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Essai de mythologie historique comparée

La Déconnexion

vers un Moyen-Âge informatique
par Piotrr
 

Lamento ma non troppo

Nous nous sommes trompés d’époque. Pour beaucoup d’entre nous, la révolution de l’informatique personnelle puis d’Internet posait les fondements d’une renaissance intellectuelle et politique dont les caractéristiques n’étaient pas si éloignées de cette période historique qu’en Europe nous appelons la Renaissance : vertige des bibliothèques numériques [1] accumulant un savoir universel librement accessible à tous, prolifération de l’hyperlien comme moyen d’en revenir toujours à la source [2], au-delà de la glose qui en découle, principe du libre-examen sans filtre, sans censure [3], et d’une responsabilité individuelle qui s’affranchit des contraintes collectives, et, pour les plus idéalistes, établissement d’une libre circulation des idées, ouverture de voies de communication permettant aux hommes de dialoguer et d’échanger sans contrainte.

Un Nouveau Monde

Comme pour les hommes du XVe siècle, nous vécûment nous aussi notre découverte du Nouveau Monde [4], ressentant tout à coup un immense appel d’air au sein d’un espace public dont l’atmosphère avait fini par avoir quelque chose de celle d’une salle de bain. Au moment où certains se demandaient encore si les habitants du cyberespace appartenaient bien à l’espèce humaine, nous savions déjà, nous, qu’ils avaient su retrouver l’essence (JPEG) même de l’humanité - certains d’entre nous parlaient même d’humanisme, n’hésitant pas à employer un terme usé, dévalorisé, affaibli par des siècles d’hypocrisie et quelques sectes récentes. Il n’est pas jusqu’aux ennemis les plus puissants de cette révolution qui tentaient de s’approprier maladroitement les signes les plus visibles de cette filiation historique, sans comprendre qu’évidemment, l’esprit de la Renaissance ne se loge pas dans quelque fétiche inestimable [5], mais dans des pratiques immatérielles, un mode de vie ensemble auquel ils ne pouvaient, structurellement, prendre part.

Mais nous nous sommes trompés d’époque, car la période qui allait suivre cet Age d’Or qui prenait dans nos esprits les dimensions d’une mythologie, n’allait ressembler en rien, ni à un quelconque Age Classique, encore moins aux Lumières dont nous espérions l’avènement.

Dark Ages

« Dark Ages ». Certains observateurs ont très vite su comprendre et qualifier ce vers quoi nous nous dirigions : bien loin du rêve de communication universelle, c’était à l’émergence d’une diffusion unilatérale, contrôlée, cloisonnée, cadenassée de l’information qu’il fallait s’attendre. Rapidement on a vu apparaître de nouveaux seigneurs, seigneurs sans suzerain ni roi du reste, régnant sans partage sur un territoire dont ils gardaient jalousement les frontières par la mise en œuvre de moyens offensifs - le terrorisme juridique [6] en particulier -, ou plus subtilement défensifs : afin d’être sûr qu’un concurrent ne vienne empiéter sur son propre domaine, rien de plus efficace que de couper les ponts et les voies qui y mènent, autrement dit, les protocoles interopérables [7] Et comment reprocher en effet à ces nouveaux barbares de profiter des moyens que leur offrait un ordre civilisationnel qui leur est supérieur, mais pour mieux le détruire dans un second temps, au profit de l’affirmation de leur propre puissance ? Et comment le leur reprocher lorsque leur montée en puissance s’appuyait d’un côté sur l’accroissement considérable et rapide de masses incultes [8], et de l’autre sur la complaisance [9] de puissances publiques, sortes d’Honorius et d’Arcadius, parfois d’extraction barbare elles aussi, et passablement aussi incultes sur ce sujet en tout cas, que les masses au nom desquelles elles étaient censées prendre des décisions.

Nous nous sommes fourvoyés, nous, les gardiens du temple, nous les Vestales d’un Internet pur et originel. Car nous avons cru, d’une part, que les nouveaux barbares avaient perdu d’avance, qu’ils avaient perdu puisqu’ils avaient tort, et que d’autre part les derniers consuls d’un ordre décadent seraient sensibles à nos arguments, qu’ils y seraient sensibles puisque, de part leur fonction même, ils étaient en place pour défendre cet ordre que nous voulions sauvegarder. L’histoire en est allée autrement, on le sait. Et à mesure que s’accumulaient nos défaites, nos disputes intestines et nos désaccords sur des choix stratégiques essentiels se faisaient plus flagrants [10], au point de passer à côté de nos batailles les plus importantes, tout occupés que nous étions à nous accuser mutuellement.

