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29 juillet 2000
 
lundi 6 octobre 2003
Le livre, l’internet et la maison de disques

Le Blues du businessman

(j’aurais voulu être un nartiste...)
par Lirresponsable et ARNO*
 
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Dans les nombreuses conférences et autres communiqués de presse complaisants traitant des rapports entre la musique et l’internet, non seulement l’impact du piratage sur les ventes semble une évidence qui n’est presque plus remise en question (« les gens échangent des fichiers MP3... “donc” ils achètent moins de disques »), mais surtout deux autres questions très importantes sont carrément occultées :

— Quel est le lien entre le processus industriel du disque (et notamment le rôle de la maison de disques en tant qu’agent économique) et la création musicale ? La disparition des agents économiques tels que nous les connaissons aujourd’hui implique-t-elle la disparition de la création musicale (via la disparition des artistes eux-mêmes) ?

— Quelle place doit occuper ce processus industriel à l’heure de l’internet ? Qui doit faire quoi ? Qui doit être rémunéré pour quel service ?

Ces questions, dans le cadre de la production musicale, sont assez pénibles à traiter : la confusion est savamment entretenue autour des chiffres, les artistes « signés » ont du mal à imaginer une autre façon de produire de la musique que celle qui les relie aux majors, le public est saturé d’amalgames répétés mille fois, d’informations approximatives, et le tout baigne dans une ambiance de passions qui ne facilite ni la réflexion ni la discussion.

Le présent article se propose d’aborder ce sujet en le déplaçant dans un secteur de l’industrie culturelle où les débats sont un peu plus calmes : le secteur du livre.

L’industrie du livre

Les questions précédentes, que les maisons de disque répugnent à poser, sont nettement plus faciles à aborder lorsqu’il s’agit du livre. Sans doute parce que la diffusion de livres publiés par des éditeurs sur l’internet, que ce soit de manière légale ou illégale, n’est pas encore un phénomène massif (même si, par ailleurs, la diffusion d’œuvres littéraires originales y est omniprésente, mais hors cadre marchand).

Le livre en France représente, en 2002, un chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’euros (source : Syndicat national de l’édition). C’est-à-dire à peu près :
— deux fois celui du disque,
— quatre fois celui du cinéma,
— un cinquième de celui de la presse.

Le site du SNE propose un tableau récapitulatif pour l’année 2001, et les chiffres de 2002 sont très similaires.

On trouve sur les réseaux de peer to peer quelques bandes dessinées au format PDF, généralement des mangas, et sur des sites personnels, des particuliers proposent des listes d’ouvrages en vue d’échange ou de troc (généralement là aussi de la bande dessinée). Pour la littérature blanche ou noire, quelques particuliers proposent au téléchargement des textes classiques (par exemple : Faust de Goethe). Côté institution, signalons l’ABU : la Bibliothèque Universelle qui, avec l’aide d’une équipe de bénévoles, numérise les textes tombés dans le domaine public ; enfin côté marchand, on trouve foultitude de bouquineries on line, spécialisées dans le livre ancien ou rare, qui publient leur catalogue.

Devant cette rareté de livres numérisés disponibles en téléchargement [1], et l’aspect extrêmement marginal de l’échange de livres « piratés », on peut comprendre l’absence de grandes diatribes générales contre l’internet de la part des maisons d’édition. Cette relative indifférence face aux (terribles) menaces pour la création est également due à l’absence de diffusion sur l’internet par les éditeurs eux-mêmes : ces derniers ne fournissent pas de livres au format numérique, justement par crainte de voir ces fichiers échangés par la suite sur le réseau. On a donc probablement un secteur industriel qui évite d’explorer de nouveaux moyens de diffusion, par crainte du piratage qui est perturbation du monopole.

Nous verrons que cette question du « piratage de livres », si elle est facile à mettre en avant pour se donner à la fois bonne conscience et une bonne image (rendre son combat populaire auprès du public et de ses représentants élus), n’est pas le seul enjeu, car d’autres questionnements, nettement moins gratifiants, attendent les éditeurs passant à la diffusion numérique.

War against photocopillage

Si la situation du livre (peu de copies numériques) semble très différente de celle du disque (assassiné comme chacun le sait par les graveurs de CD...), il faut se souvenir tout de même du glorieux épisode de la guerre contre le « photocopillage » (on cherche encore comment des gens de lettres ont pu accoucher d’un néologisme aussi indigne).

Au début des années 1990, le Syndicat national de l’édition annonce la baisse des ventes de livres. Le chiffre n’est remis en cause par personne, car annoncé par le SNE lui-même ; sachant que le SNE est le syndicat corporatiste des patrons de cette industrie, les chiffres méritent d’être cités avec une certaine réserve.

Cause immédiatement désignée de cette catastrophe : la photocopie ! La presse, avec un goût inhabituel pour l’investigation, le débat critique et la mission citoyenne, reprend sans trop se poser de questions toutes les théories du syndical patronal : la photocopie, massive, tue la création littéraire en France !

L’alibi culturel de l’argumentaire est pourtant tout relatif : en effet, la littérature, si elle est la façade médiatique du secteur de l’édition, ne représente que 20% de son chiffre d’affaires. De plus la moitié des ventes (en volume comme en chiffre d’affaires) est réalisée par les réimpressions... Ainsi les invités de Bernard Pivot représentent moins de 10% du secteur de l’édition, et sans doute beaucoup moins dans les manques à gagner supposés provoqués par la photocopie.

Toujours est-il que la campagne médiatique est rondement menée, avec la mise en avant de la défense de la seule création culturelle. Le tout débouchant sur des mesures particulièrement symboliques en matière de défense et de promotion de notre identité culturelle : TVA réduite sur le livre, taxe sur les photocopies, rémunération au titre du prêt en bibliothèque [2]

Enchaînement très classique : baisse supposée des ventes (en tout cas, sur la seule foi des chiffres fournis par les industriels eux-mêmes), mise en avant d’un alibi culturel, dénonciation d’une hypothétique « piraterie » qui tue la culture, finalement obtention d’une série de mesures de subvention, d’aides à la création et à la diffusion du secteur industriel tout entier au détriment du contribuable.

Notons que l’on retrouve dès 1997 des spécialistes de l’Internet sur cette question puisque, lors des rencontres de l’Internet Society à Autrans, parmi les propositions, figurait celle-ci : « L’État pourrait mettre sur un serveur la liste complète des sources de subventions disponibles pour l’édition sur l’Internet et proposer un guichet unique afin d’y déposer un dossier. Il serait possible que la liste des subventions accordées, ainsi que celle des bénéficiaires, soit publiée. Serait-il concevable, enfin, qu’une fraction significative de ces subventions soit réservée aux nouvelles entreprises ? ».

En voilà une belle mutation sociétale ! Il est toujours plaisant de constater que la défense et la promotion de l’art-qui-n’est-pas-une-marchandise passe systématiquement par des taxes nouvelles, des incitations fiscales et des subventions.

Le prix du livre

En matière de musique, il semble indécent de demander pourquoi il faudrait maintenir une industrie aux processus obsolètes, qui continue à ponctionner un revenu énorme sur la création, alors que l’internet permet de créer de nouveaux circuits de diffusion de cette création.

Concernant le livre, ces questions ne choquent pas :
— le relatif calme de la situation (les ventes de livres progressent tous les ans) autorise à poser ce genre de question ;
— entre eux, les éditeurs se les posent.

Nous utiliserons ici une donnée très intéressante : la décomposition moyenne du prix d’un livre (source : SNE).
— auteur : environ 10%,
— éditeur : environ 15%,
— prépresse, papier, impression, façonnage : environ 20%,
— diffusion : environ 8%,
— distribution : environ 14%,
— détaillant (libraire) : environ 33%.

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Pour le client final, ajouter encore une TVA de 5,5%.

Ces frais sont très variables en fonction du type de livre et du nombre total d’exemplaires vendus. Une partie des frais est fixe ; notamment la fabrication du « prototype » (prépresse) ; le coût de cette création est beaucoup plus élevé dans certaines catégories de livres que d’autres (par exemple, le prototype d’un manuel scolaire scientifique coûte beaucoup plus cher que la composition d’un livre de littérature générale). La part de ces frais fixes diminue en pourcentage lorsque le tirage augmente (même investissement, que le livre se vende à 300 exemplaires ou à 30 000).

Dans la logique de l’action de lutte contre le photocopillage, notons qu’il est particulièrement savoureux de mettre en avant le risque qu’il fait peser sur les seuls auteurs de littérature : la littérature ne représente que 20% du secteur de l’édition, la moitié seulement de ce secteur est consacrée à la production de nouveaux livres et, là-dedans, le poids des auteurs en tant qu’agents économiques est de 10%. On peut tout aussi bien affirmer que le photocopillage nuit moins aux auteurs de littérature qu’une hausse du prix du tabac !

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Un sujet qui préoccupe les Français
Pour Jean-Claude, la crise de l’édition est principalement due au premier amendement de la constitution de ces putains de yankees. Heureusement le Prix Unique et Jack Lang nous protègent.

Une autre bizarrerie semble ne choquer personne. Les frais de fabrication d’un livre ne cessent de baisser. La PAO a réduit le coût de la création du « prototype » dans des proportions énormes, notamment pour les livres « compliqués » (ouvrages techniques, livres en couleur, etc.) ; dans le même temps, le recours aux services d’ateliers dans des pays en développement (la mondialisation heureuse en Inde, Afrique du Nord, au Vietnam), facilité par la baisse des prix de l’informatique, l’accès aux compétences informatiques et l’échange de fichiers par le réseau, ont fait chuter les prix de la composition, dans tous les domaines (aussi bien composition « simple », telle la littérature, que la composition plus complexe des ouvrages techniques). Les coûts de validation du prototype (épreuves numériques, disparition des « films » d’impression...) baissent constamment. Quant aux frais liés à l’impression, ils baissent également (depuis quelques temps, les coûts des petits tirages suit une baisse impressionnante).

Dans le processus de fabrication du livre, aussi bien les frais fixes que les frais variables baissent. Même les frais liés à l’activité des éditeurs eux-mêmes baissent, depuis les années 80, avec l’application de techniques de gestion et d’organisation plus efficaces héritées des autres secteurs industriels.

