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Manifeste de l’Internationale Dimanchiste

Le Web sera sauvé un dimanche

Bruxelles, le 17 avril 2001
par l’Internationale Dimanchiste section belge

Nous, membres de l’Internationale Dimanchiste, lançons en ce jour aux internautes de tous les pays ce message haut, clair et sans appel pour le Vingt et Unième siècle.

Tous vaillants et unanimes pour réaffirmer la nécessité majeure de préserver le Web des velléités d’accaparement par les marchands, il nous faut prendre aujourd’hui conscience d’une impérieuse priorité : porter nos revendications là où elles se doivent de l’être : hors du Web, dans l’existence concrète de nos maisons, de nos ateliers, dans la quotidienneté de nos actes et de nos créations.

Tous convaincus que l’engloutissement mercantile guette l’Internet libre, solidaire et bénévole, diamant arraché aux âges technologiques et à l’inconscience des autorités politiques, il nous faut dès maintenant réagir :

Exigeons du temps libre ! Faisons pression sur les corps gouvernants, médiatiques et les industriels pour faire advenir que notre temps de travail et de production sociale soit réduits !

L’erreur des épiciers est d’avoir pensé que consacrer la totalité de leur temps, de leurs forces et de leur âme aux chimères du commerce électronique leur ouvrirait les portes du succès. Leur sottise est sanctionnée par l’échec flagrant et inévitable des atomes de la Nouvelle Economie. De l’hécatombe, ne resteront que quelques entreprises solides, que la chance ou le sens capitalistique auront sauvées. Ne nous y trompons pas : ces survivantes aigries feront payer la réussite insolente des sites bénévoles, le trafic énorme que génère la joyeuse liberté de penser qu’aucune de leur bannière de publicité n’approchera jamais.

La nature a horreur du vide. Le capitalisme a horreur de la réussite sans profits marchands.

C’est pourquoi il faut nous charger nos fusils contre les attaques à notre succès que les marchands ne manqueront pas de lancer. Nous autres internautes n’avons pas besoin de législations illusoires, qui nous octroient le privilège fragile d’exister, de créer et de s’exprimer hors des ornières de la vacuité marchande.

Nous le répétons encore et toujours : nous avons besoin en priorité de temps libre pour construire et participer à des sites, réagir à des forums et des groupes de discussions, pour échanger des idées, débattre. Pour agir en contrepoint le plus formel, en démenti le plus cinglant à la dictature des épiciers.

Ce choix de destin exige que nous renoncions à la tentation de vouloir engranger le moindre bénéfice marchand de nos productions sur le Web. Ne soyons pas des internautes à plein temps, jamais et nulle part. Subsistons chaque jour de nos activités professionnelles rémunérées. Le Web ne peut et ne doit pas nous apporter le moindre bénéfice.

Repoussons la mise en place bannières de publicité qui sont autant de souillures mercantiles à la blancheur réjouissante notre liberté.

Renonçons au concept mortifère et agonisant du droit d’auteur : écrivons, composons, créons sans autre souci que le souci légitime d’être cité, pour nous attirer le respect et la reconnaissance bienveillants de nos pairs. Devenons comme ces peintres, ces écrivains, ces musiciens " du dimanche ", qui produisent sans asservissement, pour le plaisir de se retrouver, de se dépasser, de partager et faire partager leurs trouvailles. En France à la fin du Vingtième Siècle, moins de 2000 écrivains vivaient de leur plume. La production écrite française n’avait pourtant jamais été aussi pléthorique. Il peut et doit en être de même sur le Web.

Luttons pour que les machines industrielles cessent aujourd’hui de persister dans l’erreur en défendant un droit d’auteur obsolète, fuyant comme à l’accoutumée la modernité et le bon sens.

Et que celui qui renonce au bénévolat exigé par nos activités Web, celui qui cède aux chimères capiteuses et superficielles de l’univers des marchands en ligne se considère dans le camp des ennemis du Dimanchisme. Que celui qui croit produire mieux en créant à plein temps soit détrompé : il ne produira que plus.

Que chacun s’empare de ce texte, s’efforce de le faire circuler, signalant ou non sa source, que chacun s’efforce de le traduire la langue du globe qu’il possède. Amis, camarades, frères internautes, tous convaincus de la nécessaire émergence du Dimanchisme, faisons circuler le Manifeste, inspirons-en nous pour composer d’autres textes, y apporter d’autres nuances, d’autres précisions.

Soyons des internautes du dimanche pour sauver notre Web. Soyons des artistes du dimanche pour construire le Vingt et Unième Siècle.

