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vendredi 31 janvier 2003

Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité

par Jerome Herve
 

Le mois dernier, le programme Jamie’s Kitchen, sur la chaîne anglaise Channel 4, attirait plus de sept millions de spectateurs pour son dernier épisode - se payant le luxe de battre Celebrity Big Brother. La série en dit long sur l’imaginaire de la télé-réalité, de ce qui s’y joue et de se qui s’y prépare. Et vaut bien un petit mot, la Grande-Bretagne, 51e état des Etats-Unis d’Angleterre, étant généralement un pays précurseur en matière de conneries qui trouvent toujours le moyen de s’exporter - y compris en France, où elles sont adaptées à un niveau de beauferie et de veuleurie seyant bien à l’ère Chirac. Gageons que Jamie’s Kitchen fera des émules au pays de la gastronomie.

Jamie Oliver est en effet le collègue de son presque homonyme Michel Oliver : « The Naked Chef », cette espèce hybride entre grand cuisinier et présentateur télé, version jeune-type-abordable, joli minois et coupe ébouriffée à la mode. Avec son show culinaire sur la BBC et une série éponyme de livres, Jamie est devenu un des animateurs les plus populaires ici, et multi-millionaire à 27 ans. Son contrat publicitaire pour représenter la gamme de produits alimentaires des supermarchés Sainsbury’s (Lord Sainsbury fait partie de ces gens en Angleterre qui ont l’oreille de Tony Blair dans son entreprise de cession du secteur public au privé, et sponsorise de nombreux labos universitaires travaillant sur... les OGM) a été un des plus lucratifs jamais signés. Impossible d’allumer la télé ici sans voir le jeune chef nourrir de force sa famille de produits de la marque. Au point qu’il en soit même devenu une figure parmi les plus irritantes du paysage médiatique anglais - pourtant déjà bien fourni en têtes à claques.

Jamie’s Kitchen, qui a attiré en moyenne 5 millions de télespectateurs par épisode, n’est ni une série à proprement parler, ni de la Reality TV dans son acception la plus stricte, mais un hybride qui fait frissonner sur la contamination progressive des concepts télé par ce doux artefact qu’est le Real, ou Réel, réinventé par les « créa » des chaînes de télévision. C’est plus qu’un programme, une aventure, où le degré d’investissement de notre jeune chef est rappelé et martelé pour les sourds et malentendants, ou les sceptiques. Jamie Oliver décide d’ouvrir un restaurant haut de gamme dans le quartier nouvellement trendy d’Hoxton, qu’il baptisera « 15 » et double son pari d’une difficulté qui en fait un défi colossal : pendant un an - c’est ce que suggère le dossier de presse - il va former des jeunes en difficulté, chômeurs, délinquants, filles mères, etc. Et organise donc un casting via l’ANPE anglaise (Job Center, où on ne vous appelle pas « allocataire » mais « customer »), à partir duquel, après avoir recueilli plus de 10 000 candidatures, une quinzaine de ces jeunes à problèmes seront sélectionnés pour participer à cette merveilleuse aventure.

Charity Business ? télé-réalité ? Le concept est suffisamment malin en tout cas pour ne pas faire sourciller la presse, et pour assurer la gloire du restaurant et de son messianique propriétaire. Donc, quelque part entre charité (dans un style victorien du siècle dernier, Ligues de Tempérances dans l’East End, justement), télé-réalité, feuilleton aux acteurs non-professionel, et camp de redressement, Jamie fait son beurre et les quinze heureux sélectionnés sont suivis par la caméra - le suspense est insoutennable. Qui craquera ? Quel salaud de pauvre se dérobera à l’aventure ?

