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mardi 23 janvier 2001
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L’adjectif « ethnique » dans tous ses états

par Vykinge
 
Tout le monde a entendu parler des terribles « massacres ethniques » qui ont fait, en 1994, près d’un million de victimes au Rwanda. Et pourtant...

Ethnique = circulez, y’a rien à voir

Pourtant ces massacres n’avaient pas grand chose d’ethnique. En effet les Hutus et les Tutsis ne se distinguent ni par leur physique, ni par leur religion, ni même par l’aire géographique où leurs ancêtres ont développé leur culture. L’ethnicité dont ces deux groupes ont été affublés a été créée de toutes pièces par les Européens durant le XXe siècle (voir la bibliographie)... mais ce fut bien pratique en 1994 pour renvoyer dos à dos Tutsis et Hutus alors que ces derniers (soutenus à bout de bras et armés jusqu’aux dents par les Français), c’est plus clair que jamais, étaient les auteurs d’une agression minutieusement planifiée. L’emploi de l’adjectif ethnique dans ce cas est une manière comme une autre de dire qu’il n’y a pas eu génocide, mais des massacres entre ethnies, une vulgaire guerre civile, quoi, le train-train africain...

Dans le même ordre d’idée, S. Hoffmann, professeur d’histoire à Harvard qualifia en 1978 l’extermination d’un quart de la population du Timor-Oriental par un Suharto porté à bout de bras et armé jusqu’aux dents par les Américains, de « bain de sang ethnique », sans la moindre remarque concernant, par exemple, les importantes ressources pétrolières en mer de Timor ou le fait que le dictateur était un valet bien pratique des Etats-Unis dans une région stratégique pour ces derniers, valet qui avait déjà, lors de son arrivée au pouvoir en 1965, fait massacrer des centaines de milliers de personnes et exterminer le PKI, parti communiste indonésien (voir N. Chomsky : Responsabilités des intellectuels, Agone Editeur, 1998).

Ethnique = africain

Toujours est-il qu’en général, le terme d’ethnique est réservé aux Africains. Tout ce qui est politique ou politico-économique en Afrique est revêtu des oripeaux ethniques par les Européens, ce qui leur permet de faire l’économie d’une réflexion approfondie sur des problèmes proprement politiques comparables à ceux qui les touchent. C’est tellement plus commode, n’est-ce pas. Ainsi le génocide au Rwanda n’est qu’un exemple, certes frappant, de l’emploi de l’adjectif « ethnique » qui en l’accolant aux termes de « conflit », « clivage », « différend », etc.. permet de dissimuler, au mieux un préjugé, au pire un racisme certain.

Il y a bien sûr des ethnies en Afrique, mais tout se passe comme si, en Afrique, tout ressortait de la problématique ethnique, et ne ressortait que d’elle.... ce qui expliquerait le « sous-développement », la misère, les famines, etc...

Ethnique = exotique

Mais il n’y a pas qu’en Afrique que « fleurit » l’ethnique. Tout le monde connaît les problèmes que les minorités ethniques posent aux pouvoirs publics étatsuniens, les pauvres (problèmes heureusement en passe d’être résolus par un taux d’incarcération record, à en croire les travaux reconnus de Loïc Wacquant sur la question). Minorités ethniques ? Minorités, on comprend, ils sont moins nombreux que « les autres » ( ?), mais « ethniques » ? Ne sont-elles pas américaines ? Si, mais noires ou de langue maternelle espagnole, donc pas vraiment américaines (la preuve, elles n’ont même pas su profiter du « miracle » américain).

Mais même en Europe, on a de l’ethnique. Ne nous a-t-on pas dit/écrit et répété que les conflits qui ont déchiré l’ex-Yougoslavie étaient à caractère ethnique (avec la création, par la même occasion, d’une ethnie inédite : les musulmans - en Bosnie !) ? En effet, rien de politique dans ces conflits en cascade (la dictature de Milosevic a elle aussi été présentée comme la dictature serbe sur les autres ethnies), encore moins d’économique (le huitième corridor ? Connais pas ! Voir à ce sujet l’article d’Arno dans le Scarabée du 7 juin 1999 : Où est passé le 8è corridor ?).

Arrêtons ici. Quand même la musique peut être ethnique si elle a des accents pas de chez nous (et c’est quoi « chez nous ? »), on comprendra que l’adjectif « ethnique » doit se trouver un remplaçant plus précis... si tant est qu’on en ait besoin, ce dont je doute fort. Quoi qu’il en soit, principe de précaution oblige, son emploi dans les médias devrait automatiquement faire se dresser l’oreille intérieure des gens qui réfléchissent à ce qu’on leur assène.

