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lundi 12 février 2001

Les boniments de Michel Bon

par Jacques Chatignoux
 

Le Président de France Telecom ne manque pas d’air !

Dans un article du Monde du 10 février, le voilà qui tout de go nous invite à rétablir une communauté alors même que toute la politique de l’entreprise conduit à conforter la fracture numérique en notre pays de France. La prétendue « net compagnie » ne peut décidément pas se défaire du double langage et voici notre Président dans la position de l’Escamoteur du tableau de Jérôme Bosch.

Méditons l’analyse extraite du l’ouvrage de J. Darriulat [1] : « fasciné par le tour de l’illusionniste, envoûté par les charmes du Malin, le curieux se fourvoie et manque l’essentiel. La droiture du regard donnait son aplomb à l’ordre spectaculaire. La duplicité de l’escamoteur fait chanceler cette foi, et trouble son assurance. Voici venu le temps de la défiance... »

Oui, l’enjeu économique et social d’Internet est bien dans ce foisonnement d’initiatives engagées par les entreprenants du local qui butent régulièrement sur la duplicité de France Telecom arguant de sa bonne foi vis à vis de l’Autorité de Régulation des Télécommunications alors même qu’elle joue la montre, ici sur les tarifs, là sur le dégroupage... Et voici le régulateur - cf. les Echos du 9 et 10 février -, obligeant, comme l’y autorise la législation européenne, la prétendue net compagnie à baisser ses tarifs d’accès au réseau local.

Michel Bon, ayez au moins l’honnêteté intellectuelle de vos actes et soyez, avec éthique, un capitaine d’industrie. Ne prétendez pas contribuer à « démocratiser Internet » en France, à réduire les fractures sociales en nous parlant des initiatives des autres : « les réseaux associatifs, les entreprises ont commencé de mobiliser fonds et forces vives, qui pour fournir du matériel, qui pour financer des projets de sites, qui pour dispenser des formations ». Pour la fracture numérique vous osez même nous suggérer de « la réduire sous deux angles bien précis : la fracture financière... et la fracture du savoir-faire... » ! Mais de telles incohérences ne vous arrêtent pas et vous poursuivez : « laissons les internautes inventer les usages que jamais n’auraient soupconnés les concepteurs du système » et encore en parlant de « l’extraordinaire pouvoir d’Internet de tisser des liens sociaux, de recréer des liens rompus ».

Cela ne suffisant pas, vous voudriez nous faire croire, par des boniments - propos habiles et trompeurs -, qu’ « à France Telecom, nous croyons qu’un monde qui communique plus et mieux a plus de chance d’être meilleur. C’est le credo de l’entreprise ». La seule chose qui vous intéresse c’est de rester sur vos positions dominantes pour générer davantage de trafic. Vous ne faites pas « place à l’imagination... aux usages pionniers, à la créativité sociale numérique... ». Vous les contrecarrez.

 

[1] J. Darriulat, Métaphores du regard, essai sur la formation des images en Europe depuis Giotto, éd. Lagune.

 
 
Jacques Chatignoux
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> Les boniments de Michel Bon
3 septembre 2003
 
Vous etes vous même des bonimenteurs
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> Les boniments de Michel Bon
12 février 2001, message de Jacques CHATIGNOUX
 

Aux deux messages précédents quelques repères complémentaires :

• Coup de gueule certes... mais invitation à dire aussi que parfois, faut pas dépasser les bornes...

• Sur "la duplicité de France Telecom", je maintiens car une organisation est toujours à l’image de son patron ou de sa direction... Il lui est aussi toujours possible d’être son propre maître. Pour une entreprise de communications, il serait bien ainsi que l’on entende plus souvent les salariés de l’entreprise pour savoir ce qu’ils pensent des boniments de leur patron.

• Si France Telecom se veut une entreprise, ses personnels ne sont plus des employés de l’Etat. S’il y a encore ambiguité pour certains, qu’ils choisissent.

• "Les Bon, les Messier, les Jobs, les Gates ne font que servir de vitrine à leurs entreprises". Certes mais leur comportement rétroagit sur l’image de leur entreprise. T.Desmarets a bien vu les résultats de son mépris affiché lors de l’Erika. Quant à l’influence de ces dirigeants, je ne suis ni d’accord pour en sous-estimer le poids décisionnel, ni pour en sous-estimer la responsabilité. Pour M. Bon il signe par ce type d’article au Monde une dévalorisation complémentaire de son entreprise en termes d’éthique et de responsabilité sociale.

• "Le voir lâcher une phrase fracassante"... est-il suggéré dans le commentaire. Certes non et pourquoi vouloir toujours associer à un quelconque dirigeant, un facteur événementiel avec par exemple une phrase fracassante. Cela serait particulièrement réducteur. M. Bon exprime bien dans cet article sa personnalité au delà de ce qu’à pu lui suggérer une direction de communication. Ce n’est pas le mépris hautain à la T. Desmarets, c’est la prétention sans pudeur de celui qui - dans son seul monde - croit dominer le monde sans voir venir ce qui sape son utilité, son autorité, sa fonction même d’opérateur.

