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Signer le Manifeste, et crever de la gueule ouverte... ?

par Galien
 
Je ne signerai pas le manifeste du Web Indépendant du MiniRezo. Ai-je pour autant vendu mon âme à la World company, qui m’habille, paye mon loyer, et me permet de me faire des petits restos sympas ? N’y a-t-il pas une erreur dans la cible désignée par la Pétition ? J’ai l’intime conviction que oui...

Retour en arrière : à 24 ans, en 1997, cela fait 5 ans que je suis prisonnier du pionnicat scolaire,et aussi de la fac qui m’offre la sinistre vision professionnelle de finir prof, ou chercheur. Lettres, Droit, Sciences, etc. zéro diplômes pour finir. L’avenir s’annonce difficile. Sauf qu’il y a ce truc qu’on appelle Internet qui fait de plus en plus de bruit. Je m’intéresse timidement à la chose, et zou, je suis absorbé par une web-agency pour monter des pages. Mais je comprends vite que c’est des connards, qu’ils veulent nous aliéner au boulot, nous faire bouffer à 15h30 etc. (je te casserais tout ça moi...) et je démissionne au bout d’un an pour me foutre à mon compte, et faire facturer à la journée...

N’empêche. Qui me fait VRAIMENT vivre dans tout cela ? Qui me paye mon loyer et ma bouffe ? Les web-agencies ? Non. En fait, indirectement, ce sont les Fuck Telecouilles, les Wanadoo, la Société Générale et sa couverture bidon des JO, Le Crédit Lyonnais, PriceWaterHouseCoopers, les labos HMR... bref, la World Company. Malheureusement, sans elle, comme je sais rien faire d’autres que des sites web, je serais certainement à la rue à vous emmerder dans le métro. Voilà pour le décor.

En lisant et relisant le Manifeste, j’ai vraiment l’impression que le Web marchand est ZE cible absolue (autant dire mon gagne-pain et celui de milliers d’autres...). Pourtant, je crois savoir que chacun sur le Net peut décider de son « programme », non ? Donc, si tu veux rien acheter ou rien connaitre de l’info, rien ne t’empêche de t’extasier 3 jours devant les photos de vacances de Rémi et son cousin le Gros Lulu. Ou de pester 1 an sur un forum citoyen contre la régulation. C’est toikichoiz (c’est d’ailleurs ce genre de « choix » qui emmerde AOL et consorts...). On ne t’oblige pas encore à lire 10 publicités pour visiter un site perso...

La course technologique ? Je suis pour, clairement pour. Raison invoquée : la montée en puissance du Net pour le développement démocratique, pour l’extension de la chaine humaine. Là se situe mon vrai militantisme, à savoir que le Web pour moi est UN MOYEN et non UNE FIN en soi, pour aider ceux qu’on baillonne ou qu’on cantonne dans la misère DANS LA VIE REELLE. J’ignore dans quelle mesure cette course techno est nécessaire, mais ce que je sais, c’est qu’un bébé a besoin de devenir adulte pour fonder une famille. Alors vive les Flash 5, les Flash 15 et autres Golive 9...Quand aux simples « amateurs » de la technique, ils disposent d’outils à foison, de tout niveau de complexité, pour parvenir à se faire publier...

Donc l’Internet marchand, je m’en tamponne la savonnette. Je peux l’esquiver. Par contre, la réglementation à outrance, jette des filets bien plus insidieux et redoutables sur mon surf. Aussi, c’est sur ce terrain-là que je serais beaucoup plus ouvert à la signature de pétitions, à savoir : ne pas entraver ma liberté de circuler ou de m’exprimer au nom d’intérêts corporatistes ou politiques. Le web marchand, à côté, c’est rien d’autres que des échoppes électroniques inoffensives...

Et c’est pour toutes ces raisons que je ne me sens pas proche du manifeste du MiniRezo, qui sent trop l’éternelle revendication anarcho-libertaire purement anti-pognon. Car pour moi, l’essentiel est que le Web continue à vivre et à grandir. Les marchands d’un côté, les libertaires de l’autre, je m’en fous. Ma seule obsession, c’est d’empêcher qu’une instance politique ou juridique tire les ficelles et mette les internautes sous tutelle. C’est mon combat à moi, c’est mon Manifeste.

 
 
Galien
 
Comme je suis pas un pro de chez pro de la technique, il se peut que je sois passé à côté des dangers du web marchand, CONTRAINTES qui menaceraient aussi ma liberté de surfeur. Auquel cas ce serait cool de me remettre en place dans un beau message bien clair, ou directement sur mon mail.
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Développeur web freelance
 
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Web indépendant


Et trois ans apres t as toujours les mêmes idées ??
22 août 2003, message de ILTEDEFONCE
 
Y A T IL DEJA EU QQLQUE CHOSE DE REELLEMENT GRATUIT SUR LE NET PARCE QU’AUJOURDHUI IL FAUT PAYER POUR TOUT.IL VAUT DONC MIEUX ALLEZ AU MARCHAND Y A PAS LES FRAIS DE PORT A PAYER C EST TJRS CA DE PRIS AU DEPART C ETAIT UNE BONNE IDEE LE NET MAIS JE PENSE QUE CA A DERAPE VERS UN VULGAIRE SUPERMARCHE (PAYANT CA VA DE SOIT ) PLUS RIEN AVOIR AVEC LE DEBUT LES ECHANGES ETC ETC HEUREUSEMENT IL Y A LES P2P CA CA MARCHE BIEN EN ESPERANT QUE L ECONOMIE SUCITEE PER LE NET TOMBE ENCORE PLUS BAS A WALLSTREET JE NE VOUS SALUT PAS SEULEMENT TCHAOO
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> Signer le Manifeste, et crever de la gueule ouverte... ?
13 décembre 2000, message de sylvie dr
 

