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lundi 23 septembre 2002
Le web de la honte ordinaire

Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes

et à ceux qui voudraient s’en accommoder
par Tiresias
 
 
Des propos inadmissibles, dont les auteurs anonymes n’ont jamais fait l’objet de poursuite, sont accessibles sur le web, à disposition de tout un chacun. Appels à la discrimination, à la haine, voire au meurtre, contre des personnes à raison de leur appartenance à un groupe. L’impunité dont ont jusqu’alors bénéficié les promoteurs de ces ignominies, et tous les intermédiaires techniques engraissés dans cette bauge, me conduit à m’adresser à la justice, contre cette honte ordinaire, celle que l’on ne voit même plus tant elle est ancienne. Mais un jour, basta...

Vaqui l’ora de los corbasses
Per los camins de Mountferrièr
...grand flume, negre poiridièr...

Marti

Mesdames, Messieurs les Procureurs de la République,

Ma fille benjamine, mineure en école primaire, a eu connaissance en navigant de contenus passible des tribunaux. Il n’est en effet pas difficile de trouver des sites de la plus indécente propagande religieuse (nous n’en donnons pas l’adresse pour ne pas leur faire une publicité, mais je les tiens à votre disposition), où même l’enfant innocent peut lire des propos sexistes, homophobes et d’apologie d’actes réprimés par la Loi, telles la cruauté ou le meurtre, impunément médiatisés. Jugez en.

Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de dominer l’homme. Qu’elle se tienne donc en silence [1]

Vous qui craignez le Christ, soumettez-vous les uns aux autres ; femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur. Car le mari est le chef de la femme (...) [2]

Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs (qu’IL) accorde à ceux-là sur celles-ci (...). Les femmes vertueuses sont obéissantes (...) Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. (...) [3]

Ma fille et ses camarades s’estiment insultées gravement par ces propos, et je ne sais que faire pour que cesse ce trouble. Sur le même type de sites, maintenus par des sortes d’associations d’adeptes, elles me signalent aussi l’existence d’une phrase incroyable :

L’homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination qu’ils ont tous deux commise, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux. [4]

Je pensais les apaiser par un vague "bof, y a plein de conneries sur le web", qui ne les a pas satisfaites, du fait notamment que ces divers propos d’ivrogne ou de nazillon sont tous présentés sous le sceau de la vérité. Par exemple : C’est le Livre au sujet duquel il n’y a aucun doute, c’est un guide (...). [5]

Notre rôle éducatif nécessitant une évaluation plus poussée, nous sommes allés voir de plus près. On a aussi trouvé dans ces lieux quelques appels à meurtre et propos va-de-la-gueule d’une grande vulgarité, le tout noyé dans mille autres considérations d’une effroyable niaiserie ou d’une insupportable suffisance. Mal pensé, mal écrit, souvent sordide, toujours complaisant, il est vrai que donner au public les pensées supposées d’un inexistant doit être ardu. Y figurent également des considérations très inexactes sur les plans historique, hygiénique et médical, un statut de l’animal propre à révulser la Société Protectrice des Animaux, des propos de discrimination professionnelle vis à vis d’handicapés, une abondance d’éléments de la superstition la plus triviale, de rituels obsessionnels particulièrement malsains, des conceptions psychiatrisable de l’impropre et de la souillure, l’apologie de la soumission humaine en échange de biens futurs, et nombre de menaces et injures contre les incroyants.

Et afin de parer à la plus élémentaire critique, ces textes comportent aussi des indications signifiant que ceux qui ne sont pas d’accord sont dans l’erreur, et peu intelligents. Un totalitarisme absolu, une odieuse manipulation. On ne trouve pas sur ces sites, et ce n’est pas étonnant, la liste des exactions, assassinats de masse, compromissions, veuleries et abjections commis sous le couvert des livres réputés sacrés.

Je suis ainsi injurié, discriminé et désigné à une possible vindicte comme athée, sans avoir la ressource de l’appel à la loi Pleven sur le racisme, qu’ont, à l’inverse, les religions comme les Nations. Ma fille voit son père comparé au bétail, et quand on apprécie le destin de ce dernier dans les sacrifices à proprement parler puants (les dieux aiment la fumée de la graisse des entrailles), ce n’est pas rassurant pour elle.

Ces textes en libre accès, qui peuvent troubler des cervelles sensibles, sont présentés comme des révélations originelles et un manuel de savoir vivre en société. J’ai demandé à un voisin croyant ce qu’il en était, il m’a répondu "bof, y a plein de conneries dans les Livres", ce qui ne me satisfait pas non plus. Ce doit être un mauvais croyant. Un autre attire mon attention sur la lecture symbolique qu’il faut en faire, la contextualisation, et patati patata. Mon oeil.

Il me semble que si j’écrivais sous mon nom des âneries sournoises et agressives pareilles, les Ligues et autres associations m’enverraient connaître la paille humide du cachot, me dépouilleraient à jamais de mon honorabilité, lecture symbolique ou pas. J’ai, en conséquence, quelque peine à comprendre la poursuite d’une présence aussi ostentatoire et manifestement sereine de ces contenus grossiers sur le web, après quelques siècles d’expérience de leur malfaisance pour tous.

Ceux qui ont, à juste titre, dénoncé la présence de contenus racistes, négationnistes, sectaires ou pédophiles sur le réseau n’ont pas pris garde, tant est grande leur focalisation sur l’objet de leur combat, à ces provocations, d’autant plus graves qu’elles sont présentées comme préceptes à vocation universelle. Sinon, on eut assurément connu des procédures visant soit à interdire ces contenus, soit à demander la suppression des passages litigieux sous astreinte financière. Ou bien, une mise en cause des fournisseurs d’accès afin qu’ils empêchent l’accès, ou encore une procédure à l’encontre des intermédiaires techniques, les auteurs, anonymes et probablement décédés, n’étant pas convocables, hélas. Je ne suis pas personnellement partisan de telles mesures, dont la portée est considérable pour l’avenir du réseau, mais je reste étonné que ceux qui les promeuvent demeurent dans l’inaction. Même pas un petit mot sur leurs sites, à croire à quelque connivence.