Car le « 15 » n’est pas pour les fainéants : il y a un petit côté sergent-instructeur de Full Metal Jacket chez Jamie. On n’est pas là pour rigoler, semble-t-il dire en montrant la recette du carpaccio de saumon qui sera facturé £35 aux fashionistas. Le montage de l’émission lui-même est un savant dispositif où le chef n’est pas épargné et où ses « employés » auraient leur mot à dire (on voit une jeune fille écrire un texto sur lui disant : « What a fucking arsehole »). Mais laisse un vague goût de leçon de chose et surtout l’impression qu’à la télé, rien ne fonctionne mieux que l’autorité. Elle est charisme et génère de la fiction. Le casting, d’ailleurs, laisse rêveur, la galerie d’affreux (imaginez, des filles mères, des drogués, des édentés) représentant les plaies de l’Angleterre de Tony Blair, comme une masse sur laquelle on tenterait une experience scientifique. Les critères de recrutement sont, avec une évidence obscène, plus relatifs à la télégénie qu’à de quelconques critères professionels. On passe les différentes péripéties du programme, qui à la longue fonctionne comme un camp de survie scout. We are family serait la bande-son idéale, tant Jamie Oliver appelle au retroussement de manche, on est tous dans l’aventure, il faut se tenir les coudes, etc.

Une coïncidence qui frappe, par contre, c’est l’insistance avec laquelle les journaux anglais (y compris le pourtant respectable Guardian) ont martelé, quelques jours avant le lancement du show, la situation intenable dans laquelle se trouvait Jamie Oliver : à cause des fonctionnaires du Hackney Borough (sorte d’arrondissement de l’East End en banqueroute constante depuis les années 80), et une bourde administrative portant sur la licence du « 15 », le projet, pour lequel Jamie avait hypothéqué sa maison d’Hampstead, allait capoter. L’unanimité des media à dénoncer l’incompétence des fonctionnaires est alors proprement stupéfiante (mais aucune mention des crédits régulièrement coupés depuis Thatcher, mouvement que Blair continue à pratiquer à belle cadence, ni mention du manque de personnel, souvent formé sur le tas et de plus en plus étranger - donc sous-payés -, les Anglais se détournant plus que jamais de la fonction publique). Jamie, avec un bel héroïsme, se dira beaucoup inquiété par le sort des « mômes ». Beau coup des attachés de presse de Jamie Oliver et de Channel 4 et montée dans le suspense. Tout cela aurait-il servi à rien ? Fichtre. Double auto-promotion en tous cas du projet et de la personnalité du chef.

Et c’est cela qui est passionnant dans ce programme. Jamie’s Kitchen, monté dès le départ avec l’appui de la télévision, met un pied entre docu et télé-réalité, la stature médiatique du jeune chef l’éloignant du cours de haute cuisine filmé. Jamie est une star, il crée et génère de la fiction. Evidemment, on ne se pose même pas la question de savoir ce qui serait arrivé si les caméras n’avaient pas été là. Dans le processus d’autopublicisation moderne, la télé (réalité) est à la fois une donnée virtuelle dont on ne peut pas se passer et une plus-value. Et bien sûr régie par les règles du spectacle, à savoir : la mise en fiction d’une réalité selon les critères basiques du feuilleton. Même avec des efforts arty de décadrage style Dogma. Evidemment, le « 15 » est devenu le restaurant coqueluche de Londres, là où il faut être vu, et la liste d’hôtes de prestige (Madonna entre autres) ne désemplit pas.

Ce qu’il y a de fascinant dans le processus à l’oeuvre dans ce programme bâtard, c’est à quelle vitesse les créatures des media ont compris à quel point la télé réalité est devenue partie intégrante du capital médiatique. Au delà des Osbournes ou de 60 jours, 60 nuits, les règles de la médiatisation ont changé. Jamie’s Kitchen en est l’illustration dans son acceptation la plus patronnale/néo-libérale, la pin-up de la page 3 des tabloïds Jordan (une créature au décolleté monstrueux, dont la quasi-intégralité du corps est passée sous le bistouri du chirurgien plastique) sa manifestation la plus proche d’une adaptation de Mary Shelley.

Au-delà du brouet narcissique que servait Channel 4 avec cette émission, on notera que les valeurs (affichées comme humanistes, avec son côté rédemption par le travail) qui fondent le programme montrent une prise en compte de plus en plus large de tous les aspects de la vie sociale par les faiseurs de la télé-réalité : cohabitation (Big Brother), intimité (L’Ile de La Tentation) et maintenant travail.

