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Qui veut gagner des millions ?

La jolie manipulation

Une vue sur le bug
par Deadlock

Il est de bon ton, ici ou là, et pas mal sur Uzine j’ai l’impression, de critiquer le phénomène start-up. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, tout le monde baissait les yeux face à l’arrogance de ces jeunes gens, capable de lever des sommes considérables pour construire du vent, maintenant que « ça c’est vu », un juste retour des choses les place sous la risée des moqueurs. Normal.

Je souhaite vous entretenir d’une autre manipulation ayant fait gaspiller bien plus d’argent encore en pure gabegie et dont on ne parle pratiquement plus : le bug de l’an 2000.

Je me présente. Je suis informaticien, un vrai, un technicien, un développeur. On disait autrefois analyste-programmeur, mais les concierges sont tous gardiens d’immeubles, c’est comme ça. Cela explique le style épouvantable de cet article, ainsi que les fautes d’orthographe, mais cela me donne une vague compétence pour m’exprimer sur ce sujet. Je travaille depuis une quinzaine d’années dans le tertiaire pour de grosses sociétés (banques, assurances, mutuelles...) Je ne suis pas dans une entreprises de service en informatique, je suis directement employé au sein du service informatique par la compagnie utilisatrice, cela a son importance. Ces sociétés sont très grosses et ont des budgets informatiques conséquents.

Le problème informatique de l’an 2000 est connu dans la communauté depuis environ 15 ans. Depuis que je travaille et même dans les années 80 à la fac, on parlait de loin en loin de ce problème, on savait bien qu’un jour « il faudrait faire quelque chose », mais bon l’an 2000 c’est pas demain, allons boire une ou deux bières.

Quelques précisions techniques, pour ceux qui auraient oublié le prétexte à un des plus grand hold-up du siècle passé. Le bug de l’an 2000, c’est quoi ? Les systèmes informatiques des années 70 et 80 (je parle des gros systèmes très beaux, très chers) n’avaient pas les capacités de mémoires de maintenant. Les dates stockées par ces systèmes l’étaient généralement sur six positions : deux pour le jour, deux pour le mois et deux pour l’année. Bon coco, dans les fichiers tu ne met pas 1986, tu met 86 on n’est pas cons on sait bien qu’on n’est pas en 2386 ni en 1586, ça gagne de la place sur le disque, on est toujours à chercher de la place sur le disque, le disque c’est cher. Les logiciels lors de leur exécution, pour afficher la date complète ou pour effectuer des calculs replaçaient le siècle devant l’année parfois « en dur dans le programme ». Bref on écrivait des instructions du type : « Met 19 devant l’année et affiche l’année sur 4 positions, ça va aller ». Bon, passé l’an 2000, ça va plus aller, on le sait, on le gèrera autrement, de toute façon on trouvera des solutions, on n’est pas des cons. Les solutions puisqu’on en parle sont, en gros, au nombre de deux.

Première solution : on balaye les bases de données et tous les fichiers et on replace le siècle correct devant l’année. Puis on vérifie tous les programmes pour voir comment les années étaient utilisées et on corrige si besoin. En clair on fait sauter l’instruction : « Met 19 devant l’année et affiche l’année sur 4 positions, ça va aller », et on la remplace par « affiche directement l’année qu’on a stockée sur 4 position, le disque ça coûte plus que dalle ».

Seconde solution, pour des raisons techniques, et non économiques, on ne peut pas toucher à la structure de la base de données. Il faudra alors balayer tous les programmes et positionner des instructions du type « si l’année est supérieure à 63 affiche 19+l’année sinon affiche 20+l’année, ça va aller ». Bon c’est peut être un peu plus compliqué dans certains cas, et de toutes façon ça ira pas au delà de 2063, mais bon, d’ici là, le système aura été réécrit quinze fois, la boite rachetée cinq, la monnaie changée trois, et moi même, au mieux en train de soulever des jupes nonagénaires à l’hospice.

Bien évidemment, la première solution, de loin la plus saine, a été choisie dans 99 % des cas, de surcroît elle résout le problème des tris. C’était pas la mer à boire, un projet comme un autre, un peu plus fastidieux, tiens si on prenait deux stagiaires, blondes à forte poitrine ?

