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17 octobre 2000
 
jeudi 19 octobre 2000

Le petit capot rouge d’équitation

par Rezk
 
Les mythes ont la vie dure. Et les mythes technologiques peut-être plus que les autres (les autres ont d’ailleurs disparu aujourd’hui). Parmi eux figure celui de la traduction automatique. Malgré l’échec criant de toutes les tentatives à ce jour, les gourous de la techno-science nous annoncent tous les jours pour demain une humanité « débabélisée   ». Avec en toile de fond, ce présupposé biblique : puisque tous les problèmes de l’humanité proviennent d’un défaut de communication, la race humaine atteindra le bonheur parfait lorsque sera tombée la barrière des langues.

À l’ère de la guerre froide, les services de renseignement nord-américains voulurent, sur le principe qui a abouti à la mise en place d’Echelon, intercepter et analyser toutes les communications du bloc de l’Est. Ils butèrent rapidement sur le dernier maillon de la chaîne, la traduction, qui nécessitait toujours une intervention humaine lente et fastidieuse. Aussi décidèrent-ils de s’employer à résoudre ce problème à l’aide de la pierre philosophale moderne : la technologie. Munis des ordinateurs les plus puissants dont ils disposaient, ils essayèrent d’automatiser ce processus si profondément humain : la compréhension et l’expression d’une pensée.

Aujourd’hui, heureux pékins que nous sommes, nous disposons sur Internet, là, à portée de main, du fruit de 50 ans de recherche, sur nos ordinateurs surpuissants. Systran, tel est son nom, disponible gratuitement (oui !) sur le moteur de recherche Altavista ou pour quelques dizaines d’euros sur notre machine, nous permet de communiquer instantanément (par écrit pour le moment, oralement pour bientôt) avec tous les peuples de la terre.

Et c’est là où ça devient très fort : malgré l’insuccès criant de l’entreprise (sauf dans le cas de messages hyper-stéréotypés genre bulletins météo), on nous fait croire qu’il ne s’agit que d’une question de temps, que la puissance qu’atteindront bientôt les ordinateurs sera telle que tous les problèmes actuels seront résolus. Or, tous les étudiants en traduction le savent bien, traduire, ce n’est pas traduire des mots, mais du sens. Autrement dit, tant que les ordinateurs ne sauront pas comprendre les textes qu’ils manipulent, la traduction automatique restera une chimère. Et quand ils sauront le faire, il sera temps de se poser d’autres questions...

Le texte ci-dessous provient d’un exercice, déjà redoutable pour des traducteurs humains, que j’ai imposé à la machine (j’aime imposer des choses à la machine, ça me grandit à mes propres yeux) : traduire un texte du français vers l’anglais, puis le texte résultant, vers le français. Le résultat est éloquent. Je sais qu’il ne convaincra cependant que les convaincus, car le rêve est plus beau que la réalité.

Le texte est un classique : Le petit chaperon rouge de Charles Perrault. Voici le résultat :

Le petit capot rouge d’équitation

Il était une fois que la petite fille du village, plus jolie qu’on avait su pour voir : sa mère était aliénée, et sa mère-grande le distillateur plus aliéné. Cette bonne femme l’a incité à faire un petit capot rouge d’équitation qui seyait à lui tellement bien, partout celui-là appelé le le petit capot rouge d’équitation.

Un jour, sa mère, ayant fait cuire et ayant fait des disques, indique à lui :
-  verra comment disparaît votre mère-grand, parce qu’on lui a dit à moi qu’il était malade. Portez à lui un disque et ce petit pot de beurre.

Le petit capot rouge d’équitation est parti immédiatement pour aller à son mère-grand, qui est resté dans un autre village.

