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Un grand méchant flou et pas si facile

Mégadrive, faubourg de carnage

Gustave déjà nous le disait, il faut se méfier de la mondialisation
par Bidet Casserole
 
Beaucoup plus difficile à identifier qu’un patron de start-up, il existe un monstre aux limites de l’ineffable, cette entité floue, due à une superposition de phénomènes économiques culturels et politiques s’appelle mondialisation.

Elle s’appelle Virginie ou Caroline, bonne famille, belles études... elle en est à son premier boulot et elle n’imagine pas que « la mondialisation » soit si néfaste. « Tu sais, moi ce qui m’intéresse pour l’instant, c’est d’avoir mon appart, de quoi m’acheter des trucs... » Du coup, j’ai été obligé de reprendre les arguments à la base. C’est vrai, ce n’est pas le genre de question qu’on te pose tous les jours, et puis ça paraît mégalo de vouloir expliquer cette chose mondiale annoncée comme inexorable. Comme très jeune déjà j’avais choisi de faire opinioniste plutôt que scientifiant, je laisse aux gens plus sérieux la lourde tâche d’expliquer l’évolution de l’économie mondiale avec des chiffres partout, des analyses rigoureuses et plein de citations qui étayent le discours. De toute façon, ça ne les empêche pas d’arriver à la conclusion qu’ils imaginaient dès le départ. La science économique et politique se démarque des disciplines plus scientifiques par une tendance bien plus développée à écarter les faits qui démentent la théorie ou à exclure les interprétations invalidantes (je commence à toucher un peu en jargon, mine de rien !).

On attendait la science, ce fut l’économie...

Les auteurs de science fiction ont rempli des bibliothèques pour nous inciter à nous méfier de la science, mais je n’ai pas le souvenir d’en avoir lu un qui concentrait le tir sur l’économie. Quand on parle de mondialisation, il s’agit presque toujours de celle de la prise du pouvoir mondial par l’économie, la seule discipline qui n’est exacte qu’a posteriori. Bizarrement, l’activité fondamentale, qui dirige aujourd’hui toutes les autres est de loin la moins « scientifique ». Parmi ses dogmes, la croyance dans le « marché » est si répandue que ses fidèles en sont venus à penser que cette approche des phénomènes économiques n’était plus une croyance, mais bien la vérité (non pas une parmi d’autres, mais bien la seule possible). Venons-en au fait : pourquoi nous sommes nombreux à partager la certitude que l’abandon de la souveraineté (individuelle, nationale, collective, planétaire) au profit de l’économie est une chose au moins douteuse et au pire catastrophique.

Pour faire sérieux, j’ai retrouvé une description plutôt critique de la mondialisation signée du grand Gustave, le gars Flaubert, un normand qui avait préféré tremper sa plume dans l’encre plutôt que son foie dans le calva.

«  Carthage exténuait ces peuples. Elle en tirait des impôts exorbitants ; et les fers, la hache ou la croix punissaient les retards et jusqu’aux murmures. Il fallait cultiver ce qui convenait à la République, fournir ce qu’elle demandait ; [...] les gouverneurs étaient estimés comme des pressoirs d’après la quantité qu’ils faisaient rendre. Puis, au-delà des régions directement soumises à Carthage, s’étendaient les alliés ne payant qu’un médiocre tribut ; derrière les alliés vagabondaient les Nomades, qu’on pouvait lâcher sur eux. Par ce système les récoltes étaient toujours abondantes, les haras savamment conduits, les plantations superbes.  »

Les fonds de pension et les banques d’affaires sont-ils la version moderne de cette république ? Les managers sont-ils ces gouverneurs dont la valeur est proportionnelle à leur capacité à faire cracher du dividende ? Les hordes barbares des périphéries sont-elles ces redoutables bandes de chômeurs prêts à tout, y compris à se flexibiliser, pour s’emparer du travail des un peu mieux lotis ?

Comme notre monde économiquement globalisé, cet univers idyllique, décrit dans Salâmmbo, ne faisait pas que des malheureux, mais ces privilégiés étaient à peine quelques centaines. Aujourd’hui, les proportions n’ont pas trop varié et les habitants de Bushgorlandia (parfois appelée USA) sont 0,1% à être très riches et environ 30% à être un peu ou très pauvres. Tout ça, pour ne parler que d’un pays qu’on range plus facilement dans la catégorie des profiteurs de la mondialisation que dans celle des victimes.