..."P.S. Comme je suis pas un pro de chez pro de la technique, il se peut que je sois passé à côté des dangers du web marchand, CONTRAINTES qui menaceraient aussi ma liberté de surfeur. Auquel cas ce serait cool de me remettre en place dans un beau message bien clair, ou directement sur mon mail. "

Ce n’est peut-être pas seulement ta liberté de surfeur qui serait menacée, mais ta liberté de consommateur, voire de citoyen. Que penser d’un France Télécom qui te vend un accès au câble ou a l’adsl en vendant en même temps ton profil, tes coordonnées, toutes les infos que tu lui as données (idem AOL), à une autre World Company, laquelle sait insidieusement, c’est techniquement si facile, où tu surfes, ce qui t’intéresses, l’âge de tes enfants, ta culture, ton environnement géographique, ta bagnole ? Tu vas recevoir des offres, des mails, du super marketing technologique, combien de temps vas-tu résister au clic marchand soigneusement calibré à ton profil ?? C’est une histoire vraie, qui se passe aujourd’hui, tu t’abonnes à FT pour avoir une large bande et tu te rerouves abonné au catalogue Houra...

Sûr, si la techique avance tout le monde "pourrait" en profiter, à plus ou moins long terme. Mais à court terme, le profit, il est où ??

Quand toi tu gagnes un peu ta vie avec le web, d’autres peuvent y créer des empires sur ton petit dos, et vite fait. C’est peut-être là qu’il faut être vigilant et préserver la place d’un web indépendant dont l’objectif n’est ni le trust ni le profit mais la circulation des savoirs et des idées.

Ce n’est pas nouveau comme problématique, celle des trusts et des profts ou du régime libéral et tout ça... ce qui est nouveau c’est la vitesse de développement technologique et les nouvelles armes marketing que cela génère, Et sur ce coup, les World Companies elles me paraissent vraiment gourmandes. Signer ou pas le manifeste, c’est ton choix, mais gardons l’oeil ouvert sur le progrès soi-disant partagé par tous...

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> La défaite de la pensée
8 décembre 2000, message de Séverin
 

Tu dis :

" N’empêche. Qui me fait VRAIMENT vivre dans tout cela ? Qui me paye mon loyer et ma bouffe ? Les web-agencies ? Non. En fait, indirectement, ce sont les Fuck Telecouilles, les Wanadoo, la Société Générale et sa couverture bidon des JO, Le Crédit Lyonnais, PriceWaterHouseCoopers, les labos HMR... bref, la World Company. Malheureusement, sans elle, comme je sais rien faire d’autres que des sites web, je serais certainement à la rue à vous emmerder dans le métro. Voilà pour le décor. "

On est tout obligé de faire des compromis :

-  Manger bio c’est trop cher. Le jambon qui me nourrit est le même qui pollue toutes les nappes phréatique de Bretagne
-  La voiture est indispensable : que se passera-t-il quand les deux milliard d’indien et de chinois auront tous une voiture ?
-  En payant des impôts (Tva + impôts locaux en ce qui me concerne), je finance l’armée, pas les logiciels libres.
-  etc, etc, etc, etc, etc, etc, etc, etc, etc....

Ne soyons pas des chiens, nous ne sommes pas obligés d’adorer la main qui nous nourrit, surtout quand elle pue l’absurdité et la méchanceté.

Assumons le fait que individuellement nous sommes obligés d’avoir des contradictions... la seule façon de dépasser ça est d’analyser, de proposer des améliorations, des réformes, et parfois pour certains des révolutions.

C’est d’autant plus facile pour les "cyber-résistants" qu’il n’y a pas d’antagonisme entre le web commercial et le web indépendant : les deux se développent en parallèle et en symbiose. Qui avant lisait (faisait) des fanzines, utilisait (créait) des logiciels libres, ou comme vous au minirezo, inventait des canaux d’information et de reflexion indépendant.

Le web commercial n’est pas une entrave. Il se nourrit du web indépendant et réciproquement. En salariant les webmasters comme toi par exemple (et peut-être un jour comme moi :), le web commercial permet la survie de gens qui ensuite participe au web indépendant. Cela n’a pas à influencer notre reflexion. En France, on ne se contente pas de faire son trou dans une situation (+ ou -) confortable... il faut ensuite théoriser pour démontrer que son rôle est noble. Ce n’est pas le cas des ouvriers de l’armement et de l’energie nucléaire. Pourtant je les respecte et ne les condamne pas. Si quelqu’un connait un moyen de vivre hors des contradictions de ce monde, qu’il me le dise, ça m’intéresse.

Répondre
> La World Citizen company, Galien, 11 décembre 2000

Bien, je vois qu’on est à peu près d’accord. Assumons nos contradictions. Le web commercial a sa place sur le Réseau, tout comme le web indépendant.

Toutefois, je préciserais un truc, que j’ai oublié de signaler dans mon post original, à savoir : Le web commercial, oui, mais quelles conditions posées pour son existence. Comme j’ai bossé pour une start-up-marche-ou-crève, je sais, mieux que les articles de Libé, que l’envers du décor de ce web commercial. Et j’affirme que les Netslaves sont trop nombreux pour qu’on puisse vraiment fermer les yeux sur le problème.

Sans donc contester ce web marchand, c’est davantage ses conditions d’existence sur le Réseau qu’il faudrait "réguler". Et dénoncer quand cela devient intolérable, tout comme l’a fait Jérémie Lefebvre, le créateur du e-syndicat ubisoft...