Donc, la plupart des coûts intervenant dans le prix d’un livre baissent, certains dans des proportions qui n’existent dans aucune autre industrie. Pourtant, le prix des livres n’a pas baissé (et surtout pas dans ces proportions). On a donc le maintien du revenu fixe de tous les agents économiques du livre, alors que tous leurs coûts diminuent énormément. Le seul acteur dont les coûts n’ont aucune raison de baisser, c’est l’auteur.

Voilà notre bizarrerie fort peu morale : malgré cela, les droits de l’auteur sont toujours les mêmes qu’au début du siècle... C’est le seul intervenant dans la chaîne du livre dont le revenu n’augmente pas et dont les coûts ne baissent pas ; tous les autres voient leurs coûts chuter pendant que leurs revenus sont maintenus constamment. Dit autrement : non seulement ceux qui achètent des livres ne profitent pas de la baisse des coûts de production, surtout le seul acteur auquel le maintien du prix du livre malgré la baisse des coûts ne profite pas, c’est l’auteur.

Sans vouloir procéder par une analogie trop rapide, on invitera simplement ici le lecteur à voir si cette évolution n’est pas rigoureusement similaire pour le disque : des coûts de production en chute libre, les seuls agents économiques du système qui n’en profitent pas étant l’artiste et le client.

L’avenir d’un processus industriel obsolète

La situation actuelle est celle de l’émergence d’une nouvelle technique, l’internet, qui permet de remplacer certaines méthodes des industries culturelles. Pour le dire simplement : un auteur peut diffuser son œuvre de lui-même via l’internet, et même se faire payer directement par ses lecteurs [3]. De la même façon, un musicien peut distribuer sa musique en ligne et se faire payer directement.

Reprenons la décomposition du prix d’un livre, et voyons ce que cela donne, rapporté à cette situation nouvelle.

-  Création du prototype

On peut considérer que la composition et le maquettage d’un livre, que ce soit pour l’internet ou pour le papier, sont des processus identiques, donc que les frais ne changent pas. Dans l’absolu, c’est vrai. Dans la pratique, pas tout à fait : la préparation d’un document pour l’internet est nettement moins exigeante que pour l’impression, tant en termes de complexité des formats, de définition nécessaire, de maîtrise de techniques. N’importe qui peut diffuser des textes illustrés d’images en couleur sur l’internet ; préparer des images en haute définition pour la quadrichromie nécessite encore des compétences professionnelles.

De plus, l’idée étant ici, tout de même, de répercuter une baisse des coûts auprès du client final, on peut admettre que les exigences du client seront moins élevées car le produit est vendu nettement moins cher ; et réaliser une document simplement « propre » coûte beaucoup moins cher qu’un document « professionnel » à la mise en pages extrêmement soignée.

D’autres frais fixes baissent lors du passage de l’impression au tout numérique : absence d’épreuves de contrôle imprimées, pas de création de films ni de plaques d’impression, absence de machines professionnelles spécialisées coûtant très cher.

-  Impression, façonnage

Les coûts d’impression et de façonnage disparaissent totalement du prix de vente. Ils sont remplacés par l’hébergement (comprenant généralement un forfait de bande passante), pour des prix incomparablement plus bas.

On peut pousser le raisonnement plus loin : ces frais sont carrément pris en charge par le client lui-même. Qu’il imprime le document chez lui ou qu’il grave un CD de musique, il prend sur son propre temps pour réaliser une opération qui était auparavant réalisée lors du processus industriel, et il utilise le matériel qu’il a lui-même acheté, avec les « consommables » (encre, papier, support de stockage) qu’il paie.

Ceci impose une petite remarque : les solutions destinées à « soutenir » les industries culturelles sont toutes basées sur un système de taxation sur les consommables et l’activité de reproduction. Il est très amusant de voir que le principe consiste à ponctionner les nouvelles techniques, utilisées par le client, alors que justement ces techniques rendent inutiles les anciens procédés industriels. Le jour où ces industries culturelles décideront d’utiliser ces nouveaux processus - vente directe en ligne de contenus sans support matériel -, le client se trouvera en situation d’acheter le contenu, de réaliser avec ses propres moyens l’opération de reproduction, tout en étant taxé pour soutenir un processus industriel que cette nouvelle chaîne économique aura totalement rendu obsolète. Le client se retrouve donc à payer pour soutenir une activité qu’il effectue lui-même [4]. Il semble difficile dans ces conditions d’appeler à une reponsabilisation des pratiques du client.

-  Diffusion, distribution, détaillant

Cette partie énorme du prix du livre (plus de la moitié de son prix) est rendue totalement injustifiée dès lors que l’auteur vend directement à ses lecteurs-clients (ou que l’éditeur en ligne vend directement).

Il reste donc la rémunération de l’auteur (10% du prix de vente d’un livre « papier ») et la rémunération de l’éditeur (15%). Mathématiquement, un livre vendu directement sur l’internet, sans support physique, ne devrait plus coûter que 25% de son prix en librairie.

Malgré le risque d’une analogie encore trop facile, on peut considérer que la musique vendue (légalement) en ligne devrait elle aussi coûter près de quatre fois moins cher qu’en magasin.

Alors que tout le monde se réjouit du succès des ventes en ligne de musique par Apple, chaque « chanson » étant tout de même vendue 1 dollar (ce qui fait encore bien cher l’album complet), on voit qu’il reste du chemin à faire vers une véritable « moralisation » des pratiques commerciales des industriels de la culture.

Le cas du livre est d’autant plus exemplaire, puisque chacun constate à quel point imprimer le livre chez soi peut être plus long et plus cher que l’acheter en librairie. Pourtant, c’est bien le même principe lorsque l’on grave un CD : le « client » a lui-même récupéré le morceau (tout le circuit de distribution disparaît), il a acheté le matériel de reproduction (il n’y a plus d’industriel pour réaliser l’opération à sa place) et il utilise ses propres « consommables ».

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Le comble de l’horreur masquée
Le terrible spectre du photocopillage menace en pleine rue un auteur innocent. [Collection privée].

Cela tient de l’évidence pour le livre : les éditeurs sont bien conscients qu’ils ne pourront pas vendre des livres en ligne sans une division des prix par trois ou quatre. Et qu’ils devront évidemment remonter le pourcentage des droits des auteurs (logiquement, ces droits passeraient à quasiment 50% du prix de vente) [5]

Cette évidence économique est certainement l’une des raisons de leur peu d’empressement à investir un tel marché (s’il existe). À moins d’une campagne de communication aussi éhontée que celle de l’industrie du disque, on ne voit pas ce qui permettrait, de toute façon, de convaincre les clients d’une logique inverse.

Les analyses publiées au sujet du livre numérique semblent d’ailleurs se focaliser sur des produits spécifiques. On constate cependant que la question du prix est centrale :

« Le coût unitaire est beaucoup moins élevé que celui des versions papier, dans un rapport de un à quatre. Introduit en 1995, le premier CD-Rom de ce type a d’emblée dépassé les ventes de la version papier : 100 000 CD-Rom vendus en trois ans (soit une moyenne de 30 000 par an), les ventes annuelles de la version papier étant passées de 20 000 à 5 000 ou 6 000 exemplaires. On voit à la lecture de ces chiffres que le numérique pourrait élargir de façon significative le marché des encyclopédies et qu’il constitue, dans ce segment, un substitut au livre papier. » Ce même rapport aborde le cas exemplaire de 00h00 (maison d’édition en ligne), mais occulte le problème de la répartition des droits : « On peut citer le cas de 00h00, dont les trois-quarts des commandes enregistrées jusqu’à présent ont porté sur les versions électroniques des ouvrages. Le coût de celles-ci s’établit, selon le cas, entre 35 et 70% de celui des versions papier. » (Rapport de la commission de réflexion sur le livre numérique, mai 1999)

De fait, tous les éditeurs (nouveaux ou anciens) qui se sont intéressés à la vente de livres sans support physique (i.e. sans papier) en ligne ont été confrontés à cette épineuse question : à quel prix vendre un livre en ligne ? D’un côté, plus grand-chose ne justifie de vendre par exemple un roman à 20 euros, la disparition des frais de fabrication et du circuit commercial ne permettant pas de justifier un prix supérieur à, disons, 5 euros ; de l’autre, dans la psychologie supposée du lecteur-client, que « vaudrait » un livre vendu aussi peu cher ?

Curieusement, cette évidence ne semble pas exister pour la musique. Le lien entre la vente physique des disques et la rémunération des artistes semble indiscutable, et la remise en cause d’un processus industriel obsolète est totalement niée. Comme si la question ne se posait pas. Comme si elle n’allait jamais se poser.

Se passer de l’éditeur

Dans la partie précédente, on a vu qu’au moins 75% des coûts justifiant le prix du livre étaient rendus injustifiables par une diffusion sur le réseau. Seule les parties « auteur » (10%) et « éditeur » (15%) relèvent de « services » qui existent encore (les autres sont remplacés totalement par l’utilisation du réseau).

Imaginons la suite logique : l’auteur se débarrasse de l’éditeur. Analogie avec le disque : le musicien se débarrasse de la maison de disques. L’état actuel de la technique (et sa simplicité) rend ce choix déjà parfaitement possible (et utilisé par certains).

-  Le maître d’œuvre

Si une certaine image des éditeurs est celle de quasi intellectuels lisant des manuscrits et servant de thérapeutes à des artistes maudits, la réalité du métier est largement celle d’un maître d’œuvre coordonnant les différents prestataires de service intervenant dans la fabrication d’un produit manufacturé et sa commercialisation.

Dans l’optique d’une diffusion en ligne, nous avons vu que ces prestataires devenaient inutiles. Ce rôle de maître d’œuvre de l’éditeur disparaît ainsi ; en tout cas, ce qu’il en reste peut être assuré par un agent moins gourmand, voire être totalement pris en charge par l’auteur (des millions d’individus le font depuis des années, un auteur peut bien s’y mettre dans l’espoir acquérir plus d’autonomie, d’indépendance, de liberté et même, de parts de droits d’auteurs).

