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17 octobre 2000
 
vendredi 6 octobre 2000
Ils nous volent nos mots pour mieux contrôler nos pensées

Ca se passe comme ça dans la vie point com

par Bidet Casserole
 
La publicité est l’un des moyens préférés des « privatiseurs du réel » comme dirait notre planétaire rebelle Houellebecq. Voici deux exemples de stratégies d’infiltration et de confiscation du langage, ce bien collectif qui, paraît-il, fait de nous des humains.

Seule une vigilance de tous les instants permet d’y échapper, et encore... Cela nous arrive à tous de répéter des mots que la pub a installés dans nos têtes, à coup d’astuces « créatives » et surtout à grand renfort de millions. Dans certains cas, ce sont des petits mots de la vie de tous les jours qu’une entreprise a décidé d’acheter pour les prendre à son compte, en faire sa propriété privée. Cette OPA sur le vocabulaire « de proximité » est la démarche des « restaurants » Mc Donald. Elle est l’exacte illustration de la stratégie de prise de possession du quotidien suivie par l’entreprise : remplacer des petits boui-boui pas toujours impeccables mais toujours plus humains par des terminaux de distribution de sa sous-bouffe inepte, identique d’un bout à l’autre de la planète. Au lieu d’avoir dans votre quartier des petits commerçants qui contribuent à faire de l’endroit où vous vivez un lieu qui a un peu de personnalité, vous avez à la place des esclaves à temps partiel, sous-payés, qui n’aiment pas ce qu’ils font, encadrés par des managers interchangeables qui sont là pour fouetter le petit personnel pour le compte d’actionnaires qui de toute façon ne mettent jamais les pieds dans l’odeur de friture et n’accordent leur peu d’amour qu’à l’argent.

Certes, la poésie du grec frites douteux emballé par un tamoul sans papiers a aussi ses limites, mais au moins ce genre de boutique ne se répand pas à la télé pour te faire croire que tu vas y trouver le bonheur. L’expression « ça se passe comme ça » ne nous appartient donc plus vraiment. Mais il y a quand même un moyen de remettre la main dessus, comme par exemple lors de la petite histoire arrivée l’autre jour à Dédé (appelons-le ainsi). Dédé est un garçon qui adore la bouffe, la vraie, il transforme n’importe quelle cuisine en lendemain de raid humanitaire de l’OTAN, mais au passage il aura mis sur la table un sublime bourguignon, un foie gras maison ou une création originale à te donner envie de penser à l’existence de dieu... Donc, Dédé se voit entraîné par quelques jeunes amis peu regardants dans l’un de ces « magasins qui vendent des pains ronds et des jouets » (citation d’une jeune victime, âgée de 3 ans au moment des faits). Grâce à son solide appétit, notre Dédé fait son affaire à quelques exemplaires des produits de la maison Mac Daube. Sitôt sorti de là, il commence à éprouver une envie soudaine d’aller vider ses intestins mis à rude épreuve par les matières inconnues qu’ils viennent d’absorber... et commencent pour lui 24 heures de cauchemar, qui lui ont permis d’apprendre par cœur tous les numéros de Science et Vie abandonnés dans les chiottes par un inconnu.

Depuis ce jour-là, si vous dites « ça se passe comme ça » devant Dédé ou l’un des témoins de sa laxative épopée, il pense immédiatement aux nombreux « ça se passe comme ça » moqueurs qui ont accompagné son calvaire. Le traitement a été efficace : même bourré, il n’y est jamais retourné (chez Mac Daube !).

Autre manière d’agir, celle de nos amis de France Télécom, qui ont acheté un champ sémantique en voie de développement, celui de la vie point com. A la tête de cette boutique, il y a un ancien patron de supermarché, (Monsieur Bon, qui a contribué à faire de Carrefour l’un des vrais détenteurs du pouvoir dans ce pays). Il y a un an, France Télécom avait un problème, sa rapacité lui avait aliéné toute confiance auprès d’une génération d’utilisateurs, excédés par des tarifs abusifs. Pourtant, il lui fallait reprendre pied sur le terrain des horizons qui chantent par la grâce de l’universelle connexion.

(((Putaing cong, point com !)))

