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lundi 25 décembre 2000

Critique de la critique du web indépendant

par Cathexie

1. Sur l’indépendance et l’autonomie

Le concept d’« indépendance » appelle certainement la critique. Il est en effet aisé de démontrer que l’indépendance en soi n’existe pas, sinon peut-être à l’état d’illusion nécessaire, comme le Dieu de la métaphysique. En réalité, aucun homme n’est indépendant, et cela dès sa naissance : pour vivre puis pour nous exprimer, nous sommes toujours dépendants de ce qui préexiste à notre volonté et ne résulte donc pas de notre choix - qu’il s’agisse de nos parents, de notre langue, de nos gènes, de notre milieu social et culturel, etc. Même lorsque nous pensons et agissons contre cet état de fait, notre négativité est encore déterminée par lui.

Faut-il déduire de l’inanité de notre indépendance l’inéluctabilité de notre servitude ? Non. Il faut ici penser en termes de processus plutôt que d’états, et d’autonomie plutôt que d’indépendance. Processus : l’homme est un être déterminé à l’action (y compris l’action de sa pensée critique), soit à la modification et à la compréhension du monde qui l’entoure. Autonomie : l’homme est un être doté de conscience, et le mouvement spontané de cette conscience consiste à saisir librement le monde, donc à opposer sa liberté aux formes naturelles ou artificielles de la nécessité. Dans ce jeu sans fin (car le monde modifié rétroagit sur nous comme la nécessité abolie en dévoile une autre), l’homme ne parvient jamais à l’état d’indépendance : il se place en revanche, à force de volonté, dans des situations d’autonomie relative par rapport à ce qui détermine ses actes et ses pensées.

Dans le débat qui nous occupe, l’argument selon lequel il faudrait être totalement indépendant du marché pour commencer à la critiquer ne tient pas : à l’aune de cette exigence insensée de « pureté », il serait à peu près impossible de critiquer quoi que ce soit. On ne pourrait être défenseur de la biodiversité si l’on a déjà utilisé une voiture dans sa vie, adversaire du capitalisme si celui-ci nous a nourri, hostile à la publicité s’il nous arrive de regarder une chaîne privée de télévision, etc. La contrepartie logique de cette attitude est qu’il faudrait tout accepter en bloc (ou se suicider).

2. Sur le web libre

Pour les raisons énoncées précédemment, nous préférerions parler de « web libre » plutôt que de « web indépendant ». Au-delà de la querelle des mots, pourquoi le web en question est-il libre, ou plutôt : de quoi veut-il se libérer ? De tout ce qui entend aujourd’hui aliéner la liberté de ses participants. Soit trois fronts principaux de lutte, que reflètent d’ailleurs la plupart des contributions rassemblées sur Uzine2 :

-  lutte contre la servitude économique, c’est-à-dire contre les diverses stratégies marchandes visant à transformer l’Internet en gigantesque supermarché progressivement purgé de sa gratuité et vidé de sa substance critique ;

-  lutte contre la servitude bureaucratique, c’est-à-dire contre la mise en place à l’échelle nationale, européenne ou mondiale de procédures de surveillance, de contrôle et d’interception des échanges entre les internautes ;

-  lutte contre la servitude mentale, c’est-à-dire contre la prétention de certains groupes de pression à limiter la liberté d’expression et d’opinion au prétexte qu’il existe de mauvais usage de celle-ci (nazis, pédophiles et autres épouvantails) et contre le monopole de l’information que prétendent s’arroger les médias centraux.

Ce programme minimum (on n’ose plus dire « programme commun » depuis longtemps !) définit l’originalité du « web libre » : il ne s’agit pas seulement de l’ensemble des sites qui ont quelque chose à dire, il ne s’agit pas du tout des sites estimant détenir une quelconque « vérité révélée » sur l’Internet, mais, plus simplement, de l’ensemble des sites qui luttent pour que chacun puisse s’exprimer ou consulter ce que les autres ont exprimé. Que ces sites se constituent en réseau - comme le portail des copains - n’a rien que de très logique, compte tenu de la nature réticulaire de l’Internet et de l’inégalité des forces en présence.

