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> Supplique à Mme Catherine Tasca
17 janvier 2001,
message de Zorro
Le ministère de l’économie "s’opposera fermement" à une taxation des disques durs (cf http://fr.news.yahoo.com/010116/1/u6sj.html). Comme quoi certains, au gouvernement, sont encore lucides. Pour la taxe sur les cds vierges (la gabelle du troisième millénaire), on peut s’attendre à une montée du piratage en flèche. Par vengeance ou par simple retour des choses : après tout, je donne de mon argent à des artistes dont je n’ai jamais rien acheté. Il est donc logique que je pirate leur travail ! Ceci dit, je suis tout à fait favorable à une taxe pour les journaux. Ici aussi, c’est un juste retour des choses. Pour aller plus loin dans l’imbécilité gouvernementale, Catherine a décidé de sortir un peu de son champ d’action pour vraiment répandre la justice dans notre beau pays. Celà se traduit par une nouvelle portée de taxes idiotes(tm) : * une taxe sur les voitures, qui financera une aide aux banques. En effet, les voitures sont parfois utilisées comme moyen de fuite après un cambriolage. * une taxe sur les couteaux, qui aidera l’association des citoyens poignardés. * une taxe sur les briquets & allumettes, qui permettra le reboisement des forêts. * une peine d’un an de prison pour tout nouveau ministre. En effet, l’homme est corruptible, donc corrompu : de ce fait, il ’pré-purge’ une peine qui le punit de tout ce qu’il fera de stupide en tant que ministre. Cette peine est portée à deux ans pour le président. A noter que Catherine, souhaitant donner l’exemple, rentrera à la prison de la santé dès le premier mars.
> Avez vous lu ce texte sur la question ?,
19 janvier 2001
" [...] La mesure de Madame Tasca est en réalité disciplinaire : elle entend protéger la société contre ses auteurs et leur faire payer leur créativité. On sait que la liberté de créer a toujours été critique vis à vis de l’institution culturelle. L’art invente l’inconnu quand la culture en conserve les traces. Cette mesure a pour projet la protection d’une forteresse vide, les « sociétés d’auteurs » fort mal nommées quand précisemment ce qui fait acte de création se trouve alentours, à la périphérie, à l’extérieur. Aujourd’hui, c’est la société dans son entier qui est devenue une société d’auteurs. [...] "
> Et celui-ci ?,
19 janvier 2001
" [...] Après le projet européen de brevetage sur les logiciels, le prêt payant en bibliothèque (toujours en suspens), la taxe sur les CD et DVD, nous assistons à la multiplication des tentatives de mise en coupes sombres des formes de production et de création immatérielles. Est-ce un hasard ? Non, bien sûr. Ceci n’est que le dernier —mais pas l’ultime— avatar des parangons de la « propriété intellectuelle » qui, profitant d’un certains nombre d’idées reçues et de fantasmes collectifs qui circulent sur les « nouvelles technologies », n’hésitent pas à détourner le droit d’auteur, pour le plus grand profit de ceux qui deviennent, justement, inutiles à la production numérique. Au nom d’une prétendue « propriété intellectuelle », c’est bien « Mozart qu’on assassine » au profit de quelques lobbies privés. [...]"
> Supplique à Mme Catherine Tasca,
Tobin des fois,
21 janvier 2001
Je partage pleinement la lassitude qu’inspire ce nouveau projet de taxe fort heureusement avorté. Il en dit long sur l’inventivité des prétendues élites qui façonnent les règles du jeu de notre société...
La taxation des CD vierges (inspirée de celle des précédentes VHS) qui vient de nous être imposée “était” déjà inique, ne serait-ce que du point de vue des quantités de CD Rom utilisés uniquement pour des infos (datas d’archivage et autres usages n’ayant rien à voir avec la “création” de pseudo artistes spoliés). Comme est déjà inique la TVA payée inégalement au prix fort par l’infortuné petit consommateur et à un prix indolore par le déjà nanti.
Les lobbies qui ont obtenu cette nouvelle taxe sur les CD vierges représentent pour l’essentiel des majors qui se gavent de longue date et prétendent défendre les auteurs. Et dire qu’en plus, on se fait aussi forcément taxer pour des daubes multidiffusées dont -dans le meilleur des cas- on n’a rien à fiche.
Bientôt nos zélées élites vont devoir adopter un terme édulcoré, BC BG politique, pour parler de telles taxes. Conjugué au passif, ce mot est définitivement synonyme dans le langage courant de vol plus ou moins plaisant. Il est désormais grillé, devenu trop voyant pour désigner de telles initiatives et pratiques qui apparaissent inévitablement sous leur vrai jour, comme un racket organisé.
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