Sans doute n’attendent-ils qu’un signe, soyons optimiste. C’est pourquoi, en mon nom et en celui de ma fille mineure, je viens, Mesdames et Messieurs les Procureurs de la République, demander à celle ou celui d’entre vous qui le voudra bien, d’initier une procédure, l’ordre public étant manifestement en cause. En effet, si les divers croyants de ces groupements sont en général gens très pacifiques et de compagnie agréable (surtout quand ils s’en fichent comme de leur première cérémonie), quelques têtes plus faibles peuvent prendre au pied de la lettre certaines des prescriptions dont propagande est faite.

De plus, outre les croyants lambda, il existe des professionnels de la religion (comme pour la politique, ou les médias), rémunérés à ce titre et qui, se jugeant dépositaires de la représentation de leur groupe, déploient des activités, déjà dénoncées sur le web, de lobbying, de manipulation et de désinformation de toutes natures (dont le fait de s’adresser à ma fille benjamine via le web, sans autorisation parentale ou assurance de sa qualité de personne majeure). Et parfois même ces professionnels ont été, ou sont, si proche d’un pouvoir d’Etat que l’on peut apprécier très exactement la portée des prescriptions des livres malsains adorés comme idôle par ces cauteleuses crapules. Pas symbolique du tout.

Je suis certain qu’une fois l’action engagée, un grand nombre de groupes y participeront. Au pire ne serait-ce que pour essayer par ce détour de modifier la prescription actuelle de trois mois appliquée aux délits de presse, ou réactualiser la question du filtrage. On trouvera cependant aisément des contenus en ligne de moins de trois mois, vu qu’il s’en accumule périodiquement, le sentiment d’impunité de ces individus semblant bien installé. Mais je ne vais pas vous apprendre votre boulot, n’est-ce-pas. Je compte bien sur vous, car, vous le savez bien, les enfants croient que ce qui est écrit est vrai...

Avec mes remerciements citoyens pour votre laïque diligence, en l’espèce très appropriée.

 

[1] Timothée I, 2,12

[2] Ephésiens 5

[3] Sourate 4,34

[4] Lévitique, 20,13

[5] Sourate 2,2

 
 
Tiresias
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18 décembre 2001
27 février 2002
 
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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
25 mai 2003, message de La conscience d’un être
 

L’auteur de cet artcle ressemble à un homme qui aurait ramassé quelques feuilles mortes au bord de la route et, rentrant chez lui, ce serait écrié "voilà toute la forêt" !

Il oublie les autres feuilles qu’il a délaissées : les mortes qui jonchent le sol, les vivantes qui l’aurait obliger à lever la tête, si haut, si haut, juste au dessus de sa visière !

Ce qui manque à cet artcle c’est justement toute la forêt, les arbres qui la peuplent, la vie qui la remplie, et DIEU qui la nourrie.

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
23 mai 2003
 

Je pense que vous omettez ce qui me paraît être la partie la plus choquante et admissible dans un pays censé protéger ses citoyens (particulièrement les plus faibles et réceptifs : les enfants) contre toute de forme de pornographie ou d’apologie de la débauche et de dénigrement de l’Amour.

Il me parîat évidemment indispensable que le CSA contrôle ce genre de propos ou d’images ; ce qui n’enlève aucune liberté de discussion sur des sujets VRAIMENT dignes d’intérêt comme la politique, les sciences, la religion, le sport, etc. Le web reste un formidable outil de recherche et d’échange d’idées et d’informations.

Quant aux propos que vous citez, l’un d’entre eux au moins est bien évidemment tiré de la Bible mais je crois simplement que vous ne l’avez pas compris et surtout sorti de son contexte, c’est à dire une époque où la société patriarcale était courante, ce qui ne veut absolument pas dire que la femme y jouait un rôle moins important ou dénigré.

Instruisez-vous davantage sur la vision qu’a l’Eglise des femmes, cela pourrait vous aider à mieux comprendre pourquoi ce sont les sites pornographiques ou ceux banalisant tout simplement l’amour et la relation homme/femme qui me paraissent obscènes et non-apparemment du moins car je ne les connais pas- d’où vous avez tiré vos exempls.

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
29 novembre 2002
 

Je suis déçu par le manque de rigueur de votre analyse, en décalage par rapport à l’élégance de votre style ! Remettez les textes que vous citez dans leur contexte et vous y verrez un autre sens. Lisez seulement la suite de ces versets concernant les rôles de l’homme et de la femme !

Attention aux pré-supposés. Il est indispensable de distinguer le sens de ces écrits, pris tels quels, et ce qu’en a fait le christianisme en tant qu’institution. La honte de l’église, en plus de toutes horreurs dont elle est coupable, c’est d’avoir perverti le message même qui l’avait fait naître. Cette perversion a elle même généré les scandales que l’ont connaît.

Contrairement à vous, un retour aux sources, un retour au texte me semble indispensable, et de "salut public".

Vous citez des textes qui font penser que la Bible est un énoncé de principes moraux, une loi à suivre. Pas du tout ! Il n’y a pas de "morale chrétienne" dans le message du christianisme primitif. Que l’on réduise le christianisme en une morale culpabilisante, un poids sadique que l’on met sur les épaules du pauvre paysan inculte et apeuré, ou bien au contraire, en un mielleux mélange d’altruisme, de partage, de souci de faire le Bien contre le Mal, est inacceptable parce que tout simplement faux.