3. Sur l’élite

L’autonomie revendiquée par le « web libre » n’a rien de reposant : elle est avant tout le fruit d’une lutte permanente contre les facteurs d’hétéronomie externes. Et internes, devrions-nous ajouter : depuis Hobbes et Hegel, ou en contemplant plus simplement le monde qui nous entoure, chacun sait en effet que l’individu a souvent un penchant pour la douceur de la servitude plutôt que pour le risque de la liberté. Raison pour laquelle Rousseau pensait que la démocratie parfaite est le régime des dieux, non celui des hommes : on pourrait en dire autant de l’« Internet parfait ». Cela n’empêche pas de parfaire l’Internet (comme la démocratie).

Nous en arrivons ici à la critique de l’« élite », formulée selon deux angles : (a) le « web indépendant » est une récrimination de riches (en capital technologique, économique, culturel ou symbolique) à l’heure où seule une minorité privilégiée est connectée et où seul le marché semble capable d’étendre cette connexion à la planète entière ; (b) le « web indépendant » est le fait d’une minorité qui parle d’autant mieux au nom des autres qu’elle n’a aucun moyen d’établir sa légitimité ni sa représentativité.

Dans un autre texte publié ici, Lirresponsable a fait jeu de la première critique : attendre que la planète entière soit connectée pour commencer à défendre la liberté des internautes revient, toute proportion gardée, à attendre que le nazisme ait liquidé le dernier Juif pour lutter contre son entreprise mortifère, que les multinationales aient privatisées la dernière parcelle de terre pour dénoncer leur course au profit ou que le cancer ait contaminé la dernière cellule de l’organisme pour commencer une thérapie. En d’autres termes, la défense de la liberté et l’autonomie des internautes est un principe valable quelles que soient la qualité et la quantité des personnes connectées. Par ailleurs, l’Internet n’échappe pas à la loi d’airain de toutes les autres activités humaines selon laquelle seule une minorité se révèle généralement capable de produire des œuvres qui plaisent à la majorité ; au moins l’Internet offre-t-il à ladite majorité la capacité de s’exprimer et d’être entendue, sans passer par les réseaux « officiels » (universitaires, médiatiques, éditoriaux) de représentation.

La seconde critique n’est pas plus recevable. L’Internet n’est pas assimilable à un Parlement mondial et le « web indépendant » ne prétend nullement représenter une quelconque majorité silencieuse ou une faction d’internautes en concurrence avec d’autres. En revanche, le « web indépendant » se caractérise par la généralité des questions qu’il pose : même pour celui qui fabrique sa page perso afin d’y exhiber les photos de son jardin, il est important de savoir s’il bénéficiera d’un système de référencement indépendant des pressions économiques, s’il pourra construire son chef d’œuvre horticole avec un logiciel libre, si son ami chinois aura la liberté de venir le consulter ou encore s’il échangera des avis sur les vertus désherbantes du chlorate de soude sans avoir la section anti-terrorisme urbain sur le dos.

Ce n’est donc pas de la légitimité des personnes qui font le « web indépendant » qu’il faut débattre, mais de la légitimité des principes qu’ils défendent.

 
 
Cathexie
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> Critique de la critique du web indépendant
26 décembre 2000, message de Tu crois que je vais te donner mon nom ? Tu me prends pour un débile ?
 
Je propose l’appellation "Web autonome" au lieu de "Web indépendant". Ce qui ouvre la voie à plein d’autres mouvements : "webu rebeliu", "webe natione", "web canal historique", "front de libération du web"... Le Minirezo pourrait donner ses interviewes au fond des bois, avec des cagoules, il pourrait faire sauter deux ou trois serveurs web (Double Click, l’Atelier Paribas...) ça aurait de la gueule.
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> Critique de la critique du web indépendant , Spartakus Freemann, 27 décembre 2000

Ouais man,

Et pourquoi pas des cyber-flingues pour dégommer les sites kon-kons de la niou-e-konomy ?

En fait, le problème de la définition est fort peu important. En effet, savoir si l’on doit parler de "web indépendant", "web autonome", "web libertaire", "web libre" importe peu au sein du débat. Ce qui compte, c’est l’ACTION, il faut des guss qui se bougent le cul pour tenter de barrer le chemin à ceux qui voudraient nous faire bouffer de la pub et de la novlangue au petit déjeuner. Donc, penser être un acteur d’un "web indépendant" ou "libre" importe peu à mon sens à partir du moment où l’on s’entend sur le but recherché : conserver une zone libre d’échanges intellectuels, artistiques, informatifs et ce en dehors des canaux officiels existant !!!

Ainsi, battons-nous pour conserver ce médium mais n’oublions jamais que le vrai combat est dehors, dans la rue et dans les têtes.