-Que vouliez-vous qu’il fît contre trois ?
- Qu’il mourût

Aujourd’hui, le limes est enfoncé [11]. Et nous voyons apparaître de nouveaux nouveaux barbares, tranchant dans le vif, nouveaux Alexandre, au cœur de débats sur lesquels nous bataillions depuis des années.

(JPEG)

Et nous avons beau hurler à la mort, promettre les sept plaies d’Egypte à qui de droit, plus personne ne daigne même nous écouter, encore moins nous consulter, nous qui avons cru au possible maintien d’un ordre aujourd’hui disparu. Certes, nous ne sommes pas les seuls à subir ce naufrage ; ceux qui, de l’autre côté de la barrière tentaient maladroitement [12] d’établir un dialogue, malgré les attaques les plus vives des plus intransigeants d’entre nous, sont eux aussi profondément marginalisés par ce soudain dévoilement de la pure brutalité, malgré de pathétiques efforts. Car à quoi bon chercher cette mystérieuse co-régulation dont ils nous parlent, lorsque les puissants du moment ne savent même pas réguler leur propre puissance [13] ?

L’Histoire enseigne qu’un guerrier blessé, isolé face à un ennemi supérieur en nombre, peut malgré tout l’emporter s’il a le singulier courage de prendre la fuite, momentanément, afin de tromper l’adversaire et reconstituer ses propres forces. Prendre le risque de la lâcheté, c’est-à-dire d’une certaine forme de retrait, momentané, de l’espace public où de toutes manières, dans l’état actuel des choses, nous gaspillons notre sueur. Mais il faut que ce retrait qui prend l’apparence d’une rupture, ne soit pas vain. Il doit être l’occasion d’assurer notre avenir en ces temps troublés, et de sauvegarder une continuité avec notre propre passé en attendant des temps meilleurs.

Une déconnexion maîtrisée

Renforcer nos propres communautés sur la base de pratiques qui existent déjà et que certains utilisent depuis longtemps, c’est prendre le risque d’une déconnexion maîtrisée d’avec le grand Réseau, le temps de regagner une indépendance technologique que nous sommes en train de perdre par le fait de l’évolution conjuguée des outils matériels et logiciels, mais aussi des législations. Et la déconnexion passe par :

-   Le pseudonymat [14] : parce que c’est un des premiers garants de notre liberté dans le cyberespace, de notre droit à être multiples, à échapper définitivement à toute tentative d’assignation sociale.
-   La cryptographie  [15] : parce que c’est le seul moyen d’assurer efficacement le vieux principe de la confidentialité des communications privées.
-   Le low tech  : parce que les matériels et logiciels des dernières générations sont de véritables mouchards domestiques [16] et serviront sans doute dans un proche avenir à une véritable entreprise de contrôle des individus par des entreprises et des Etats peu scrupuleux.
-   L’auto-hébergement [17] : parce que les législations nouvelles en matière de régime de responsabilité des hébergeurs (de sites mais aussi de forums) sont pour l’essentiel des injonctions de censure et de délation qui détruisent toute confiance possible avec leur utilisateurs, et qu’il est beaucoup plus facile qu’on ne pense de monter soi-même, sur sa propre machine, un véritable serveur Web d’y faire vivre de véritables communautés, voire de publier son propre organe de presse
-   Les réseaux indépendants : parce que nous ne devons pas perdre la maîtrise technologique du partage des ressources qui est à l’origine de notre aventure et que certains perpétuent aujourd’hui avec des moyens nouveaux.
-   Le détournement, la parodie, la subversion : parce que c’est facile, pas cher, souvent méchant, et donne l’occasion de rigoler un peu.
-   Les licences libres : parce que c’est la meilleure sauvegarde connue contre la privatisation généralisée de la culture et la disparition progressive de cette même culture comme bien public [18].
-   L’interopérabilité : parce que c’est notre héritage, de moins en moins appliqué, de plus en plus difficile à faire respecter, et que nous devons le chérir pour le léguer aux générations futures.
-   La mutualisation : parce qu’il ne sert à rien de réinventer constamment la roue et que la réalisation d’un contre-modèle ne pourra se faire que par accumulation des inventions et des pratiques.

