racine uZine

Dans la même rubrique
Le cyber quoi ?
10 juin 2001
 
lundi 2 décembre 2002
L’autre fête de l’internet

Eveil informatique en CE2

par Tiresias
 
spip_logo - 12.4 ko
 
On fait de l’initiation à l’informatique à l’école primaire, l’alphabétisation numérique est enfin en route. Cette mission éducative est supportée par des moyens divers, matériels, documentaires, pédagogiques, dont le bon agencement fera les bons internautes. A l’école, c’est la fête de l’internet tous les jours ? Peut-être, c’est à voir. Etude de cas.

Cette classe mixte CE1/CE2, composée en majorité d’enfants de 7 et 8 ans, dispose d’une maîtresse en état de marche, d’un ordinateur sous Windows, d’une connexion, et de divers documents papier confectionnés pour l’occasion. Pour présenter la démarche, nous allons commencer par la fin, pour une fois. La fin, c’est l’évaluation des connaissances, qui permet de positionner la performance.

Mais là, c’est aussi la fin des haricots pour les jeunes apprenants, qui ont eu le loisir de faire capoter la moyenne du trimestre sur ce coup fatal. Il s’agissait, dans ce contrôle sur l’ordinateur, pièce effectivement utile à l’usage de l’internet, d’une série de définitions d’objets que les élèves devaient nommer, que je reproduis ici fidèlement :

Disque compact optique dont la mémoire conserve des informations inscrites définitivement lisibles par l’ordinateur.

Un appareil de sélection utilisé en informatique, qui analyse par rayon lumineux, point par point, le document à reproduire

Un petit dispositif électronique de commande, manuel et mobile. Il sert à pointer sur l’écran un point d’image à traiter.

Un périphérique d’ordinateur sur lequel s’affichent les données.

Un système qui effectue le décodage et la copie d’informations sur CD ROM

Un système électronique qui sert à connecter (brancher) un ordinateur à une ligne de télécommunication

La mémoire principale de l’ordinateur. On y exécute les instructions des programmes à réaliser.

Permet d’enregistrer les informations que l’on peut changer et lire sur un ordinateur.

Un appareil qui sert à imprimer sur du papier les résultats d’un traitement.

Un ensemble de touches d’un ordinateur.

C’est authentique, et frais de la semaine. Titine, une bonne élève d’ordinaire, bien qu’un brin vindicative et d’indignation facile, s’est tapée une note dont elle n’a pas l’habitude, ayant foiré 4 fois, et vient râler que c’est incompréhensible, ce contrôle.

(GIF)
Didactique en séquence
Joséphine à son tour apprenante montre à Annie les merveilles des NTIC. (Bougez pas les filles, ça fera une chouette photo pour uZine, j’ai mon numérique !)

Pourtant Titine sait faire des choses : démarrer, lancer une application, utiliser approximativement un navigateur, charger l’imprimante, mettre un CD ou une disquette, et même réinitialiser... Elle sait ouvrir le « petit dispositif électronique de commande » pour nettoyer dedans, elle sait crier « c’est planté », elle sait faire clic droit, enregistrer sous, bref elle a une compétence basique, pardon, « un savoir-faire opérationnalisé », modeste certes. Certes, mais tout de même, l’an dernier, ils avaient fait le site web de la classe avec l’ex-maîtresse.

Ce qui définitivement tue la motivation, c’est la réflexion amusée de la maîtresse tant aimée : toi, la technologie, c’est pas ton truc. Oui, car certains ont eu 20/20, seule note convenable qui ne permet pas au parent attentif de chipoter, et met ce doux sourire, qui efface pour un instant la lassitude, sur le visage professoral.

Pour avoir La note, il suffisait d’apprendre les définitions par cœur. Dur, vu que c’est de la mémorisation sans comprendre. Pas dans le champ sémantique des CE1/CE2, pour une bonne vingtaine de termes, et le seul traduit (connecter = brancher) vise les non pratiquants. Les autres savent ce que veut dire connecter, mais pas forcément système électronique, point par point, optique etc.

Après ça, dommages collatéraux de la pédagogie-sic, il y a dispute parentale sur le sort à faire à ce terrible échec, venu du contraste entre l’école tradi de la définition initiale et la pédagogie du manipule d’abord, définis après. Et indignation de l’indignée, à qui son père apprend mal, puisque, franchement, à quoi ça sert de savoir utiliser l’ordinateur si ce n’est pas reconnu dans le système de reconnaissance officiel.

Il y a des gens très forts en balistique, qui n’arriveront jamais à toucher une cible, quel que soit le lanceur. Normal, ce sont deux compétences différentes. Et ce n’est donc pas le balisticien qui instruit principalement le tireur, non plus que le grammairien éduque l’écrivain, le vétérinaire le cavalier, le sémanticien le musicien etc. Mais pour l’initiation des petits, ce n’est pas pareil. Ceci dit, ce n’est pas grave puisque ça ne sert à rien à ceux qui manipulent, et tout aussi à rien à ceux qui ne manipulent pas.

J’ai donc préparé une bonne épreuve pour que la maîtresse sache quoi donner au prochain contrôle, et ait l’air d’une pro : les couches de l’OSI. Par exemple, on écrira :

définit le signal et assure la transmission d’un bit sur un cable

et il faudra répondre physical layer, manière élégante de faire de l’anglais en même temps. Sciés les parents d’élève, non ?

Au moins, tant qu’à servir à rien, autant que les petits se disent que, finalement, réciter « Le lion et le rat », ou la table des 7, et transpirer au gymnase, c’est fastoche et marrant. Et surtout que, parmi les fonctions cognitives, la mémoire est la seule réellement utile pour réussir dans ce système-là. Oui, finalement, c’est peut être plus démocratique après tout.

 
 
Tiresias
Imprimer
format impression
27 février 2002
18 décembre 2001
18 août 2002
 
SPIP
Web indépendant


> Eveil informatique en CE2
3 décembre 2005, message de Tasuki
 
J’ai un ami qui s’emmerdait tellement en cours d’informatique qu’il a formaté tous les ordis. Ils le sont encore...
Répondre


La partie cachée de l’iceberg ???
24 avril 2003, message de S-Hiker
 

Vraiment bien cet article et tellement révélateur des méthodes de l’éducation : c’est du pur IUFM (formation des profs). On en est toujours à croire aux miracles du tout informatique à l’école, que l’on se place devant un pc en ayant appris par coeur deux définitions et hop, on se prend pour un dieu !!!

Le pire, c’est que fait avec une telle incompétence par les profs, les élèves se croient doués parcequ’ils savent changer un fond d’écran ou alors, ils sont dégoutés. Le pire c’est que certains (élèves comme profs) se prennent pour des pros parce qu’ils savent changer un fond d’écran !!!

Autant laisser bidouiller les petits et plus tard, ils apprendront les choses plus en détail. Car il ne s’agit ni de faire des presse-boutons, ni des génies. Chacun approfondira selon ses besoins, mais c’est un peu comme en voiture, on conduit, et on est sensé savoir changer une roue de secours ou vérifier le niveau d’huile !!!

Or l’éducation nationale ne se donne pas les moyens (ou ne donne pas les moyens aux bonnes personnes ..) de faire avancer les choses. L’informatique, c’est un outils et comme n’importe quel outil, avant de s’en servir, il faut savoir comment il fonctionne et faire quelques essais.

Mais l’informatique et un gros problème dans l’éducation. (vache à lait de microsoft et consors). Il est quasi impossible de faire utiliser des logiciels open-source. c’est un autre débat, alors...à bientôt

PS : je suis prof (et parfois énervé)....

Répondre


> Eveil informatique en CE2
11 mars 2003, message de philippe
 
oui, excellent, je vais me le mettre dans un coin tellement ca pend au nez de tous les parents.
Répondre


Génial ce texte... même si chacun pourra tirer sa propre conclusion
3 mars 2003, message de tOMAZ
 

Tiresias, je dois te féliciter pour cet article qui met le doigt sur un point douloureux (aïe !) de l’enseignement de l’informatique.

D’un côté, ceux qui "savent faire le truc" parce que papa-maman a mis à leur disposition un ordinateur.

De l’autre, ceux qui n’ont pas le loisir (je ne vais quand même pas mettre "la chance") de disposer d’un ordinateur à la maison et qui ne font que "subir" ce genre d’enseignement.

Je me souviens qu’à mon époque, on nous faisait entrer des lignes de commandes sur des TO70 pour faire apparaître notre nom en plein écran. Un truc du genre :

10 command
20 write "TROUDUC"
30 start y=0-x=0
40 letter size=big
50 stop command

C’était dééééliiire...

Pourtant, l’histoire de titine est révélatrice. Le nombre de personnes "qui savent faire le truc" mais qui ne savent pas ce que veut dire http, ftp, html est affligeant.

Je veux bien croire que l’Informatique soit un outil et qu’il ne soit pas utile, ni intéressant de disséquer son fonctionnement pour l’utiliser. Mais dans ce cas là, on peut dire la même chose des automobiles, des portables, de tout appareil électrique ou mécanique.

Bref, avec ce genre de pensées, on se complet dans le rôle de consommateur. Il est vrai que ce n’est pas avec ma connaissance (très vague) de lignes de commandes que je vais inventer le nouvel OS. Mais, c’était malgré tout un début pour nous apprendre que l’informatique cela ne se fait pas tout seul, que c’est avant tout une invention humaine, qu’un crétin s’est fait chié à rentrer des codes pour qu’Adibou puisse raconter ses conneries. Donc, il aurait fallu dire à Titine que la connaissance empirique c’est bien, mais qu’à un moment il faut poser des concepts, des définitions afin de pouvoir schématiser le fonctionnement.
Plus simple : « Savoir faire le truc, c’est bien. Savoir pourquoi le truc se fait, c’est bien aussi. »

Répondre
> Génial ce texte... même si chacun pourra tirer sa propre conclusion, yaen, 10 mars 2003
salut, toi aussi t’as touché du Mo5 et du To7... sacrée époque. Mais on moins on faisait kekchoz. Titine est retournée au temps de "apprends, récites et si tu réfléchis tu manges une baffe et un 4/20". les profs en informatique c’est pas au programme même si un semblant d’informatique y est. C’est un peu le style de l’apprenti cuisto a qui on explique comment faire des repas somptueux et comme formation on offre un livre de recettes a apprendre par coeur. Bienvenu chez Mac Do (et encore pour y avoir bossé, on y appprend à bien nettoyer les toilettes).
Répondre


> Eveil informatique en CE2
23 janvier 2003, message de Pascale
 

Salut,

J’ai enseigné quelques années dont 7 en ZEP et assimilé(e) (collège, lycée et lycée pro agricole) : c’était passionnant et épuisant.

Il y a quantité de définition de l’enseignant et de ses motivations : l’idée républicaine d’offrir une chance à chacun peut être un moteur puissant. Cela peut passer par le fait d’accepter de jouer quantité de rôle sociaux + celui de la transmission des savoirs, cela peut-être aussi chez certains de refuser d’être un relais social.

Personnellement, l’utilité sociale de ce métier, le fait d’être un repère et une oreille attentive mais ferme, pour des gosses cabossés dans des zones sinistrées où plus personnes ne croit en eux, et n’y fait gaffe, est une des plus belles satisfactions que j’ai pu avoir dans ce métier. Mais cela passe par de certaines choses comme le respect de ces gosses là (qui doit souvent s’exprimer par le fait d’être exigeants pour eux, pour soi, face à eux et dans la relation de travail en classe ) et le refus de la peur qu’ils suscitent malheureusement chez beaucoup de profs.

Après une pause d’un an , j’ai conservé de nombreux contacts avec certains de ces gosses et quelques uns de mes anciens collègues. Connaissant les joies et les difficultés de ce métier, et sans angélisme, j’ai curieusemnt l’envie croissante de retourner au feu :))

Bref, tout cela est complexe et les situations qui ont l’air de se ressembler ne sont pas forcément comparables... Tel sera un jeune prof heureux dans son bahut de zep, tel autre s’y meurtrira profondément... c’est aussi une histoire de tempérament.

Il faut peut-être aller faire autre chose quand on sent l’usure venir, voire (c’est mon cas) pour la prévenir. Cela enrichit d’autres expériences et permet éventuellement de revenir un jour en classe, mûri et aguerri.

Il est vrai cependant que la gestion absurde du personnel dans l’Edication national (t’es géré par numéro via un ordinateur) ne le permets pas souvent. Elle casse aussi beaucoup de jeunes enseignants absolument non préparés par des affectations sur des postes casse-pipes.

De plus, l’écart social et culturel entre élèves et professeurs dans certaines zones favorise le rejet et l’incompréhension des deux côtés, et bien sûr l’agressivité.

En tous les cas, bon courage à toi si tu es enseignant, en position difficile.

Dis-toi aussi qu’un bahut destroy, il y a beaucoup à y faire et que c’est parfois une formidable expérience : ça renforce à plein de point de vue et puis tu ne perds sans doute pas ton temps. Les gosses sont ambivalents, c’est normal, ça fait partie du jeu. Je te souhaite de pouvoir t’épanouir ou te sauver de ce métier :))selon ton désir.

Et je suis persuadée, quant à tes éventuels élèves qu’ils acquièrent malgré tout beaucoup de choses via cet enseignement qu’ils ont peut-être l’air de refuser/de saborder.

Bon, j’arrête là, car je pourrais bien être intarrissable sur le sujet.

Amicalement

Répondre
> Eveil informatique en CE2, A., 28 janvier 2003

Texte remarquable, bravo !

Je pense aussi qu’une bonne partie du problème de l’enseignement en France et plus particulièrement de la violence dans les collèges vient de ce que non seulement les prof. (enfin ceux qui sont violentés) ne respectent pas beaucoup les élèves, mais en plus ne sont pas respectables, n’ont pas une grande compréhension du monde qui les entoure, et n’offrent pas de valeur et de modèle estimables à leurs élèves.

Les élèves s’en rendent compte et manifestent leur légitime mécontentement par des "incivilités" et de la violence.

Pour être provocateur, je dirai que cette violence (ne vous méprenez pas sur mon opinion, néanmoins) est bon signe : elle est signe de vitalité de la part des jeunes générations.

Mais naturellement il faut la combattre. Il faut la combattre non par la coercition, mais en attaquant le problème à la base : la société dans son ensemble doit trouver le moyen d’offrir aux jeunes générations des maîtres compétents et estimables.

A.

 
Répondre


>Invitation à arrêter la niaiserie pédagogique
18 janvier 2003, message de Fred
 

Je suis instit et je vous invite à voir de quoi sont capables des élèves de CE2/CM1

ICI travail autonome

LA un peu plus encadré mais guère plus

OU ENCORE ICI réalisé en 13 jours chrono parmi une multitude d’autres activités

ET LA eh oui des enfants de neuf ans peuvent publier sous Spip ;-)

Moi, j’ai la chance d’avoir ramé pour obtenir mon matériel informatique (récup) et monter mon réseau (serveur Linux). Résultat quand je parle de Ram de carte mère de DD ou quoi que ce soit d’autre avec une UC en pièce détachées dans les mains, que les gamins peuvent toucher, ça prend du sens et ils se souviennent parfaitement à quoi ça sert. Pas besoin de par coeur et de contrôles.

Le fait que deux gamines aient été capables de démarrer/arrêter le serveur Linux sans le planter une seule fois pendant deux ans, de redémarrer la carte réseau eth1 dont le driver linux était mal écrit, de réaliser des quizz interactifs et que la classe ait gagné les défis du net 2002 me suffit comme contrôle. Je n’ai jamais donné une seule note en informatique car

CE N’EST PAS UNE MATIERE !!! C’EST UN OUTIL !!!

Ca ne s’apprend pas de manière théorique mais en s’en servant. On plante un clou avec un marteau avant que de comprendre comment un marteau est fabriqué, il me semble ! Et personne ne vous fait un contrôle de marteau non ?

J’enrage tous les jours de voir l’imbécilité et la lourdeur de l’institution face à l’informatique et à l’internet.