Jamais nous n’aurions imaginé dans les années début 90 (cet article ne passe pas l’an 2000) que ce problème sortirait des bureaux d’études pour s’étaler d’abord dans les revues techniques (c’est bien, mon responsable aura conscience du souci et me filera mes deux stagiaires) puis dans la grande presse (c’est pas mal, ils parlent de mon métier), puis au journal de 20 heures (c’est intéressant mais pourquoi ils racontent absolument n’importe quoi ?) et pour finalement toucher jusqu’à mon beau-frère gendarme à Angoulême : alors pour l’an 2000, tu est de garde toute la nuit sous amphétamines ? et mon magnétoscope il va passer l’an 2000 ? et ma machine à café ? et mon décapsuleur ? et ma femme ? et mon chien ?

Soyons clair. Un problème purement technique a été totalement dérobé aux techniciens estomaqués. Que c’est il passé ? Pourquoi ils sont devenus tous fous ?

Tout est parti des grosses sociétés d’informatique, puis devant le filon, toute compagnie vendant un produit ayant un soupçon d’informatique à l’intérieur, voire de logique câblée, voire à la fin n’importe quel produit fonctionnant à l’électricité était devenu suspect de ne plus fonctionner le 1er janvier 2000, donc susceptible d’être remplacé. C’est énorme mais c’est vrai. Nous avons tous vus dans la boite à con (qu’il faudra changer aussi ?) ces américains affirmer sans rire qu’ils allaient déménager au milieux du désert, car le 1er janvier 2000, les ascenseurs allaient tomber en panne, les avions s’écraser, les centrales électriques exploser, les silos nucléaires s’ouvrir, bref la litanie des catastrophes de l’apocalypse.

Quelle bouffonnerie ! Plus de 99 % des ascenseurs dans le monde n’ont pas d’informatique à l’intérieur. Dans ceux qui en ont, plus de 99 % ne gèrent pas les années. Pour ceux qui restent, ils coûtent tellement cher que des sociétés de maintenance s’en occupent en permanence. Il n’y avait aucune chance qu’un ascenseur tombe en panne à cause du bug de l’an 2000. Il n’y en a d’ailleurs eu aucun. Tous les techniciens savaient. Et les magnétoscopes ? Il n’y aucune, je dis bien aucune raison, qu’un magnétoscope fonctionnant en 1999 ne fonctionne plus en 2000. Au pire si l’on essaie d’enregistrer une émission à cheval sur 1999 et 2000, cela pourrait, éventuellement, sur certains modèles bulgares, provoquer un disfonctionnement. Et alors ? Tu n’as pas pu enregistrer ton émission, point barre. Le magnétoscope n’a pas explosé, il n’a pas mangé la cassette, il n’a pas essayé de te mordre ! Et il marchera encore parfaitement pendant des années. Combien ont changé leur matériel pour rien ?

La pire gabegie s’est produite dans le B to B. Les grands décideurs du tertiaire ont étés mis au courant du bug non pas par leurs propres techniciens qu’ils n’écoutent pas (toujours à demander des budgets, une augmentation ou des stagiaires pour des raisons futiles) mais par les consultants des majors informatiques, ou pire, par la presse, elle même abreuvée par les mêmes majors informatiques. Ces décideurs affolés se sont rués sur leur directions informatiques qui se sont bien gardé de minimiser le problème, flairant la manne qui allait se déverser dans leurs services. Là on a tout vu. Des pans entiers de l’informatique de certaines entreprises réécrits à grand renfort de consultants, spécialistes de mes fesses à 10KF/jours pendant six mois, équipes externes pléthoriques, teneurs de plannings aussi coûteux qu’inutiles, accessoiristes hors de prix. Et le matériel remplacé à grand frais ! J’avais personnellement estimé les modifications à effectuer sur le logiciel dont je m’occupais à 2 MF. Estimation extrêmement large, je tenais à mes deux stagiaires. Ma direction a préféré s’adresser à une entreprise extérieure. Cela à coûté dix fois plus cher, sans changement fonctionnel du produit. Tout passait. Du moment qu’on en parlait dans le poste, c’est que c’était un gros souci, donc cher à corriger. Le pire du pire a été dans le milieux médical, pour des raisons de sécurité (on prend plus de risques coco). Beaucoup de constructeurs de matériel n’assuraient plus le fonctionnement de leurs produits après le 1er janvier 2000. Alors bingo, les renouvellements étaient signés. Et quinze analyseurs cataplexiques turbocompressés je vous les met où ma bonne dame ? Bon, pour le scanner à 50 MF on va pas le changer, vous avez de la chance, il existe un patch vendu que par nous à 5 MF. Et les brouzouf changeaient de main. Aussi simple que ça. Il suffisait qu’un projet soit estampillé « an 2000 » et très cher pour qu’il soit accepté. Hallucinant.