Une incursion dans le Social Engineering, un signe annonciateur. Le baron de Seillières va adorer, lui qui nous promet de « nous faire aimer le travail ». Il subventionnera bien un show où Maïté ira redresser des sauvageons et leur faire ouvrir un resto chicos dans un quartier parisien branché.

 
 
Jerome Herve
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> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
16 juillet 2006, message de Jérôme HOTTA
 

Pour vous conforter dans votre excellente analyse, allez sur http://tele.blogs.fr

Après le chef cuistot, c’est le chef politique qui s’y colle, pour un scénario qu’un auteur de SF n’aurait jamais osé imaginer... Quoique, Huxley... Bonnes continuations.

Jérôme HOTTA

 
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pour un projet de la tv
7 décembre 2005, message de ouaksel
 
voila j’ai un projet de proposition des idees de telerealite ineditees plus de50idees aproposer je cherche des contacts et des producteur j’aimerais bien si c’est possible merci d’avance je cherche des adresse des producteur de tv
Répondre
> pour un projet de la tv , 21 octobre 2006

Tu t’es cru ou bicot sérieux ?

Va terminer ton cap...

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ENLEVEMENT D ARTICLE
28 octobre 2005
 

Bonjour, je me prénomme antoine hennache et j’ai laissé il y a 2 ans un message sur votre site concernant mon mémoire sur la téléréalité. Aujourd’hui je reçois de plus en plus de mails sur le sujet et je ne suis plus en mesure de répondre ! Aussi, pouvez vous m’enlver du site svp ??? mon email : antoine.hennache@groupehn.com

Merci d’avance

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> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
27 janvier 2005, message de cycytoone
 

bonjour,

moi j’adore jamie oliver. je ne critique pas ton arcticle mais c’est facile de dire du mal ! moi je trouve qu’il ne se prend pas la tête ; il est simple ; on voit qu’il aime la cuisine et adore faire partager sa passion.

Pour ce qui est de son restaurant avec des jeunes en difficultés ; il y a quand même un bon côté à ce show réalité : c’est que ces jeunes seront formés et ne galèrerons p’tre plus. Chose qui aurait était difficile sans jamie ! Vu qu’il a maintenant une forte reconnaissance, je trouve ca bien qu’il en fasse profiter des jeunes en difficultés.

De plus je sais pas si tu as deja travaillé dans la restauration ; mais les chefs ne sont pas aussi sympas que lui ! crois moi ! Ca gueule où alors si ca ne gueule pas, t’es viré d’entré !

voila ce que j’avais envie de dire... pour nuancer un peut ton article !

cynthia.

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> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
8 septembre 2004, message de Richard ( Ricardo ) =)
 

De Richard

Jador cette emission et la rock’ n roll cuisine on fait des ti plats rapide et simplement alors merci pour cette atricle il minpire et me donne plien d idee c ets recette son extra ^^ delicieuse les plat son a porte de tou le monde et pas cher $$00$$ vala c est tous

a++ et bonne cuisine :p

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> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
14 mars 2004, message de Loïse
 
Bonjour ! Merci pour cet article. Il m’a été d’une aide très précieuse ! Je fais un dossier sur la télévision en france, allemagne et angleterre et je parle de différents points : télé-réalité, pub "chocs" et les émissions qui existe ainsi que les chaines de tv et des présentateurs. d’ailleurs si vous connaissez un site sur les publicités chocs en angleterre, allemagne et france pourrez vous me contactez à : kissloise@hotmail.com ma_tite_loise@yahoo.fr Je comte sur vous ! Merci d’avance !
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> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
9 février 2004, message de marie
 