Tout en passant dans un bois, il a rencontré le complice le loup, qui a bien voulu le manger ; mais il n’a pas osé, en raison de quelques enregistreurs automatiques qui étaient dans la forêt. Il lui a demandé où il a disparu. Le pauvre enfant, qui n’a pas su qu’il était dangereux de cesser d’écouter un loup, dit à lui :
-  je verrai mon mère-grand, et porterai un disque à lui, avec un petit pot de beurre, que ma mère lui envoie
-  elle reste bien lointain ? il dit le loup
-  OH ! oui, connu comme petit capot rouge d’équitation ; il est à travers le moulin que vous voyez partout là, à la première maison du village
-  hein bon ! connu comme loup, je veux que le voyage extérieur voie également, I là de partent par ce ci de voie d’accès, et vous par cette voie d’accès là ; et nous verrons avec qui plus tôt sera là.

Le loup commencé au passage de toute sa force par la voie d’accès qui était la plus courte, et la petite fille du du partir par la plus longue voie d’accès, ayant l’amusement pour recueillir des noisettes, pour fonctionner après des papillons, et pour faire des bouquets des petites fleurs qu’il a rencontrées.

Le loup n’était pas un long temps pour arriver à la maison de mère-grand ; il fonctionne vers le haut : article truqué, article truqué
-  qui y a il ?
-  c’est votre fille, le petit capot rouge d’équitation, connu sous le nom de le loup en contrefaisant sa voix, qui vous apporte un disque et un petit pot de beurre, que ma mère vous envoie.

Le bon mère-grand, qui était dans son lit, parce qu’il était peu mal, a crié à lui :
-  voiture la petite cheville, le cherra en bois de volonté de porte-verrou.

Le loup a dessiné la petite cheville, et la porte ouverte. Il a été jeté sur la bonne femme, et devoured le dans moins de rien, parce qu’il y avait plus de trois jours qu’il n’a pas eu le Ensuite de mangé.

qu’il a fermé la porte, et est allé elle-même dormir dans le lit de mère-grand, tout en attendant le petit capot rouge d’équitation, qui, une certaine heure après, a fonctionné vers le haut contre la porte : article truqué, article truqué :
-  qui y a il ?

Le petit capot rouge d’équitation, qui a entendu la grande voix du loup, avait peur au commencement, mais, croyant que son grand-mère était froid attrapé, répondu :
-  c’est votre fille, le petit capot rouge d’équitation, qui vous apporte un disque et un petit pot de beurre, que ma mère vous envoie.

Le loup a crié à lui en ramollissant sa voix :
-  voiture la petite cheville, le cherra en bois de volonté de porte-verrou.

Le petit capot rouge d’équitation a dessiné la petite cheville, et la porte ouverte.

Le loup, le voyant entrer, indique à lui tout en se cachant dans le lit, sous la couverture : 
-  Mets le disque et le petit pot de beurre sur le coffre, et venu pour vous fixer avec moi.

Les petites bandes rouges de capot d’équitation lui-même, et se mettront dans le lit, où elle était étonnée bien de voir comment son mère-grand a été fait dans le son éliminé. Il indique à lui :
-  mon mère-grand, celui vous avez de grands bras !
-  il est pour vous embrasser mieux, ma fille !
-  mon mère-grand, celui vous avez de grandes jambes ! 
-  C’est pour un meilleur fonctionnement, mon enfant !
-  mon mère-grand, celui vous avez de grandes oreilles ! 
-  il est pour une meilleure écoute, mon enfant !
-  mon mère-grand, celui vous avez de grands yeux !
-  il est pour vous voir mieux, mon enfant !
-  mon mère-grand, celui vous avez de grandes dents !
-  est vous manger !

Et, en disant ces mots, Loup malveillant s’est jeté sur le petit capot rouge d’équitation, et l’a mangé.

 
 
Rezk
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Scénariste BD amateur
 
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Web indépendant


Quel exemple probant ! Tous con-damner à baragouiner, descendant de primates que nous sommes !
22 octobre 2002, message de andy
 

Lamentable, un mot et un seul.

Prendre un traducteur et lui balancer un conte puis copier/coller ça sur un site pretendu "ho yé". Afficher l’évidente inefficacité du soft qui n’en est qu’a ces balbuciments (c’est le cas de le dire) et vous le dites vous-même. Tout en sachant que ce genre de texte - certes, classique cher MÔssieur- et un exercice déjà difficile pour un humain.