-  L’entremetteur

La justification classique du métier de l’éditeur (et donc de sa rémunération) est de faire se rencontrer un auteur et son public. Il est utile ici de rappeler le chiffre fourni par le SNE : le tirage moyen d’un livre est de 8 200 exemplaires. Cette moyenne rend compte de situations extrêmement diverses :
— la littérature tire en moyenne à 10 300 exemplaires ;
— les ouvrages techniques, la documentation, les livres de droit, de sciences économiques, de sciences humaines... ont des tirages situés en moyenne (best sellers compris) entre 2 500 et 3 500 exemplaires ;
— ces tirages sont tirés à la hausse par une poignée de best sellers dans chaque catégorie ; ces livres tirés en dizaines ou centaines de milliers d’exemplaire font monter ce chiffre moyen. L’immense majorité des 60 000 titres produits chaque année se cantonne à des tirages beaucoup plus modestes (un millier d’exemplaires par exemple).

Si l’on compare ces chiffres aux fréquentations des sites Web, on constate qu’il est nettement plus facile pour un auteur de « toucher son public » via le réseau qu’au travers d’un livre. Du strict point de vue « culturel » (la diffusion des créations culturelles auprès des lecteurs), le choix du « tout internet » se justifie totalement.

-  Le sélectionneur

Une autre justification du métier d’éditeur réside dans la sélection des meilleurs. Toutes les œuvres ne trouvant pas leur public, le rôle de l’éditeur serait, par la sélection (par sa renommée et sa cohérence), de présenter au public un choix d’œuvres qui l’intéressent ou qui méritent de l’intéresser.

Depuis des siècles, ce rôle extrêmement gratifiant est cependant critiqué lorsqu’il s’agit de livres. D’une part, les « erreurs » de jugement des éditeurs font partie des anecdotes que tout le monde raconte (les grands auteurs refusés partout, les œuvres charcutées par des éditeurs...). D’autre part, la prétention d’une activité économique reposant sur la promotion des œuvres de qualité est, pour le moins, contredite par la simple visite d’une librairie ou par l’observation des chiffres des ventes.

Citons Jean-Marc Roberts (« Entretien avec Jean-Marc Roberts, éditeur », Drôle d’époque) parlant de son métier d’éditeur :

« Je pensais qu’en tant que conseiller littéraire ou éditeur dans une maison d’édition, je pouvais tranquillement imposer mes goûts, mes choix ; en fait non. Même si j’y parvenais, je faisais ce travail pour un patron, pour une maison qui m’employait et qui me demandait des résultats, mais d’une manière beaucoup plus perverse qu’un groupe ou qu’une banque. Stock est effectivement une filiale d’Hachette, mais quand Le Seuil a des comptes à rendre, il les rend à des banquiers, donc ça se rejoint quand même. Je parle de perversité parce que, quand j’étais éditeur de littérature au Seuil, chez Gallimard ou chez Julliard, on me demandait des résultats : c’est-à-dire de trouver des livres qui se vendent sans me laisser vraiment la possibilité de publier des livres qui ne se vendaient pas. Je schématise, mais finalement le problème est là. »

L’image des maisons de disque, qui est celle de personnages arrivistes, incultes et insupportables, ne fait pas l’objet des mêmes moqueries liées à de dramatiques erreurs de sélection, ni à une censure inadmissible. Les maisons de disque ont une mauvaise image, mais l’idée demeure que le système permettrait globalement de faire connaître ce qui doit être connu (les bons musiciens finissent par percer, les autres ne sont pas bons) ; à l’inverse les éditeurs seraient des gens cultivés, sympathiques et intelligents mais qui sont passés à côté de Proust. Ainsi le rôle de sélection par les maisons de disques n’est que rarement remis en cause (étouffer des génies méconnus), alors même que ce rôle de l’éditeur de livre est constamment critiqué. [6]

-  Le camelot

La promotion fait également partie des justifications du « coût » des éditeurs. Remarquons encore que la réalité des prestations contredit largement cette revendication.

Non seulement les maisons d’édition ne consacrent que très peu de moyens à cette promotion (quelques encarts dans la presse, puisque la publicité audiovisuelle est interdite contrairement au disque), de plus celles qui en ont les moyens les consacrent à une partie infinitésimale de leur catalogue (en général le poulain pour la course aux concours).

La promotion commerciale des livres par les maisons d’édition est dans les faits une partie marginale de leur activité comptable, et lorsqu’elle existe on peut discuter de son efficacité pour la grande majorité des auteurs.

Cette promotion est, de plus, traditionnellement largement prise en charge par les auteurs eux-mêmes : si les éditeurs peuvent organiser des événements, le gros de l’investissement se fait sur le temps des auteurs (signatures, conférences, présentations...). Chose amusante quand on y songe : voilà encore un coût, pour l’auteur lui-même, qui n’est généralement pas intégré dans le prix du livre, puisqu’un auteur ne se fait pas payer ses nombreuses journées de signatures et de présentations, alors qu’un éditeur qui achète un encart publicitaire dans la presse répercutera cet investissement sur le prix du livre.

Face à la très relative efficacité de la promotion traditionnelle assurée par les éditeurs, on peut opposer la vitalité des liens sur le réseau. Souvent présenté comme « horizontal » (tout se vaut sur le Web, le bon et le médiocre sont au même niveau...), le réseau dispose en réalité d’outils et de méthodes qui facilitent la mise en avant des œuvres originales par les usagers eux-mêmes.

Le Réseau permet des choses inconcevables dans l’édition : il permet à chacun de s’exprimer directement (sans sélection préalable par des entreprises), il permet de construire une renommée sur la durée (rien de comparable avec un premier roman envoyé au pilon au bout de quelques mois), mais aussi il offre des outils et des méthodes collectives qui font ressortir les créations originales. Et cela sans aucun frais de promotion.

D.I.Y.

Avec le Réseau, l’intérêt du recours à un éditeur perd de son évidence. Même la mise en place d’une structure de paiement pour assurer la rémunération de l’auteur peut se passer de l’éditeur - dont c’est traditionnellement une des activités (les systèmes de paiement en ligne utilisables directement par des vendeurs indépendants se multiplient).

On peut se demander si, face à cette perte totale de légitimité (économique et sociale), le chahut organisé par les maisons de disque n’a pas pour but de s’attribuer un nouveau rôle social : celui du pouvoir de nuisance. En grossissant le trait et en formulant le discours implicite : « Regardez comme nous pouvons faire beaucoup de bruit, regardez comme nous obtenons des subventions, regardez comme nos avocats sont pénibles : artistes, nous seuls sommes capables de défendre vos droits, si vous décidez de vous passer de nous, vous ne pourrez plus bénéficier de cette force de frappe. »

Pour un auteur, une nouvelle possibilité peut désormais être envisagée : réaliser lui-même, pour un coût très faible, son propre document (intégrant la mise en page et la mise en ligne), le diffuser lui-même et le vendre.

Auparavant, il était un acteur économique dans la vie de son propre ouvrage à hauteur de 10% du prix de vente. Seul, il peut envisager exactement la même rémunération, pour lui-même, soit en réussissant à vendre son livre au même prix à 10 fois moins de monde, soit en vendant son livre dix fois moins cher à autant de monde. (Évidement, il y a de la marge entre ces deux extrêmes...)

Se poser ces questions au sujet du livre ne semble pas totalement indécent. Curieusement, les mêmes interrogations, au sujet du disque, sont totalement occultées du champ des possibilités. Hors des maisons de disque, point de salut... Qu’est-ce qui justifie pourtant que les artistes confient leurs droits et leur image à des intervenants qui ponctionnent 90% du prix de vente, à l’heure où un nouveau processus de distribution émerge dans tous les pays développés (c’est-à-dire, soyons réalistes, là où se trouvent les clients solvables qui assurent leur revenu) ? Est-ce que taxer les nouveaux outils de distribution culturelle pour subventionner des procédés industriels obsolètes répond à une logique saine ?

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Une note d’espoir
L’autoproduction et la libre publication déclenchent l’enthousiasme de la jeune génération.

Concluons par un constat qui, s’il préserve pour un temps le secteur industriel du livre, minore l’habillage culturel de son autojustification : le principal élément qui limite la distribution totalement dématérialisée des livres, c’est l’aspect infiniment plus pratique du livre-papier par rapport au livre sans support : non seulement cela revient souvent moins cher que d’imprimer chez soi, de plus le livre relié est plus pratique qu’un paquet de feuilles A4 reliées à la va-comme-j’te-pousse dans un atelier de reproduction pour les étudiants. Ainsi l’existence de l’industrie du livre se justifie essentiellement par la fabrication des produits industriels manufacturés que sont les livres imprimés.

 

[1] Citons à titre d’exception, les éditions Mille et une nuits qui proposent des textes, du domaine public, en consultation libre et au téléchargement, ainsi que les éditions de l’Eclat avec le lyber

[2] LOI n° 2003-517 du 18 juin 2003 relative à la rémunération au titre du prêt en bibliothèque et renforçant la protection sociale des auteurs : « Art. L. 133-4. - La rémunération au titre du prêt en bibliothèque est répartie dans les conditions suivantes :

« 1° Une première part est répartie à parts égales entre les auteurs et leurs éditeurs à raison du nombre d’exemplaires des livres achetés chaque année, pour leurs bibliothèques accueillant du public pour le prêt, par les personnes morales mentionnées au troisième alinéa (2°) de l’article 3 de la loi n° 81-766 du 10 août 1981 précitée, déterminé sur la base des informations que ces personnes et leurs fournisseurs communiquent à la ou aux sociétés mentionnées à l’article L. 133-2 ;

« 2° Une seconde part, qui ne peut excéder la moitié du total, est affectée à la prise en charge d’une fraction des cotisations dues au titre de la retraite complémentaire par les personnes visées au second alinéa de l’article L. 382-12 du code de la sécurité sociale. »

[3] Le coût de cette opération est, par exemple, de 0,167 euro par transaction (soit 1,10 F HT par transaction) pour 1 à 5 000 paiements par trimestre, avec un système de paiement en ligne dont on ne fera pas la publicité ici.