Nous étions, nous techniciens compétent mais non décideurs, totalement abasourdis par l’ampleur des sommes qui valsaient sous nos yeux. Dégoûtés aussi de la bêtise crasse des articles de journaux généralistes. Un exemple technique des fadaises écrites dans presse mais lues de même dans les rapports des consultants poussant à la dépense : la division par zéro. En clair ils expliquaient qu’en 2000, certains programmes pourraient essayer de diviser des nombres par l’année en cours, l’année étant encore stockée sur deux positions, c’est à dire 00. Mathématiquement la division par zéro n’ayant pas de sens, tout allait planter. Connerie grotesque ! En quinze ans d’informatique je n’ai jamais vu un programme diviser une donnée par l’année ! Pour la bonne raison que ça n’a aucune utilité ! On peut avoir besoin à la rigueur de diviser une variable par un nombre d’année, pour obtenir une moyenne, mais jamais par l’année en cours ! On calcule le nombre d’années prises en compte pour une moyenne et on effectue le quotient. On ne va pas diviser par l’année en cours, c’est ridicule ! Quand bien même un développeur bulgare sous ecstasy, pour une raison inconnue aurait décidé de programmer la division d’un nombre par l’année en cours, que se passera-t-il ? A partir du 1er janvier 2000 le programme va planter. On aura une anomalie soit à l’écran soit sur un listing, du type « Error 65SDF5 divide by zero ». Et alors ? Soit le logiciel est important du point de vue fonctionnel, et l’anomalie est résolue en deux heures par des informaticiens qui ont l’habitude et qui sont payés pour ça. Soit il ne l’est pas et la personne qui s’en sert s’en passera quelques temps, l’informatique n’est qu’un outil. L’avion ne s’écrasera pas, le silo à missiles ne va pas s’ouvrir !

Pour résumer techniquement. Les matériels de type grand public TV, hi fi, vidéo : il n’y avait rien à faire tout aurait fonctionné. Les outils médicaux type scanner, IRM, Pacemaker ... idem. Oui madame, on est CERTAIN que le poumon artificiel de votre mari ne gère pas les années... En fait il existe une quantité infinitésimale de machines ayant besoin de l’année pour fonctionner. Croyez vous vraiment que l’informatique embarquée des avions gère l’année ? J’imagine d’ici un navigateur de bord qui irait tester la date du jour complète (mais pour quelle raison ?) pour s’empresser de diviser je ne sait quelle donnée par l’année en cours, et précipiterai immédiatement l’avion dans la mer, dépité de ne pouvoir effectuer une division par zéro... Bon alors tout était du vent ? Non, effectivement les gros systèmes informatiques type tertiaire pouvaient planter, avec des anomalies du style : non monsieur je vois bien que votre fille ne peut être née en 1900, vous ne pouvez vous même avoir 120 ans... Ou encore : oui je sais votre relevé de compte en banque est archi faux, c’est la faute à l’informatique. Ce type de problème devait être anticipé, sans tapage, en montant de vrais projet cohérents, on a l’habitude. Honnêtement cela a été fait ainsi dans certaines compagnies, dans d’autres des abus gigantesques ont étés commis, j’y étais je les ai vus ... J’ai vu aussi les petites arnaques faciles, dans des petites structures, sur des petits dirigeants apeurés. Deux exemples : un courtier d’assurance changeant cinq postes et leur licences pour rien, juste sous la pression du revendeur et une association s’acquittant d’une facture de plus de 12.000 frs HT pour « passage du système d’exploitation du serveur à l’an 2000 ». Le dit passage ayant consisté à appliquer un patch n’ayant rien à voir et gracieusement descendu du net sur je ne sais plus quelle version d’Unix. Un énorme projet d’un bon quart d’heure ...

