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Le moteur de la croissance en panne sèche

par Rezk
 
La dualité réel/virtuel n’a pas fini de nous amuser. Quand des technocrates pétris de vieux schémas apparemment inopérants s’émerveillent devant les miracles de la technologie, on peut tout de même s’étonner de leur crédulité.

Il y a quelques mois de cela, les gouvernements européens, à la suite des États-Unis, ont décrété que la « nouvelle économie » (l’utilisation d’Internet pour commercer tous azimuts) serait le moteur de la croissance du XXIe siècle. Cette vision digne d’un Malraux nous avait alors pleinement rassurés sur la perspicacité de nos dirigeants, qui savaient comme nuls autres ramener la complexité des problèmes humains, sociaux, politiques ou écologiques qu’ils sont censés résoudre, pardon - gérer, à une formule simple : l’économie. Gouverner devient alors aussi facile que diriger une multinationale : il suffit d’assurer la croissance perpétuelle grâce à la technologie, CQFD. L’important étant non pas de savoir où l’on va, mais à quelle vitesse...

Or, voici qu’une simple hausse des cours de l’or noir fait ressurgir le spectre d’un choc pétrolier. C’est reparti comme en 73 ! Et le discours de nos grands timoniers a soudain pris un sacré coup de vieux...

Tout cela rappelle au fond que qualifier de « nouveau » un vieux concept est le plus sûr moyen de le rendre totalement ringard. On aurait pu s’en douter après la vague des nouveaux philosophes ou des nouveaux romantiques, voire de la nouvelle cuisine.

Quel qu’en soit le moteur (machines agricoles, ordinateurs ou biotechnologie), la croissance repose toujours sur le même principe : produisons et consommons toujours plus, quelles qu’en soient les conséquences autres qu’économiques, et l’humanité atteindra le paradis sur terre. C’est si simple qu’on se demande pourquoi tous ces «  grands penseurs » du passé n’y ont pas songé avant, les cons. Sûrement des inadaptés qui vivaient en parasites des créateurs de valeur...

Le problème, c’est que pour l’essentiel, la nouvelle économie s’emploie à vendre, non pas des biens immatériels, réputés moins polluants (quoiqu’ils nécessitent de toute façon de l’énergie et une infrastructure matérielle), mais des biens matériels, qu’il faut fabriquer avec de la matière et de l’énergie, puis transporter, et qui ont une durée de vie limitée.

Produire, en nouvelle comme en ancienne économie, c’est avant tout consommer de l’énergie. De l’énergie sale, qui pollue et qui fait peser une menace sur l’avenir de l’espèce humaine, qu’elle provienne des sources fossiles ou de la radioactivité.

Merci à l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) ! En nous rappelant que l’énergie a un coût et que le développement des pays riches repose en grande partie sur l’exploitation des ressources des pays pauvres, elle nous a montré que nos joujoux technologiques à base de puces électroniques fonctionnaient non pas à l’électricité, comme on le croyait, mais... à l’essence ! D’ici à penser que nos politiques ont entendu le message...

 
 
Rezk
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28 octobre 2006, message de discount wedding dress
 
 
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throw, throw, 16 novembre 2006
 
en ligne : throw
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> Le moteur de la croissance en panne sèche
26 novembre 2000, message de Georges Tafelmacher
 

conceptions du monde

Peu après la dernière guerre, un spécialiste américain du marketing, Victor Lebow, exhortait le monde occidental dans les termes suivants : "Notre économie à la capacité de production énorme, demande que nous fassions de la consommation un mode de vie. Il faut que nous convertissions l’achat et l’utilisation des biens en rituels, que nous cherchions notre satisfaction spirituelle, la satisfaction de notre ego dans la consommation. Nous devons consommer les choses, les brûler, les utiliser, les remplacer et les jeter à un rythme toujours plus rapide".

A travers les fortes paroles émises par les différents partis cherchant à diriger le monde, nous pouvons constater que, malgré les allégations se voulant humanistes des milieux patronaux qui récusent la "lutte des classes" et qui prônent la "collaboration", il y a quand même deux conceptions du monde en conflit. D’un côté des gens qui croient que la vie est régie par la loi considérée comme "naturelle" qu’est la marche vers les économies de marchés industriels néo-libérales de nos sociétés et en face duquel il n’y aurait aucune autre attitude que l’acceptation de cette "réalité incontournable" et de l’inévitable besoin d’adaptation, de fléxibilisation et de collaboration qui en découle.

De l’autre côté, des gens qui croient que nous pouvons être maîtres de nos vies, de nos sociétés, de nos activités et que nous pouvant construire ensembles des communautés à fort potentiel humain, où la solidarité, l’entraide, le travail en commun seraient les idéaux. Les uns professent leur foi en la "réalité compétitive des marchés" et les autres en l’être humain solidaire. Les uns qui croient que l’homme doit se conformer à son environnement économique, en faire une morale de son adaptation et devenir quelqu’un par rapport à cette activité. Les autres qui croient que chaque homme peut construire sa vie en relation avec les autres dans tous les aspects de la vie. Les uns qui ne pensent qu’en fonction de l’activité économique et les autres qui pensent l’homme par rapport à ses intentions propres, la qualité de ses relations avec les autres et sa capacité d’action sociale. Pour les uns, c’est l’économie le plus important, pour les autres c’est la société et tous ses acteurs qui doivent décider de sa forme et intention. Les patrons nous parlent de responsabilité individuelle alors que cette notion n’a jamais été le propre des éducations bourgeoises que nous avons reçues. Les patrons veulent quand même des gens responsables mais par rapport aux besoins de l’industrie alors que les besoins des gens vont vers l’autonomie, la constitution de rapports normaux entre eux et le travail social utile.

