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jeudi 7 juin 2001

Même pas mort

par Max Pétrois
 

Un moustique agé de trois heures traverse la rue sans ses parents. L’impact avec l’antivent de mon autoroul lui fait gicler ses tripes. Je balance un puissant jet de Texvitre sur la surface transparente pour achever de le désintégrer. Je couic le Jingeule en train de jingueuler dans ma radio. Convoqué que je suis à un palabre avec le Caïd de Babelouèbe. Pas moins. Le Mastar des Télécoms, en chair et en os. Pour bien palper de la catagonie ambiante et voir comment les Forces Babelouèbiennes pourraient arranger les chronomodulateurs de la C.O.M. Et leur papier à en-tête dans la foulée. Rencontre directe organisée par mon Bigchief à oimbibi. Passer de spector d’invesdivagation à rebouteux spécialisé, tu parles d’une évolution de carrière. Je roule dans la Zone Taxépro en périphérie du Bled. Total déserte, vu l’heure nuitale. Les Fabricohangars et les MégaMall s’enfilent comme les phones.

J’arrive à mon point de rendez-vous. Le GigaConsoMarket. Enfin les bureaux du Bulldingue du dessus. Pour une fois, je trouve une place à l’aise sur le GartaKaiss vide. Stupido, j’allais foutre dix boules dans le Kadacourses. Ah y sont balèzes les lobotomarketeurs. Des panneaux de propagande rétroéclairés aux couleurs hurlantes vantent le nouveaudor webcamé qui met en transe tous les enfants de potins. Cracra Loft, l’animatrice siliconée aux flingomatiks chromés présente la nouvelle populémission : Bunker Blues. 11 au départ. 1 à l’arrivée. Et pour les autres un contrat marketing dans la tête. Je remonte le col de mon blouz et accélère la foulée sous la pluviote vers les Portamatiks. Je zieute le haut de l’immeuble perdu dans la brume orageuse. Une faible lumière verte éclaire une fenêtre. J’arrive sur le digiphone près de la porte. Je crache mon ADN sur la petite plaque située sous le pavé numérique. Identifié que je suis, les portamatiks grincent dans leurs rails.

Un jeune technodesurf, en train de laver le plafond, expose son tshirt ironigolo. Le corps de la blondasse de Bunker Blues allongée en maillot. Egorgée. Sanguinolente. Le texte qui l’accompagne en gras s’étale sur son poitrail : Oh mon dieu ils ont tué Joana !! J’avance jusqu’au vigilant derrière son comptoir. Il est en train de mater une Strimvideo sur le réseau. Je zieute. Un Filmo3D à caractère libidineux. Tiens on dirait « Oh oui, prend-moi le trou de sécurité » de Darc Porcel. Je toussote pour marquer ma présence. L’érotomane dresse aussi la tête. J’indique l’objet de ma venue. Il me refourgue un magnétobadge « De passage » à me punaiser sur le poitrail et fait un geste agacé en direction d’un écriteau pour m’indiquer le bureau où le Caïd m’attend. Et il se rescotche à son écran de peur de perdre le fil de l’histoire. Je souris à la caméra pas cachée et me dirige vers le MontaKabin.

« ACHESS », c’est imprimé sur un panneau jaune scotché sur les portamatiks. Je me maintiens en forme en me tapant les escalapieds. Une fois arrivé sur le bon palier, je repère le burlingue du Caïd grâce au ControlZéd devant la porte. J’avance jusqu’au gaillard taillé dans la masse. Un factotum effaceur d’embrouille. Je lui montre mon magnétobadge et ma plaque professionnelle. Il dit qu’il veut ma ViraleCard. Je lui tend et il la met dans son lecteur pour vérification. Un exemplaire chiffonné de V7Patch traîne sur la tablette d’attente. Sur la couverture : « BUNKER BLUES. Notre interviou-exclu, les gardiens de la psykozmachine affirment : Tout cet observatisme, c’est vraiment degpapoli ! (pages 10-45) » Je lui explique la raison de ma venue. Il fait semblant de comprendre et m’ouvre le bureau. J’entre tandis que le malabar referme la porte dans mon dos. Des stores à lamelles masquent les baies vitrées et filtrent la lumière embrumée de poussiére dans la pièce sombre et vide. De la porte loin devant moi où filtre la lumière verte, j’entend un râle. J’avance prudemment.