Malheureusement les considérations techniques sont un peu plus compliquées à expliquer aux décideurs, que le discours simpliste rabaché par les consultants : si toi pas payer très cher, tout va péter le 01/01/00, attention compte à rebours commencé. Si toi pas croire moi, va lire journaux, écouter boite à con, relire bible épisode apocalypse... On avait perdu d’avance. Entre 1997 et 1999 tout informaticien ne travaillant pas sur un projet an 2000 était regardé avec condescendance, les techniciens finissaient donc par jouer le jeux eux aussi. La pseudo pénurie de main d’œuvre dans le secteur consolidait nos salaires, et puis après tout, on parlait un peu de nous dans le poste. J’ai pas eu mes stagiaires mais j’ai eu du boulot, le consultant/commercial de la major a eu sa Jaguar, la major a fait des gros profits, le décideur est rassuré, que demande le peuple ?

Preuve de la grande manipulation : le passage à l’euro est techniquement plus compliqué, donc théoriquement plus cher, pour les gros services informatiques tertiaires, que le passage à l’an 2000. Il se fera avec dix fois moins d’argent. Pour plusieurs raisons : beaucoup de décideurs ont déjà changé matériels et logiciels il y a deux ans et il ne faut pas les prendre que pour des cons. D’autre part les Etats Unis ne sont pas concernés, il n’ont donc pas lancé de grande campagne médiatique planétaire. Et puis le e-business engraisse actuellement largement les majors, on ne peut pas être au four et au moulin ...

Les médias ont joué un rôle déterminant dans cette escroquerie, en gonflant l’affaire bug de l’an 2000, en rajoutant sciemment ou non une dose « peur millénariste » sensationnalistique et abradrabrantesque (j’ai pas pu m’empêcher). Les majors en informatique, relayées par leurs consultants propres sur eux et les médias, ont réussi à confisquer la grande peur de l’an 2000 aux curés - qui l’aurait cru 10 ans auparavant ? - pour en tirer des bénéfices gigantesques, l’opération totale ayant coûté plusieurs dizaines de milliards de dollars. Depuis cette époque je consulte moins les journaux et plus l’Internet alternatif...

 
 
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> La jolie manipulation
8 février 2004, message de Paul et Mic Viltord
 
Bravo pour ce témoignage ! Et merci. Il semble urgent d’apprendre à apprendre,de comprendre le sens des mots que nous entendons et que nous utilisons. Il est urgent de savoir qui parle à travers notre média, notre personne. Le monde est ce que nous en disons. P.& M.V.
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> La jolie manipulation
12 février 2001, message de Laurent Martinez
 

Salut ! (c ;

Juste pour nourir le débat, j’ai trouvé ici un commentaire qui colle pil-poil à ton article Dealock :

« Il fallait vacciner Ecrit par Anonyme, le Mardi 11 Juillet 2000 à 10:24.

QUI a lancé des cris d’alarme en 99 ? Les informaticiens ? Non, plutôt les patrons de grosses boîtes (des mecs qui sortent d’HEC en majorité, pour situer le niveau d’expertise en informatique)...Et ces cris ont été repris en coeur par ? les JOURNALISTES toujours en quête de sensationnel.

Vous ne semblez pas, d’ailleurs, être bien au fait du problème de bug de l’an 2000. il ne s’agit pas uniquement d’un problème informatique. Le problème informatique n’était en fait pas le plus important : un logiciel, ça se corrige..Même si ça demande du temps. Les médias se sont concentrés sur cette "perversion" des informaticiens (les cons) qui avaient écrit la date sur 2 chiffres (vraiment cons hein ?)...

Les problèmes les plus génants étaient liés aux équipements électro-mécanique...Par exemple, les portes sécurisées, les coffres forts, les systèmes de chauffage, etc. Pour ses équipements, difficile voir impossible de modifier les composants électroniques faisant défaut : il fallait en général tout changer, ou faire tourner ces équipements à une date antérieure.