Internationale Dimanchiste, section belge

 
 
l’Internationale Dimanchiste section belge
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Web indépendant


> Le Web sera sauvé un dimanche
4 mai 2003
 
Bravo les gars, Nous sommes à fond avec vous. Apple Jelly, groupe de pop électro et membre du label grenoblois Un Dimanche (www.undimanche.fr.st)
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> Internationale dimanchiste [section française]
21 avril 2002, message de antitravail@fr.fm
 
Visitez le site officiel de l’Internationale dimanchiste section française sur ...
 
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> Le travail sera sauvé un dimanche
8 juin 2001, message de tarte tatin
 

salut severino, félicitations pour cette belle initiative. Ton texte est excellent bien qu’à mon avis trop centré sur le net (rq c’est un peu le sujet du site mais bon...). Merci aussi pour tes commentaires sur mon article et surtout pour ce que j’ai pu voire de ton oeuvre sur le net. Respect pour tout ça. Puisqu’il doit y avoir une internationale dimanchiste, je me propose de tenter dans promouvoir la section française. Nous sommes en train de refaire le site de lafindutravail, il pourra être le lieu de la section française de l’internationale et passerrelle vers d’autres sites et documents. Je soumets ici le projet de manifeste de la section française de l’internationale dimanchite, il reprend largement ton texte en y ajoutant d’autres éléments.

a bientôt pour plus ample collaboration dimanchiste.

Le travail sera sauvé un dimanche

Manifeste de l’Internationale Dimanchiste section française

Nous, membres de l’internationale dimanchiste section française lançons ce message :

Non au travail salarié, non au chômage non aux droits d’auteurs, non au web commerçant, non aux majors, non aux pme.

Oui au travail du Dimanche, oui au chômage du Dimanche, oui aux bricolos du Dimanche, oui aux artistes du Dimanche, oui aux webmasters du Dimanche, oui aux glandeurs du Dimanche, oui aux créateurs du Dimanche, oui aux producteurs du Dimanche.

Nous pensons qu’à l’heure du tout marchand, du tout tout de suite et du tout finalement bien fade, il est salvateur d’adopter la « Dimanche attitude », de devenir des amateurs exigeants et pluridisciplinaires, de faire rimer gratuité avec qualité et travail avec jeu.

Le Dimanche les bureaux et les usines sont fermés, mais aussi les magasins. Le Dimanche nous ne sommes plus des machines ni à produire, ni à consommer, cependant nous restons prisonniers du Lundi et dans la nécessité dictée de rentabiliser notre temps libre. Nous pensons que le lendemain de Dimanche, doit être … un Dimanche, ni jour du seigneur, ni jour de repos mais jour de vie et d’action libres.

L’activité la plus intéressante ne vaut pas qu’on s’y consacre à plein temps, la moins intéressante ne vaut pas qu’on y consacre une minute.

L’automatisation et l’informatisation nous imposent de repenser notre organisation du travail, mais aussi notre conception de celui-ci, il en va de même du chômage. Profitons de l’occasion qui nous est offerte de réclamer le droit au travail et le droit à la paresse.

Nous réclamons une allocation universelle et inconditionnelle permettant de tirer profit des progrès techniques et scientifiques accomplis, de dire non au travail forcé et oui au travail libre, au temps libre, à la pensée libre.

Nous renonçons aussi au concept mortifère et agonisant de droit d’auteur : écrivons, composons, créons, inventons, chantons sous la douche ou ailleurs dans nul autre but que la satisfaction qu’offrent ses activités et le souci légitime de s’attirer le respect et la bienveillance de ses pairs.

Luttons pour que les machines industrielles cessent aujourd’hui de persister dans l’erreur en défendant un droit d’auteur obsolète et une vision du travail archaïque et au combien dangereuse, fuyant comme à l’accoutumée la modernité et le bon sens.

Texte écrit le jeudi 7 juin 2001, un dimanche comme les autres par l’internationale dimanchiste, section française.

 
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>> ERREUR : MERCI DE RECTIFIER, severino, 28 août 2001

Salut tarte tatin

Je suis achement flatté de ton commentaire que je découvre aujourd’hui, et je veux bien signé ton manifeste dimanchiste français des deux pieds.

MAIS JE NE SUIS PAS A L’ORIGINE DE CE TEXTE. Merci de bien vouloir rectifier, j’ai déjà assez de mal à assumer toute les conneries que je raconte à droite à gauche pendant mes insomnies.

Et merci aux génialissimes auteurs anonymes de ce texte de bien vouloir daigner communiquer avec leurs lecteurs.