Aussi, en étant offensif à partir du web indépendant, on peut toujours espérer que le web permettra la mutation de la "World Company" en "World Citizen Company"...

Quoi, je délire ?

Bien à toi,

Galien

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> Signer le Manifeste, et crever de la gueule ouverte... ?
8 décembre 2000, message de lefayot
 

En fait, je crois bien que Galien est fondamentalement dans le vrai. De même que la monnaie est de la liberté frappée, la technique est de la liberté autorisé. La technique, la compétence technique, est un des rares éléments concrets qui permettent un individualisme réel, dans le sens où elle permet de s’extraire du groupe social ou tout du moins de ne plus participer à ses rites et réjouissances. Ce qu’on appelle avec un pathos un peu fatiguant l’aliénation du salariat, permet, on l’oublie un peu trop souvent, de se transformer en fournisseur de travail, donc en quelqu’un qui peut ne plus se sentir lié à ses congénères, et s’affranchir des regles penibles de la vie en société. En quelqu’un d’exterieur (relativement) à la société. La technique en tant que compétence monnayable, permet de s’assurer, si elle est rare (la competence), un contrat avantageux avec l’employeur, donc de pouvoir effectuer cette sortie du monde dans des conditions plus qu’agréables.

Et cette technique (entre autre), est liée au developpement de l’economique. Les spheres economiques et techno-scientifiques sont couplées, et ce dès le debut de la revolution industrielle (même si pas de maniere aussi flagrante que maintenant). Et on peut dire que s’opposer aux sites marchands sans pour autant s’attaquer au developpement technique releve du reve.

Sur le fond (même si le raccourci est -très - violent), s’attaquer au developpement economique exponentiel (entre autres les sites marchands), c’est s’attaquer à l’émergence d’un individualisme réel, et à la possibilité de ne plus s’astreindre aux detestables rites du monde-en-commun, pour lequels certains sont bien meilleurs que d’autres. Et d’autres incapables.

La putasserie marchande est insuportable, c’est vrai. Mais il faut bien savoir ce que l’on veut et quels inconvénients sont acceptables si on tient à certains avantages.

Répondre
> Signer le Manifeste, et crever de la gueule ouverte... ?, Antoine Pitrou, 8 décembre 2000

De même que la monnaie est de la liberté frappée, la technique est de la liberté autorisé.

Autorisée.... par qui ? Il me semble que ce qui compte c’est ce qu’on fait de la technique, pas la technique elle-même (désolé de cette banalité). La technique a créé et étendu des libertés pour l’homme, elle a également créé des aliénations. Que statistisquement, sur la durée, la balance ait penché d’un côté, c’est une chose - et c’est probablement plus lié, justement, à l’esprit "social" de l’homme que tu voudrais rabaisser qu’à une loi probabilisto-anthropologique issue d’on ne sait où. Ca ne veut pas dire que toute avancée technique (y compris les gadgetoïdes type plugins pour brouteurs de toile), ou toute méthode d’innovation technique (y compris la compétition à outrance mêlée de culte de l’opacité qui conduit probablement à des gaspillages astronomiques de temps travaillé, et donc de vie potentielle), ou toute exploitation économique d’une avancée technique (y compris l’utilisation des nouveaux gadgets pour retenir le citoyen-consommateur devant les sites les plus idiots), soit bonne à prendre.

Ce qu’on appelle avec un pathos un peu fatiguant l’aliénation du salariat, permet, on l’oublie un peu trop souvent, de se transformer en fournisseur de travail, donc en quelqu’un qui peut ne plus se sentir lié à ses congénères, et s’affranchir des regles penibles de la vie en société.

En les échangeant avec une micro-société ultra-codifiée, conservatrice et obligatoire, celle de la « vie » en entreprise. Qui a déjà éprouvé le frisson de l’émancipation au sein d’une entreprise (à part au moment de la paye) ? Effectivement, pour moi le raccourci est très violent.

En disant que la technique « en tant que compétence monnayable » permet de s’affranchir des relations sociales par le biais du salariat, tu es simplement en train d’encourager le remplacement d’un lien humain par un lien mercantile. La compétence technique comme tu en décris l’utilisation obéit très exactement à la loi de l’offre et de la demande : ceux qui ont une compétence rare et demandée s’en sortent avantageusement, les autres font comme ils peuvent. Je ne vois pas bien l’avantage qu’il peut y avoir, globalement, à rendre la compétence technique toute puissante. Ou alors j’ai mal compris.

Dire que cela permet aux « inadaptés sociaux » de profiter des richesses de la vie me paraît complètement idiot. Car en même temps que cela impose la nécessité d’une compétence (la technique), cela relativise seulement celle d’une autre (la sociale). Or (attention cette phrase contient un jugement de valeur) il me semble que la compétence sociale présente l’avantage de faire partie intégrante de la vie et des plaisirs qu’on peut en tirer, alors que la technique n’en est qu’un outil.