Alors, oui à un web libre, indépendant, libertaire, autonomiste et e-révolutionnaire !!!

Spartakus Freemann Cellules Anarcho- Spartakistes du Web

Répondre
> Critique de la critique du web indépendant , 27 décembre 2000

" à partir du moment où l’on s’entend sur le but recherché : conserver une zone libre d’échanges intellectuels, artistiques, informatifs "

D’autant plus que à l’image du développement des logiciels libres, il se pourrait bien qu’un modèle de création, d’information et de recherche ouvert, basé sur la coopération productive, protégé par des licences contagieuse de type copyleft, s’avère vite beaucoup plus efficace que celui qu’on nous propose, ralenti par la hiérarchie, l’argent et surtout la fermeture (format propriétaire, brevet, interdiction de reproduction...)

Désolé de toujours tout ramener au copyleft, je ne peux pas m’en empécher :-) Pour ceux qui en voudrait encore, je vous invite à visiter http://severino.free.fr/archives

NOUS NE FINIRONS PAS COMME LES RADIOS LIBRES

Pour en revenir à nos moutons, Merci à Cathexie pour son excellent article (comme toujours, c’est agaçant). Je crois que beaucoup n’arrive pas à admettre que quelque chose d’indépendant soit possible en ce bas monde... Ils ont vu le journal Libération se faire récupérer, les radios libres devenir groupusculaires ou se muter en NRJ, les fanzines disparaître sans laisser d’adresse...

Certains de nos ainés ont connu l’enthousiasme, puis la désillusion. Ils se sont fait la promesse ne plus se laisser prendre, ils sont "blasés". Tant pis pour eux, et tant pis aussi pour nous, même s’ils ne sont pas indispensables.

D’autres n’ont jamais eu la naïveté de croire que l’indépendance pouvait avoir un destin autre que insignifiant. En 1968, dans un recueil de citation de Lénine, in la collection "les murs ont la parole" dirigée par... Michèle Cotta, on peut lire :

" La liberté de la presse est une duperie tant que les meilleures imprimeries et les gros stocks de papier sont accaparés par les capitalistes, tant que demeure le pouvoir du capital sur la presse [...] " T28 P485. Heureusement la Pravda n’avait pas tout ces ennuis...

SOYEZ OPTIMISTE, FAITES VOUS MÊME L’IMPOSSIBLE

A tout ceux qui doutent encore, je voudrais dire que non seulement nous ne finirons pas comme les fanzines, Libération, et les radios libres mais que nous les ferons revivre, et que le jour est proche ou les télévision citoyenne de proximité concurrencerons TF1. Je peux me tromper, mais si on extrapole l’évolution actuelle du travail coopératif en réseau et l’extension du copyleft aux autres domaines de production immatériel, il y a de quoi être optimiste.

Je ne vous ai pas convaincu, tant pis. Ce n’est pas ça qui m’empéchera de continuer à contribuer au web indépendant, au logiciel libre, au "journalisme" contributif... Et comme nous sommes chaque jour plus nombreux à participer dans tout les domaines de l’intelligence humaine, je ne vois pas ce qui pourrait nous arrêter.

Séverin Squatteur de minirezo

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Oui , Cathexie, 28 décembre 2000

>>conserver une zone libre d’échanges intellectuels, artistiques, informatifs et ce en dehors des canaux officiels existant ! ! !

Nous sommes entièrement d’accord. Mon texte visait à préciser le sens du mot « indépendance » comme ce combat permanent pour la liberté et l’autonomie.

>>Ainsi, battons-nous pour conserver ce médium mais n’oublions jamais que le vrai combat est dehors, dans la rue et dans les têtes.

Sur ce point, je ne sais pas s’il existe un « vrai » combat. Plutôt des personnalités et des tempéraments qui préfèrent tel ou tel terrain de lutte. Par ailleurs, le combat « dans les têtes » passe bel et bien par le medium Internet, qui n’a de ce point de vue rien de virtuel : les idées, les informations, les concepts, les visions du monde, les arguments, les motivations sont partie prenante de la réalité - ce qu’oublient souvent les tenants d’une distinction tranchée entre réel et virtuel, généralement formulée de la sorte pour défendre le premier des supposés « dangers » ou « insuffisances » du second.