(JPEG) C’est une étrange déconnexion que celle-ci, qui revendique le développement de réseaux, l’interopérabilité et la mutualisation pour prix de sa réussite. Elle est bien paradoxale aussi, puisque son objet même est de sauvegarder, à terme, une connectivité absolue, c’est-à-dire ouverte et universelle. C’est pourquoi elle décevra sans doute les prophètes de l’Exode et satisfera davantage les pragmatiques. Elle représente en quelque sorte une voie étroite, la seule qui semble possible pourtant. Elle constitue un nécessaire aggiornamento des méthodes d’action dans un contexte qui a évolué. Car lorsque le verrouillage du code juridique est tel qu’il rend impossible tout débat public à son sujet, seule reste l’arme du code informatique [19] qui permet d’établir un rapport de force moins défavorable et d’entreprendre une reconquête effective et concrète de l’évolution du Réseau ; en un mot, de reprendre la main.

 

[1] L’Association des Bibliophiles Universels fut une des premières à populariser l’idée, en même temps que celle de la diffusion sur Internet, des textes du domaine publics

[2] Et plus encore, le système de la transclusion inventée par Ted Nelson dans les années 60 et dont le seul petit défaut est de n’avoir jamais vraiment fonctionné

[3] Ian Clarke a inventé un célèbre réseau parallèle, appelé Freenet et dont le principe est de rendre techniquement impossible toute censure par la réplication, le morcellement et le cryptage de l’ensemble des fichiers présents sur le réseau et leur distribution aléatoire sur les ordinateurs qui y sont connectés

[4] La célèbre Déclaration d’Indépendance du Cyberespace, de John Perry Barlow se présente comme un texte de tonalité très jeffersonienne, assimilant implicitement la constitution du cyberespace à la fondation des Etats-Unis d’Amérique, c’est-à-dire à la découverte d’une terre vierge, berceau de la liberté.

[5] En 1994, le patron de Microsoft, mais aussi de l’importante banque d’images Corbis, fit spécialement le voyage en Europe pour acheter le fameux Codex Leicester de Léonard de Vinci, se posant du même coup comme le nouveau François Ier du XXIème siècle, avec l’assentiment, si mes souvenirs sont bons, du Grand Jacques qui le reçut en grande pompe à l’Elysée

[6] Le " média borg " AOL Time Warner attaqua en 2001 plusieurs sites de fans de Harry Potter en envoyant des lettres de menaces (appelées " cease and desist ") à leurs webmasters amateurs, en l’occurence quelques gamines à couettes qui avaient commis le crime d’afficher sur le Web leur passion pour leur sorcier préféré. Depuis, le diffuseur multi-supports a obtenu auprès de l’OMPI dans le cadre d’une procédure de résolution des conflits sur les noms de domaine,de récupérer plus d’une centaine de ceux qui ont un rapport de près ou de loin avec le brave Harry.

[7] AOL, Microsoft et dans une moindre mesure Yahoo ! se livrent une guerre impitoyable sur la question de l’interopérabilité de leurs logiciels respectifs de chat. Dans cette histoire à rebondissements, Microsoft est apparu comme le grand méchant pour avoir systématiquement refusé que les abonnés d’AIM, le logiciel d’AOL puissent échanger avec ses propres abonnés. Il n’avait peut-être pas tout à fait tort pourtant dans la mesure où AOL pratiquait ici la bonne vieille stratégie du baiser qui tue. En clair, il s’agissait simplement de piquer les abonnés Microsoft

[8] L’agrandissement progressif du cercle des internautes fut souvent mal vécu par les plus anciens qui voyaient apparaître des comportements qu’ils réprouvaient, et a fini par poser des problèmes non négligeables lorsque les nouveaux arrivants se montrèrent totalement rétifs à non seulement appliquer mais même comprendre les règles de comportement en usage sur le Réseau. Le cas le plus flagrant fut la connexion du réseau AOL sur Internet

[9] Manifeste dans l’élaboration et le contenu même de la grande Loi sur la Société de l’Information promise par le Gouvernement Jospin et qui ne vit d’ailleurs jamais le jour

[10] L’excellent magazine d’information sur les questions numériques Homo Numericus, a récemment publié un article remarqué qui fait le point sur les différents courants qui traversent le cyber-microcosme.

[11] La Loi sur l’Economie Numérique, adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale a ceci de particulier qu’elle fait table rase de près de deux ans de débats intenses et instaure, entre autres choses, benoîtement le principe de la justice privée, en écartant d’un revers de la main l’ensemble des questions liées à la liberté d’expression sur le net. Mais c’est vrai ; pourquoi s’en soucier puisque tout cela n’est jamais que du commerce électronique ?