bonjour ! j’ai vraiment aimé votre article. Et moi aussi je fais un travail sur la télé-réalité et si vous aviez des documents ou des sites internets qui risqueraient de parler de pourquoi les personnes du monde entier sont intéressés à ce genre d’émissions, pourriez vous me les envoyer ? merci beaucoup d’avance !
Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, mick, 18 mars 2004
en ce qui concerne la télé réalité je serai intéressé par des articles ou des documents pouvant servir !!!!! merci de me les faire parvenir si vous pouvez
Répondre
mémoire sur la télé réalité, dodj’, 26 novembre 2004
moi je travail sur les spectateurs de la télé réalité .si tu as des info je te serais reconnaissant de me les faire parvenir
Répondre
> mémoire sur la télé réalité, 5 janvier 2005
etudiante en ecole de commerce je réalise actuellement une monographie sur la télé-réalité. Si tu as des infos a partager... Merci d’avance
Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, héléna, 20 octobre 2005
bonjour, je vous contact car je fais des recherches sur la télé-réalité et j’ai vu votre message. Il date de plus d’un an mais je me demande si vous avez encore des informations à me fournir car j’ai du mal à trouver les études faites sur ce thème. Je vous remercie d’avance. bien cordialement
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> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
29 septembre 2003
 

J’ai trouvé l’article très bien écrit et très représentatuf du monde dans lequel on vit aujourd’hui.

Je travaille sur un exposé montrant les différences et points communs entre la télé réalité française et Américaine,Anglaise. Je recherche également des articles,interviews pour comprendre pourquoi les gens regardent ces émissions et leurs impacts.

Merci de me répondre au plus vite, si vous avez des informations suceptibles de m’intéresser.

Papillon Gaelle Gaelloue@aol.com

Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, 8 octobre 2003
je suis très interressée par le sujet de la télé réalité.Ce thème sera le prochain sujet de mon exposé et je souhaiterai rassembler un maximum de documentation.Si vous avez des informations susceptibles de m’intéresser,merci à vous de me les communiquer.
Répondre
Svp ..., Rim, 24 octobre 2003

Félicitation pour votre article. Sa fait du bien de constater qu’il y a plusieurs personnes qui s’opposent à cette nouvelle tendance !

J’aimerais bien si vous pourriez m’envoyer de l’information sur ce qui pousse les gens à écouter ce genre d’émission. C’est pour un travail (je suis dans un cégep au québec). Votre aide nous serait grandement appréciée.

Merci à l’avance !!! Rim

Mon adresse : Valois_rim@hotmail.com

Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, MARIE LECLERC, 9 novembre 2003

Bonjour,

je suis étudiante à metz dans un institut franco allemand et, je dois faire un exposé en allemand. J’aime beaucoup le thème de télé réalité parce que je suis sûr que cela intéressera les autres élèves de ma classe.

Serait il possible que vous me faissiez parvenir en pièce jointe des documents quant à ce sujet ? si vous avez déjà obtenu des documents dans lesquels les gens expliquent pourquoi ils regardent ces émissions, je serao intéressée aussi...

Je vous serais très reconnaissante si vous pouviez m’aider le plus rapidement possible.

marie leclerc

Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, 15 janvier 2004
slt j’ai le meme exposé ke toi a faire serai t-il possible ke tu m’envoi qlq résultats de ta recherche s’il te plait ? voici adresse electronik : seb.s1@voila.fr merci d’avance
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>Réponse, Ombre Lune, 8 mars 2004

Pourquoi les gens regarde ces émission ?

Sans prétention je dirais : que les "gens" regarde la télé réalité pour se distraire. Quand les "gens" ont t-il besoin de se distraire sans trop réfléchir (ou trop écouter). Qu’est ce que les "gens" ont envie de faire une fois la télé éteinte ? la même chose que ce qu’il vienne de voir ! à savoir rien : chanter, danser sous la douche, étaler sa vérité en moins de deux minutes et avaler une bière, fumer un joint le cas échéant et surtout le fin du fin la finalité de toute émission de grande écoute : CONSOMMER !!!! en gros cela à tendance à résumer le quotidien tu citoyen moyen à regarder la télé, manger, dormir, (travailler sinon t’as pas d’télé), et le petit privilège du prolétaire : se satisfaire par des achats plus ou moins compulsifs de biens ou service destiné à la mise en place du bonheur quotidien ou ponctuel... vive la pub, vive l’info, et que survive la télévision pour tous !

Répondre


> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
11 juillet 2003, message de Tibulle
 

J’adore ce chef et cette émission bien vivante, rapide et bien meilleur que beaucoup d’émission culinaire française ou l’en s’endort tellement ils sont mous.

