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23 septembre 2000
 
mardi 11 septembre 2001

Nazisme, censure et jeux vidéo

Du moralisme aux idées réactionnaires
par Cracounette
 
 

Les attaques contre les libertés fondamentales, menées principalement par l’« Association Internationale Pour la Justice », relayées par quelques organes de presse et déjà analysées ici-même, se sont parées récemment d’un nouveau thème sensationnaliste en guise d’épouvantail à bons sentiments : des jeux vidéo nazis. Ainsi un récent article de Libération titre-t-il « Des pages ludiques prolifèrent sur les sites de la haine ».

Nous nous livrerons dans un premier temps à l’étude critique d’un rapport rédigé par l’AIPJ, qui rapporte sur un ton alarmiste l’existence de jeux vidéo « de haine ». Dans une deuxième partie, nous ferons le lien, par le biais de l’ambiance créée autour de ces « problèmes » dans les médias, avec les attaques contre les libertés fondamentales sur Internet. La troisième partie démontera promptement l’alarmisme du même rapport de l’AIPJ dans son évocation d’une prolifération des sites Web nazis. Enfin, la quatrième partie sera l’occasion d’élargir le champ de l’article et de mettre à jour des proximités idéologiques en nous intéressant aux autres textes que l’on peut trouver sur le Net, à propos du soi-disant danger des jeux vidéo, ainsi que de l’Internet, pour les enfants et adolescents.

Moralistes sans rigueur

La longue diatribe sur les jeux vidéo nazis que nous nous proposons d’étudier se situe dans le rapport nommé « Pour en finir avec les cybermarchands de haine » et rédigé par deux membres du Bureau de l’AIPJ, Marc Knobel (président) et Antoine Peillon (secrétaire général) ; rapport qui fait aussi office de « manifeste » de l’AIPJ.

Le chapitre sur les jeux vidéo s’ouvre ainsi : « Effrayant : le mot vous sort de la bouche après avoir vu sur écran les nouveaux jeux vidéo qui distrayaient, il y a une dizaine d’années, les élèves autrichiens et allemands. On y jouait à devenir Hitler. Et pour cela, une seule règle était valable : il fallait gazer le maximum de Juifs ou de Turcs, en gérant au mieux son camp d’extermination... Tout commence en 1988. Un reportage de la télévision autrichienne signale l’existence de ces jeux. Quelques mois plus tard, un instituteur de la ville de Graz, découvre que ses élèves se livrent à un véritable trafic de disquettes. Effaré, il alerte les parents. Les ministères de l’Instruction et de la Police déclenchent par la suite de vagues enquêtes, sans résultat. L’instituteur sera agressé par des inconnus et devra quitter la ville. »

Que lit-on dans la suite du texte à l’appui de cet exergue au ton dramatique ? Des chiffres sont avancés :

« A l’époque, un écolier sur cinq reconnaîtra avoir joué avec ce type de jeux et une enquête effectuée à Linz montrera que 39 % des élèves connaissent, échangent et utilisent les disquettes. » Un écolier sur cinq  ? Le rapport ne précise pas l’échantillon statistique... Que peut-on donc tirer de ce chiffre dénué de signification concrète ? Quant aux 39%, il s’agit d’un chiffre pour une seule école primaire : quelle pertinence peut-on lui donner dans une analyse globale ? La propagation de pratiques inconsidérées, au sein d’un milieu local, est chose connue chez les enfants - ainsi que la propension des parents à appeler à la rescousse la machinerie médiatique ; qu’il s’agisse ici de jeux vidéo nazis n’est pas particulièrement réjouissant, mais ne suffit pas à accréditer la thèse d’une invasion globale de tels jeux.

« En Allemagne, la directrice du Bureau de contrôle des écrits interdits à la jeunesse, recensera plus de 120 versions différentes... » Qu’est-ce qu’une version ? On ne le précise pas, mais l’usage de ce terme ambigu n’est probablement pas indifférent ; en tout cas, on ne semble pas parler de jeux différents. Or - un minimum d’éclaircissement du contexte est ici nécessaire - à cette époque, où la majorité des ordinateurs utilisés par les jeux étaient des Atari ST et des Commodore Amiga (le PC n’existait que très peu dans les foyers), proliférait l’utilisation de logiciels copiés sans autorisation légale ; ainsi n’importe quel utilisateur aimant jouer avait-il sans honte plusieurs centaines de jeux piratés chez lui, et le phénomène était tel que beaucoup ignoraient ce qui était présent sur une grande partie de leurs disquettes : elles étaient copiées en masse, sans discernement et sans toujours les utiliser après... Dans ce contexte de piratage généralisé, où les groupes de crackers (i.e. pirates) rivalisaient entre eux pour savoir qui avait le mieux « déplombé » un jeu, une version différente peut tout aussi bien signifier le même jeu au début duquel a été insérée une intro (c’est le terme utilisé) d’un groupe de pirates différents.

Le dénombrement des « versions » avancé dans ce rapport ne signifie donc rien en l’absence de précision supplémentaire ; ce surtout si la directrice du Bureau de contrôle des écrits interdits à la jeunesse (sic) n’était pas plus au fait de la micro-informatique que ne le sont aujourd’hui de l’Internet la majorité des bureaucrates, et responsables de la protection de l’enfance.

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Une « intro » apposée à un jeu dans les années 80.

