racine uZine

Dans la même rubrique
Les médiateurs, nécessaires garants de la médiation
28 janvier 2001
 
lundi 12 février 2001

Anonymat et Amateurisme

par hcow
 
La grandeur d’Internet, c’est sa capacité de permettre à n’importe qui d’écrire n’importe quoi ((c) F. Giroud). C’est la possibilité unique qu’il nous offre de devenir maitres de nos visions du monde et de pouvoir les communiquer sans intermédiaires. C’est l’utopie du « je » qui parle à d’autres « je » sans la présence des parasites (journalistes, médiateurs de tous poils, ...) dissimulant leur hallucinante médiocrité derrière l’auto-proclamation réitérée de leur talent et de leur indispensabilité.

Bien sur, il y a le vilain Web marchand qui a tendance à s’étaler dans tous les interstices du réseau, et qui donne peu à peu à l’internet l’aspect d’un supermarché aux couleurs encore plus criardes que celles de leurs homologues de la vraie vie (celle d’Auchan). Mais à court et moyen terme, son but n’est pas d’éradiquer le Web autre ; si cela advient, ce sera un effet systémique, une asphyxie progressive qui viendra par exemple d’un passage au tout payant. Mais nous n’en sommes pas là, d’autant que l’idée de la gratuité du réseau est bien ancrée dans les esprits, même ceux des surfeurs de tf1.fr.

En fait, ce qui est le plus à craindre, c’est la mise en coupe réglée du Web libre par les médiateurs qui commencent à s’apercevoir qu’il y a de bonnes places à prendre, et que le prochain Serge July sera celui qui aura su rebondir sur le tremplin cyber. Jusqu’à présent, les médiateurs ne comprenaient rien à l’outil et, en conséquence, se répandaient en invectives et prophéties apocalyptiques. On a assez largement fait mention sur ce site des interventions tout aussi brillantes qu’argumentées de gens comme Val ou Wolton. Le nouvel esprit du capitalisme [1] peut se satisfaire d’attitudes aussi ridiculement réactionnaires et stériles. Il a élevé la récupération au rang de paradigme ; aussi la nouvelle génération de journalistes a décidé d’utiliser l’internet dans une stratégie de pouvoir. Au début des années 70, Serge July avait surfé sur l’air du temps et coécrit un redoutable opuscule d’obédience mao dans lequel il prévoyait la révolution pour 72/73. Dans un monde idéal, faire montre d’une telle crétinerie opportuniste aurait dû le discréditer à tout jamais. On sait ce qu’il est advenu. Il est désormais bien établi que la récupération par les ex-rebelz mêmes était une stratégie des plus payantes. Et que jouer l’entrisme et le noyautage au bon moment assure des dividendes juteux au plus tard une dizaine d’années après. Pas besoin d’avoir lu Sun Tsé en VO pour comprendre cela.

Il s’agit donc pour bon nombre de jeunes journalistes de bien se positionner sur la ligne de départ, de capitaliser sur une activité alternative tout en continuant à oeuvrer dans les media classiques pour assurer leurs arrières. On peut alors prétendre être celui-qui-connaît-internet et obtenir le poste en conséquence à « Points de Vue / Images du Monde ». Et l’on comprend d’autant mieux la rage des anciens qui ne comprennent rien au nouveau medium et qui sentent leur pouvoir vaciller face à une nouvelle vague de jeunes malins.

Je le répète, tout cela est d’une banalité affligeante, et je ne devrais pas avoir à exposer tout cela. Mais voyons comment essayer de résister aux arrivées de plus en plus nombreuses dans les organes alternatifs de gens qui vivent de, par et pour les media et qui ne pourrons plus très longtemps être à la fois juges et parties. Du moins pas ouvertement...

Ainsi qu’on peut le lire dans les écrits de Serge Halimi, voire de Bourdieu (mais c’est un sale coco, il est donc discrédité d’avance), le journaliste produit des signes sociaux à destination essentiellement des autres journalistes, signes dont le lecteur est l’alibi, et qui structurent une connivence qui a été dénoncée à de nombreuses reprises. En gros : A ecrit un article référençant B, lequel dit du bien de A à C qui s’occupe de telle rubrique dans un media et qui donc invite A à dire du bien de D (commensal de C), à moins que ce ne soit de lui-même. Dans la réalité, c’est evidemment plus subtil et plus complexe que cela, ne fût-ce que parce que les acteurs sont nettement plus nombreux, et que des haines secrètes agitent tout ce microcosme. Je renvoie donc le lecteur interessé par ce sujet aux ouvrages ad hoc.