 
 
Vykinge
 

Bibliographie très très sommaire sur le Rwanda (en-dehors de toute une série d’ouvrages parus à aux éditions de L’Esprit Frappeur) :

-  A. Des Forges : Aucun témoin ne doit survivre (Khartala, 1999)

-  D. Franche : Rwanda. Généalogie d’un génocide (Mille et Une Nuits 1997)  [1]

-  J.-P. Gouteux : Un génocide secret d’État (Editions Sociales 1998)

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> L’adjectif « ethnique » dans tous ses états
2 juillet 2003, message de emmanuelgarot@hotmail.com
 
Pas mal le sanglot de l’homme blanc bis. Pas de chance les Hutus et les Tutsies sont des éthnies différentes, les premiers sont originaires de l’ouest africain quand les seconds sont des nilotiques. La spécialisation économique (cultivateur/éleveur) ne fait que recouper une différence physique confirmée par de récents travaux sur les codes ADN. Bref, les sociétés africaines sont tragiquement banales et connaissent, comme nous, une histoire faite de paix et de guerres. Pas de bon sauvage qui tienne M. Rousseau.
 
en ligne :
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> L’adjectif « ethnique » dans tous ses états, 2 juillet 2003

ADN, ADN, quand tu nous tiens ! Je me demande qui sont les commanditaires de cette recherche inconnue qui valide le travail des petits pères blancs et autres bons samaritains. Mais je ne discuterai pas la validité de la SCIENCE ... ce serait une autre discussion.

Bien sûr que l’histoire des Africains est banale à pleurer comme la nôtre. La seule différence (et c’était l’objet de mon texte, si vous l’av(i)ez lu) est que quand les Occidentaux se mettent sur la gueule, c’est souvent pour des raisons nobles ou tragiques ou atroces... Les Africains, eux, ce n’est que pour des raisons ethniques (des gamins, quoi !)... CQFD

Alors non, dans cas-là, pas de "bons sauvages" qui tienne, non, de vrais sauvages ces gens qui ne savent pas faire une bonne guerre pour de "bonnes raisons".

Comme quoi, même si on a de bonnes idées, on peut s’appliquer dans ses lectures.

Salut

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> L’adjectif « ethnique » dans tous ses états
17 décembre 2002
 

ETNICO / ARRADEMENTO/ TESSUTO/ CUCINA/ MUSICA CINEMA/CULTURA TU PARLI DI Ruanda jugoslavia musica etnica : non merci : folk cucina etnica : no grazie ; locale cultura etnica : no gracias : regionale basta avec le nettoyage ethnique

voir : LTI la langue su III Reich de Victor Klemperer merci pour ton article

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> L’adjectif « ethnique » dans tous ses états
3 décembre 2002, message de Mathieu
 

Je ne comprends pas pourquoi on se dresse comme ca devant le terme ethnique dans l emploi que l on s en fait dans notre societe.

D accord le terme est peut etre un peu frauduleux,vu les significations originnelles qu on lui attribut, mais si ethnique remplace aujourd hui exotisme je ne vois pas en quoi ceci est genant. ethnique correspond a une evolution de nos representations, qui sont desormais plus proches de la realite que lorsque on utilisait le terme exotique.

Si l ethnique est quotidien comme l ecrit Anne Raulin ou je sais plus qui, c est parcequ il correspond a une transformation et a une interpenetration de nos cultures.

L ethnique devient alors ce en quoi nos cultures se rapprochent et sinfluencent,plus que tout autre chose.

Utiliser le mot ethnique n est pas choquant si on a effectivement en tete que ce que l on qualifie d ethnique n est pas un tout rigide, mais quelquechose de transformer par l originalite de la relation qui s installe entre deux cultures. c est a dire que la nature de l interaction, comme l implantation d un restaurant senegalais, ou meme juste sa frequentation, va faire que l on va evoluer et que l autre aussi va evoluer... la population senegalaise va adapter son rythme de vie a la population autochtone et la population autochtone va s interesser a des valeurs differentes ou de la musique differente par exemple...

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> L’adjectif « ethnique » dans tous ses états
25 janvier 2001, message de Vykinge
 

Voilà ce que mon petit frère m’a répliqué, l’animal. Mais, bon, il y était, lui, en tant que coordinateur pour les réfugiés à Goma, pour le compte du HCR, alors je me suis dit que son mot à dire sur la question pouvait avoir de l’intérêt.

Je ne suis pas tout-à-fait d’accord avec ce que tu dis sur les Hutu et Tutsi.