En poussant un peu l’analyse, on remarquera aussi que les différents énoncés sont contradictoires : on parle à un moment de « plus de 120 versions » de jeux diffusés principalement « en dehors de tout circuit commercial ». Puis est avancé le chiffre de « 6000 jeux parmi les 20000 jeux vidéo disponibles en juin 1989 sur le marché allemand ».... Tout d’abord, de quel « marché » s’agit-il exactement, si les jeux sont diffusés « en-dehors de tout circuit commercial » ? Puis, le chiffre de 6000 dénombre-t-il les jeux différents, les « versions », les exemplaires vendus... ? De plus, à y bien réfléchir, la proportion de ce dernier dénombremement (un tiers) est tout de même impressionnante, exceptionnellement grave si elle est véridique. Or la majorité de ceux qui ont touché à l’informatique à cette époque, y compris les « collectionneurs de jeux » (qui ne se différenciaient, socialement ni humainement, en rien de la masse des lycéens, étudiants...), pourront probablement affirmer qu’ils n’ont jamais vu passer de copie d’un jeu néo-nazi, ou raciste, ou antisémite. Certes, ces considérations empiriques de ma part ne concernent pas l’Allemagne mais la France. Cependant, les informations que certains avaient d’Allemagne par les réseaux alternatifs (échanges de correspondance, lecture de « disczines », les webzines d’alors) n’ont jamais évoqué une quelconque déferlante de jeux néo-nazis - bien que la lutte contre le néo-nazisme fût un sujet sensible, particulièrement en Allemagne précisément, et particulièrement à cette époque, on le sait bien. Cette proportion d’un tiers de jeux nazis est donc proprement invraisemblable.

D’ailleurs, si la distribution des jeux échappait à tout circuit traditionnel comme l’affirme le rapport, on ne voit pas non plus pourquoi elle n’aurait pas passé les frontières (l’imagerie néo-nazie est sans doute suffisamment idiote et vulgaire pour se passer de gros efforts de traduction), et ne se serait retrouvée en France (surtout vu le mode de reproduction : copie massive de disquettes sans même savoir ni trier ce qu’elles contiennent... C’est d’ailleurs fort logiquement à cet époque que les virus informatiques se sont mis à proliférer sur les ordinateurs personnels évoqués plus haut). Encore une fois, les allégations du rapport semblent totalement démenties par la réalité.

En conclusion, le texte de l’AIPJ ne cite pas de sources scientifiques (au sens large : non de sciences dures, mais faisant simplement état d’un travail sérieux, documenté, rigoureux sur le sujet), et ne donne même aucun lien en guise de complément d’information. Les chiffres avancés sont d’autre part à peu près invraisemblables. Toute la référence alarmiste aux jeux vidéo, voulue comme un épouvantail à techno-nazis, est purement fallacieuse et affabulatoire.

Manipulations : la boule de neige

Or, le chiffre de « 6000 sur 20000 », dont on vient de voir à quel point il est, au sens littéral, incroyable, fut sorti en 1989 par le journal italien La Reppublica, auquel les auteurs du rapport font aujourd’hui toute confiance sur un sujet pourtant très mal connu, il y a dix ans, du grand public et des journalistes (au passage, pourquoi un journal italien, si les faits ont eu lieu en Allemagne ?). De la même manière, il y a quelques mois, Philippe Val allégait dans une diatribe délirante que l’Internet était le repaire des « tarés », des « paranoïaques » et des « nazis »  [1]. Il allait, de plus, recevoir le soutien d’un certain nombre de ses confrères (non des moindres du point de vue de la notoriété : Laurent Joffrin par exemple [2]), et son texte est aujourd’hui reproduit sur le site de... l’AIPJ. En l’absence d’une démonstration rigoureuse de chacun des deux faisceaux d’allégations accusatrices - une rumeur journalistique ne constituant évidemment pas une démonstration -, l’on sera tenté voir, dans ces deux cas de vagues moralistes exacerbées et injustifiées, un mécanisme identique d’entraînement irrationnel et paranoïaque - mais éventuellement attisé par des individus lucides -, ce qu’on appelle dans d’autres circonstances un phénomène de foule : psychose, affolement collectif, prise de décisions inconsidérées voire délirantes (lynchage, etc.). Pire qu’une simple répétition du motif de la psychose, le délire d’aujourd’hui s’alimente, dans les publications récentes des moralistes, d’une analogie, non justifiée qui plus est et donc sans valeur démonstrative - mais, on l’imagine, à forte charge symbolique -, à d’anciens délires similaires.

A la fin des années 80 (donc au moment des faits allégués par Philippe Breton), s’était ouvert dans les médias généralistes un soi-disant procès des jeux video du même type que le « procès de l’Internet » que certains voudraient ouvrir aujourd’hui. Ainsi fleurissaient les grands débats sur les « valeurs » véhiculées par les jeux video. L’évolution de la couverture médiatique de ce sujet suivait la règle empirique mais hélas vérifiable que, quand une nouveauté technologique porteuse d’évolutions sociales survient, on l’examine d’un regard hypercritique et sentencieux alors même que des usages bien ancrés mais tout aussi sujets à critique, sont passés sous silence par les professionnels de l’indignation. Bien sûr, il est naturel de poser des questions à propos de données nouvelles dans une société humaine, susceptibles d’apporter des changements importants ; cependant pour montrer la nécessité de la mesure et de la prudence en de telles entreprises, on pourra citer le sociologue Yves Patte, qui établit un parallèle éclairant avec les discours prophétiques - les uns utopistes, les autres catastrophistes - tenus sur la télévision il y a cinquante ans : « Les médias changent, de nouveaux médias apparaissent et pourtant le débat social qu’ils créent est toujours le même. D’où l’intérêt de remettre ces débats dans une perspective sociologique et historique. Peut-être cela permettra-t-il de ne pas commettre les mêmes erreurs, en tous cas cela permet – me semble-t-il – de relativiser fortement ce que l’on peut dire aujourd’hui. De relativiser autant les propos alarmistes, que ceux trop optimistes... »