« Je travaille dans le marketing », c’est plus classe que « Je collabore à la répression sociale. »

Les punitions ont, elles, su s’adapter, les huissiers ont remplacé les légions, les supplices infligés sont plus insidieux, la version moderne du pilori est d’être condamné à recevoir des pierres parce qu’on ne peut pas se payer mieux que des Adidas à deux bandes, du cola Leader Price, ou des Pokémon de contrefaçon. Ce qui n’exclut pas les méthodes plus éprouvées, comme le traitement carcéral de la misère, en pleine expansion dans la patrie du marché. Une récente campagne d’affichage de la très mondialisée chaîne de Télé Canal Plus nous dit en face et en clair : To be abonné or not to be, hors de l’état de client, tu n’as pas le droit d’être toi-même. L’omnipotence économique rejette dans les limbes de l’inexistence ceux qui n’ont pas les moyens de passer à la caisse pour « s’affirmer ».

Pourquoi cette si belle console ? C’est pour mieux shooter ta culture mon enfant.

Le cycle de l’irresponsabilité dans la mondialisation est bien connu : des actionnaires qui actionnent, des managers qui managent et des taux de profit qui laminent l’humain. Les économies d’échelle sont un bon moyen de parvenir à un taux de profit conséquent. Ainsi, plutôt que de vendre 20 produits différents dans 20 pays différents, il est beaucoup plus intéressant de vendre le même produit partout. Au passage, il faut peut-être « reformater » à coup de marketing, les consommateurs qui ont parfois tendance à être trop différents d’un pays à l’autre. L’Europe, pour une multinationale, c’est 20 pays, 20 peuples, un seul produit. L’élevage en batterie de jeunes consommateurs, alignés devant leurs consoles de jeux, va permettre d’éradiquer ces spécificités locales si nuisibles au profit. Ce « Doomlike game » qui se joue aujourd’hui partout autour de vous n’a pour autre résultat que l’extermination de la différence. On peut en être complice et victime à la fois, le marketing nous dit qu’on a l’air moins con quand on offre un « logiciel éducatif » au gamin des copains que quand on lui offre un jeu de cubes en bois. Les objets qui peuplent notre monde existent souvent en deux versions : la version hi-tech mondialisée et la version terroir, ringardisée par le marketing du camp d’en face.

Le maximum respect, nouvelle arme des bouffeurs de culture

Ce carnage des cultures se fait souvent au nom de la différence, au nom d’une « multiculturalité » revendiquée. Pas facile de choisir, la perte de l’âme peut se faire en figeant une culture et en la propulsant au musée aussi bien qu’en la noyant sous une technologie mal maîtrisée. Un exemple ? Les excellents P18 (des ex-Mano Negra qui ont mis de la techno et de la musique cubaine dans leur rock, pour faire simple) donnent beaucoup plus à la musique que Ry Cooder quand il sort ses non moins excellents papys cubains du congélateur Buenavista Social Club. Mine de rien, P18 et leurs amis de La Havane, avec d’autres, construisent la version positive de la mondialisation (veuillez m’excuser pour ce dérapage, j’étais bien décidé à être purement négatif).

Comme je crains fort de ne pas en finir tout de suite avec la mondialisation économique, je peux aussi signaler à ceux qui n’ont pas lu le Diplo de ce mois-ci qu’une réunion mondiale va se tenir à Porto Alegre, au Brésil, elle va rassembler ceux qui ont décidé de résister.

En attendant le prochain CD de José Bové, faites donc gaffe à ce que vous achetez...

 
 
Bidet Casserole
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17 octobre 2000
 
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> Bon ok mais arrêtons ce pseudo-vocabulaire antimondialisation
4 janvier 2001, message de Mikeul
 

Il y a un certain nombre d’arguments justes sur les dérives du "tout économique", sur cet équilibre de plus en plus déséquilibré en faveur des actionnaires, niant en cela les problématiques "industrielles", cette ruée vers l’or du "tout service", ce matraquage de la consommation, etc.

Mais je trouve fatiguant de retrouver toujours la même prose anti-tout, négative, cette façon de dire : Nous sommes des résistants, prenons le maquis !. De chercher des parallèles avec telle ou telle situation historique, c’est joli, perspicace sur certains points, mais ça ne construit pas une argumentation complète.

Lire le monde diplomatique, très bien, mais de temps en temps, j’ai l’impression de lire des articles dont la nuance n’est pas vraiment le fort, et dont les sources d’information, au lieu d’être diverses, sont toujours les mêmes, mêmes idées, mêmes philosophies, etc. Ce n’est pas un peu risquer l’enfermement idéologique ?