Ce jeune chef est bourré de talents, il donne envie de faire ses recettes, il travaille avec dextérité et avec beaucoup d’inventions. Je vais acheter ses livres !!

 
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> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, Ombre Lune, 8 mars 2004
cool, c plus millionnaire qu’il sera bientôt, c milliardaire ! Sympa pour un cuistot de 27 ans dont la grande qualité est d’vaoir une belle gueule et de supporter le stress d’un plateau de télé et les maquilleuses qu’en foutent partout ! Dur métier que celui de présentateur télé heureusement que c aussi bien payé ! vous imaginez ?! plus personne ne voudrait présenter une émission si c’était payé au smig à tel point que je suis sûr qu’on serait obliger d’accepter les bénévoles qui aurait des projets d’émissions culturelles développer en plus de 5 mois parceque leurs objectifs n’auront pas été l’argent, l’audience et la cible publicitaire et qu’ils n’auront pas payer de cabinet conseil à 20 000 euros les 15 jours d’etudes. Vous imaginer le désastres quand même si la télé ça rapportait pas ?!!!!! merci Ô publicité !
Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, milesine, 22 mai 2005

bonjour ;

je fais un exposé sur la télé réalité et j aimerai en savoir + sur la télé réalité en Amerique car la bas il n y a pas de limites

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> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
15 mai 2003, message de sacha
 
Est-ce qu’on peut avoir la version simplifié de ton charabia ?
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> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
22 mars 2003, message de Antoine HENNACHE
 

Bonjour, étudiant en école de commerce (istec), je réalise mon mémoire de fin d’études sur la télé réalité, son avenir... Aussi, en lisant votre article, je me suis dit que vous aviez une connaissance du sujet intéressante, et qu’il serait bénéfique pour moi, soit de vous rencontrer, soit de vous poser qq questions par mail.

Dans l’attente de vos nouvelles, je vous prie d’agréer Mr, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Antoine HENNACHE, antoine.hennache@club-internet.fr

Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, linda, 3 octobre 2006

bonjour,

je suis étudiante en master 1 information et communication et j’aimerai bcp faire mon mémoire sur le thème de la télé réalité, j’ aimerai savoir quel sujet vous avez traiter, cela m’aiderait peut etre a trouver le mien, merci !

Répondre


> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
10 février 2003, message de Pierre
 

Bonjour,

Je vis en angleterre depuis un an et demie. Bien que peine par le vide de certains reality-show anglo-saxons, je pense cependant que la television anglaise n’est pas plus a plaindre que la television francaise, et il ne faut pas juger par l’exemple. S’il est vrai que je ne souhaite pas voir les pop idol se repeter ad vitam eternam, ni les Jamies’ kitchen envahir la france, les chaines publiques de l’hexagone pourrait se pencher sur des concepts d’emissions politiques plus travailles que ce que l’on peut regarder aujourd’hui sur france 2 ou france 3 par exemple... Je suis desole de ce constat, mais je pense que la redevance tele est mieux utilise de ce cote-ci de la manche.