Ce qui est fondamental là-dedans réside dans la fabrication et l’utilisation de la notoriété, à des fins stratégiques, et sans utiliser de grands mots à s’assurer un niveau de vie décent en adoptant et intériorisant les rites du clan.

Si le web libre (indépendant ou pas) veut continuer à être l’organe de tous pour tous, et non pas la chasse gardée d’une petite clique de « professionnels », deux conditions sont à mon avis nécessaires :

  1. L’Anonymat. Ou plus exactement le pseudonymat. Je sais bien que des spécialistes en rhétorique à deux francs voient dans l’anonymat le retour de la Kommandantur ou tout du moins de l’affaire Stavisky. C’est inepte : en pratique, quand un médiateur veut « casser » quelqu’un, il ne se cache pas. Bien au contraire, il profite de sa notoriété multi-cartes pour commettre un assassinat sans risque, d’autant que dans ces conditions, il bénéficie de l’appui tacite (ou pas) de ses collègues. Les exemples pullulent. Je sais aussi que le pseudonymat peut amener à une notoriété au moins équivalente à celle du « vrai nom ». Encore que la presse « classique » n’admettant que difficilement le pseudonymat, on risque de perdre le benéfice de l’e-notoriété lors du passage au nom réel dans la vraie presse. Il apparait donc qu’en poussant le raisonnement à l’extrême, toute entreprise collective ne devrait admettre que des pseudonymes non encore utilisés par ailleurs, de façon à empêcher l’apparition d’une hiérarchie de fait, comme conséquence d’une notoriété antérieure de la part d’un des protagonistes. De surcroit, et je suis toujours étonné d’avoir à répéter ce genre d’évidences, ce qui est important, c’est la qualité des textes. Si Marcel Robert écrit un article meilleur que celui de Dominique Wolton, il est bien normal que son article soit préféré. En pratique, et c’est regrettable, si D. Wolton, n’est pas obligé de se pseudonymer Raymond Pedibus, il y a toutes les chances que ce soit l’inverse. Il ne faudrait pas encourager la paresse naturelle du lecteur en se servant d’un quelconque piédestal.

  2. L’Amateurisme. Il est en effet souhaitable que les gens qui contribuent à un projet collectif possèdent une indépendance financière hors media. Cela semble aussi une évidence, mais l’amateur a très mauvaise presse sous nos climats, même si en pratique, quelques-uns des meilleurs écrivains du dernier siècle n’ont dû qu’à cela de pouvoir déployer leur talent dans toute son ampleur. L’indépendance financière, qui peut apparaitre comme assez vulgaire, peut empêcher dans une certaine mesure, les compromissions et d’une manière générale, les dérives. Sans quoi, on arrive, aux situations bien connues du p’tit site super sympa qui devient marchand (et mauvais très souvent) pour que son webmestre puisse manger (ce qu’on ne lui reprochera évidemment pas). Songeons à Mygale, par exemple ; les exemples sont innombrables. De même, et le cas nous interesse plus en l’occurence, cela ne relève pas de la science-fiction, que d’imaginer un webzineux passant à la presse classique pour payer son loyer, ou pire, entraînant des projets dont il n’est pas l’instigateur vers le marchand, sous une forme ou une autre (surtout s’il bénéficie d’une certaine notoriété, et on en revient au point précédent).

En conclusion, il me parait qu’Amateurisme et Anonymat sont les deux mamelles du Web libre. Je me doute bien qu’en formulant de pareilles idées, je risque de me faire traiter de national-bolchévik (ou autre dénomination croustillante) sous prétexte que j’énonce des règles explicites et contraignantes (opposées aux règles implicites liées à la notoriété), et donc fondamentalement fascistes pour ceux qui aiment les clichés et les raisonnements en un point. Je dirais d’abord que je n’impose rien à personne, il ne s’agit que d’hypothèses de travail. Et que tout groupe ne peut se passer de règles, les plus minimales soient-elles.

 

[1] Voir le bouquin éponyme de Boltanski et Chiapello.