[12] Le Forum des Droits de l’Internet est une association para-étatique créée par le gouvernement Jospin pour organiser un dialogue entre les différents acteurs français du net, sur la base de la notion de corégulation

[13] Autre media borg, le groupe Vivendi Universal finit par succomber sous le poids de sa propre puissance comme dit la sagesse populaire

[14] Lire sur ce point l’article « Appelez moi Georges »

[15] Idem pour les références

[16] La généralisation de l’utilisation et de la diffusion de "puces d’authentification" dans les ordinateurs personnels mais aussi dans les systèmes embarqués, à travers notamment le déploiement de la plate-forme TCPA est remarquablement documentée dans la TCPA/Palladium FAQ de Ross Anderson

[17] Rien de plus facile que de transformer son ordinateur personnel en serveur Web, avec forums, gestion dynamique de la publication de contenus, le tout connecté en permanence à un nom de domaine

[18] Le juriste américain Lawrence Lessig est à l’origine d’une initiative visant à rendre aux auteurs la maîtrise juridique sur leurs oeuvres et à les sensibiliser sur l’importance de la notion de bien public attachée à la création culturelle

[19] En 1998, la revue The Atlantic Monthly avait organisé une table ronde où s’étaient affrontés L. Lessig et J. Barlow sur ce sujet : à l’époque, Lessig qui adoptait une position légaliste au nom de la démocracie paraissait plus convaincant que son contradicteur, partisan de l’exercice immédiat du pouvoir informatique (de l’utilisateur). Cinq ans après, après le DMCA et l’USA Patriot Act, on n’en est plus tout à fait sûr.

 
 
Piotrr
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Rêve digital - notre El-dorado était-il un mirage ?
17 juin 2003, message de LUNatique
 

Ah, qu’il est loin le temps où le web était, pour les quelques "John Wayne" y ayant accès, un Far-West, un el dorado en friche qui n’attendait que notre liberté d’expression pour s’épanour...

Quels utopistes patentés que nous étions. Ce rêve digital était trop beau pour que la grosse économie s’en mêle pas. Sites gratuits, et autre florilèges du savoir étaient jadis disponiles à bout de clic. Ensuite, vint la publicité. Oh, irritante bien sûr, mais nos rêves d’un internet libertaire étaient encore intacts. Mais peu à peu, réclames de plus en plus grandes jalonèrent le petit sentier du web, selui-ci se muant en une véritable autoroute. Evidemment, qui dit autoroute, dit péage...

Depuis l’effondrement de la bulle internet, l’étau se ressèrent encore plus. Balisé de flèches, notre El dorado. Bien sur, il y a ces francs-tireurs de l’alternatif, ces irréductibles qui refusent de voir baffouer leur liberté d’expression au nom de l’hégémonie de l’ordre économico-politique (après tout, les enjeux sont les mêmes) établi.

Notre rêve digital n’était-il qu’un mirage, qu’un miroir aux-allouettes que les grands nous ont fait miroiter pour l’attrait de notre porte-monnaie ?

Nos illusions sont-elles à jamais perdues ?

 
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banales élites et banalités, nicesun, 2 juillet 2003

Combien de fois par jour on entend les pionniers d’une technologie crier au scandale, une fois que la "masse populaire" s’est approprié leur joujou ?

Ce sont eux, pourtant, qui ont souhaité au plus tôt l’avenement de l’eldorado où le web deviendrait une sorte de "démocratie sans frontière".

Or surprise, cette populace ne semble pas avoir les mêmes usages ni la même vision grandiose que l’élite du web !

La dérive populaire du web est ce qu’elle est aujourd’hui, mais est-elle pour autant regrettable ou consternante ?

Nous voudrions parfois que des changements de société se réalisent en quelques années, alors que de telles mutations prennent parfois des siècles.

L’ouverture au plus grand nombre est une étape nécessaire à tout progrès de société.

Maitrisons notre orgueil, le net est encore jeune et va encore évoluer..

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Banales redites et potentialités / Illusions et désillusions, (LUN)atique, 3 juillet 2003

Je ne crie pas au scandale ; loin d’être préjudiciable, l’ouverture au grand public des territoires du Web a été une étape longuement rêvée par certains, rêvant (à tort ou à raison, l’avenir nous le dira) à un web territoire de civisme.

"L’ouverture au plus grand nombre est une étape nécessaire à tout progrès de société.", certes.