Mais heureusement, tous ces équipements ne dépendaient pas de la date pour tourner. L’idée était de réinitialiser les horloges de ces machines à 1992 (92 donc), puisque dans sa configuration (bissextile, etc) 92 ressemble à 2000... On a aujourd’hui de par le monde, de nombreuses machines tournant à cette date...Rien de catastrophique n’est-ce pas ? Cependant, il fallait le tester.

Il y a néammoins eu un énorme travail pour recenser tous les équipements susceptibles de contenir une horloge interne (par exemple certains ascenseurs en contiennent....Vous me direz : "comment un ascenseur peut-il être bloqué par une date ?"...C’est en fait assez simple : un ascenseur est un appareil de transport, soumis à une réglementation imposant des contrôles périodiques de sécurité. Ainsi, les ascenseurs modernes sont programmés pour se mettre hors service si une visite de contrôle n’est pas effectuée en temps. Que se passe-t’il avec un ascenseur qui, du jour au lendemain, réalise que sa dernière visite de contrôle remonte à 100 ans ? Il s’arrête au mieux. Génant, sans plus...Mais on imagine l’ensemble des ascenseurs d’un hopital arrêtés par exemple...Moins drôle déjà...). Bref, ce recensement, accompagné de tests et de vérifications, a demandé beaucoup de temps et a coûté très cher en journées/homme.

Quoi qu’il en soit, il fallait être "de la partie" pour vraiment réaliser l’ampleur du problème. Concernant les pays d’Asie ou de l’Est, vous en conviendrez, les équipements électromécaniques en leur possession susceptibles d’être assez modernes pour contenir une horloge (un bon nombre ne contenaient que des horloges mécaniques ne gérant pas l’année) était assez faible. Ces pays n’ayant pas fait montre d’une volonté de parer à toute éventualité, la communauté internationale s’est mobilisée pour aider ces pays à vérifier les équipements les plus critiques (aéroports, transferts de flux monétaires, énergie, militaire) avec les difficultés que l’on connait. Comme on ne peut jamais être sûr à 100% face à l’ampleur du problème, le doute subsistait. Même mince, il a très vite été amplifié par les journalistes...

Pour conclure, vous souhaitiez des preuves que des problèmes ont bien eu lieu. Vous comprendrez le risque pour l’image d’une entreprise ou d’un pays, d’admettre malgré tout le bruit qui avait été fait, qu’il/elle n’était pas prêt(e). On trouve cependant, ici et là, des rapport de bugs...Voici quelques URL que je vous invite à consulter :

Un problème de paiement d’assurance maladie dans l’Oregon

Un problème de paiement par cartes bancaires aux USA

Un problème amusant à la sécu de New York, qui date de 1999 mais qui est lié

Un autre souci à Philadelphie, rigolo mais pas trop génant

Plus sérieux, celui-ci touche 900 000 personnes en GB, un problème d’impots

Toujours un problème d’impot

De petits problèmes au Canada

Des problèmes avec des satellites

Une centrale nucléaire japonaise (vite détecté)

La liste pourrait être plus longue, mais j’ai pas trop le temps de chercher là :) En attendant, ceci prouve qu’il y a eu des problèmes, et que celà aurait été pire si rien n’avait été fait. On ne peut comparer l’informatique personnelle et toute la problématique du bug de l’an 2000. Il est facile de se croire plus fort que les autres sans pour autant avoir conscience du problème. Je pense savoir de quoi je parler pour avoir été chef de projet An 2000 dans une très grosse entreprise française : nous avons trouvé des problèmes, les avons corrigés, et croyez-moi, si rine n’avait été fait, nous serions aujourd’hui sur la paille.

Bonne lecture, et mes excuses pour le flood. »

Répondre


> La jolie manipulation
11 février 2001, message de Croa33
 

Vive le marché et ses magouilles ! Bonne idées que de citer cet exemple, un des plus beau du siècle dernier !

A part ça j’ai Timtel(entre autres) qui vit toujours... avec des archives en désordre. Bof ! Je m’y attendais... Mais j’y pense n’y aurait-il pas un juteux procès à faire à l’éditeur ? Car le vice était bien voulu, non ?

Conseillez-moi vite !

Répondre


> La jolie manipulation
11 février 2001, message de manu
 

C’est un peu facile après coup de dire que le Y2K c’était du vent.