Cela étant dit, il y a quelque chose à creuser en articulant subversion interne au capitalisme (analyse économique) et activités utopiques aux marges pour ceux qu’on envie :

-  Libre création (webzine, université populaire, réseau d’échange de savoir, radio libre, fanzine, communautés, squat, jardins bio collectif, TAZ, piratage intégral)
-  Refus du travail (revenu d’existence, impôt négatif amélioré, allocation universelle...)
-  Phénomène de coopération productive (intelligence collective ?) qui nécessite une fluidité des échanges informationnels pour être agréable et efficace : autrement dit PAS DE COPYRIGHT, et sécurité du revenu pour les créateurs, c’est à dire tout le monde.
-  Soutien au tiers-monde qui est exclut des bienfaits des brevets (médicaments-ActUp, semences agricoles-ConfPaysanne, gènes-éthique, processus industriel-Contrefacteur, plantes médicinales...) : Abolition des brevets pour le tiers-monde, au minimum. A articuler évidemment avec la lutte contre les brevets logiciels, même si elle est plus facile parceque soutenu également par des libéraux.
-  Humour, do it yourself. Pas de prosélytisme : vous n’êtes pas d’accord... ça tombe bien, on a pas besoin de vous. Pas de sacerdoce : comme dit Raoul V. (si j’ai compris) la meilleure façon de changer le monde, c’est de se faire réellement plaisir. Information want to be free. Do it yourself. Use copyleft !

Cela dit, le mouvement du Libre rassemble des gens très diverses : il est vain de croire pouvoir les unifier... et c’est surtout sans intérêt puisque leur force vient de cette diversité extrême. Mais rien n’empêche de s’embarquer vers une utopie nouvelle. C’est con à dire, mais j’ai besoin d’un projet politique, d’un truc motivant, crédible. je ne supporte plus tout ces militants tristes anars et trotskystes qui n’ont d’autres espoir que de changer le monde dans 1000 ans, et se déresponsabilise pour aujourd’hui. Je propose l’abolition du copyright et des brevets (on garde le droit moral de paternité sur l’oeuvre, le droit des marques sans abus pour identifier un groupe producteur, et basta). Je propose le revenu d’existence, économiquement possible, mais moralement choquant, et pourtant non stigmatisant, cumulatif, universel (même les riches). Et le développement d’un secteur de "production" "underground" spontané, coopératif avec le public et le même le privé.L’intérêt d’un tel projet c’est qu’il est compatible avec le système capitaliste que l’on ne peut pas détroner pour le moment (et pour mettre quoi à la place)... mais qu’il permet de faire évoluer les mentalités, d’avancer vers plus de justice, de liberté créatrice, et donc de progresser. De toute façon, les révolutions sont toujours partielles et subjectives... Alors pourquoi ne pas tenter celle-là. Elle est crédible, sans danger pour les petits bourgeois apeurés dans leur résidence, bref c’est quelque part beaucoup plus subversif de se lancer dès aujourd’hui vers l’alternative (sans rejet sectaire des autres secteurs de la société), que de précher la dictature du prolétariat, la gentillesse universelle, ou le fédéralisme libertaire autogéré sans aucun espoir. Les vrais subversifs sont les chercheurs et producteurs alternatifs, ce n’est pas suffisant de manifester contre la globalisation capitaliste à Gène !

He, merde. Je me reli pas... J’ai encore dit des conneries, et je vais encore en prendre plein la gueulle. Arggg. Parti. chui plus là.

 
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RECTIFIANCE, Internationale Dimanchiste section belge, 4 septembre 2001

Merci Severino, pour ces précisions que tu as très diligemment apportées à notre demande. (Excuse le ton de la missive que tu estimais "un peu sec", mais le "nous" donne souvent quelque chose de la sorte...).

"Et merci aux génialissimes auteurs anonymes de ce texte de bien vouloir daigner communiquer avec leurs lecteurs." "Nos" lecteurs ont nos adresses. Qu’ils nous écrivent s’ils veulent communiquer et nous informer de la répansion de ce texte sur la Toile. Poue notre part, nous sommes heureux de constater que le dimanchisme a été toquer aux oreilles des Canadiens, puisqu’un journaliste montréalais de passage à Bruxelles nous a demandé une interview. Interview que nous avons refusé bien sûr, pour des raisons éthiques évidentes. IDSB

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> Le Web sera sauvé un dimanche
19 avril 2001, message de Olivier Zablocki
 

Voilà qui est très beau, très joyeux, et très con, et parfaitement cynique.

C’est vrai, on avait failli oublier depuis quelques temps que l’Eglise et les patrons nous avaient laissé le dimanche pour nous reposer et flatter nos pauvres esprits pressés par des semaines abrutissantes.