Je vous salue bien bas. A+

PS : corollaire, on plante un ordi avec windows avant de savoir comment windows est fabriqué ;-)

Répondre
> Invitation à arrêter la niaiserie pédagogique, Sam, 27 janvier 2003
Bravo !!!
Répondre
> Invitation à arrêter la niaiserie pédagogique, AL, 3 février 2003
Et merci. A vrai dire, l’enseignement de l’informatique en tant que telle est une malédiction. La personne la plus forte que je connaisse en informatique m’a expliqué comment elle a appris Unix. Pendant 6 mois, il a lu les manuels. Au bout de 6 mois, il savait. La structure intellectuelle pour faire cela, elle ne s’apprend pas devant un ordinateur. Elle s’apprend devant un exo de maths, un texte dans une langue étrangère, la réflexion sur un texte quelqu’il soit, ... . Donc OUI à l’utilisation de l’informatique pour faire (un ordinateur cela permet de FAIRE beaucoup de choses), NON à l’informatique comme une science (c’est une technologie, pas une science).
Répondre
> Invitation à arrêter la niaiserie pédagogique, 16 août 2006
bien mais ce ne sont pas eux qui ont fait les questions( Hot Potatoes)ou installer spip .qu’ont ils appris ? rien pour le premier et pour spip à écrire (et là ça devient du français) car je doute qu’ils l’aient installés tout seuls. intéressants pour vous , encore que ce n’est que de l’utilisation de logiciels faits par d’autres,mais eux , qu’ont ils appris ? ils vaudraient mieux leur apprendre à envoyer un mail ou à utiliser le traitement de texte .
Répondre


> Ateliers Multimédia
15 janvier 2003, message de Fatima
 

J’anime des ateliers multimédias avec des enfants depuis maintenant 2 ans.

Grâce à la volonté du Directeur d’une maison de l’enfance, des enfants peuvent utiliser un ordinateur. Cette année, nous avons pris comme prétexte la création du site internet de la maison de l’enfance. Dans le fond, nous ne voyons qu’un aspect : la formation des enfants. Ce n’est pas facile, j’en "bave" énormément. Mais je réussi à les intéresser et sans doute à les former.

Les premiers ateliers ont consisté à connaître le matériel informatique, et les fonctionnalités associés. Et depuis novembre 2002, nous sommes passés sur "machine", chaque enfant ayant la responsabilité de sa rubrique, ce qui, je pense les valorise.

Mais bon, ils font cela en temps hors scolaire, donc il faut les ramener à l’ordre assez souvent. Ce projet est réalisé grâce à la volonté de personnes intéressées par le devenir des enfants, malgré un faible participation financière.

En parallèle, j’anime un autre atelier correspondant à une initiative éducative de l’équipe pédagogique du groupe scolaire dans lequel j’interviens. Nous devons donner une forme multimédia à des fiches de lecture. Chouette idée ! L’ambiance est différente, les enfants sont à l’école, en temps scolaire.

Ces deux ateliers menés depuis sept 2002, permettent à des enfants en difficultés scolaires de bénéficier d’un apport important pour leur culture personnelle et surtout se sont généralement des enfants issus de milieu défavorisé ; Ils n’ont pas tous d’outil informatique chez eux.

Je vous propose en lien, la réalisation multimédia de l’année 2001/2002.

Merci d’avance pour vos commentaires !

 
Répondre
> Ateliers Multimédia, Tiresias, 16 janvier 2003
Un compte rendu problématique de ton action ferait un article intéressant, à mon sens. Si tu veux..
Répondre
> Ateliers Multimédia, Fatima, 20 janvier 2003
Je peux essayer de préparer quelque chose ... Mais il faut me laisser un peu de temps !
Répondre
> Ateliers Multimédia, Tiresias, 23 janvier 2003
Ah mais on a tout notre temps. Et si tu veux de l’aide, tu mets un premier jet en forum de validation et on en discute.
Répondre


> Eveil informatique en CE2
12 janvier 2003
 

nul nul nul ;; ;

comment enseigner aux enfants en regardant de loin ;; bravo les conseils du sage

Répondre


> Mon éveil informatique en CE2 à moi
6 janvier 2003, message de Thomas
 

Outre la question posée dans ce texte sur la façon d’enseigner/instruire/éduquer (choisissez) il y a aussi celle de la chose enseignée elle-même. L’informatique à l’école aujourd’hui, c’est apparement apprendre à des enfants à se servir de logiciels déjà existants... comme si on leur apprenait à lire mais pas à écrire ni à compter...

Moi quand j’étais petit (à l’époque des maths modernes et du plan informatique pour tous) on avait des MO5 en nanoréseau avec le langage de programmation LOGO. C’était vraiment bath le LOGO, pour dessiner un rectangle fallait s’arracher la tête, mais c’était tellement bon de commander une machine et d’en percevoir la fondamentale bêtise...

Est-ce que ça se fait encore, d’initier les enfants à la programmation ?

Répondre
> Mon éveil informatique en CE2 à moi, tOMAZ, 3 mars 2003

Salut Thomas,

Toi aussi, tu es une victime des cours de programmation. Personnellement, je crois me souvenir que j’ai eu mes premiers cours en cm1 ou cm2 sur des TO70 ou des MO5 reliés en réseau avec un Bull MISTRAL.

Je ne crois pas que l’on enseigne encore la programmation à l’école.

Si j’ai bien suivi, soit on leur enseigne des définitions par coeur, soit on leur enseigne comment se servir de Windows par Microsoft, en surfant sur Internet avec Internet Explorer par Microsoft, en écrivant des textes dans Word par Microsoft.

Bref, on leur apprend à retenir la marque qu’il conviendra de "conseiller" aux parents lors de leurs achats informatiques.

Tu ne veux tout même que ces pauvres enfants apprennent à programmer. Qu’ils soient initier au développement de programmes en GPL comme SPIP.

On voit bien ce que cela donne ce genre de choses... la preuve.

Répondre


> remonte à la source !
15 décembre 2002
 

les ordres et les programmes viennent du qui, des ministères...

croyez vous FRANCHEMENT que ces gens là sont calés open source, ou même informatique ? bon, les profs, qui reçoivent les ordres, ils sont pas plus cyber que vos parents. Et bien voilà le résultat ! parce que peut être vous croyiez que l’éducation nationale est constituée en majorité de précurseurs ???

Arrètons ce débat stérile ! Si vous avez un truc à dire, à apprendre, publiez le sur le web, les gosses le trouveront bien assez tôt !

 
Répondre
> remonte les bretelles , Tiresias, 15 décembre 2002

Arrètons ce débat stérile

Comme tu dis, d’ailleurs tu aurais dû ne pas commencer, ça éviterait de l’arrêter .. :). Venir dire une ineptie basique pour faire de la pub à son site, c’est assez stérile, effectivement. Tu veux qu’elle y trouve quoi, ma fille, sur ton web ? Un répertoire de fautes de français ou le lien vers le site porno ? Allez, ciao basta.

Répondre
> remonte les bretelles , 21 décembre 2002

Là je reviens dessus, et c’est vrai que c’est vraiment débile.

Allez je me mets une tape ! mais cependant j’en pense pas beaucoup plus sur le sujet. Question informatique, je ne sais pas trop si on peut en demander plus à l’école. çà me rappelle leur approche de la musique : c’est pas la flute à bec en plastique qui m’a fait aimer Mozart.

Pardon pour la pub, j’étais saoul...faut bien avouer que çà rend un peu idiot. Celà dit, faut savoir ce qu’on veut. Ta fille, elle tape www.google.fr, et je te le dis, il y a nettement plus de fautes d’orthographes et de sites porno. Après il y a les filtres parentaux, mais je ne suis pas certain de leur efficacité.

Bon pour développer un peu mon idée stérile ( qui paragraphe ton texte en le résumant ), les gosses s’éveillent bien plus seuls devant un ordi qu’avec des profs qui leur expliquent le fonctionnement interne d’une souris. c’est l’informatique qui veut çà, la plupart de ce qu’on y apprend, c’est par soi-même qu’on le trouve.

Logiquement, l’éducation devrait donner une aide très pratique à l’approche de l’ordi et du web, à lieu de théories académiques. Mais bon tout le monde le sait, ils ont toujours quelques trains de retard. Après il faut en appeller au bon sens et à l’initiative du prof, qui n’est malheureusement pas toujours là.

Va t on révolutionner tout çà ? creusez vous, creusez vous.

Moi Je m’arrêtes là. je ne suis ni un intellectuel de gauche, ni un enseignant, ni un parent d’élève actif et surtout çà me fatigue.

 
Répondre
> remonte les bretelles , 23 décembre 2002
Tiens, la revoilà la vieille chanson : on n’apprend plus et mieux tout seul qu’avec des profs débiles qui ne savent que compliquer les choses. T’as rien trouvé de plus neuf (et de moins bête ?)
Répondre
> remonte les bretelles , Sam, 23 décembre 2002

> [....] on n’apprend plus et mieux tout seul qu’avec des profs débiles qui ne savent que compliquer les choses.

... à supposer qu’ils les aient eux-mêmes comprises.

C’est dur à confesser, mais ne vous est-il jamais arrivé de penser que ce n’était pas toujours inexact ?

Répondre
> remonte les bretelles , 23 décembre 2002

"ne vous est-il jamais arrivé de penser que ce n’était pas toujours inexact ?"

Tu me retournes la tête là !

Traduction de ta question : m’est il arrivé de penser que c’est parfois vrai ?

Ben oui. Mais pour moi çà sort tout seul, pas de difficultés particulières à le confesser. çà doit pas être à moi que tu parles ! Tu dois plutôt VOULOIR poser cette colle à des profs qui s’obstinent aveuglément à défendre leur beeftake. Enfin je ne comprends pas. Peux tu développer un peu ? Vous êtes tous si ésothériques !

Répondre
> remonte les bretelles , 23 décembre 2002

excuse ma prestation d’homo erectus, hooo toi le grand intello !

La vieille chanson, elle est pas de moi, c’est l’éducation nationale qui me l’as mise en tête.

Mais as tu lu ? Je récapitule :
-  cet "adage" s’applique particulièrement au domaine informatique. Hey oui, l’info, c’est pas l’orthographe, la grammaire, ni les tables de multiplications et leurs règles bêtes et méchantes. L’as tu compris ???

Répondre
> remonte les bretelles , Sam, 23 décembre 2002

Et profitions de l’occase pour rappeler le vieil adage "Lorsqu’on ne sait pas faire quelque chose, on l’enseigne", lequel a depuis quelques dizaines d’années une suite "... et lorsqu’on ne sait pas l’enseigner, on fait de la pédagogie".

Notons par ailleurs qu’il ne faut plus s’étonner de rien, en cette époque de rêve où vous prenez douze clampins, de préférence légèrement illettrés, vous les mettez trois mois dans une baraque surveillés par quelques pions du genre casse-couille, et vous en faites des vedettes du spectacle ou de la chanson, pas plus mauvais que ceux qui nous bassinent tout au long de l’année.

Ne doutons pas que grâce aux talents de la nouvelle pédagogie (cf svpra), il sera avant peu aussi aisé et rapide de former des neuro-chirurgiens, des jésuites diplômés ou encore des prix Nobel de physique.

Répondre
> remonte le niveau, Jedi , 24 décembre 2002

Ces derniers messages ressemblent aux dernières gouttes d’une éjaculation : on y ressent la fin d’un cycle et la finitude du plaisir ...

Putain merde les mecs, un peu de style !! Ayez au moins l’amabilité de lire les posts ci-dessous afin d’éviter de faire des redites lourdes de 22 tonnes.

C’est triste la fin d’un forum, non ? Bonne fêtes les gens !!!

Répondre
> remonte le niveau, Sam, 24 décembre 2002
Si c’est pour moi, je les ai tous lus depuis le début. Par ailleurs, je n’ai pas honte de dire, et de répéter, que je suis consterné par l’extraordinaire succès auprès de nos semblables de foutaises telles que Star Academy ou encore des émissions de jeu télévisés, qui montrent le mépris dans lequel sont tenus le savoir (véritable, pas la couleur du cheval blanc d’Henri IV ou le prénom de la vache dans "la Vache et le prisonnier") et la connaissance. Il me semble que ces choses ne sont pas sans rapport avec l’enseignement, et donc avec l’exposé ci-dessus et le débat.
Répondre
Arrête, tu te fais du mal !, masked avenger, 24 décembre 2002

On le sait bien, et çà risque pas d’aller en s’arrangeant : le succès national d’un produit ne tient qu’à sa médiatisation. Tout pousse les grandes firmes à cultiver l’amnésie et la bétise, car c’est la manière la plus efficace de récolter l’argent, et en plus ils ne semblent pas rencontrer d’opposant à la hauteur.

Tiens tiens, c’est bien curieux d’ailleurs, dans le pays de la banane...eu liberté d’expression pardon.

Oui il faudrait peut être faire quelque chose, si on veut pas finir par voir débarquer des pubs m&ms dans les bouquins d’histoire.

On pourrait proposer un quota de culture et de "pas cucul" sur les télés et radios. Des volontaires pour affronter la presse, le CSA, les entreprises, le gouvernement, le FBI, les martiens, terminator... ?

Je précise : des volontaires riches, car la seule chance de réussir serait de glisser billet plus gros que nos concurents. Ha mais zut, si ils sont riches, ils sont déjà vendus. D’ailleurs on finirait sans doute par l’être aussi, si on monte un lobby.

Cette aventure m’interresse, ( mais je suis fauché. )

Répondre
> PS, Sam, 24 décembre 2002

Et si vous avez des enfants ou des élèves (voire les deux), vous devez savoir comme moi que la véritable pédagogie consiste à répéter cent fois la même chose...

A part ça, joyeux Noël à tous.

Répondre
> PS, le vengeur masqué, 24 décembre 2002

Et çà ici, on ne le répètera jamais assez !

joyeux à tous !

Répondre
> remonte le niveau, Sam, 24 décembre 2002

Désolé d’avoir, à mon insu, rabaissé le niveau de ce forum. Je me dois, par conséquent, d’en rajouter une petite couche/louche un peu plus chiadée. Au turf, donc.

Voici : le savoir dissimulé derrière la liste de définitions données à retenir à l’héritière de celui qui se fait appeler Tirésias est un savoir du plus bas niveau : un savoir de type accumulatif.

Et de surcroit exprimé dans un jargon aussi abscons que prétentieux, et en fin de compte imbitable.

Un enseignement un peu moins con eût cherché, et par la pratique, à donner la maîtrise des outils décrits. Ou encore en eût tiré parti pour expliquer leur fonctionnement.

Et cela rejoint ce que je disais des jeux télévisés ("C’est mon dernier mot, Jean-Pierre"), qui ne font appel qu’à ce type de savoir, accumulatif.

Et j’ajoute une dernière source d’étonnement, toujours renouvelé, mais qui est cette fois-ci hors sujet : lorsque le candidat, sec, répond au hasard, et que celui-ci lui est favorable, l’assistance ne manque jamais d’applaudir.

Autant applaudir le fait qu’il y ait généralement des gagnants au Loto ou au Tac-au-Tac !

Sur ce et au risque de paraître me répéter : joyeux Noël à tous.

Répondre
> remonte le level, Jedi, 24 décembre 2002

"Comme tu dis, d’ailleurs tu aurais dû ne pas commencer, ça éviterait de l’arrêter .. :)."

PARDON ?? c’est lui qui lance un débat "stérile" ??? Il me semble plutôt que c’est toi (par ton article) qui jette à la fosse l’éducation nationale, ensuite les mécontants ne font qu’applaudir de leurs mains pleines de fautes d’orthographes, et c’est le moment que tu choisi pour revenir au secour du système qui vaut, d’après toi, toujours mieux que d’entendre des "incultes" s’exprimer.

Un proverbe chinois inventé pour l’occasion :"Qui veut gagner la bataille comptent ses forces."