Moi-même je suis informaticien et même si j’étais pas mal sceptique sur les théories les plus catastrophistes au sujet du bug, je me méfiais.

En effet, avec tous ces cassandres autour de nous, difficile de dire au patron "Y2K c’est du vent !". Et si le système avait connu la moindre défaillance au tournant de l’an 2000, on nous aurait servi le "On vous l’avait pourtant bien dit". Et comme les systèmes sont maintenant tellement complexes que rares sont les personnages sachant vraiment ce qui se passe dans un ordinateur, la plupart des informaticiens ont préféré ne pas prendre de risque en dénoncant ouvertement l’arnaque...

Mais le probleme était bien réel tout de même. Là où je travaille, notre système stockait correctement la date en interne, mais les écrans d’encodage ne comportaient que 2 chiffres pour permettre à l’opérateur d’entrée l’année plus vite. Sans corrections le systèmes n’aurait plus pu fonctionner... Mais bon, c’est un bogue comme un autre : rare sont les programmes informatiques qui n’ont pas besoin de maintenance dès qu’ils atteignent un certain niveau de complexité. Le bogue Y2K était bien réel mais comme vous l’avez dit, largement surévalué...

Enfin pour finir ce que j’ai trouvé amusant, c’est que Microsoft à dépensé de l’énergie pour corriger des problèmes Y2K mineur dans Worpad plutôt que de corriger la pléthore de bugs qui accablent chacune de ses versions de Windows !

Répondre


> La jolie manipulation/ Où est la lecon ?
11 février 2001, message de Max James
 

Je ne peux m’empécher de sourire devant un tel message.

Tout d’abord le bug Y2K, je ne suis pas informaticien, mais j’ai quand meme ecrit plusieurs dizaines de comptabilités, facturations, payes, gestions de personnel, and so on..

Et aucun de mes programmes n’a jamais eu le bug de l’an 2000, ils étaient nativement y2k-proof.

En ce qui concerne le fric brassé par ce prétexte, j’ai été une victime indirecte, j’avais l’habitude de faire faire des avants projets par des stagiaires, vu l’augmentation du prix du stagiaire, je n’ai plus pu mes les payer. Donc exit les travaux sur mon hyperlien virtuel, ou mon viewer multisémantique.

Mais j’ai réfléchi à la question "pourquoi, certains programmeurs (dont moi) ne sont pas tombés dans le piege ?" - J’ai trouvé la réponse, c’est la non-confusion entre le cardinal er l’ordinal.

Et la question des questions, que je n’ai jamais vu poser nulle part, c’est :

Qu’aurait il fallu faire (quel enseignement donner) pour que les programmeurs, dans leur grande majorité, ne soient pas tombés dans le piege ??

La réponse est assez facile, mais sans intéret, car : *A quoi ca pourrait bien servir de ne pas tomber dans les pieges, il n’y aurait plus rien a dire aux journaux télévisés !*

Le pretexte de l’activité rémunérée n’a pas d’importance, le seul challenge est de persuader ceux qui peuvent payer, que ce pretexte est important.

A+

Répondre


> La jolie manipulation
11 février 2001
 

euh... T’avais l’intention nous apprendre quelque chose là ? l’an 2000 c’était l’année dernière si je me souviens bien, non ? Le discours "on vous a tous pris pour des cons", on l’a entendu une bonne centaine de fois en janvier 2000. T’as eu une période d’hibernation de 12 mois ? Tiens, je t’offre un extrait d’article publié le premier janvier 2000.

"Bon ben c’est raté pour le bug alors ? Pas de feux d’artifices dans les centrales nucléaires lituaniennes, pas de missiles thermonucléaires chinois en balade au dessus de nos riantes campagnes sinistrées de frais. Rien, nib, nada. Tous ces milliards de brouzoufs dépensés en vain ? Merde alors. On nous avait promis un réveillon à la bougie à cause du méchant bug à deux chiffres et c’est une bourrasque antipathique qui arrive prems’ dans le couplé gagnant de la catastrophe millénariste... On nous aurait menti ? Les zinformaticiens d’astreinte eux ont touché un RMI ( Revenu Maximum d’Intoxication) en une soirée de réveillon à se faire des jeux en réseau aux frais de leur direction asservie par deux ans de prédiction de l’apocalypse numérique du 1 janvier zéro heure zéro minute zéro seconde. Bien oueje les gars ! J’ai quand même l’impression que les dirigeants de nos chères entreprises vont en avoir gros sur les patates qu’on leur a fait dépenser en audit à la con sur les risques d’incompatibilité an 2000 de leur comptabilité en 2000. Pour l’année prochaine faudra trouver autre chose pour justifier le doublement des budgets informatiques qui ont fait la fortune des cabinets de conseil.

