près interdit - ont donc servi à dénoncer les "dérives de la virtualité"... Toujours plus loin toujours plus haut dans le n’importe quoi, les amalgames foireux et/ou la mauvaise foi.
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Grand Témoin
8 septembre 2001
 

Sur Gérald Rabinovitch :

C’est visiblement un ami d’Antoine Peillon, puisqu’il est présent sur son site. On y trouve :

-  une biblio. Grosse proportion de postfaces à des ouvrages religieux (Genèse, L’Ecclesiaste, Le Livre de Job). Mais aussi à un livre de Montaigne.

-  un entretien de Rabinovitch par Peillon sur la violence routière : « Les comportements « à risque » sur la route, mais aussi les offres toujours plus agressives du marché automobile, sont des symptômes parmi d’autres -buissonnants- de la perte du sens de la responsabilité et des règles communes dans notre société, au même titre que l’explosion du suicide des jeunes et des sports dit « extrêmes ». » Curieux amalgame entre suicide, sports extrêmes et accidents de la route. On apprend plus loin que « Notre société, en pleine déroute païenne, se laisse fasciner par une virilité qui n’est pas celle de la responsabilité, mais celle de la brutalité. » Bizarres propos teintés de religiosité, de la part d’un sociologue... D’ailleurs, on retrouve le thème du... non-droit, si si, puisque « "La route, lieu où les transgressions sont possibles et même impunies, est devenue cet espace de non-droit qui permet à la société de vivre paisiblement." » (Libération du 16 juillet 2001, qui décidément en bouffe du non-droit...).

-  De curieuses méthodes théologiennes pour analyser le nazisme et la Shoah : « Explorer la figure paradigmatique du Béhémoth, tenter d’en décrire, penser, interpréter, ses traits contemporains conduit à s’engager à long terme sur trois axes de recherche : tenter d’ouvrir des voies inexplorées, ou insuffisamment, pour l’élucidation de l’énigme du nazisme, définir ce que pourrait être une "culture criminelle" spécifique de la pègre comme matrice ou modèle, identifier des symptômes du délitement contemporain (nihilisme culturel, héroïsation de la violence, traits itératifs de la chosification, par exemple), afin de parvenir ensuite à l’interrogation de la récurrence en leur sein de traits qui auraient été amorcés dans les deux objets précédents. »

-  Une position assez explicite sur le conflit israëlo-palestinien.

-  Une communication : « Aujourd’hui la Science, de plus en plus, non comme méthode (qui constitue, elle, une percée rationaliste de l’épreuve de la connaissance) mais comme discours, vient occuper la place de la Religion. [...] La Science ne nous dit rien -comme ont pu le pointer certains psychiatres psychoanalystes, attentifs à ces questions et aux impacts psychologiques qui s’en déduisent- des insaisissables autour desquels tournent les hommes : "Qu’est-ce qu’un Père, une filiation, la jouissance, le courage, la lâcheté, etc.". » Jolie majuscule à Père, en passant, et plus loin un point Godwin : « D’autant que dans sa facette "biologique" - nazie compatible, comme l’Histoire l’a amplement démontré, les scientifiques n’hésitent pas à tripatouiller le vivant (bioengineering), à manipuler les filiations (P.M.A.), à court- circuiter les enchainements générationnels (clonage) et pire encore (fabrication de chimères). » (il oublie de dire que la métallurgie, le catholicisme ainsi que la fabrication de saucisses furent tout aussi "nazi-compatible").

Remarqué quelques termes récurrents : références à la pègre, à la mafia, pour qualifier tout ce qui ne lui plaît pas (à tort ou à raison, d’ailleurs : OLP, nazis...).

a+

Antoine.

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Libé manipulé et complaisant ...
6 septembre 2001, message de Nicomo
 
Libé a passé un paquet d’articles complaisants envers les neuneus en question, et leur cause. Il y a quelques jours, ils pondaient un machin à propos de prétendus sites de propagande néonazie ludiques à l’adresse des enfants. Dans le genre démagogie paranoïsante, on a rarement vu aussi grave.
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> Libé manipulé et complaisant ..., Nicomo, 6 septembre 2001

Oups, pas fini.

Mais en plus, ils se font berner par ceux qu’ils croient dénoncer ! Dans leur dossier (en une !) sur le traité sur la cybercriminalité, qu’il est sensé, on relève ce joyau :

"cybercriminalité (pédophilie, piratage ...)"

Un détail ? Bof ... ce n’est pas moi qui l’ai remarqué, mais une victime (une vraie !) d’actes pédophiles (y’a longtemps, évidemment) qui lisait ma copie du journal. La comparaison entre pédophilie — le pire crime ? — et piratage — non-crime sans victime — l’a choquée, et m’a révolté.

Cette comparaison malheureuse n’est d’ailleurs pas fortuite. Elle est l’une des méthodes gobbelienes utilisée par les lobbyistes de la "propriété" intellectuelle.

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> Libé manipulé et complaisant ..., Pierre Mounier, 8 septembre 2001

Justement pas. Si je me souviens bien, l’article mettait en valeur la stratégie d’indexation, d’information et d’éducation du centre Simon Wiesenthal.

