racine uZine

Dans la même rubrique
Quand c’est beau, c’est plus joli
 
mercredi 31 juillet 2002

Petit guide typographique à l’usage de l’internet

par Phynette et ARNO*
 
spip_logo - 12 ko

Avant de commencer, conseillons la lecture du Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, édité par l’Imprimerie nationale au prix d’environ 14 euros (je m’en suis beaucoup inspiré ici). Il existe de nombreux autres guides pratiques sur le sujet, dont le très populaire Manuel de typographie française élémentaire, par Yves Perrousseaux, édité par l’Atelier Perrousseaux (environ 17 euros), destiné aux utilisateurs de la PAO. Mais pour les furieux des règles typographiques, le petit livre de l’Imprimerie nationale reste le plus exhaustif et le plus pointilleux.

Ces deux ouvrages ne constituent pas à proprement parler des codes typographiques : celui de l’Imprimerie nationale récapitule, comme son nom l’indique, les usages de la maison, le second est très pratique et orienté PAO. Mais le code typographique officiel est particulièrement indigeste, et le petit guide de l’Imprimerie nationale reste le document le plus utilisé dans les professions qui ont besoin d’indications claires et rapides d’accès.

Avertissement : il n’est de meilleur sujet qu’un guide typographique pour provoquer les débats les plus enflammés (et les plus stériles). On trouvera toujours à chipoter, à signaler que tel quotidien utilise des règles différentes, et qu’on a appris autre chose à l’école.

Cependant, un guide typographique n’est pas un dictionnaire. Il ne s’agit pas ici d’une liste de règles imposées, validées par une autorité supérieure, mais simplement de règles d’usage auxquelles le plus grand nombre se conforme habituellement. Si l’on décide de procéder autrement, on n’ira pas en prison. Une remarque importante : lorsqu’il décide de transgresser les règles classiques, ou si les règles sont multiples, le principal souci du compositeur sera la cohérence : faire ses choix et s’y tenir sur l’ensemble du document. Un mélange d’usages dans un même document étant la pire situation possible (risques de confusions, difficultés de compréhension).

Notez de plus que je ne chercherai pas ici l’exhaustivité (pour cela, on consultera plutôt le Lexique de l’Imprimerie nationale). J’éviterai autant que possible les termes du jargon typographique (sauf en les explicitant), je ne détaillerai pas systématiquement les définitions (par exemple, je considérerai que le lecteur sait déjà ce qu’est une abréviation).

La démarche de ce petit guide privilégiera :
-  les éléments que l’on rencontre le plus souvent,
-  les erreurs les plus fréquemment rencontrées sur l’internet,
-  les cas où les caractéristiques techniques de l’internet peuvent modifier les règles classiques.

Enfin, pour ce qui concerne le rapport à l’internet de ce petit guide, je considérerai deux cas génériques : le mode texte (emails, newsgroups) et le mode HTML (pages Web).

Abréviation

(On admettra que le lecteur sait déjà comment se construit une abréviation.)

Dans les textes courants (notamment des articles, des brèves, des blogs...), on évitera d’abuser des abréviations, car elles risquent de ralentir la lecture et de provoquer des difficultés de compréhension (on se limitera donc aux plus courantes, telles que etc. pour et cetera et p. pour page). On évitera de construire ses propres abréviations, et l’on préférera utiliser les conventions habituelles (par exemple, p. au lieu de pge, M. au lieu de Msieur).

Pour le choix des majuscules et des minuscules, ou de l’italique, l’abréviation utilisera en général le même choix que l’expression ou le mot complet :
-  c.-à-d. pour c’est-à-dire,
-  etc. pour et cetera,
-  Impri. nat. pour Imprimerie nationale (majuscule au premier mot).

Certaines exceptions concernent le passage de l’abréviation en lettre capitales, par exemple JO (Journal officiel), QG (quartier général), N.D.L.R. (note de la rédaction)...

Les abréviations construites par retranchement des lettres finales sont invariables. On écrira bull. pour bulletins, et surtout pas bulls. ; dép. pour départements, et jamais déps. ; chap. pour chapitre et non chaps. Seules les abréviations constuites par retranchement de lettres médianes peuvent être mises au pluriel : Mmes pour mesdames. Les abréviations devenues de véritables noms communs dans la langue courante acceptent le pluriel : des autos, des motos, des cinémas, des photos...