[4] Ce point est abordé par Jean-Baptiste Soufron dans « Le peer to peer face à la logique du droit d’auteur ».

[5] Manuscrit.com reverse des droits d’auteurs échelonnés de 25% à 40% à partir de 500 exemplaires sur la vente de livres sous forme de fichiers numériques.

[6] Relativisons cependant cette critique : autant le rôle de « bon sélectionneur » de l’éditeur est critiquable, autant le fait de considérer l’édition comme un secteur soumis à la censure économique est une erreur facile. Elle revient généralement à reporter les limites de la presse, marché aux acteurs peu diversifiés proposant des produits de masse, sur un secteur, l’édition, constitué d’une incroyable diversité d’acteurs proposant des produits à faible diffusion (un best seller de l’édition dépasse rarement, en tirage total, le tirage d’une seule journée du quotidien Le Monde).

On peut certes regretter avec Attac que les grands intellectuels altermondialistes courent le risque de ne plus être publiés par Messier et Lagardère, ou avec l’éditeur ci-dessus que les grosses machines de l’édition souhaitent publier des livres à fort tirage ; d’un autre côté, rien n’interdit à Pierre Bourdieu de créer une « petite » maison d’édition (dans ce secteur, les investissements sont assez peu élevés), et de rencontrer un véritable succès ; et les livres « pour se faire plaisir » sont publiés par les maisons d’édition dont c’est le but (spécialisées dans les ouvrages à faible tirage). L’édition est constituée non seulement des grosses entreprises bien connues, mais aussi d’une foule de petites boîtes plus ou moins spécialisées, d’associations publiant leurs propres livres, et même de structures de promotion des livres publiés à compte d’auteur.

Si la situation de l’édition en terme d’indépendance et de liberté des auteurs n’a rien de comparable avec l’internet, en revanche la censure économique y est quasiment un contresens. Ce secteur se caractérise par la grande diversité des acteurs, chacun proposant des solutions adaptées à une activité économique et sociale. Il n’est pas difficile de trouver un éditeur pour publier Les affres de mon interminable psychanalyse après le décès de mon chat (600 pages) ou Les maîtres du monde sont des lémuriens héritiers de la civilisation de Mû.

 
 
Lirresponsable et ARNO*
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Vainqueur 1982 du concours « Chateau de sable » du Club Mickey des Pingouins à Sainte-Cécile.
28 septembre 2003
AMOK-FAAA
Memento finis
13 septembre 2001
7 juillet 2002
 
SPIP
Web indépendant


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> Le Blues du businessman
29 avril 2007, message de Serge-André Guay
 

Le gouvernement du Québec contrevient

aux droits de l’Homme en matière d’aide à l’édition

(Montréal, le 17 Avril 2007) Le gouvernement du Québec fait preuve de discrimination envers les auteurs en subventionnant uniquement les éditeurs agréés. La Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre contrevient à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme adoptée par l’organisation des Nation Unies. En effet, l’article 19 précise que : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Or, La Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre exclut tout autre moyen d’expression que le livre publié par un éditeur agréé par le gouvernement. La loi stipule clairement que le gouvernement s’oblige à aider financièrement uniquement les éditeurs qu’il a lui-même agréés : « L’aide financière que peut accorder, suivant la loi, le gouvernement, un de ses ministères, organismes ou un mandataire de l’État à une personne faisant commerce dans le domaine de l’édition, de la distribution ou de la librairie ne peut être accordée qu’à des personnes titulaires d’un agrément délivré en vertu de la présente loi ou qui y sont admissibles. » Autrement dit, le gouvernement est à la fois juge et partie dans l’attribution de l’aide à l’édition.

En réservant son aide financière en exclusivité aux livres publiés par les éditeurs agréés, le gouvernement fait preuve de discrimination envers tous les autres moyens d’expression tels les livres autoédités, édités à compte d’auteur et édités en ligne sur internet.

Il y a maintenant cinq ans que nous demandons au gouvernement du Québec de mettre en place un programme d’aide pour l’édition en ligne mais il reste sourd à nos demandes. Nous n’avons plus d’autre choix que de hausser le ton pour appeler ce gouvernement à être davantage à l’écoute des auteurs et tous les types d’éditeurs. Le système mis en place par le gouvernement du Québec crée deux types d’auteurs : ceux publiés par les éditeurs agréés, fortement subventionnés, et les autres, de seconde classe, dont les éditeurs ne jouissent d’aucune aide financière du gouvernement, tout simplement parce que leurs oeuvres furent refusées par les éditeurs agréés. Ça a assez duré ! Et s’il le faut, nous porterons notre cause devant la Commission des droits de l’Homme des Nations Unies.

Les éditeurs agréés refusent plus de 90% des manuscrits soumis à leur attention. Ces refus sont avant tout motivés par des impératifs commerciaux et non pas en raison de la piètre qualité littéraire des oeuvres soumises par nos auteurs. C’est du moins la conclusion tirée par la fondation à la lumière de l’analyse de nombreuses lettres de refus d’éditeurs reçues préalablement par les auteurs qu’elle édite en ligne sur internet. Pour le gouvernement du Québec, seuls les éditeurs agréés ont la capacité de juger la qualité littéraire des oeuvres de nos auteurs et de choisir ce que la population pourra lire ou non.

Le gouvernement du Québec pratique une censure déguisée en déléguant aux éditeurs agréés le pouvoir de vie ou de mort sur les oeuvres de nos auteurs.

La fondation est d’avis que le gouvernement du Québec cause un grave préjudice au patrimoine littéraire québécois en subventionnant uniquement les éditeurs agréés car nos libraires n’offrent, somme toute, que moins de 10% des oeuvres de nos auteurs. Plus de 90% dorment au fond des tiroirs de nos auteurs. Notre maison d’édition se propose de les éditer sur internet avec impression à la demande (un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur) mais le gouvernement du Québec refuse de nous aider financièrement à préserver ce patrimoine littéraire. Au même titre que les photographies anciennes conservées par la Bibliothèque nationale du Québec, objets de maintes attentions professionnelles même si elles sont parfois mal cadrées et tachées d’acide, chacun des manuscrits de nos auteurs offre un portrait inédit de notre temps. Il y a nécessité de les conserver et de les diffuser, ne serait-ce qu’en ligne sur internet, si on veut un portrait juste de la diversité éditoriale et culturelle actuelle.

D’une main, le gouvernement du Québec invite les gens à écrire et, de l’autre, il limite l’accès à l’édition.

Plusieurs gouvernements à travers le monde ont depuis longtemps compris que la démocratisation de l’accès à l’édition passe par l’édition en ligne sur internet et l’impression à la demande. C’est pourquoi plusieurs de nos auteurs font éditer leurs oeuvres en ligne à l’étranger, notamment en France et aux États-Unis.

Le marché de l’édition en ligne est en train de nous échapper parce que notre gouvernement se limite à subventionner uniquement l’édition traditionnelle.

La Fondation littéraire Fleur de Lys, pionnier de l’édition en ligne au Québec, lance donc une campagne nationale de sensibilisation afin de forcer le gouvernement du Québec à subventionner sa maison d’édition en ligne. Elle invite les auteurs concernés et la population à envoyer des cartes postales au cabinet du ministère québécois de la culture et des communications. Ces cartes sont disponibles sur le site internet de la fondation :

http://manuscritdepot.com/edition/lutte.4.htm.

Voir aussi notre dossier en ligne :

http://manuscritdepot.com/edition/lutte.1.htm

-  30 -

Source :

Serge-André Guay, président éditeur

Fondation littéraire Fleur de Lys

ADRESSE ÉLECTRONIQUE

contact@manuscritdepot.com

SITE INTERNET

http://www.manuscritdepot.com

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Patrick Devedjian lit Uzine !
21 juin 2004
 

Patrick Devedjian dans Le Parisien ce matin, extraits :

"En ce jour de Fête de la musique, Patrick Devedjian, le ministre de l’Industrie, prend les industriels du disque bille en tête.

L’industrie du disque multiplie actuellement les mises en garde contre la piraterie sur Internet qui, selon elle, met en grave danger ce secteur économique ainsi que la création artistique. Partagez-vous cette analyse ?

Patrick Devedjian : La piraterie est un drame pour l’industrie musicale, et il faut la combattre de trois manières : en sensibilisant sur les risques qui lui sont liés, en poursuivant les pirates professionnels et en développant l’offre légale. Mais il ne faut pas confondre les effets et les causes, et je pense que la responsabilité des industriels est également engagée dans cette affaire.

Et pourquoi cela ?

J’ai mené une enquête pour savoir pourquoi les jeunes piratent. La réponse est limpide : les disques sont trop chers, et certains titres ne sont plus disponibles que sur Internet. Des tarifs trop élevés, une offre de plus en plus réduite et une surface de vente de plus en plus faible ; à cela s’ajoute un produit de substitution, le DVD qui cannibalise le CD. Voilà où est le problème de fond.

A vous entendre, les professionnels du disque et de la musique seraient en partie responsables de leurs malheurs ?

Les responsables du secteur considèrent depuis des années qu’il est plus profitable pour eux de fabriquer des vedettes pour vendre des disques. En effet, mieux vaut promouvoir un inconnu dont on fait une vedette à grands coups de marketing et de radio et de télévision. Cela ne prend guère plus de 8 % de marge, alors qu’un Michel Berger méritait 22 %. Résultat : les maisons de disques ont préféré faire la promotion d’interprètes plutôt que d’auteurs-compositeurs. A tel point que le président d’Universal, Pascal Nègre, disait il y a quelques années : « Si Jim Morrison ou Jacques Brel entraient aujourd’hui dans mon bureau... eh bien je ne signerais pas avec eux ! » Cela n’a strictement rien à voir avec Internet et la piraterie ! Voilà pourquoi je pose la question : qui fait mal son métier dans cette affaire ? D’autant que, dans le même temps, les industriels ont réduit drastiquement l’offre. Même en matière de musique classique (un secteur pourtant non piraté), on ne trouve plus aujourd’hui le choix fantastique qu’on avait à l’époque du disque vinyle. Vous trouvez cela normal, vous ?

