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16 octobre 2001
 
dimanche 19 août 2001

Net bien pensant : introduction sommaire et triviale

par Tiresias
 
L’extension de l’accès et des services entraînant une diversification des populations et des usages, une petite bourgeoisie de l’internet est éclose et a pris forme. Elle y défend ses objectifs propres, et l’autopromotion de ses membres actifs. La préparation de la Loi sur la société de l’information (LSI) qui produit ses premières batailles idéologiques officielles, remue ce monde, qui va aller au charbon défendre des conceptions qui ne seront pas les nôtres pour l’essentiel. Moins par conviction que par conformisme et sens aigu des intérêts personnels. Ce n’est pas une surprise, bien entendu, et on lira ici dans les mois qui viennent l’histoire immédiate des héros et des tartuffes de la réglementation régulante. Brève présentation de quelques protagonistes, par définition non exhaustive, le nebipe étant à contours variables.

Notre ami le Net bien pensant

Le net bien pensant a des idées et des objectifs. Ses topiques sont le commerce électronique, la sécurité, la régulation par instances spécialisées, le contrôle des contenus, l’autorité des instances technique, la moralité on line. Les internautes y sont des consommateurs ou des gentils utilisateurs, pour lesquels l’accès doit être développé.

Ils pourront ainsi commander des biens et services en ligne, e-bosser, e-learner, et même publier des pages personnelles, style Comtesse de Ségur de préférence. Plus, ils voteront sur des sujets de société, participeront à des actions charitables, et seront de zélés auxiliaires des autorités, en bon citoyens qui auront à coeur d’appliquer la loi, et de dénoncer les infractions constatées.

De cette manière, le nebipe est très favorable à une sorte de démocratisation de bon aloi, pour les éléments sains de la société. Les mauvais internautes, ses ennemis, sont les cohortes de déviants divers, les critiqueurs, les incivils, ceux qui privilégient l’internationalité du réseau sur les règles locales, la libre expression responsable de chacun sur la censure directe ou indirecte, les solutions non marchandes sur l’achat et la vente de prestations, la solidarité sur la charité etc.

Caricature ? Assurément, le trait est forcé, mais sans excès, il suffit d’aller sur les sites de ces gens pour considérer leurs us et coutumes, leurs langages, leurs intérêts et visions du monde, et en apprécier le charme discret.

Le nebipe agit. Il connaît un début d’organisation, et de distribution des rôles, en vue de l’occupation de positions sociales, la discussion sur le projet de Loi sur la Société de l’Information (LSI) constituant un bon support d’auto promotion. Si ses acteurs ne se détestaient pas à ce point, il serait puissant. Mais assis qu’il est sur des carrières et désirs individuels de reconnaissance, il est bien heureusement, peu solidaire. D’ailleurs, on reconnaît les protagonistes du nebipe au fait qu’ils n’ont rien à dire collectivement, bien qu’ils soient peu nombreux, les mêmes occupant simultanément plusieurs positions dans des organismes divers, dont certains plus ou moins bidons (juste pour avoir un lieu supplémentaire d’où parler)

Cette informe réunion, malencontreusement pour nous, a des alliés objectifs ou subjectifs, qui, eux, disent et font beaucoup plus. Dans nos bottes, notamment. Seconde malencontrance, comme pourraient dire les apôtres de la gouvernance politique, nous arrivons dans des périodes électorales, particulièrement propices à saletés pour cause de conquête de voix, et le projet LSI va être traité dans un contexte défavorable.

Quelques nebipeux et nebiperies

Nous allons citer quelques cas, mais il en est bien d’autres. Si un webmestre d’un site du nebipe s’indigne de son absence ici, qu’il nous adresse une demande de complément, nous l’inscrirons bien volontiers dans la liste. Nous connaissons déjà feu le FDI, ou forum des droits sur l’internet, que nous avons contribué à médiatiser ici très amicalement (on attend toujours les remerciements, d’ailleurs). Il existe d’autres regroupements mous de la petite bourgeoisie en ligne. L’ISOC France, par exemple, qui fait la fête à Autrans l’hiver, celle de l’internet, et des actions militantes avec le Sénat. Ou bien la FING, ou fondation internet nouvelle génération (sic), fondée par l’ISOC, et deux petites assoces, l’une pour le commerce, l’autre pour l’édition des philosophes. Ou bien encore le GESTE, groupement d’éditeurs en ligne qui a fourni le plus disert des membres du FDI. Qu’est ce qu’ils font, tous ces gens là ? Difficile à dire. En tout cas, des chartes, oui, ils adorent les chartes. Dans les vitrines, on trouvera de belles déclarations qui, sur nombre de points, sont proches de nous (liberté d’expression, accès, brevetabilité, responsabilité d’intermédiaires, confidentialité etc.). C’est l’aspect coeur à gauche du nebipe. En toute logique, ils devraient être des pourfendeurs de la LSI, mais on pourra voir dans les mois qui viennent que ce ne sera pas le cas. Pourquoi ? Devine.

