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La confrontation Wolton-Debord

Le débat imaginaire

par Pierre Lazuly et ARNO*
 
Nous avons décidé d’organiser un grand débat autour des nouveaux médias : autour de la table, les éminents penseurs des médias d’aujourd’hui, et une petite poignée de situationnistes d’hier. Si, à quarante ans d’intervalle, cette situation est totalement fantaisiste, les citations, elles, sont rigoureusement exactes.

Les médias à sens unique

-  Dominique Wolton [1] : Un vrai média émane d’une logique de l’offre : c’est le cas d’un journal, d’une radio, d’une télé, qui propose à un public, qui prend ou pas. Le Net est, lui, du côté de la demande : l’utilisateur va y piocher ce qu’il veut, quand il le souhaite. Ensuite, tout média repose sur une vision construite ou en tout cas préconstruite d’un public. Le Net, lui, s’adresse à n’importe qui, à un « citoyen du monde », qui n’existe pas mais fait fantasmer. Enfin, il n’y a pas de média sans construction de programme, sans une grille qui, loin d’être une prison, est un acte ambitieux, consistant à organiser un nombre incroyable de messages en fonction d’une certaine représentation du public et de ce que l’on veut dire.

-  Internationale situationniste, 1962 [2] : La question du pouvoir est si bien cachée, dans les théories sociologiques et culturelles, que les experts peuvent noircir des milliers de pages sur la communication, ou les moyens de communication de masse dans la société moderne, sans jamais remarquer que la communication dont ils parlent est à sens unique, les consommateurs de communication n’ayant rien à répondre. [...] Toutes les idées unilatérales sur la communication étaient évidemment les idées de la communication unilatérale. Elles correspondaient à la vision du monde et aux intérêts de la sociologie, de l’art ancien ou des états-majors de la direction politique. Voilà ce qui va changer. 

La spécialisation des médiateurs

-  Dominique Wolton : Si le Net permet d’avoir accès à une foule d’informations, personne n’est un citoyen mondial intéressé par la totalité du monde, et plus il y a d’informations, plus on a besoin d’intermédiaires - journalistes, documentalistes, etc. - qui filtrent, organisent, hiérarchisent. On n’a pas envie de se transformer tous les matins en rédacteur en chef. 

-  Internationale situationniste, 1962 : Il y a dans la prétendue communication une rigoureuse division des tâches, qui recoupe finalement la division plus générale entre organisateurs et consommateurs du temps de la société industrielle. [...] Celui qui n’est pas gêné par la tyrannie exercée sur sa vie à ce niveau, ne comprend rien à la société actuelle ; et se trouve donc parfaitement qualifié pour en brosser toutes les fresques sociologiques. 

-  Philippe Val : La langue qui s’emploie sur le net, c’est des... c’est une... enfin comment dire, c’est une pensée médiocre, quoi. C’est la langue médiocre d’une pensée médiocre. C’est médiocre en général, c’est terrifiant. C’est un bavardage, c’est euh..., c’est l’illustration de l’industrie culturelle qui prospère sur le divorce entre l’homme et la culture, quoi. C’est, c’est...

-  I.S., 1962 : Et jusqu’au bout, les spécialistes de l’erreur défendront leur spécialisation. Mais ces dinosaures de la pseudo-explication, maintenant que le climat change, n’auront plus rien à brouter. Le sommeil de la raison dialectique engendrait les monstres. 

Déontologie des journalistes

-  Dominique Wolton [3] : Qui offre cette information ? Des journalistes ? J’en doute ! Quelle garantie avons-nous de sa véracité ? Dans un journal, les journalistes répondent de ce qu’ils publient. [...] [Je propose] un contrôle centralisé de l’information à l’échelle mondiale par des journalistes, qui répondront de la véracité de toute cette information. 

-  Guy Debord [4] : C’est sans doute par erreur - à moins plutôt que ce ne soit un leurre délibéré - qu’a été agité récemment en France le projet d’attribuer officiellement une sorte de label à du médiatique « garanti sans désinformation » : ceci blessait quelques professionnels des média, qui voudraient encore croire, ou plus modestement faire croire, qu’ils ne sont pas effectivement censurés dès à présent.

Toute l’info pour le plus grand nombre ?