 
 
hcow
Imprimer
format impression
 
SPIP
Web indépendant


> Anonymat et Amateurisme
13 février 2001
 

"Ainsi qu’on peut le lire dans les écrits de Serge Halimi, voire de Bourdieu (mais c’est un sale coco, il est donc discrédité d’avance), le journaliste produit des signes sociaux à destination essentiellement des autres journalistes, signes dont le lecteur est l’alibi, et qui structurent une connivence qui a été dénoncée à de nombreuses reprises. En gros : A ecrit un article référençant B, lequel dit du bien de A à C qui s’occupe de telle rubrique dans un media et qui donc invite A à dire du bien de D (commensal de C), à moins que ce ne soit de lui-même. Dans la réalité, c’est evidemment plus subtil et plus complexe que cela, ne fût-ce que parce que les acteurs sont nettement plus nombreux, et que des haines secrètes agitent tout ce microcosme. Je renvoie donc le lecteur interessé par ce sujet aux ouvrages ad hoc. "

Essaierais tu de nous faire croire que ce n’est pas déjà pareil sur le web ?

Dans le réel comme sur internet c’est le même cirque : quelques rois et leurs courtisans. Il ne faut pas se péter le melon trop fort : tu fais des articles sur eux et tu t’étonnes qu’ils essaient de savoir qui tu es ? ... (sourire) ... comme dans le cas de Val, la démonstration montre simplement qu’à force de chercher on trouve.

Quand on cherche à attirer l’attention et qu’on l’attire c’est normal, non ? Pas de quoi en tirer des conclusions en faveur de l’anonymat jusqu’à maintenant il me semble. L’exemple le plus récent concerne cette *affaire Val* ; certains lui ont cherché des poux dans la tête pendant des semaines pour jouer les étonnés révoltés quand celui-ci a enfin réagi. Or, la probabilité qu’il réagisse comme il l’a fait était assez élevée, me semble t’il.

Ta crédibilité et ta liberté d’expression a besoin de l’anonymat pour se sentir intègre sur internet ? Bien, bien bien... c’est ton problème personnel.

Si on généralisait alors nous pourrions aussi revendiquer l’anonymat total pour les journalistes de la presse écrite ?

Cela n’a rien à voir, peut-on se dire. Oui, cela pourrait ne rien à voir si le réel et internet étaient deux mondes différends mettant en scène des individus différends. Or ce n’est pas le cas.

Dans cette dispute qui a opposé les *Signé furax* à Val celui-ci a été le seul à assumer ses propos en les signant. Ces derniers n’en sont pas sortis magnifiés et cela ne les justifie aucunement mais cela signifie tout simplement qu’il a pris la responsabilité de ses propos, la responsabilité de passer pour un con, la responsabilité de ne pas plaire ce qui revient à dire qu’il a pris des risques dans la vraie vie du réel et dans la vie d’internet. Et je précise que je ne suis pas en train de justifier ses propos.

Les *Signé Furax* en ont ils pris beaucoup du fait de leur anonymat et de la possibilité de revenir sous diverses identités au gré du vent et des humeurs, comme tu nous l’expliques ici ?

Votre étrange combat pour l’irresponsabilité de ses propos et actes profite à ceux que vous parquez sous le mot "pédonazis" (bizzare aussi cet amalgame entre les pédophiles et le nazisme)

Inutile de me traiter d’inculte qui voit des pédonazis partout. Merci de m’éviter votre refrain. On commence à le connaitre et il n’a jamais démontré que les pédophiles et les nazis ne sont pas dangereux si on les laisse s’exprimer sur librement sur internet.

Et je ne signe pas.

Répondre
> Anonymat et Amateurisme, hcow, 13 février 2001

Bon, encore un journaliste qui defend les journaliste. Ce ne sera pas le dernier et une excellente demonstration de ce que j’ai dit dans l’article ("touche pas à la femme blanche").

Je le repete, le pseudonymat n’est pas l’anonymat. Si ça se trouve Phillipe Val s’apelle Raymond Lachtouille. Qui ça derange ? Ca veut dire quoi "prendre ses responsabilité" pour Phillipe Val ? Qu’il signe P. Val (alors qu’il s’appelle Raymond Lachtouille ?) ? Fort ... Prendre ses responsabilités en dernière instance, c’est aller au tribunal ; et ça, le pseudonymat sur internet, n’en dispense pas.

D’ailleurs, si on est pas d’accord, on peut m’ecrire, et si on veut me foutre sur la gueule, je peux accepter l’idée d’un duel. J’ai un mail. C’est comme un numero de telephone, tu vois ? On peut me joindre.

Et pour en revenir à ce que je disais : A) les media tradis sont vérolés par la connivence. On est d’accord là-dessus B) L’internet commence à être gangréné de la même façon. On est aussi d’accord C) Conclusion : on pourrait essayer d’eviter cela en instaurant un anonymat obligatoire dans les projets collectifs (evidemment, on ne peut pas le faire dans l’absolu au niveau de tout l’internet). Je ne dis pas que c’est la panacée. C’est toujours mieux que de dire "ca sera toujours comme ça". Surtout quand on est du bon coté du manche.

hcow

Répondre
> Anonymat ?, L’indecis, 17 février 2001

Resumons nous : Quels sont les problemes que tu souleves au sujet de l’anonymat ?