Répondre
> remonte le level, bébert, 24 décembre 2002

ba koua on ai en daimocrassi. ya pakeu lles deu pourcen de gen trai cultivé et rishe ki on droi ala paraule !

non mè !

Répondre
> remonte le nivo, Jedi, 26 décembre 2002

"ba koua on ai en daimocrassi. ya pakeu lles deu pourcen de gen trai cultivé et rishe ki on droi ala paraule ! "

> Un bel effort, mais encore de tros nombreuses fautes !! Tu me copiras 20 fois ce passage en vrai écriture de prolo :

"Ba koi on é en démokraci. Ya pa ke lé 2 pour 100 2 gen tré kultivé et rich ki on droit a la parol !"

(à faire signer par les parents)

Répondre
> remonte le nivo, tchiko, 26 décembre 2002

Hey toi tou veu mé cacher mon bijnèsh ou koish ?

Les textosh, shé jeun ché funch, shé rigolosh, et bientosh, çà sera dans l’dicosh !

Répondre


> Eveil informatique en CE2
9 décembre 2002, message de Madelin
 

Cet article produit un grand écho dans ma tête (57 ans, membre démissionnaire du Conseil National de l’Innoovation pour la Réussite Scolaire, animateur du centre de ressources pour l’éducation prioritaire de l’académie d’Amiens (http://www.ac-amiens.fr/cr-aeemd), enseignant de mathématiques. J’y perçois en écho les aberrations de l’enseignement des "mathématiques modernes". Par manque de formation des maîtres et des Inspecteurs toutes catégories sur l’essence de cette réforme, on a tué un puissant moyen de faire rentrer les apprenants dans l’univers des mathématiques "modernes", modernes par ce que c’était la façon de ce temps, encore valable aujourd’hui, de s’imprégner des concepts mathématiques d’aujourd’hui et non de fabriquer des générations de chiens savants qui assimilaient l’idée riche de "relation" à une définition apprise par coeur et vide de sens et n’ont jamais vraiment pu pénétrer dans la richesse intellectuelle et pratique de l’univers des mathématiques. J’ai bien envie de mettre un lien vers votre site dans nos "nouvelles électroniques" qui sont envoyées chaque mois à plusieurs centaines d’acteurs directs ou indirects de l’éducation prioritaire.

Dominique Madelin ce.craeemd@ac-amiens.fr

 
Répondre
> Eveil informatique en CE2, Tiresias, 9 décembre 2002

Me corriger si je me trompe, mais il me semble que l’enseignement des maths à partir de la théorie des ensembles n’a duré qu’une dizaine d’années dans le primaire, grosso modo les gens qui ont 26/36 ans actuellement, et qui ne sont pas moins bons scientifiques que leurs prédecesseurs. Enfin, pour ceux qui sont scientifiques, pour les autres je n’ai pas trop d’idée.

L’affaire de l’informatique va durer plus que ça, comme l’affaire de l’anglais précoce aux gosses qui, pour certains, ne savent pas identifier un verbe dans une phrase en fin de primaire, situer Louis XIV par rapport à la préhistoire, ou résoudre un "problème" simple (dont pourtant ils ont la définition :). On finira donc par avoir des maîtres convenablement formés.

Reste à savoir si la chose est aussi porteuse, dans la formation intellectuelle, que les acquisitions génériques des ex "maths modernes". Certainement pas, à mon sens, mais la part de l’école dans les apprentissages fondamentaux s’évaporant progressivement, il est bien difficile d’anticiper...

Répondre
> Eveil informatique en CE2, 6 janvier 2003

Certainement pas, à mon sens, mais la part de l’école dans les apprentissages fondamentaux s’évaporant progressivement, il est bien difficile d’anticiper...

Et ce d’autant plus que dans un contexte de libre circulation des personnes et d’équité des chances au niveau européen, toute école nationale publique se trouve en concurrence de fait avec celle du voisin, en théorie dans l’intérêt collectif. Donc, qu’importe ?

Répondre


> Gruge
5 décembre 2002, message de Tiresias
 

J’étais loin de penser que ça interesserait sur les divers plans évoqués dans les posts précédents (sinon, j’aurais développé). Tant mieux. Je rajoute quelques infos d’aujourd’hui. Titine dit s’ennuyer à mourir dans son CE1/CE2 à 28 avec une seule machine, et je trouve dans son "cahier de mémoire" (ça s’appelle comme ça) la définition de ce qu’est "un problème de mathématique", en date du jeudi 8 décembre :

un problème mathématique est un énoncé contenant des informations (...)et des questions aux quelles (sic) ont doit répondre en utilisant les informations.

Il faut trouver les élements de réponse, traduire toutes les informations nécessaires en opérations mathématiques, valider et vérifier son travail

Titine, à ce jour , n’a pas encore fait d’opérations (c’est à dire pas fait, donc, depuis juin, fin de son CE1), l’opération étant une pièce non négligeable de la compétence mathématique... Dois je lui faire apprendre par coeur la définition du problème ?

La semaine dernière, contrôle d’éveil musical, il fallait savoir que le piano est un instrument à corde frappée, et le clavecin à corde pincée. Elle a eu bon, je ne me suis pas fait engueuler d’avoir mal appris, mais ça, c’était pas dur. C’est quoi cette affaire où je fais l’instruction et l’école l’évaluation ??? Y’a gruge !

Répondre
> Gruge, 5 décembre 2002

Un témoignage d’enseignant pour attirer votre attention sur la politique d’enseignement actuel.

Le niveau baisse sans cesse, et les nouvelles réformes ne cessent de diminuer le contenu de l’enseignement, en le remplaçant par un apprentissage de méthodes sans contenu.

Ils sont sensés écrire sans apprendre la grammaire, penser en étant privés de culture, calculer sans connaître les quatre opérations, etc...

Tout ceci fait partie d’une politique volontaire dont les résultats (catastrophiques) justifient les nouvelles réformes visant à baisser le niveau.

Gruge de l’école ? NON. SCANDALE.

Par la négation de l’accès à la culture, les heures de vie de classe, de pseudo-débats sans connaissances préalables, d’apprentissage à apprendre (et non d’apprentissage tout court), on vise à créer une pensée non alimentée, qui tourne à vide, à destructurer l’individu, à lui refuser les moyens de réfléchir sur le monde, et donc... de contester.

Si vous n’êtes pas au courant, la réforme Allègre (restée) remplace, au BAC, l’argumentation par la rédaction d’imagination du collège ! Vous ne rêvez pas.

Il y aurait des tonnes de choses à dire. Par exemple, que l’introduction de l’informatique en primaire a pour but l’asservissement à l’ordinateur (notamment à l’informatique déloyale) et à faire du commerce (but avoué dans les textes de l’OCDE, dont les grands traits étaient répétés par Allègre). Mais aussi à permettre la cybersurveillance généralisée.

De nombreux enseignants tentent de se révolter, mais on nous marginalise, dans la mesure où toute pensée opposée aux réformes européennes (dites nouvelles) devient une pensée vieux-jeu dans la bouche des médias étatiques.

Nous luttons pour une école vraie, où un diplôme ait de la valeur, où les élèves reçoivent un enseignement véritable qui leur permettent de structurer leur pensée ; il ne s’agit pas de retour en arrière, mais de plaidoyer pour un dégagement de l’école de la politique économique européenne qui renforce les inégalités sociales sous prétexte de les atténuer, et qui aliène l’individu pour faciliter la mise en place d’une société digne de 1984.

Voyez le site très sérieux (auquel je ne participe d’ailleurs pas, faute de temps) http://sauv.net > des LIENS TRES NOMBREUX ET TRES SERIEUX (tous les niveaux sont concernés)

> des analyses qui recherchent l’objectivité

Nous menons le même combat.

N.B. votre fille est confrontée, si je ne me trompe pas, aux "Itinéraires de découverte", une invention très critiquée par les enseignants (du moins ceux qui acceptent de voir et de lutter).

N.B.2 Heureusement, il semble qu’il y ait enfin un peut de changement (très récent) : http://membres.lycos.fr/sauvonsecole/communique%20de%20presse%20du%2028%20nov%2002%20ministere.htm Reste à voir si l’évolution sera réelle.

 
Répondre
> Gruge (ou ça se corse), Sam, 12 décembre 2002

Oï !

> un problème mathématique est un énoncé contenant des informations (...) et des questions aux quelles (sic) ont doit répondre en utilisant les informations...

Bigre !

> [...] il fallait savoir que le piano est un instrument à corde frappée, et le clavecin à corde pincée.

Je suppose qu’on a pris soin de ne jamais lui montrer de clavecin, même en photographie, ni surtout de lui en faire écouter le son, par quelque moyen que ce soit.

N’est-ce pas ?

Répondre
> Gruge (ou ça se corse), Tiresias, 12 décembre 2002
Non mais on lui a dit que JS Bach a eu 23 enfants, et où sont situés les divers instruments dans un orchestre symphonique. Elle sait aussi que dans les travaux de rédaction libre, les fautes d’orthographe "ne comptent pas". Elle sait plein de choses utiles à sa formation intellectuelle, mais pour la différence entre la grenade à fragmentation et celle à effet de souffle, il va falloir que je m’y colle moi même, l’école ne peut pas tout faire. En revanche pour le dessin, pas de problème, ceux qui ont fini ont le droit de dessiner, on fabrique de futurs grands graphistes, vu la production impressionnante des gamines. Mais tout va bien, l’attention personnalisée est effective à la cantine, ce midi, comme elle n’avait pas envie de la viande, on lui a demandé si elle était juive ou végétarienne... Impec, j’en veux pas à l’école, elle me fournit toutes les occasions d’apprendre des choses à ma fille... :)
Répondre
> Titine, Sam, 16 décembre 2002

> [...] on lui a demandé si elle était juive ou végétarienne...

Notons que, strictement, rien n’interdit d’appartenir aux deux écoles.

Répondre
> Titine, Forth, 5 janvier 2003
il n’était pas précisé si "l’opération logique" OU était inclusive ou exclusive ( tous à vos patatoïdes )
Répondre
> Titine, Sam, 6 janvier 2003

> (tous à vos patatoïdes)

Ne conviendrait-il pas de dire plutôt "patagones" réservant le terme patatoïde (éventuellement de révolution) aux figures tridimensionnelles ?

(* On commence par se faire maître et on finit enseignant *)

Répondre


Profs, changez tout !
4 décembre 2002, message de Walk (copID)
 

Original de faire deviner un mot compliqué en listant des mots encore plus compliqués...

Effectivement seul le par-coeur est sollicité ici. C’est une belle caricature de ce que l’enseignement produit malheureusement de pire depuis que les profs se reproduisent par mariages consanguins (les premiers de la classe deviennent des profs, et ainsi de suite). Heureusement que certains passent à travers les mailles de la machine à ségrégationner des élites sociales en tous genres. Et merci à eux d’exister et d’entretenir l’espoir.

En ce moment je fais du "singe voit singe fait" pour fournir aux "nuls" des outils de publication dignes de ce nom au plus possible d’ignares en informatique. J’ai longtemps pensé que cette méthode était la planche de sauvetage un peu imbécile des auto-didactes. Aujourd’hui je me dis que c’est le meilleur instrument de l’efficacité pirate.

Normalement je déteste le "par coeur", j’ai choisi pour ça des études où l’allergie au "par coeur" n’est pas éliminatoire. Comme on l’a signalé, c’est un outil d’élimination inepte de ceux qui ont vraiment quelque-chose à apporter (de différent) à la société. D’ailleurs la matière juridique, reine du "par coeur" plus que les maths, est faite pour laminer tout ce qui dépasse des places acquises.

Je déteste la mémoire morte, un livre, un CD sait faire ça, ce n’est pas pour l’humain. Ce qui lui convient c’est de savoir mener un raisonnement déductif, baliser un chemin de découverte de solution. Que de la dynamique, rien de statique.

Retenir des raccourcis de clavier est une ineptie, la souris associée aux menus contextuels mettra ça à la poubelle (sauf pour les pros qui auront productivité à savoir se comporter comme des machines).

Les sigles sont des instruments productivistes de sectarisation élitistes, rejet des autres.

L’humain peut voir dans le robot ce qui ne devrait pas être dans la nature humaine.

J’ajoute aujourd’hui :

Le prof ne devrait développer chez ses élèves que ce qui ne relève pas du robotique, le reste est perdu pour l’humanité.

 
en ligne : Ame_r_Atoll
Répondre


> Eveil informatique en CE2
3 décembre 2002, message de Mathieu
 

Quelque chose dans cet article m’échappe : pour faire des mathématiques, il faut bien apprendre par coeur quelques définitions, et quelques théorèmes. Si on ne sait qu’appliquer les théorèmes, on risque de :
-  être perdu dès que la situation est tant soit peu complexe ;
-  dire des choses fausses si on ne connaît pas par coeur les hypothèses, et donc les définitions implicites.

Mais peut-être que l’exemple automobile est plus parlant : entre l’automobiliste qui dit « ma voiture ne démarre pas » et celui qui est capable de dire (parce qu’il sait un peu comment cela fonctionne) « ma batterie est à plat », devinez lequel sera le plus rapidement dépanné, et pour le moindre coût, à panne identique ?

Autre exemple très concret : on ne demande pas à un pilote de ligne de savoir construire un réacteur. mais on lui demande de savoir comment il marche, ie la théorie qui préside à cette construction. Et donc de reprendre tes exemples : le tireur a des notions théoriques de balistique, le cavalier de soin des animaux, l’écrivain de grammaire. Ce sont des compétences différentes, certes, mais liées : on ne va pas loin, sauf génie particulier avec de la pratique sans théorie.

Dès lors, il n’est peut-être pas inutile que les élèves de CE2 apprennent quelles sont les différentes parties d’un oridinateur, et comment elles s’organisent physiquement. Face à un ordinateur qui rame, ils sauraient ainsi qu’il suffit souvent de vérifier l’utilisation de la RAM, celle du processeur et l’emcomnbrement du réseau pour identifier le problème. Cela demande de la mémoire, du bête par coeur ? L’apprentissage d’instruction, de procédures et de raccourcis clavier aussi. Doit-on les condamner, et ne faire que du Microsoft ou de l’Apple ?

Répondre
> Eveil informatique en CE2, serge, 3 décembre 2002

Certes la technique sert. Mais est-ce de la technique de savoir ce qu’est ce petit dispositif électronique de commande, manuel et mobile. Il sert à pointer sur l’écran un point d’image à traiter ? Pour moi, c’est de l’explication de texte...

Il est nettement plus pratique de savoir ouvrir la souris pour la nettoyer, ou d’ouvrir le panneau de configuration pour régler sa vitesse.

Répondre
> Eveil informatique en CE2, serge, 3 décembre 2002

À ajouter cette manie de traduire en français. T’as écris RAM, honte à toi !

Je me souviens d’un cours d’informatique dans ma jeunesse où on l’étudiais la MEV (MEmoire Vive ou RAM) et la MEM (MEmoire Morte ou ROM). :-)

PS : Je ne citerai pas cette école d’ingénieur.

Répondre
> Eveil informatique en CE2, Mathieu, 3 décembre 2002

Cette définition est certes complexe, mais elle a au moins le mérite de souligner que la souris n’est qu’un des périphériques d’un ordinateur, et qu’elle n’est pas indispensable à son utilisation, voire qu’elle fait perdre du temps (en particulier dans les éditeurs et traitement de textes).

Ce n’est donc pas en l’occurence de l’explication de texte (il faudra que tu m’expliques ce que cet exercice a de péjoratif, je suis un littéraire), mais une explication technologique : cette définition dit précisement quelle est l’utilité de la souris. À partir de là, et de là seulement on peut commencer à discuter de son utilisation (demande ce qu’en pensent respectivement des utilisateurs de Xemacs et de vi, pour voir).

Quand à l’ouvrir et la nettoyer (ce qui n’est pas forcément trivial pour des souris optiques), cela se trouve dans le manuel d’entretient. De même pour le panneau de configuration : il y a une aide en ligne ou un manuel ou une doc pour cela. L’intérêt de l’exercice est d’apporter une connaissance ou une distance que ne donnent pas ce type d’aides.