Un publicitaire, qui devait vanner ses potes interactifs en mettant des point com à la fin de chaque phrase, tel un méridional parodique parsemant son discours de putaing cong, à eu l’idée de vendre cette façon de faire, en vigueur dans la « nouvelle » économie. « Salut point com, on se mail et on se fait une e-bouffe ? » C’est pas brillant, mais ce genre de parler s’est beaucoup développé dans les milieux connectés. Donc, à l’affût de « modernification crédibilisante », France Télécom a mis le paquet pour prendre possession de ce champ sémantique en pleine expansion. Se perchant ainsi sur l’épaule des e-jargonautes, s’infiltrant dans leurs synapses, et par là même, redonnant une couche de peinture fraîche à son image un peu ternie de leader. L’idée n’était pas de persuader le noyau dur de résistants à France Télécon, mais d’enrayer la diffusion de cette image « d’ennemi de l’internaute » qui se propageait chez les gens un peu lucides.

Rassurez-vous, le FT de Monsieur Bon est toujours aussi rapace, les bénéfs continuent de progresser pendant qu’on ampute tout ce qui fait trop service public (un exemple au hasard : la suppression de la réduction d’abonnement pour les lignes à faible trafic, effective depuis le 01/09/00 - un petit avantage conçu pour que la hausse de l’abonnement ne pèse pas trop sur les pauvres qui n’osent pas beaucoup téléphoner). Votre facture augmente ? Ne soyez pas mesquin, France T a tout repeint en point com. Un élément central dans la démarche d’amélioration du service rendu au client est certainement la nouvelle variété d’enveloppe qui emballe la facture, avec une très belle couleur orange fluo à l’intérieur, façon nouvelle économie.

Un investissement pas si petit, puisque FT envoie quelques centaines de millions de lettres par an, mais un investissement rentable dans l’esprit de notre chef de rayon. Quand on rend un peu plus ludiques les moments où l’on pose le canon sur la tempe du consommateur, ce crétin est bien capable de trouver ça plus agréable.

 
 
Bidet Casserole
 
P.S. Tout ça n’était au départ qu’une introduction pour parler du dernier film de Wanadoo « l’indien qui lève le doigt », tant pis, ce sera pour une autre fois. Sinon, Houellebecq n’est pas pour moi une référence absolue, mais il met souvent le doigt sur des trucs que beaucoup discernent sans pouvoir le formuler clairement. Par exemple, il y a dans Extension du domaine de la lutte quelques passages très bien vus qui justifient largement l’ennui (la difficulté d’être n’est pas toujours joyeuse) que peuvent parfois provoquer les autres pages.
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> ça se passe comme ça dans la vie point com
6 octobre 2000, message de Greg.fr
 

Mc Do, Mc Gerbe pour les intimes.

Mes connaissances ne voient pas toutes d’un très bon oeil l’habitude que j’ai de déformer slogans et noms de sociétés. Je vois cela comme une activité salutaire pour moi comme pour mon interlocuteur (souvent dépassé). Noos ne doit pas se prononcer Nousse, mais Nosse, parce qu’il y a un os dans le gaz. Et puis je trouve que ça rime avec la Générale des Os. Le Boulevard Ossements (Haussmann, merci Nestor Burma), le Jivaro, célèbre quotidien français réducteur d’informations (certains l’appellent le Figaro, passons).

Aujourd’hui, on doit chantonner "mais c’est pas grave" ou "mais bien sûr", sur l’air des pub bien connes-hues. Ma consommation de Kiss’Colle ou de chocolat n’a pas augmenté pour autant. Pour les motards, les pots Yoshi’machepouêt, les casques S’Araye ou le disque de frein Brembal (un Brembal, des Brembo, un métral, des métros, un général, dégénéré, gaffe aux exceptions).

Cromisoft, M$, Petit Mou Fenêtre (Vingt Doses 95, 98 ou Mheu pour vaches et les intimes). Windows (TM) 95 et 98 les biens nommés, sans plomb comme l’essence, sans un gramme de plomb dans la tête des développeurs de ce prétendu système d’exploitation (différence fondamentale avec un virus qui ralentit et fait planter la machine : un virus est optimisé). Oups, je viens de lancer une troll sur le minirezo. Avec Castrol, on s’envole, avec Motul on s’enc... Nes-kafé ça encore ? Elf-Total ? Comprenez l’Erika, Libre Fiouleur de TOut un Tas d’Animaux du Littoral. Untel, fondeur de processeurs, dEvian, je bois Complex et je prend du poids. Butez, éliminez. Du bon, du beau, du beaudet. Anal Plus le samedi soir (facile, celle-là). Et je monte ma dot-comme tout le monde. Laetitia Casse-toi, les petits culs de Monaco, France-Intox (105.5 à Pantruche, 50.000 TONNES de bombes sur Bagdad la première nuit de bombardement, soit le tonnage moyen de ce que cette malheureuse Allemagne prenait en DEUX MOIS vers la fin de l’autre "der’ des der’", pourraient au moins prendre le temps de réfléchir avant de balancer l’artillerie lourde). On n’arrête pas le pro-gras. Surtout s’il est dans une Scie-Troën Trompette, un Renault Clito ou Tringlo. S’marre serait une marque de voitures, prière de ne pas rigoler quand on voit passer ces demi-cabines téléphoniques roulantes. Et Vive Andy (comme celle de Messier), "tu viens chez moi ? alors on va chez toi". Les Rita Mitsuko étaient des visionnaires. A bon publiphobe, salut.