Un exemple parmi des milliers d’autres : le Mal, dans la Genèse, c’est tout d’abord la volonté de s’approprier par l’être humain la connaissance du bien et du mal, c’est à dire décider de ce qui est bien et mal. C’est justement le fait de faire de la morale qui est le Mal, à l’origine. Seul Dieu sait et décide. (Au passage, il est utile de remarquer la place de la femme dans cette histoire de la création (qui n’est aucunement un traité scientifique !) : la femme vient en dernier maillon de la chaîne, au sommet pour ainsi dire. L’idée selon laquelle la femme est seconde dans la Bible parce qu’elle vient après est absurde, c’est l’inverse).

Je continue sur ce thème de la morale. Selon les chrétiens, l’histoire de la Loi juive de l’Ancien Testament, est vouée à l’échec et annonce le Christ. C’est vrai : lui seul fait exploser tous les systèmes religieux et moraux, non pour remplacer les religions existantes et leurs codes moraux par une nouvelle religion et une nouvelle morale, mais pour les abolir. Le message du Christ est donc beaucoup plus radical et dérengeant que ce qu’on en a fait : il abolit la morale et la religion. Dans les évangiles, il n’y a pas de suite de préceptes moraux. Le Christ pousse à se donner à Dieu, à "mourir à soi-même". Il appelle à changer de vie, à se convertir, pas à faire l’aumône ou à suivre tous les préceptes religieux ambiants. C’est pour ça que ce que dit Jésus est considéré comme scandaleux par les gens pieux de son époque. Tout ce que dit Jésus va à l’encontre des systèmes de valeurs humains.

Rapidement, sur le plan du rapport à l’argent : le message va aussi à l’encontre de notre conception de l’équité (par ex. l’histoire d’un ouvrier qui reçoit le même salaire journalier que les autres qui ont bossé depuis l’aube, alors que lui n’a commencé à bosser que tard le soir).

Le vrai christianisme est fondamentalement amoral en ce qu’il n’est pas un système mais un saut dans le vide, ou plutôt dans Dieu, et je crois une totale liberté. Il a été compris comme ça au premier siècle. Les gens prenaient les chrétiens pour des foux et c’est normal si on ne fait pas l’expérience personnellement.

L’église a remplacé la foi en un code morale chrétien, vidant ainsi de sa substance, progressivement le message.

En conclusion, les valeurs chrétiennes ne sont que le résultat de ce qui compte vraiment, la conversion au Christ. Le texte de la Bible peut nous y conduire, alors please, plus d’autodafé !

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, O. M. Hammam, 27 janvier 2003

J’adore des propositions comme : « Remettez les textes que vous citez dans leur contexte et vous y verrez un autre sens » ; il se trouve qu’un nombre conséquent de juifs, chrétiens et musulmans ont le très mauvais goût de ne pas le faire.

D’ailleurs, puis-je vous faire, anonyme rédacteur ou rédactrice, remarquer que justement VOUS ne remettez pas cet article dans son contexte ? Il me semblait, à la lecture tant de l’article que de son titre, qu’il s’agissait pour s’auteur de remettre en contexte tout le délire censeur actuel, en montrant que des livres très bien reçus et distribués aux petits enfants contiennent des choses qui, SI ON NE LES REMET PAS DANS LEUR CONTEXTE, feraient les premiers l’objet d’une censure sévère.

Cela dit, « le vrai christianisme » N’EST PAS « fondamentalement amoral », le « vrai » christianisme est celui pratiqué par les « vrais » chrétiens, et les « vrais » chrétiens sont dans leur majorité fondamentalement moralisateurs. Le VRAI christianisme n’est pas celui dont vous rêvez ou imaginez, mais celui qui se pratique...

« En conclusion, les valeurs chrétiennes ne sont que le résultat » de ce qu’on peut attendre de personnes qui acceptent de prendre les vessies de la religion pour les lanternes de la raison...

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, O. M. Hammam, 27 janvier 2003
Post-scriptum : On oublie toujours quelque chose... Au fait, ne confondez pas attaques des textes (hem !) « sacrés » et humour...
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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, Albert Destables, 15 mars 2005

Monsieur, eût égard à votre croyance, je conçois que défendiiez ce livre, et eût égard à votre apparente érudition, je me contenterai de vous rappeler ce très vieux débat qui aura agité vos temples de nombreuses fois : la foi suffit-elle en tant qu’argument ou preuve ? J’ose en l’occasion vous rappeler que les seuls et uniques à avoir officiellement rejeté toute reconsidération du credo dictateur furent les Dominicains et les Frères mineurs, lors d’une période que vous aurez la lucidité de vous souvenir. "Dieu seul sait et décide". Aussi, vous aurez, j’en suis persuadé, l’humilité de reconnaître n’être qu’homme et, en tant que croyant, de ne pas savoir absolument si :

...Dieu existe par exemple, si l’on s’en tient aux livres, lui seul sait et vous n’aurez pas l’outrecuidance de vous déclarer Illuminé ...vous savez quoi que ce soit car n’étant qu’homme, vous ne pouvez que supposer et en tant que croyant, suivre sa volonté

...votre définition de la dichotomie bien/mal correspond à quoi que ce soit de réel : en tant que croyant, elle peut être une émanation du malin ou du dieu qui s’impose à vous et vous met à l’épreuve, car il est dit dans vos livres que les mystères ne seront dévoilés qu’à la fin, et en tant qu’homme, vous ne savez pas même si cette dichotomie est imaginaire ou non.

...etc.

Vous semblez connaître votre sujet ou au moins ses bases. Vous n’aurez donc aucun mal à retrouver ces édifiantes réflexions de vos pairs, réflexions dûement enregistrées dans les livres d’étude de votre religion. Comme vous le faites finement remarquer, ne décidez plus de ce que sont bien et mal. Vous ne pouvez avoir aucune certitude sur ce livre et cet homme que vous chérissez.