1/ Tu pointe du doigt le fait que les medias pensent pour nous et que nous allons naturellement reprendre le point de vue de notre penseur prefere, que ce soit Val, Wolton, Arno* ou Bourdieu.

2/ Tu denonce la tendance des journalistes a s’adresser, en priorite, aux autres journalistes plutot qu’a leur lecteurs.

Et effectivement, je ne vois pas bien en quoi le pseudonymat peut changer quoi que ce soit a la situation. Quand Lirresponsable ecrit, on sait a quoi s’attendre pour peu que l’on connaisse son site web et ses ecrits precedents. Donc le probleme de la notoriete n’est pas resolu.

Par contre, puisque c’est bien contre une pensee unique que l’on veut lutter, il me semble que des forums accesibles a tous et qui placent les commentaires des lecteurs sur un pied d’egalite avec l’article, sont bien plus efficaces que l’anonymat pour eviter cette tendance naturelle que nous avons a prendre ce que l’on nous dit pour argent comptant.

En ce qui concerne le second point, je vois pas trop comment on peut limiter cette tendance. C’est comme une conversation, on repond aux personnes qui prennent la parole, pas au gars du fond qui n’a pas dit un mot depuis le debut ! Et oui, gros, mais qu’est ce qu’on peut y faire ? Faire en sorte que chacun devienne son propre journaliste amateur comme tu sembles le suggerer. Il y a beaucoup a dire sur ce sujet et presentement je n’ai pas le temps !

Cordialement.

1d6

Répondre
> Anonymat ?, hcow, 18 février 2001

Cher Indecis

A mon avis tu pointes des problemes qui n’en sont pas.

1) Que les media pensent pour nous est à mon avis une évidence et à tout prendre, je m’en fous. Les gens achetent des journaux ou regardent la télé essentiellement pour y voir des informations qu’ils s’attendent à y trouver. C’est pas bien de dire des choses pareilles et c’est limite faf, mais comme je suis pas journaliste (justement), je m’en tape. Mais j’y reviendrais plus loin ...

2) Le pseudonymat change beaucoup en fait. Le probleme est celui de la notoriété. C’est à dire quand un journaliste signe des papiers dans un journal A, puis dans un journal B, et dans un journal C, il lui est beaucoup plus facile d’ecrire des conneries dans un journal D. Et pourtant les journalistes ont des avis à peu près aussi pertinents sur n’importe quel sujet qu’un pilier de bistrot moyen (qui lui ne se prend pas au sérieux et est beaucoup plus sympathique). Pourquoi donc ? A cause de la capitalisation de la notoriété. Du capital symbolique. En gros, du fait de la notoriété et de la paresse intellectuelle propre à tout etre humain (moi compris), si quelqu’un est autorisé à donner son avis sur un sujet qu’il ne maitrise pas dans les journaux A,B et C, D va lui faire un pont en or pour étaler ses inepties. A. Duhamel est un bon exemple de cet état de fait. Mais il n’est pas le seul. Aussi avec un pseudonyme qui changerait suivant chaque journal, on ne saurait pas à qui on a affaire, et l’esprit critique resterait actif comme si on avait affaire à un débutant. Si Duhamel signait "coco belles burnes" dans "le point", "tete de paf" dans "l’express", et "j’ai pas tout compris" à la télé, on y regarderait à deux fois avant de l’inviter à dire des insanités dans "le nouvel obs". En effet pour chaque pseudo, il n’aurait qu’une seule reference dans un seul journal ... Comprendo ?

Bon ca, evidemment, c’est de la theorie ; je ne pense evidemment pas qu’un pareil systeme de pseudonymat puisse être mis en place ; c’est contraire à la déontologie journalistique (ha ha ha !).