Bien amicalement,

Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, Jérome Hervé , 15 février 2003
Tout à fait d’accord sur le fait quer la télé anglaise soit d’une qualité incomparable à la française. Au point où au dernières vacances, j’ai été litérallement écoeuré et notamment par un service public qui ne fait que de la merde. Globalement j’avais l’impression de faire un retour dans le 60’s et m’attendait à voir Peyrefitte présenter le 20 heures. Questions informations et politiques, les Anglais respectent encore une tradition d’investigation et ne s’applatissent pas comme en France. Quand j’écoute le journal du midi de France Inter, j’ai honte et j’ai l’impression qu’au CFJ on apprend à faire de la bonne propogande. La télé anglaise est une des meilleures au monde, la beeb propose toujours des bons trucs, et la télé française devient aussi méprisable et irregardable que l’Italienne. Néanmoins, Channel 4 et Five arrive à trouver des trucs bien inquiétants comme celui-ci (tout en notant bien qu’ils ont aussi passé des trucs comme ceux de Chris Morris et que pour le coup on peut difficilement faire plus branque et subversif).
Répondre
> the beeb can kiss my arse, nico, 19 février 2003
Pardon ? Ai-je bien lu que les journalistes anglais ne s’applatissent pas comme en France ? On parle de télé là ? Alors il faudra me dire ou sur la télé anglaise on ne s’aplatit pas servilement, ou on propose un regard différent sur les choses ? Certainement pas à la beeb, ni la une ni la deux, et la troisième petite nouvelle...j’en doute aussi. Si vous comptez sur jeremy paxman pour defendre un journalisme d’investigation, on rigole bien. Jeremy a beau avoir son petit ton arrogant et meprisant avec tous ses invites, sur le fond, c’est la meme propagande qu’ ailleurs qu’il nous recrache. Et au final il est simplement condescendant avec les telespectateurs. Recemment, lorsque la beeb insiste que, lors d’un ’raid anti-terroriste’, un policier a ete tue par un demandeur d’asile originaire d’afrique du nord, et que le lendemain, paxman fait sa une sur : faut-il stopper l’immigration, refouler tous les demandeurs d’asile, et qu’il nous sert son petit ton meprisant a une invite de la LDH qui lui fait comprendre que ses accusations sont racistes, ben perso, je ne vois aucune investigation la dedans. Juste de la propagande, du sensationalisme, du mepris, de la betise, de la servilite aux idees dominantes. Alors je dis pas qu’il n’y a pas de bons reportages de fond, de temps en temps, mais il y en a de lamentables aussi, on pourrait par exemple mentionner celui qui passe en ce moment sur ce reporter qui part en vacances dans l’axis of evil de bush, et qui n’en ressort que qques cliches et qques cartes postales ideologiques et politiques. Le meilleur surnom de la bbc, comme l’a mentionne Tony Ben (ancien labour mp) c’est bien : weapon of mass deception.
Répondre
> the beeb can kiss my arse, Pierre, 19 février 2003

Bonjour,

Pourquoi ce ton agace ? Le sujet de l’article n’est pas si dramatique... Pour ce qui est de la qualite d’investigation des journalistes anglais, je reviens sur ce que j’ai dis plus tot, il ne faut pas juger par l’exemple. Ce qui me satisfait c’est que les anglais osent encore poser des questions politiquement incorectes, meme si les reponses apportees ne sont pas les bonnes. Personellement je n’attends pas d’internet ou de la television des pensees toutes pretes que je puisse m’approprier. J’attends des questions pertinentes sur des sujets pas toujours faciles a aborder, et je me trouve mes propres reponses. Tu n’es pas d’accord avec un journaliste anglais ? Soit, c’est une chance de reflechir a un probleme sous un angle nouveau. Le jt francais ne m’a jamais suffisament revolte pour me pousser a reflechir (mais peut-etre est-ce de la paresse intelectuelle de ma part). L’interet de l’article dont nous discutons, est de mon point de vue une chance de se sensibiliser aux risques d’une tele trop marketing, peu propice a la reflexion sur des themes aussi importants que le travail. La vie n’est pas un film Hollywoodien, ou tout est blanc ou noir. Mais peut-etre est-ce un probleme d’offre et de demande, tant que des millions de personnes prendront le temps d’envoyer des textos pour voter aux elections Big Brother plutot que de se deplacer vers les urnes pour les presidentielles... J’espere avoir apporte un element de reflexion nouveau, meme si assez simpliste dans sa construction.

Bonne journee,

Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, sacha, 15 mai 2003

Salut.

vous êtes fort méchants avec la programmation française, surtout celle d’éte. Moi ça fait maintenant dix ans que je vis en France et j’adore la programmation d’été...eh oui, ça me rapelle toujours celle que j’ai vu lors de mon premier été en France et du coup je oublis que j’ai déjà vielli de dix ans :))))) ; on peut apeller ça l’éternel retour. De toute façon, qu’est qu’on fout devant la télé en plein été ????????

Mot de la fin : il est déja tard et j’ai les yeux qui me sortent des orbites, mais tout de même, est-ce que quelqu’un peut m’envoyer un résumé de l’article "haute gastronomie blabla" , car c’est dur...

Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, Alex, 18 mai 2003
Une seule solution : arrêter de regarder la télé. C’est radical et efficace !
Répondre


Article excellent et bien écrit
6 février 2003
 
L’auteur Hervé a de la verve. J’ai bien ri et pleuré qu’on en arrive là !! Bientôt, la télé-réalité sera le substitut de l’état, du psychologue, de l’école, des parents, du sexe, etc ...
Répondre
> Article excellent et bien écrit, Ombre Lune, 8 mars 2004
T’as oublié Dieu, mais c pas pour bientôt c déjà fait et je ne sais pas si on peut reprocher ça à la télé ou même à ces créateurs, vive la république, la démocratie et sa bonne volonté, AH !
Répondre


> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
6 février 2003, message de andre moreau
 

ben on sent la hargne de l’auteur, dans son article, en tout cas.

cependant son insistance contre toute forme d’encouragement du travail est malsaine à mon avis.

sans travail, d’où viendrait ne fût-ce que la nourriture quotidienne ? les petits oiseaux viendraient l’apporter ?

sans insister sur "l’oisiveté mère de tous les vices", il faut toutefois savoir faire montre d’un peu de pragmatisme !

Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, Leepstick, 6 février 2003
Encouragement au travail, certes, mais à quel forme de travail ? La boite "travail" rassemble un peu trop de réalités distinctes, me semble-t’il, pour taxer de fainénantise celui qui oserait refuser un Macjob jetable... La nécessité de manger n’empêche pas de garder la tête haute.
Répondre
> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité, Forth, 7 février 2003
heu... mais pourquoi travailler ?
Répondre
Le travail c’est la santé, nico, 8 février 2003

Tu es un poète André, un poète de la bêtise. Ton style manque cependant de force (de conviction notamment). Tu peux encore progresser, et pour t’aider, je ne résiste pas à joindre ici une citation de quelqu’un qui doit devenir ton maître : Jean-Pierre Raffarin, notre premier ministre à tous (eh oui, à toi aussi). C’est extrait d’un discours prononcé au congrès de l’union professionnelle artisanale, le 24 octobre 2002. C’est beau, et c’est bête, écoute André (écoute, et éprouve la puissance de la répétition) :

’D’abord le travail et il faut le dire aux Français et aux jeunes Français : notre pays a besoin, pour sa richesse, pour son bonheur, du travail. Il nous faut augmenter globalement la capacité de travail de l’ensemble de la France. S’il n’y a pas dans l’avenir d’heures travaillées en plus dans notre pays, il n’y aura pas de richesses en plus. Il faut plus de Français au travail, il faut mieux partager le travail mais globalement, la capacité de ce pays, de notre pays, doit être renforcée. Il n’y a pas de création de richesses sans travail. Et ce n’est pas en faisant croire que la société de loisirs sera la société unique de l’avenir qu’on créera les richesses, qu’on créera l’avenir et qu’on pourra faire en sorte qu’il y ait ce vivre ensemble dont nous avons tous besoin et qui est au coeur de notre pacte républicain. C’est pour cela que cette valeur travail est très importante afin que l’on puisse avoir de la liberté pour le travail dans notre pays avec, naturellement, le respect du droit et qu’aujourd’hui, on puisse travailler quand on a envie de travailler et que l’on permette aux uns et aux autres d’assumer leur propre vie, tant dans la liberté du travail que dans ces revenus. C’est, je crois, un élément très important de cette valeur à laquelle nous sommes très attachés.’

Chapeau JP !

 
en ligne :
Répondre
> Le travail c’est la santé, andre moreau, 14 février 2003

Nico, je vois pas pourquoi M Raffarin devrait devenir mon maître... mais je suis sans doute trop bête pour comprendre les arcanes de ta pensée subtile.

D’ailleurs tu dis que mon message - dont tu reconnais la poésie, je t’en remercie - est bête, mais tu ne précises pas en quoi, à moins que les capacités limitées de mon esprit aient raté un point.