Cette conception unilatéralement économique du monde est manichéenne, élitiste et porteuse d’une injustice fondamentale. En effet, les seuls qui peuvent réussir dans le monde du marché sont les plus forts, les plus doués, les meilleurs, les gagnants, les positivistes, les volontaristes et toute personne qui ne possède pas ces qualités, sera rejetée et tombera dans les filets sociaux mis en place par les dirigeants pour contrôler les marginaux et contenir l’inévitable nature humaine. Mais cela atténue aussi leurs sentiments de malaise en face de l’insuffisance humaine.

Nous avons exécuté le programme consommation de M. Lebow avec une fidélité qui l’aurait rendu euphorique s’il était là pour contempler la société que nous avons construite ! Nous avons aveuglément suivi la pensée unique de la consommation devenue névrose collective.

La pensée-unique actuellement en vigueur se résume à la croyance que l’économie de marché est la base matérielle inéluctable et le fondement matériel nécessaire de toute construction humaine et que la prospérité d’une société ne peut être assurée que par l’industrie et le capital, les entreprises et ses moyens de production.

L’économie ne peut être, surtout dans son acceptation moderne, l’instrument de la réalisation de la civilisation. Ceci doit impérativement rester l’apanage des activités humaines dans leurs sens le plus large, depuis la procréation, en passant par les travaux domestiques, jusqu’aux arts et la philosophie.

Donner trop d’importance à l’économie, même au service de l’homme, est le moyen le plus sûr d’en devenir ses esclaves et de vivre sous des contraintes intenables et inhumaines. La crise actuelle est le résultat d’une société ayant pour base, la création de richesses matérielles par la finance et l’industrie. Ce monde du "tout-économique" est totalitaire car l’hégémonie de la finance et de ses rapports de force sont à la genèse de la domination unilatérale que nous subissons. Un philosophe a dit que l’économie de marché basée sur la concurrence, c’est la guerre menée en temps de paix. Cette économie s’est donnée les moyens de contrôler la société et de dominer la population pour qu’elle fasse siennes les impératifs catégoriques basés sur les théories de concurrence et de profits en se soumettant docilement aux diktats de ses autorités.

L’économie doit toujours être analysée par rapport aux intentions de ses servants. Nous pouvons dès lors constater que c’est plutôt la recherche du pouvoir et l’excitation de son exercice qui les motivent. Les capitaines de l’économie et les politiciens, forts de cette puissance, s’érigent en interlocuteurs incontournables du débat sur notre avenir social et politique. Ces dirigeants, auteurs et adeptes de cette pensée-unique, prétendent nous imposer un seul mode de vie possible. Empêtrés dans ce matérialisme, peut-on leur faire confiance pour résoudre les problèmes de société créés par l’application de leurs théories économiques néo-libérales ?

Dans ces conditions de gestion exclusivement économique de nos activités humaines, comment prendre en compte les spécificités propres à chaque être humain ?

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Cherchons un homme..., 26 novembre 2000

J’ai parfois l’impression que nous ne sommes plus des êtres humains, mais des animaux domestiques. (Avons-nous d’ailleurs jamais été des êtres humains, ne sommes-nous pas plutôt directement passés de l’état sauvage à la domesticité ?) Je me souviens qu’à l’école, j’avais parlé « d’élevage » des enfants au lieu d’éducation. Mais ce mot d’enfant ne s’approchait-il pas de la vérité ? Comme des animaux, nous sommes répartis en dominants et dominés. Comme des animaux, nous ne pensons qu’à satisfaire nos besoins élémentaires : manger, se nourrir, se vêtir, se loger et... se reproduire ! (Ce dernier instinct, que l’être humain est capable de transcender pour le transformer en amour, est d’ailleurs celui sur lequel jouent le plus les dominants pour imposer leurs schémas. La publicité est presque entièrement fondée dessus.) Comme des animaux, nous sommes élevés (dressés ?) en vue d’une fonction productive ou distractive. Comme des animaux, nous recevons une récompense de nos maîtres lorsque nous avons bien agi. Comme des animaux, nos corps, inadaptés à notre mode de vie, souffrent et s’amollissent. Les clubs de gym sont là pour remédier quelque peu à ce problème. À la différence des animaux ( ?), nos esprits aussi souffrent et s’amollissent. La psychanalyse et ses dérivés, remplaçant la religion, sont là pour remédier quelque peu à ce problème. Être humain ne veut-il pas dire se forger une conscience, collective et individuelle ? L’homme de bien, selon Confucius, ne peut être un outil à une seule fonction. Que sommes nous d’autre, dominants et dominés, dans notre société hyper-spécialisée ? Chef d’entreprise, plombier, médecin, peintre, avocate, charpentier, général, ouvrière, ingénieur, pompiste, artiste, voleur, prêtre, publicitaire, secrétaire, chercheuse, électricien, chef d’état, instituteur, prostituée, épicier, sportif, acteur, commerciale, camionneur, comptable, journaliste, pompier, pilote, infirmière, maçon : notre fonction sociale, qui occupe tellement de temps dans nos vies, est devenue notre identité. Diogène aurait toujours autant de mal à trouver un être humain parmi tout ça...

Rezk

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