Répondre
Vive la mort du social !, lefayot, 9 décembre 2000

Cher Antoine. Tu as parfaitement compris ce que je voulais dire. Croyant m’enfoncer, tu me fournis des arguments auxquels je n’avais pas pensé, et je t’en remercie. Essayons de rentrer un peu dans le détail ...

a) Que la technique ait des des effets nefastes, je n’en doute pas un seul instant. Mais c’est à vrai dire un autre problème. La technologie et sa surenchère permettent d’élargir le champs des compétences, et donc des moyens pour resister au Léviathan social. De plus, en derniere instance, c’est la validation par les individus des cretineries technoides qui assure leur perennité ...

b) C’est vrai que l’entreprise est une société ultra-codifiée, conservatrice et obligatoire . Mais ces qualificatifs sont ceux de toute société. En particulier de la société naturel le où nous avons été jetés à la naissance. Je me demande d’ailleurs si l’a-priori positif envers cette société ne provient pas de ce fantasme de naturalité. Mais revenons en à l’ultra-codification, à l’obligatoire et au conservateur de l’entreprise. Surtout au conservateur . J’en suis à me demander laquelle des deux sociétés est la plus conservatrice. L’entreprise, devant faire de l’argent (et le plus possible) par tous les moyens, a tendance à faire preuve d’imagination et de faculté d’adaptation tout azimuts, ce qui reduit tout de même son coté conservateur. Songeons qu’on est passé en un siècle et demain d’un modele ultra-patriarcal à un modele en réseau, certes aliénant et hypocrite, mais pas plus que celui de la société civile. Laquelle, elle, n’ayant d’autre but que sa propre survie est - par définition - ultra-conservatrice. De surcroit, l’engagement qui est demandé dans l’entreprise n’engage que ceux qui veulent y croire. Une entreprise ne demande uniquement, au final, qu’on lui fournisse du travail, pas qu’on meure pour la patrie. Ca fait une grosse différence. L’entreprise, on la laisse le soir, la société jamais ; elle est toujours là. Et la culture d’entreprise, on s’assoie dessus, pour peu que les compétences techniques soient élévées, on peut même en public se gausser de son ridicule. Si ça, c’est pas de la liberté (ou au moins de l’autonomie) ! Essayez de faire la même chose dans la société civile, qui, elle, ne plaisante pas et n’aime surtout pas les franc-tireurs. Et enfin, on peut quitter une entreprise. Pas le monde super des autres humains. Il n’y a pas plus obligatoire que la société humaine. Quant à l’ultra-codification, tu vois tout de suite en faveur de qui est en réalité cet argument.

c) Effectivement, je dis bien qu’il peut être habile de remplacer un lien humain (c’est quoi, d’ailleurs ?) par un lien mercantile. D’abord parce qu’un lien mercantile n’engage personne. Et c’est très appréciable. Ensuite par ce qu’il est plus facilement monnayable. Oh le vilain mot ! Mais ce que j’ai écris l’a été dans l’optique de se procurer des choses à manger, un toit pour dormir, etc , en bref de l’argent. Je sais que c’est un peu vulgaire, mais j’avoue que ça me travaille souvent. Et pour trouver de l’argent (de la survie frappée pourrait-on dire), on peut soit utiliser ses compétences sociales, soit ces compétences techniques au sens large (soit les deux evidemment). Cela s’arrete là. Pas besoin de donner dans le pathos du mechant mercantile contre le gentil humain. Comme si le mercantile n’était pas spécifiquement humain (comme le fétichisme d’ailleurs) ! Pour être bien clair, les chomeurs en fin de droits, quel est leur déficit ? Celui des compétences ou celui de se guider au sein d’une société et d’en retrouver les règles ? A mon avis plutôt le second.

Il faut mettre fin à une escroquerie intellectuelle : Les capacités sociales ne sont pas les mêmes pour tous le monde (sinon, il n’y aurait pas de gourou, par exemple). Passé un certain âge, se creusent des écarts, qui ne peuvent être compensés que par un accroissement des autres capacités. D’où l’importance de la technique. Et soyons sérieux, il est bien plus facile d’acquérir une capacité technique (la biologie moléculaire, disons) que d’accroitre ses compétences pour gérer (ou être géré par) les autres.

d) Effectivement, c’est la loi de l’offre et de la demande. Mais la vie est aussi offre de loi et demande (même si l’objet de l’offre et demande est pluriel et mal défini dans ce cas). Je le regrette, mais ne je vois là qu’une injustice supplémentaire à ajouter à une montagne d’autres injustices contre personne ne semble pas souvent s’elever. Et comme je l’ai dit, il est à tout prendre relativement facile d’augmenter ses compétences. De plus, un accroissement de la technique tous azimuts, augmente de même le champs des compétences à saisir.

e) Il ne faut pas confondre relations sociales et relations inter-individuelles. Ces dernières apportent joie et plaisir, je suis à peu pret persuadé du contraire en ce qui concerne le social (si tant est qu’une telle chose existe, mais c’est un autre probleme). Et en ce qui concerne certaines personnes, les relations inter-individuelles sont pénibles et/ou inutiles. Elles préfèrent s’abimer dans le fétichisme de l’argent. Mais pourquoi un jugement de valeur, un jugement moralo-moraliste sur ce point ? Le fetichisme de l’argent vaut bien le fetichisme sexuel, pourquoi jouer les peres la vertu à l’encontre du premier ? Et puisque toi même identifie ce jugement de valeur, sur quoi se fonde-t’il ?

C’est tout de même le fondement de l’esprit conservateur (si ce n’est reactionnaire) : faire de ce qui est quelque chose qui doit être. Et qui est par conséquent absolument bon (et le reste mauvais). Le social existe, donc le social c’est le bien, et le reste c’est caca-beurk. On définit ainsi les perversions comme étant l’extra-social. En l’occurence le refus de se plier aux regles de la meute, et de préférer gérer sa vie aux moyens de compétences techniques. Je me répète, mais j’aimerais bien qu’on me dise ce que le social a de tellement merveilleux, en quoi il n’est pas une horreur aliénante, en quoi il n’empèche pas les individus de construire leur existence comme ils l’entendent, éventuellement dans leur coin sans emmerder personne.