Cordialement,

Cathexie

Répondre
> Oui , mais..., sylvie, 29 décembre 2000

Le web indépendant pour moi n’existe pas. Il n’y a que des personnes indépendantes face à certains pouvoirs et dotees d’une certaine autonomie face aux outils médiatiques et à la connaissance ou manipulation de ceux ci. Un universitaire (Patrick Thomas) a développé le concept de self-media face aux propos de Wolton qui pense mass-medias. Self media c’est aussi croire que chacun peut s’approprier le média et les ressources (copyleft), internet serait aujourd’hui le plus simple à accaparer (mais souvenons-nous des radios Caroline et même des piratages télé, ou même des fanzines), pour y construire et diffuser son propre message. Cela suppose que nous puissions acquérir des outils libres (ou les voler s’ils ne le sont pas) et acquérir la connaissance pour nous en servir. Et que cette connaissance soit donnée à tous. Par qui ? A quel prix ?

Uzine est certes probablement indépendant de pressions financières par exemple ou d’autorité de censure, mais uzine c’est aussi une sorte de fédération d’élites qui jargonnent universitaire - (excuse moi Cathexie, j’adore ce que tu écris mais je trouve très connotés le vocabulaire et les références ;-)) - qui manipule les mots d’une manière totalement professionnelle (salut les journalistes) et les outils idem (salut les webmasters), le fameux cul entre deux chaises dont l’une serait "dépendante" (gagne-pain chez World Company) et l’autre "indépendante" (je dis ce que je veux y’a pas de chef et pas d’objectifs financiers). Ca ressemblerait ici peut-être plus à une asso de 1901 qu’à une révolution médiatique. Une opération paralèlle anti-frustration personnelle sur plate-forme commune.

Conserver une zone libre d’échange intellectuels ça a toujours existé, la diffusion de masse en moins. En dehors des canaux "officiels" nous avons toujours eu notre propre parole et rien qu’à ce niveau, la problématique d’indépendance, de liberté d’opinion, et de pressions, n’est pas nouvelle.

Imaginer le moindre média indépendant c’est imaginer que chacun, vraiment chacun, ait accès à la connaissance, à la bande passante, aux machines, aux logiciels. Et que chacun ressente le désir ou le besoin d’exprimer quelque chose en dehors d’une grille bien calibrée de programmation de contenus et sans pression de l’autre quel qu’il soit. Forcément anarchique et ouvert avec ce que cela comporterait de chaos et de création libre mais aussi de déchet ou de manque de sens. Ce n’est déjà plus le cas ici, les contenus se sont auto-cailbrés grâce à quelques têtes de file (auxquels je reconnais du talent bien sûr). Je ne me sens pas indépendante en publiant quelques lignes chez vous, je me sens calibrée dans une approche bien définie qui définit le contexte, le ton, l’approche, le style, la connotation du message et le public visé. Quand à dire qu’un site comme le minirezo est indépendant, il l’est probablement d’un pouvoir traditionnellement exercé par le buziness et ses objectifs, mais l’est-t-il si l’on considère les contraintes de forme, de fond, de validation des articles, de l’anonymat des auteurs ? D’ailleurs, quand un site présente un fort pourcentage d’anonymes qui prennent la parole, doit-il se considérer comme "indépendant", pourquoi se cacher alors ??

Voilà, juste je pense que le concept de web indépendant est un peu un leurre, une charmante utopie. Et je suis d’accord, la seule vraie bataille se livre au fond de nous mêmes dans nos têtes, et que sommes-nous prêts à apprendre, à donner , et à qui ?

Cordialement, Sylvie

Répondre
Mais non !, 29 décembre 2000

Chère Sylvie,

Je vais tâcher de vous répondre en bon ordre (et sans mauvais jargon :-)).

1. « Imaginer le moindre média indépendant, c’est imaginer que chacun, vraiment chacun, ait accès à la connaissance, à la bande passante, aux machines, aux logiciels ». Si tel était le cas, c’est-à-dire si l’indépendance supposait au préalable une connexion et une compréhension universelles, aucun site indépendant n’existera jamais. Et, rétroactivement, on pourrait dire qu’aucun média indépendant n’a jamais existé : à l’âge d’or des fanzines, il y avait encore moins de personnes qui maîtrisaient la presse offset ! Sur le fond, je ne vois aucun rapport nécessaire de cause à effet entre l’indépendance d’une part, la qualité et la quantité du public concerné d’autre part. On peut bien sûr souhaiter que le maximum de gens soient assez fortunés pour se connecter et assez éduqués pour comprendre des contenus plus exigeants que le divertissement de masse : il s’agit là d’un tout autre débat que le nôtre.