On vous épargne les sites pseudo communautaires, les charity biz, et les sites de vote pour rire sur des conneries choisies, qui pourraient faire l’objet d’un intéressant article. Si on regarde de près notre courte sélection, on va trouver les mêmes personnes à divers endroits, ce qui n’étonnera pas. Par exemple, on a glosé ici sur la composition du FDI, certains se sont demandés pourquoi X y était et Y non, etc. Terrible angoisse. Le FDI est constitué essentiellement de personnes qui se croisent par ailleurs et parlent le même langage. Vous m’objecterez, critiques attentifs et peu amènes, que le FDI est composé aux deux tiers d’organisations et non de personnes. Allons, allons, ces organisations n’ont parfois qu’un spécialiste du net, parfois pas d’autres responsables que ceux qui s’autodésignent, et ainsi de suite. Tu sais bien, que lors de la constitution du machin, on n’a pas joint des organisations par courrier recommandé, ou lancé un appel d’offres public, mais que l’on a téléphoné à des personnes, ou bavardé avec, au cours d’une des mondanités de ce milieu.

Regarde un truc marrant. Certains se sont étonnés, ou réjouis, de l’absence de l’AFNIC, gestionnaire contesté des noms de domaine .fr, association ad hoc liée à l’INRIA. Vous bilez pas, le représentant du Centre national d’enseignement à distance est « aussi » président de l’AFNIC, et celui du W3C vient de l’INRIA et a une fonction de direction dans une société commerciale liée à celui ci (Ilog), et voilà tout. Un autre truc marrant, ces gens se rencontrent dans des rencontres, en hiver à Autrans, vas voir les contributions de ces dernières années et tu apprécieras, et en été à Hourtin, pour certains d’entre eux, à l’occasion de l’université sic de la communication resic. Entre les deux, ils font la fête triste de l’internet au printemps.

On aura l’occasion de reparler des fiestas d’hiver et de printemps, pour l’heure, apprécions celle de l’été, qui débute le lendemain des finales du Lacanau pro pour que les vrais surfeurs puissent y aller (je crois...). Ce mois d’août, si ça te dit, tu pourras retrouver plusieurs membres du Forum, dans plusieurs débats, au moins, au moment où j’écris. Ne crois pas qu’ils passent leur vie ensemble, ils ne se supporteraient pas. Ils sont seulement dans les bons coups ensemble pour devenir des zexperts reconnus. Y a du boulot. Fais toi aussi une liste de qui tu ne verras pas, ces gens auxquels manque ce brin de bienpensance qui fait les fréquentations sans surprise et les motions finales polies après débat courtois. Avec ça, on devrait organiser un Hourtin unofficial, si on n’était pas si fainéants.

Que font ils à Hourtin ? Ils font l’université de la communication, c’est à dire d’abord des débats entre soi. Le programme est très beau, regarde.

une centaine de débats, les Ecrans de la Philosophie, quatre carrefours ; Quel journaliste pour le XXIème siècle ? ; De notre vie à la décision publique : le rôle de la société civile ; L’Europe et le service universel ;l’économie en quête de modèles ; les premiers Entretiens de l’Information ; un village de 42 partenaires présentant services et projets ; 43 rencontres professionnelles ; 31 tribunes permettant l’expression des stratégies du gouvernement, des responsables d’entreprises ; une exposition ; 12 délégations étrangères et des DOM-TOM

Non, ce n’est pas inventé, c’est prélevé sur leur site, pour leur faire un peu de publicité, gentiment. Donc, tu ajoutes la Philosophie, le Journalisme, la Société Civile ; Europe ; Economie ; Information ; Entreprise, et les Etrangers, DOM-TOM inclus (ce qui ne leur fait pas plaisir outre mesure). J’allais oublier, l’expression des stratégies du Gouvernement (et des responsables d’entreprises ?). Effectivement, il y a quelques Ministres et autres. Par exemple, le débat sur le projet de Loi sur la société de l’information réunira un avocat, tiens c’est drôle, un membre du même cabinet est au conseil du GESTE, un universitaire, tiens c’est curieux, ils est à l’ISOC (et je crois bien les avoir vus à la neige, mais pas pour skier), et les expresseurs de stratégie gouvernementale bien choisis que sont le sous ministre aux anciens combattants (secrétaire d’Etat, pardon) et un conseiller de la Culture chargé de la régulation et du développement.