-  Dominique Wolton : Le vrai défi, c’est de faire tenir ensemble des communautés qui n’ont rien à voir entre elles. Les pêcheurs avec les chasseurs ou, dans un registre plus grave, les Turcs avec les Kurdes... Seuls les médias émanant d’une logique de l’offre, seuls les médias de masse, qui cherchent à intéresser le plus grand nombre, gèrent cette question de l’hétérogénéité sociale. Ils peuvent ainsi permettre une émancipation culturelle et politique, quand le Net risque au contraire de reproduire des inégalités culturelles.

-  I.S., 1962 : La loi actuelle est que tout le monde consomme la plus grande quantité possible de néant ; y compris même le néant respectable de la vieille culture parfaitement coupée de sa signification originelle (le crétinisme progressiste s’attendrira toujours de voir le théâtre de Racine télévisé, ou les Yakoutes lire Balzac). [...] La notion révélatrice de bombardement d’informations doit être entendue à son sens le plus large. Aujourd’hui la population est soumise en permanence à un bombardement de conneries qui n’est aucunement dépendant des mass media. Et surtout, rien ne serait plus faux, plus digne de la gauche antédiluvienne, que d’imaginer ces mass media en concurrence avec d’autres sphères de la vie sociale moderne où les problèmes réels des gens seraient sérieusement posés.

La régulation

-   Hervé Bourges [5] : Internet, c’est comme les petits pois en conserve : il y a la boîte, et il y a les petits pois. Internet est une boîte, une boîte très développée technologiquement. Mais une boîte. Les petits pois, ce sont les programmes audiovisuels qu’on y diffuse. Ce n’est pas la même chose si l’on y met des carottes (par exemple du téléphone) ou encore des navets (c’est-à-dire de la vente par correspondance). Les petits pois doivent respecter certains critères que ne connaissent ni les carottes ni les navets. De là la nécessité d’identifier des règles et des responsabilités. Si les petits pois sont mauvais, on n’accuse pas la boîte : voilà la différence entre le support et les différents services qu’il peut proposer.

-  Guy Debord : La discussion creuse sur le spectacle, c’est-à-dire sur ce que font les propriétaires du monde, est ainsi organisée par lui-même : on insiste sur les grands moyens du spectacle, afin de ne rien dire de leur grand emploi. On préfère souvent l’appeler, plutôt que spectacle, le médiatique. Et par là, on veut désigner un simple instrument, une sorte de service public qui gérerait avec un impartial « professionnalisme » la nouvelle richesse de la communication de tous par mass media, communication enfin parvenue à la pureté unilatérale, où se fait paisiblement admirer la décision déjà prise. Ce qui est communiqué, ce sont des ordres ; et, fort harmonieusement, ceux qui les ont donnés sont également ceux qui diront ce qu’ils en pensent.

La critique du média

-  Jean-Claude Guillebaud [6] : Un nouveau media est né. Immense question : saurons-nous apprendre à le critiquer, à le juger, comme nous le faisons depuis longtemps pour la radio ou la télévision ? Cette question est énorme. [...] Je parle ici d’une nécessaire posture critique, exigeante, lucide à l’égard de ces sites innombrables et bien souvent paranoïaques. Faut-il les citer ? Faut-il opposer aux plus délirants d’entre eux les démentis élémentaires de la raison éclairée ? Si oui, où devra donc prendre place cette critique journalistique du troisième type ? A la radio ? Dans la presse écrite ? Sur l’Internet lui-même ?

-  Guy Debord : À toutes les sottises qui sont avancées spectaculairement, il n’y a jamais que des médiatiques qui pourraient répondre, par quelques rectifications ou remontrances, et encore en sont-ils avares car, outre leur extrême ignorance, leur solidarité, de métier et de cœur, avec l’autorité générale du spectacle, et avec la société qu’il exprime, leur fait un devoir, et aussi un plaisir, de ne jamais s’écarter de cette autorité, dont la majestée ne doit pas être lésée.

-  Serge Halimi [7] : Les medias français se proclament « contre-pouvoir ». Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence. Alors, dans un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices, les services réciproques. Un petit groupe de journalistes omniprésents - et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence - impose sa définition de l’information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. Ces appariteurs de l’ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique. 

-  Pierre Marcelle [8] : Et surtout pas nous, même après avoir lu attentivement - non sans avoir été ébranlé par - les arguments des contradicteurs de Val, dont il nous semble pourtant, malgré l’instinctive sympathie que leur alternatif projet nous inspire, ils usent du Net de la même manière que tous les « tarés, maniaques, mégalomanes, paranoïaques, nazis, fanatiques, délateurs » qui irritent si légitimement Val. Ou, plus exactement, que tous ceux-là usent du Net aussi librement [...] que les respectables contradicteurs de Val. [...] En ce bordel ambiant, tous les arguments sont réversibles.