Cette nouvelle version du web en opium du peuple est un chef d’oeuvre d’alinéation programmée, un rêve d’informaticien soucieux de ses prérogatives qui nous invite à circuler pendant la semaine quand il n’y aurait, paraît-il, rien à voir.

La peste soit des dimanches et des dimanchistes.

Je hais les dimanches !

Olivier

Répondre
> Le Web sera sauvé un dimanche, Titus, 19 avril 2001
Olivier à mon avis je crois que t’a pas bien comprit le sens de "internaute du dimanche". Je crois pas que ça se cantone qu’au dimanche, c’est une métaphore pour désigner tous les moment à côté du professionel ou on crée, c’est le temps libre, la pratique des hobbies, etc
Répondre
> Le Web sera sauvé un dimanche, Olivier Zablocki, 19 avril 2001

Si, si j’avais bien compris. Il s’agit de ce merveilleux temps libre, du dimanche à la 36ème heure, ce nouvel eldorado où nous attendent toujours les mêmes industriels qui ont fort bien compris comment instrumentaliser nos droits à la paresse pour leur plus grand profit.

L’Internet de loisirs... Ok, alors bienvenue à EuroDisney, le ticket d’entrée est très cher mais, peu importe, puisque c’est un loisirs compulsif :(

Olivier

Répondre
> Le Web sera sauvé un dimanche, Tiresias, 19 avril 2001
A tes critiques de fond, que je partage, j’ajoute le sentiment d’être pris pour un imbécile, et un ton assez méprisant. Sur le droit d’auteur, il va de soi que les 5 à 8% que touche le créateur sont une charge insupportable par rapport aux 92/98% moins les frais et charges, ce qui laisse un petit peu tout de même, que perçoivent les autres. Et puis, ça me fait toujours drôle, bien que ce soit accessoire, ces gens qui choisissent les services d’une multinationale pour mieux changer la société, comme d’autres qui sont clients de vivendi écrivent contre france telecom... Car ils ont bien choisi, non ? Non , ça a dû être imposé par la pub et le grand capital. Enfin, ça a été validé, donc la sagesse collective a dû y trouver un interêt, a moins que ce ne soit une blague, juste destinée à faire intervenir en forum.
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> Le Web sera sauvé un dimanche, William Steve Applegate, 20 avril 2001

Alors là, je suis esbaudi. J’avoue que je ne comprends rien aux critiques que je lis. Mais peut-être est-ce parce que je n’ai pas très bien compris le texte. Alors voici ce que j’en retiens :

* la production intellectuelle (ou artistique, pour ce qui nous importe) ne devrait pas être motivée par un but mercantile.

* les législations telles que le droit d’auteur tendent à nous pousser à considérer le savoir (ou l’art) comme un bien « commercialisable ».

* donc, ce qu’il faudrait vraiment, c’est surtout plus de temps (ibid est, moins de pressions financières qui nous forcent à travailler le plus possible) pour nous permettre de nous exprimer / de créer.

Je dois être un con et me mépriser, mais je ne peux m’empêcher de souscrire sans réserve à une telle opinion. Quant au plan recommandé, il me semble on ne peut plus logique : créer durant notre temps libre, plutôt qu’au service d’un patron, d’intérêts capitalistiques.

C’est pourquoi je comprends mal certaines des critiques émises. Je vais essayer de m’expliquer (je ne suis pas franchement intelligent, donc corrigez-moi si vous pensez que je n’ai rien compris) :

> C’est vrai, on avait failli oublier depuis quelques temps que l’Eglise et les patrons nous avaient laissé le dimanche pour nous reposer

Tu sembles vouloir dire (encore une fois, je peux n’avoir rien compris) que l’on a tort de considérer le temps qui nous est offert comme suffisant. L’article dit ce me semble la même chose en demandant plus de temps libre pour exercer nos facultés intellectuelles au service du reste de l’humanité et pas au service des « épiciers ».

> Cette nouvelle version du web en opium du peuple est un chef d’oeuvre d’alinéation programmée

Aliénation ? Au contraire, le Web peut être un formidable outil de prise de conscience - mais pour cela, il faut qu’il soit utilisé à notre avantage ; d’où la nécessité de le faire pendant que nous ne sommes pas sous la coupe de nos chefaillons (la « semaine » métaphorique dont on parle). CQFD (ou non ?).