Bien entendu, il s’agit d’une université d’été, c’est à dire pour de rire, mais université, ça fait bien. Surtout que le site s’intitule fièrement site officiel du réseau international des universités de la communication. Rien que ça, on dirait vraiment de l’officiel, il y a tous les mots clés qu’il faut. Prosaïquement, il s’agit d’une production d’Atlantel Multimédia, une anonyme société au capital de 10 MF dirigée par un gars très occupé aussi comme PDG de journal locorégional, et administrateur de trois autres organismes de presse. Quel boulot tout de même. D’où sans doute l’accent mis sur l’information et le journalisme, ces gens n’aiment rien tant que parler d’eux (enfin, ce n’est pas ici qu’on leur jettera la pierre :).

Des alliés de la nebipanse

Les ultra-hygiénistes de la ligne

Alliés de circonstance, car n’oublions pas que dans le nebipe et galaxies associées, le monde se déteste, tous ceux qui oeuvrent à la mise en condition pour une Loi de sécurisation autoritaire. Car en ligne, ce doit être propre sans mauvaises graines et tant pis si le désherbant se répand partout dans les prés des voisins. Il en est de diverses sortes, dont l’une a la manipulation facile. Regarde moi ça, ils mettent d’un côté les bons, de l’autre les mauvais, normal, on fait tous ça peu ou prou. Mais pour que le mauvais soit mauvais pour plus de personnes (principe de propagande), ils mêlent les détestations, un tiers de pourris du négationnisme, un tiers de salopards d’entreprises qui veulent faire de la monnaie sur le dos du consommateur de réseau, et un tiers de militants anarchoïdes fantasmés du pas de règles du tout. Comme ça ils ne sont pas de droite, les hygiénistes, quelle horreur, merci les entreprises, et pas irresponsables, merci les anarchoïdes.

Et pour que l’on en parle dans les médias, on fait du spectaculaire, des procès qui se voient, merci à l’organisation judiciaire bien utile. Avec ça s’il n’y a pas le compte, c’est ingrat. On voit leur faux nez dans des tribunes de presse écrite, et on peut aussi regarder sous les faux nez ici même (plusieurs articles). Quant à savoir si ces actions sont destinées effectivement à faire pression pour la future Loi, ne nous crois pas sur parole, vas y voir directement(Libération, 3/08/01, rubrique Rebonds), ou regarde ici

Les mercenaires du soi

Tous ceux qui veulent faire du réseau le support de leurs désirs d’argent ou de notoriété. La cohorte est innombrable des pauvres intellectuels qui n’ont pas jusqu’ici trouvé ce qu’innocemment leurs mères et leurs profs leur laissaient entrevoir de réussite sociale. On dira que je suis un mauvais persifleur, mais je réponds in continento tempore et même sans délai. C’est eux mêmes qui mettent en avant, ou laissent complaisamment mettre en avant (la complaisance est la tare élémentaire de ces milieux) les titres qu’ils n’ont pas, ou pas vraiment, ou presque (pour en savoir plus, inutile de me demander, vois par toi même avec une recherche sur moteurs, et croise les infos).

Ceux là sont prêts à beaucoup, sinon à tout, pour être le conseiller du conseiller du copain du prince, travers ordinaire (Chomsky en a parlé plusieurs fois pour les intellectuels made in USA, ce n’est pas différent ici), et renoncement fondamental. Ou bien être le conseiller d’une entreprise rémunératrice. Allez finalement, je préfère ces derniers, leur âme, comme dirait machin l’expert en âme collective, est simple.

Assurément, d’autres alliés existent, d’expression plus pudique. On citera les défenseurs de situations acquises dans les débuts du réseau, une partie de magistrats, de juristes, et de membres de l’administration (pas seulement policière) qui vivent du contentieux, et voient la transgression plus vite que leur ombre (au besoin, on l’organise, ça s’appelle une provocation, mais en France, ça n’existe plus, ou alors on nous aurait menti). Et, bien sûr, quoi qu’en disent les ultras dans leurs pub simili anti capital, des entreprises intéressées à la sûreté des transactions, donc à la sécurité des connexions. Ca fait du monde, même en en oubliant beaucoup.