Pour moi, il s’agit d’un recul findamental, qui aide à poser de bonnes questions, par exemple différencier ce que je vois sur mon moniteur et le fichier lui-même, mes instructions et la façon dont elles sont exécutées par la machine, toutes distinctions qui permettent de faire un usage pertinent de l’informatique. internet serait certes plus utile si une foule de concepteurs de sites et autres pages personnelles s’étaient posées la question avant.

L’enjeu, il me semble, est de savoir si on veut former de clients à l’intention de Microsoft et d’Apple, ou des utilisateurs qui auront des bases minimales pour affronter les OS libres, fussent-ils clicodromiques.

Répondre
> Eveil informatique en CE2, serge, 3 décembre 2002

Ce qui est reproché (aussi bien dans mon intervention que l’article lui-même), c’est l’approche "définition à apprendre par coeur" de l’examen.

Tout gamin qui a un tant soit peu manipulé sait ce que c’est une souris (bien certains l’appellent mulot...).

le Un petit dispositif électronique de commande, manuel et mobile. Il sert à pointer sur l’écran un point d’image à traiter. est une définition indigeste, genre terme juridique.

Répondre correctement à cette question tient plus de l’apprentissage par coeur, que de l’informatique, ou même du français.

D’ailleurs elle est fausse. Analysons :

  • "Un petit dispositif" : On peut avoir des grosses souris, pour les enfants par exemple, ou les handicapés, et pourquoi pas, les éléphants.
  • électronique : Sera peut-être purement optique dans quelques années, voire à neutrinos. Rien d’électronique spécifiquement
  • Manuel et mobile. On peut imaginer une souris commandé par les pieds (ou les oreilles).
  • Il sert à pointer sur l’écran. On peut très bien l’utiliser en aveugle, ou sur un dispositif d’affichage qui n’est pas un écran.
  • Un point d’image à traiter. Il est relativement rare, que l’on s’en serve pour de la retouche d’image ! 90% du temps ça sert à lancer des commandes au système, pas à dessiner !

Donc un zero pointé pour l’auteur du questionnaire.

Répondre
> Eveil informatique en CE2, Mathieu, 3 décembre 2002

C’est amusant, ton message pointe justement les carences de réflexion que je dénonce. En particulier
-  le fait que la souris est un dispositif spécifique : un pointeur immobile, cela peut être une table traçante ou un crayon optique ;
-  mais surtout, la souris ne lance *aucune* commande système. Elle traite un point de l’interface graphique de ton OS, point qui appelle une commande système. Ce n’est donc pas anodin de souligner que ce qui s’affiche à l’écran n’est qu’une _image_ générée par l’interface graphique, et donc que les disfonctionnements ne sont pas à chercher dans cette image, mais derrière.

Je passe sur le reste de ton coupage de cheveux en quatre, tes objections étant trivialement fausses et de mauvaise foi, puisqu’il s’agit de définir la souris telle qu’elle existe actuellement : c’est bien petit (au regard de la taille du moniteur, par exemple), électronique (à moins que tu n’ai aucun composant électronique dans ta souris, auquel cas tu peux faire fortune) et manuel.

Je voudrais te poser une question : Quel est le problème avec l’apprentissage par coeur de définitions ? C’est le fonctionnement normal de l’apprentissage de toute science.

En parlant de science justement, je voudrais souligner que ta phrase « Tout gamin qui a un tant soit peu manipulé sait ce que c’est une souris » est une horreur pour tout scientifique normalement constitué. En effet, la science repose sur le questionnement de ces notions usuelles, qu’il s’agit de définir présément pour avancer. Tout le monde sait certes ce que c’est que la gravité : c’est ce qui fait que les objets tombent. Mais si on n’en reste là, pas de Newton, pas de satellites, etc.

La meilleure preuve de ce que j’avance, et de l’utilité de l’apprentissage de cette définition, reste ta propre réponse : tu confonds l’objet (souris) avec d’autres objets, et tu confonds sa fonction (pointeur dans une interface graphique) avec le traitement qu’en fait cette interface (appel de commandes système).

D’ailleurs, soyons honnêtes : qu’on ne me fasse pas croire qu’un peu de logique ne suffisait pas à trouver ce à quoi revoyaient ces définitions. Je trouve cet exercice hautement éducatif, puisqu’il amène à prendre de la distance avec ce qu’on utilise, et oblige à analyser les fonctions des diverses composantes d’un ordinateur. Non, cet exercice ne relêve pas du par coeur (que par ailleurs je ne condamne pas a priori), mais de l’analyse, donc de la logique.

Répondre
> Eveil informatique en CE2, serge, 4 décembre 2002

Je cite : "Je voudrais te poser une question : Quel est le problème avec l’apprentissage par coeur de définitions ? C’est le fonctionnement normal de l’apprentissage de toute science. "

C’est le problème de l’abrutissement des masses.

Apprendre par coeur des choses que l’on n’assimile pas, c’est équivalent à apprendre des sourates du coran (ou des versets de la bible, ne soyons pas sectaires), et plus tard obéir aveuglément à un ayatollah (ou rabin, ou curé, ne soyons toujours pas sectaires).

Répondre
> Eveil informatique en CE2, Mathieu, 4 décembre 2002

Tu ne réponds pas à ma question, et tu tentes de l’éviter par un troll baveux.

Je répète : quel est le problèm de l’apprentissage par coeur de *définitions* ?

Apprendre par coeur ne signifie pas, comme tu essaye de le suggérer, ne pas comprendre. Seulement, connaître la définition est le prérequis à la compréhension.

Les exemples que tu cites ne font qu’ajouter de l’eau à mon moulin, dans la mesure ou il s’agit d’apprentissage par coeur de _résultats_ et de _propositions_ qu’un minimun d’esprit critique permettrait de contester à condition de savoir de quoi on parle, ie de connaître la définition des termes employés.

J’ajoute que je m’étais délibérément placé dans le champ scientifique, et que donc tu éludes délibérément ma question (je j’avais posée dans mon premier message, il me semble).

Répondre
> Eveil informatique en CE2, AL, 3 février 2003

Je ne voudrais en aucun cas paraître polémique, mais ce que vous dites me choque profondément.

J’ai fait des études scientifiques. Taupe, école d’ingénieurs (2 + séjour dans une université anglaise et en Allemagne). JE N’AI JAMAIS APPRIS PAR COEUR QUOI QUE CE SOIT DE SCIENTIFIQUE. JAMAIS.

Lu et retenu après avoir compris, oui, appris par coeur, non. D’où la distance à laquelle je me suis tenu de la chimie, d’ailleurs. Par contre, j’ai appris des pièces de théatre et des citations de Beaudelaire et de Racine avec beaucoup de plaisirs par coeur.

Le programme de terminal en physique se résumait il y a 15 ans en 4 formules tenant sur un carré de 2 x 2 cm de papier. Le par coeur est l’inverse, le contraire, le complémentaire, de tout apprentissage scientifique.

Une définition n’est rien, cent définitions différentes d’une souris sont possibles. Celle là en vaut une autre. Elle ne mérite pas d’être apprise. Retenue et comprise, oui. La définition proposée s’applique d’ailleurs aussi à un trackball (une souris retournée dont on manipule la boule).

Répondre
> Eveil informatique en CE2, Sam, 5 décembre 2002

Je vous cite à mon tour :

"mais surtout, la souris ne lance *aucune* commande système. Elle traite un point de l’interface graphique de ton OS, point qui appelle une commande système..."

Certainement pas, vous êtes à votre tour abominablement simplificateur et recourez au symbolisme déplacé que vous dénoncez : la souris en fait roule sur la table ce qui actionne des molettes, lesquelles agissent sur des flux d’électrons se baladant dans son fil, ce qui produit..., etc., mais il est aussi insensé d’affirmer qu’elle traite un point de l’interface graphique que de déclarer qu’elle lance une commande !

Notez que je vous fais grâce des quarks sous-jacents et de diverses autres choses encore.

Une dernière question, ne seriez-vous pas l’auteur des questions de l’interro de la petite Irresponsable que vous paraissez si soucieux de justifier ?

Répondre
> Eveil informatique en CE2, TranscendZ, 6 décembre 2002

Effectivement, la souris n’est rien si aucun traitement n’est effectué côté électronique pour traduire les coupures du faisceau lumineux en signaux indiquant le mouvement à donner au pointeur (ou à d’autres éléments, dans un jeu par exemple).

OK, mais quel intérêt ? Si l’on ne simplifie pas à un moment donné, quasiment personne ne serait capable de démarrer sa voiture ! Par ailleurs, le par-coeur n’est pas forcément mauvais si on lui adjoint la réflexion et la maîtrise : regardez les arts martiaux, n’y a-t-il point dans ceux-ci un par-coeur devant être sublimé pour arriver à la maîtrise ?

Répondre
> Eveil informatique en CE2, Sam, 8 décembre 2002

> Effectivement, la souris n’est rien si aucun traitement...

Merci pour cette confirmation.

> OK, mais quel intérêt ? Si l’on ne simplifie pas...

Aucun intérêt, si ce n’est de montrer qu’il n’était pas déraisonnable de déclarer que la souris permet dans lancer des commandes (cqfd).

> Par ailleurs, le par-coeur n’est pas forcément mauvais...

Je partage cette opinion, en particulier en ce qui concerne la liste des départements (avec numéros minéralogiques et préféctures), ou encore les fables de La Fontaine. Ces exercices ayant en outre le mérite de développer la mémoire, sans laquelle nous serions à l’état de légume.

Répondre
Erratvm 2, Sam, 9 décembre 2002
PréfEctures !!!
Répondre
Erratvm, Sam, 8 décembre 2002

> Une dernière question, ne seriez-vous pas l’auteur des questions de l’interro de la petite Irresponsable...

Désolé, ce n’était pas une petite Irresponsable qui s’était cogné cette interro, mais la jeune Titine, élevée à la mamelle de Tirésias !

Pardon, donc !

Répondre
> faut pas rêver , Jedi, 3 décembre 2002

Les cours d’info évoqués dans cet article m’ont tout l’air d’être de la branlette technico-lettreuse, benoitement prodiguée par des profanes plus prompts à décapuchonner un bic rouge qu’à débuger un code.

Pourquoi pas des définitions de 10 lignes à apprendre par coeur du "crayon", ou de la "feuille", ou de "l’endroit sur lequel on posse ses muscles fessiers en position dite assise, afin de soulager une éventuelle fatigue physique généralisée de l’enveloppe corporelle etc etc ..." ??

Pour rester dans la thématique "pratique sans théorique ne casse pas des briques", souvenons nous de ces moments fatidiques où l’enseignant™ était dans l’incapacité notoire d’allumer un magnétoscope, ou de regler convenablement un retroprojecteur, bref de se dépétrer du moindre "problème technique".

C’est cette personne qui est sensée apprendre à la jeune génération l’usage d’une informatique citoyenne et populaire (et trop bien gaulée) ??? Hein ??? Bien sûr que non, l’expérience et la vivacité cérébrale caractéristique de la jeunesse suffiront à accomplir ce noble dessein.

L’enseignant™ lui, continura de faire joujou avec son programme carrement pas open source.

Répondre
> Eveil informatique en CE2, James, 3 décembre 2002

Tout d’abord, mes féliciations à Titine pour ses compétences en ’informatique’ bien meilleures que celles de la maîtresse, à n’en pas douter ;) (ou ! pour les non-utilisateurs de smileys)

Ma première remarque sera sur l’inadéquation entre les termes du questionnaire et l’âge des enfants interrogés : pourquoi les faire jargonner dès 8 ans ? C’est là que ça pêche, à mon avis. Pourquoi un contrôle écrit pour quelques termes de vocabulaire, on se croirait dans un examen de certification Microsoft...

Ensuite : ’Il faut bien apprendre par coeur quelques définitions...’ Non ! Il faut comprendre et expérimenter. Nom d’une pipe, depuis quand la mémoire est-elle le critère numéro un pour faire un ’penseur’ ? L’école n’ a-t-elle donc pas évoluée depuis Jules Ferry ?

Enfin : La mesure d’un enfant quant à l’usage d’un outil, tel qu’un ordinateur, doit-elle se résumer à un simple jeu de questions/réponses qui, en fait, met en jeu des compétences liées à la langue française ?

Répondre
> Eveil informatique en CE2, 4 décembre 2002

> Non ! Il faut comprendre et expérimenter.

On ne peut pas tout apprendre par l’expérimentation. Sûrement pas les mathématiques (et c’est de cela que je parlais d’abord), dans la mesure où les concepts utilisés ne sont pas expérimentaux.

En sciences expérimentales justement, l’expérience ne vien que pour infirmer ou confirmer un modèle préalablement construit, modèle _théorique_, donc formé de concepts dont il faut maîtriser la définition, ce qui implique de la savoir par coeur.

Oui, l’école a évolué depuis Jules Ferry. Au lieu de donner aux enfants des réponses toutes faites, on leur apprend à appliquer cette démarchescientifique, dont l’élement premier est de tâcher de définir ce sur quoi on travaille, et de ne pas se contenter de notions floues. La mémoire n’est pas le critère numéro un. Elle est simplement un prérequis indispensable au même titre que la logique.

Je voudrais en outre souligner la différence qu’il y a entre jargon et vocabulaire technique. Le premier exprime de manière inutilement compliqué des choses simples. Le second sert à désigner précisément ce dont on parle.

Je me demande si à la racine de cette discussion, il n’y a pas un contresens sur l’idée de cet exercice. Il s’agit, il me semble, d’un exercice de méthode ayant pour thème, voire pour prétexte, un ordinateur, et sans doute moins un exercice portant sur l’ordinateur per se.

Répondre
> Eveil informatique en CE2, kevin, 4 décembre 2002

>On ne peut pas tout apprendre par l’expérimentation. >Sûrement pas les mathématiques (et c’est de cela >que je parlais d’abord), dans la mesure où les >concepts utilisés ne sont pas expérimentaux.

On parle de gamins de 8ans !!! Pour ce qu’on leur demande (devrait leur demander) l’experimentation plus ou moins guidée me parait largement suffisante et beaucoup plus indiquée.

D’accord, l’experimentation devra un jour etre en partie remplacée par la theorie, mais certainement pas en CE2. Il n’est pas question ici d’étudier la grammaire du C++ !

Quels sont les buts d’un tel cours ?
-  faire en sorte que les enfants sachent utiliser un minimum un ordinateur ou qu’ils puissent disserter des heures sur les definitions de tel composant ?

Je suis persuadé que la _découverte_ de l’informatique doit être basée sur l’experimentation. Je ne pense evidemment pas la même choses pour les maths, mais je crois que l’on peut tirer un bon début de comprehension de l’informatique simplement par l’utilisation bien orientée d’un ordinateur.

Il conviendra apres bien sûr de formaliser/generaliser/... cette comprehension par des explications plus theoriques mais pas avant.

Répondre
> Eveil informatique en CE2, Skolé, 4 décembre 2002

Ne se trompe-t-on pas de débat ? La distanciation est un état d’esprit plus particulièrement inhérent à certaines classes sociales, qui la pratiquent en permanence. Elles peuvent se le permettre parce qu’elles vivent dans des conditions matérielles d’aisance qui facilitent et favorisent l’aisance intellectuelle elle-même. Elles ont intérêt à le faire car elle leur permet de rester à la place où elles se trouvent.

D’autres vivent dans des conditions matérielles où la distance est impossible ou inexistante tant la survie est une préoccupation constante. Penser et abstraire supposent un état de non nécessité qui laisse le loisir (en grec : skolé) de s’y adonner.

Ces deux exemples sont extrêmes et on rencontre à l’école, pour l’essentiel, ce qui se trouve entre les deux. Encore que je connais des quartiers où l’on tend à se rapprocher du deuxième cas de figure, où le deuxième cas de figure ne fait pas figure d’exception.