Une vision de cauchemar me saute à la face lorsque j’ouvre la porte. Le Caïd en maillot marcel, assis en tailleur sur un gigantesque lit capitonné. Les yeux révulsés, le visage déformé. Il grogne en bavant. L’atmosphére géle-burnouss lui fait fumer l’haleine. Ta mère vend du Ouap en enfet ! qui me guture en se dévissant la tête. Là, y va pas fort le mastodonte des cablopérators. Je me ressaisis et repère un autre ControlZéd derrière moi. A coté de la porte qu’il était, le gaillard sournois. Je lui dit : « Faut dire à votre patron de pas se mettre dans des états pareils. Bon c’est pas la joie pour la néoconomie mais tout de même. » L’athlète ne bouge pas un cil. Le Caïd à quatre pattes s’ébroue comme un bouledogue et claque de la baviote plein les murs. Le Golem des techniquologies s’asseoit sur le bord du lit et reprend ses esprits. Il se lève et s’avance vers moi en s’essuyant la bouche d’une main.

-  Pétoire, c’est ça ? il me demande en m’en broyant cinq.
-  Pétrois, votre luminosité ambiante.
-  J’étais en pleine séance de relaxation.
-  De relaxation ?
-  Oui, comme vous le savez j’ai eu un passage à vide, ces derniers temps. C’est la Catagonie, Pétasse. Le technomalaise. Le crépuscule des ouinners. Qui me dit l’éléphantesque en me faisant vibrer les poumons d’une claque entre les omoplates.
-  Et vous voulez que je vous dise à quoi ça se voit ? continue le Caïd. C’est quand les jeunes loups s’en prennent au chef de meute. A oimbibi. L’autre jour, un jeune cave, un ouinner de VidéoGames s’en prend à moi, le Caïd. Un ptit mec. Nerveux. Tout de suite les gros mots et tout. Y dit que c’est moi qui l’ai foutu dans la panade. Moi, le Caïd. C’est à moi qui parlait, le jeune blanc-bec. Bordchit ! Y a plus de respect. Mais qu’ils crèvent ! Qu’ils crèvent tous !

Un bibelodécor achéve son existence de bibelodécor sous le poing-marteau du Titan des Télétransmissions. Pour détendre l’atmosphére, je dis :

-  Allons, Allons. Vous conservez une dette de jeune ouinner de la belle époque. Ca vous garde le teint frais. Pour la techniquologie, l’armurier et le bétonneur vous chatouille à peine les arpions. Ropaweb retourne chez sa mère et question Uèmtééss, y a pu que vous et Vivenzavi dans la place.
-  Justement, ça fait un de trop ! Aboit le Mastar en se rhabillant.
-  N’empêche, je rajoute : vous êtes le Cador des VélossConnectors à Babelouèbe. Et pis, question propagande, pardon. Avec votre turbine à trouvailles électroniques, vous êtes le BigOne à sponsorer Bunker Blues. Ca c’est de l’hyperplan de lobotomarketeurs.

Le Colosse des fils à communiquer dedans oblique le menton pour mieux se serrer le kiki à coup de cravate et dit :
-  Je suis joyce que vous abordiez ce point. Justement à ce sujet, mes TechnoConsults m’ont proposé des réunions de DéontoCode. Rapport au respect du client, enfin des clowneries dans le genre. On à le respect du client à la C.O.M.
-  Oui, enfin vous avez le respect de votre image de marque, quoi. Je ne suis pas convaincu que « client » veuille vraiment dire kekchose pour vous, votre sérénité diffuse.

Silence.

-  Votre supérieur est un comique, il m’envoie un déviant pour palabrer néoconomie.
-  Oui, c’est vrai, y en a qui ont pu constater l’effet déviant sur mon organisme. Je peux pas m’empêcher de rajouter.

Le Caïd fait un mouvement de tête. Ca craque. Il me fixe d’un regard sombre et soupire de nervement. Il fait un geste à l’attention de son nervi télécommandé qui s’avance vers moi aussi souriant qu’un métastase. Je déglutis en espérant arriver en bas par les escaliers. Dans l’autre piéce, une voix d’enfant qui crie : Ta soeur en slip sur les ouèbecams de la psykozmachine !!