> Il s’agit de ce merveilleux temps libre (...), ce nouvel eldorado où nous attendent toujours les mêmes industriels (...). L’Internet de loisirs... Ok, alors bienvenue à EuroDisney

Je pense qu’il y a là un glissement sémantique (ouh là là, les mots que je peux utiliser moi à 6h du mat’, va falloir que je consulte un psy !) entre toi et l’auteur du texte ; car visiblement vous n’avez pas la même conception du mot « loisirs ». Permets-moi de te poser une question, pour clarifier les choses : si pendant mon temps libre, je développe un logiciel libre (cet exemple est un peu différent de ceux du texte, mais je suis informaticien) pour aider d’autres personnes, est-ce de « l’Internet de loisirs » ? Et si oui, en quoi cela me fait-il tomber sous le joug de Donald Duck et de sa World Company ?

> il va de soi que les 5 à 8% que touche le créateur sont une charge insupportable par rapport aux 92/98% (...) que perçoivent les autres

Tout d’abord, pardon de répondre en vrac à plusieurs personnes, je sais que c’est malpoli et je vous prie de m’excuser. Maintenant, il me semble que cet argument veut dire en fait « s’il y a si peu d’auteurs qui vivent de leur production, c’est surtout parce que leurs bénéfices sont accaparés par la distribution ». J’ai bon ? Si c’est le cas, l’article ne disait pas le contraire, il disait simplement que même s’ils pouvaient tous gagner leur vie de cette manière, ce serait aussi égoïste de leur part d’accaparer leur savoir/art que de la part de leurs distributeurs (enfin du moins c’est ce que j’ai compris), et je partage cet avis : pour paraphraser un vieux slogan débile d’une compagnie ferroviaire, « le progrès (et plus généralement n’importe quel bienfait) ne vaut que s’il est partagé par tous ». Par ailleurs l’article affirme que la production à but mercantile d’un auteur quelconque ne sera jamais au niveau de celle à but désintéressé - car la nécéssité de vendre amène des contraintes. C’est ainsi que le cinéma est pollué par des navets intergalactiques, car des films plus complexes auraient moins de succès (je ne sais pas pourquoi, j’ai l’impression d’articuler des évidences là)...

> Et puis, ça me fait toujours drôle (...), ces gens qui choisissent les services d’une multinationale pour mieux changer la société

Heu... Pardon ? Plus ça va, plus je m’y perds. J’avoue à ma grande honte que je ne comprends pas cet argument. Je n’ai pas vu de multinationale citée, et je ne vois pas en quoi le fait de consacrer son temps libre à produire du contenu intelligent pour Internet conduirait à avoir recours aux services d’une multinationale. Pourrais-tu m’expliquer cela (tu es autorisé à te gausser de ma bêtise au passage si le coeur t’en dit) ?

> la sagesse collective a dû y trouver un interêt, a moins que ce ne soit une blague, juste destinée à faire intervenir en forum

Eh bien si c’est le cas, c’est réussi, car à en juger par la longueur de mon texte, je me suis fait avoir comme un bleu :-)

Voilà, voilà, c’était une tentative pour essayer d’y voir plus clair, probablement ratée vu que mon esprit est passablement embrumé à cette heure-ci, mais avec un peu de chance et quelques posts supplémentaires, tout devrait se décanter. Bonne journée à tous :)

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Vive le dimanchisme !, Titus, 20 avril 2001

Personnelement, je suis à 270% d’accord avec Steve William, rien à retirer, il a tout résumé a la perfection.

Je crois que vous n’avez pas saisi le sens de ce texte, qui ne demande certainement pas de se metre sous la coupe des multinationales ! Il y a une chose dans ce texte qui vous a échappé, c’est que le "bénévolat" réclamé par le texte ne dépasse pas le cadre du Web. Il ne dit jamais : tout doit êrtre produit gratuitement, les CD, les bédés, les romans papier

Il dit : sur le Web, le MP3 ne coûte rien à produire, les lignes de code pour publier ses oeuvres non plus, le scanner et le jpeg non plus, alors quoi ??? on voudrait que l’argent rentre là où tout peut exister sans argent ? Ben merde ! Sur le Web, on se passe des intermédiaires, et donc des multinationales, c’est ça la nouveauté. Il n’y a plus de 5, de 8 ou de 80% de droits d’auteur : il n’y a plus de droits d’auteurs !

Ceux qui parlent d’un "canular", c’est qu’ils sont dépassés par la portée du truc et réfléchissent toujours avec des schémas d’hier : quels intermédiaires vont s’en mettre plien les fouilles ???

Vive le dimanchisme !

PS : quelqu’un connaît les membres de l’Internationale dimanchiste belge ??? J’aimerais bien les connaître !