Parce qu’un bonheur doit être partagé ? C’est quoi ce moralisme pour curaille ? Tu nous fait les Deux orphelines, là ? En plus, comme il a été dit plus haut, on partage avec des individus (choisis), pas avec une société ...

f) Enfin, comme tu l’aura maintenant compris, s’il y a obligation de compétences techniques pour survivre dans mon système, il y avait jusqu’à présent obligation de compétences sociales. Lesquelles sont tout, sauf également réparties. Et les compétences techniques (variées) permettent (enfin) de s’affranchir du Leviathan. Peut-être pour la première fois dans l’histoire de l’humanité. C’est la mort du social, alors ? Mais oui, pas la peine de faire cette tête là ; c’est enfin l’entrée dans une autre ère. Meilleure que la précedente ? Différente en tout cas, mais faire de la prospective n’est pas le but de ce texte.

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> Vive la mort du social !, Antoine Pitrou, 9 décembre 2000

Un point important en premier : tu dis "Il ne faut pas confondre relations sociales et relations inter-individuelles." Moi, naïvement peut-être, je pensais que ce que tu évoquais du social était la somme de ces relations inter-individuelles (voulues ou non, bénéfiques ou non) que tu entretiens. Mais alors qu’est-ce que le social ? L’espèce de bidule gigantesque, inqualifiable et protéiforme constitué de la somme de toutes les activités humaines ? Je ne vois vraiment pas comment donner une allure précise, stable et uniforme à cette chose et, partant, comment en faire un objet de discussions. D’ailleurs, tu le dis toi-même, "si tant est qu’une telle chose existe" ; "c’est un autre probleme", ajoutes-tu, alors qu’il me semble au contraire que si cette chose n’existe pas, il est stérile de gloser dessus. Du coup, pas mal de tes affirmations (comme le "léviathan social") me semblent parfaitement floues.

Point par point :

De plus, en derniere instance, c’est la validation par les individus des cretineries technoides qui assure leur perennité ...

La question est quels individus ? Je la posais déjà dans mon message précédent (la technique, une liberté autorisée, mais par qui et à quelles conditions ?).

C’est vrai que l’entreprise est une société ultra-codifiée, conservatrice et obligatoire . Mais ces qualificatifs sont ceux de toute société.

Excuse-moi, mais il me semble qu’on peut introduire une gradiation dans un jugement. Si on se réduit à zéro et un, oui, toutes les sociétés ont les mêmes caractéristiques, point barre. La question est y-a-t-il amélioration ou régression ? Tu parles du "fantasme de naturalité" a propos de l’"a priori positif" sur la "société naturelle" (j’imagine qu’il s’agit là du "social" dont tu doutes par ailleurs de l’existence) ? Sans forcément comprendre exactement ce que tu veux dire - à défaut, toujours, d’une définition précise du "léviathan" - , il ne me semble pas choquant qu’effectivement, il y ait en chacun de nous des préjugés comme celui, biologique, qui nous fait trouver sympathique notre mère ou celle qui en tient lieu.

L’entreprise, devant faire de l’argent (et le plus possible) par tous les moyens, a tendance à faire preuve d’imagination et de faculté d’adaptation tout azimuts, ce qui reduit tout de même son coté conservateur.

Non, primo, l’imagination et l’adapatation à outrances font partie des tactiques possibles, ce ne sont pas les seules et ce ne sont pas forcément (je dirai même plus, pas fréquemment) elles qui sont appliquées. Secundo, l’imagination et l’adaptation de l’entreprise en matière de production technique ne sont pas liées aux qualités correspondantes en matière sociale (il suffit de voir nos start-ups, dont certaines sont quand même un peu innovantes, dont le crédo social est ultra-conservateur : l’argent par dessus tout).

Tu parles d’instinct de conservation, il me semble que c’est la caractéristique première de tout organisme ou toute société, y compris une entreprise. Je ne prenais pas "conservateur" dans ce sens-là mais dans un sens bien plus subjectif ; je te signale que l’article ainsi que ton intervention parlaient de liberté. Conservateur pour moi voulait donc dire coercitif, aliénant ; réfractaire à l’avancée des libertés que tu prétends engendrées invariablement par toute compétence technique.

Et la culture d’entreprise, on s’assoie dessus, pour peu que les compétences techniques soient élévées, on peut même en public se gausser de son ridicule.

Primo, ça concerne 1% de la population. Secundo je ne vois pas ce qu’une telle attitude a d’intéressant sur le long terme ; c’est le syndrôme de l’informaticien qui lit Dilbert en gloussant : « Ouah haha, qu’est-ce qu’on est cons quand même de moisir dans un milieu aussi minable ! »

D’abord parce qu’un lien mercantile n’engage personne.

Et un contrat n’a aucune valeur juridique (donc socialement contraignante)...

Et soyons sérieux, il est bien plus facile d’acquérir une capacité technique (la biologie moléculaire, disons) que d’accroitre ses compétences pour gérer (ou être géré par) les autres.

Où on voit que le "social", qui au départ était un "léviathan", vient de changer de géométrie pour se réduire à la problématique de la "gestion des autres".

Quant à la facilité comparée de la compétence technique, tu dis ça parce que comme moi tu détiens une telle compétence, mais faut pas rigoler : les deux s’apprennent et se travaillent et je ne vois pas pourquoi la technique serait forcément plus facile. Disons simplement que le système scolaire t’a habitué à travailler trente ou quarante heures par semaine pendant des années pour te former techniquement, alors que passer le même temps à parfaire tes qualités d’orateur et de meneur (puisque tu parles de la dimension "gestion d’hommes" du "social") te semblerait parfaitement disproportionné. Pourtant c’est tout aussi possible. C’est moins répandu car c’est moins demandé par la société.