A une nuance près. Le web primordial, dotée d’un nombre de pionniers assez restreint, pouvait assez facilement reproduire un schéma sociétaire de type "utopique" (de par, evidemment, le faible nombre d’individus. Cependant, une telle terminologie prête à polémique. Nous reviendrons sur l’Utopie)

Lorsque le nombre d’internautes devient comparable à celui des populations réelles, le web devient potentiellement capable de reproduire des schémas sociétaires réels (économie, capitalisme notamment, comportement...), lesquels n’ont bien évidemment jamais atteint des sommets de perfection. Plus la population est nombreuse, moins l’Utopie a de chances d’être réalisable. Nostalgique d’un prétendu Eden initial, l’homme court après cette arlésienne... m’enfin bon, là n’est pas la question.

Ainsi, se reproduisent sur le Web les classiques rapports de forces (humains, géopolitiques, économiques), lorsque croît le nombre d’internautes.

D’où, je pense, une certaine propension à l’hégémonie de certains. L’humain est par nature opportuniste ; Ne pas tirer la couverture à soi sans le regretter est un comportement qui fait figure d’exception. Ainsi peuvent potentiellement croître les risques de "dictature", au fur et à mesure de la croissance du nombre d’usagers.

Cependant, une question se pose : l’Utopie initiale, ou l’Utopie tout court, est elle réalisable, même avec une faible population ? A t-elle eu réellement lieu ? non. Ou-topos en grec, Non-lieu en français. L’Utopie est une arlésienne.

Hier n’était pas tant mieux qu’aujourd’hui, ne donnons pas trop dans le nostalgisme.

En se démocratisant, le pays fantastique et merveilleux du Far-Web a gagné quelques périls, il est vrai.

Il n’appartient qu’à nous de les déjouer. Que le feu citoyen jamais ne s’éteigne. Nous somme tous, potentiellement, vestales du Web.

 
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> La Déconnexion
16 juin 2003, message de Ysim
 

Le seul problème dans tout cela, est que quoi qu’il en soit, il faut : - Passer par un FAI pour connecter son ordinateur à Internet. - Utiliser une "fausse" IP fixe (DynDNS ou autre). - "Acheter" un nom de domaine.

Et ces 3 points resteront toujours des moyens de censures.... On peut vous résilier à chaque instant de l’un des trois si vous n’obeissez pas à leur charte.

La liberté sur Internet ne sera jamais possible. Cela restera toujours du Business.

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FREENET !!
23 mai 2003, message de ATHX
 

La solution .........................

http://freenet.sourceforge.net/

 ;)

 
en ligne :
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> La Déconnexion
4 avril 2003, message de Joff
 

Quel plaisir de lire un article engagé et intelligent sur et sur le net !!

Et merci aussi pour tous les liens, j’adore les références qui permettent de se faire une idée et de remonter aux sources.

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> La Déconnexion suite
2 avril 2003, message de KlöD
 

Comme Internet est un monde étrange...

Nous lisons dans cet article : "plus personne ne daigne même nous écouter, encore moins nous consulter". Alors qu’Internet est un formidable amplificateur de communication qui permet à deux personnes aux antipodes l’une de l’autre de communiquer comme si leur éloignement n’existait plus.

L’éloignement...

Il semble finalement se perpétuer sous une autre forme, puisque la voix de chacun est perdue dans un brouhaha de données binaires.

Chaque avancée technologique crée de nouveaux problèmes...

Il faut donc se battre pour se faire entendre, et s’imposer sur ce nouveau terrain.

C’est une guerre d’un genre nouveau : toutes les opinions se retrouvent confrontées. Des milliers de voix différentes s’exprimant toutes en même temps.

Des batailles plus fortes que les autres semblent en émerger : le gratuit contre le profit par exemple.

J’y vois personnellement un optimisme actif, le même qui anime les acteurs du bénévolat. Car internet n’est que le reflet du monde réel : face au "chacun pour soi" des profits financiers, des hommes et des femmes révèlent d’eux-même leur altruisme : restaurants du coeur, organisations humanitaires...

Nous retrouvons avec bonheur ce même altruisme sur le réseau.

KlöD

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> La Déconnexion suite, Piotrr, 4 avril 2003

La question n’est pas "faut-il se battre ? ", mais "comment se battre ? ". Et puisqu’il s’agit d’optimisme, ma conviction est qu’il fut certainement une de nos plus grosses erreurs d’appréciation sur l’époque que nous vivions.

J’ai pour ma part cru un instant au dialogue, oubliant bêtement les basses réalités du rapport de force. Ce que je crois, c’est que le dialogue ne sera de nouveau possible que lorsque celui-là sera rétabli. Il faut donc en commencer par là, par la mise en oeuvre de pratiques dissidentes. Appelons cela le pessimisme actif...