-  I.S., 1962 : Tout emploi, pour nous, des modes de communication permis, doit donc être et ne pas être le refus de cette communication : une communication contenant son refus ; un refus contenant la communication, c’est-à-dire le renversement de ce refus en projet positif. Tout cela doit mener quelque part. La communication va maintenant contenir sa propre critique 

À qui profite la désinformation ?

-  Lucas Delattre [9] : La parole politique n’est plus monopolisée par les partis ni par les lobbies les plus riches, mais se répand grâce à des relais de plus en plus influents : organisations non gouvernementales, forums de discussion, newsgroups et associations de toute nature. [...] Mais, surtout, au moment où l’expression collective est libérée par Internet, de nouveaux réseaux de pouvoir apparaissent. La capacité de mobilisation de certaines organisations non gouvernementales, liée à leur visibilité sur les réseaux mais guère à leur légitimité démocratique, pose problème.

-  Guy Debord : Si parfois une sorte de désinformation désordonnée risque d’apparaître, au service de quelques intérêts particuliers passagèrement en conflit, et d’être crue elle aussi, devenant incontrôlable et s’opposant par là au travail d’ensemble d’une désinformation moins irresponsable, ce n’est pas qu’il y ait lieu de craindre que dans celle-là ne se trouvent engagés d’autres manipulateurs plus experts ou plus subtils : c’est simplement parce que la désinformation se déploie maintenant dans un monde où il n’y a plus de place pour aucune vérification. [...] En fait, la désinformation réside dans toute l’information existante ; et comme son caractère principal. On ne la nomme que là où il faut maintenir, par l’intimidation, la passivité. Là où la désinformation est nommée, elle n’existe pas. Là où elle existe, on ne la nomme pas.

-  Dominique Wolton (La Vanguardia) : L’Internet, c’est le règne de la rumeur, du mensonge, de l’erreur...

-  I.S., 1962 : La simple anti-communication empruntée aujourd’hui au dadaïsme par les plus réactionnaires défenseurs des mensonges établis, est sans valeur dans une époque où l’urgence est de créer, au niveau le plus simple comme le plus complexe de la pratique, une nouvelle communication.

-  Philippe Val [10] : C’est là où, sans preuve, anonymement, sous pseudonyme, on diffame, on fait naître des rumeurs, on dénonce sans aucun contrôle et en toute impunité.

-  Guy Debord : Le pouvoir qui parle de désinformation ne croit pas être lui-même absolument sans défauts, mais il sait qu’il pourra attribuer à toute critique précise cette excessive insignifiance qui est dans la nature de la désinformation ; et que de la sorte, il n’aura jamais à convenir d’un défaut particulier.

Conclusion

-  I.S., 1962 : Nous connaissons « l’incompatibilité de notre programme, en tant qu’expression, avec les moyens d’expression et de réception disponibles. » (Kotanyi). Il s’agit de voir en même temps ce qui peut servir à la communication et à quoi peut servir la communication. Les formes de communication existantes, et leur crise présente, se comprennent et se justifient seulement par la perspective de leur dépassement. 

 

[1] Libération, « Internet n’est pas un média », 20 mars 1999.

[2] « Communication prioritaire », Bulletin de l’Internationale situationniste, numéro 7, avril 1962.

[3] La Vanguardia, 3 janvier 2001.

[4] Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle, 1988.

[5] Le Journal du Net, 29 novembre 1999.

[6] « L’internet mis en examen », Le Nouvel observateur, 18 novembre 2000

[7] Les nouveaux chiens de garde, Serge Halimi, éditions Liber Raisons d’agir, 1997.

[8] Libération, 26 janvier 2001.

[9] Le Monde, « Paradoxes de l’e-démocratie ».

[10] Charlie Hebdo, 17 janvier 2001.

 
 
Pierre Lazuly et ARNO*
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Vainqueur 1982 du concours « Chateau de sable » du Club Mickey des Pingouins à Sainte-Cécile.
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> Le débat imaginaire, et qui le restera ?????
3 février 2001, message de Coyote-galeux-mais-qui-à-Rome-triompha-dans-les-jeux
 

Avé, le Menteur, Avé, le Scarabée,

Très jolie, cette petite confrontation, un peu vaine, un peu pathétique, mais bon ...