Alors que conseillez-vous à l’industrie musicale ?

Elle doit être beaucoup plus dynamique, plus innovante, et considérer les nouvelles technologies comme une chance et non une menace.

C’est-à-dire ?

Prenez les téléchargements de sonneries musicales pour portable : cette activité remporte un vrai succès et pèsera bientôt 10 % du chiffre d’affaires de l’industrie musicale. Les marges grimpent jusqu’à 55 % ! Ce qui montre bien qu’on peut gagner de l’argent aujourd’hui dans le secteur musical en s’adaptant aux nouveaux outils et aux nouveaux modes de consommation. Autre exemple, le baladeur numérique et son corollaire, le téléchargement légal et payant sur Internet : il se développe à très grande vitesse, mais je constate que les prix de vente en ligne sont encore trop élevés. De 0,75 € à 0,99 € la chanson, c’est presque aussi élevé que le prix d’un CD. Or, je pense que le vrai moyen de lutter contre la piraterie, c’est d’offrir un choix diversifié de musique en ligne légale à un prix raisonnable.

Qu’est-ce qu’un prix raisonnable ?

C’est celui qui, compte tenu des risques à la fois de virus et de poursuites judiciaires, fait arbitrer le consommateur en faveur du téléchargement légal.

Que répondez-vous à ceux qui vous réclament une baisse de la TVA sur le disque ?

Réclamer la baisse de la TVA sur le disque n’équivaut-il pas à mener une bataille désormais d’arrière-garde ... Le CD est une technologie dépassée, se battre pour lui paraît un combat perdu d’avance. Au lieu de s’arc-bouter sur la défense du CD, les industriels feraient mieux d’investir sur les nouvelles technologies... D’autant que je n’ai pas oublié que, lorsque la TVA est passée jadis de 33 % à 18,6 %, les prix payés par le consommateur, eux, n’ont baissé que de 8 %.

Dans une économie ouverte où les prix sont libres, comment pouvez-vous faire baisser les prix sur le téléchargement comme sur les CD ?

Il faut faire jouer la concurrence, ce qui est loin d’être toujours le cas. L’industrie du disque est trop concentrée entre les mains de quelques multinationales. Le gouvernement français est bien décidé à favoriser la concurrence. L’Etat dispose de moyens d’investigation pour vérifier que le marché fonctionne loyalement. Nous les utiliserons. Je suis pour le marché, mais je ne l’aborde pas de manière angélique : quand les prix sont trop élevés, c’est généralement signe que la concurrence ne joue pas assez. On l’a vu sur le prix des SMS et des mobiles.

Ne craignez-vous pas de désespérer l’industrie du disque ?

Le ministère de l’Industrie fait la promotion des nouvelles technologies. J’invite donc les éditeurs de musique à utiliser au maximum ces nouvelles technologies qui permettent de produire et de distribuer la musique à un faible coût. A partir de ce moment, les amateurs n’auront plus besoin de pirater les chansons.

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> la fête du travail
1er mai 2004
 

tu sais combien ça coute un studio d’enregistrement numérique ? ? plus les amplis, plus les micros, la table, et tutti quanti...

je ne pense pas que la plupard des musiciens de ce pays soit capable de finacer de tel investissement... seul la production de musique purement electronique est vraiment possible...

dès que l’on passe a un groupe avec un batterie, les prix grimpe en fleche, et je ne te parle pas d’arrangement en studio, avec de vrai musiciens d’orchestres, de vrai ingénieur du son, et tout ce qui vas avec... je ne parle pas de post production et de frais de mastering...

on est loin du prix d’un PC doté d’un logiciel de traitement de texte, pour ecrire un livre...

car le problème du disque, est toujours de pouvoir accès a un studio d’enregistrement correct et d’avoir le temps d’enregistrer.. le succès peut-etre deja là pour certain groupe, et n’ont de fait pas de problème de financement... pour d’autre plus confidentiel, jazz, jazz-rock, et tant d’autre style, sans les maison de disque, il est impossible d’avoir accès a des conditions d’enregistrement de très bonne qualité..

même si il est vrai que grace a l’informatique cela deviens plus abordable...

ensuite, un disque c’est le boulot d’environs deux cent personnes environ, souvant de deux a cinq ans de travail pour les musiciens, et parfois autant d’année a maitriser leur instrument qu’il soient réel ou electronique... bref, ce n’est pas rien dans une vie d’homme que de passer 15 ans pour faire quelquechose, réussir parceque l’on a du talent et que des personnes sont pret a risquer de l’argent sur le travail qui est fournit... et puis finalement voir que ce travail qui est apprécié par beaucoup de gens, finalement n’est pas plus respecté qu’au moyen-age, ou les saltimbanque allait de village en village, et quémendait un pitance qu’on leurs jetais comme à des chiens galeux...

Hm, j’espere que tu prend conscience de ce que signifie droit dans le terme droit d’auteur, c’est simplement le droit a avoir un travail rémunéré pour un travail de recherche et de créativité qui a été fournie auparavent, et ce pour vous etes agréable chers auditeurs...

la fable dit que la fourmie n’est pas préteuse et que cela n’est pas sont moindre defaut. a vous voir vous jeter sur les production comme des cochons sur de la confiture, cela me fait sans doute un peu rire...

mais bon la nature humaine est ainsi faites et ce n’est pas l’humanisme qui l’étouffe, surtout quand il s’agit de profiter du travail des autres...

le blues du businessman, oui sans doute, ils ont effectivement beaucoup a perdre, mais sans doute aussi pas mal de petit groupe du coin qui ne seront pas signé, ou qui patienterons encore un peu plus longtemps avant de voir leur travail récompensé par un enregistrement professionel de qualité...

le blues des téléchargeurs sans vergogne a qui l’ont veux retirer ou simplement limiter un droit d’echange d’oeuvre de création sur lequel ils n’ont aucun droit...

le blues de l’artiste qui sait que son travail ne vaut plus presque plus rien de nos jours ormis des applaudisement fournit et généreux(cela ne coute rien) et qu’a partir de maintenant il lui est préférable de travailler gratuitement pour la fourmi, deja que l’industrie ne le paye pas bien cher... quand bien sur cela paye...

quand a relire le contrat social de rousseaux je te rappelle quand même que la loi et le droit sont le garant des libertés en face de l’état de nature... ou seul la loi du plus fort trouve raison...

dernier truc j’aimerais bien voir ta tronche le jours ou ton patron te diras que tu doit travailler gratuitement... car c’est ce que le P2P finalament propose a une grande majorité d’artiste,(surtout aux plus petit) ceux vivant uniquement des surplus qu’engrangent les maisons de disque sur des titre phare vendu aux boeufs de TF1..

allez, t’as pas 500 000 balles pour financer mon prochain album, parceque là, j’ai un peu de mal avec ma maison de disque, il parrait que mon public n’a pas assez d’argent, et préfère télécharger mon premier et sans doute dernier album via le P2P... désolé, vous n’etes plus rentable qu’ils m’ont dit...

ciao... bah il reste les places de concerts, et quelques heureux donateur qui acheterons contre vent et marré ma musique... sans doute n’ont-ils pas de PC... enfin pas encore..

la voie sur internet est au sponsoring d’artiste, soyez bon avec les artistes que vous aimez, n’oubliez pas d’acheter leurs album après avoir télécharger pour information leurs titres sur le net... et en particulier les petits groupes qui font oublier le temps de quelques chanson, cet univers sordide et ce monde de gros con...

Répondre
> la fête du travail, Alexandre Adelair, 2 mai 2004
Tout est dit. D’un côté, un article qui prône un modèle ultra-libéral (le dumping des prix - les consommateurs payent toujours trop chers, plus de protection du droit des auteurs - le droit d’auteur est liberticide...), sans se soucier des conséquences sociales du dit "modèle". D’un autre côté, les artistes et les auteurs. Forcément, quand on est pas artiste, ni auteur, soi-même et que l’on ne connaît strictement rien aux domaines (édition musicale, édition de livres) dont on parle, on écrit n’importe quoi. Mais, bon, on peut se consoler en se disant que les éditorialistes de la "grande presse" font la même chose et que, là, au moins, c’est gratuit, :-))))))
Répondre
Dirty debutant Volume 1, Lirresponsable, 3 mai 2004

Salut,

[Ouverture]

Oui, on sait qu’un studio ça coûte bonbon niveau matos et frais (même si en France, le prix de la coke baisse, de 150 à 80 euros le gramme). Et une usine pour la fabrication du glassmaster et pressage, aussi. D’ailleurs une Les Paul Standard ’96 d’okaz à 1850 euros, c’est déjà plus cher qu’un PC...

How many pépètes ?

Notre frère l’artiste qui nous crée du bonheur plein les yeux et rend le monde plus beau, n’a pas les capitaux pour acheter un studio et une usine (sauf si c’est une soeur et qu’elle habite Monaco). Il va donc louer les outils et payer pour la réalisation de son produit (l’oeuvre et les exemplaires).

Voyons tout de même le coût minimum de production pour un maxi et un album et la réalisation de 500 exemplaires (estimations de CIREN Audio) :

-  Maxi (<20’) : 3j de studio= 550 €. Mastering = 150 €. Films pour pochette : 100 €. 500 CD = 900 €. TOTAL : environ 1 700 € + SDRM (si tu veux raquer pour)

-  Album (<74’) : 10j de studio = 2 000 € Mastering = 300 €. Films pour pochette : 100 €. 500 CD = 1 100 € . Total environ : 3 500 € + SDRM (si tu veux raquer pour)

Mais comment nos quatre amis dans le vent vont-ils pouvoir réunir une telle somme ! Taper la famille, braquer un distributeur de bombeks ? Et bien, avec des cachets dans des bars ( 380 euros) ou prestations lors d’événements ( 1000 euros). En gros : une dizaine de concerts payants afin de réunir la somme. Donc n’essaie pas de m’arnaquer de 50 plaques pour ton prochain album ! :))

Remarques

Première remarque sur la qualité de la production (sans vouloir diminuer l’importance de la prise, du mixage, du mastering) : sur quel support sera écouté le fameux CD ? Sur un crincrin à 100 boules, ou sur la super-chaine avec des enceintes pourries, et quelle acoustique dans le lieu d’écoute ?