Vous croyez ? Grand bien vous fasse ! Mais, de grâce, étayez ! Vos affirmations confinent au suicide intellectuel. Sautez dans tous les vides que vous aurez l’heur de choisir, mais, au moins par décence, ne tentez pas de vous faire accompagner.

Monsieur, vous n’êtes ni dieu ni christ ni maître. Et donc ne pouvez préjuger de la profonde honnêteté de l’auteur de l’article qui nous intéresse.

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
17 novembre 2002, message de pyer
 

Rebonjour,

vous semblez déplorer que personne ne défende la censure par des arguments de fond. Effectivement, c’est un paradoxe de ce temps : la censure progresse, et pourtant on ne voit pas le commencement d’ne argumentation en faveur de cette censure ni même un débat public à son sujet.

Je peux toutefois imaginer le raisonnement pro-censure. Il tient en deux arguments :
-  il existe un lien logique entre ce que l’on lit et ce que l’on fait.
-  Si on laisse proliférer les écrits racistes, par exemple, on aboutira à une nouvelle solution finale. Céline avec son "Bagatelles pour un massacre" a préparé des crimes, et dans ce cas Houellebecq, en alimentant un climat islamophobe - ou vous même, qui participez à cet hordalli, diraient les censeurs - vous alimentez le racisme anti-musulman (euh oui, c’est le nouveau terme repris de l’extrême-droite : "racisme anti-musulman"...).

Cet argumentaire n’est pas forcément négligeable, et il pourra s’étendre aux sites pédophiles et pornographiques (par exemple avec l’idée selon laquelle un roman, un site pédophile "inciteront" le passage à l’acte de tel ou tel déséqulibré. Donc, interdire le site ou le roman, c’est éviter des passages à l’acte et protéger des enfants...).

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
17 novembre 2002, message de Pyer
 
Bonjour, votre article est vraiment génial, et montre bien les aberrations de la censure. Si on veut supprimer tout appel à la haine, toute discrimination et hostilité, la Bible sera en bonne place dans les écrits visés. Néanmoins ce que vous prophétisez ( !) arrivera peut-être. J’ai entendu dire - sans pouvoir le vérifier - qu’aux USA certains groupes voulaient expurger la Bible de ses passages les plus dérangeants (par exemple les histoires d’incestes). D’autre part, suite au Procès Houellebecq pour "incitation à la haine", un jeune philsophe a noté dans le Coran un certain nombre de "Versets agressifs" qui incitaient aussi à la haine et à la discrimination (tuez les infidèles blabla). Dans un autre genre, J.J. Pauvert remarquait que sa fille de 12 ans avait été traumatisée par la lecture d’un quotidien, qui racontait une fois de plus un meurtre quelconque... Si l’on souhaite protéger contre tout trouble les gens, il faudra tôt ou tard supprimer tous les écrits (par exemple les contes de fées, avec leurs méchants ogres, qui sont traumatisants pour les n’enfants). Il n’y a pas d’arrêt à cette vertueuse volonté d’éradiquer le trouble...
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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
22 octobre 2002, message de NESTPASVOLTAIREQUIVEUT
 

Avant de prétendre attaquer un texte ancien de manière un tant soit peu rationnelle et pour éviter de sombrer dans des délires simplistes de relecture de l’histoire avec une sensiblité de deux siècles après, voici les questions que l’on devrait se poser :

-  quel est le contexte historique, social, quelles sont les moeurs de l’époque où ça a été écrit ?

-  En quoi ce texte représente-t-il une idée, une pensée progressiste par rapport à ce contexte.

Et l’on se rendrait compte que l’ancien testament représente un progrès dans les domaines 1/ du traitement des esclaves 2/de la condition des femmes 3/ des relations avec des personnes étrangères, etc, par rapport à ce qui était pratiqué.

On se rendrait également compte du progrès apporté par le nouveau testament sur l’ancien dans ces mêmes domaines.

Ce qui est intéressant, c’est de voir à quel point une personne de mauvaise foi peut retourner les choses, en sortant les choses de leur contexte, pour convaincre des gens ne demandant qu’à suivre un prêt-à-suivre idéologique.

CQFD

Répondre
> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, Themaster, 22 octobre 2002

- Quel est le contexte historique, social, quelles sont les moeurs de l’époque où ça a été écrit ?

-En quoi ce texte représente-t-il une idée, une pensée progressiste par rapport à ce contexte.

Et je ramasse les copies dans une demi heure...

Répondre
> Ma copie, The Apologist, 22 octobre 2002

"Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ" = Vous êtes tous égaux devant Dieu (Nouveau testament, Lettre aux Galates chap. 3, v28)

Or avant il avait des esclaves sans aucun droit, des femmes soumises à la polygamie et à tout bon vouloir de leur mari, une hostilité farouche entre nations.

Bien sûr tout cela n’a pas disparu car la véritable révolution, celle des coeurs, n’a pas encore eu lieu.

Répondre
> Ma copie, Sam-les-boules, 25 octobre 2002

Bonjour,

> "Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ", etc.

Naturellement, tous ceux qui se réclament de ce texte, que ce soit les allumés de Saint-Nicolas ou Doublevet B. et ses acolytes qui jurent sur la Bible, sont de rudes farceurs, car il est parfaitement clair qu’ils ne respectent nullement ces directives.

> "Or avant il avait des esclaves sans aucun droit, des femmes soumises à la polygamie et à tout bon vouloir de leur mari, une hostilité farouche entre nations."

Idem : les islamistes sérieux planquent leurs nanas derrière des burquas et ce n’est pas demain la veille du jour qu’on aura une papesse en minijupe.

Bien à vous.