Oui mais, ce n’est pas très idéologique tout ça. Juste de la cuisine. OK, on traitera l’idéologie une autre fois, promis.

En route pour Valmy

Car c’est la guerre idéologique, effectivement. Il s’agit de peser sur des manières de penser, et de décider. Les cibles en sont l’union européenne, les parlementaires, l’administration, les partis et les grands médias comme relais de communication vers les communiqués. Ah oui, tu es déçu, tu n’es pas dans la cible, ce doit être que tu comptes pour du beurre (ils ont tort de penser ça, c’est leur côté duc de Brunswick qui croyait chasser des savetiers et tombe sur l’artillerie professionnelle ex royale, les artilleurs n’ont pas de fidélité, c’est connu).

Alors, nous faisons la guerre aussi, ben oui, forcément. Nous, c’est qui, au fait, en l’an 2 du nouveau millénaire ? Là, on est dans l’embarras. On va essayer tout de même. Par déduction d’abord, qui ne va pas dans les fêtes tristes du nebepi ? Allez, un effort, on va trouver, outre nos pommes d’ici, des voltairiens, quelques ligués des droits (d’autres se tâtent, ils ont besoin d’élaborer encore, mais on ne désespère pas du tout), des irisiens, des r.a.s., des non marchands, des coopératifs, des mutualiseurs, des développeurs durables, des libres de l’open, des travailleurs sans frontière, des anti fichiers, des associations variées, et même des syndicats, pour causer de ce qui est un peu organisé. Et, bien entendu, la multitude des ptis gars qui se sentent concernés, mais répugnent au collectif.

Ah mais on ne manque pas d’alliés tout de même, par exemple dans les groupes anti mondialisation sauce géhuite, et même au Parlement un petit peu, et même dans l’administration. Et aussi des alliés « objectifs » précaires, que l’on trouve chez les alliés de l’ennemi quand ils se font la tronche sur une question ou une autre. Ainsi la galaxie corporative des journalistes n’est pas sensible de la même manière que d’autres à la question de la prescription des délits de presse en ligne. Les associations de consommateurs sont normalement attentives aux problèmes de confidentialité et de marketing direct. Les collectivités territoriales sont concernées par ce qui se passe avec la boucle locale. La CNIL a parfois envie de jouer un rôle plus important. Etc.

On a déjà vécu quelques alliances marrantes à telle ou telle occasion, séquentiellement (liberté d’expression, responsabilité d’hébergement, brevetabilité, ou cybercriminalité etc.). Ce qui va être drôle vraiment vraiment avec la guerre de la Loi, c’est que tout est présent en même temps et que l’ami de l’article x n’est pas forcément celui de l’article y.

C’est pourquoi on va veiller Hourtin, comme il faut veiller un faux rome en carton, et les tribunes des quotidiens, entre autres. Ces gens vont être bien ennuyés pour trouver le bon chemin de l’entente cordiale, et on ne va pas les aider, ah non, on ne va pas, tout au contraire, on va leur en faire des conflits nebipiens.

Ah oui, pourquoi Valmy, ça a quoi à voir avec le reste ? Parce qu’ils sont dans le même type de situation que Brunswick, tiens ! et pas seulement à cause de l’artillerie, à cause aussi des liens d’appartenance maçonnique commune avec Danton et Dumouriez, à cause de ces Autrichiens qu’il faut se trimballer avec la bonne armée prussienne, à cause de ces putains d’ultra d’émigrés qui poussent rien qu’à faire des conneries, à cause de ce Dumouriez qui propose un front inversé, à cause du brouillard du matin, à cause de la dysenterie etc.). A cause donc de l’engagement dans la grande incertitude.

A suivre.

 
 
Tiresias
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24 juin 2002
 
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> Net bien pensant : introduction sommaire et trivia
20 août 2001, message de Nimo
 

Dur à suivre, effectivement.

De plus, l’usage startupien du non-mot "contenu" dans un contexte dénué d’ironie est critiquable.

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> > Net bien pensant : introduction sommaire et triv, 20 août 2001

Salut,

De plus, l’usage startupien du non-mot "contenu" dans un contexte dénué d’ironie est critiquable.

Personnellement je ne trouve pas. Contenu vs. contenant, pour moi ça a un sens. Quel mot peut-on employer à la place ? "information" ? Le problème c’est que le mot a de multiples sens et il faudrait donc préciser à chaque fois quelle acceptation on utilise. En l’occurence, une acceptation très large : tous textes, graphiques, sons... ne participant pas de l’habillage d’un site mais de son... contenu ;)

a+

Antoine.