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> Vive le dimanchisme !, 20 avril 2001
Internationale Dimanchiste fait penser à Internationale Situationiste et leur thèses semblent influencées par Vaneigem : la société marchande s’effondrera sous les coups de boutoir du désir de vivre et de la gratuité. J’espère qu’ils vont développer.
Répondre
> Vive le dimanchisme !, Olivier Zablocki, 21 avril 2001

Il dit : sur le Web, le MP3 ne coûte rien à produire, les lignes de code pour publier ses oeuvres non plus, le scanner et le jpeg non plus

Oui, il dit effectivement cela et, malheureusement, c’est totalement faux. L’investissement en temps, en savoir-faire, en matériel et en frais généraux divers est considérable. La valeur ajoutée produite est tout aussi considérable. Le discours dimanchiste serait convaincant s’il nous disait comment l’on maîtrise cette valeur ajoutée. A ce moment là il irait effectivement de la liberté de chacun de donner, de mutualiser ce qu’il a produit. Malheureusement ce n’est pas le cas et ces dernières années les exemples abondent.

Le plus caricatural, encore une fois, serait le rapt de Mygale dont l’énorme contenu fut produit par des dimanchistes de la première heure vendus avec les meubles à d’habiles transformistes qui la rebaptisèrent Multimania pour, finalement, détourner à leur profit la valeur ajoutée produite par les ancêtres des dimanchistes

A l’époque, le peu de conscience politique et économique des crypto-dimanchistes qui tenaient peu ou prou le discours des neo-dimanchistes de 2001 rendit impossible toute tentative de donner à Mygale une structure ad hoc, sous la forme d’une coopérative par exemple qui aurait pu assurer un minimum de maîtrise de cette valeur ajoutée issue de la production de contenus. (Mygale était à cette époque là le premier serveur francophone tant en terme de volume produit que de visiteurs.

Nous sortons à peine de cette longue période de naïveté et l’émergence de coopératives du type [Ouvaton->http://www.ouvaton.net] me semble contribuer à aider chacun à faire quelques pas hors du cercle vicieux de l’illusion dimanchiste. Dans tous les cas, le débat ouvert par le Manifeste Dimanchiste est, à mon sens, capital. Nous voyons bien qu’une ligne de partage, et désormais une ligne de front, s’est établie entre deux visions prospectives de l’Internet indépendant. Pour ma part, j’ai définitivement quitté il y a peu le MiniRezo qui, j’en suis convaincu, a fait définitivement et majoritairement le choix cette attitude que nous qualifierons désormais pour plus de commodité de dimanchiste attitude

Je vois cela comme une erreur, le choix d’une impasse que l’on se complait à parcourir à cloche-pied.

Olivier Zablocki (ex-membre du MiniRezo)

 
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> Dichotomie ?, severino, 21 avril 2001

Nous sortons à peine de cette longue période de naïveté et l’émergence de coopératives du type [Ouvaton—>http://www.ouvaton.net] me semble contribuer à aider chacun à faire quelques pas hors du cercle vicieux de l’illusion dimanchiste. Dans tous les cas, le débat ouvert par le Manifeste Dimanchiste est, à mon sens, capital. Nous voyons bien qu’une ligne de partage, et désormais une ligne de front, s’est établie entre deux visions prospectives de l’Internet indépendant.

Que ce soit le web indépendant ou le "militantisme" alternatif, il n’y a pas qu’une ligne de partage, il y en a des milliers. Et c’est cette multitude des résistances qui assure un relatif succès au web indépendant : auto-publication, protection de la vie privée face par le cryptage, logiciels libres et par extension "information" libre, mutualisation de l’hébergement, mouvement social en réseau (exemple des infirmièr(e)s), et de plus en plus jonction des luttes (entre autre par le biais de l’analyse de l’utilisation du droit de la propriété intellectuelle par les multinationales : ogm, logiciel libre, sida, recherche, danone).

L’attitude d’un certains nombres d’individus et de groupes (comme toi) qui consiste à dire que le web indépendant ne peut exister réellement sans hébergement mutualisé indépendant se heurte à la réalité des faits :-) Pour autant c’est un projet important, et je le soutien, je compte bien en acheter une part. Je ne te repproche pas de focaliser sur un seul angle des luttes (je fait la même chose), mais de croire que ton approche est la seule raisonnable me parait un peu excessif. L’expérience de Mygal a été retenu par tout le monde, et plus personne n’est dupe des offres d’hébergement gratuite. Pour autant, cela ne suffit pas à nourrir une analyse plus globale comme tu le fais.