Mais la vie est aussi offre de loi et demande (même si l’objet de l’offre et demande est pluriel et mal défini dans ce cas).

C’est bien toute la différence pour moi. Remplace un espace d’alternatives "pluriel et mal défini" par une contrainte forte (la nécessité de la compétence technique)
-  et d’autant plus forte qu’aujourd’hui les compétences techniques valorisantes se concentrent autour de l’informatique et des nouvelles technologies -, et tu passes d’une liberté relative à un totalitarisme.

Mais pourquoi un jugement de valeur, un jugement moralo-moraliste sur ce point ? Le fetichisme de l’argent vaut bien le fetichisme sexuel, pourquoi jouer les peres la vertu à l’encontre du premier ?

Je ne joue pas les pères la vertu, je n’ai rien contre un fétichisme qui reste un choix individuel. Le problème du fétichisme de l’argent et de la réussite dans le cadre de l’entreprise, c’est qu’il est imposé à tous (et notamment par la pression du "social", qui contrairement à ce que tu voudrais faire croire est bien évidemment intimement imbriqué au fonctionnement économique dominant, c’est-à-dire le fonctionnement en entreprise).

Oui, désolé, c’est un raisonnement de "fight-clubber de gauche" (comme dirait l’excellent Jean-Pascal), enfin il me semble que vu la tonalité du site il n’y a pas de quoi être surpris.

Et les compétences techniques (variées) permettent (enfin) de s’affranchir du Leviathan.

Je ne suis certainement pas aussi intelligent que toi, j’ai du mal à comprendre. Si tu pouvais m’expliquer (en prenant bien soin de définir le Léviathan). Et surtout faire le lien avec ce dont on parlait au départ, c’est-à-dire spécifiquement la "nouvelle économie" et la "libération" du travail en entreprise.

Répondre
Encore un effort, camarades !, lefayot, 9 décembre 2000

Cher Antoine. Ca vire à l’AG lycéenne et il serait temps de resituer un peu les choses. D’abord le social, c’est l’ensemble des qualités emergentes. Autrement dit, si on met un certain nombre de personnes ensemble, apparaissent nombre de phénomènes qui ne sont pas portés par les individus pris un par un. Le grégarisme, l’esprit de meute, celui de clocher etc ... C’est le phénomène des foules, entre autres. A priori, individuellement chaque individu n’est pas bien méchant (sauf exceptions) ; tu les regroupes : on se retrouve avec un troupeau de connards, volontiers haineux vis à vis de ce qu’ils considèrent comme n’étant pas eux (et notons bien que ce eux n’est pas la définition que chaque individu se fait de lui-même). D’ailleurs, ne pas croire à ces qualités émergentes c’est se placer sous l’horizon de l’individualisme méthodologique, ce qui est tout de même assez savoureux quand on y songe. En bref, le social, c’est toute la chiennerie du groupe.

Et si je disais ne pas croire au social, c’etait ne pas croire à la représentation que s’en font les sociologues (et par vulgarisation tout un chacun au final). En particulier, la représentation du social comme ontologiquement bon, désirable et insurpassable comme mode existenciel obligatoire des individus.

En plus le culte de l’argent ne peut être inculqué que dans un système social. L’argent ne sert qu’à acquérir des items sociaux valorisants (BMW, femme à gros seins, etc ...). Une communauté de personnes qui ne seraient pas liées, mais livrées à leur purs désirs n’auraient que faire de ces colifichets, et dans une telle utopie, le culte de l’argent serait déjà mort avant d’être né. Le culte de l’argent n’est qu’un symptôme de l’esprit de meute. Point barre.

Je remarque aussi que tu réponds systématiquement à coté de la plaque : oui ou non, la contrainte exercée au sein d’une entreprise est-elle plus ou moins forte que celle exercée par une société, quelle qu’elle soit ? Point barre. A mon avis, comme une entreprise demande finalement un engagement minimal quant au respect de ses valeurs à elle (seul le pognon compte), la contrainte est plus faible et surtout elle ne s’exerce que dans un seul champ (la productivité en gros). C’est tout ce que je voulais dire. Et à mon avis c’est beaucoup.

Et tu ne réponds pas non plus à la question : oui ou non, une société, celle où on est né, est-elle plus ou moins obligatoire qu’une entreprise ? A mon avis oui. Ne fusse que parce qu’on peut en changer ou devenir gigolo ou que sais-je ...

Et surtout, surtout : en l’absence de capacités sociales, n’est-il pas préférable qu’il y ait un maximum de compétences sociales à acquérir, pour éviter l’exclusion définitive ? Quand on a peu de gout pour les rapports avec les gens, quand les contraintes sociales font vomir, quand l’esprit de troupeau file des boutons, n’est-ce pas bien qu’il y ait une alternative : à savoir les compétences techniques monayables pour éviter d’avoir à faire la manche dans le métro ? Et dire qu’acquérir des compétences sociales est aussi facile qu’acquérir des compétences techniques est une imposture, car ces dernières engagent l’être intime, reclament une déformation de sa personnalité. Et puisque tu es informaticien, tu dois savoir combien l’informatique est une technique nulle ne demandant pour ainsi dire pas de qualité particuliere, et est virtuellement ouverte à tout un chacun. Alors qui donne des chances aux rejetés ? La bonne conscience de ceux qui sont nés avec une cuillère d’argent (gérer le social, en l’occurence) dans la bouche ou la technique et ses compétences à acquérir (même si elles sont très bourrines - et justement parce qu’elles le sont) ? Evidemment, je suis bien d’accord que pour l’instant, les possibilités d’autonomisation de la façon que j’ai dite ne concernent que 1 à 5% de la population. Mais c’est justement sur ce chemin qu’il faut travailler.