Bien qu’on puisse dire la même chose des francais et de tout autre peuple, il semble bien que les Tutsi soient venus du nord-ouest il y a quelques siècles de cela. Ce qui n’est pas très important en soit. Ce qui l’est plus c’est qu’ils avaient des modes d’existence assez différents des pecs du coin (ou du moins qui étaient dans les parages lorsque les autres ont fait leur apparition). En gros ils étaient éleveurs alors que les autres avaient tendance à être cultivateurs ... et on retrouve là le combat qui a duré des milliers d’années entre cultivateurs et éleveurs. Par la suite, le fait d’avoir une vache au Rwanda de l’époque, s’est traduit par un certain statut social (je crois que ca s’appelait imidugudu ou quelque chose comme cela). Et que les grands (avec un petit nez droit et des grandes jambes, des grands tibias en particulier ... ce qui explique pourquoi les Tutsi, en se faisant génocider, se faisait couper les jambes ou le nez à la rigueur, marque de supériorité sociale etc ...) avaient tendance à avoir un statut social marginalement plus haut et une richesse relativement plus grande que les courts sur pattes et un gros nez.

Il y a eu en effet un mélanges entre ces groupes A L’ORIGINE différents physiquement, mais ces mélanges n’ont pas masqué le fait qu’il y a des différences frappantes entre un Tutsi pur beurre et Hutu pur laine. Encore une fois, pas forcément un problème bien qu’il soit plus facile de gouverner un pays avec 200 groupes soit-disant distincts qu’un pays avec seulement 2 groupes principaux. Bien sur, ce qui compte c’est que les belges, les allemands, les francais ont joué en général la carte Tutsi, bien qu’au dernier moment les francais, comme les belges d’ailleurs se sont par la suite appuyés sur les Hutu car les Tutsi n’étaient considérés que comme des ingrats qui prenaient des grands airs et ne voulaient pas toujours se plier au désidérata des coloniaux. De plus ces mêmes coloniaux se sont apercus qu’il y avait péril en la demeure d’être percu comme soutenant une élite.

Le problème au Rwanda est assez différent je crois du problème dit ethnique créé par Staline .... quoique .... toujours la question de l’oeuf et de la poule. Les coloniaux ont contribué à créer une conscience ethnique mais je ne crois pas qu’ils l’aient fabriqué de rien. Il y avait déjà, quelque part, une certaine conscience d’être différent. Cette différence était surtout économique mais coincidait au moins partiellement avec une différence physique. D’où amalgame etc ...

bon, voilà mon grain de sel.

L’autre problème est que maintenant le REGIME (je dis bien régime !!) de Kigali s’appuie sur le génocide pour refuser tout partage du pouvoir et créer un système militaire qui semble de toute facon être la seule solution de survie pour les membres de ce régime. Encore une fois cela risque d’entraîner les autres dans la même spirale de violence et vers un deuxième génocide. Après, peut-être le monde sera-t-il prêt de discuster une partition du Rwanda (et du Burundi qui sait !). Il est probablement trop tard pour toutes ces histoires de réconciliation et puis, dans le long terme, le Rwanda est ingérable (trop de monde, bien qu’avec le sida .... ; trop petit, et les Hutu et Tutsi encourageant leurs membres à se reproduire le plus vite possible ; trop pauvre etc ...), ce qui va alimenter la violence au lieu de permettre un écoulement dirons-nous pacifique de la population en excédent (comme au 19 eme siècle et début 20 eme) vers les pays voisins.

on peut continuer longtemps. ciao. joel

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soyons sérieux
25 janvier 2001
 

A propos d’« ethnique », article de Vikinge. Un titre" M’Bokolosien" qui nous distille une touche de sensationnalisme façon presse écrite, et un article dont la teneur devrait se rencontrer beaucoup plus souvent.

L’ethnie est aujourd’hui vide de sens bien sûr, parce que le commun s’en empare pour justifier ses centrismes et ses racismes ordinaires ; parce que les médias la déclinent " sur tous les tons et sur toutes les bottes" ( échappant ainsi aux travaux rebutants et ingrats de la recherche d’info, de l’enquête, de la lecture même, et je ne parle pas de l’analyse), parce que le politique se meurt et que l’économique ethnicise ses parts de marché (celui de la guerre, du pétrole, ou des soap TV...), nouveau concept, excellent, très vendeur...