Au risque de paraphraser Grosse Fatigue, je dirais qu’il ne faut pas abuser des citations de Debord car on peut lui faire dire n’importe quoi.

En effet, dans les "Commentaires...", ouvrage qui date de 1988 et qui est donc très proche de nous, Debord affine le discours développé dans "La Société du Spectacle" en donnant des exemples.

En voici un (chapitre XXVIII) :

"On s’est mis (aussi) en situation de faire composer des fragments d’un critique sociale d’élevage, qui ne sera plus confiée à des universitaires ou à des médiatiques, qu’il vaut mieux désormais tenir éloignés des menteries trop traditionnelles en ce débat ; mais critique meilleure, lancée et exploitée d’une façon nouvelle, maniée par une autre espèce de professionnels, mieux formée. Il commence à paraître, d’une manière assez confidentielle, des textes lucides, anonymes ou signés par des inconnus [...], non seulement sur des sujets qui ne sont jamais abordés dans le spectacle, mais encore avec des arguments dont la justesse est rendue plus frappante par l’espèce d’originalité, calculable, qui leur vient du fait de n’être jamais employés, quoiqu’ils soient assez évidents.[...]

Dans certain cas, il s’agit de créer, sur des questions qui risqueraient de devenir brûlantes, une autre pseudo-opinion critique ; et entre les deux opinions qui surgiraient ainsi, l’une et l’autre étrangères aux miséreuses conventions spectaculaires, le jugement ingénu pourra indéfiniment osciller, et la discussion pour les peser sera relancée chaque fois qu’il conviendra. Plus souvent, il s’agit d’un discours général sur ce qui est médiatiquement caché, et ce discours pourra être fort critique, et sur quelques points manifestement intelligent, mais en restant curieusement décentré. [...] C’est nécessairement une critique latérale, qui voit plusieurs choses avec beaucoup de franchise et de justesse, mais en se plaçant de côté. Ceci non parce qu’elle affecterait une quelconque impartialité, car il lui faut au contraire avoir l’air de blâmer beaucoup, mais sans jamais sembler ressentir le besoin de laisser paraître quelle est sa cause ; donc de dire, même implicitement, d’où elle vient et vers quoi elle voudrait aller."

Ainsi, il est parfaitement possible, en adoptant un style empreint de paranoïa, d’appliquer ce genre de citations au Veb-1-deP et de dire par exemple que ARNO* et Lazuly sont des agents secrets à la solde de l’ultra-libéralisme, ou que Uz2 et le Min’Rez’ sont en fait des entreprises de contre-contre-contre-désinformation.

Et après tout, POURQUOI PAS ???

On peut aussi vouloir démonter Debord en disant qu’il n’était qu’un vil aigri parano, ou bien, plus subtil, qu’il ne supportait ni la concurrence ni les mouvements révolutionnaires qui n’intégraient pas sa pensée : la modestie et lui, c’étaient un peu comme 2 droites parallèles, n’est-ce-pas !

Oui, après tout, POURQUOI PAS ???

Je me rends très bien compte que mon post peut apporter de l’eau au moulin de vos adversaires : Wolton, Val, Marcelle (règne de la rumeur, diffamation anonyme, réversabilité des arguments). Mais désolé, c’est fait exprès : ça, c’est de la désinformation, CoCo ! En fait, je crois qu’il ne sera pas viable de rester longtemps dans une "simple" opposition avec eux car ils s’adressent à un marché d’individus passifs (mass media...) : il va falloir opérer un "dépassement dialectique" (tout de suite les grands mots !) et pour cela prendre l’initiative d’un dialogue. Après tout, ce ne sont pas tous des ultra-libéraux : si Val a bien voulu discutailler avec Messier qui n’est pas à priori un de ses amis, il devrait pouvoir tailler le bout de gras avec des gens plutôt orientés à gauche ! En gros, FAUCON-YAKA faire de la diplomatie au lieu de faire la guerre.

Et un jour, peut-être :

"Veni, vedi, vici"

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> Le débat imaginaire
30 janvier 2001, message de Sam
 

Bravo et merci,

cette confrontation n’était pas dépourvue d’intérêt, quoique parfois aussi pathétique que Guillaume Durand face à Bourdieu (ou encore Jean Bellus vs Egon Schiele).

Sam

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Wolton contre Debord : match nul, zéro partout.
29 janvier 2001
 

Bonjour,

Bravo pour cette petite confrontation éloquente de ces deux "phares" de la pensée contemporaine. Ils rivalisent de simplisme et de caricature et proposent une "prêt-à-penser unidimensionnel" bien fait pourt séduire les esprits les plus fainéants.