Certes, la prise de distance entre l’objet, l’usage de l’objet et la nature de l’objet est essentielle à la maîtrise de son environnement. Pour dominer il faut être dans la capacité intellectuelle de prendre cette distance, de relativiser, de comparer, d’analyser et de saisir ce qu’il y a de concret derrière l’apparence. Mais certes aussi, l’école n’a pas, hic et nunc, pour fonction principale de fabriquer des dominants et se contente assez bien de justifier les dominations. Les titres scolaires, comme le rappelait si justement Bourdieu, n’ont pas fini de remplacer les titres nobiliaires, les titres scolaires n’ont pas fini de justifier les positions sociales.

En soi donc, l’exercice cité par Tirésias est du plus haut académisme et il convient d’applaudir. Il est essentiel de former les enfants à la distanciation. Malheureusement, on ne forme à la distanciation que les enfants qui disposent a priori des conditions de développement (et non d’acquisition) des facteurs de distanciation.

En mettant une note l’école ne crée pas les conditions d’acquisition de cette distanciation si nécessaire. En mettant une note l’école évalue une position dans un système de connaissances (dans un système de justifications). En mettant une nouvelle note elle s’auto-justifie dans son évaluation de l’enfant par rapport à ce système de justification. En continuant à mettre des notes elle justifie que l’enfant occupe la place qu’il occupe, pas seulement à l’école mais dans tout l’univers où cette note a valeur de référence. Comme disait Aristote, s’ils sont esclaves c’est parce qu’il était dans leur nature d’être esclaves.

L’informatique, plus particulièrement accessible à ceux qui ont les moyens de se la payer est un nouveau champ de distinctions entre ceux qui la banalisent à domicile et prennent de la distance vis-à-vis de l’objet et ceux qui la manipulent à l’école sans oser manifester la frustration de ces instants trop rares où ils sont comme les autres.

Inutile donc de s’énerver. Continuons le combat.

Répondre
> formate c :, Jedi, 4 décembre 2002

"Il s’agit, il me semble, d’un exercice de méthode ayant pour thème, voire pour prétexte, un ordinateur, et sans doute moins un exercice portant sur l’ordinateur per se."

> All right !!! Les cours d’infos en CE2 sont de la poudre aux yeux, qui ne servent qu’à formater les chtits nenfants à cette "méthode" qui ne cesse de démontrer son caractère antidémocratique depuis des lustres.

L’enfant pense donc apprendre des choses sur l’informatique quand le pouvoir ne fait que se servir d’une discipline attrayante pour dépister sa descendance et assurer son xème auto-clonage.

Cet exercice de jargonnage est un mensonge, il est donc mauvais (en plus de ne servir à rien).

Répondre
> formate c :, Mathieu, 5 décembre 2002

> "méthode" qui ne cesse de démontrer son caractère antidémocratique depuis des lustres.

Cela me chiffonne un peu de voir ainsi méprisée la méthode scientifique.

Répondre
> Bon dieu mais qu’est-ce qui te chiffonne billy ?, Jedi vs predator, 5 décembre 2002

Par "méthode", je voulais parler du "apprend par coeur et recrache le jour de l’intero" ...

Mais c’est également valable pour les cours de sciences, sauf que là, y’a l’aspect compette de la plus grosse calculette en plus !

Haaaa, quelle jungle ......

Répondre
> Eveil informatique en CE2, Sam, 5 décembre 2002

Si j’ai bien compris le message initial, ce n’est pas l’idée de donner quelques connaissances techniques à nos héritiers (les pauvres !) que l’auteur contestait, mais l’invraisemblable jargon employé à cet effet.

Il me corrigera si j’ai tort ("t" !).

Répondre
> Eveil informatique en CE2, 6 décembre 2002

N.B. j’ai ajouté un message plus haut... (à lire avant)

L’apprentissage par coeur est la cible des "nouvelles" réformes. Mais vous soulevez un faux problème :

1) l’apprentissage par coeur est nécessaire à l’individu (acquisition des connaissances, entrainement de la mémoire) mais, bien sûr, à condition d’avoir compris. En revanche, le refus total de l’apprentissage par coeur conduit à une diminution du niveau culturel, et donc, du support de la pensée (on ne peut réinventer ce que des milliers de gens ont mis des milliers d’années à penser).

2) la suppression totale de la culture est précisément ce qui est dénoncé dans 1984 (avec la suppression de l’information vraie). C’est aussi ce que visent les réformes jusqu’à Allègre compris. La culture est l’apprentissage de l’altérité, mais aussi de la révolte, de la désobéissance - aux règles (Romantisme, Nouveau Roman), aux lois (La Fontaine, la philosophie des Lumières). Le gouvernement et les tenants de la nouvelle pédagogie critiquent l’éducation issue des Lumières : l’élève devrait penser tout seul. Autant dire qu’on devrait, si on suit les instructions officielles, l’enfermer dans l’autosatisfaction et le conformisme, au lieu d’exercer son esprit critique par la confrontation avec des Idées, des Idéaux - lesquels sont indispensables à la lutte contre l’avancée progressive du totalitarisme européen.

3) Un endoctrinement consiste à faire apprendre par coeur une DOCTRINE, et non une définition

4) Pour juger l’enseignante, il faudrait avoir sous les yeux les programmes débiles de l’éducation nationale. J’y vois plutôt des tentatives d’enseigner chez des enseignants que l’on a pas préparé à enseigner cela, et à qui on demande de l’enseigner avec des consignes débiles.

Pour vous faire une idée, voici un extrait de consigne officielle sur la natation (pour dire à quel point la novlangue est développée) :

DEBUT DE CITATION 24/10/02

Circulaire reçue dans l’académie de Rennes (janvier 2002).

Document à caractère pédagogique reçu à l’école, ça vient de notre circonscription d’inspection. J’espère que vous en apprécierez le sel ... de chlore. Il n’y a pas de coquille de scanner sur le premier mot. M.L.B.


AQUA ÇA SERT d’ALLER A LA PISCINE ?

APRES LA FAMILIARISATION

Parler, lire, écrire en éducation physique

Si les activités aquatiques visent en priorité l’enrichissement et le perfectionnement des actions motrices, l’un des objectifs est aussi, à côté des autres disciplines de l’école, de contribuer au développement des compétences dans le domaine de la langue orale et écrite.

Les activités aquatiques, avec les sensations et les émotions qu’elles suscitent chez les élèves sont un support de verbalisation, de lecture et d’écriture extrêmement intéressant. Elles donnent sens aux apprentissages qui se déroulent dans la classe en amont et en aval des séances à la piscine. Dans tous les cas, il s’agit de garder à l’éducation physique son objectif premier, c’est-à-dire l’apprentissage d’actions motrices, et de ne pas la réduire à un simple alibi.

On met alors en évidence les liens fonctionnels qui peuvent exister entre les compétences en éducation physique et les autres compétences visées. Les activités aquatiques au cycle 2, en relation avec les autres champs disciplinaires de l’école, par la diversité des expériences et des outils qu’elles proposent, aident l’élève à construire en toute sécurité des déplacements efficaces en surface et à différentes profondeurs avec des sollicitations techniques adaptées. De retour en classe, les activités autour du parler, lire, écrire sont là pour en faciliter la compréhension et l’acquisition.

Le travail en partenariat est incontournable. L’éclairage technique des Maîtres Nageurs Sauveteurs est mis au service du projet de l’élève dont le maître est le garant.

Le savoir-faire mis en œuvre dans les classes qui ont travaillé autour de ce projet en parfaite cohérence et continuité avec l’étape précédente, contribue à construire progressivement les compétences du nageur et participe de façon significative à la formation du citoyen éduquant à la responsabilité et à l’autonomie.

FIN DE CITATION

Bref, enfermez-les !

N’oubliez pas de lire tout en haut mon autre réponse.

Tout sur le site :

 
Répondre
> Eveil informatique en CE2, Sam, 12 décembre 2002

Merci pour ce copieux message.

Juste une petite remarque à caractère formel : ces gens savants de Rennes mettent la cédille au C majuscule, mais non l’accent sur le A.

AQUA ÇA SERT d’ALLER A LA PISCINE ?

Pourquoi pas après tout ?

Répondre
> Eveil informatique en CE2, Arnaud, 5 décembre 2002

Je sens les profs qui défendent honteusement l’incompétence qu’ils ont dans tout ce qui n’est pas dans le manuel scolaire et qui vont en profiter pour faire des stages au lieu d’enseigner. Faire apprendre de telles "sonneries" à des gamins, c’est tout aussi honteux. Savez-vous qu’avec ces mentalités de mandarins vous êtes en train de dégoûter toute une génération ? Vous quantifiez une problématique là où il n’y a que simplification. Dans le cas de la souris, le seule chose qui compte c’est à quoi sert le bouton de gauche, le bouton de droite et la molette, rien d’autre, surtout à des enfants. Je n’ai pas appris l’informatique à l’école, comme toutes les personnes de plus de 25 ans pour la bonne et simple raison que ça n’existait pas ... et pourtant comme beaucoup de gens je me sers d’un ordinateur toute la journée. Heureusement que je n’ai pas eu de profs qui me l’aient enseigné comme vous le faites ! Ne masquez pas la redoutable incompétence pédagogique de l’éducation nationale derrière du verbiage, ça ne trompe personne et surtout pas les gamins ... Pour finir, l’exemple du prof et du magnétoscope cité dans un des messages, c’est souvent un gamin qui se lève et qui montre comment ça marche ...

@+

Répondre
> Eveil informatique en CE2, 6 décembre 2002

Le problème, c’est précisément que l’on accuse les enseignants des conneries de l’état.

Je ne défends absolument pas ce qui a été enseigné dans l’exemple donné, qui me semble être d’une connerie absolue.

Et je suis d’accord pour dire que l’enseignement de l’informatique à l’école est ridicule.

Et pour dire qu’il y a de bons comme de mauvais enseignants.

Ceci dit, le verbiage ne vient pas du dogmatisme des enseignant, mais des imbéciles qui ont fui l’enseignement pour se réfugier dans les pseudo "sciences" de l’éducation.

Cf. l’exemple ci-dessus (sur la piscine)

Enseigner intelligemment aujourd’hui, c’est faire de la Résistance (au sens fort du terme), car les programmes sont débiles et très coercitifs, et privilégie la forme de l’enseignement au contenu. Quand aux formations, je les fuis, car elles ne sont rien d’autre (comme l’IUFM) qu’un endoctrinement à leur unique manière d’enseigner. Car pour l’Etat, il n’y a qu’une seule manière d’enseigner (alors qu’une bonne pédagogie associe différentes manières d’enseigner en fonction du sujet et du public).

Enfin, il est facile, sur un exemple, de mettre tous les enseignants dans le même sac ; facile de juger une enseignante sans savoir ce qu’on lui ordonne de faire.

Sachez que l’école, si elle ne change pas, ne formera pas des gens qui penseront comme vous et qui sauront écrire comme vous. Donnez des cours particuliers à vos enfants pour compenser l’absence de redoublement quand les bases ne sont pas acquises, l’absence d’enseignement de la grammaire, le brevet avec sa correction positive (une dictée truffée de faute a la moyenne), les classes tellement "hétérogène" qu’il devient impossible de faire cours, le nouveau bac français prétentieux et débile), etc...

Si vous voulez qu’on en discute, lisez les Analyses du site ci-dessous, ainsi que tous les liens cités.

(je pourrais citer trente adresses)

Alors on pourra commencer à en discuter.

 
Répondre
> Eveil informatique en CE2, 6 décembre 2002

Un petit article pour faire réfléchir...

(songez que l’école n’est plus DU TOUT ce que vous avez connu ; même des anciens élèves voient en deux ans de temps la dégradation...)

 
Répondre
> Eveil informatique en CE2, Arnaud, 6 décembre 2002
Merci pour avoir tempéré mes propos trop vindicatifs sans pour autant m’"allumé". @+
Répondre
> Eveil informatique en CE2, 6 décembre 2002

Aucun problème !

Le problème est complexe et souvent méconnu ; je profite en fait de cette discussion pour en parler, pour montrer qu’il existe un combat souterrain, et si je reproche à de nombreux collègues leur soumission éhontée, j’applaudis les gens (vous) qui permettent, par leur réaction, d’ouvrir la discussion - fût-elle parfois faussée par la politique systématique de discréditation des enseignants menée par les gouvernements précédents afin de mieux faire passer les réformes.

Je vous propose enfin un document synthétique qui explique les fondements de l’éducation d’aujourd’hui et la raison pour laquelle l’école est devenue si inacceptable.

A+

 
Répondre
> Eveil informatique en CE2, Mathieu, 7 décembre 2002

Je suis allé lire votre ducoment, et honnêtement, je suis très, très sceptique.

En effet, il cumule un nombre impressionnant de contresens, d’imprécisions et d’allusions délibérément trompeuses.

J’en donne quelques exemples :
-  commençons par le plus simple : la référence rituelle aux Héritiers de P. Bourdieu comme d’un ouvrage qui dénigre l’école. C’est bien ce que de chaque côté on aimerait bien lui faire dire (pour condamner soit l’école, soit le livre), mais pas ce qu’il dit. Le but de cette étude n’est pas de montrer que l’école fait mal (si tant est que cela ait un sens), mais qu’elle pourrait faire mieux si elle prenait en compte le fait que son mode de fonctionnement avantage considérablement une partie de la population, les enfants d’enseignants.
-  à ce propos, l’article évoque la « valeur du diplôme » des Écoles normales supérieures, qui serait menacé par la prise sur dossier d’élèves issus de pays étrangers. Étant normalien et actuellement élève, ce propos me fait sourire. Le diplôme des écoles normales a une valeur nulle hors des frontières de la France, il n’est donc pas mauvais qu’on lui donne un peu de visibilité. Mais surtout, les élèves eux-mêmes sont, à une majorité écrasante, favorables à la présences d’élèves étrangers, auxquels il est exclut de demander de passer un consours unique : les formations qu’ils ont reçu dans leurs pays respectifs sont trop différentes pour cela. Or, nous sommes les premiers concernés par la valeur de notre diplôme. Encore un faux problème qui n’est destiné qu’à allonger la liste.
-  dans le même ordre d’idée, l’article mentionne que la commission européenne (un bouc émissaire bien pratique soit dit en passant) préparerait une disparition des diplômes nationaux. Dit ainsi, c’est une contre-vérité. La Commission prépare effectivement la disparition des diplômes nationaux, mais au profit de diplômes de niveau européen. Ceux-ci permettrons à leurs détenteurs de ne plus voir leurs diplômes décotés quand ils vont travailler en Europe, et de réduire drastiquement les kafkaïennes procédures pour aller étudier à l’étranger et faire reconnaître la formation qu’on y a acquis. Tout étudiant qui a tenté, et parfois même réussi, à aller étudier à l’étranger applaudit des deux mains à cette réforme.
-  étudiant je suis, justement en économie. Et je suis assez choqué de l’usage dans cette article d’un pseudo-jargon économique qui tente de cacher les faiblesses du discours. En effet, si l’inadéquation entre les formations et leurs besoins est une complainte régulière des patrons, ceux-ci, surtout au niveau envisagé par l’article, savent bien que l’école n’est pas une activité rentable économiquement, et qu’il vaut mieux laisser l’État l’opérer. Beaucoup d’entre eux sont d’ailleurs sortis d’universités étatsuniennes, où ils ont vus les directions plus occupées à chercher des fonds et des subventions qu’à gérer l’établissement au profit des élèves.
-  attribuer aux patrons l’idée que les nouveaux médias permettraient de remplacer les professeurs à meilleur compte. En France, A. Malraux évoquait sous de Gaulle la possibilité de remplacer un certain nombre de cours magistraux par la projection cinématographique de cours donnés par les meilleurs enseignants du pays, et de créer dans les université des salles où seraient projetés tous les cours du Collège de France. Voilà pour les idées.