L’hystérie anti-jeux vidéo allait se figer, au bout de quelques temps, en une loi idiote destinée à « réglementer » un champ qui n’avait a priori pas besoin de réglementation spécifique : à savoir la mention obligatoire, sur les boîtes des jeux, du danger de crises d’épilepsie.... L’incroyable ridicule de cette législation pourtant bien réelle, que l’on peut interpréter comme exutoire d’une psychose médiatique et signe du besoin frénétique d’apposer la marque du moralisme sur des produits encore vierges de son influence (au point d’utiliser un prétexte médical là où tous les débats étaient sous-tendus par un argumentaire purement moral), souligne la faculté des médias et de ceux qui en ont les faveurs à monter en épingle, quand ils en éprouvent la nécessité, un artefact statistiquement insignifiant. On remarquera aujourd’hui, s’il est besoin, que l’occurence de telles crises d’épilepsie [3], est extrêmement rare, que ce soit médiatiquement ou dans les informations que chacun reçoit de ses proches - alors même que l’utilisation des jeux vidéo s’est très largement développée, que les jeux sont de plus en plus impressionnants visuellement, et que les enfants et adolescents ne sont pas connus pour respecter à la lettre les consignes paternalistes des emballages de produits culturels.... D’ailleurs, une fois les principaux porte-voix moralistes passés à d’autres sujets (dont, on l’aura deviné, Internet), les médias sont devenus beaucoup plus modérés. Un article de Libération paru en 1999, s’intitule « Epilepsie : les jeux vidéo sont blanchis ». Dans un dossier de 1997 du journal suisse La Presse Riviera/Chablais, un neurologue relativisait fortement l’alarmisme qui a mené dans divers pays d’Europe à la mention obligatoire sur les boîtes de jeux : « On ne devient pas épileptique en jouant. Le fait de se trouver devant un écran de télévision ou d’ordinateur ne peut déclencher une crise que chez un sujet prédisposé qui souffre d’un type particulier d’épilepsie. [...] L’épilepsie photosensible est pour l’essentiel héréditaire ».

Cependant, il n’est pas peu inquiétant que la législation, bien que totalament discréditée par les spécialistes qui se sont penchés sur le problème, soit restée en place. Ce qui n’est pas très grave dans le cas d’une bête mention sur les boîtes de jeux (dont l’efficacité et le pouvoir coercitif doivent être assez proches de ceux du « Parental Advisory - Explicit Lyrics » apposé sur certains disques dans des pays anglo-saxons), est beaucoup plus préoccupant dans le cas de dispositions liberticides, ou négatrices du droit à la confidentialité des opinions personnelles et de la présomption d’innocence. Par exemple, une fois les discours hystériques et croyances infondées sur l’anonymat des auteurs de sites Web évanouis du paysage médiatique, y aura-t-il toutefois un gouvernement pour supprimer les amendements Bloche, qui obligent tout auteur d’un site à décliner son adresse physique complète et exacte (soit directement sur la page d’accueil de son site, soit auprès de son hébergeur) ; ceci sans aucune garantie sur la non-exploitation à des fins commerciales ou politiques de ces données ? Si l’on regarde d’autres cas approchants dans d’autres domaines  [4], la tentation du pessimisme face aux éventualités de changement est grande. Ce phénomène de transformation d’un artefact social temporellement ponctuel en contrainte légale durable, phénomène clairement observable en de nombreuses et diverses occurences, pousse à se poser une question délicate : au milieu du troupeau bêlant de ceux qui crient au loup par simple effet d’entraînement et paresse intellectuelle, y a-t-il ou n’y a-t-il pas des personnes mieux informées qui orchestrent sciemment la psychose en pariant qu’une fois la psychose médiatique transcrite en législation répressive, cette dernière aura de fortes chances de survivre à la première ?

Les « grands débats » passent, les méthodes restent

Or l’on retrouve, dans la rhétorique autour d’Internet et des sites néo-nazis, le même type d’arguments que ceux que nous avons démontés plus haut à propos des jeux vidéo. Ainsi, le rapport de l’AIPJ dont nous décortiquions plus haut la préface, revenant cette fois à sa cible principale (Internet), cite-t-il à titre d’argument-massue les chiffres du centre Simon Wiesenthal sur le « nombre de sites racistes ». Or, comment peut-on affirmer qu’il y eut exactement « 1429 » sites racistes sur le Web ? Qu’on avance une estimation : « environ 1500 », ou « entre mille et deux mille », d’accord. Mais l’exactitude du chiffre avancé est ridicule, d’autant plus que la datation est vague. De même lorsqu’on lit qu’il n’y avait qu’un seul site raciste en 1995 (sans, là non plus, de précision supplémentaire sur la datation), comment ne peut-on pas mettre en doute une mesure à la pertinence si hasardeuse ? Au moindre oubli, et les chances sont grandes même sur le Web de 1995, le taux d’erreur monte à 100 %... S’il s’agit, comme cela est plus que probable, d’une mesure rendue invalide par une mauvaise méthodologie ou une ignorance concrète du Net, l’honnêteté scientifique aurait à tout le moins commandé de passer sous silence la dite mesure. Au contraire, à exhiber doctement de tels chiffres, les auteurs conduisent par ricochet à s’interroger sur la rigueur avec laquelle a été effectué le reste des travaux.