C’est sans doute pour cela qu’ils ont autant de succès.

Pascal Fortin.

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> Wolton contre Debord : match nul, zéro partout., Goulven, 29 janvier 2001
Tout à fait d’accord, cet article n’a aucun intérêt. Par ailleurs, qu’est-ce qu’un situationniste ? il serait judicieux de présenter au moins brièvement quelques concepts, quelques uns des auteurs cités, les contextes, et je ne parle pas de cette intro en sous entendus, comme si tout internaute était familier de sciences sociales...
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> Wolton contre Debord : match nul, zéro partout., Tiresias, 29 janvier 2001
Tu vois arno, vaudrait mieux passer en validation d’abord...(smiley) Pour goulven : groupe critique des années 57/69, sous diverses appellations. Deux ouvrages importants, outre la revue IS : la societe du spectacle (debord qui est mort) et traité de savoir vivre (vaneigem qui bande encore)+ un film chiant comme tout. Mais les bouquins sont pas mal.
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> Wolton contre Debord : match nul, zéro partout., Nicolas, 29 janvier 2001

Au contraire, mettre en parallèle des textes de deux époques sur un sujet commun permet de bien faire resortir les idées et mécanismes principaux. Il y a 40 ans déjà la problématique était la même, on a l’impression que les choses n’ont pas avancé ...

Quelques infos sur les situationnistes sur ce site :

 
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> Les situs : prétentieux mais indispensables. Plus que jamais d’actualité..., 30 janvier 2001

Tout le monde se réclame des situationistes... c’est un peu comme le gaulisme :-) Blague à part, la pertinence de la critique des situs sur la communication confisquée devrait en calmer plus d’un, et l’auto-justification du monopôle de la bonne parole par ceux-là même qui la détiennent ferait sourir si elle n’était pas excusée par la crainte de devoir se recycler.

Le bouquin de Vaneigem "Traité de savoir vivre à l’usage des jeunes générations" est l’un de ceux qui m’ont le plus marqué. Dommage que les références datent de la culture politique des années 60... mais ça reste très lisible (et très poétique) malgré tout. Bref je vous le conseille. En ce qui concerne le bouquin de Debord, je me suis toujours endormi avant la dixième page :-)

Pour ceux qui veulent jeter un oeil sur ces deux bouquins, suivez le lien :

 
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> Wolton contre Debord : match nul, zéro partout., Goulven, 30 janvier 2001
Ce n’est pas qu’une impression, rien n’avance !! et effectivement ce type d’article peut avoir l’intérêt de mettre en cause toute idée évolutionniste de la notion de technologie, seulement c’est la forme que cet article prend qui m’agace, on dirait un mauvais dialogue synchronique d’un manuel de philo de terminale, c’est pour ça que je demandais, au minimum de "situer le situationnisme", merci à vous, ça éclairera sûrement le forum
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> Wolton contre Debord : match nul, zéro partout., 31 janvier 2001

C’est bien vrai, ça. Citons d’autres exemples de "penseurs à l’emporte-pièce" :

Aristote : "L’homme est un animal politique."

Marx : "L’homme est un loup pour l’homme."

Einstein : "E=MC2"

Ceci est bien sûr ironique, et je ne pense pas que dans le domaine de la pensée "plus c’est long, plus c’est bon"...

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> Debord contre Wolton, vingt à zéro (score de rugby), 10 mars 2004

Qu’est ce que c’est pathétique d’essayer de confronter des journalistes médiocres, appointés à une critique purement superficielle des médias, au grand Debord dont on a la facheuse habitude ces derniers temps de réduire sa critique à celle d’une simple condamnation morale des mass-medias. Si vous voulez vraiment trouver un adversaire valable à Debord, allez donc lire le gros volume de Günther anders "l’obsolescence de l’homme" (éditions Ivrea) dont il semblerait que Debord s’est largement inspiré. ça vous changera des nains de la pensée comme Val ou Wolton (ce même Wolton qui avait interviewé il y a quelques années le penseur moisi Aron) sans parler du comique troupier Bourges en personne.

P.S.= à celui qui s’est endormi à "la société du spectacle" : tu as tort, ce bouquin est beaucoup plus moderne que celui de Vaneigem (que j’aime pourtant également beaucoup) dont la subjectivité radicale revendiquée a été depuis complètement récupéré par la publicité.

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