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> ça se passe comme ça dans la vie point com, 8 octobre 2000

Rendons à César ce qui appartient à César : pour autant que je sache, la décision de supprimer la formule d’abonnement "modéré" revient à la Commission Européenne, qui a estimé qu’il s’agissait d’une mesure anti-concurrentielle.

Libéralisme, quand tu nous tiens...

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Starsky & Hutch attaquent les exorbitants privilèges des européens, Bidet Casserole, 18 octobre 2000

"Lui flic très méchant, moi gentil policier, moi vouloir ton bien, seulement toi comprendre si toi pas obéir, lui frapper fort, très fort..."

C’est pas moi, c’est l’Europe...

Les lobbies ont trouvé un super truc pour faire passer les décisions qui les arrangent : c’est la faute à l’Europe. Bizarrement, les décisions européennes peuvent parfois coincider avec les attentes d’une catégorie de citoyens/consommateurs/clients (cocher la mention inutile) mais ce qui est sûr, c’est qu’elles coincident toujours avec le souci de rentabilité accrue qui habite une catégorie d’entreprises.

Mais peut-être que j’interprète mal...

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> Suppression de l’abonnement contre liberalisation des telecoms , Fab, 14 novembre 2000

Avant d’exiger de France Telecom la suppression de l’abonnement a tarif reduit, la Commission europeenne n’a exige rien moins que la liberalisation du secteur et l’ouverture a la concurrence.

Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que cette ouverture a la concurrence a fait perdre beaucoup plus d’argent a France Telecom que la suppression de l’abonnement a tarif reduit ne lui en a fait gagner.

Comme quoi si l’action des lobbies est certainement efficace sur certains points, il arrive de temps en temps que l’interet du consommateur soit pris en compte dans les decisions : incroyable non !

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> Suppression de l’abonnement contre liberalisation des telecoms , Jeep, 24 janvier 2001

Contrairement à l’impression que certaines déclarations gouvernementales ou de France Telecom pourraient laisser croire, ceux-ci ont joué un rôle très actif dans la libéralisation des télécoms. Qui n’a donc pas du tout été "imposée" par "Bruxelles".

Le raisonnement était : il y a trois grands acteurs (BT, FT et DT)(plus les américains), nous ne ferons qu’une bouchée des marchés italien, bénéluxien, espagnol, portugais, grec et autres sans parler que nous pourrons profiter de notre expérience d’euro-prédateur pour mettre la main sur des opérateurs mexicains, argentins, japonais, etc. et encore le marché américain qui devra bien s’ouvrir un peu pour bénéficier de la réciproque... Miaaam !... laisse tomber la CGT...

Sur le "détail" de l’abonnement à prix réduit, la Commission ne fait qu’appliquer les règles entérinées par les Quinze. Sans doute le fait-elle parfois avec un enthousiasme suspect, mais si, d’une part, la France avait VRAIMENT défendu la persistance de règles européennes sérieuses de service public et si la France ne s’opposait pas de longue date à la politisation de la Commission, on aurait aujourd’hui une Commission plus ou moins de gauche(pfff...) au lieu du "marais" actuel dans lequel les ultra-libéraux l’emportent à tous les coups...

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> ça se passe comme ça dans la vie point com, paul nousse, 26 août 2005
Pour moi il n’y a pas d’importance. Je m’apelle Nousse. L’origine du nom est Noos à Igel Saarland. alors [nus] ou [nos] ça me laisse sur le [ky] !
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> ça se passe comme ça dans la vie point com, Nousse Paul, 30 juin 2006
J’ai les mêmes origines que toi ! Qui es tu , cousin ??
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> ça se passe comme ça dans la vie point com, Polo, 26 juin 2009
Salut Paul Nousse je suis un homonyme et ai las mêmes origines que toi. J’aimerais te connaître. Nos ou Nus je m’en fous aussi. paul.nousse@laposte.net
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