Continuons. L’« évolution » de ce nombre, dont s’inquiètent les auteurs, ne s’appuie malheureusement sur aucun calcul sérieux. En tenant compte des données plausibles (c’est-à-dire au minimum en éliminant le « 1 » de 1995), la progression des sites racistes est-elle plus rapide, moins rapide, que celle du nombre de sites dans son ensemble ? Le premier cas serait rassurant au contraire du sentiment que les auteurs veulent susciter (puisqu’alors la proportion d’expression raciste serait en diminution), mais on ne sait pas ; ou l’on ne veut pas donner les chiffres, afin d’entretenir la psychose.

Les auteurs évoquent ensuite la popularité des sites néo-nazis. Mais a-t-on des chiffres ou tout du moins une vague estimation sur la fréquentation de ces sites dans leur ensemble ? Non, seuls deux sites sont mentionnés explicitement dans le rapport. Et les autres ? Les statistiques de deux sites ne suffisent pas à constituer une vision d’ensemble ; la méthodologie est absolument invalide. De même, ce n’est pas en mettant bout à bout la diffusion pas forcément minuscule de Minute et Présent (les deux seuls journaux d’extrême-droite à diffusion non-confidentielle, si l’on veut bien exclure le Figaro Magazine), et le nombre éventuellement grand de feuilles de chou totalement inconnues à tendance néo-fasciste, que l’on peut scientifiquement conclure à une prolifération de l’expression fasciste dans la presse française. D’ailleurs, l’AIPJ, qui dit pourtant vouloir lutter contre toutes les formes de racisme, ne tient pas ce raisonnement à propos de la presse écrite.

En résumé, le rapport de l’AIPJ n’apporte aucune précision, indication ni relativisation statistiques, mais quatre chiffres implacablement martelés - ceux du décompte invraisemblablement précis du « nombre de sites néo-nazis » : un, puis 600, puis 1429, puis 2100. Progression inéluctable et effarante du racisme sur Internet, interprètera le lecteur déjà scandalisé par les atroces révélations sur le tiers de jeux vidéo nazis en Allemagne à la fin des années quatre-vingt.... Internet serait-il un domaine d’exception, non dans le champ légal mais dans celui de l’argumentation rationnelle, puisque chacun peut faire prendre au sérieux les thèses les plus pauvrement étayées à propos des dangers du Net ?

Conspiration des imbéciles ou convergences réactionnaires ?

Jouons maintenant un peu les naïfs. Tapons « jeux vidéo nazis » dans un moteur de recherche très connu (Google).... Que trouve-t-on ? [5]

Tout d’abord, une majorité de pages tout à fait banales sur les jeux vidéo, sélectionnées et renvoyées tout simplement parce que les jeux évoqués tiennent leur action durant la Seconde Guerre Mondiale (sans être pour autant des jeux nazis, bien sûr). Ainsi une accroche parmi tant d’autres, soulignée par le moteur de recherche : « La guerre continue : reprenez le controle d’une équipe de soldats aux aptitudes diverses, et combattez les nazis sur tout le globe. » Rien que de très ordinaire : en tant que divertissement populaire, les jeux vidéo mettent en scène la lutte contre le nazisme de la même manière et probablement dans les mêmes termes que le cinéma grand public, entre autres ; cette récupération pose certes des questions mais elle n’est pas l’apanage des nouvelles technologies, et sort d’autre part du sujet qui motive notre article, à savoir les modalités de la lutte juridique à outrance contre le racisme telle qu’elle est préconisée par la vague moraliste.

Ensuite, et c’est plus intéressant, on trouve quelques pages traitant du sujet favori de l’AIPJ et de leurs amis, à savoir l’influence supposée des jeux vidéo et de l’Internet sur le développement de comportements ou d’idéologies de haine.

-  Ainsi, un portail belge fait état de polémiques similaires à celles qui ont lieu en France sur les sites nazis. Cependant le compte-rendu, apparemment neutre, laisse penser que les positions sont plus calmes en Belgique que chez nous, et que les associations anti-racistes ne s’y abandonnent pas à des discours irrationnels comme certaines de leurs conseurs françaises [6].

-  Un article datant de 1999 dans Libération, faisant suite aux différents massacres de jeunes aux Etats-Unis. On y pose la question suivante : « Comme d’habitude, on retrouve deux camps : d’un côté, ceux qui veulent supprimer les jeux et sites violents. De l’autre, les inconditionnels de l’Internet qui crient à la censure. Mais que sait-on des liens entre Internet et violence ? ». Au-delà de la traditionnelle marginalisation des partisans de la liberté d’expression (ce sont des « inconditionnels » qui ne font que se plaindre en criant), la journaliste a l’honnêteté de souligner l’indécision des spécialistes sur la question. Ainsi, à propos des jeux vidéo, « les études sont rares, et contradictoires. D’un clic de souris, on se retrouverait dans la réalité virtuelle ? Et les deux lycéens auraient tué faute d’être sortis à temps de Doom ou de Quake ? Un peu rapide. On peut imaginer que ces jeunes très perturbés auraient craqué tôt ou tard (quoique pas forcément aussi violemment). » D’autre part, « s’il n’y a pas forcément tuerie, les comportements agressifs sont encouragés par cette violence. Mais pour passer à l’acte, il faut que l’enfant s’enferme dans un monde virtuel, et tous ne réagissent pas comme ça. Les jeux permettent aussi la création de réseaux de sociabilité ». Enfin, une chercheuse « a montré que les enfants qui préféraient les jeux violents étaient plus introvertis, plus anxieux et moins violents que les autres. »