Notez bien : l’Imprimerie nationale refuse l’emploi de l’abréviation pp. (pour pages) : on ne devrait pas répéter des lettres pour marquer le pluriel d’une abréviation. Pour indiquer les « pages 87 à 125 », on écrirait p. 87-125, mais jamais pp. 87-125. Cependant, cette abréviation existe bel et bien, et est communément acceptée. Le choix est donc laissé au compositeur : l’essentiel (ici comme dans tous les autres cas où un choix est laissé à l’intiative du webmestre) est de rester cohérent et d’appliquer le même principe sur l’intégralité du document.

Les abréviations de monsieur, madame... posent souvent des difficultés.
-  Monsieur s’écrit M. (toujours en majuscules) ; en français, on n’écrit jamais Mr, qui signifie mister.
-  MM. signifie messieurs (ici, exceptionnellement, la répétition de la lettre marque le pluriel).
-  Les abréviations de mademoiselle, mesdemoiselles, madame, mesdames, se construisent par retranchement de lettres médianes : elles portent donc éventuellement la marque du pluriel, et les dernières lettres peuvent être mises en supérieur, sans point final : Mlle, Mlles, Mme, Mmes. Erreur fréquente : mademoiselle s’écrit Mlle, et non Melle. La règle classique impose de placer les dernières lettres en supérieur (au dessus de la ligne de base) ; désormais, cette recommandation apparaît comme un archaïsme. On peut parfaitement décider d’écrire Mlle, Mlles, Mme, Mmes. Le tout est d’effectuer un choix dès le début et de s’y tenir.

Si l’on choisit la règle classique (lettres finales sur une ligne supérieure), on a ici une difficulté technique pour l’internet.

Sur le Web, on peut coder ainsi en HTML :

En mode texte (email, newsgroups), une telle subtilité n’est pas possible. On pourra donc se contenter d’écrire Mlle Martin, Mme Dupond ; l’habitude moderne est donc ici imposée par la technique.

Le point indiquant l’abréviation (dit « point abréviatif ») ne remplace pas les signes de ponctuation qui la suivent (ainsi, si nécessaire, une virgule devra suivre un point abréviatif, l’un ne remplace pas l’autre). Seuls le point final et les points de suspension se confondent avec ce point :
-  Aimez-vous les pommes, les poires, etc. ?
-  Les pommes, les poires, etc., tous ces fruits [...]
-  J’aime les pommes, les poires, etc.

Erreur fréquente : l’abréviation etc. n’est jamais suivie de points de suspension (car ils ont le même sens). La forme : « les pommes, les poires, etc... » est une erreur. On évitera de répéter l’abréviation etc. ; cela se fait à l’oral, mais pas à l’écrit (« les pommes, les poires, etc, etc... » étant particulièrement moche).

Les nombres ordinaux s’abrègent ainsi : 1er, 1re 2e, 3e. Erreurs fréquentes : 1ère, 2ème sont des formes erronées.

Même remarque que pour Mlle. En HTML, on codera :

En mode texte, on pourra se contenter de 1er, 1re, 2e...

Ne pas confondre 1er, 2e... avec 1°, 2°, qui signifient primo, secundo... (le « ° » est un petit o, et non un zéro). Ils peuvent donc s’utiliser pour une énumération, mais pas à la place de « premier » et « second ».

On verra dans la partie consacrée aux bibliographies la façon d’écrire les abréviations de prénoms d’auteurs (J.-P. pour Jean-Paul), et on lira l’explication des acronymes pour la présentation des sigles tels que ONU ou Sida.

(GIF)
Astuce de déco
Un petit brin de houx sera du meilleur effet sur votre table.

Accent sur les capitales

Grand sujet d’engueulades, doit-on mettre des accents sur les majuscules ? (Avec pour argument final : « j’ai appris à la petite école qu’on ne devait jamais en mettre ».)

La règle classique consiste à systématiquement accentuer les capitales (y compris le À ; pas seulement les petites capitales). En effet, les accents français influent sur le sens des mots ; leur absence introduit donc des risques de mauvaise interprétation. Par exemple : « LE FASCISME ERADIQUE SUR LE NET », à la place de « LE FASCISME ÉRADIQUÉ SUR LE NET » ; et on reviendra certainement bredouille d’une pêche au « PALAIS DES CONGRES » [1].