3) Pour ce qui est de l’indépendance financiere, ça me parait évident : quelqu’un qui ne tire pas la majeure partie de ses revenus (voire aucun) de ses articles, est difficilement manipulable ; il peut se permettre de pisser à la raie de son public, de ses employeurs, et à vrai dire de pratiquemment tout le monde ... Enfin que quelqu’un devienne son propre journaliste est effectivement un but assez revigorant ; mais il faut aller plus loin. Je pense qu’à partir du moment où chacun peut devenir journaliste, va apparaitre petit à petit que l’informatioun EN SOI est une imposture, que personne n’a besoin d’etre informé jour par jour, voire heure par heure, et que les journalistes sont des parasites hallucinants nichant dans une monstrueuse escroquerie intellectuelle. L’information n’est rien ; seule compte (eventuellement) la reflexion qui peut se developper derrière ; et les journalistes sont aussi bon en matiere de reflexion qu’un curé en matiere de pratiques sexuelles (hors petits garçons) ...

hcow

Répondre
> Anonymat et Amateurisme, Haribo, 13 février 2001

Si on généralisait alors nous pourrions aussi revendiquer l’anonymat total pour les journalistes de la presse écrite ?

On parle bien de pseudonymat et non d’anonymat total. Et je ne vois pas pourquoi, sur le pseudonymat, on devrait répondre non à ta question. A moins d’avoir des présupposés dont on se demande par quoi ils ont été engendrés....

Dans cette dispute qui a opposé les *Signé furax* à Val celui-ci a été le seul à assumer ses propos en les signant.

Ridicule. Tous les articles sur Val ont été signés. Même si c’est par des pseudonymes (et ce n’est pas le cas de tous), ça ne change rien. Cavanna, c’est un pseudonyme. Gébé, Charb, Cabu, aussi. George Sand était un pseudonyme. etc etc.

Répondre


> Anonymat et Amateurisme
13 février 2001
 

Je partage en tout point ton analyse.

Pendant 15 jours la chronique de Pierre Madrid a été "diffusée" sur le mini-rézo, ça lui a valu des demandes réitérées de voir ces photos, ce qui aurait totalement démasqué son auteur, mais mieux encore, à une curiosité "acceptable" et pourquoi pas "légitime" se sont ajoutés les demandes de rendez vous d’un responsable de service photo, un appel du pieds laissant entendre que ces images seraient regardés avec sympathies pour une exposition et comble, une demande d’interview.

Si ce n’est pas de la presse dont Pierre avait parlé mais du monde judiciaire ou de la politique, de la nouvelle économie, tu peux être sur que les télés, les journaux, les radios se seraient précipités pour avoir des interviews et récupérer cette chronique pour alimenter leur machine à décerveler.

Pierre Madrid c’est à dire moi, ne monnaiera pas sa modeste prestation. Il n’y aura ni livre, ni recueil et désormais plus de chronique, la liberté de parole, de chronique, de récit passe par l’anonymat, les pseudos, les multi-pseudos. Comment être libre quand on a la promo d’un bouquin à faire, des dividendes à récupérer de ses "libres propos", je reste donc un casse pied amateur et libre de revenir écrire sous 25 pseudos différents si ça me chante, quand ça me chantera, où ça me chantera. Même ceux qui croient savoir qui je suis n’en serons jamais sûrs Je remets ma cagoule et je vous embrasse, méfiez vous de la notoriété.

Pierre Madrid

Répondre
> Anonymat et Amateurisme, 18 mars 2001

...>> la liberté de parole, de chronique, de récit passe par l’anonymat, les pseudos, les multi-pseudos. Comment être libre quand on a la promo d’un bouquin à faire, des dividendes à récupérer de ses "libres propos", je reste donc un casse pied amateur et libre de revenir écrire sous 25 pseudos différents si ça me chante, quand ça me chantera, où ça me chantera. Même ceux qui croient savoir qui je suis n’en serons jamais sûrs Je remets ma cagoule et je vous embrasse, méfiez vous de la notoriété. >>

Pierre "Madrid", Je ne suis pas sûre que la liberté de parole et de chronique passe par l’anonymat. C’est seulement une préservation de ta liberté de ne pas subir les conséquences de tes propos, les droits de réponses, les contradictions, les paradoxes et autres réactions interactives. Tu penses que ta cagoule te protège. Mais de quel danger au fait ? Mais si elle te faisait du tort en même temps ? Si tes chroniques et tes paroles étaient à ce point intéressantes qu’on ait envie d’y associer tes photos, ton visage et ton nom ? Si la notoriété était justifiée par une réalité honnête ? Et puis pourquoi prendre 25 pseudos pour finalement dire 25 fois la même chose aux 25 mêmes lecteurs ? De quoi a-t-on peur, vraiment, dans cette affaire, simplement de perdre des dividendes ? A part ça je m’en fous, cachons-nous et déguisons-nous, mais je suis à peu près sûre de savoir faire tomber le masque quand j’en ai envie. Des fois, c’est un jeu idiot.

Sylvie

 
Répondre