Le seul élément dans cet article qui soit sans ambage en faveur de la psychose : un ancien professeur dans une école militaire affirme que certains jeux ressemblent à des simulateurs militaires, mais que « dans le contexte militaire, tirer à tort sur une cible entraîne une sanction sévère. Qui n’existe pas dans jeux vidéo où la désensibilisation des enfants n’est pas compensée par l’autorité. » Cette position a le mérite de poser implicitement une question centrale, bien que la journaliste n’ait pas relevé : pourquoi certaines formes de « désensibilisation » à la gravité des comportements violents - celles « compensées par l’autorité », donc - sont-elles considérées comme légitimes, et acceptées, alors qu’elles font partie intégrante (et sont même génératrices, puisque c’est le milieu militaire qui inspire nombre de jeux vidéo, et non l’inverse [7]) de la société violente dont on pourchasse le reflet dans les jeux vidéo ? (on ne nous en voudra pas de rappeler que respecter les règles de la guerre sous la contrainte de l’autorité militaire n’empêche pas qu’il y ait une hécatombe, non électronique, sur le champ de bataille)

-  On trouve un avis beaucoup plus alarmiste sur le site d’une association de protection de l’enfance : « Parents, éducateurs, attention ! Ne soyez plus aveugle devant la recrudescence des jeux vidéos dont les versions de base cachent, une fois débridées grâce à des codes secrets qui circulent entre les enfants ou sur internet, des jeux sanglants, sauvages, nazis, et dont les barbareries sont toutes plus insoutenables les unes que les autres.  » Au-delà de l’amalgame et de la généralisation qui confinent hélas au ridicule (alors que l’ensemble du site semble plutôt sérieux), la seule justification apportée est un article du Figaro, détaillant divers jeux vidéo violents, dont voici la phrase conclusive : « Combien de culot faut-il pour plastronner encore sur les Droits de l’Homme quand on laisse les présentoirs se remplir de ce qui les bafoue si explicitement ? ». On ne sait exactement à qui s’adresse cette prise à parti ; on remarque toutefois la similitude de la rhétorique utilisée avec celle de nos moralistes de l’Internet, à savoir que les Droits de l’Homme ne sont pas le fondement du droit et de la civilisation occidentaux, mais simplement un mauvais prétexte systématiquement avancé par les fauteurs de trouble pour se dédouaner de leurs actes. Ainsi Alain Finkielkraut avance-t-il, tel que rapporté par l’article de Libération sur l’audience des « grands témoins » devant le juge Gomez : « Aujourd’hui, quand le droit essaie de poser des limites, on invoque aussitôt les droits de l’Homme, lesquels deviennent une couverture à cette logique de toute puissance, à cette logique du "je veux" ». Evidemment, il ne s’agit pas d’une logique du « je veux », mais simplement du « j’ai le droit » ; et le droit à la libre expression est effectivement consacré par les Droits de l’Homme. On n’hésitera donc pas à affirmer que cette rhétorique, qui tend à instituer un délit d’expression sur la représentation d’actes de violence imaginaires (et non à condamner des actes de violence réels), en sus d’être dédaigneuse de l’intelligence humaine, est profondément réactionnaire puisque, pour ce faire, elle ne voit aucun problème à nier la primordialité des textes qui constituent l’affirmation des droits fondamentaux de l’homme « moderne ». Les considérations méprisantes sur les Droits de l’Homme étant d’ailleurs en général l’apanage des néo-fascistes et autres néo-droitistes que nos « grands témoins » prétendent combattre avec acharnement.... Les véritables combattants du fascisme tendent plutôt, en l’absence de menace physique, à se battre sur le terrain des idées (aussi répugnantes soient-elles dans le camp adverse).

-  Enfin, une pétition contre Familles de France, association qui fait pression sur les distributeurs pour obtenir la censure des jeux vidéo les plus violents. Faisons oeuvre de prudence à propos de cette association, puisque son site Web nous apprend qu’elle a fait condamner le magazine Joystick à 40000 F de dommages et intérêts pour avoir affirmé qu’elle était liée à l’extrême-droite catholique.... On se bornera donc à noter, ce qui est déjà significatif, qu’elle se targue d’avoir fait « annuler la baisse de la CSG sur les bas salaires » après avoir « rédigé le recours constitutionnel à la demande des députés » (de droite, on imagine, puisqu’on voit mal la « gauche plurielle » faire échouer ses propres lois) ; qu’elle s’oppose à l’assouplissement des conditions de l’IVG, avec des motifs aussi poétiques et flous que : « au moment où la société cherche à soutenir la fonction parentale, ne déresponsabilisons pas les parents au moment de l’acte grave qui va inaugurer la vie sexuelle de la jeune fille » (sic) ; et qu’elle assène enfin très posément : « l’adoption d’enfants, par des couples homosexuels masculins, nous paraît contre indiquée dans tous les cas de figure. Le risque pédophilique est toujours présent, même chez ceux qui croient n’avoir en aucun cas cette tendance. » (re-sic). Dans la base documentaire du Réseau Voltaire, Jacques Bichot, président de Familles de France à date du 31 décembre 1997 est également présenté comme « Proche de l’Action française et cofondateur d’Idées-Action ». Une autre fiche situe Familles de France « dans l’héritage familialiste de Philippe Pétain ». Enfin, le nouveau président de Familles de France, Henri Joyeux, est signalé comme ayant animé la première édition du forum de la Communauté Saint-Jean, manifestation réunissant « des représentants des mouvements catholiques réactionnaires ou conservateurs les plus dynamiques : associations anti-IVG, groupes charismatiques, Scouts d’Europe, etc. » Voilà située cette association indépendante de toute influence extrême-droitiste.