Enfin, il n’y a pas de libération du travail en entreprise ; je dis simplement que la contrainte est bien moins forte qu’un pathos obligé voudrait le faire croire. Quant aux nouvelles technologies et la nouvelle économie, leur besoin de toujours plus de compétences techniques peuvent permettre d’accroitre l’autonomie (relative bien sur) de tout un chacun.

Une dernière chose : l’attaque ad hominem n’est pas ce qui se fait de plus élégant ; je suis peut-etre un fight clubber de gauche, mais je ne t’ai pas traité, je sais pas moi, de para-socialo mal branlé. Dont acte.

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Suite et fin, Antoine, 9 décembre 2000

Quant aux nouvelles technologies et la nouvelle économie, leur besoin de toujours plus de compétences techniques peuvent permettre d’accroitre l’autonomie (relative bien sur) de tout un chacun.

Encore une fois c’est faux. Soit ces compétences sont rares et ceux (rares puisqu’ils en sont les porteurs) qui les ont peuvent jouir d’une situation privilégiée (ce qui est le cas aujourd’hui), soit ces compétences et leurs porteurs se répandent et elles perdront la faculté d’engendrer des situations privilégiées. C’est, comme tu le rappelais, l’application bête de la loi de l’offre et de la demande au marché des compétences techniques. Et ce n’est pas parce qu’on avait besoin de beaucoup d’ouvriers dans les années 50 que les ouvriers pouvaient se permettre d’envoyer valdinguer les contraintes sociales imposées par la vie en usine. Ca me semble évident et je n’ai pas envie d’argumenter des heures sur ce point.

D’abord le social, c’est l’ensemble des qualités emergentes. Autrement dit, si on met un certain nombre de personnes ensemble, apparaissent nombre de phénomènes qui ne sont pas portés par les individus pris un par un. Le grégarisme, l’esprit de meute, celui de clocher etc ... C’est le phénomène des foules, entre autres. A priori, individuellement chaque individu n’est pas bien méchant (sauf exceptions) ; tu les regroupes : on se retrouve avec un troupeau de connards, volontiers haineux vis à vis de ce qu’ils considèrent comme n’étant pas eux (et notons bien que ce eux n’est pas la définition que chaque individu se fait de lui-même). D’ailleurs, ne pas croire à ces qualités émergentes c’est se placer sous l’horizon de l’individualisme méthodologique, ce qui est tout de même assez savoureux quand on y songe. En bref, le social, c’est toute la chiennerie du groupe.

A lire l’extrait ci-dessus je crois comprendre que pour toi, le "social" est égal par définition à tout ce que le regroupement d’êtres humains peut produire de mauvais. A partir de là il est effectivement assez immédiat de déduire que le "social" est à foutre à la poubelle, et l’on peut clore la discussion sans dommage.

PS : tu dis : " Une dernière chose : l’attaque ad hominem n’est pas ce qui se fait de plus élégant ; je suis peut-etre un fight clubber de gauche"

Tu as lu de travers, c’était à moi que j’appliquais cette expression. Un peu d’humour ne fait pas de mal.

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> Signer le Manifeste, et crever de la gueule ouverte... ?
8 décembre 2000, message de Mona Chollet
 

Sur les dangers de la réglementation de l’expression, on est d’accord. Le problème c’est que bien souvent ces réglementations sont souhaitées et donc amenée par le pognon-roi, justement. La liberté de mouvement des citoyens sur le web et leur liberté d’expression, tous ces beaux échanges qui ne se mesurent pas en espèces sonnantes et trébuchantes, ne pèsent pas lourd face aux impératifs du profit. Et on assiste à une collusion de fait entre ceux qui sont bien décidés à ne pas laisser des petits "libertaires" leur voler leur profit potentiel, et l’Etat, qui mise sur la nouvelle économie, et prend les acteurs marchands tellement plus au sérieux (au moins, eux, ce sont des interlocuteurs "structurés", comme disait l’autre).

Voir Mygale, hébergeur gratuit et sans pub, viré de l’Université par le Ministère de l’éducation suite à des plaintes des hébergeurs commerciaux qui regrettent le manque à gagner... Voir le harcèlement judiciaire d’Altern qui pousse tous les auteurs de pages personnelles dans les filets de l’hébergement avec pub, où l’expression citoyenne n’a tout de même plus tout à fait le même goût... Voir l’obligation d’identification préalable des internautes, votée en juin, typique d’une réglementation abusive qui fait le jeu des marchands en facilitant la collecte des données personnelles...

Quant à la course technologique elle a quand même pour effet, si j’ai bien compris, de provoquer une surenchère, de rendre les sites plus lourds (tout ça pour des conneries de gadgets), et donc moins facilement consultables sur les bécanes un peu trop vieilles et pas assez performantes... Bonjour le Net égalitaire et démocratique...

Donc, "échoppes électroniques innofensives", faut voir...

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> Signer le Manifeste, et crever de la gueule ouverte... ?, Mikeul, 8 décembre 2000

Je ne refiendrai pas sur le débat à propos du manifeste. Il y a du vrai dans ce que dit Galien (à savoir que beaucoup de sociétés de la World Company nous font vivre), mais Mona Chollet n’a pas tort en disant que les problèmes de limitation de la liberté et la régulation sont souvent le fait de pressions de la part de certaines de ces sociétés. Je n’argumenterai pas plus.