2. A ma connaissance (mais on peut me contredire), Uzine2 ne se prétend pas l’incarnation d’une "révolution médiatique", mais considère l’apparition et le développement de l’Internet comme une révolution médiatique, comparable dans sa portée historique à celle de l’imprimerie. Cela tient aux caractéristiques propres de ce nouveau média : universalité de la connexion, instantanéité de la communication, pluralité des opinions exprimées, facilité de l’accès et de la circulation, moindre coût de la production, numérisation permettant un effet cumulatif, synergie provoquant l’émergence d’intelligences collectives, etc. Dans la mesure où nous vivons les premiers balbutiements de ce média et dans la mesure où les conditions initiales d’un système conditionnent ses développements futurs, certains combats (pour la liberté, la gratuité, etc.) paraissent aujourd’hui plus cruciaux que d’autres.

3. Il me semble que les "contraintes de fond, de forme, de validation des articles" imposées par le minirézo restent remarquablement souples et ouvertes. Sur le style comme sur le contenu, il serait difficile de soutenir que ces contraintes aboutissent ici à des points de vue homogènes (en passant, le "jargon" universitaire dont j’abuse n’est heureusement pas majoritaire !). La principale contrainte concerne en fait l’objet du site - défense, illustration et compréhension de l’Internet comme média indépendant -, objet qui le différencie en effet d’un forum général de discussion où tout peut être abordé.

4. Sur l’utilisation de pseudonymes, je ne vois (de nouveau) aucun rapport avec le manque d’indépendance - sinon, au contraire, que certains d’entre nous sont probablement contraints de recourir à l’anonymat pour échapper à des contraintes sociales et économiques, et acquérir de la sorte une plus grande autonomie d’expression. Pour ma part, je le justifie d’un point de vue esthétique et pratique, dans l’esprit de ce que Jean Baudrillard nomme "marché noir de la pensée" : "L’ambiance libérale-démocratique, absorbant virtuellement toutes les divergences idéologiques ou laissant libre-cours à toutes les différences en trompe-l’oeil, équivaut à un état de prohibition avancée de la pensée, qui n’a d’autre choix que de passer à la clandestinité [...] Tout, ou l’essentiel, se passe déjà hors des circuits officiels. Et ceci a quelque chose de réjouissant".

Cordialement,

Cathexie

Répondre
> Non quoi ?, Mon nom ou pseudonyme, 29 décembre 2000

cher collègue, juste un détail tout de même sur un propos un peu rapide. Tu dis étourdiment, je cite :

"Il me semble que les "contraintes de fond, de forme, de validation des articles" imposées par le minirézo restent remarquablement souples et ouvertes. Sur le style comme sur le contenu, il serait difficile de soutenir que ces contraintes aboutissent ici à des points de vue homogènes"

Ceci est inexact, puisque des textes sont censurés (j’entends ainsi le refus sans motif dit). Et pour des raisons manifestes d’homogénéité, si j’ose dire... C’est remarquablement ouvert dans les pages sur la politique éditoriale, ce l’est moins quand on est au pied du mur de la liberté d’expression qui ne doit s’exercer que contre les ennemis officiels, et ne pas mettre un gros doigt sale sur des propos erronés, mais d’évidence partagée. D’où, effectivement, quelques perceptions différentes de la chose...

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> Non quoi ?, Spartakus, 2 janvier 2001

Yo, Bonenanée & co

Ben en fait, c’est con ce que tu dis là car il faut bien une politique éditoriale. Sans quoi on sombrerait rapidement dans une cacophonie inerte.

Je pense que si des articles ne sont pas acceptés c’est pour conserver une certaine qualité et un certain degré d’homogénéité du débat.

Poster des articles trop en dehors du sujet de ce site nuirait peut-être à la qualité. Et d’autres médium sur le net existent pour poster des articles écrits dans un autre ton que celui qui est présentement sur Minirézo.

Ceci est un avis perso qui n’engage pas le rézo...

A+ Spartakus Freemann

Répondre
> Non quoi ?, 5 janvier 2001

Vu les articles des 4 et 5 janvier qui ont vachement à voir avec la politique sic editoriale, celui qui a dit une connerie, c’est toi...

Les regles d’acceptation ou de refus n’ont pas a voir avec la politique sic mais avec autre chose, du genre les copains de mes copains sont mes copains...

Comme dans la presse normale, quoi

Mais ce que je dis n’engage pas euh...enfin n’engage rien du tout, c’est gratuit comme le reste.

Répondre