 
en ligne : Bernie Mag
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Quelques précisions de la part d’un opposant stérile à la mondialisation, Bidet Casserole, 5 janvier 2001
1/ La Science Fiction Poser la question de l’utilisation de la science, c’est nécessairement parler des dérives économiques et des aberrations politiques qu’elle peut entraîner. La science fiction a été depuis 35 ans l’un des vecteurs principaux de la critique sociale (à destination d’un public large), mais il faut souvent gratter sous une couche pas toujours digeste. La critique contre le pouvoir de l’argent, ses méthodes, ses objectifs est souvent très présente, mais presque « en creux » ou « dans les marges ». Un exemple, dans « Un monde d’azur » de Jack Vance, beau livre assez poétique sur notre terre future, recouverte par les eaux, la plus basse caste, dont le rôle est de plonger pour dégager les algues géantes qui se collent sous les grands radeaux ou vivent les gens, s’appelle la caste des publicitaires. Majoritairement, la science fiction compte beaucoup plus de critiques des totalitarismes que de Ron Hubbard (il a commencé comme ça, ne l’oublions pas). Le « Rêve de fer » de Spinrad est sûrement un bouquin plus efficace contre le nazisme que des ouvrages plus théoriques, plus argumentés et surtout beaucoup plus chiants. 2/ Le Monde Diplo Il y a des journaux qui énervent parfois mais dont la disparition serait un signe grave de dérive. Le Diplo, Charlie et le Canard sont dans ce cas là. Quand on va au-delà de la mégalo d’Ignacio Ramonet qui éclabousse tous ses édito de sa fausse humilité, ce mensuel contient des analyses et des informations qu’il est un des seuls à rassembler. C’est clair que c’est pas la bible et qu’il y a une forte tendance chez eux à vouloir décider du réel plutôt qu’à essayer de le rencontrer. Avec parfois en plus ce côté universitaire qui sort pas souvent, mais il a le grand mérite de faire ce que très peu de médias font : parler du monde avec un autre filtre que celui de l’économie et essayer d’approfondir les sujets traités sans chercher l’info spectacle. 3/ Le fond du débat « C’est pénible ces gens qui sont contre tout » Bien d’accord avec vous, mais il faut parfois savoir exagérer pour se faire entendre. A l’heure actuelle, vous êtes au moins trois à m’avoir lu. Il me semble aussi que le discours que j’ai essayé de faire passer tient la route : la normalisation : le formatage des êtres humains par le marketing est en cours et nous pouvons nous abstenir d’aider ceux qui y ont intérêt. Si rendre l’humanité plus sincère, plus heureuse et plus constructive faisait gagner de l’argent à des entreprises, les religions n’auraient pas de meilleur paradis à nous promettre que celui que nous vivrions. Mon avis de pauvre individu non croyant (ni Dieu, ni CAC 40, ni Trotsky) est que chacun peut et doit essayer de se poser la question de l’influence de ses décisions personnelles sur l’état de notre monde (ce n’est pas le début et la fin de la conscience politique, c’est juste un minimum). Je n’ai pas de vocation à Don Quichotter contre un nouveau démon qu’on appelerait « transnationales », j’ai juste envie de dire qu’acheter des CD-Rom éducatifs ça peut aussi aider à faire de nos enfants des crétins computophiles. Ne représentant que moi-même, je ne préconise pas de boycott mais des « mesures d’accompagnement », apprends à connaître les machines mon enfant, mais ne te laisse pas dominer.
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> Quelques précisions de la part d’un opposant stérile à la mondialisation, Mikeul, 8 janvier 2001

1/ le SF : votre analyse est valable pour un certain nombre de livres mais pas pour tous. Voir la réponse D’Ariel à ce sujet. En passant, la SF existe depuis bien plus que 35 ans, il faut donc la prendre dans son ensemble

2/ Je n’ai absolument rien contre le monde diplomatique, je l’ai d’ailleurs déjà indiqué. J’ai simplement voulu expliquer que ne se reposer que sur un seule source (que ce soit le monde diplomatique ou un autre, peu importe), ou plusieurs mais de même type, c’est risquer de limiter son champ de vision. Mon propos s’arrête là.

3/ J’ai également indiqué que je j’étais d’accord avec un certain nombre de choses sur le fond et que c’était plutôt cette façon lourde (ce ton qui peut être un peu dogmatique) de les aborder ou de les dire qui me semblait pas forcément utile.

 
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> Mégadrive, faubourg de carnage
4 janvier 2001, message de Mikeul
 

Une phrase m’a interpellé dans ton article. Je répondrai peut-être au reste plus tard

>> Les auteurs de science fiction ont rempli des bibliothèques pour nous inciter à nous méfier de la science, mais je n’ai pas le souvenir d’en avoir lu un qui concentrait le tir sur l’économie

C’est vraiment un cliché de premier ordre que cette affirmation. C’est faux, tellement faux que j’en rigole. Certains auteurs cherchent à faire peur, d’autres non. C’est absurde et totalement hors du coup que d’affirmer que la SF est là pour détourner les gens de la science. Ca démontre une totale méconnaissance du sujet de ta part.

Concernant une analyse économique, des bouquins de SF qui en parle, il en existe mais encore faut-il faire l’effort d’aller regarder, au lieu de proférer de telles affirmations.