Mais il semble évident aujourd’hui que l’ethnie n’a jamais eu de sens autre que celui que nos anthropologues ont bien voulu donner aux "peuplades primitives" qu’ils connaissaient parfois si bien, mais dont ils auraient bien été incapables de dire en quoi elles pouvaient être qualifiées d’ethnies. Ainsi, mon Elikia M’Bokolo (ethnologue éclairé) de début d’article écrivait-il y a 15 ans déjà qu’une ethnie, état-nation à caractère territorial au rabais, voyait le jour quand un ethnologue désirait se faire connaître et reconnaître auprès de ses pairs ; et que ce blanc et bel aventurier s’échinait à y consacrer un ouvrage.

Autant dire qu’aujourd’hui, en cette période de crise identitaire (quasi ethnique, c’est à dire fratricide, irraisonnée, génocidaire et fascinante d’exotisme) que vit l’ethnologie, le reste du monde, les profanes de l’ethnicité, évoquent un sujet qui n’est que du vent, un relent de désillusion, un rot de biologiste nazi ivre de hiérarchies pangermaniques.

Pour ma part, c’est la mondialisation (ou impérialisme, ou néo-colonialisme ou occidentalisation, ou extension du grand capital, comme vous voudrez) et son cortège d ’acculturation que je voudrais évoquer. Je ne suis pas folkloriste, je ne crois plus au mythe du bon sauvage, mais quand une population perd les fondements de sa culture, et bien elle meurt. Au sens propre, physiquement. Qu’en dire ?

Enfin et j’en aurai terminé avec ma première et très agréable visite de Minirézo, je voudrais poser la question si simple et fondamentale que pose l’ethnie et l’histoire de ce concept tronqué et castrateur (à tous niveau y compris celui de la machette) La question de notre rapport à l’altérité, quelles façons de voir l’Autre, pourquoi vivre avec, ne pas lui taper sur la gueule, pourquoi le supporter, c’est quoi l’étrangeté…

Non, je ne vous embrasse pas avec la langue, et d’ailleurs je ne vous connais même pas.

Goulven, Nantes.

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Le vrai et le faux : les catégories de l’esprit
23 janvier 2001, message de Grosse Fatigue
 

D’une certaine manière, on peut dire qu’ethnie est un concept acceptable : il est relatif, c’est un jugement de valeur. On peut dire, d’une certaine manière, que je ne fais pas partie de l’ethnie des anglais. Il suffit de leur montrer ma carte d’identité. Même chose pour la race. On peut dire que je n’appartiens pas à la race noire : vu mon ascendance, je n’ai pas grand-chose d’extérieur en commun avec mon copain camerounais. Sauf que : ces catégories pourraient être remplacées par d’autres. D’un point de vue biologique, on pourrait s’amuser à remplacer les "races" par les groupes sanguins. Ce serait rigolo. D’un point de vue intellectuel, on pourrait remplacer les races par les affinités, les goûts. Un Fang du Gabon qui aimerait le Reblochon serait plus proche de moi qu’un français "de souche" qui aime la techno.

Mais je rêve.

Les différences ethniques entre Tutsis et Hutus sont aussi légitimes qu’entre Européens et Asiatiques. Et aussi peu. On ne relève pas du critère du vrai et du faux, mais de l’entendement.

C’est dire si l’on est avancé !

(eh oui, je suis un spécialiste de la question, ah ah ah ! )

 
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> Le vrai et le faux : les catégories de l’esprit, 23 janvier 2001

Rien ne légitime un génocide, de toute manière, mais à en croire les autres spécialistes (que GF) il n’y a AUCUNE différence ethnique entre les Tutsis et les Hutus, juste des différences sociales créés, comme je l’écrivais, de toutes pièces par les Européens.

Ceci dit, il est vrai qu’un Norvégien d’Oslo ("de souche") se sent certainement plus proche de moi, le bougnoule urbain d’Oslo (ce qui tombe bien), que de ses compatriotes paysans ou pêcheurs du nord du pays...et que je me sens sans aucun doute possible plus proche de mes amis Wolof de Dakar que des stars étatsuniennes (ou des abrutis qui les contemplent à longueur de journée). De là à parler d’ethnies...

... bien content que Grosse Fatigue nous rouvre ses bras endormis...