Honnêtement, je trouve cela beaucoup plus intelligent que la stratégie j’accuse. C’est le choix de l’information contre celui de la censure, avec l’idée que le combat contre le nazisme sur Internet passe par une éducation et une information des internautes (surtout des parents en l’occurrence).

Pour moi, il ne faut pas non plus fermer les yeux sur le nazisme sur Internet. Tout est affaire de stratégie, mais cela ne doit pas remettre en cause un objectif qu’il est difficile de contester : faire fermer ces sites.

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> > Libé manipulé et complaisant ..., Nicomo, 9 septembre 2001

Faire fermer ces sites, un objectif ?

Si on a envie de perdre son temps, alors c’est un objectif. Combien de personnes vont voir ces sites ? Peu. Nombre négligeable. Quelle influence ont ces sites ? Aucune.

Faut-il craindre les sites pédonazis ? Or ces sites ne sont rien. Donc il ne faut pas les craindre.

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> > > Libé manipulé et complaisant ..., DS, 10 septembre 2001

Il faudrait que ces sites ferment, où est le problème sur ce point ? Personne ne se plaindra si de tels sites ferment.

Le coeur du problème, c’est que l’association « J’accuse » ne s’attaquent pas aux auteurs des sites. Au contraire, si j’étais un auteur de sites nazis, je serais ravis de voir les intermédiaires techniques se font taper dessus à ma place. Cela me conforterait dans l’illusion de mon intouchabilité.

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> Les fiancés de la régulation : Lobbying Juridique
5 septembre 2001, message de Pierre Mounier
 

Excellent article, bien argumenté. Vraiment ! Il faut dire que vous commencez à avoir de l’expérience en la matière. Une petite question et un gros doute, simplement : 1. Le gros doute : honnêtement, je ne crois pas à la mauvaise foi de Libé sur la bourde finale. Des inversions comme cela, on en voit tous les jours. Mettre un intertitre : "mentir", c’est quand même un peu fort et affaiblit finalement votre argumentation. 2. A mon sens, le fond du problème est que le débat public est monopolisé sur les medias généralistes par des gens comme Fink et Joffrin (et Breton, et...), et que vous, vous vous exprimez sur uzine (qui, excusez-moi de le rappeler, ne touche pas vraiment le grand public). Ma question donc : qu’est-ce que vous attendez pour écrire une tribune dans Libé ? Je l’attends depuis plusieurs jours, mais ma soeur Anne ne voit toujours rien venir. C’est d’ailleurs un peu le problème d’uzine en général : des auteurs convaincus qui cherchent à convaincre des lecteurs convaincus de la même chose. Il faudrait peut-être aller porter le fer en place publique, non ? Sinon, personne n’avancera beaucoup.

Amicalement,

Répondre
> > Les fiancés de la régulation : Lobbying Juridiqu, Tiresias, 5 septembre 2001

Je vais essayer de te répondre à ma manière, qui n’engage que moi.

1. la bourde ou la menterie : c’est strictement équivalent du point de vue de la communication, bien que ce ne le soit pas du point de vue de l’intention. A l’heure qu’il est, et prevenus deux fois ce matin, les Libé n’ont rien changé. On verra demain matin. Après celà, que l’on dise mensonge, ou acte manqué inconscient de qui veut trop bien faire dans un certain sens...Quand demain, il sera dit dans un entrefilet qu’il y eu erreur, ça ne changera rien au fait que plusieurs milliers de personnes auront lu l’article tel que, et pas la rectif. OK, pour t’être agréable ne parlons pas de mensonge, mais d’incompétence et de faute professionnelle (très orientée). Pour le moment, Mentir est le titre qui convient, puisque le fait perdure 12 heures après sa signification.

2. Uzine ne touche pas le grand public, exact. Mais pour publier une tribune dans Libé, ou Le Monde, ce n’est pas si simple, quelle qu’en soit la qualité et ...la modération. Nous sommes sur ce terrain dans un état de guerre idéologique plus dure qu’il n’y paraît quand on en parle de façon plaisante. Ne sont publiés que les copains des copains, ou des personnages connus par ailleurs, y compris dans l’art de la dentelle, par principe de contiguité médiatique.

3. Il n’y a pas que des lecteurs convaincus qui passent ici. Mais aussi des journalistes en quête d’idées ou de formules, des veilleurs, des attachés de politiques qui sentent le vent etc. Après ça diffuse d’une manière ou d’une autre.

4. Mais je suis bien d’accord avec toi... :)

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> > > Les fiancés de la régulation : Lobbying Juridi, 6 septembre 2001

Pas 12 heures, 24 heures...

On peut lire le même genre de présentation dans le nouvel obs :

procès d’une dizaine de fournisseurs d’accès à Internet (FAI) français qui permettent la consultation de sites racistes….

De l’utilité du verbe permettre, qui peut diversement s’entendre…Et de l’inutilité de dire que la consultation n’est pas illégale (à moins que le journaliste ne le sache pas).

 
en ligne : Nouvelobs
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> > > > Les fiancés de la régulation : Lobbying Juri, Nicomo, 6 septembre 2001
Wow ! Quelle horreur ! J’arrive pas à croire qu’ils aient pu écrire un truc pareil.
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