S’il y a une ligne de partage, je crois qu’elle se fait plutôt entre ceux qui pensent que l’on a changé de "paradigme sociétal" et ceux qui pensent qu’on est toujours dans l’ancien (deuxième partie du vingtième siècle grosso modo). Lénine disait T.28 p.485 : "La liberté de la presse est une duperie tant que les meilleures imprimeries et les gros stocks de papier sont accaparés par les capitalistes, tant que demeure le pouvoir du capital sur la presse [...]" Amen. En attendant, c’est une des choses qui n’est plus qu’en partie vrai sur le net. C’est ce qui rend Ouvaton certe très très important mais pas indispensable au point d’excommunier ceux qui préfère se passionner pour un autre aspect du "combat".

Par contre j’aimerai bien connaitre ta critique théorique du "dimanchisme attitude", autrement que par référence à l’histoire de mygal, multimania et ouvaton... et que par référence à la naïveté politique des dimanchistes, assez mal-venu quand on sait que la production indépendante sur la toile est le fait de gens absolument naïfs en politique (cf Richard Stallman et Linus. Amen :-).

Amicalement et naïvement. severino.

 
Répondre
> Dichotomie ?, Olivier Zablocki, 23 avril 2001

L’attitude d’un certains nombres d’individus et de groupes (comme toi) qui consiste à dire que le web indépendant ne peut exister réellement sans hébergement mutualisé indépendant se heurte à la réalité des faits :-)

Euh, là je me demande où j’ai bien pu dire ça. Dans le genre manichéen, j’ai par contre bien lu ceci, comme le souligne Calvz : La creation web "exige" le benevolat et le temps partiel

Peu importe.

Reste tout de même à relever dans un certain nombre de messages une importante confusion entre libre (logiciel) et gratuit. Le libre n’induit pas automatiquement le don ou la gratuité. Au final, là où l’on vend des licences autour des logiciels propriétaires on vend des services autour du libre.

quand on sait que la production indépendante sur la toile est le fait de gens absolument naïfs en politique (cf Richard Stallman et Linus. Amen :-).

D’abord réduire la production indépendante sur l’Internet à celle des informaticiens me semble un peu exagéré tout de même, ensuite je ne suis pas sûr que l’on puisse qualifier Stallman de « naïf » (ça se saurait ;-), enfin il me semble que Linus Torwald est un professionnel qui n’a pas écrit sa partition uniquement le dimanche à la sortie de la messe et qui a eu l’occasion de la valoriser sensiblement... et heureusement pour lui.

Bref, pour résumer ce qui m’a fait réagir, disons que j’ai de plus en plus de mal à gober ces nouvelles légendes urbaines sur les conditions de productions alternatives sur le réseau.

Répondre
> Pas de réponse., severino, 25 avril 2001

Rebonjour Olivier.

J’approuve tes remarques sur l’essentiel, c’est vrai que j’ai tendance à "simplifier". Cependant je te demandais juste une critique de cet article basé sur autre chose que sur l’histoire de mygal (l’hébergement mutualiste n’est "que" l’une des luttes importantes du web indépendant...) et sur la naïveté politique des dimachistes.

Bref, la réponse n’est pas direct, mais on peut la lire entre les lignes :

1 - Tu semble ne pas apprécier le modèle économique du bénévolat défendu par cet article, et tu reprend mon exemple du logiciel libre (un parmis mille) pour expliquer que les informaticiens du libre profite en retour de leur "bénévolat". A la base je n’aime pas ce terme bénévolat : Il ne correspond pas à ce dont on parle... j’ai envie de faire quelque chose, je le fait : j’appelle ça de la liberté, pas du bénévolat. Soyons clair, sans vouloir faire du déterminisme technologique il y a trois modèle économique possible : la pub (et affiliation, et mécénat...), l’abonnement, la gratuité (hou, le vilain mot :-) qui n’en est pas tout à fait une puisqu’on bénéficie de nombreux feedback (ça nourrit pas, certe). On peut envisager la subvention aussi :-) Ben, voilà, moi celui qui m’éclate vraiment, c’est la gratuité... Il y a des tas de gens à qui cela ne plait pas : mais voilà comment empécher les gens de créer gratuitement... c’est moins facile à arrêter qu’un coktail molotov... Surement pour cela que déjà les punks disaient "Do it yourself" !

2 - Tu as "de plus en plus de mal à gober ces nouvelles légendes urbaines" sur les conditions de productions alternatives sur le réseau. Moi c’est le contraire : je n’arrête pas de m’extasier devant tout ces sites passionnant et sans pub que je visite, qui sont souvent le fait de "bénévoles". En fait, pas mal de webmasters arrive tout de même à se faire payer... mais le site au final reste accessible gratuitement : il y a bien un acte de don. Mais la véritable alternative est dans le travail collaboratif, qui peut commencer par une simple liste de diffusion thématique - chacun donnant le meilleur de ses infos, et de ses analyses, on obtient une agence AFP spécialisée sur ses centres d’intérêt. J’extrapole à partie de ces expériences perso, mais j’imagine que ça doit être pareil dans tous le domaine (foot, jeux de société, recherche scientifique, amateurs de poésie). Rassure toi, je ne cherche pas à te convaincre, ni toi, ni personne... je me contente d’apprécier et de "pratiquer" bien égoïstement :-)

C’est fou comment le débat s’allourdit, alors qu’il avait commencé par un appel humouristique... dont je me demande toujours si c’est du lard ou du cochon. Que l’ auteur (ou les auteurs) se dénonce(ent) SVP.