La question de la déconnexion par rapport à Internet est une traduction technologique de la notion de déconnexion d’un espace public dont on peut légitimement considérer qu’il est désormais asymétrique, verrouillé et dominé par des acteurs radicalement conservateurs. La démocratie ne peut dans une certaine mesure qu’être refondée ailleurs.

Répondre


> La Déconnexion
20 mars 2003, message de Béneix Anne-Marie
 
je ne suis pas compétente mais je sens dans cet article une souffrance. Ce que je sais c’est qu’il y erreur sur ce que vous appelez "les masses", parce qu’elles sont de plus en plus conscientes et que chaque individu cherche consciemment ou non, son indépendance et même sa liberté. J’ai utilisé internet pour changer ce monde et je continuerai. Je ne crois pas que le pouvoir soit autre chose que la possibilité d’aider, autrement dit ce n’est que parce que des individus croient à l’origine "divine" du pouvoir qu’il y a désir de contrôle, recherche de statut, et rapports de forces. La vie est infiniment plus souple, flexible, créatrice, complexe et internet est conforme à sa structure. Par contre, l’homme ne veut pas s’adapter à cette complexité, richesse, souplesse car il semble paresseux et préfère camper sur sa soi-disante "identité". Je ne remercierai jamais assez ceux qui ont mis au point un si bel outil.
Répondre
> La Déconnexion, Yzru, 25 mars 2003
Oh oui je suis bien d’accord avec toi sur la souplesse, la complexité de la vie, il n’y a rien de "mieux" fait ! Par contre, internet n’est pas parfait, meme s’il permet beaucoup de choses. La preuve en est des conséquences qu’il amène, avec le concours de l’homme. C’est un outil formidable, certe, mais limité, ne l’oublions pas.
Répondre
> La Déconnexion, zéta, 1er avril 2003
Le jour ou on débranche il n’y a plus personne... on ne se connecte pas encore direct dans le cerveau sur un réseau immatériel et immanent...
Répondre
> La Déconnexion, Mike Lee Toris, 24 avril 2003

Loin de moi l’idée de paraître agressif en réponse à ton message et suite à celui (excellent) de Piotrr. Mais je me demandais par hasard si tu n’avais pas une vision un peu extatique et éthérée de l’humanité ? C’est-à-dire très population blanche, moyennement riche des états prospères du nord de notre belle planète.

Je ne suis pas pessimiste, je me définis comme un indécrottable pragmatique agnostique... Et franchement, les derniers évènements planétaires, que l’on soit dans le camp de la paix, dans le camp de ceux qui souffrent dans les pays du sud, voire même dans le camp de ceux qui aiment l’administration Bush, ne me permettent d’aller dans ton sens lorsque tu parles de la beauté de l’humanité, de son auto-régulation, de sa prise de conscience universelle ! Ah bon ? Où ?

Je me passe pas mal de temps à "réveiller" les copains de ma mailing liste, pour leur rappeler de rester lucides quant aux informations qu’ils recoivent ou lisent en provenance d’Internet (et uzine.net participe à cette mise en clarté), parce que ce superbe outil dont tu peux remercier les créateurs a été largement dévoyé depuis 1970. Il n’en reste pas moins un bon outil. Mais de la même manière qu’il faut rappeler qu’on ne donne pas la Terre à nos enfants, mais qu’ils nous la prêtent, ils faut leur apprendre (comme à nos concitoyens internautes) la lucidité, la circonspection et le croisement des informations.

Et les règles de base rappelées par Piotrr sont, à cet égard, essentielles au futur d’Internet et à cette prise de conscience dont tu sembles penser qu’elle puisse être automatique à partir du moment où l’on est connecté à Internet.

Pour lancer une autre réthorique et pour rebondir sur les belles images de chapelle qui parsèment l’article de Piotrr, on peut noter qu’Internet a l’âge du Christ !!! Il est effectivement temps de s’acheminer vers sa crucifixion pour une meilleure résurrection !!! (Je rappelle que je suis agnostique !!!)

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> La Déconnexion, Jésus, 29 avril 2003
Vade retro Satanas. Les intégristes récupèrent tout ceux qui se sacrifient. FAUT BUTER L’EMPIRE ! TOUS A ROME !
Répondre


> La Déconnexion
18 mars 2003, message de dominique meens
 
Une coquille : "nous vécurent", non, mais "nous vécûmes"
Répondre
> La Déconnexion, Piotrr, 19 mars 2003

Nous partîmes cinq cents ;mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port

Désolé.

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> Intéressant
18 mars 2003, message de Fred
 

Je ne jugerai pas la métaphore historique d’abord parce que je ne suis pas assez pointu sur le sujet ensuite parce que toute métaphore a ses limites.