Une bonne grosse farce (c’est la saison) pour cette fin de millénaire (ou presque, je veux pas me fâcher avec les partisans de 2001). Les nineties se terminent dans une intoxication générale qui n’a rien d’alimentaire.

Lundi ils vont quand même nous trouver deux ou trois PCs moldaves qui vont avoir du mal à rassembler leur BIOS et nous les exposer en mondiovision comme victimes Y2K symboliques, tombées au champ d’honneur de l’insouciance congénitale de nos amis attardés de l’ex-empire communiste.

Il faudra encore supporter deux ou trois semaines d’experts à la con qui vont nous expliquer sur le ton "je passe sur LCI" pourquoi y’a pas eu, pourquoi y’aurait pu avoir, pourquoi c’est pas encore fini, pourquoi il n’a pas dit son dernier mot, pourquoi il faut rester vigilant et pourquoi il faut continuer à écouter leurs conneries facturées au tarif horaire d’une pute de luxe. Que voulez-vous, se faire baiser en beauté, c’est pas donné. "

Tout y est. Tu vois t’as un an de retard à l’allumage... Le bug ?

Répondre
> La jolie manipulation, Deadlock, 11 février 2001
Merde on est en 2001 ? J’ai vraiment trop picolé l’autre soir...
Répondre
> La jolie manipulation, Tiresias, 11 février 2001

Je ne suis pas contre du tout le fait de se repencher sur des événements "vieux" à l’échelle journalistique quotidienne. Pour plusieurs raisons :

1. périmer très vite tout ce qui se passe ne permet pas de tirer les enseignements pour réagir mieux ensuite 2. il y a régulièrement de nouveaux arrivants sur le réseau, il est bon qu’il y ait un peu de profondeur de champ. Sans remonter à la première connexion d’octobre 1969, les aventures des quelques dernières années sont intéressantes pour comprendre les actuelles (crypto, cybercrimino, responsabilité, prescription, netéco, etc) 3. donc parler des affaires d’altern en 99 (vachement vieux, ça), de Leonardo, de la loi d’aout 2000, d’echelon etc., ça doit aider à se positionner, et en même temps socialiser.

Et à preparer une sérieuse réponse aux malins qui vont vouloir nous vendre la préparation du bug du 30 février.

Répondre
> La jolie manipulation, 11 février 2001

On a assez peu parlé de la guerre des gaules cette année...

Quelqu’un s’y colle ?

Répondre
> La jolie manipulation, Tiresias, 11 février 2001

Volontiers...

Après le passage de Cesar dans la région de l’actuelle Bourges, il resta si peu de vivants (et un nombre de disparus incompatible avec les seuls effectifs engagés dans la bataille)que le massacre des Allobroges (c leur nik) reste comme un des premiers génocides de l’histoire...

Il a de soi que ça n’arrive plus du tout, enfin, on line...

Répondre
> La jolie manipulation, 11 février 2001
Je suis contre la reconnaissance du génocide des Allobroges, qui risquerait de rallumer le foyer des dissenssions franco-italiennes. Je trouve ton attitude très irresponsable. De plus, les Allobroges employaient des méthodes de défense extrêmement primitives (hache, pieu...) qui les classaient objectivement parmi les peuples les plus barbares d’Europe à cette époque. N’oublions pas l’apport des romains à la culture de la France.
Répondre
> La jolie manipulation, Deadlock, 12 février 2001

Hou la la.. Je me fais chambrer. Bon, c’est toujours mieux que des bordées d’injures ou des coups de bâtons.

Pour une fois que j’avais quelque chose d’intéressant à raconter, d’autres l’avaient fait avant moi et de manière plus brillante. Mea Culpa.

Deux arguments pour ma défense.