Sur le Web, les majuscules accentuées se codent comme les minuscules. Sur un serveur correctement configuré, dans une page HTML adoptant le code ISO correct, on peut les écrire telles quelles : À, É... comme on écrit déjà directement à et é. Sinon, il suffit de construire le code HTML comme on le fait pour les minuscules : À, É.

Pour l’email, certes il y a ce vieux problème des « accents qui passent mal ». Mais il est de moins en moins fréquent. Et, de toute façon, si les lettres minuscules accentuées passent, les majuscules n’auront pas plus de difficulté.

On trouvera de nombreuses excellentes raisons pour ne pas accentuer les majuscules : sur le A, l’accent serait très laid ; avec des caractères en plomb, on risquait d’émousser les majuscules et le travail était ralenti ; dans les quotidiens à l’interlignage très resserré, les capitales accentuées peuvent « mordre » sur la ligne supérieure ; les machines à écrire ne comportaient pas de tels caractères ; sur mon PC je ne sais pas comment obtenir ces lettres... et puis c’est marqué dans une circulaire de l’Éducation nationale. Même s’il n’y a plus aucune raison objective pour ne pas accentuer les majuscules, on proposera cette unique alternative (mais en la déconseillant) : si vous ne voulez pas accentuer les majuscules, alors n’en accentuez aucune ; toute règle proposant un mélange de majuscules accentuées (dans certaines situations) et non accentuées est une catastrophe. Le choix se fait entre le tout accentué et le jamais accentué ; aucune solution intermédiaire (sus aux hérétiques !).

Acronyme

Les acronymes, ou sigles constitués des premières lettres d’une série de mots, s’écrivent en majuscules, sans point entre les lettres ni à la fin. (Il y a encore peu de temps, l’usage voulait que l’on place des points pour séparer les lettres : « O.N.U. », mais désormais c’est la simplicité qui prédomine : « ONU ».)

De nombreux acronymes s’écrivent comme des noms propres, avec une unique capitale initiale : Benelux, Sida, Unesco...

Plusieurs règles se combinent assez bien, permettant de déterminer si l’on écrit un acronyme entièrement en majuscules ou avec une unique capitale initiale :

-  les acronymes de trois lettres et moins s’écrivent en majuscules ; au-delà, on peut passer en minuscules ;

-  les acronymes qui peulent se prononcer « comme un mot » s’écrivent en minuscules (Benelux, Unesco) ; ceux qui s’épèlent restent en capitales (FLNC, BNP) ;

-  les acronymes d’usage très courant dans la conversation s’écrivent en minuscules : Sida, parfois Otan. Exceptionnellement, certains acronymes deviennent même des noms communs : ainsi l’usage sida apparaît dans la presse (« Vivre avec son sida »).

Notez bien : le fait que des sigles s’écrivent entièrement en majuscules n’impose aucunement que les expressions d’origine s’écrivent avec des majuscules initiales, bien au contraire. « OTAN » s’écrit en majuscules, mais on écrit « Organisation du traité de l’Atlantique nord », on écrit « OCDE » et « Organisation de coopération et de développement économique » (inutile de placer des majuscules partout pour que l’andouille de lecteur repère l’astuce - oh, ce sont les mêmes lettres !).

Anti

Les mots débutant par le préfixe anti s’écrivent sans trait d’union. En cas de doute, on les trouvera dans le dictionnaire sous cette forme (force antiterroriste, anticyclone).

Les principales exceptions à cette règle sont :

-  les cas où le second élément du mot commence par un i : anti-internet, anti-impérialisme ;

-  lorsque le second mot est lui-même un mot composé : anti-franc-tireur, navire anti-sous-marin ;

-  les mots construits de toute pièce selon un besoin spécifique : mur anti-bruit, un activiste anti-avortement. Il est probable que lorsque ces mots deviendront des mots très courants, ils perdront leur trait d’union.

Bibliographie

La forme adoptée pour une bibliographie ou des notes bibliographiques est très variable. Il n’y a pas de règle définitive sur le sujet. On pourra préférer intégrer les notes à l’intérieur d’un texte, entre parenthèses, en notes de bas de page, regrouper toutes les entrées tout à la fin...