Voici maintenant le discours sans surprise de Familles de France à propos des jeux vidéo [8]. « Il est établi par les psychiatres et psychologues que les jeux vidéo ultra violents ou dégradants ont des effets néfastes sur des enfants : les assassins de Littleton étaient des fanatiques de Doom et Quake, dont le jeu Requiem est une réplique. Le message de destruction et de délinquance que véhiculent G.T.A. ou Rampage peut conduire des adolescents, voir des enfants, à des comportements asociaux. » Primo, l’argument du passage à la violence est mensonger (et d’ailleurs non étayé dans la citation), puisqu’on a vu que les études convoquées par l’article de Libération mentionné plus haut font état d’une grande indécision des « spécialistes », et d’une vraisemblable non-corrélation. Secundo, le reproche fait dans la deuxième phrase aux jeux vidéo est typiquement ultra-moraliste et ultra-conservateur puisqu’on y évoque la provocation de « comportements asociaux ». Il ne s’agit donc même plus de risques d’actes violents hypothétiquement corrélés à l’utilisation d’un certain type de produits, mais tout simplement de la transformation du comportement social de l’enfant dans un sens que l’on juge moralement inacceptable (« asocial » étant bien évidemment employé dans un sens péjoratif). Et cette raison suffit de plus à Familles de France à demander la censure des dits jeux vidéo....

Que nous apprennent, en définitive, ces quelques liens rapportés par un moteur de recherche ? Premièrement, qu’il n’y a probablement aucune étude réalisée de façon sérieuse sur les rapports de cause à effet entre l’utilisation de jeux vidéo et d’Internet et les problèmes psychologiques chez l’enfant, en tout cas qui soit disponible sur la Toile (l’article de Libération affirme d’autre part que celles qu’on peut trouver hors du Net, quoiqu’intéressantes, sont peu fouillées). Par « sérieuse », on entendra une étude qui implique un travail de recherche et d’analyse en mettant en oeuvre de réelles compétences en sciences humaines, et sans a priori idéologique. Deuxièmement, que les textes polémiques que l’on a trouvés sont le fait d’associations ou de personnalités clairement positionnées politiquement. Il est parfaitement justifié d’accoler l’épithète « ultra-conservateur » ou « réactionnaire »  [9] à un article du Figaro qui conchie les Droits de l’Homme, ou à une association familiale qui fustige les risques de passage à l’acte pédophile chez les pédés. Troisièmement, que la rhétorique employée à propos des jeux vidéo (et de l’Internet) par ces personnes ou groupes clairement positionnés ressemble étrangement à celle de l’AIPJ, du juge Gomez et des autres moralistes médiatiquement en vogue pour justifier leurs attaques vis-à-vis des opérateurs techniques ainsi que, plus généralement, leur aspiration à un contrôle dur et autoritaire du Réseau. Avec notamment une figure récurrente de l’argumentation droitiste : rabaisser les libertés fondamentales au rang de prétexte infâme, ou de gadget à « libertaire » ou à « droit-de-l’hommiste » ; en d’autres termes tenter de jeter automatiquement et a priori la suspicion et le discrédit sur quiconque se bat en faveur des dites libertés ou au moins l’une d’entre elles.

Qui sont les ennemis de la liberté (Epilogue)

A quoi jouent les moralistes, les partisans d’un contrôle dur de l’expression sur Internet : membres de l’AIPJ (Philippe Breton, Marc Knobel, Antoine Peillon...), juges friands de tapage médiatique et de procès tonitruants (Jean-Jacques Gomez), « personnalités » auto-proclamées expertes en tout (Alain Finkielkraut par exemple) ? Sont-ils réellement motivés par la protection des victimes potentielles du racisme et des différentes formes de néo-fascisme ? N’y a-t-il pas une contradiction entre combattre le fascisme et réclamer un contrôle autoritaire, guidé par une morale médiatique impérieuse, de l’expression citoyenne (i.e. l’expression des citoyens en tant qu’eux-mêmes, sans l’intermédiaire d’un quelconque médiateur accrédité) ? L’analyse du discours porté sur les jeux vidéo, marqué par l’hystérie moraliste et masqué par des chiffres trompeurs et des « études » évanescentes, semble prouver, non pas une incompétence incompréhensive qui deviendrait chronique (les plus aguerris des membres de l’AIPJ ayant entamé leurs ardeurs procédurières dès 1996), mais une réelle convergence, qui se révèle dans l’audace croissante des déclarations de moins en moins circonvenues (un « philosophe » qui paraît regretter l’existence des Droits de l’Homme dans des propos rapportés sans distanciation par un journal soi-disant de gauche...), vers des conceptions dangereusement conservatrices et réactionnaires.

Le déchaînement des moralistes, notamment dans cet organe de presse de moins en moins progressiste qu’est Libération, a le mérite d’avoir enfin fait tomber définitivement les masques, et disparaître les dernières illusions.

