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Fiction, pour changer...

L’affaire Julien Nickname

...de genre de fantaisie
par Julien Bignaux

L’affaire commence avec la publication, dans un wzine, d’un article signé Cubiname, (probablement un pseudonyme), et comportant, pour les besoins de la démonstration, la phrase suivante : « Même les sites web indépendants ont une autre gueule que la page de Julien Nickname sur le serveur de l’IUT de Quend en 1995 (putain, j’espère qu’il n’y pas de Julien Nickname à Quend) ».

Julien lut le texte, confit de perplexité... D’abord, il n’a jamais été à Quend, ensuite, sa page perso n’était pas si mal, et surtout, travaillant à présent dans le domaine où ses compétences étaient ainsi mises en cause, le préjudice était patent...

Il s’adressa d’abord au propriétaire du domaine qui avait publié l’article, un certain A., qui lui répondit (avec courtoisie) qu’il ne lui appartenait pas de modifier le texte d’un auteur, non plus que de le supprimer. Publié il avait été, en archive il restera, sinon, c’est réécrire l’histoire que de modifier des contenus à la demande. Et réecrire l’histoire, c’est la porte ouverte à... Julien était philosophiquement d’accord, et ne protesta pas plus alors. Après tout, qui lirait ça... Autant dormir tranquille, le web est vaste.

Le tourment ne faisait cependant que commencer. Un homonyme lui fit part de sa colère de recevoir des appels téléphoniques désagréables (« alors nicouname, ta page c’est de la daube...et c’est à moi qu’on le dit ! »). Presque dans le même temps, son collègue Adhéname (un pourri de chez pourri, filiale de macarrière SA) adressa par mail l’extrait de l’article et le lien à une sélection, diaboliquement bien choisie, d’employés de son entreprise. Il supporta alors dans le silence résigné les commentaires de cantine (« t’es célèbre on parle de toi, t’as vu... »).

Julien retrouva l’adresse de l’auteur Cubiname, et le supplia de modifier son article et de nommer le gars Duchmollname, ou Martinname, ou ce qu’il voulait... Embarrassé, Cubiname répondit qu’il ne pouvait techniquement le faire, le système permettant la publication en ligne n’autorisant pas la reprise ultérieure. D’ailleurs c’est écrit « vous ne pourrez pas le modifier ensuite ».

Peut-être Julien en serait-il resté là, attendant que le temps passe. Malencontreusement, un anonyme sournois et malveillant reprit le texte qui circulait et ajouta juste le mot « pédinazo » derrière « page », puis refit circuler. Cet acte fit du bruit, « il n’y a pas de fumée sans feu », n’est-ce pas. Julien répondit par les mêmes voies, et chaque protestation contribuait à faire enfler la rumeur tragique.

Au point qu’il fut convoqué chez le chef des chefs. On lui indiqua que, bien que le soutien personnel de la hiérarchie lui fût acquis, on ne pouvait garder plus longtemps un collaborateur qui faisait problème en termes d’image. Furieux, Julien prit contact avec un syndicat qui entreprit de le défendre. Aussi fut-il licencié pour « avoir fait usage de son mail d’entreprise pour des usages répétés manifestement personnels, en contravention avec la charte ». Imparable...

Il écrivit aux journaux, publia son histoire sur site, prit conseil d’un avocat. Il obtint quelques brèves, dont « Soupçonné de pédinazo, un webmestre est licencié », ou bien « Usage personnel répété : la faute lourde », et même « J. Nickname : de l’IUT de Quend à l’ANPE de Gonesse ». Ce dernier ne passa pas inaperçu, pour son malheur.

Le Directeur de l’IUT, après minutieuses recherches évidemment infructueuses pour trouver trace de cet ancien étudiant déposa une plainte pour usurpation de titre.

Mais grâce au net, tout finit par se savoir, et Julien constata qu’il obtenait du soutien... Un site d’extrême-droite asiatique lui consacra une page titrée (je traduis) « Notre honorable camarade Julien Nickname victime du courage de ses opinions traduit en justice par les démocrates capitalistes juifs apatrides et leurs affidés ».

L’avocat de Julien est dubitatif... Le Directeur de l’IUT peut-il porter plainte à raison du préjudice induit alors que le délai de prescription de trois mois est achevé ? Où trouver du soutien contre la prescription abrégée, sachant que les associations antiracistes contactées au vu de leur expérience sur le sujet rechignaient à prendre position sur « un cas douteux ».

Julien, désormais chômeur et réputé facho, n’en avait plus rien à faire... Des mots de soutien enfin arrivèrent, de divers pédinazos américains, et aussi du Moyen-Orient. Il protesta de nouveau de son innocence radicale sur son site, écrivit à des journaux, sollicita Cubiname qui gentiment vint attester de la sincérité de ses propos. Un wzine québecois posa le problème en des termes nouveaux : « La gang pédinazo de Julien Nickname : ostie, sont plusieurs ! ».

S’ensuivit une période confuse, où put être ordonnée une perquisition électronique. On mit à jour, fatalement, les innommables relations de mail de Julien, 20 Mo de photos de cul, des logs de chatroom attestant de déviations sexuelles (ses pseudos étaient « Laetitia », « cyberQ4 », « leChien », etc., il était allé sur « momnsonsex »...).

Julien est intelligent. Il sait quand une affaire est finie, ici, la sienne. Il demande donc, à ce moment de son destin grotesque et étrangement basculé, à changer de nom. Il avait opté pour « Bignaux », vu que personne au monde ne peut s’appeler ainsi.

Merde, faut pas dec, un gars pas net comme ça, il va pas se faire passer pour moi, non ? Ce matin, j’ai vu un avocat... Il fait chier ce mec, il fait chier...