Voyons maintenant un peu la réthorique.
-  cela commence mal, puisqu’on nous présente une n+1-ième théorie du complot, ce coup-ci des affreux capitalistes contre l’école républicaine ;
-  l’article est un patchwork de citations, tirées de leur contexte et parfois étrangement tronquées (voir plus haut la question des diplômes européens). Ces citations, présentées comme un corps de doctrine unique, émanient d’ailleurs d’institutions souvent concurrentes et rarement d’acoord (l’OCDE et la Commission, par exemple), ce qui me laisse supposer une insigne mauvaise foi dans leur choix.
-  l’article est émaillé d’assertions non justifiées sur les intentions de ceux qu’il dénonce (voir Bourdieu) et d’allusion à leur collusion.

Bref, ce texte argumentatif aurait mérité un zéro pointé au baccalauréat. Mais ce qui est plus grave, c’est que quelques problèmes intéressants y sont soulevés, des deux côtés. Les réformes Allègre étaient certes un non-sens, et il convient de les dénoncer. Oui, le dénigrement systématique des enseignants est très dangereux, et le forum de cet article en livre quelques exemples fort inquiétants. Mais d’un autre côté, cela ne permet pas de faire l’économie des critiques qui souligment à juste titre le corporatisme d’un certain nombre d’enseignants (élève, le fait que je puisse toujours faire l’objet d’un contrôle-surprise alors que mon prof le plus incompétent était prévenu à l’avance de ses inspections, et faisait son unique cours correct de l’année cette fois-là me paraissait d’une injustice profonde), qui dénoncent le cloisonnement des discipline (croiser histoire et économie et histoire et sociologie semble naturel : essayez un peu de proposer une maîtrise qui le fasse, on vous fera comprendre que ce genre d’innovation plaît peu).

Ainsi, l’article sur lequel vous nous envoyez est une bavarde tentative de se dédouaner des problèmes actuels de l’école sur le dos d’une cabale politico-capitaliste. De la part de gens dont le métier est d’enseigner entre autres l’honnêteté intellectuelle et l’étude de textes, je suis déçu. Mais surtout, je suis blessé en passant à tous ceux de mes professeurs qui ont résité aux réformes Allègre comme mes instituteurs avaient résisté à la méthode globale, en pensant d’abord aux bien des élèves et réfléchissant sérieusement à une école qui évolue en même temps que la société. Je suis vraiement navré de voir leur combat récupéré par des gens qui pensent plus à la perpétuation de leur position dans le système éducatif qu’aux élèves.

Répondre
> Eveil informatique en CE2, 7 décembre 2002

Je suis heureux d’avoir votre avis sur la question ; plus précisément un avis construit et argumenté, sans volonté polémique.

Je ne possède pas de connaissances économiques suffisantes pour juger de la validité de l’aspect économique de cet article. C’est la raison pour laquelle le "pour faire réfléchir" de ma brève présentation était une invitation à réfléchir sur une tentative (peut-être malheureuse) de donner un sens à l’affaissement du système éducatif.

Il est indéniable que les enseignants reçoivent une formation professionnelle très pauvre (je n’insisterai pas beaucoup) : l’IUFM nous noie dans un jargon abstrait et nous infantilise ; nous aimerions des cours sur la psychologie des enfants/adolescent (totalement absents), une mise en question réelle de la pédagogie (donc une réflexion) et de ses pratiques, plutôt que d’imposer une méthode unique (en partie contestable) et d’associer à l’échec de cette méthode la culpabilisation de l’enseignant. Les tables de réflexion de l’IUFM n’ont d’autre but que d’amener, par une subtile méthode socratique, à adopter leur point de vue (tout autre étant inacceptable et nécessairement faux - ce n’est pas de la paranoia).

Personnellement, si je juge que certaines pratiques nouvelles de l’éducation sont intéressantes, il me semble dangereux de les généraliser à outrance, de manière à créer une école exactement inverse de celle de Jules Ferry (laquelle n’est pas un modèle non plus).

La difficulté dans laquelle nous nous trouvons, c’est qu’il n’existe aucun débat sur ce qu’est l’enseignement et sur ce qu’il pourrait être, entre les chercheurs du ministère ou des IUFM, et les enseignants (qui sont, ce me semble, les premiers concernés - les élèves venant en second, puisqu’ils ne sont pas encore censé élaborer les programmes et juger du réglement intérieur de l’établissement - je parle ici du collège et de lycée).

Le fait que la nouvelle pédagogie soit en bloc incontestable, et que l’ancienne soit, en bloc, mauvaise, ne peut faciliter la réflexion sur le sujet. Il s’en suit différentes attitudes : la soumission aveugle, la soumission incrédule, la prise de conscience progressive d’un débat inexistant, la résistance, et la colère. A partir du moment où l’Etat ( ?, l’IUFM en tout cas) engage notre reconnaissance professionnelle comme enjeu (résister = être vieux-jeu, comme si tout était tout blanc ou tout noir), il s’ensuit que les enseignants tentent de réagir alors même que leur position forcée les empêche d’être totalement objectifs.

Nous tentons de comprendre pourquoi cette politique absurde, nous voudrions ouvrir le débat sur le système éducatif et pouvoir être réellement consulté. Nous souhaiterions que l’on comprenne qu’il n’y a pas UN enseignement, mais DES enseignements (en fonction de la matière, du public visé, etc). Les syndicats sont hors-jeu : il n’y existe que deux solutions : grêve ou soumission (ce qui ne semble pas très différent d’autres corps de métier, d’ailleurs). Nous voudrions une réelle réflexion sur le sujet ; nous aimerions que l’on nous explique les raisons profondes des réformes, que l’on nous donne les références des travaux universitaires à l’origine des nouvelles pédagogies, que l’on évalue sérieusement leur impact - et que l’on dise clairement quels adultes nous devons former. Nos élèves ne sont pas des cobayes.

Je me pose également la question de la place exacte que l’informatique doit prendre à l’école, et du but de son introduction, qui pose d’innombrables difficultés.

Pour répondre à vos derniers arguments, j’ajouterai ceci :
-  je ne fais personnellement JAMAIS d’interrogations surprises, inutiles à mes yeux. Je vais parfois même jusqu’à donner certaines questions de manière à être certain que l’essentiel soit su. Le but des contrôles est de permettre l’acquisition des connaissances à mes yeux, et non de donner une sanction.
-  le décloisonnement est une porte (enfoncée) ouverte à mes yeux : pour comprendre un texte du XVIème siècle, il est nécessaire de connaître un minimum d’histoire, etc. Le problème, c’est que le décloisonnement tel qu’il est imposé par l’IUFM provoque l’appauvrissement du cours, et surtout, empêche la structuration de l’enseignement. Ainsi, au collège, à vouloir faire de la grammaire une simple observation de texte au cours d’une étude de texte, on l’enseigne de manière non-linéraire, en sorte que l’élève possède une vision morcellée de celle-ci.
-  enfin, l’objectif de ceux qui résistent pour l’école est avant tout une volonté de donner à l’élève une formation dont il puisse être fier, quel que soit le niveau, et non un diplôme dont les élèves eux-même ( !) disent qu’il ne vaut rien (le Bac !), ayant constaté qu’il était possible de l’obtenir quasiment sans travail (exemple vécu lors des résultats du Bac de l’an passé). Nous voulons que le passage en classe supérieure témoigne de l’acquisition des compétences et des savoirs requis, et non de l’influence des parents (j’ai eu l’exemple avant-hier d’un élève de terminale S noyé, dont le conseil d’orientation en fin d’année était : . fin de seconde : STT ou redoublement . fin de première : redoublement ; les parents l’ont fait appel systématiquement : voilà le résultat).
-  Quant à notre statut, c’est le statut de fonctionnaire, indépendant des entreprises, que nous souhaitons garder. Vous constaterez que cette revendication (syndicale) n’a aucun rapport immédiat avec ce qui précède. Si vous parlez d’autorité, certes, nous jugeons que l’autorité est nécessaire, et plus encore lorsque celle des parents est absente chez les élèves. Nous ne souhaitons pas garder NOTRE autorité, mais contester l’idée que le professeur n’est pas un garant de l’autorité, ni un représentant de la loi. Contrairement à ce que dit l’IUFM, l’enseignant n’est respecté que s’il sait imposer son autorité (sans autoritarisme, en expliquant les choses si nécessaire, bien sûr) et s’il est le détenteur du savoir (on voudrait que ce soit l’élève, selon la méthode socratique - ce qui impliquerait, chez les réformateurs, une croyance en la transmigration des âmes...).

J’espère avoir, par cette réponse, relativisé votre déception ; par ailleurs, je serais très intéressé par votre avis sur l’origine et le but des réformes qui minent notre métier.

Sincèrement

Répondre
> Eveil informatique en CE2, 8 décembre 2002

Je suis heureux de votre réponse. Si j’ai été virulent dans ma critique du texte proposé, c’est qu’il me semble très dangereux de défendre de bonnes causes avec de mauvais arguments.

Je ne peux qu’être d’accord pour vous soutenir dans ce que vous dites dans votre dernier message. Je peux même y rajouter un exemple, celui de l’agrégation. Les cours de pédagogie des IUFM sont au mieux discutables. Ceux à destination des agrégatifs ne sont pas : il n’y a aucun cours de pédagogie à l’agrégation, et pis, l’exercice demandé n’a rien à voir avec la profession d’enseignant. Concours de recrutement des professeurs du secondaire, l’agrégation sert en pratique de consours de sélection pour l’accès au DEA et à la thèse, ce qui est catastrophique pour ceux qui le passent avec un véritable désir d’enseigner.

En tant qu’économiste, le problme que je me pose principalement est celui du contrôle de qualité de l’enseignement. En effet, étant délégué au Lycée, je me suis fait le relais de plaintes concernant un professeur notoirement incompétent. Le proviseur a admis qu’il arbitrait chaque année pour savoir quelle classe serait « massacrée » [sic]. Comme c’est cette minorité de professeurs incompétents qui, à mon sens, fait le plus de mal à la fonction, je me demande comment faire pour les obliger à mieux faire leur travail.

Plus précisément, l’économie s’intéresse à des problèmes proches, ceux de la sélection : comment faire pour que les personnes entrant dans la carrière enseignante soit des gens qui soient plus motivés par l’enseignement en lui-même que par la sécurité de l’emploi et la relative impunité dont on dispose à partir d’un certain nombre d’années de carrière ? Comment, par ailleurs, vérifier la qualité de l’enseignement dispensé par un enseignant donné ?

Je serait intéressé par des pistes de réflexion sur ces deux problèmes.

Cordialement

Répondre
> Eveil informatique en CE2, 9 décembre 2002

> Comment, par ailleurs, vérifier la qualité
> de l'enseignement dispensé par un 
> enseignant donné ? 

Sans aller jusque là, il ne semble nullement anormal que quelque personne que ce soit n’arrive pas à aimer quelque métier que ce soit toute sa carrière durant. Tout le monde a ses hauts et ses bas. Changer de métier dans sa vie est une aspiration assez courante parmi nos concitoyens. Mais force est de constater qu’il s’avère difficile d’aider un enseignant à se recycler, même s’il le souhaite. Si cela était possible, on pourrait peut-être se contenter de commencer par faire confiance à cet homme qu’est aussi l’enseignant pour savoir s’il exerce correctement son métier avant de postuler l’existence de quelque nature au corps enseignant.

Répondre
> Eveil informatique en CE2, 10 décembre 2002

Je remarque (non sans amusement) que vous n’avez pas répondu à ma question... Voici un lien destiné à apporter de l’eau au moulin... (mais pas de l’huile sur le feu, j’espère...) (N.B. je ne suis pas acquis à une idéologie politique ; en humaniste, je recherche seulement l’équilibre de l’Homme au sein de la société).

1) Centre de développement de l’OCDE - Cahiers de politique économique n°13, 1996 : "La faisabilité politique de l’ajustement" - Extraits

"Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement."

Christian Morisson

2) lien ci-dessous montrant la proximité entre Allègre et l’OCDE : Entretiens Friedland du 11 février 2002 - organisés par la chambre de commerce et d’industrie de Paris

Ce sont des citations brèves hors contexte, mais elles sont suffisamment claire pour être univoques...

En particulier Boisivon (de l’IUFM) : "On ne doit pas dire : l’élève est au centre du système éducatif mais : le client est au centre du marché."

et Allègre : "Aux Etats-Unis, le système scolaire est bon parce qu’il a réussi à proposer un enseignement d’élite et un enseignement de masse." "L’ordinateur sera l’outil du changement. Le rôle de l’enseignant sera, par exemple de dire : « Toi le logiciel machin, il ne te va pas. Prends donc le logiciel untel. »"

Les sources ne sont peut-être pas parfaitement fiables ( ???), mais les propos concordent parfaitement avec la politique et la pensée de ces deux hommes (la fascination d’Allègre pour le "modèle" américain ne saurait être mise en cause).

N.B. Je répondrai à vos questions dès que j’en ai le temps... (il y a de quoi dire...)

D.

 
Répondre
> Eveil informatique en CE2, ., 7 décembre 2002

> Enfin, il est facile, sur un exemple, > de mettre tous les enseignants dans le > même sac ; facile de juger une enseignante > sans savoir ce qu’on lui ordonne de faire.

En théorie, les enseignants du primaire sont inspectés et notés régulièrement. Vous dites que leur marge de manoeuvre au quotidien est faible. Comment se fait-il donc qu’ils soient suffisamment divers dans leurs approches tout en étant à la fois contraints dans leurs programmes et régulièrement évalués ?

Répondre
> Eveil informatique en CE2, D., 17 janvier 2003

(je réponds aux deux mails sur l’évaluation des enseignants)

1) pourquoi une telle différence dans les pratiques des enseignants ?

Il s’avère que l’enseignement n’est pas un métier ordinaire qui consiste juste en une applications de techniques pédagogiques. Les techniques sont nécessaires - sous des formes variées, d’ailleurs -, mais ce qui fera un bon enseignant, c’est souvent plus la passion qu’il a pour son métier et sa matière que des techniques précises.

Avec les mêmes techniques, différents enseignants auront un impact différent.

Le problème, c’est que
-  la dévalorisation de notre travail par l’Etat lui-même (Allègre)
-  le fait de reporter un problème de société et d’utopie gouvernementale sur les enseignants (l’incapacité d’un enseignant à gérer une classe trop hétérogène - classes voulues pour favoriser l’émergence du lycée unique après le collège unique)
-  le fait de prétendre que l’enseignement doit régler un problème de société, les inégalités sociales (faux-problème : c’est un fait ; lutter contre ce fait est une utopie, surtout quand on commence par nier les qualités des compétences manuelles pour contraindre tout le monde à faire des études intellectuelles - le lycée général). Le problème n’est pas tant dans la formation que dans la considération que l’on a quant aux professions "manuelles" dans la société.
-  le fait de contraindre l’enseignant à des techniques pédagogiques inadaptées aux élèves, qui favorisent le bavardage dans les classes, empêchent construction d’une pensée digne de ce nom et interdisent les méthodes qui fonctionnent (dictées, exercices à répétition, faire redoubler quand les bases ne sont pas acquises...)

bref, le système éducatif en déliquescence, l’accusation des enseignants de favoriser cela alors que c’est la réalité qui résiste aux réformes, tout ceci contribue à la dévalorisation de son propre métier, voire un dégoût profond pour celui-ci par l’enseignant ; cela conduit aussi à un enseignant perdu, d’autant plus que sa tâche imposée est inadapté à la tâche réelle et produit les effets inverses de ce que l’on devrait obtenir (le respect des valeurs et de l’autorité, l’acquisition de connaissances mesurables et de structures de pensée ; au lieu de quoi l’enseignant devient animateur pendant des heures de vie de classe - pour vivre, ça vit ! -, ne doit enseigner que des techniques (schéma narratif, types de discours, énonciation... alors qu’ils ne connaissent pas leur grammaire au lycée), et non des connaissances (grammaire au collège, histoire de la pensée et donc de la littérature, capacités à tenir un raisonnement - ce qui a totalement disparu depuis les réformes Allègre - au lycée).

Il s’ensuit que le "nouvel" enseignement s’oppose TOTALEMENT à ce que l’on a appris - et donc à ce que vous avez appris (méthodes comme valeurs) en tant qu’élève. Avouez qu’il y a de quoi être perdu - le terme approprié : perte des repères cognitifs.