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> > > Net bien pensant : introduction sommaire et tr, Nicomo, 20 août 2001

"Quel mot peut-on employer à la place ? "information" ? Le problème c’est que le mot a de multiples sens"

Le problème de "contenu" c’est justement qu’il a bien peu de sens. Ca désigne tout et portenawak, et témoigne d’un manque de vocabulaire et d’imagination.

Idéalement, on devrait employer "contenu" quand il s’agit de ledistinguer de son contenant. IE "j’ai reçu une lettre, et son contenu m’a foutu la haine trop grave".

Hors de ce contexte, le mot perd son peu de sens, puisqu’en fin de compte quoi que ce soit est le "contenu" d’un "contenant" ou d’un autre. Alors, autant dire "truc" ou "bidule".

Dans la série vocabulaire appauvri du complexe médiatico-startupique, on trouve "technologie". Par définition, celà devrait désigner "l’étude de la technique". On l’a substitué à "technique", "dispositif" ou même "système", parceque ça sonne plus cool djeunz technobranché.

Et en fin de compte le mot ne veut plus rien dire.

Répondre
Une discussion passionnante, 20 août 2001

Le problème de "contenu" c’est justement qu’il a bien peu de sens.

Dans le sens utilisé, si. Je cite mon message précédent : "tous textes, graphiques, sons... ne participant pas de l’habillage d’un site mais de son... contenu". A part user sans cesse d’une périphrase, ce qui donne un style peu léger, je ne vois pas comment faire pour nommer cela autrement.

puisqu’en fin de compte quoi que ce soit est le "contenu" d’un "contenant" ou d’un autre.

Là je veux bien un exemple.

Par contre, je suis d’accord pour "technologie" : c’est un emploi inutile et fallacieux de ce terme.

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> Une discussion passionnante, Nicomo, 20 août 2001

""puisqu’en fin de compte quoi que ce soit est le "contenu" d’un "contenant" ou d’un autre."

"Là je veux bien un exemple."

Un exemple de quoi ? Par définition, toute chose est le contenu d’un contenant, d’un certain point de vue. C’est franchement idiot à dire, d’ailleurs.

Dans le contexte startupomédiatique, on parle de "contenu" pour désigner les textes, images et sons publiés et transmis sur le réseau.

Une banane est le contenu d’un cargo, un livre est le contenu d’une libraire, un cri est le contenu du son, le mot est vide de sens.

"Contenu" est hideux lorsqu’il s’agit d’oeuvres artistiques et littéraires. D’une certain façon, cela correspond bien à la vision tascaïenne de la culture de masse. L’art n’existe que par sa valeur marchande, au même titre que les "contenus" des boîtes de conserves du supermarché. "L’art" est contenu, retenu, encerclé.

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> > Une discussion passionnante, 20 août 2001

Excuse-moi, mais tu t’enfonces là. Dire que par définition toute chose est le contenu d’un contenant, ça exige une démonstration. Sinon comme tu dis, c’est en effet "franchement idiot". De toute façon, tu ne peux nier que l’article porte sur un contexte précis (ce qui est publié sur le réseau, ce qui y fait l’objet d’une réception et d’une interprétation par l’esprit humain), et que dans ce contexte précis la distinction contenu/contenant a une signification réelle. Et ce malgré ton couplet pompeux, inutile et inutilement moralisateur sur l’art, la culture et le marchand.

Et il me semble que la conversation s’épuise et mériterait de s’arrêter là.

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> > > Une discussion passionnante, Nicomo, 20 août 2001

Euh la définition de "contenu" c’est "ce qui est à l’intérieur de quelquechose". Donc tout est contenu, à l’exception de l’Univers, peut-être ...

(Il y a d’autres sens, que j’ai évoqués, mais qui ne correspondent pas à l’usage dont nous parlons, proprement dit : "contenu" au sens de "limité", "retenu". Par exemple. )

Pour préciser la question, je vous invite à vous poser la question suivante : si on désigne réellement quelque chose de significatif par le mot "contenu", alors qu’est-ce qui n’est PAS du "contenu" ?

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> > > > Ca :, #, 21 août 2001

la vision tascaïenne de la culture de masse.

Tu donnes toi-même un bon exemple de contenant sans contenu...