• Et bien de cela aussi il faut discuter sur le minirezo. Elargissons notre regard, portons le propos sur le terrain même de ceux qui nous gouvernent ou influencent les décisions qui devraient relever de la collectivité.

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> Les boniments de Michel Bon, Greg.fr, 13 février 2001

Sur ton point numéro 2 : pas tout à fait d’accord. Je revendique, au sein de ma (petite) entreprise une identité propre. Je pense donc véhiculer une double image : la mienne ET celle de mon entreprise, qui est la somme des images de tous ses employés. Bien sûr, celle de mon vénéré patron est un peu plus lourde, vu qu’il en est le fondateur. C’est d’ailleurs assez normal. Quelle image avons-nous de France Télécom ? Celle de Michel Bon, mais aussi celle de la personne qui décroche au téléphone quand vous appelez chez eux. Laquelle retiendra-t-on le mieux ?

Sur ton point 4 : je ne peux que juger par rapport à mon expérience. A supposer qu’un jour j’ai le choix de m’entretenir avec un responsable de FT, je ne choisirais sûrement pas Michel Bon : je sais qu’il n’aura rien d’intéressant à me dire. Je choisirais le directeur de l’une de leurs branches. Je suis sûr que lui m’apportera des informations utiles. Mais je ne procède pas de la même manière que "Le Monde". Eux ne peuvent pas faire autrement, à mon sens, que d’interviouver Michel Bon. S’ils avaient interrogés un des directeurs généraux, l’article n’aurait pas eu le même poids, la même accroche. Même s’il y avait une chance qu’il soit plus intéressant. <"une dévalorisation complémentaire de son entreprise en termes d’éthique et de responsabilité sociale".> Grand bien lui fasse.

Sur le point 5 : Partant de ce qui figure au-dessus, il y a belle lurette que j’ai cessé de m’intéresser à ce que racontent les grands patrons de grandes boîtes. Si tu veux des infos sur Microsoft, va voir Ballmer, pas Gates. Et encore... Mais tu as raison de soulever le problème du faux discours qu’ils tiennent. Et j’ai dû lire encore une fois trop vite : <"Le voir lâcher une phrase fracassante"... est-il suggéré dans le commentaire. Certes non et pourquoi vouloir toujours associer à un quelconque dirigeant, un facteur événementiel avec par exemple une phrase fracassante.> Tu as raison. Mais une fois de plus, que voulais-tu qu’il raconte, le bigboss de FT ?

Pour finir : je me soucie comme d’une guigne de ce que peuvent raconter les "capitaines" d’industrie, surtout dans des entretiens au "Monde".

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> Les boniments de Michel Bon, Tiresias, 13 février 2001

Pour info :

Je trouve les derniers propos de Messier bien plus arrogants et dangereux...voir

http://www.transfert.net/fr/net_economie/article.cfm ?idx_rub=86&idx_art=4085

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> Les boniments de Michel Bon
12 février 2001, message de Greg.fr
 
Effectivement, que voulais-tu qu’il dise d’autre ? Surtout dans un entretien au "Monde". Je pense que les Bon, les Messier, les Jobs, les Gates ne font que servir de vitrine à leurs entreprises. Ils sont juste la pour personnifier ces sociétés, pour leur donner un visage et une voix. Des VRP, en somme. Ce ne sont pas eux qui décident. Ils sont juste là pour faire passer un message, notamment auprès des media. T’attendais-tu vraiment à être surpris ? Le voir lâcher une phrase fracassante, du genre : chez FT, le plus gros problème vient de telle ou tele classe d’employés ? Le lendemain, il a à gérer un grêve, ou un départ d’employés, ou que sais-je encore. Alors ils font dans la langue de bois, de peur de froisser quelqu’un : employés, actionnaires institutionnels ou petits porteurs, clients, voire concurrents. Ces gens-là répètent simplement un discours formatté par la direction de la communication. J’espère que je ne t’apprend rien, pas plus qu’aux autres.
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> Les boniments de Michel Bon
12 février 2001
 

On a validé ce texte ? ...Un coup de gueule, même sympa, ça ne fait pas un article. Une brève, éventuellement.

Ca va dans le sens du poil, mais avec quelque ambiguité néanmoins (on parle de la duplicité de "France Telecom", ce qui va au delà de son président et fera plaisir aux gens qui y travaillent... :)

Au fait, si je ne me trompe, c’est un employé de l’Etat, que voulais tu qu’il dise d’autre ? Faut bien un semblant de reste de miette de petit bout de social et de public...Surtout qu’il s’adresse aussi, ce faisant, à ses employés dont la majorité est agent public.

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