 
 
Julien Bignaux
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statisticien
22 septembre 2001
 
SPIP
Web indépendant


> L’affaire Julien Nickname
8 février 2001, message de Fred C.
 

Une bien triste histoire que celle là qui n’est pas sans rappeler la fameuse affaire David H. d’HEC.

Je ne sais pas où en est ce Julien, mais je suis vraiment triste d’apprendre que à notre époque on pratique encore le lynchage public comme au moyen âge, même si ici il est électronique.

Tiens bon Julien, et bon courage dans ta nouvelle vie avec ton nouveau nom !!!

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> L’affaire Julien Nickname, Omer, 8 février 2001
t’as ka le laisser s’appeler Bignaux, s’il y en a déja, un de plus un de moins c’est pareil. Mais c’est que du pipo ya pas d’IUT a Quend.
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> L’affaire Julien Nickname, Julien, 11 février 2001

Non mais j’ai fait une IUT pas loin et il n’est pas question que je change de nom. Quelque chose m’échappe , je ne crois pas au hasard , cet article n’est déja plus un article de fiction .

Julien ( le vrai )

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> L’affaire Julien Nickname, JB, 11 février 2001

FRED : Pour la petite histoire, un lynchage est par définition toujours public, puisque dérivé du nom de ce sénateur américain, Lynch, qui au XIXe siècle fit passer une loi autorisant une justice expéditive prononcée par le peuple lui-même (je cite, de mémoire, le Petit Robert). D’où, forcément, l’anachronisme de ta référence au Moyen-Age...

Mais je te rassure, je ne me moque pas, et tout le monde t’avait compris. Uune petite note culturelle, ça ne se refuse pas, pour une fois que j’en suis capable !

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> L’affaire Julien Nickname, Julien, 11 février 2001

Exemplaire et très triste l’histoire arrivée à mon homonyne . Je n’ai pas eu encore d’ennuis, par prudence je bloque pour l’instant la bécane à la maison et essaye de faire diversion, frais de sorties et moultes spontanés bisous à ma compagne , responsable informatique et ... adepte du minirezo , qui commence à trouver mon attitude un peu bizarre.Il y a eu déja une dispute hors limite depuis que j’ai mis un logiciel de controle parental pour ma petite, elle vous lit aussi, je passe pour un censeur pour la mere de ma fille , un ane aussi me jète la ptite - à 10 ans ça n’a pas de pitié- à me mèler ainsi les pédales dans les firewall ( et elle prononce bien) , j’ai purgé mon DD , j’ai reformaté , mais ça ne peut durer. A son boulot ils sont surchargés pour l’instant ( elle bosse à l’Anpe ) , mais demain ou après demain dès qu’elle lira cet article ? et ses collègues ? c’est ça le pire les collègues. De mon coté ça va je suis déja au chomedu , pas à gonesse c’est déja ça, mais je ne je commence déja à craquer, et redoute les jours à venir. Et ceux qui vont lire ton article ?, les amis , la famille , tout ça .ça va craquer de partout .

Alors une question : Est il vraiment nécessaire pour les besoins d’un article de fiction de foutre la vie d’un mec en l’air ?

Julien ( le vrai )

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> L’affaire Julien Nickname, mict, 15 février 2001
T’es démasqué Julien, il n’existe pas de Julien Bignaux sur la liste de France télécom. Alors ou t’existes pas, ou le téléphone est au nom de ta femme et dans ce cas, elle s’appelle soit Christophe, soit Marcel !
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> L’affaire Julien Nickname, Julien Bignaux, 16 février 2001

héhé vu que j’habite chez ma copine et que tu peux toujours courir pour que je te donne son name, t’es pas prés d’en savoir plus.

En tous ca je vois que l’idée d’une mystification possible crée des vocation c’est pas croyable comme c’est gamin l’internaute de base, comme disait l’autre sa psychologie rudimentaire c’est pas "le rut et la domination", c’est les blagues et les pizzas vite fait

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> L’affaire Julien Nickname, mict, 17 février 2001
Damn it ! Des heures à browser les pagesblanches.fr pour rien ! T’as raison je vais plutôt me consacrer au rut et à la domination, j’aurai peut-être plus de chance ! Heu. C’est sur quel site ?
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> L’affaire Julien Nickname, Yasmine, 22 février 2001
Mon copain a essayé : http://www.madagascar-contacts.com/zob/ Je te le conseille aussi , parait meme que ça aide des gens..
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> L’affaire Julien Nickname, mict, 25 février 2001
J’y ai été, c’est ça le rut et la domination ? Des zébus ? Je voyais ça un peu plus, comment dire, jouissif. Voici la première phrase du site, peut-être que quelqu’un pourra déchiffrer le message caché ayant trait au rut et à la domination et puis me l’expliquer par la suite : "La Zébu Overseas Bank est une entreprise qui vous invite à investir dans un Zébu à Madagascar. Ce Zébu sera confié à une famille qui pourra l’utiliser pour produire du lait, labourer sa terre, engendrer des veaux ou tirer une charrette et produire du fumier naturel..."
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> L’affaire Julien Nickname, matahari, 25 février 2001
"labourer, engendrer, tirer"...ça a à voir non ? Faut savoir lire les verbes. Mais je ne sais plus pourquoi on parle de ça...le kernel, php, c’est plus propre, tout de même ; ca doit être que Bigno, ça évoque roubignolles, et nickname je sais pas quoi...
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> L’affaire Julien Nickname, Julien Bignaux, 16 février 2001
T’as vachement raison, faut retrouver le cubiname et lui dire notre manière de penser, il est complètement irresponsable ce gars, grave vraiment...
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