[Suite au prochain épisode]

 
 
Max Pétrois
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> Même pas mort
8 juin 2001, message de Max Pétrois
 

Alors voila, une mise au point s’impose. Je savais bien que je ne pouvais y échapper. J’assume bien évidemment le contenu de mes textes au même titre, j’imagine, que les administrateurs d’uZine assument la validation de leur parution. Oui, il y a une référence à "Orange Mécanique" dans l’usage de la novlangue. (mais on pourrait parler de Vian, Queneau et plus proche de nous dans le temps, Christophe Spielberger, que des gens qui ont le talent que je n’ai pas). Comme les néologismes hypocrites engendrés par la nouvelle économie. Oui, il y a une référence à l’esprit "San-Antonio" et aux "Tontons flingueurs". Oui, il y a des références diffuses à des films comme "Blade runner", "Le Silence des agneaux", "Alien" et autres "Exorciste" dans certaines scénes. Ce sont des références qui, je l’imagine, sont partagées par d’autres. Oui, Rien ne se crée, tout se transforme. Non, Je ne suis ni écrivain ni journaliste. Simplement créanaute qui se croit averti et qui trouve amusant de décrire sous cette forme l’actualité de la nouvelle économie. Si la parodie devient une insulte, où va t’on ? Autant j’accepte le mot "grossier", bien que je pense que la grossiéreté que j’utilise est somme toute modérée et d’un niveau "quotidien". Je dirais simplement "vivant". Par contre je refuse catégoriquement le mot "diffamatoire". Je ne fais que mettre en forme à ma maniére l’actualité piochée dans la presse écrite et sur le net. Je ne suis pas militant, Je ne poursuis aucun but précis si ce n’est distraire mes trois fidèles lecteurs. j’exprime simplement un point de vue qui, de tout de manière, ne changera rien (malheureusement ?) à la réalité des choses. La seule chose que je pense insulter ou diffamer, c’est l’orthographe.

Bien que je trouve dommage de me sentir obligé de me justifier pour une activité récréative, je tenais quand même à le faire savoir.

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> si, si diffamation, heureusement je suis pas procédurier !, 11 juin 2001

Salut,

Tu fais bien de faire cette mise au point, non mais !

J’y relève :

>...que des gens qui ont le talent que je n’ai pas... ...mes trois fidèles lecteurs...

Trop modeste P3, trop modeste... J’en profite pour renouveler ma doléance : c’est intolérable de couper au milieu d’un tel suspense, j’exige la suite.

Néanmoins, tes allégations quant à l’absence de diffamation sont pour le moins mensongères ; n’importe quel tribunal pourrait aisément le constater au vu de ce passage susceptible de porter atteinte à la réputation de l’un d’entre moi :

>le Jingeule en train de jingueuler dans ma radio

Alors, hein, faudrait voir, quand même, non mais ! Je vais me mettre à parler du forum pétroit, si ça continue !

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> Je ne m’énerve pas, j’explique., Max Pétrois, 12 juin 2001

« certains participants se laissent parfois emporter par leur... enthousiasme et postent, souvent de bonne foi, des messages que d’autres pourraient juger diffamants ou insultants... »

C’est cette remarque qui, rajoutée à d’autres, explique ma « mise au point ». Ah mais. Donc précision, persistance et signature.

Blowjob me disais : « je commence à penser que les forums sur le Web font de merveilleux générateurs de quiproquos et autres malentendus à rallonge »

Je confirme.

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Le grand auteur anglais
7 juin 2001
 

Le premier à avoir utilisé ce genre de vocabulaire, c’est Anthony Burgess.

Pour l’avertissement ci-contre ("certains participants se laissent parfois emporter par leur... enthousiasme et postent, souvent de bonne foi, des messages que d’autres pourraient juger diffamants ou insultants..."), je me demande s’il s’applique aussi aux textes publiés dans uzine.

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> Le grand auteur anglais, William Steve Applegate, 7 juin 2001

Que réproches-tu à ce texte ? Si ce n’est qu’il ne va pas assez vite à son but, je trouve que c’est une façon plaisante de critiquer une entité, surtout en cette époque où la censure judiciaire guette à chaque coin de requête HTTP...

Pour ce qui est du caractère « diffamant », ce texte n’est certainement pas tendre à propos de celui que nous continuerons à appeler « le Caïd » et sa boîte, mais je ne sais pourquoi, j’y trouve comme un parfum de vérité...

Quant au langage utilisé, il est certes grossier, mais enfin, pas plus qu’un San-Antonio moyen (pourtant en vente libre dans toutes les gares Françaises)...

Arrêtons de faire des procès d’intention aux gens simplement à cause de leur manière de s’exprimer. C’est à cause de quiproquos pareil que des affaires comme l’affaire Costes ont pu avoir lu. Il serait dommage de rajouter de l’eau au moulin de l’intolérance, hmmmm ?

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