Il s’ensuit que l’enseignant qui veut bien faire son travail doit transgresser ce qu’on lui demande de faire - quand c’est possible. Les formations IUFM sont inadaptées, trop abstraites, et entre dans le même jeu en culpabilisant l’enseignant (en gros, on nous dit : "si c’est le bordel dans votre classe, c’est parce que vous ne comprenez pas nos méthodes, qui sont les seules valables" ; mais si on applique ces méthodes, c’est le bordel - vous voyez le cercle vicieux).

Il y a d’étranges ressemblances avec le chapitre sur le "Formatage" dans le livre de Marie-France Hirigoyen sur "Le Harcèlement moral au travail".

Si en revanche on fait faire de vrais exercices (cessant de considérer que l’école doit être un paradis : le monde du travail est-il un monde de jeu et de plaisir ?) - ou même si l’on demande aux élèves ce qu’il leur faudrait pour qu’ils progressent, ils me répondent ce qui est précisément INTERDIT de faire : des dictées !!! (le comble, c’est que j’enseigne au lycée, et que tout cela devrait être acquis depuis longtemps. En 1950, un fils d’agriculteur savait écrire en 3 ans...) Si on commence à montrer qu’on est le chef dans la classe (ce qui est interdit) - intelligemment, avec respect et en expliquant -, alors on remarque que le respect des élèves va augmentant, et donc également le respect pour notre matière. Bref, toute notre expérience montre, par les faits, sur le terrain, l’erreur fondamentale des réformes qui fondent notre système scolaire. N.B. je ne suis pas un vieux prof ringard : j’ai 26 ans, cela fait 5 ans que j’enseigne, et j’ai vu en 5 ans la disparition de la dissertation (qui n’existe que de nom dans le sujet), l’apparition du sujet d’invention au bac, les tests pédagogiques dont les élèves me disent "Ils nous prennent vraiment pour des cons !" - je pense à Zicmuk le martien en début de seconde -, la baisse de niveau des élèves, donc mes collègues de LP me disent, quand je leur montre les copies : "Mais qu’est-ce qu’il fait chez vous celui-là ?", etc etc.

Alors, face à cela, l’enseignant essaye de fournir MALGRE TOUT un enseignant de qualité. Et c’est là que se trouve le problème.

Si on n’est pas convaincu par le sujet ou les méthodes de l’enseignement, les élèves le sentent (on n’adhère pas au discours que l’on tient) - même avec la meilleure volonté du monde. C’est la raison pour laquelle la qualité de l’enseignement doit passer par une certaine (j’insiste) liberté pédagogique. Quand les programmes sont inapplicables, on fait ce qu’on peut - et c’est là que cela peut devenir catastrophique.

Voilà, en gros, pourquoi tant de pratiques différentes.

2) l’évaluation des enseignants

C’est un problème très difficile ; nous sommes aussi en tant que prof confrontés à des collègues incompétents, et c’est tout aussi difficile pour nous que pour les élèves.

Le problème, c’est que le système éducatif actuel ne permet pas un jugement sain sur les enseignants : c’est un jugement idéologiquement orienté (via les méthodes dont j’ai parlé plus haut).

Je vais tenter de répondre à la question en me débarrassant du contexte actuel.

a/ qui peut juger ?
-  l’administration peut juger des détails administratifs (ponctualité, etc). C’est déjà le cas - du moins quand elle le fait vraiment, et aussi quand elle ne s’en sert pas contre l’enseignant en l’humiliant devant les élèves - ça arrive.

-  l’inspection est la mieux placée pour le domaine pédagogique.

b/ comment juger ?
-  sur le programme à respecter
-  sur les méthodes pédagogiques - attention : pas sur l’application d’une méthode unique, mais au contraire sur l’adaptation de la méthode à la classe et au sujet - ce qui est légalement impossible aujourd’hui
-  sur le progrès des élèves : pour cela, il faut tenir compte du niveau initial des élèves, mais aussi juger du niveau de perturbation de la classe, qui peut ralentir le progrès.
-  pas sur la tenue de la classe dans le contexte actuel (de société, mais aussi de méthodes, puisque le cours magistral est interdit - mais tellement efficace : il apprend à écrire correctement, de vraies phrases, bien écrites, et donne une foule d’informations... - bien sûr, à condition de vérifier que c’est compris...)
-  juger sur les résultats au bac serait une catastrophe : même en pondérant grâce au niveau du lycée, les classes d’un même établissement sont très inégales
-  l’impact de l’enseignant sur les élèves est intéressant à prendre en compte, mais je connais des enseignants qui forment très bien en ayant un impact discret, à long terme. C’est difficilement évaluable.

Par ailleurs, les résultats de l’inspection parviennent six mois plus tard !!! comment cela peut-il avoir un impact ? De plus, il devrait y avoir une suite dans les cas comme celui que vous mentionnez dans votre courrier. Il ne s’agirait pas de faire un blâme dans le dos de l’enseignant (dérive possible), mais de lui expliquer, de prévoir une inspection peu après pour vérifier l’application, de proposer des techniques, etc... (d’une manière positive et utile !!!), d’expliquer réellement ce qui se passe dans la classe, etc... Malheureusement, ceci est impossible actuellement du fait de l’orientation idéologique de l’inspection et des IUFM.

Pour les cas où la défaillance de l’enseignant est connue de tout le monde, je ne comprends pas que la situation puisse rester ainsi. Je n’ai pas de réponse à donner : la situation est évidente, le fait est connu. C’est à l’inspection de prendre ses responsabilités.

En fait, je propose de réformer l’inspection et les IUFM.

En espérant avoir donné des éléments de réponse (si vous êtes toujours là... - je n’ai pas eu le temps de répondre plus tôt).

Répondre
> oui mais ..., Jedi, 17 janvier 2003

" ...ce qui fera un bon enseignant, c’est souvent plus la passion qu’il a pour son métier et sa matière que des techniques précises. "

> complétement d’accord, mais le nombre de profs "passionnés" est , me semble t-il, très (trop) faible. D’où ce problème majeur (et sans caricaturer plus que de raison) : après des années à la fac, quelle autre solution que de devenir prof ? pas des masses, donc hop, je deviens prof. Pas de bol, "on" balance ces jeunes gens sans grandes vocations au casse pipe .... (spéciale dédicasse pour le 93,92 ou 78 ;)

Pourquoi venir pleurer après, si on ne choisi cette profession que par défaut, qu’aucune conviction personnelle ne nous pousse vers l’enseignement ???? Et oui, prof c’est un métier, sûrement un des plus difficile, alors il faudrait peut-être penser au challenge avant de penser aux congés payés. Je ne parle bien entendu que de ces profs "par défaut", mais il compose (pour moi) la majorité du cheptel. Être prof, c’est "avoir envie" d’aller dans une zep, ou au moins ne pas en avoir peur, sinon on se casse les dents ,et pire, on se fait royalement chier.

Cela ne règlerait pas le problème des élèves si on "supprimait" les profs "qui n’ont rien à foutre là", au contraire, la pénurie d’enseignant serait énorme. Je ne prétend pas du tout avoir de solutions pour améliorer ce système éducatif (qui est , il faut l’avouer, perpetuellement "menacé" depuis des décennies :)).

Je voulais juste parler du problèmes des profs qui pleurnichent : avez-vous vraiment choisi ce métier ? Si oui je pleure avec vous, et sincérement. Sinon je rigole, car ce sont des gens assez instruits pour savoir où il mettent les pieds, et bifurquer au bout du premier stage.

Répondre
> oui mais ..., David, 22 janvier 2003

C’est une vision un peu simpliste de la situation :

1) les gens qui deviennent enseignants le deviennent pour enseigner. C’est bien là le problème :
-  on ne devient pas enseignant pour faire cours en ZEP, ce qui est le métier d’un éducateur et non d’un enseignant. Il ne faut pas confondre les métiers.
-  un enseignant a pour but de faire passer des connaissances. Or, les réformes interdisent d’enseigner en ce sens (il ne faut donner que des méthodes, l’élève possède le savoir et non le prof etc... - je cite l’IUFM)
-  l’enseignement n’a pas pour but de résoudre des problèmes de sociétés mais d’enseigner. Mettre les enseignants dans une situation qui implique des tâches pour lesquelles ils ne sont pas formés et qui ne correspondent pas à la passion que vous dites absente, cela s’apparente (tout comme le comportement des élèves de ZEP) à du harcèlement moral et explique QUE LA PASSION NE PUISSE PAS SURVIVRE AU METIER.

Ceci dit, le fait d’écrire tout cela montre qu’elle ne s’est pas encore affaiblie en ce qui me concerne. Mais dans trente ans ???

Tout homme, quel que soit le métier, a le droit à des objectifs faisables et humains. On ne devient pas prof pour se faire insulter, pour ne pas pouvoir faire cours (ou au maximum 10 mn/heure), etc...

2) vous confondez donc passion et masochisme

3) le plus drôle, c’est que je ne parlais absolument pas de cela, mais des classes "normales", en lycée, qui plus est, et sans élève difficile ; j’évoquais le sabotage du système d’enseignement français par les multiples réformes, qui s’obstinent à faire enseigner en dépit du bon sens, en interdisant tout ce qui fonctionne (un apprentissage structuré et culturel) et tout ce qui améliorerait la société (un minimum d’autorité ; la culture permet de voir ce qui se passe ou s’est passé ailleurs, et donc de mieux réfléchir sur notre société). Au lieu de quoi les enseignants doivent faire de la garderie, même dans les bonnes classes, ne pas enseigner ce qui est à l’origine de leur passion, sans être accusé de traumatiser les élèves, etc... bref, de ne pas les préparer ni à la vie (pleine de frustrations), ni au monde du travail (où l’élève ne sera plus un roi), ni à une quelconque capacité à comprendre le monde qui l’entoure (difficultés à comprendre les implications des textes qu’ils lisent, voire même simplement à comprendre les textes les plus simples par manque de vocabulaire - remarqué même par les profs de sport ! - et de grammaire), ni même à écrire correctement (alors qu’autrefois, en 3 ans, un fils d’agriculteur savait écrire !)

La passion n’a pas disparu ; elle enrage seulement de voir la destruction d’un système qui fonctionnait (même imparfaitement), de voir que l’on prépare à des concours dont les réformes ont tellement dévalorisé le niveau que les élèves EUX-MEMES considèrent qu’il ne vaut rien, etc... (cf. plus haut).

4) il s’ensuit que nos "pleurs", comme vous dites si bien, visent avant tout au bien des élèves, plus qu’à défendre une profession en laquelle il devient difficile de croire, précisément parce que défendre notre métier revient à lutter contre la majorité des gens : tous ceux qui croient que le système d’éducation est ce qu’ils ont connu, tous ceux qui s’enferment dans des idées préconçues, et le gouvernement lui-même (notre ministre actuel ayant participé aux réformes Allègre, ...)

Bref, dans votre réponse, outre la jalousie habituelle pour les vacances des enseignants (que je ne commenterai pas), je constate une fois de plus que l’ampleur du problème évoqué n’est absolument pas pris en compte. Allègre avait raison dans sa stratégie : il avait dû prévoir que la haine qu’il attisait contre les profs occulterait ses réformes - que je qualifierai de criminelles.

Répondre
> ho tu sais moi ...., Jedi, 23 janvier 2003

"C’est une vision un peu simpliste de la situation "

> je le confesse allegrement ...

"vous confondez donc passion et masochisme "

> Il fut un temps où l’instituteur recevait des pommes ... maintenant c’est des marrons. Bref, les profs ne sont pas là pour changer la société, juste pour enseigner, ok, mais ils enseignent dans une société qui a changée, une société plus violente (non j’ai pas vu ça dans un jt de tf1) et sans être masochiste, un futur prof doit être réaliste, les problèmes qui l’attendent sont d’une brutalité inédite, inadmissibles mais réels. Donc autant ne pas aller au feu si on sait qu’on tiendra pas la chaleur. Je ne parle pas du tout des réformes, je suis trop mal placé pour en parler, je parle juste de la motivation et de la prise en compte de l’aspect "dur" du taf qui attend le futur prof. faut pas confondre ....

"il s’ensuit que nos "pleurs", comme vous dites si bien, visent avant tout au bien des élèves, plus qu’à défendre une profession en laquelle il devient difficile de croire"

> ok, je vais chialer aussi ... non, sans blague, c’est valable pour combien de profs cet engagement paléo-républicains la larme à l’oeil ? 10% maxi ?

Les autres ? Ils bossent pour bouffer, comme tout le monde ...

Répondre
> ho tu sais moi ...., David, 23 janvier 2003

> Les autres ? Ils bossent pour bouffer, comme tout le monde ...

1) qu’est-ce que cela prouve ? 2) qu’en savez-vous, en fait ? avez-vous fait une évaluation de la motivation de l’ensemble des enseignants ?

"non, sans blague, c’est valable pour combien de profs cet engagement paléo-républicains la larme à l’oeil ? 10% maxi ?"

Beaucoup.

On voit en tout cas que vous n’avez pas lu les réponses qui précèdent sur cette page.

Mais un certain nombre a décidé que lutter ne servait plus à rien, vu ce qu’ils ont connu.

D’abord, jetez un oeil sur la page Analyses et les liens de http://sauv.net/

Ensuite, je vous donne quelques liens, pour vous montrer que nous luttons (et ces liens vous mèneront vers d’autres liens, etc) - et que c’est un problème international (l’Europe copie le système d’éducation américain, érigé en modèle).

Le site de Vandale http://vandale.free.fr/
-  lire notamment "Le niveau monte" http://vandale.free.fr/page401.html

Union des sites Web pour la défense de l’école : http://membres.lycos.fr/styx/union.htm

MANIFESTE POUR L’INSTRUCTION PUBLIQUE http://membres.lycos.fr/mpip (où les syndicats sont accusés en même temps que l’Etat)

Résistons pour l’Ecole http://membres.lycos.fr/sauvonsecole/

Reconstruire l’Ecole http://membres.lycos.fr/reconstrlecole/ (très bien, avec des textes de loi, rapports ministériels etc...)

Défense des classes prépa http://perso.club-internet.fr/sergbelh/

L’Association des Professeur de Lettre http://www.aplettres.org/

Sauvegarde des Enseignements littéraires http://www.sel.asso.fr/

Sauver les Lettres http://www.sauv.net/

Sauvez les Maths http://www.multimania.com/sauvezlesmaths/

Le site de Michel Delord http://michel.delord.free.fr/ (sur le refus d’enseigner une pensée structurée)

Anti-Réforme : http://membres.lycos.fr/styx/anti.htm

Pour la défense de l’école républicaine http://perso.wanadoo.fr/claude.rochet/ecole/cadrec.html

Anarchy in the IUFM http://www.geocities.com/iufmz/ (de l’inutilité et du coût de cette invention débile - j’en témoigne) en particulier : http://www.geocities.com/iufmz/hypocrisie.html

Désespérer Billancourt http://membres.lycos.fr/desesperer/ (comme quoi l’absence de dialogue mène au radicalisme)

Les parents en colère (à associer avec Le Figaro Magazine du 31 août 2002) http://www.autonomie.org/parents/

etc...

Tous ces sites expliquent une seule et même chose : la destructuration de l’enseignement, la baisse des exigences qui est surtout un mépris pour les élèves, une politique qui consiste à empêcher les élèves d’acquérir des connaissances (c’est démodé !) - de sorte qu’ils ne savent plus écrire ni compter, ni raisonner, ni réfléchir. Si vous voulez des preuves, demandez à un prof . Vu le nombre de site et d’analyses concordantes sur le sujet, c’est que le problème est bien réel, non ?

 
Répondre
> another post in ze wall, Jedi, 24 janvier 2003

"1) qu’est-ce que cela prouve ?"

> qu’ils ne sont pas là pour sauver l’humanité mais pour avoir un chèque.