Ainsi sait-on où sont aujourd’hui les adversaires des libertés fondamentales et de l’émancipation citoyenne, surreprésentés médiatiquement, et capables comme ils l’ont montré de maintes supercheries intellectuelles. Ainsi également une autre organisation anti-raciste, le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, non contente de ne pas y prendre part, a-t-elle publiquement désavoué l’action de l’AIPJ, et déclaré : « nous pensons qu’il faut quitter le terrain du spectaculaire et considérer la réalité d’Internet plutôt que de céder aux fantasmes » ; et explicité sa position en cette phrase de bon sens dans un communiqué de juillet 2001 : « Internet est un outil de communication qui peut générer les pires excès, que le MRAP dénonce, mais aussi des possibilités extraordinaires pour oeuvrer à un monde d’amitié entre les peuples. »

 

[1] Voici la citation exacte du rédacteur en chef du magazine satirique Charlie Hebdo : « Mais, à part ceux qui ne l’utilisent que pour bander, gagner en bourse et échanger du courrier électronique, qui est prêt à dépenser de l’argent à fonds perdus pour avoir son petit site personnel ? Des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs, qui trouvent là un moyen de diffuser mondialement leurs délires, leurs haines, ou leurs obsessions. Internet, c’est la Kommandantur du monde ultra-libéral. »

[2] Editorialiste au Nouvel Observateur.

[3] Crises que de doctes experts expliquaient être causées par le défilement trop rapide d’images changeantes. Notons qu’une crise d’épilepsie, pour socialement et physiquement gênante qu’elle soit, n’est médicalement pas dangereuse, sauf circonstances particulières qui ne sont pas celles d’un jeu vidéo (natation, conduite automobile...).

[4] Par exemple la pénalisation des drogues douces, remise en cause de longue date.

(ajout du 16 septembre 2001) Pour rester en phase avec l’actualité, citons également la réaction de Bruce Schneier, spécialiste mondial en cryptographie, aux attentats du 11 septembre et aux appels au durcissement sécuritaire qui y firent suite :

« In times of crisis it’s easy to disregard these liberties or, worse, to actively attack them and stigmatize those who support them. We’ve already seen government proposals for increased wiretapping capabilities and renewed rhetoric about encryption limitations. [...] In 1996, TWA Flight 800 exploded and crashed in the Atlantic. Originally people thought it was a missile attack. The FBI demanded, and Congress passed, a law giving law enforcement greater abilities to expel aliens from the country. Eventually we learned the crash was caused by a mechanical malfunction, but the law still stands.  ».

Traduction : « En temps de crise, il est facile de déconsidérer ces libertés ou, pire, de les attaquer délibérément et de stigmatiser ceux qui les supportent. On a déjà vu apparaître des propositions gouvernementales pour augmenter les capacités d’écoutes téléphoniques et recycler certaines rhétoriques sur la limitation des procédés de chiffrement. [...] En 1996, le vol 800 de la TWA explosa et s’écrasa dans l’Atlantique. A l’origine, on pensa que c’était une attaque par missile. Le FBI exigea, et le Congrès fit passer, une loi facilitant l’expulsion d’étrangers du pays. Plus tard on apprit que la catastrophe avait été causée par un dysfonctionnement mécanique, mais la loi est toujours en vigueur. »

[5] On se bornera à la première centaine des résultats tels que classés par ordre de pertinence décroissante, ce qui constitue déjà un échantillon intéressant.

[6] Citons notamment l’opinion clairvoyante et avisée d’un juriste de la Ligue des Droits de l’Homme locale : « Le plus important, c’est la volonté d’agir. [...] Au niveau judiciaire cela se traduit dans le choix de priorités par le ministre compétent. Certains ministres décident de lutter contre des bandes de jeunes, à la place, on pourrait faire de la lutte contre le racisme au quotidien. Mais la volonté doit aussi se traduire au niveau politique. Or, pour l’instant il règne un discours politique propice à la propagation d’idées d’extrême droite.  »

[7] Toutefois, dans l’avant-propos de sa thèse publiée sur le Web, Les mises en scène de l’interactivité, Vincent Mabillot note : « Janvier 1991, l’événement a eu lieu ; les premiers pilotes de l’US AIR FORCE sont de retour de leur premier raid sur Bagdad. L’un d’eux descend et annonce au monde une révolution médiologique par cette phrase lapidaire : "It was like a video game". "C’était comme dans un jeu vidéo". J’ai ressenti quelque chose de troublant dans son sourire débonnaire. La guerre, bien réelle, était de la bouche même de ses acteurs devenue virtuelle. Quelle ironie de l’histoire ! Dans le berceau de l’écriture, le symbolique prenait le pas sur l’expérience. » La Grande Muette serait-elle influencée, en retour, par les cacophonies du virtuel ?

[8] A cause des liens cassés sur le site de Familles de France, nous devons nous contenter des propos rapportés par le site de la pétition sus-mentionnée.

[9] « Réaction : [...] Mouvement d’idées, action qui s’oppose au progrès social et vise à rétablir des institutions antérieures (=> réactionnaire) » (Petit Robert).

 
 
Cracounette
 
L’image utilisée en « logo » de l’article ne provient pas d’un jeu nazi, ni même d’un jeu. Il s’agit simplement d’un détail d’une démo d’un des meilleurs groupes de demomakers de la fin des années 80 : The Demo par les Logon System.
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> Nazisme, censure et jeux vidéo
28 décembre 2006, message de Goshu
 

C’est vraiment l’éternel débat, la chasse aux sorcières qui continue.....

Un petit dessin représentatif

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> Nazisme, censure et jeux vidéo
1er septembre 2005
 

Très bon article. Toutefois, à trop démontrer les incohérences des moralisateurs extrèmistes, ce texte passe sous silence un lien "objectif" existant entre jeux et violence. Rentrez dans n’importe quel magasins de jeux et comptez le nombre de jeux où l’on ne vous n’aurez pas à démonter la tête d’un "terroriste, nazi, démons, orcs, méchants... passants, civils..." (rayer les mentions inutiles. Reste les jeux de sports et de caisses... et beaucoup d’autres certes. Retirez de votre score "peace and love" les jeux de caisses où se cracher sur un mur est une expérience utile pour maitriser le gabarit virtuelle de sa voiture. Les extrêmistes du comptage moraliste retiront également les jeux compétitifs (baston et toutes rencontres limitées au duel.