Répondre
> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, Momo (dit Sam), 25 octobre 2002
Question subsidiaire : quelle est l’utilité de ce texte aujourd’hui ?
Répondre
> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, Charles-Roger (sur zone), 25 octobre 2002

> [...] avec une sensiblité de deux siècles après, voici les questions que l’on devrait se poser.

Merci pour les questions, mais avez-vous été averti que le gonze Jésus, à supposer qu’il ait existé, ne zonait pas en Palestine au dix-neuvième siècle (après jésus Christ - sic).

Santé toutefois.

Répondre
> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, 25 janvier 2004
Si la bible à été écrite en fonction du contexte historique, elle ne peux également avoir été écrite QUE par des hommes, d’ou ses passages homophobes et mysogines. La morale Divine n’évolue pas avec le temps. Donc, la Bible est elle toujourd d’actualité ?
Répondre


> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
5 octobre 2002
 

Faire appel aux procureurs voila une idée saugrenue... La justice est un marché et ne répond qu’à la demande... Le public veut de sexe, de la violence, du sang et des trahisons... alors les textes du net... pensez donc !

Et si besoin était, déposez vous même la plainte...

Ce que je lis sur le web ne m’appartient pas, ce que je copie du web commence à m’appartenir (selon la justice)... Ma tête n’a qu’à bien se tenir... Les procureurs n’ont que le temps de réfléchir au plus court... Pas de justice, rien que du spectacle...

Mais il s’en trouvera un qui vous écoute, j’en suis sûr.

continuez votre combat laïque et Res-publicain. bonne chance

LL.

Répondre


> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
4 octobre 2002, message de Sam
 

Félicitations (renouvelées) pour ce texte spirituel qui nous rappelle qu’on accepte sans broncher d’authentiques appels au meurtre, à la ségrégation sexiste, raciste, etc., les plus grossières, dès lors qu’ils émanent de personnes se réclamant de quelque sainte religion un peu ancienne, et ce alors même qu’on tente de réintroduire le crime de blasphème dans la législation française (cf par exemple le procès Houellebecq).

Rappelons-le fermement : en principe les lois, incluant celles concernant l’incitation au crime, s’appliquent à tous, qu’ils portent des costumes sacerdotaux ou non.

A l’inverse, et contrairement à ce que semblent coire encore trop de citoyens, le crime de blasphème n’existe plus.

Par suite, et quoiqu’on pense de cette assertion, il est sain que de temps à autre, des individus déclarent publiquement que la religion, ou seulement telle ou telle, c’est de la merde.

C’est l’occasion de rappeler par son exercice effectif cette liberté si chèrement conquise par le passé.

Répondre
Erratvm, Sam, 4 octobre 2002

Prière de lire "croire" et non "coire" et "quoi qu’on" et non "quoiqu’on" !

Merci.

Répondre
> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, Tiresias, 4 octobre 2002

Azul

Tu dis C’est l’occasion de rappeler par son exercice effectif cette liberté si chèrement conquise par le passé.

Ca c’est la version optimiste. En vérité on peut le dire (pour paraphraser le crapaud de nazareth tel que cité par ceux qui ont vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu le prophète), c’est d’une terrible actualité. Voir Rushdie (qu’Allah le Miséricordieux le préserve de la haine des apostats qui décrètent en Son nom), qui vient d’ailleurs d’aggraver son cas dans une tribune de Libération aujourd’hui.

Ce qui est dommage, et c’est peut être dû au style de l’article, c’est que personne ne vienne causer sur le fond, les contradicteurs étant mous de la théologie comme de la recherche de la connaissance (pourtant le devoir de tous les croyants). La Vérité, c’est qu’ils n’ont rien à dire qu’ils puissent espérer les laisser victorieux dans un débat, et qu’ils n’ont donc de ressources que dans la fourberie des recherches d’intentions et des régressions du fond de l’affaire vers des contingences.

Que le fondement leur pèle dans un panier d’oursins...

En espérant n’avoir injurié personne, naturellement.

Répondre
> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, Sam, 5 octobre 2002

> Faire appel aux procureurs voila une idée saugrenue...

En effet.

Il y a la solution inverse que je préfère quant à moi : laisser les pédonazis nazopédiquer dans leur coin (par écrit exclusivement), foutre en l’air les conneries genre loi Gayssot, en confiant aux historiens et non aux juges l’étude de l’histoire et la diffusion de leur savoir, et développer le jugement de nos semblables grâce notamment à l’école et non en leur servant des Stars Académie et autre Loft-scories à gerber. Bref, tout le contraire de ce qui est fait.

Bien à vous.

Répondre
>REPONSE A : Faire appel aux procureurs voila une idée saugrenue... , 20 octobre 2002

Presque d’accord avec toi... Malheureusement tu sous estime le danger. Si ce n’était qu’une bataille d’arguments quant à la véracité historique de tel ou tel fait, les historiens suffiraient. Cependant, les "vérités" historiques ne sont que de peu de poid face à des endoctrinements dont les credos sont la haine de l’autre, l’appel au meurtre, la "vérité" d’un Livre ou la diffamation. La grosse majorité d’entre nous ne pourra qu’être révolté, désolé ou dégouté face à ces délires, mais une petite partie de la population sera réceptive à ces messages. Et si je te rejoins sur le fait que le meilleur moyen de diminuer cette proportion, c’est le savoir et sa diffusion, ce n’est malheureusement pas suffisant pour résoudre le problème. La loi qui interdit l’appel au meurtre et la diffamation sont et seront encore longtemps nécessaire.

ps : dans le contexte actuel de "remoralisation", de réduction de libertés, du climat BigBrother qui s’installe, je tiens à nuancer mon soutient à la censure. Dans les cas qui nous occupent, j’approuve. Et seulement dans ces cas la (appel au meurtre..etc)

Répondre
> REPONSE A : Faire appel aux procureurs voila une idée saugrenue... , sam, 20 octobre 2002

A l’inverse, imposer la vérité historique par la contrainte fait des martyrs, qui ne manqueront pas de se réclamer de Galilée.