Bon ok, ton public est composé de mélomanes qui fabriquent eux-mêmes leurs enceintes, perçoivent les modulations dans les cris des chauve-souris, sont capables de disserter sur l’authenticité et la pureté indépassables d’un vinyl de 1930, et ont un salon dédié. Revenons donc à nos débutants avec leurs 500 CD.

Chaque disque leur revient à 7 euros (et Jean a trois pommes) ; ils se décident pour une marge de 50 % hors taxe (fuck society ! Et l’Etat-Providence...), ce qui nous donne un disque à 14 euros, un peu en dessous des prix du Marché (tm), qui est très vilain ne l’oublions jamais ; s’ils écoulent la totalité (lors de concerts + placements amicaux), ils doublent la mise (7000 euros), la moitié (plus probable) ils la récupèrent.

Ils peuvent également le proposer sur leur site web (il y a une foultitude de groupes qui ont leur site) ou utiliser des structures de diffusion en ligne "alternatives" (par exemple Atanata Records).

Bien entendu, on ne nourrit pas longtemps une armée de percutionnistes avec un tel budget. Mais comme tu le sais, ici le CD ne vise pas à dégager des revenus mais sert de carte de visite en vue d’obtenir des concerts (et même la radio locale pourra diffuser quelques titres histoire d’augmenter la notoriété et leur verser quelques droits).

Problématiques sociétales

vivre de son art


«La liberté des théâtres fera disparaître les chefs-d'oeuvres anciens.»
Saint-Just, L'esprit de la révolution, XIII

Si nos quatre amis accumulent les dates, et avec le régime de l’intermittent, ils peuvent espérer en vivre.

Pour les zikos, il y a les baluches (malgré la concurrence féroce des DJ qui cassent les prix), plus un poste de prof dans une MJC (qui assure un fixe et un vivier clientèle et de spectateurs), plus les cours particuliers (qui assure du cash non déclaré). Autrement nos amis ont un autre boulot (je sais c’est inhumain).

Oui mais c’est pas rock and roll tout ça ! Et la diffusion de l’oeuvre alors ! Quelle place pour l’art et les artistes ?

Politique


«"Touche pas à mon pote", c'est comme la traduction moderne du commandement biblique : "Aime ton prochain comme toi-même" [..]»
Marek Halter, Le Monde 18 novembre 1985 ; cité par M. Fumaroli, L'Etat culturel, 1992.

France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.

DU BELLAY, Les Regrets, 1558.

Pour faire bref, je ne crois pas qu’il y ait grande différence entre, pris dans leur ensemble, les produits de l’industrie et les "oeuvres" produites grâce au soutien de l’Etat suivant le critère de la qualité (ou valeur culturelle). Je sais que c’est une forme de blasphème monstrueux (ce qui aggrave donc mon cas) et qu’il faut moduler suivant les formes d’art (arts plastiques, musique, cinéma, littérature, théâtre, etc.).

D’autre part, il n’y a pas d’opposition véritable entre secteur privé et Etat pour certains secteurs, comme le cinéma (exemple célèbre : Hollywood assure la propagande du plan Marshall qui assure la diffusion des produits d’Hollywood).

Et derrière les grandes invocations (KulturKampf ! :))), il est question d’emplois et de devises, si l’on veut être gentil, ou en étant moins oecuménique d’idéologie (la société de consommation). Regarde où ont fini les Enfants du Rock (tm) et qui ils servent.

Ou même le jazz, de musique de bordel, c’est devenu le fétiche culturel de cinquantenaires blancs CSP+ abonnés à Témélara et fixés sur le Be-Bop.

Un exemple intéressant est celui de la municipalité de Fleury-Mérogis qui a investi 150 000 euros pour un petit studio, le Onze, ouvert en septembre 2003 (cf. Un studio d’enregistrement pour 4 Euros de l’heure)

Major auction

Terminons par les maisons de disques, grâce aux Tableaux de bords 2003. Alors combien de divisions ? (tm)

« 132 nouvelles signatures d’artistes francophones sont répertoriées soit un quart de moins qu’en 2002. Dans le même temps, le nombre de contrats rendus a progressé de 52%. L’écart reste donc positif mais s’amenuise considérablement (18 contrats supplémentaires en 2003 contre 88 en moyenne au cours de ces trois dernières années) »

Bon tout ça, c’est de la faute au p2p bien sûr ! :)) Ce n’est pas parce qu’on décide de virer les artistes non rentables afin d’augmenter nos résultats, mais parce que le p2p diminue nos moyens et nous empêche donc d’investir dans les nouveaux talents, sans rire ! Salauds de pirates qui tuent dans l’oeufs tous ces génies !

Et le plus intéressant dans la suite du bilan : « Les investissements marketing progressent de 7% pour atteindre 174 millions d’euros. Ils atteignent 23% du chiffre d’affaires nouveautés contre 20% en 2002 et 23% en 2001. »

174 millions d’euros, cela en fait des heures d’enregistrement et même des studios ; mais il ne faut pas raisonner de cette façon voyons, car c’est de l’investissement stratégique qui va créer la valeur de demain, et oui ! On prend les paris, d’ici deux trois ans, on va avoir tellement de Mozart qu’on pourra en exporter !

Lorsque le 31/03 EMI supprime 1.500 emplois dans sa division Recorded Music (qui fabrique CD, disques et cassettes) et diminue de 20% le nombre de ses artistes sous contrat (les non rentables), elle déclare sans ambages dans son communiqué : « Ces mesures vont améliorer encore un peu les performances financières de la société et lui permettre de continuer à opérer avec succès dans le monde de la musique physique tout en capitalisant sur les possibilités offertes par la croissance rapide du numérique ».

Mais bon, lorsque l’on affirme que l’objectif d’une entreprise est de dégager des profits, on se fait traiter de stalinien archaïque. Et si l’on fait remarquer qu’elle soustraite la fabrication (gestion des consommables), optimise son catalogue afin d’être plus rentable, et investit dans le marketing et le contrôle de la diffusion (en parlant défense de la création et hurlant contre le p2p), et que donc les aides étatiques et les différentes mesures fiscales (taxe sur les CD vierges tiens ! J’espère que tu es heureux de soutenir la création lorsque tu graves tes morceaux) ne sont pas vraiment justifiées, on a le droit au qualificatif de ultra-néolibéral ennemi de la culture. Tout ça parce l’on affirme que les individus peuvent s’organiser. C’est fou, non ? ;))

D’ailleurs la meilleure vente d’album ex aequo en France pour 2003, c’est Florent Pagny, Ailleurs Land. Liberté de penser [sic] et arnaque du fisc, tout un symbole !

a+

Répondre
> la fête du travail, PP, 6 mai 2004

Tu sais, quand on voit la qualité sonore que les gens sont prêts à télécharger, je ne vois pas forcément l’intérêt d’un studio numérique... Hyper balèze et tout et tout.

ensuite, un disque c’est le boulot d’environs deux cent personnes environ,

Ah bon ?!???? Sur les deux-cent yen a combiens qui travaillent dans le roulage de moquette ??

Il ne faut pas exagérer. Oui un faire un disque revient relativement cher. Simplement aujourd’hui, il faut vivre avec son temps et se poser plutôt la question suivante : pourquoi vend-on encore des disques ?

Il me semble que presque tout le monde soit peut télécharger les chansons voulues, soit connait quelqu’un qui peut le faire ! pourquoi donc vend-on encore autant de CD ??? Qu’achette-t’on lorsqu’on achette un CD ?

Ce qui est sur c’est que, sauf principes moraux élevés, on achette plus le son, le son on peut le trouver ailleurs pour rien du tout.

Alors quelques hypothèses :
-  fainéantise + moyens élevés ?
-  fétichisme pour l’objet ? (c +/- mon cas)
-  sponsoring ? (c +/- mon cas)
-  haute moralité ? (c de - en - mon cas)

De même que pour le livre, l’achat de CD c’est l’achat d’un objet, ce n’est pas celui d’un travail ou de je ne sais quoi, c’est celui d’un objet. Et toute l’industrie musicale pousse pour accentuer ce fait. Bientot le cd ne sera plus écoutable que sur tel ou tel type de lecteur et pour écouter la chanson de son artiste préféré sur son ipod et sur un lecteur de salon il faudra achetter deux fois le même titre. Au nom de la protection de l’auteur ??????

Hm, j’espere que tu prend conscience de ce que signifie droit dans le terme droit d’auteur, c’est simplement le droit a avoir un travail rémunéré pour un travail de recherche et de créativité qui a été fournie auparavent, (...)

Il y a suffisemment d’articles sur uzine traitant du droit d’auteur pour qu’il ne soit plus besoin de répondre à une telle question.

aujourd’hui, comme le font depuis longtemps les acteurs de théatre, un musicien, doit apprendre a vivre d’abord du spectacle qu’il produit en live, le disque dvd ou autre ne viendra qu’en support, en complément. Autre option, il doit se faire payer pour faire le disque comme un acteur de ciné pour faire un film. En tout cas, le disque ne constituera plus une rente, ce qui stimulera justement le live et la création.

Pour moi, si un musicien qui commence aujourd’hui (hors starac et assimilés) croit qu’il va vivre de ses disques, c’est soit un fou, soit un mégalo...

Répondre
> la fête du travail, Alexandre Adelair, 7 mai 2004

Tu écris :

"aujourd’hui, comme le font depuis longtemps les acteurs de théatre, un musicien, doit apprendre a vivre d’abord du spectacle qu’il produit en live, le disque dvd ou autre ne viendra qu’en support, en complément. Autre option, il doit se faire payer pour faire le disque comme un acteur de ciné pour faire un film. En tout cas, le disque ne constituera plus une rente, ce qui stimulera justement le live et la création. Pour moi, si un musicien qui commence aujourd’hui (hors starac et assimilés) croit qu’il va vivre de ses disques, c’est soit un fou, soit un mégalo..."