ça ne fait plus un très gros nombre de jeux présentant autre chose que les critères énoncés.

Et alors ?

Et alors rien : je ne pronne aucune censure, j’aime également beaucoup certains jeux violent qui réussissent à me détendre.

J’ai simplement plus de respect pour l’ensemble des gens qui contribuent à sortir des jeux "différents" car visiblement, il semble plus difficile d’exprimer une volonté de construction que de destruction sous une forme interactive et virtuelle.

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> Nazisme, censure et jeux vidéo
27 juin 2005, message de françois
 
quelle excellent papier !! excellente qualité de documentation, excellente réflexion, très agréable à lire. Encore !!!!!!!
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> Nazisme, censure et jeux vidéo
15 septembre 2001, message de envie de dire
 
Excellent article ! J’avais moi-même depuis assez longtemps l’impression un peu plus que diffuse qu’au nom des Droits de l’Homme, on cherche à les contrôler, et que les moralistes d’aujourd’hui, bien déguisés sous leurs habits "démocratiques", ne cherchent qu’à instaurer un totalitarisme nouveau, peut-être à la Orwell...
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Juste une question
15 septembre 2001, message de ASH
 

Je suis depuis un moment "l’affaire J’accuse"et je me demandais ce qui est prévu si une chaîne de télévision se retrouvait dans le même cas.

Résumons : un site en anglais (Front14) hébergé dans un autre pays (les USA) et diffusant un contenu répréhensible en France. Résultat incompréhensible : les fournisseurs d’accès sont attaqués en justice.

Mais pour la TV ? La même chose peut arriver : une chaîne en anglais (par ex CNN, BBC) dont les relais de diffusion (satellites, etc.) sont dans un autre pays diffuse un contenu illégal (ça a sûrement dû arriver). Que se passerait-il si cela arrivait ? Dans la même logique il faudrait attaquer les fabricants de parabole.

Peut-être n’ai-je rien compris à l’histoire. Peut-être existe-t-il des accords entre les chaînes internationales et les pays où elles sont diffusées. Peut-être tout cela ne se compare finalement pas. Mais quoi qu’il en soit si quelqu’un pourrait m’apporter un éclaircissement ce serait sympa.

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> Juste une question, envie de dire, 15 septembre 2001
Un éclaircissement, je ne pense pas... je n’y connais pas grand chose non plus. Mais j’ai trouvé l’idée de poursuivre les fabricants de paraboles absolument suc-cul-lente !!
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> Juste une question, 15 septembre 2001

Salut,

En Europe, les problèmes juridiques en matière d’audiovisuel sont réglés par la directive "télévision sans frontières". Extrait :

«  La nouvelle directive a été adoptée le 23 juin 1997 par le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen. Les Etats membres avaient 18 mois pour la mettre en vigueur. La directive est entrée en vigueur le 31 décembre 1998.

Elle développe de nouvelles dispositions destinées à fournir un cadre juridique aux chaînes de télévision et à mieux protéger les intérêts des téléspectateurs :

- l’Etat membre compétent pour les chaînes de télévision est déterminé en fonction du lieu du siège social effectif et de celui où les décisions de programmation sont prises ; [...] »

En clair, en cas de litige, la juridication compétente est celle du pays émetteur et non du pays de consultation.

Bon, ceci dit, il faut voir aussi que l’audiovisuel a rarement besoin de régulation juridique, sachant qu’elle se fait en amont :

-  pour la télévision hertzienne, les bandes de fréquence sont allouées en général par un organisme plus ou moins étatique, technocratique et lobbyisé (en France, le CSA). Seuls les gros acteurs, et qui montrent patte blanche, y ont accès.

-  pour le satellite, c’est au niveau des opérateurs de satellites que s’effectue l’achat de bande passante. Comme ça coûte très cher, là aussi seuls les gros acteurs ont accès aux ondes.

Donc le problème n’est pas le même que pour Internet, sauf le jour où l’industrie décidera de supporter un parti d’extrême-droite comme dans les années noires.

a+

Cracounette.

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> > Juste une question, Nicomo, 18 septembre 2001

"pour le satellite, c’est au niveau des opérateurs de satellites que s’effectue l’achat de bande passante. Comme ça coûte très cher, là aussi seuls les gros acteurs ont accès aux ondes"

N’exagérons rien, ça ne coûte pas si cher que ça (un canal satellite), et ça s’achête comme au marché. On a déjà vu des sectes (Sciento etc) louer des transpondeurs pour retransmettre leurs sauterie.

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> > > Juste une question, 18 septembre 2001

« N’exagérons rien, ça ne coûte pas si cher que ça (un canal satellite), et ça s’achête comme au marché. On a déjà vu des sectes (Sciento etc) louer des transpondeurs pour retransmettre leurs sauterie. »

Certes. Mais c’est tout de même autre chose, même pour une diffusion de quelques heures, que d’héberger un site Web. D’ailleurs, la Scientologie est à mon avis loin d’être fauchée...

Amicalement

Cracounette.

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> > > > Juste une question, Oui, mais..., 28 septembre 2001

"En clair, en cas de litige, la juridication compétente est celle du pays émetteur et non du pays de consultation."

Pour autant, quand Canal a diffusé un porno sur son réseau à destination de pays musulmans, lesdits pays ont supprimé la licence de diffusion.

PS : bravo pour ton papier Cracounette

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