"2) qu’en savez-vous, en fait ? avez-vous fait une évaluation de la motivation de l’ensemble des enseignants ? "

> non, j’ai juste lancé une pétition on-line, et avec un système de statistique trop cool j’ai établi un ratio trop précis. Plus sérieusement, je suis assez jeune pour avoir des souvenirs frais de mon passage au sein du système éducatif, j’y ai rarement croisé des profs aussi motivés que vous (bravo) ou motivés tout court.

"On voit en tout cas que vous n’avez pas lu les réponses qui précèdent sur cette page ... Ensuite, je vous donne quelques liens, pour vous montrer que nous luttons "

> bien sûr, si je vais sur jesuisunprofultramotivé.com, je risque de retrouver une certaine mouvance ... qui a dit "microcosme" ?

Enfin, je vous l’affirme : la dérive des réformes est sûrement mauvaise et tout, mais je ne parlais pas du tout de ça.

Désolé d’être le seul gus à m’entretenir de cela avec vous car vous me semblez être de bonne foi, concerné, passionné, en colère, superbe et fascinant. Ahh ... si vous aviez été mon maître, j’aurais été un élève comblé, un disciple fervant, un apprenti dévoué, un apprenant sincère, un écolier zélé. Mais je suis tombé sur des connards désabusés qui mattaient le cul des meufs en envoyant au tableau les filles les mieux gaulées, des mal baisées qui ne savaient que soupirer en rendant les copies de maths dans une ambiance de mort, des adjudants obéses maniaques du sifflet, des incompétants formatés qui pensaient parler à des cons et le faisaient voir, des partisans qui utilisaient leur classe comme tribune politique, des branleurs incultes qui nous passaient leurs diapos de vacances en rêvant aux palmes académiques, des créatures de fankenstein qui nous parlaient de sexualité ...

Bien sûr, j’ai croisé de bons profs, des jeunes le plus souvent, pleins de fougues (et d’hormones) qui arrivaient à établir un lien avec la classe, à la faire rire et à l’interresser, à lui apprendre, à lui transmettre. Ils étaient trop peu à mon goût.

Répondre
> and anozer wane, David, 26 janvier 2003

> "Désolé d’être le seul gus à m’entretenir de cela..."

mais non, au contraire, mon but en "venant" ici, c’est précisément de discuter, de faire connaître la complexité de la situation, de remettre en question ce qu’on ne peut remettre en question (les réformes etc), tout ceci avec des gens qui ont vécu autre chose, qui pensent autre chose, etc... sinon, on n’avance pas.

Je suis donc absolument ravi de pouvoir en parler avec vous (j’aime bien votre style, d’ailleurs, clair, direct, dynamique et humoristique).

Ce qui me stupéfie, c’est l’ambiance admirable de ce forum. Non seulement il est possible de s’écarter de la pensée unique qui règne en notre bô pays, mais en plus, on observe une volonté de construire une discussion (et non de jouer à un Doom-like).

Pour revenir à nos moutons (corbeaux, vipères, etc.), ce que vous dénoncez est tout à fait vrai. Il faudrait revoir la formation professionnelle de l’enseignant, en y intégrant (ce n’est pas faute de le réclamer) des cours de psychologie de l’enfant et de l’adolescent (mais ils ne peuvent pas le faire, car ces cours diraient de faire exactement le contraire de ce que dit l’IUFM), des cours de psychologie dynamique de groupe (ce qui n’est pas possible, car cela nous inciterait à prendre conscience de l’auto-culpabilisation qu’on nous inculque), des cours où l’on apprenne à agir en CONNAISSANT les implications psychologiques symboliques que cela peut avoir chez notre interlocuteur (sans bien sûr se transformer en psy pour autant) - mais ce n’est pas possible, puisque CONNAITRE, c’est révolu (on n’enseigne plus que des techniques).

Je pense que cela améliorerait considérablement les choses. Ajoutez à cela une considération un peu plus positive de la part de l’Etat (on ne peut reprocher à des soldats que l’on insulte de perdre une guerre), un repérage (non orienté idéologiquement) des enseignants réellement problématiques (avec qui il faudra discuter ouvertement), une incitation à utiliser des méthodes pédagogiques MULTIPLES (plutôt que d’imposer une norme unique), etc...

On a tendance à vouloir s’appuyer sur le réel pour changer les chose : c’est oublier que trop souvent, le monde réel est ce qu’on en fait et ce qu’on en a fait. Il serait temps que nos hommes politiques en prennent conscience (je pense à l’insécurité par exemple).

Enfin, en ce qui me concerne, je ne sais si je suis tel que vous le dites ;)) Je tente juste de faire mon travail au mieux, humblement si possible, et dans l’intérêt de l’élève. Mais j’avoue ignorer si j’aurai la même fougue et le même courage (il en faut, pour tirer une classe entière démotivée) dans trente ans ou plus... Faudrait-il une retraite à 35 ans pour les profs ? mdr

Répondre
> and anozer wane, Jedi, 27 janvier 2003

"j’aime bien votre style, d’ailleurs, clair, direct, dynamique et humoristique"

> et encore, vous n’avez pas vu le matos ... :)

"une incitation à utiliser des méthodes pédagogiques MULTIPLES (plutôt que d’imposer une norme unique)"

> All right with it !! Mais comment faire assimiler un programme unique à une multitude d’élèves differents, en utilisant (par dessus le marché™) des méthodes "multiples" ?

La première nécessité est, on le voit bien, que les enseignants soient des personnes motivées par la transmission, ayant le sens du contact, un sens d’adaptation aux autres milieux, et surtout un "amour" de la matière qu’ils enseignent ... bref, un tas de qualités rares.

La deuxième chose étant évidemment de plastiquer les IUFM.

c’est pas gagné ...

Répondre
> and anozer wane, David, 27 janvier 2003

"et encore, vous n’avez pas vu le matos ... :)"

> J’attends de voir ça... ;))

"Mais comment faire assimiler un programme unique à une multitude d’élèves differents, en utilisant (par dessus le marché™) des méthodes "multiples" ?"

> 1) en remettant en question l’idée de collège unique, programme unique, pensée unique, lycée unique, etc... 2) ce n’est pas un problème : plusieurs méthodes différentes voire opposées peuvent faire passer un même contenu. Une méthode n’est idéologique que dans la mesure où elle est appliquée de manière exclusive. (tiens, ils ont peut-être un brevet à la clé...)

"bref, un tas de qualités rares." > certes, et c’est ce tas de qualité que les profs motivés essayent d’enseigner et de faire passer malgré la haine du savoir et des profs de la part de leurs supérieurs - ou de l’IUFM sub-cité.

"La deuxième chose étant évidemment de plastiquer les IUFM. 

c’est pas gagné ..." En général, certes non. Si vous parlez de plastiquer les IUFM, non plus, surtout dans le contexte actuel ;))

Mais si des journalistes se mettaient à calculer le rapport qualité (nulle)/prix (énorme) de l’IUFM et sa place dans le budget de l’éducation nationale (sans compter les profs qui n’enseignent plus), alors, on pourrait peut-être avancer...

Répondre
> ???, Jedi, 27 janvier 2003
’tain mais tu bosses jamais ou quoi ? ;)
Répondre
> ???, 27 janvier 2003

!!!

pourquoi ? J’ai des cours bien regroupés, donc je bosse chez moi. Par ailleurs, je tape très vite.

Ensuite, le temps que je passe ici à défendre ma profession, je ne considère pas que c’est du temps perdu.

Enfin, si je prends du temps quelque part, il faut que je récupère ailleurs. Je gère mon temps comme je le veux (ou peux), c’est tout. Résultat : si je ne bosse pas une partie de l’après-midi, je bosse jusque minuit le soir. Evidemment, ce genre d’organisation ne se concevrait pas dans le cadre d’une vie de famille... Enfin, j’avoue que je suis incapable de corriger 32 copies d’un coup, lorsqu’il s’agit de devoirs longs. Selon les devoirs, ça va de 10 à 30 minutes par copie (selon aussi la quantité d’annotations, et la longueur de la copie). Entre deux, il m’arrive de regarder ce qu’il advient du forum. Et comme ça se paie, je prends ce temps sur mes loisirs.

Enfin, certains dimanches, je décide de ne pas travailler. Donc hier, je n’ai pas travaillé. Faut-il me le reprocher ?

Répondre
> ???, 27 janvier 2003
Et, à ce propos, toi non plus, tu ne bosses jamais ?
Répondre
> ???, Jedi, 28 janvier 2003
si si, mais qui n’a pas le net au travail de nos jours, hein ??
Répondre
> révolte, David, 28 janvier 2003

je vois... Ça veut tout dire...

Non, plus sérieusement, si je dois faire des poses entre les copies, c’est surtout pour éviter de déprimer : quand j’ai 20 copies sur 30, en Seconde, où je lis des choses du genre (j’en prend une au hasard, si, si !) :

[ne pas corriger la grammaire SVP] "Il rêve de retourné a ces occupations du Passé sur des terres abitait et ces en regardant autour de lui et c’est grace a la nature qu’il ce met a rever de ce voyage qui le ferait partir loin, très loin."

j’avoue que c’est dur pour le moral. Je finis par comprendre pourquoi certains profs finissent alcolos... On finit d’ailleurs par s’énerver et se demander si nos collègues de collège sont débiles, inconscients ou incapables [tiens ! je m’énerve ! - désolé pour ceux qui ne sont pas concernés]. Ceci dit, la commission d’appel doit y être aussi pour quelque chose.

Et comment lutte-t-on contre cela tout là-haut ? en faisant encore moins de grammaire en primaire et au collège : ils fument combien de joints par jour au ministère ?

Et dire qu’on préfère parler de l’ennui à l’école... C’est sur que ça, au moins, ça ne remet pas en question la Perfection Du Ministère et Des Sciences De L’Education !

Répondre
> révolte, Jedi, 28 janvier 2003

La citation montre bien le malaise de l’élève, ce désir de partir loin, de se ballader dans la nature. De plus, son faible niveau grammatical nous indique aussi un tempérament porté plus sur la dépense physique que sur l’érudition.

C’est sans malice que je propose cette solution : donnons un avenir à ces jeunes, et un avenir à la France.

Facilitons l’engagement de ce genre d’individu dans une armée de métier, une force pacifique qui veillerait au maintient de l’ordre démocratique, aussi bien sur notre magnifique territoire que dans les coins les plus reculés de notre "village mondial"...

Plus sérieusement, ils vont faire quoi ces mecs si les profs baissent les bras ? Hein ?

Allez, courage ...

Répondre
> révolte, David, 28 janvier 2003

"son faible niveau grammatical nous indique aussi un tempérament porté plus sur la dépense physique que sur l’érudition."

eh eh eh...

Je propose une réforme COMPLETE du système d’enseignement, à commencer... par le gouvernement...  :-D :-D :-D

[D’ailleurs, je ne comprends pas qu’un philosophe de salons parisiens sans expérience de l’enseignement puisse participer à l’élaboration de programmes ou devenir ministre de l’éducation nationale (comme un oiseau...)]

"C’est sans malice que je propose cette solution : donnons un avenir à ces jeunes, et un avenir à la France. "

> En théorie, c’est ce que j’aimerais ; mais en pratique, qu’ai-je à offrir ? J’ai l’impression d’expliquer comment nouer ses lacets à quelqu’un qui doit grimper l’Himalaya... tout en sachant, comme le disent eux-même les élèves, que le BAC est devenu le brevet des collèges en moins de 4 ans...

De l’abnégation, j’en ai, une volonté de les motiver aussi, mais j’ai juste parfois l’impression d’être mère Thérésa (ça ne te rappelle rien, juste en dessous ?)

Ce que je revendique, ce sont des objectifs faisables. Je ne vois aucun inconvénient à enseigner à ces élèves, à condition qu’on me dise que l’objectif est la maîtrise de la langue. Point. Et qu’on me donne le droit d’enseigner en conséquence.

"Facilitons l’engagement de ce genre d’individu dans une armée de métier"

> certes, au moins, à l’armée, ils apprennent à lire. Et là, on ne fait pas dans les méthodes infantilisantes...  :))

"Allez, courage ..."

> merci, merci !

 ;-)

Répondre
> oui mais ..., David, 23 janvier 2003
Rappel, Sam, 27 janvier 2003

Pour ceux qui n’auraient pas remarqué cette URL citée sur la page d’entrée (d’Uzine) : http://www.sauv.net/ctrc.php ?id=28 .

Je confesse que les IUFM n’existant pas encore à la haute époque où je fus accueilli en cette noble corporation, je n’ai pas eu la chance de bénéficier d’une telle préparation au métier qui m’attendait...

Répondre
> Rappel - PS, Sam, 27 janvier 2003

A la réflexion, pourquoi ne pas être un peu plus précis. N’est-ce pas ?

A cette époque donc, que la pudeur m’interdit de dater davantage, et après une année de préparation, vous passiez un concours destiné à vérifier que vous connaissiez les matières que vous alliez avoir à enseigner.

Et si la chance ou le jury vous avaient été favorables, avant d’être envoyé à Hazebrouck ou dans les Ardennes (ce qui était au reste parfaitement légitime, le concours étant national et destiné à pourvoir en enseignants un pays qui n’était pas composé uniquement de la Corse, de la Côte d’Azur et de la région parisienne), avant de partir vers votre destin, donc, vous étiez pendant une année "stagiaire".

On avait connu cela quelques années auparavant, lorsqu’on était potache, et on le vivait à présent de l’autre côté de la barrière.

En ce qui me concerne, j’ai eu le sentiment que la gache n’était pas mauvaise pour les trois enseignantes successives qui m’ont reçu dans leur classe : j’ai eu le privilège de corriger leurs paquets de copies et de faire les cours qu’elles ne tenaient visiblement pas à faire (je laisse ici le lecteur imaginer les raisons possibles) tout en papotant au fond de la classe avec les deux jeunes femmes dont je partageais le sort.

Mais, à part ces observations un peu aigres, je dois reconnaître que cela permettait au débutant d’apprendre à exercer ses talents en pilotage accompagné, et sans risque de faire perdre une année à une classe en cas d’inexpérience trop pénalisante.

Et l’année d’après, on plongeait dans le grand bain - et sans stage d’expression corporelle, donc.

Répondre
> Rappel - PS - erratvm, Sam, 27 janvier 2003

> [...] j’ai eu le privilège de corriger leurs paquets de copies et de faire les cours qu’elles ne tenaient visiblement pas à faire (je laisse ici le lecteur imaginer les raisons possibles) tout en papotant au fond de la classe avec les deux jeunes femmes dont je partageais le sort.

Ouais, emporté par l’enthousiasme et la nostalgie, je m’aperçois que j’ai bâti une construction un peu alambiquée, sinon fautive. En un mot, que les choses soient claires entre nous, ce n’est pas moi qui papotais agréablement au fond de la classe avec les deux autres stagiaires pendant que le cours sur... disons "la règle de trois dans une algèbre de Banach", se serait fait tout seul !

Répondre
> Bitrange (autant qu’ézarre), Sam, 28 janvier 2003

Effet de bord d’un simple copier/coller ? L’URL à ne pas louper est exactement : http://www.sauv.net/ctrc.php ?id=28

Santé donc.

PS si Uzine refait le coup ; descendez tout en bas à droite de la page de garde, et allez lire "IUFM ou secte ?".

Répondre
> Bitrange (autant qu’ézarre), David, 28 janvier 2003

Ça vaut le détour en effet.

A ce propos, avez-vous lu les consignes académiques pour les élèves à la piscine (intitulé : "Aqua ça sert d’aller à la piscine"), un peu plus haut sur cette page ?

Répondre
> Bitrange (autant qu’ézarre), Sam, 29 janvier 2003

> A ce propos, avez-vous lu...

Oui, car contrairement à ce que prétendent de mauvais esprits, je lis le forum avant d’écrire, et j’ai été consterné autant qu’indigné.

Répondre
Lien utile, David, 5 février 2003
un nouveau site sur le sujet (avec forum)
 
en ligne : OIPEF
Répondre