Par contre je suis très sensible à la deuxième partie "Déconnexion maîtrisée". A ce sujet une question : la généralisation du xml et de l’unicode ne vont-elles pas dans le sens de l’interopérabilité ? Ou est-ce que je suis à côté de la plaque ?

Seule mauvaise nouvelle : le low tech. Va falloir que j’achète un mac alors ? (je sais c’est nul mais j’aime ça ;-)

Merci encore pour cet article qui me permet d’asseoir ma réflexion.

Répondre
> Intéressant, Piotrr, 19 mars 2003

la généralisation du xml et de l’unicode ne vont-elles pas dans le sens de l’interopérabilité ?

Ben oui, bien sûr, mlagré le mauvais procès qu’on fait au xml qui n’est pas particulièrement high-tech, contrairement à ce qu’on croit.

Répondre
> Intéressant, Erwan, 20 mars 2003

A ce sujet une question : la généralisation du xml et de l’unicode ne vont-elles pas dans le sens de l’interopérabilité ?

Certes, mais ca ne suffit pas... Par exemple le HTML est maintenant devenu XHTML, c’est du XML. Mais ca n’empeche pas MS de detourner la norme en ajoutant des extensions propres a IE, qui changent regulierement. Par consequent il y a des sites "optimises pour IE" (dans ce cas "optimisé" = "limité").

Seule mauvaise nouvelle : le low tech. Va falloir que j’achète un mac alors ?

Pour le moment installe Linux, ca suffit. Le Mac c’est proprio, on a pas encore entendu parler de spyware ou de backdoor comme Windows mais va savoir...

Répondre
> Intéressant, Fred, 20 mars 2003

J’ai été mal compris là. C’était une joke : puisqu’il faut se convertir au low tech alors j’achète un mac (ha ha).

Accessoirement je pratique Linux depuis 1998 même si là je suis sous XP pro.

Répondre
> Intéressant, Aleph, 27 mars 2003

Au rayon "interopérabilité"

Allez voir la http://java.microsft.com/. MS a été forcé par les tribunaux de fournir au client la VM de Sun et de ne pas dévier des specs java pour garder l’interopérabilité.

Résultat, ils arrêtent le support de Java et "encouragent les dévelopeur et utilisateurs à passer à des techniques plus modernes". Lire .NET qui est hautement propriétaire.

Quand au XML, ce n’est que du SGML-simplifié-pour-les-nuls :)

Répondre
> Intéressant, FRED, 5 avril 2003
Merci pour eux.
Répondre


> faut le dire ...
18 mars 2003, message de jedi
 
Wahou !! Les photos sont magnifiques !!!
Répondre
> faut le dire ..., Piotrr, 18 mars 2003

Crédits photographiques : Tirésias

C’est la Chapelle de Perse.

 
en ligne : Suivez le guide.
Répondre
> faut le dire ..., Sam, 19 mars 2003

Bravo (et merci) pour cet article.

Quant à la chapelle de Perse, la dernière image, celle de l’autel, casse un peu le charme. On imagine Raël, en escarpins Nike, s’y adonnant à quelque inavouable sacrifice...

Répondre
>l’autel de la plage, Jedi, 19 mars 2003

"la dernière image, celle de l’autel"

> heu, je vois pas trop d’autel ??!! C’est normal docteur ?

Répondre
> Blue autel , Jedi, 19 mars 2003

OK, tu parlais de la page liée par Piotrr ... autant pour moi (j’adore cette expression top gendarme).

C’est vrai qu’il est zarb cet autel, une histoire de maçonnerie occulte sans doute ...

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> Blue autel , Piotrr, 19 mars 2003

...elle a fait l’objet de quelques travaux récemment qui ont évité que les pigeons ne continuent à la salir, et on a réinstallé un bel autel moderne à l’intérieur.

Qui "on" ? C’est ça qu’il faudrait savoir. Peut-être que les signes cabalistiques sur la croix peuvent donner des indications. Perso, je pencherais pour une secte scout.

Répondre
> point and click the templar advendure , Jedi , 19 mars 2003

A mon avis, en plaçant les 5 statuettes des photos 1 et 2 dans les formes évidées formant cette énigmatique croix de la photo 5, on déclenche un mécanisme qui ouvre le chapiteau de la colonne de la photo 4, découvrant ainsi la forme en négatif d’une clef.