Tu décides pour les auteurs ? Pour les chanteurs ? Ils n’ont pas voix au chapitre ? Une question : s’il n’y a plus de disque, s’il n’y a plus d’enregistrement, tu vas télécharger quoi ?

Ce n’est pas par "fétichisme", ni par "fainéantise", ni par "sponsoring" qu’il faut quand même acheter des disques, mais pour rémunérer un auteur pour son travail. C’est une question de responsabilité, au niveau global.

Certes, si je fauche des croissants chez le boulanger, qui les vend bien trop chers - 0,95 euros, faut pas abuser - , je peux en profiter librement. Et ça, c’est cool. D’un autre côté, je n’aurai bientôt plus de pain. Ou alors, de la merde en quantité industrielle, puisque les industriels seront les seuls à pouvoir survire dans de telles conditions. C’est un choix de société. Et c’est bien une logique ultra-libérale, même si ça ne fait pas plaisir à entendre.

Répondre
> la fête du travail, 10 mai 2004

Ce n’est pas par "fétichisme", ni par "fainéantise", ni par "sponsoring" qu’il faut quand même acheter des disques, mais pour rémunérer un auteur pour son travail. C’est une question de responsabilité, au niveau global.

C’est n’importe quoi. Avec l’achat d’un disque, l’artiste ne touche pas grand chose, quand ce n’est pas carément rien. En particulier, sur la pluspart des disques que j’achete, les artistes ne touchent rien. ça me désole, mais c’est comme ça. Ils se sont fait arnaqués à l’enregistrement, on les a à l’époque payé pour enregistrer un disque, et ils n’ont ensuite jamais touché de droits sur ces disques. Voir par exemple tous les problèmes liés au label Fania et RMM (faillite frauduleuse pour ne pas payer les droits d’auteur dans le cas du second).

s’il n’y a plus de disque, s’il n’y a plus d’enregistrement, tu vas télécharger quoi ?

Pour moi le problème se pose déjà. A force de ne pas vendre suffisemment, FNAC, Virgin et consorts ont gravement limité la taille des rayons qui m’interessent. Que faire alors ? Si je vais chez ces disquaires, 9 fois sur dix c’est du temps perdu, et la dixième fois c’est pour trouver un disque trois fois plus cher que ce qu’il vaut par exemple à NY...

ça fait bientôt 15 ans que j’achette des disques, et je n’ai encore jamais téléchargé un morceau. Pour moi télecharger cela s’apparente à du vol. Mais je sens bien qu’un de ces jours je n’aurai plus d’autres choix.

Ce qui est certain, c’est qu’il faut arreter de critiquer le P2P au nom du droit d’auteur pour défendre un modèle industriel ou ce sont les distributeurs et éditeurs qui en profite, audétriment des artistes en général. ps’il n’y a plus de disque, s’il n’y a plus d’enregistrement, tu vas télécharger quoi ? Pourquoi payer (dans un Cd) 90% du prix non justifié pour sponsoriser un modèle industriel dépassé et permettre à l’artiste de survivre avec quelques miettes ? Défendre ce modèle c’est défendre l’exploitation des artistes !!!

Enfin, le P2P pose le problème de la consomation de musique. Imaginons que l’on supprime le P2P du jour au lendemain, rien ne prouve que la courbe d’achat de Disque remontera.

Le problème est plus complexe, aujourd’hui, la musique ne se vends plus qu’en CD ou DVD, elle se vend aussi par d’autres cannaux (sonneries de télephone par exemple), les cri d’orffrai des Major devant la baisse de leur chiffre d’affaire sont fondés sur des chiffres qui ne tiennent pas compte des nouveau cannaux de distribution. De plus, le budget loisir compte aujourd’hui en plus de la musique, le DVD de ciné, les jeux et consoles, les PC, etc, etc... Alors "la grande faute au P2P" c’est gentil, mais ç’est l’excuse facile. La Harvard Business School a même conclu que l’on ne peut pas justifier statistiquement d’un lien de cause à effet entre hausse du P2P et baisse de vente des CDs...

Donc je maintient. Télécharger, c’est pas bien, et même moralement c’est mal. Effectivement, c’est la même chose que d’aller piquer des croissants ou encore de dire, "le caviar c’est trop cher, or j’en veux, donc je le cole". Ok.

Mais les cris des Majors du disque et des distributeurs au nom du respect du droit d’auteur sont inadmissibles ! Pour moi c’est du pousse au crime.

Pour terminer, il y avait des chanteurs et des artistes avant même que l’on ait des supports de diffusion, la création de l’imprimerie à changé la donne, puis la reproduction mécanique de musique, aujourd’hui face au P2P, qu"on le veuille ou non, il faut inventer un nouveau modèle.

P.S. voir sur le sujet (entre autres) : Un spectre hante le capitalisme : la gratuité

dont voici quelques extraits :

De plus, ces combats reposent sur une argumentation pour le moins contestable. Dans quelle mesure, en effet, la création est- elle vraiment en danger ? On sait que l’essentiel des 150 milliards de fichiers musicaux échangés en 2003 sont ceux du "Top 50", et qu’il en est de même pour les films.

avant le disque, un chanteur d’opéra célèbre gagnait peut-être 20 fois plus que le chanteur moyen. Maria Callas avec le disque noir, 200 fois plus. Luciano Pavarotti avec la télévision, les CD et les DVD, 2 000 fois plus (chiffres donnés ici à titre de simple illustration du phénomène).

C’est donc avant tout pour l’extrême concentration des gains dans les industries musicales et cinématographiques que le P2P est un véritable danger, puisque les fichiers copiés et échangés sont dans leur écrasante majorité ceux des "œuvres" les plus médiatisées.

On nous présente ainsi comme une nécessité économique ce qui n’est que le cercle vicieux engendré par un système bien particulier qui permet l’accumulation de rentes astronomiques et n’a plus aucun rapport avec les coûts réels de production au sens strict.

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> la fête du travail, Alexandre Adelair, 14 juin 2004

Tu écris : "C’est n’importe quoi. Avec l’achat d’un disque, l’artiste ne touche pas grand chose, quand ce n’est pas carément rien."

Avec l’achat d’un disque, à l’heure actuelle, un artiste peut espérer vivre. Avec le P2P... ? La logique qui consiste à dire : "comme ça les artistes ne gagnent pas beaucoup, alors autant qu’ils ne touchent plus rien du tout" est... étrange. Si les artistes ne gagnent pas grand chose, ce qui est vrai, alors autant se battre pour qu’ils gagnent plus (pourcentage plus important, davantage d’aide publique). Pas pour qu’ils ne gagnent plus rien et qu’ils fassent cadeau de leur musique au public, tout en faisant un "vrai" boulot de serveur ou de caissière à côté, comme le voudraient Alain Madelin et Ernest-Antoine Sellière.

Tu écris : "Pour moi télecharger cela s’apparente à du vol."

Le plus problématique, au fond, est que cela nie la valeur du travail du musicien. On peut prendre la question dans tous les sens, il n’est pas possible de justifier cela.

Tu écris : "Pourquoi payer (dans un Cd) 90% du prix non justifié pour sponsoriser un modèle industriel dépassé et permettre à l’artiste de survivre avec quelques miettes ? Défendre ce modèle c’est défendre l’exploitation des artistes !!!"

Quel autre système proposes-tu ? L’article que tu cites poses deux hypothèses intéressantes :

"un bien public pur ne peut être produit en quantité suffisante que s’il est financé par l’impôt et mis gratuitement à disposition du public. Dans ces conditions,
-  soit, première hypothèse, l’économie de la création est entièrement repensée et parvient à ne reposer que sur une exploitation dans un cadre privé de l’amont et du latéral (produits d’accompagnement et dérivés, etc.) des fichiers numériques,
-  soit, seconde hypothèse, il faudra tirer la conséquence qui s’impose de la transformation en bien public des versions numériques : la création devra être en partie financée par la puissance publique."

L’article penche en faveur de la seconde hypothèse, le financement public. Voilà un nouveau modèle intéressant. Il ne reste plus qu’à convaincre un parti de le mettre à son programme. En attendant, entre les protestations légitimes des artistes et la volonté de certains internautes - assez fortunés pour se payer un ordinateur, une connexion à haut-débit, un graveur... - de profiter du travail des artistes sans les rémunérer, tout en se donnant bonne conscience... Il est facile de trancher.

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> la fête du travail, PP, 15 juin 2004

Je crains de ne pas avoir été compris.

Avec l’achat d’un disque, à l’heure actuelle, un artiste peut espérer vivre.

Pourquoi ??? Arretes moi si je me trompe, mais quand monsieur X enregistre un disque, il paye des musiciens pour jouer sur le disque. Ensuite les-dits musiciens ne touchent plus rien. Pourtant quand on achette le disque de monsieur X, on achette aussi le travail des musiciens non ?

Pourquoi monsieur X devrait il toucher de façon réccurente sur les ventes, et pas les autres musiciens ?!?

Le plus problématique, au fond, est que cela nie la valeur du travail du musicien.

Non ! Qui a décidé que sous prétexte qu’un jour un gars à pondu un disque alors il va gagner sa vie dessus le restant de ses jours ?

Le travail du musicien se résume t’il à avoir un jour enregistré une chanson ?

Quel autre système proposes-tu ?

Un autre système existe déjà, même s’il est dernièrement battu en brêche. Il s’agit des artistes qui vivent en partie par leurs cachet en partie par un financement public autrement appelé "intermitance", on est pas si loin de :

tirer la conséquence qui s’impose de la transformation en bien public des versions numériques : la création devra être en partie financée par la puissance publique."

en tout cas c’est ce que font tous les musiciens qui n’ont pas de maisons de disque ou qui n’ont pas les capacités de productions... J’ose espérer que tu savais qu’il y a aujourd’hui des musiciens qui vivent de la musique sans vivre de la vente de CDs ?

Le plus problématique, au fond, est que [télécharger et ne pas payer] nie la valeur du travail du musicien. On peut prendre la question dans tous les sens, il n’est pas possible de justifier cela.