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> Le vrai et le faux : les catégories de l’esprit, Kristion, 25 janvier 2001

"Aucune différence", "créé(e)s de toutes pièces", "ne sont-elles pas américaines"... Hé, l’Histoire c’est important, ces différences, elles ont peut-être été créées de toutes pièces à un moment donné par une volonté politique, il n’empêche qu’une fois là, il faut faire avec et on ne peut pas tout simplement les congédier d’un revers d’humanisme un peu facile. Qu’on me comprenne, je ne soutiens ni la colonisation de la Palestine, ni le déni des droits des peuples aborigènes, ni les serbes contre les bosniaques, ni les wallons contre les flamands, ni ni ni, mais quand une différence sociale est là, je comprends tout à fait qu’elle puisse être un des facteurs des conflits et avoir un intérêt légitime. Bien sûr que c’est une question politique, toute question culturelle et sociale est politique. Je ne crois pas qu’il faille trop s’énerver là-dessus, je suis d’accord qu’il faut être vigilant sur l’emploi de cette dénomination dans les média et combattre son effet anesthésiant "circulez y a rien à voir", "emballé c’est pesé" et autres "tous dans le même sac", mais j’estime que ça peut avoir une certaine légitimité, simplement la légitimité de l’histoire qui introduit de gré ou de force des différences là où dans d’autres circonstances, auraient pu régner l’harmonie et l’âge d’or des copains. Je veux dire, l’Hachette que j’ai sous le clavier me dit : ethnie n. f. Groupement humain caractérisé principalement par une même culture, une même langue. Et là je me dis que les gens qui viennent chez moi (mon boulot c’est de faire des noeuds, voir réf) et me demandent des tatouages "ethniques", au début ça m’énervait mais sur tout un tas d’allumés, ça colle à la définition, ça fait vraiment partie d’un drapeau qu’ils veulent se coller sur eux pour se rassembler et s’exclure du reste, pour écrire une histoire ensemble et contre le reste. J’aurais tendance à proner l’ensemble pour qq chose mais bon, il y a quand-même un semblant de légitimité dans l’emploi du mot dans ces circonstances. Bien-sûr je parle des qq explorateurs d’autres modes de vie, pas de la récupération mercantile du concept, collections de disques (bons au demeurant) et lignes de fringues.

A+ Kristion

 
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> Le vrai et le faux : les catégories de l’esprit, paolo, 25 janvier 2001

Bonjour

Je vois qu’il faut pas te la faire, tu a eu une réponse pertinente et j’avoue avoir été surpris par ce que j’ai lu, ces guere tribales à qui elles sont servies. Qui à en tiré profit si ce n’est les marchands d’armes ? Qouique qu’il n’ont guere besoin d’armes automatique ils s’entretuent avec des machettes.

Au fait ton sites est trés bien, je vais le mettre dans mes favories et l’examiner à la loupe.

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> Le vrai et le faux : les catégories de l’esprit, 25 janvier 2001

qu’entends-tu par catégories ??

Quelle efficience, quelle utilité donnes-tu à cette catégorie, quel intérêt y vois-tu pour la compréhension de l’Autre ?

Quel type de rationnalisation l’ethnie comme catégorie propose-t-elle ? Que peut nous apporter cette rationnalisation de l’humain ?

Bien à toi

Goulven

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> L’adjectif « ethnique » dans tous ses états
23 janvier 2001, message de Chah Bo Delire
 
Tout cela est terriblement trop vrai, l’histoire de ces 10 dernières années en Côte d’Ivoire le confirme encore : quand tu veux déclencher un incendie, il suffit de verser un peu d’ethnique sur les braises.
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> Ethno, socio...
23 janvier 2001, message de Phynette
 
Votre réflexion sur le terme "ethnique" me rappelle mon prof d’archéologie du temps de ma lointaine jeunesse. Il nous définissait la différence entre "sociologie" et "ethnologie" de la façon suivante : "C’est la même chose, mais la sociologie est la science des peuples que nous considérons comme nos égaux tandis que l’ethnologie est la science des peuples que nous considérons comme nos inférieurs." De même, mais cela nous écarte un peu du sujet, il affirmait que la différence communément admise entre l’histoire de l’art et l’archéologie était que la première était l’étude du beau, original et récent tandis que la seconde était l’étude du laid, banal et cassé. Il ne disait pas "vieux" parce que ce n’est en aucun cas l’étude de l’ancien. Pour en revenir à l’Afrique, sa réalité (perceptible uniquement quand on a posé les deux pieds sur son sol) fait tellement peur et à tellement de gens que beaucoup peuvent remercier le mot "ethnique" pour leur arranger les choses de façon si rassurante.
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> L’adjectif « ethnique » dans tous ses états
23 janvier 2001, message de Vykinge
 

Sur les conseils d’Erwan, je suggère à tous ceux et celles que ça intéresse de consulter à ce sujet le dictionnaire de la lepenisation des esprits :

Mots a maux, dictionnaire de la lepenisation des esprits http://www.ornitho.org/lmsi/rub4.html

le dictionnaire de la lepenisation des esprits : Mots a maux, dictionnaire de la lepenisation des esprits http://www.ornitho.org/lmsi/rub4.html

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