Seule conviction, pour moi : il convient d’appliquer la même règle à tous, même à ceux s’abritent derrière de vieux livres prétendus sacrés.

Ce n’est naturellement pas ce qui se passe, comme l’article voulait spirituellement le rappeler (si j’ai bien compris).

En conclusion : à bas la calotte ! - et santé.

Répondre


> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
29 septembre 2002, message de JORDY
 

Il s’agit bien entendu de la lecture faite par un thuriféraire de Staline ?

Parce qu’à lire ce poulet inepte, on se prend à penser qu’il s’agit de sites mettant en exergue le coran...

Il y a des gens qui devraient se taire, l’auteur de cette "lettre ouverte" est de ceux-là.

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, groolot, 17 octobre 2002

Il est plus que trop que de toujours jouer les martyres et les opprimés. Pourquoi encore croire ques les propos énoncés soient tirés de sites "mettant en exergue le coran" ?

Cet article a autant le droit de cité, que les propos qu’il dénonce. Il faut, à mon avis, protéger la liberté d’expression que la liberté de repression.

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, Samosse 51, 18 octobre 2002

D’autant que certaines des citations produites proviennent de textes sacrés de deux autres religions livresques antérieures et inspiratrices de l’Islam.

Il n’y a pas de raison de faire dire à l’auteur de ces gredins sont exclusivement des musulmans, quel que soit son propre sentiment concernant Doublevé B. et autres questions n’ayant rien à voir avec le sujet traité.

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> Bravo
25 septembre 2002, message de Eric
 

Très bon article. Il faut savoir garder l’église au milieu du village...

 ;-)

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
24 septembre 2002, message de Mr. T.
 

Bien le bonjour ! Manifestement cet article est ironique et je m’en rejoui étant moi même assez amateur de l’exercice. Je veux bien même parier que vous n’avez pas de fille !

Vous pourriez j’imagine faire allusion aux mésaventures actuelles de Houelbeque provocateur provoqué en justice pour des propos anti religieux que certains ont mal pris. La liberté d’expression est une arme dangeureuse car elle est à double tranchant ce qui implique de laisser s’exprimer ceux la même qui sont contre cette liberté (ô paradoxe !). C’est une chose particulièrement enervante que de discuter avec des extremistes quels qu’ils soient car la lutte est inégale ils ne sont pas tenu eux d’être raisonable, juste, honnête voire même de bonne foi ! La Foi immunise de la bonne foi...

Moralité et à mon humble avis de même que les goûts et les couleurs, les extrêmes ne se discutent pas même si c’est frustrant !

Par ailleurs interdire la Bible pour ne pas la citer se serait tout de même se priver d’une part non négligeable de notre patrimoine ne croyez vous pas ?

Pour finir ce qui m’inquiète le plus dans ces histoires c’est bien la judiciarisation à outrance des discussions. On ne peux plus s’exprimer sur Israel/les religions/les sectes/les marques... sans s’exposer à des procès. C’est triste les juges ont mieux à faire que de remplacer notre libre arbitre !

Votre texte m’a fait rire, merci !

Mr. T.

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, Tiresias, 24 septembre 2002

Je veux bien même parier que vous n’avez pas de fille !

Combien ?

interdire la Bible pour ne pas la citer se serait tout de même se priver d’une part non négligeable de notre patrimoine ne croyez vous pas ?

Pas que la Bible (cf citations), tous les livres-seins. Non je ne veux pas les interdire, mais de temps en temps, rappeler le sexisme, l’homophobie, la cruauté gratuite, le goût satanique de la punition et de l’emprise, la sensiblerie niaise, les menaces, la grossièreté etc. ce n’est pas inutile pour contrebalancer les sournois qui affectent de n’y voir que paix et amour, pour la plus grande gloire de la plus conne des créations humaines (et le meilleur profit de ses managers).

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, Mr. T., 25 septembre 2002

Re-bonjour ! Pour le pari je jette l’éponge cela sent le piège ;-) ! Pour ce qui est des liens mea culpae je n’ai remarqué les liens que 10 seconde APRES avoir envoyé le post (effet de la Loi de Murphy à n’en pas douter). Cela dit cela ne change rien à mon propos la Bible le Coran la Maabaratha le Talmud ect font parti du patrimoine mondial et cela serait regretable de tout rejeter en bloc mais je crois que personne ne conteste ce point.

Entrons dans le détail : Question : qu’est ce qu’un livre "sacré" (Bible par exemple) ?

Réponse A : la parole de Dieu infaible et universelle en vérité je vous le dit et si tu n’es pas d’accord tu ira en enfer.

Réponse B : un traité de philosophie générale appliquée aux masses écrit il y a très longtemps (entre 1000 et 2000 à la louche).

Si la personne à qui vous parlez est un partisant de la réponse A eh bien bon courage pour lui faire remarquer que les propos sont un tantinet homophobes voire illégaux. Si elle est partisanne comme moi même de la réponse B (ou d’une variante quelconque du même goût) alors là il sera évident qu’elle acceptera de tenir compte de l’anciennetée du texte afin de remettre à jour certaine idées avancées et autres prises de position.

Dans le cas A économisez votre salive on ne peut pas discuter avec ces gens là.

Ce que je veux dire c’est que dans la mesure qu’il n’est pas raisonnable de censurer de tels textes car il sont trop fortement ancrés dans la culture mondiale alors quoi ? Ajouter en préface une mention légale du type "attention cet ouvrage a été écrit il y a très longtemps ; les idées qu’ils contient doivent être pris au second degré au moins ; ne pas appliquer directement et consommer avec modération ; nuit gravement à la tolérance" ? Ce serait amusant remarquez !