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> > > > > Ca balance dans la netanse, Tiresias, 21 août 2001

Faut pas s’étriper pour ça...Et pas besoin de faire appel aux starteupes, le mot contenu existe depuis la nuit des temps, au sens figuré, pour désigner la substance (mais ce dernier mot est d’usage délicat) qui est sur un support.

On est en train de faire l’analyse de contenu de l’article, ou celle des posts... :)

Du point de vue qui nous intéresse ici, on a besoin d’un mot pour désigner ce qui est de la responsabilité d’un auteur, et le distinguer de ce qui est de la responsabilité d’un intermédiaire technique. Si on ne distingue pas, ou si l’on considère que les responsabilités sont liées à la mise à disposition collective (auteur, hébergeur, FAI, EDF etc.), no more web, c’est bien ce qui est en jeu avec les affaires Licra et alii contre AFA.

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Le choix des mots, Nicomo, 21 août 2001

J’ai peut-être donné l’impression de jouer sur les mots ou de pinailler ; le fait est que le choix des mots est important, et dénote une adhésion pas forcément consciente à un certain mode de pensée.

En cherchant un synonyme à "contenu", j’ai trouvé "donnée". N’est-il pas amusant de constater que les tascaïosaures du business médiatique n’emploient pas ce terme — mais alors, jamais ! Pour cette industrie, l’art n’est pas "donné", il est "contenu".

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> Sème en TIC, 21 août 2001

C’est pas toujours de l’art, le web, parfois c’est du cochon.

Le contenu de vos messages, scuses, les données...contenues dans vos messages sont passionnantes, et je suis frappé par le sérieux de votre démarche. Car oui, les mots sont importants, la preuve, on supprime les mots, plus d’uZine !

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Sur le contenu de "contenu", et le désherbant puritain, Jacques Du Pasquier, 23 août 2001

Au mot "contenu" correspond simplement un concept très abstrait. Mais l’universalité de la numérisation rend nécessaire exactement ce niveau d’abstraction.

La critique que "tout est contenu" et donc que ça ne veut rien dire, est puérile, pour la raison suivante : "contenu" est en fait un terme relationnel, qui fait référence, implicitement, à un contenant (le concept complet est "contenu de X").

C’est exactement comme "plus petit que X" ; cela aussi, si on fait varier X, peut s’appliquer à presque tout. Mais ça n’en est pas moins un concept très utile, et tout à fait bien défini.

Attention au désherbant puritain qui ne laisse subsister que ce qu’il arrive à comprendre clairement. Vous seriez déjà mort dans un monde que vous auriez conçu vous-même.

 
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Un peu décousu
20 août 2001, message de Pierre Thierry
 

Je trouve l’article intéressant, mais dur à suivre, et donc difficile à lire avec crédibilité : le texte est assez décousu, souvent passe du coq à l’âne. Dur dur.

Du reste, je me demande si des associations qui seraient représentatives des utilisateurs ont seulement tenté de participer...

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> Un peu décousu, 23 août 2001

"Associations représentatives des utilisateurs" ? ça existe, ça ?

A noter tout de même que le glissement de "consommateurs" à "utilisateurs", dans la phrase ci-dessus (lapsus où confusion ? :o), ouvre de joyeuses perspective. Par exemple, il semble que "l’association des utilisateurs de l’air du temps" ai un bel avenir devant elle.

Par comparaison, "l’association des utilisateurs de l’eau de mer" connaitrait une activité plus "décousue", climatologiquement parlant. Quid de la légitimité du combat des anarcho-bronzés ?

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> > Un peu décousu, Spyro (le chtit dragon violet), 24 août 2001

Ben lui chais pas mais je me considère comme un utilisateur (qui utilise, si si) et non un consommateur (qui dépense du fric dedans), car je ne me définis pas par la façon dont je dépense mon argent. D’autant plus que cette dernière catégorie implique souvent une relation de préséance du payant sur les autres, et une hiérarchie selon les montants (calquée sur le principe de l’actionnariat).

Je ne pense donc pas qu’une association "représentative" de consommateurs puisse exister sans être plombée par ces questions d’argent. Par contre une association représentant *des utilisateurs* à la rigueur, mais ce n’est plus qu’un groupe de pression parmi les autres, sans plus de légitimité que les autres.

Mais pour faire leur loi, là, si ils veulent faire moderne et branché, ils n’ont qu’à utiliser un vieux concept d’internet : les RFC. Plutôt que de s’énerver dans les medias, ils mettent leurs arguments au clair, et on en discute sur des mailing lists dédiées. Allez, chiche.

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