Sur le fond du schmilblick, explique moi comment construire un monde meilleur sans travailler, ça m’intéresse. Au moins je sais que puisqu’il est bête de penser que c’est pas possible, tu n’auras pas de mal à me convaincre du contraire !

DD

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> Le travail c’est la santé, Denis, 12 décembre 2003

Bonjour, André et Nico, permettez-moi de m’immiscer dans votre conversation un court instant, avant qu’elle ne dégénère.

André, si tu crois que travailler plus est le seul moyen d’accèder à plus de richesses, comment expliques-tu que la France, qui n’a jamais moins travaillé, n’a paradoxalement jamais été aussi riche (je parle bien sûr en termes de PNB, et non de niveau de vie moyen) ? Notre productivité a atteint des niveaux jamais égalées à la bonne vieille époque des journées de 16 heures, alors que nous ne travaillons plus que la moitié de ce temps...

La réponse est simple : lorsque l’esclavage salarial est empêché par des une législation du travail plus sociale et plus humaine, on cherche des moyens plus efficaces d’effectuer le travail.

Ainsi, la France est devenue un leader européen en matière d’automatisation (distributeurs, guichets de la SNCF, machines-outils, etc.) car il devenait trop cher d’employer des salariés pour ces tâches répétitives et peu gratifiantes.

Le problème, c’est que ces gains de productivité, qui furent un effet secondaires des luttes sociales du siècle dernier, ont été en majorité accaparés par le capital, au détriment du peuple. Ajoute à cela l’évasion fiscale, l’intense lobbying du patronat pour accroître ses profits aux dépends des salariés (la part de la masse salariale dans l’entreprise n’a cessée de baisser au cours de ces trentes dernières années), la pression des actionnaires pour des taux de rendements à deux chiffres alors que la croissance stagne, et tu comprendras que les problèmes sociaux de la France ne viennent pas de la "fainéantise" des Français, mais bien plutôt de la rapacité du patronat. Le problème ne vient pas d’une sous-production de richesses, mais de la distribution de la richesse créée.

Cela dit, je ne crois pas qu’il existe une solution à ce problème. La rapacité est trop ancrée dans la psyché humaine pour imaginer qu’un revenu mimimum garanti, ou qu’une législation plus contraignante amènerait autre chose qu’une fuite massive des capitaux vers des pays plus "accueillants". Le seul espoir est de pouvoir un jour appliquer ce genre de programme à l’échelle de l’Europe, mais soyons réalistes : ça n’en prend pas le chemin.

Accrochez-vous pour les trois prochaines décennies, mes amis, parce que je sens que ça va tanguer...

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> Le travail c’est la santé, Ombre Lune, 8 mars 2004
On se rapproche du problème .... la rapacité trop ancrée dans le psyché humain ?! tu penses que Dieu serait d’accord si tu croyais en lui ? Freud peut être, la droite si ça peut les aider, la gauche indéniablement puisqu’il s’agit de leur ligne de défense. Le travail à sa place, la santé aussi ! et si il pouvait en être de même pour la politique, la poésie et le reste ça serait utopique ! Mais non ! parlons de tout et de rien comme il nous vient que ce soit sur un plateau de télé ou un forum perdu dans le néant virtuel et au nom de qui l’on veut ou de ce que l’on veut, qui nous jugera ?! AH ! Lapidaire ! Lapidaire ! mon ami, mon ennemi tu es comme un père !
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> Haute gastronomie néolibérale et télé-réalité
31 janvier 2003, message de Tiresias
 
Juste un détail au sujet d’Ernest, qui s’appelle en réalité Seillière de Laborde, ou de la Borde, je ne sais pas trop, et non le baron de S. En outre il ne "travaille" pas, il a trouvé un DG féal pour gérer sa boîte pendant qui’il fait président de Medef. Sa boîte, Wendel Investissement, ne "travaille" pas non plus, elle gère des particpations dans des entreprises de gens qui travaillent. Enfin tout ça c’est du travail, si on veut, d’ailleurs ma tante dit qu’elle "travaille" au jardin. En revanche Jamie travaille (de tripalium, instrument d’exposition des esclaves aux quolibets).
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