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> Vive le dimanchisme !, Naphtaline, 21 avril 2001
ça a vraiment l’air chouette d’être intelligent ! Moi qui prenais cet article pour du quatrième degré, une chose entre "arrêtez de jouer les amateurs naïfs" et "surtout restons des amateurs bienheureux", heureusement que les spécialistes du microcosme sont là pour m’éclairer un peu. Détendez-vous les garçons, tout ça c’est juste pour rire. N’empèche que dans une heure, je commence la révolution.
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> Vive le dimanchisme !, 22 avril 2001
Totalement faux, c’est vite dit. Il suffit de voir le phénomène du logiciel libre, qui déteint peu à peu sur les autres aspects de la propriété intellectuelle. Le but de la société marchande est de s’emparer de tous les domaines gratuits ou qui devraient l’être (accès à l’eau, bibliothèques, etc.). Comment mieux le contrer que par le don ?
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et la tendresse ?, Horselover Fat, 24 avril 2001

...cela dit, il ne s’agit pas seulement de "production" et de "valeur ajoutée", dans le manifeste des dimanchistes.

L’objectif est de "construire et participer à des sites, réagir à des forums et des groupes de discussions, pour échanger des idées, débattre(...) agir en contrepoint(...) à la dictature des épiciers."

La question de la viablité d’une production "dimanchiste" n’est pas au coeur du sujet. C’est de notre occupation de la toile qu’il s’agit , de notre manière de vivre et de fréquenter le ouèbe. Le propos n’est pas de faire de la toile un marché où s’échange la production de dilletantes ( ?!), mais d’en faire autre chose qu’un simple marché !!

Dans cette optique, evitons de chercher a tout prix à vivre de notre activité sur le ouèbe. Et si certains services ne peuvent ,dans l’etat actuel des choses, être fournis que par des entreprises à but lucratif, conservons, en tant que particuliers et citoyens, notre approche ludique gratuite et desinteressée.

’fin c’est ce que j’ai compris, quoi....

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> Le Web sera sauvé un dimanche, severino, 21 avril 2001

Pas le temps... et rien à dire... de plus :-)

J’approuve également et dans sa totalité le commentaire de William Steve Applegate.

Je me suis demandé aussi si cet article était du lard ou du cochon... Si c’est uniquement du second degré, j’apprécie quand même cet article malgrès son côté un peu stakanoviste du temps libre. Et la paresse bordel, la pure paresse contemplative, ne l’oublions pas, SVP !

Signé : un bleu. La révolution sera naïve ou ne sera pas.

 
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Amis belches, lisez le Soir une fois., calvz, 22 avril 2001

Mais la paresse, le chancellier allemand dont je ne sais avec certitude orthographier le nom vient de la stipendier, d’en bannir le droit, pour ses concitoyens a tout le moins...

Bref...

La creation web "exige" le benevolat et le temps partiel ? Au nom de qui de quoi ? Mystere...

Que celui qui croit produire mieux en créant à plein temps soit détrompé : il ne produira que plus.

Ah. Bon. Et s’il produit plus de bien (donc de pareil, a defaut de mieux), c’est deja pas mal, non ?

La ou je suis d’accord : sur l’exigence de plus de temps libre. Pas forcement pour le passer sur le oueb, cela dit...

L’allocation universelle, mon utopie a moi.

calvzenet-sauvignon

 
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A marche pas, une fois, severino, 25 avril 2001
Il marche pas ton lien ! 25 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48 50 52 54 56 58 60 62 664 66 68 70 72 74 76 78 80 82 84 86 88 90 92 94 96 98... ouf, j’ai atteint les 100 caractères réglementaires.
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> A marche pas, une fois, 25 avril 2001

Il a marche pendant deux jours, puisque c’etait un lien vers l’edition du week-end. Ensuite ils ont fait basculer l’article aux archives, et comme ce sont des gros malins belges, l’url change au passage. Et comme leur moteur de recherche merde, je ne peux pas te le redonner.

Ca t’apprendra a ne pas visiter le site religieusement matin, midi et soir.

Amicalement,

calvz

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