Cet article me trottait depuis un ou deux ans mais je ne savais à qui le présenter. Mes copains de bistrot sont moyennement intéressé par les considérations économico-informatiques. J’ai découvert Uzine il y a quelques semaines, alors je m’est dis : tiens ces petits jeunes décalés mon histoire ça va les faire rigoler, sans me douter que j’allais enfoncer des portails béants.

Deuxième point. Dans mon milieux, à l’opposé de l’intellectualisme parisien (le crétinisme provincial ?) la majorité est encore persuadée du bien-fondé de la gabegie Y2k. De même ils sont certains que les américains sont entrés au Koweït pour défendre le droit international, ou encore que la terre est plate (non, là j’exagère) Bref mon témoignage pouvait leur apprendre quelque chose.

Merci quand même à Uzine de m’avoir publié. Merci à Tiresias d’avoir défendu mon article.

J’aimerais bien continuer à collaborer avec votre magazine, mais je ne suis pas sur d’en être capable, le seul autre sujet que je maîtrise en dehors de l’informatique, qui est mon métier, étant l’alcool.

En ce qui concerne la reconnaissance du génocide Allobroge je serai extrêmement ferme. Il est du devoir de chacun, avec courage et lucidité, de faire pression sur le gouvernement Italien pour que ce dernier soit enfin mis face à ses responsabilités. Quelles qu’en soit les conséquences, c’est indispensable pour le respect de la mémoire bafouée de ce peuple injustement disparu. Quand à ce que j’ai lu plus haut sur les haches et les pieux, c’est un symbole des débordements actuels de la pensée unique. Depuis quand l’utilisation d’outils, simples soit, mais efficaces dans les taches courantes de la vie quotidienne, est-elle le signe d’une quelconque barbarie ?

Répondre
> La jolie manipulation, 12 février 2001

Il n’y a désormais qu’un outil, qu’on appelle "machine", et qui sert aux hommes troncs, pour leurs communications laborieuses et ludiques...Tous les autres outils sont des trucs de barbares (qui ont des poils, des odeurs etc..). Le pieu est une métaphore sexuelle, donc dégoutante.

Le bug de l’an 2000, pour ce qui me concerne, a consisté en une panne libidinale due à l’ingestion d’alcools. Mais le système s’est restauré spontanément (contrairement à windows) le lendemain.

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> La jolie manipulation, Phynette, 12 février 2001

Ah non Deadlock, te décourage pas, moi je l’ai bien aimé, ton article. Ce que tu y écris n’allait pas de soi pour tout le monde, pour moi par exemple (comme disait Paul Valéry, ceux qui comprennent ne comprennent pas que les autres ne comprennent pas).

Quant aux Allobroges, j’éviterais d’en parler si j’étais à votre place, ça pourrait réveiller les revendications calètes, éduennes et bituriges, tout cela en pleine période de carnaval, et vous trouvez qu’on n’est pas assez dans la merde comme ça ?

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> La jolie manipulation, Tiresias, 12 février 2001

Les eduens ont joué un très sale rôle dans cette affaire, ils n’ont rien à réclamer, d’ailleurs ils sont tous morts depuis, selon toute probabilité.

Si des personnes frivoles pensent que ça n’a rien à voir avec le net, je rappelle que les eduens ont joué le même rôle que la licra et l’uejf, avant de s’en mordre les testicules, et de rejoindre l’armée gauloise, pour aller à ...Alesia. Mauvais coup.

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> La jolie manipulation, Phynette, 12 février 2001
La guerre des gaules ? C’est encore plus vieux... Le Viagra, ça remonte à quelques années, non ?
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> La jolie manipulation, mischka, 8 avril 2001

B’jour

heu, je sors d’un stage prolongé en hibernation ! stage sponsorisé par lexomil-inside...bref je remets les bases de données à jours.. Aussi v’là t-i pas que je me pose la question du BUG -Y2K qui m’a fait hurler de rire Vous en avez entendu parlez ? nan !!

Deux minutes je prends des amphéts...normal vu les doses de lexos.. Les salauds !! En perfusion qui me mettaient ce truc dans les veines.. Je suis surpris que mon ATARI soit encore capable de fonctionner ...après si longtemps..

 
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