Et finalement signifier que la noble volonté, au demerant, de faciliter la communication est une utopie chimérique.

Voila résumée votre minable contribution dans l’épineux probléme de la traduction immédiate. Ne vous inquietez cependant pas trop, je comprends que cet "exercice" est pour vous alimentaire ou congénitalement irrépréssible.

J’ai concience que votre site indépendant, (soit dit en passant pas tant que cela puisque ces rédacteurs tombent dans les instints animaux de dénigrement béta en bloc) votre site a besoin de "tourner" alors faire mousser et mousser en vomissant du négatif pour faire du flux sur fond de journalisme d’investigation et de "j’accuse !"...

je comprends mais vous êtes fétide ... et anti-journalistique.

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> Quel exemple probant ! Tous con-damner à baragouiner, descendant de primates que nous sommes !, Rezk, 22 octobre 2002

Oui, ho... C’était juste l’avis d’un traducteur humain et professionnel (et même diplômé...). Mais oui, je crois que la communication par technique interposée relève du fourrage de doigt dans l’oeil. Car comme le rappellent Deleuze et Guattari, la communication est affaire de pouvoir et non d’information. Des rapports entre hommes qu’on prend pour des rapports entre choses pour citer un autre penseur...

Cela dit, ça t’a fait rire j’espère ?

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> Quel exemple probant ! Tous con-damner à baragouiner, descendant de primates que nous sommes !, andy, 23 octobre 2002

La communication, affaire de pouvoir ... scoop ... pardonnez mon cynisme... Hum... Saviez-vous que la faim entretenue dans des partie du monde également ? Que la marchandisation de tous autour de nous également ? Ce que je veux dire c’est que vous avez raison, à terme ou à l’inverse plutôt, originellement TOUT est affaire de pouvoir ... du moins pour ceux qui pense que vivre sa vie requiert forcément que l’on écrase les autres...

Mais vous qui êtes traducteur diplomé je comprends vôtre peur grégaire face à ces machines qui font vôtre travail (peur injustifiée pourtant puisque elles le font mal). Cependant, sortez de cette confusion qui vous fait refractaire à ce progrés technique, et devenez plutôt refractaire envers ceux qui l’appliqueraient de façon incorrecte, "mauvaise", inepte et que sais-je...

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> Quel exemple probant ! Tous con-damner à baragouiner, descendant de primates que nous sommes !, 23 octobre 2002
j’espére que cela vous fait rire ? (dit-il en se déresponsabilisant du sent-mauvais écrit... trop vite ?)
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> C’est QFD !, #Jing&WuYong, 22 octobre 2002
Il est évident que ce message est écrit en anglais et traduit en français par un des logiciels dont il est question, ce qui prouve que son auteur parvient presque au formatage hyper-stéréotypé de la pensée qui est la condition requise.
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> C’est QFD !, #Jing&WuYong, 22 octobre 2002

> "...ce message..."

Celui d’Andy, of course...

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Lumineux !, Rezk, 23 octobre 2002

Effectivement, la théorie de #Jing&WuYong semble être la bonne. Et si l’on applique l’opération inverse au texte d’Andy, on obtient quelque chose qui est peut-être plus proche de la pensée de l’auteur (à vérifier tout de même) :

Traduction automatique du texte d’Andy vers l’anglais :

"When we were little," the Mock Turtle went on at last, more calmly, though still sobbing a little now and then, "we went to school in the sea. The master was an old Turtle—we used to call him Tortoise—"

"Why did you call him Tortoise, if he wasn’t one ?" Alice asked.

"We called him Tortoise because he taught us," said the Mock Turtle angrily : "really you are very dull !" Lewis C.

Traduction automatique de la traduction automatique vers le français :

Nous vous le disons, une bouillie, une histoire embrouillée, une affaire politique, que les linguistes ne connaissent pas du tout, ne veulent pas connaître - car, en tant que linguistes, ils sont « apolitiques », et de purs savants. Même Chomsky ne fait que compenser son apolitisme de savant par sa lutte courageuse contre la guerre du Vietnam. Gilles D. et Félix G.

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