Allez, je suis bon prince, je vais t’aiguiller : La trilogie de Mars de Kim Stanley Robinson (Mars la rouge, Mars la verte, Mars la bleue), prix Hugo 1997 et prix Nebula 1993 (il ne s’agit donc pas de livres inconnus à faible tirage). Pas d’excuses :o)

Dans cette trilogie, la conquête de Mars est l’événement historique central. Mais le thème fondamental du livre est le combat politique et économique des colons martiens qui souhaitent s’affranchir de la Terre et du système des transnationales (nouvelle version des multinationales) qui ont pris le pouvoir et qui ont *acheté* la plupart des pays du globe. A voir en particulier pour ta gouverne, cette description du système des transnationales et le nouveau système économique proposé : l’éco-économie.

Allez sans rancune pour les affirmations sans information :o)

 
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> Mégadrive, faubourg de carnage, Ariel, 4 janvier 2001

Pour aller dans le sens de Mikeul, j’ajouterai au moins deux références :

-  Les Mailles du Réseau de Bruce Sterling, bouquin qui se situe dans un futur proche, fort d’une analyse géopolitique majeure et présentant un monde entre les mains des multinationales qui règlent, gèrent, pilotent tout, avec néanmoins des îles pirates, hors-la-loi, du type Grenade, et des zones de non droit totalement dévastées comme l’Afrique (LE livre qu’il te fallait lire, cher Bidet, pour ton sujet par ailleurs très intéressant, et il existe en poche)...
-  Jack Baron et l’Eternité de Norman Spinrad, fabuleux livre sur les dérives des médias, là encore entre les mains de pouvoirs qui s’arrachent la gueule (effectivement, ce livre ne se concentre pas sur l’économie, mais cette hydre est partout vilependée dans les livres de Norman...)

(une grande interview très "politique" que j’ai réalisé du bonhomme Spinrad : http://www.virgin.fr/html/megactu/interview/fspinra.html)

De fait, si l’on voulait résumer les grands courants de la SF (en dehors des romans de gare), d’un point de vue historique, on définirait trois moments :

-  Les années 50-65, période d’optimiste scientifique où la science est vue plutôt sous son angle positif, avec néanmoins des regards critiques ça et là (genre Bradbury, ou La Machine des Jeux de Van Vogt (Le Monde du Non A) qui se met à dérailler, sans parler d’un bouquin d’Asimov cité par notre ennemi à tous Philippe Breton, et dont j’ai oublié le nom...
-  Les années 60-75 avec la naissance de l’anticipation (en parallèle avec la SF plus classique), et des auteurs très politiques comme Spinrad ou John Brunner (sans parler du géant K. Dick, il est vrai plus philosophe que politique), qui ne voient plus la science que sous l’angle noir, science qui parfois disparaît...
-  Le cyberpunk, qui apparaît avec le Neuromancien de Gibson autour de 1985, à la fois punk et cyber comme son nom l’indique, et qui fait en quelque sorte le lien entre les deux époques précédentes : une connaissance de la science et de la technologie qui se marie à une vision critique, volontiers punk justement...

Et puis bien sûr tous les sous-courants, le "streampunk" aujourd’hui, et des livres hors temps, des sages comme celle de Dan Simmons, etc.

De fait la SF est un non genre : son seul point est de se placer dans le futur, ce qui permet tout, le délire mystique comme la critique politique, la fièvre géopolitique comme le polar, la bibliothèque verte comme le plus noir des pessimistes économiques....

 
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> Mégadrive, faubourg de carnage, Mikeul, 4 janvier 2001

>> Les années 50-65, période d’optimiste scientifique où la science est vue plutôt sous son angle positif, avec néanmoins des regards critiques ça et là (genre Bradbury, ou La Machine des Jeux de Van Vogt (Le Monde du Non A) qui se met à dérailler, sans parler d’un bouquin d’Asimov cité par notre ennemi à tous Philippe Breton, et dont j’ai oublié le nom...

Un petit aparté : Hum... Tu es certain d’avoir bien lu le monde du non A ? je ne me souviens pas avoir vu la machine des jeux dérailler mais plutôt attaquée et détruite par la "filiale" terrestre d’une conspiration politique à l’échelle galactique.

Là encore, on retrouve une analyse politique (beaucoup moins poussée que chez Robinson, c’est certain), sous forme de critique des systèmes dictatoriaux et des traits de personnalité de beaucoup de dictateurs (Enzo le rouge dans le bouquin)

Enfin tes exemples montrent bien que le propos (qui finalement n’est qu’une seule phrase de l’article, mais qui m’a particulièrement interpellé) de Bidet Casserolle était une erreur grossière.

Si notre ami Bidet analyse aussi bien le reste, hum... :o)

 
en ligne : Bernie Mag
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