Ensuite, en utilisant du plâtre (combiné à la gourde trouvée dans la crypte) sur cette forme, on fait un moulage qui nous donne LA clef permettant d’ouvrir la serrure cachée au centre du X formé par le croisement des nervures de la voûte la plus lumineuse de la photo 3. La trappe ouverte, les pièces d’or n’ont plus qu’à tomber sur l’autel ...

Le trésor indiqué par un X, n’est-ce pas un jeu d’enfant ? ;o)

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> Blue autel , Sam, 20 mars 2003

> OK, tu parlais de la page liée par Piotrr ... autant pour moi (j’adore cette expression top gendarme).

Qui provient par ailleurs du domaine musical et s’écrit "au temps"...

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> Blue autel , Jedi , 20 mars 2003

Gosh !

me voila rouge de honte ....

Au temps pour moi alors.

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> faut le dire ..., Tiresias, 20 mars 2003

C’est bien le lien, mais faut avertir les populations que les couleurs sont dégueulassement rendues sur ce site. Le seul truc marrant c’est le pal à repose pieds (au confort du client) avec la crevette carbonisée dessus.

Le reste de l’édifice, dedans dehors, est très chouette, superbement équilibré, avec un tympan pentecotiste hérétique rarissime. Pour les amoureux et assimilés, un champ de maïs et une grange juste à côté pour les ébats tranquilles et champêtres. Voilà la réponse à la lancinante question "on fait quoi c’week end s’il pleut pas".

Quant à la lancinante douleur exhibée par l’auteur du texte, l’absence de débat et d’ébats révèle la cruelle réalité : internet, tout le monde s’en branle.

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> faut le dire ..., Sam, 21 mars 2003

> C’est bien le lien, mais faut avertir les populations que les couleurs sont dégueulassement rendues sur ce site.

Ignorant les originales, celles-ci ne m’avaient point choqué.

> Le seul truc marrant c’est le pal à repose pieds (au confort du client) avec la crevette carbonisée dessus.

Bon sang, rien remarqué ! J’y retourne.

> Quant à la lancinante douleur exhibée par l’auteur du texte, l’absence de débat et d’ébats révèle la cruelle réalité : internet, tout le monde s’en branle.

Meuh non ! Mais on ne peut pas écrire bravo chaque fois qu’on est d’accord. Et si on rajoute un peu de sauce, on s’expose à se voir censuré...

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> Métaphores faciles
18 mars 2003, message de Christophe Thill
 
Bon, du point de vue des valeurs (licences libres, low tech, etc.) l’article est excellent et cette partie ferait un très bon manifeste. Du point de vue de la métaphore historique, par contre, c’est zéro. Au-delà des clichés des bouquins d’histoire IIIe République, la Renaissance c’est quand même aussi l’époque d’intolérance religieuse maximum avec les pires moments de l’Inquisition, le bûcher pour les hérétiques et les supposées sorcières, et n’oublions pas Giordano Bruno, et Galilée qui a bien failli. Totalitarisme religieux et idéologique (le Moyen-Age était très décentralisateur et pas mal tolérant) donc, et aussi génocide des Indiens des Caraïbes et d’Amérique centrale et du Sud, développement du commerce des esclaves... Plein de choses pas belles, à côté des origines de la science moderne et d’autres trucs positifs. Et pour cause : ce sont les différents aspects de la naissance, dans la sueur et le sang, du système capitaliste mondial. Alors relisons Régine Pernoud (Pour en finir avec le Moyen-Age) et oublions les vieux clichés.
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> Métaphores faciles, Piotrr, 18 mars 2003

En surtitre, il y a marqué "mythologie historique", ce qui me permet de passer outre toutes les limites d’une approche vraiment historique (comparaison n’est pas raison, par exemple).

Bon, moi aussi j’ai lu Pernoud (et je me demande jusqu’à quel point ce n’est pas une forme de contre-mythologie, mais bon...). Le fait est que l’histoire que j’ai apprise à l’école, pas celle que j’ai lue depuis, mais celle qui a construit mon imaginaire, c’est bien celle de la IIIème effectivement (ce qui ne me rajeunit pas ; il est vrai que l’établissement scolaire que j’ai fréquenté n’était pas réputé pour son progressisme, mais tout de même...).

J’ai lu Pernoud, mais j’ai lu Elias aussi, où l’on voit que politiquement, le Moyen-Âge, ça rigolait pas ; et plus exactement qu’il correspond à une absence d’espace public, et à une multiplicité de petits territoires morcelés et clos sur eux-mêmes et concurrents, subsumés sous une autorité politique très faible voire purement nominale. Quelque chose que l’on vit actuellement, non ?

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