Bien sur que si ! Si je me fait l’avocat du diable, je dirais que l’on peut considérer le disque en téléchargement comme une démo destinée à faire connaitre le musicien pour qu’ensuite ce dernier puisse gagner sa vie en donnant des concerts. encore une fois, le travail des musiciens, heureusement, ne se limite pas au disques. De plus, je me répète, mais parmis la musique téléchargée, il en est sur laquelle aucun artiste n’a de droits (cf par exemple certains disques FANIA).

Par ailleurs, le ton de ton dernier paragraphe montre a quel point tu n’as pas cerné la problématique :

la volonté de certains internautes - assez fortunés pour se payer un ordinateur, une connexion à haut-débit, un graveur...

Le problème ne concerne pas seulement les plus fortunés loin de la :
-  tu peux commencer à télécharger en partant de 0 pour moins de 50 euros par mois, coût du PC inclus (ie 10 paquets de cloppes)
-  ceux qui n’ont pas de pc équipé à domicile ont souvent des amis qui en ont ou peuvent se regrouper
-  ... S’il ne concernait que les plus fortunés, je pense que personne ne considèrerait le piratage comme un problème grave.

Enfin, le problème ne réside pas seulement dans le fait de pouvoir télécharger. En colombie, les Cd sont vendus dans la rue en version pirate pour 1$ avant même leur sortie dans le commerce. Le piratage a atteind un tel niveau que les maisons de disques impriment des disques pirates qu’elles fournissent aux artistes pour qu’ils puissent en vendre quelques un directement et se faire un complément de salaire...

Il faut reposer encore une fois le problème à la base : à l’heure ou les particuliers peuvent prendre à leur charge le coût de reproduction des fichiers numériques, c’est le modèle qui est à revoir.

Il faudra (et/ou) :
-  baisser le prix de vente des disques (cela a déjà commencé)
-  proposer plus qu’un simple support pour quelques chansons (exemple le dernier disque de Kool Shen), c’est à dire valoriser l’objet
-  revoir le mode de rémunérations des artistes : ils existaient avant même que l’on commence à reproduire mécaniquement la musique (a une époque où il ne touchaient rien pour enregistrer ;-))
-  redéfinir les proportions concerts / cds.....

Bref, je ne sais pas trop ce qu’il faudra faire, ce qui est clair c’est que le phénomène de la copie numérique et du téléchargement n’est pas prêt de s’arreter. Le problème n’est plus de dire "olala, c’est mal, et en plus c’est pas bien", mais bien d’essayer de s’adapter : quand la pluie tombe, plutôt que de l’interdire, il vaut mieux se couvrir !

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> la fête du travail, 18 juin 2004

Tu écris : "Ensuite les-dits musiciens ne touchent plus rien. Pourtant quand on achette le disque de monsieur X, on achette aussi le travail des musiciens non ? Pourquoi monsieur X devrait il toucher de façon réccurente sur les ventes, et pas les autres musiciens ?!?"

Tout à fait d’accord, il faut que les sociétés de production réduisent leurs marges pour payer davantage l’auteur et ses musiciens, qui doivent être intéressés aux ventes. Ce qui est rarement le cas.

Tu écris : "Le plus problématique, au fond, est que cela nie la valeur du travail du musicien.
-  Non ! Qui a décidé que sous prétexte qu’un jour un gars à pondu un disque alors il va gagner sa vie dessus le restant de ses jours ? Le travail du musicien se résume t’il à avoir un jour enregistré une chanson ?"

Cela revient à nier toute valeur au disque, comme objet artistique. Un disque a sa cohérence. C’est un acte artistique en soi. On peut penser à Sergent Pepper, des Beatles. Dans un autre registre, les albums d’IAM, quoique commerciaux, explorent des pistes différentes à chaque fois, qui sont datées historiquement, constituent des avancées, un témoignage d’une époque et donnent naissance à de nouveaux projets, ailleurs, par essaimage. Si on ne rémunère pas ce travail, on sacrifie des pans entiers de la création artistique.

Tu écris : "J’ose espérer que tu savais qu’il y a aujourd’hui des musiciens qui vivent de la musique sans vivre de la vente de CDs ?"

Tout à fait d’accord avec toi sur le système des intermittents, mais il est gravement insuffisant. Il faudrait également un système du type "avance sur recettes", comme dans le cinéma, pour financer des projets. Par ailleurs, oui, il y a des artistes qui vivent sans faire de disque, mais pourquoi ériger leur mode de vie en système... ? En quoi cela ferait-il progresser la musique, l’art... ?

Tu écris : "je dirais que l’on peut considérer le disque en téléchargement comme une démo destinée à faire connaitre le musicien pour qu’ensuite ce dernier puisse gagner sa vie en donnant des concerts."

C’est un peu autoritaire comme démarche. Un peu dogmatique, même. Tu choisis le mode de vie des artistes à leur place, tout ça pour permettre aux internautes d’écouter leur musique sans payer. Je crois que je préfère que les artistes soient libres de choisir, de créer, dans la diversité. Un disque est une démo... ? Le "Concert à Cologne" de Keith Jarret, c’est une démo... ? Les disques de Grapelli, ce sont des démos... ?

Tu écris : "Le problème ne concerne pas seulement les plus fortunés loin de la :
-   tu peux commencer à télécharger en partant de 0 pour moins de 50 euros par mois, coût du PC inclus (ie 10 paquets de cloppes)
-   ceux qui n’ont pas de pc équipé à domicile ont souvent des amis qui en ont ou peuvent se regrouper  - S’il ne concernait que les plus fortunés, je pense que personne ne considèrerait le piratage comme un problème grave."

Les sociétés de production exagèrent l’impact du piratage pour légitimer des mesures de licenciement et de dégraissage, tout en maintenant leurs marges. C’est ce système qu’il faut attaquer. Le problème du piratage est un faux débat, qui arrange bien les maisons de disque. Par ailleurs, 50 euros par mois... Tu as déjà vécu avec le RMI... ? Tu sais ce que c’est, 50 euros par mois... ? Qu’on le veuille ou non, Internet n’est pas un outil démocratique. Pas pour l’instant. Il faut avoir un capital économique et culturel (alphabétisation, maîtrise de l’outil, des habitudes...).

Tu écris : "Bref, je ne sais pas trop ce qu’il faudra faire, ce qui est clair c’est que le phénomène de la copie numérique et du téléchargement n’est pas prêt de s’arreter. Le problème n’est plus de dire "olala, c’est mal, et en plus c’est pas bien", mais bien d’essayer de s’adapter : quand la pluie tombe, plutôt que de l’interdire, il vaut mieux se couvrir !"

Il n’y a absolument pas de fatalité. Les choix collectifs ne sont pas "la pluie qui tombe". Ce sont des choix. Nous en sommes, toi et moi, responsables.

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> la fête du travail, PP, 22 juin 2004

Les sociétés de production exagèrent l’impact du piratage pour légitimer des mesures de licenciement et de dégraissage, tout en maintenant leurs marges. C’est ce système qu’il faut attaquer. Le problème du piratage est un faux débat, qui arrange bien les maisons de disque.

Ben là nous somme parfaitement d’accord. C’est pour cette raison que je me fait souvent l’avocat du diable.

Il n’y a absolument pas de fatalité. Les choix collectifs ne sont pas "la pluie qui tombe". Ce sont des choix. Nous en sommes, toi et moi, responsables.

La aussi je suis d’accord. Et personnellement je fais ce que je peux en :
-  ne telechargeant jamais
-  achetant systématiquement les disques qui me plaisent (et pourtant parfois ça relève de la gageure)
-  me battant pour faire connaitre des groupes et encourageant les auditeurs à acheter.

Il est clair que pour moi l’argument "c’est trop cher donc je télécharge" n’est pas recevable. C’est la même chose que "les ferari c’est trop cher donc je les voles"

Mais d’un autre coté, le problème est un peu plus compliqué que "télécharger c’est nier le travail des artistes"....

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> la fête du travail, Ghost2013, 9 novembre 2005

Bon allé je répond ! Moi Peer to piste lol

Bon y a plein de choses de vrai dans ce qui y a été dit et de chaque coté (ce qui sont pour ou contre le p2p)

Bon comment expliqué le bordel du p2p ?

Moi je télécharge sans aucun souci de concience ca c clair.... mais....

Depuis des dizaines d’année on ce fait ruiné (personnes de classes moyennes) par les industrielles et cette société de consommation importé des US.

Et il est tant maintenant de prendre les "armes" (graveur, cd vierge, l’Internet etc...) fabriqué et distribué par les industrielles eux mm. Je n’ai pas créer tous cela et la manière dont il l’utilise me navre. Vous êtes vous déjà demandé pkoi l’internet existait ?? (posez vous la question bien en profondeur) Allé tient, prenez votre logiciel p2p que vous détesté et prenez "Cyber-traque" Sachez que tous sujet est lié d’une manière ou d’une autre. Voilà mon point de vue à leur sujet.

Mais par contre j’invite tous les auteurs compositeur a créer un site et a distribué leur musique via celui-ci..... Le client en sera plus satisfait si votre produit es moins chère.

En gros au lieu de faire sous-traiter faite le boulot vous mm bande de flemmard. Faites votre promo, faites vos cds, compressé vos fichier en mp3\ogg vous mm etc...

C’est un peu d’huile de coude et c pas chère.

Sachez que le client est roi et qu’il ira au moins chère et cherchera la meilleurs qualité et il sera seul juge de récompensé celui qu’il préfèrera. Pour l’instant le meilleurs c le p2p.

Cela dit ne voyer pas le p2p comme une menace ou un conccurent... manipulé le utilisé le pour promouvoir vos réalisation, C’est gratuit !!!! et vous touchereez des milliard de clients potentiel..

Et oui les temps changent faut s’adapter si vous êtes pas assez coriaces, intelligent etc... vous coulerez comme les nombreuses start-up... en 2000 - 2002/3

Pour ma part j’achète tous les produits en original qui d’après moi le mérite.

Le p2p me permet de jugée, ensuite si ca me plait j’achète...

Rappelez vous une chose, ce n’est pas a la masse de s’adapter, c’est a vous... !!!

dernière chose, prenez des cours aux Echecs, ca vous servira.....

Ghost2013 !

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