Je pense que l’interprétation est dans l’oeil du lecteur c’est à chacun de faire le tri et de prendre du recul par rapport à ce qu’il lit. Lolita de Nabokov contient des idées dérangeante sur la pédophilie si on le lit au premier degré cela ne l’empèche pas d’être un excellent ouvrage qui mérite d’être lu.

Les passages "négatifs" des Livres permettent justement de prendre conscience de la nécessaire distance qu’il faut avoir par rapport au texte et du fait qu’il faut replacer l’ouvrage dans son contexte historique (qui a son importance Sam !).

Pour conclure je ne suis pas franchement favorable aux religion en général et aux religieux en particulier mais il faut faire le distingo entre les ouvrages, les Livres-Saints sont ce qu’ils sont et ils ont au minimum un intérêt historique, et les gens auto-proclamés qui se chargent de les interpéter. En religion plus que sur n’importe quel sujet tout est affaire d’interpétation. Ne brûlons pas les livres c’est très mal vu ;-). Ce qu’il faut condamner avec force c’est : les comportements illégaux justifié par des actes religieux, les discours d’incitation à la haine et aussi débouter les plaintes injustifiés systématiques des groupements religeux ce qui est une pratique sectaire.

Mr. T.

PS : l’expression Livres-seins est savoureuse et délicieusement irrévérencieuse !

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, Sam, 25 septembre 2002

Ce que vous dites n’est pas dépourvu d’intérêt, mais le problémo est que les textes dont nous causons ne sont pas considérés par les microcéphales armés qui s’en réclament comme des témoignages du passé mais comme la parole de Dieu.

Cela autorise donc tout, comme chacun peut l’observer.

Et sous l’oeil bienveillant de ceux qui en profitent.

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, 6 novembre 2002

Ce que je veux dire c’est que dans la mesure qu’il n’est pas raisonnable de censurer de tels textes car il sont trop fortement ancrés dans la culture mondiale alors quoi ? Ajouter en préface une mention légale du type "attention cet ouvrage a été écrit il y a très longtemps ; les idées qu’ils contient doivent être pris au second degré au moins ; ne pas appliquer directement et consommer avec modération ; nuit gravement à la tolérance" ? Ce serait amusant remarquez !

Ou : Attention, la lecture de ce machin peut provoquer des maladies graves

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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes, Sam, 25 septembre 2002

Pas d’accord (inspecteur Robillard) !

Ce qui fait la beauté des règles communes et des lois, depuis Hammourabi au moins, est qu’elles s’appliquent à tous, aux papes comme aux cheminots, aux présidents comme aux archevêques ou à leurs fils, aux cantonniers comme aux maires de Paris, Béthune ou Levallois, enfin, en principe et en dépit des sinistres exemples que nous montrent les nouvelles pratiques.

Par suite, si l’apologie du crime est interdite et punie, je ne vois guère de raison pour dispenser de cette règle les adorateurs de la Bible, du catalogue de Manufrance ou de l’Almanach Vermot, et cela quelle que soit l’anciennneté de leurs délires.

Santé.

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Ta gueule !, Sam, 25 septembre 2002
AncieNNeté, bon sang !
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Appliquées à tout le monde, Mathieu, 25 septembre 2002

En disant que les règles ne sont pas censées souffrir d’exceptions (ce dont je doute), tu donne le bâton pour te faire battre : pourquoi ne pas appliquer à l’apologie du crime la loi générale, qui est celle de la liberté d’expression ?

L’exemple est extrème, et un tatinet provocateur, mais il a le mérite de poser le problème : que faire face à des gens qui abusent de leur liberté ?

Ceci dit, vouloir interdire les livres religieux me semble :
-  absurde : la moitié de la littérature française au moins serait incompréhensible si lmes référents biblique ne pouvaient être éclaicis. Et je ne parle pas du Louvre, dont des ailes entières devraient être condamnées. Je ne parle même pas du Musée des offices, de la chapelle sixtine, des cathédrales,...
-  impossible : la Bible est le livre le plus publié au monde, le plus traduit, le plus commenté (avec, certes, son lot de traductions tandencieuses et de commentaires débiles).

Non, l’iconoclasme n’est pas une solution : la vénération et la bêtisent se reporteraient sur autre chose (suivez mon regard). La solution, c’est de poursuivre l’éducation, de recommencer sans cesse à expliquer à chaque génération d’écolier qu’il faut prendre une distance critique vis-à-vis des textes. Quels qu’ils soient. Internet, où on peut lire tout et son contraire devrait contribuer à aiguiser cette idée qu’un texte n’est pas plus intelligent que celui qui l’a écrit.

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> Appliquées à tout le monde, Sam, 25 septembre 2002

> En disant que les règles ne sont pas censées souffrir d’exceptions (ce dont je doute), tu donne le bâton pour te faire battre : pourquoi ne pas appliquer à l’apologie du crime la loi générale, qui est celle de la liberté d’expression ?

Ai-je jamais proposé le contraire ?!

> La solution, c’est de poursuivre l’éducation, de recommencer sans cesse à expliquer à chaque génération d’écolier qu’il faut prendre une distance critique vis-à-vis des textes.

Vous prêchez un converti : c’est mon métier !

> Internet, où on peut lire tout et son contraire devrait contribuer à aiguiser cette idée qu’un texte n’est pas plus intelligent que celui qui l’a écrit.

En effet.

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> Appliquées à tout le monde, 2 octobre 2002

Et je ne parle pas du Louvre, dont des ailes entières devraient être condamnées. Je ne parle même pas du Musée des offices, de la chapelle sixtine, des cathédrales,...

Figurez vous que le problème est justement là ? Napalm ou Bombe H ? Machette ou incinérateur ?