Concernant la course à la technologie, notez qu’un choix immense existe et que même les petites configurations, les vieux ordinateurs sont capables de "s’interfacer" correctement avec Internet. Contrairement à ce qu’indique le pub Intel, avoir le dernier Pentium le plus puissant (ou tout autre processeur) ne fera pas aller le net plus vite (c’est une absurdité publicitaire à destination des béotiens). Et la vague "Logiciel Libre" permet d’élargir ce choix. Pour ce qui est du cas des "sites plus lourds", ça n’est pas devenue une tendance "lourde" justement. C’est vrai que beaucoup de sites se sont mis à Flash & Cie, mais plus souvent comme vitrine, avec une version allégée en parallèle (ils ne peuvent pas se permettre de perdre des clients !). Un autre bémol concernant cet exemple en particulier : Flash est plutôt léger.

Côté client (technique) donc, celui de l’internaute, la course à la technologie n’est pas si effrénée que ça. Mis à part Flash et Real Audio (qui ne sont là qu’en plus d’une navigation classique), il n’y a pas vraiment de grosse surenchère...

Exemple technique : on peut très bien naviguer avec un 486 et un Linux (qui devient de plus en plus accessible), avec un certain confort. (le 486, ça date d’il y a 9-10 ans déjà)

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> Signer le Manifeste, et crever de la gueule ouverte... ?, haaron, 8 décembre 2000
Je crois qu’il convient d’apporter quelques précisions pour ce qui concerne l’exemple technique. Votre argument consiste à dire qu’un 486, donc une machine ancienne, pourra s’interfacer avec l’Internet, via Linux. Un 486 pourra effectivement supporter une installation de Linux. Là où il ne faut pas trop rêver, c’est que, pour faire tourner le truc, il faudra consentir à se passer d’interface graphique et adopter un fonctionnement avec ligne de commande. Je vous passe les commentaires en matière de "confort". De plus, dès lors, vous écartez l’ensemble des utilisateurs non-avertis, soit, à peu de choses près, l’immense majorité des utilisateurs. Par franchement démocratique, l’histoire. Par ailleurs, et pour autant que je le sache, je peux vous garantir que l’ensemble des personnes capables de faire tourner Linux seulement à la ligne de commande, ne le font pas sur des 486…
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> C’est comment qu’on freine ?, Bidet Casserole, 8 décembre 2000

Bien que je sois d’accord avec tout ce que tu dis (c’est vrai, les modes d’existence parallèles ne sont pas très au point, donc, pas moyen de vivre ici et aujourd’hui sans interaction avec la World Company)...

...je pense néammoins que la profonde nocivité des décisions prises pour satsfaire aux impératifs de ladite World Company (du blé, du blé, du blé... - début et fin du programme) font de la dictature des entreprises une cible prioritaire.

Je n’utilise pas le mot dictature pour faire joli, la dictature, c’est quand on n’a pas le choix et justement, ton constat c’est de dire qu’on n’a pas le choix.

A force de pas avoir le choix, les dégâts s’accumulent : les liens sociaux qui partent à la dérive, ceux qui crèvent de n’être rien (souvent en raison de la confusion ici entretenue entre avoir et être), ceux qui stressent de trop de boulot et les déséquilibres gigantesques qui se creusent partout : je vais pas vous faire le coup du réchauffement de la planète, mais s’il y a un domaine ou a encore le choix, c’est bien celui de la plus grosse galère qui puisse nous retomber sur la figure, à nous humanité.

Ralentir, calmer le jeu, redistribuer... je suis certain que nous n’avons pas d’autre solution.

Mais là ou je suis plus sec, c’est sur les moyens d’y parvenir. Il n’y a plus de solution miracle etglobale. Petit à petit, reprendre du pouvoir, actions de proximité, solidarités directes entre les peuples... c’est pas que des mots, ça fonctionne aussi et internet peut y aider.

De toute façon, la première manifestation de l’abdication, c’est de dire qu’on n’a pas le choix...

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> C’est comment qu’on freine ?, Je fais que passer, 9 décembre 2000

L’article et certaines réactions ("qui me fait VRAIMENT vivre dans tout cela ?") m’ont rappelé le "First Things First Manifesto", sur le site des Adbusters : http://adbusters.org/campaigns/first/tour/2.html

A propos de surenchère techno : on peut très bien se connecter avec une vieille machine, comme un mac 7200, et garder une interface graphique. Ca suffit pour le mail, les news, lire uZine, etc...

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> C’est comment qu’on freine ? Facile, on démissionne !, Galien, 11 décembre 2000

Rien à ajouter. Entièrement d’accord avec toi, cher Bidet Casserole. Ralentir, soupeser, reprendre la main, et faire les choses (mêmes commerciales) avec éthique et propreté. Malheureusement, on ne laisse pas le temps aux Netslaves de réfléchir à tout cela. Doivent régir aussi vite qu’un P3 800...Et quand ils saturent, ils rebootent pas, ils démissionnent...comme je l’ai fait !

Bien à toi,

Galien

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> Signer le Manifeste, et crever de la gueule ouverte... ?, Mikeul, 11 décembre 2000

Je continue le débat technique même si l’on s’égare un peu. Outre le fait qu’il est possible de faire tourner une interface graphique sur un 486 (il ne faudra évidemment pas installer des tas de trucs inutiles), l’installation et une configuration minimale sont à portée de bcp plus de monde qu’il y a quelques années (ex : Mandrake)

Pour utiliser correctement un ordinateur, ou un magnétoscope, ou n’importe quel instrument "technologique", il est nécessaire de passer par une phase d’apprentissage. Autant celle-ci, pour des systèmes comme Linux, était hors de portée de bcp de personnes il y a quelque temps, autant cela s’est démocratisé depuis (on arrive pas encore au summum, mais on s’en approche)

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