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La lettre de la liberte
23 septembre 2002, message de Mathieu
 

Voici un article intéressant, qui fait le tour des dérives d’Internet. Dérives, justement, car je ne saurais croire (et l’article d’Uzine sur "sexe" comme moteur de recherche le montre) que ces sites "dangereux" constituent la majorité des sites> Minoritaires ils sont dans la population, minoritaires ils sont dans les livres, dans les Universités, dans les média.

Représentent-ils donc une si grande menace ? Je ne le crois pas. Certes, on a vu comment ce type de propagande pouvait amener des têtes faibles à des actes absurdes (bien qu’atteindre quelqu’un avec une carabine à 200 m relève du miracle), mais penser que beaucoup de gens sont exposés à ce risque, c’est supposer un échec complet du système éducatif, à commencer par les parents, qui sont les premiers à devoir enseigner à leur enfants une distance critique vis-à-vis des assertions d’autrui. Le fait que la fille de l’auteur ait été choquée montre d’ailleurs que les enfants correctement éduqués sont capables de reconnaître certaines absurdités.

Je conteste donc particulièrement l’assertion présente dans cet article selon laquelle « l’ordre public serait manifestement en cause ».

Cela leur faciliterait certainement la tâche, aux parents, d’avoir une commission (désignée par qui, avec quels pouvoirs et quel mandat) qui pouvait définir ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas. Seulement, ce genre d’idée a un arrière-goût prononcé de censure. De plus, elle serait aux limites de la légalité. En effet, la Constitution et les accords auropéens en la matière, pointe de l’édifice législatif, se réclament tous de la liberté d’expression. Au titre de celle-ci, personne n’est fondé à dire ex ante quels contenus ne doivent pas être publiés. Le recours ne peut se faire qu’ex post, par une personne s’estimant insultée par le contenu en question. D’où l’idée d’attaquer les fournisseurs d’espaces web. Mais cela revient à conférer à ceux-ci le devoir d’une sélection ex ante, ce qui précisément est prohibé.

Plus personnellement, je ne pense pas que les mesure suggérées par cet article soient bonnes. Je me sens personnellement attaqué par le discours de certains paertis d’extrême-droite, étant moi-même un descendant de « ritals » et de « métèques ». Cependant, je ne soutient pas l’idée qu’il faille interdire lesdits partis : ce serait au contraire une victoire pour eux. La liberté d’expression se fonde sur l’idée que les gens sont assez intelligents pour ne pas se laisser prendre à des discours trompeurs. De ce fait, la liberté d’expression n’est encadrée que pour des personnes dotées par l’État d’une autorité particulière (professeurs, etc.). Vouloir l’encadrer dans l’espace public, c’est remettre en cause l’hypothèse fondamentale. Or, cete hypothèse est aussi celle sur laquelle est fondée la démocratie dans son ensemble : le peuple est formé d’individus responsables, et il existe des structures, à commencer par la famille et l’école, pour encadrer ceux qui ne le sont pas encore.

Oui, j’ai la faiblesse de défendre la liberté d’expression. Je vais même jusqu’à dire que sa force ne se montre jamais aussi bien que dans sa capacité à tolérer des discours qui lui sont hostiles. Il me semble que les dernières élections présidentielles ont montré que la démocratie avait également cette force, la capacité à enrayer ses propres dérapages.

Par ailleurs, je tiens à dire que l’attitude très critique de l’article à l’égard des religions dans leur ensemble, un peu vite assimilées à des groupes sectaires qui font une lecture littérale des textes fondateurs, m’a quelque peu choqué.

—  Mathieu, qui subodore que cet article a été écrit précisément pour susciter ce genre de réponses. Tant pis, je jouerai le rôle du libertaire de service.

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> La lettre de la liberte, Sam, 24 septembre 2002

Il fallait que cela fut dit. Merci de l’avoir fait.

Et observons avec vous que les adhérents des diverses foutaises religieuses réclament la tolérance lorsqu’ils ne sont pas en position de force mais l’oublient dès qu’ils dominent, et retombent alors dans leurs funestes marottes (lapider les femmes libres ou trop jolies, interdire la réflexion, la lecture ou les pensées darwinistes, baptiser les enfants, brûler les cinémas ou les sorcières, faire la croisade, etc.)

Signalons aussi que malgré le caractère absolu de leur savoir révélé (détenu et transmis par les prêtres - une bonne gâche), tels les xénophobes, ils n’acceptent pas nécessairement tous les candidats.

Et ajoutons pour finir que la différence entre une religion et une secte reste à définir, celles qui sont proposées n’étant généralement que de nouvelles impostures.

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> Rectificatif, Sam, 24 septembre 2002
Je me suis pris les pieds dans la carpette ; le message ci-dessus répondait [bien] évidemment au papier initial et non à son commentaire.
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> Pitin !, Sam, 24 septembre 2002
Il fallait que cela fÛt dit !!!
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Religion ou secte, Le sapeur Camenber, 3 octobre 2002

Je n’en revendique pas la paternité et je serai bien en peine de définir qui en était l’auteur :

Une religion, c’est une secte qui a réussi

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> Religion ou secte, Sam, 4 octobre 2002
Et qui, du coup, se la joue... (je vois que nous sommes bien d’accord, à part l’antériorité dans l’imposture, c’est bonnet-blanc et blanc-bonnet).
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> Religion ou secte, sousmarin vert, 13 novembre 2002
Je crois que Coluche la racontait mais qu’il la tenait déjà de qq d’un d’autre... En tout cas, ca date au moins des années 70.
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> Lettre ouverte aux Procureurs contre des contenus obscènes
23 septembre 2002
 
Et oui... Les religions, opium des peuples... Que de mal fait, pour si peu de bien ! Enfin on trouve bien des gens pour vanter l’action de Napoléon (il nous a donné le code civil quand même ; oui, et 20 ans de guerre et 500000 morts aussi), comme disait MonGénéral "mort aux cons ! Vaste programme".
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