Concernant le Web, on considérera cependant :
-  qu’une longue notice à l’intérieur d’un texte pourra nuire à la lecture de la phrase ; si l’on retient cette solution, on restera donc sobre dans l’information bibliographique fournie - par exemple, inutile de préciser la maison d’édition, l’année de publication, la page concernée ;
-  une notice rejetée en note de bas de page peut rendre plus difficile la lecture, puisqu’il faut descendre de plusieurs écrans puis remonter pour revenir dans le texte ; dans ce cas, des liens hypertexte internes à la page entre le lien de la note et la note elle-même seront très pratiques (avec SPIP, par exemple, cela se fait automatiquement).

À moins de publier un document technique très spécialisé, l’usage consiste à rester sobre dans les indications bibliographiques : il s’agit de fournir les informations indispensables pour que le lecteur puisse retrouver l’ouvrage, c’est-à-dire le titre de l’ouvrage et le nom de l’auteur (les mentions de l’éditeur, de la page, de l’année sont généralement superflues dans un texte courant).

L’essentiel étant, comme à l’habitude, d’utiliser une présentation unifiée sur l’ensemble des documents.

-  Le nom de l’auteur s’écrit classiquement en petites capitales. Cependant, cette habitude est pénible à coder en HTML ; de plus en plus l’usage courant consiste à écrire le nom de l’auteur en minuscules, c’est-à-dire à se contenter d’un Jean-Paul Sartre au lieu d’un Jean-Paul SARTRE chiant à coder. Erreur fréquente : le prénom de l’auteur ne s’écrit pas en petites capitales.

Si l’on abrège le prénom de l’auteur, il faut absolument un point abréviatif à tous les noms, et à chaque élément des prénoms composés. Quand aux prénoms composés, on conservera le trait d’union. Par exemple : Jean-Paul s’écrit J.-P. (le dernier point est bien un point abréviatif). Attention à ne pas confondre avec les prénoms multiples (notamment américains), qui ne contiennent pas de trait d’union : H. G. Wells.

En HTML, coder les noms des auteurs est relativement pénible.

-  Les petites capitales s’obtiennent, selon l’ancienne méthode, en choisissant une taille de police inférieure au texte courant, de cette façon :

On pourra préférer utiliser les CSS, qui donnent un résultat plus « propre » (on évite notamment d’insérer des codes HTML à l’intérieur du mot, ce qui perturbe les moteurs de recherche) :

(Note pour les utilisateurs de SPIP : la présence des deux-points et du point-virgule dans ce code provoque un conflit avec la correction typographique de SPIP - insertion d’espaces insécables. C’est ici un cas où il faut insérer les pseudo-codes SPIP <html> et </html> pour éviter ce conflit.)

-  Si vous utilisez des abréviations pour les prénoms, il faut absolument interdire le retour à la ligne entre le nom et les prénoms, donc insérer une espace insécable &nbsp;. Par exemple :

(Note aux utilisateurs de SPIP : dans SPIP, il n’est pas nécessaire de taper le code &nbsp;, il suffit d’insérer un « tilde » (~) qui sera remplacé automatiquement par une espace insécable.)

Evidemment, tout cela est impossible dans un email en mode texte. On se contentera d’indiquer les noms des auteurs tout en minuscules ou tout en majuscules. Si l’on indique souvent les prénoms des auteurs, on pourra éviter de les abréger, pour éviter les retours à la ligne disgracieux.

Si la bibliographie prend la forme d’une liste à la fin du texte (et non d’insertions directement à l’intérieur du texte), on peut inverser le prénom et le nom (comme son nom l’indique, le prénom précède habituellement le nom), l’Imprimerie nationale ayant même l’habitude d’inscrire le prénom entre parentèses, sous la forme :
-  DOMENACH (Jean-Luc) et RICHER (Philippe), La Chine, 1949-1985.

-  Le titre d’un livre ou d’une revue s’écrit en italique, sans guillemets. Pour le Web, il semblerait logique de considérer ainsi le nom d’un site Web (on écrira de préférence uZine plutôt que « uZine »).

-  Le titre d’un article s’écrit en romain, avec des guillemets. Un article de site Web entrera dans cette catégorie.

Ces deux indications se combinent de manière très claire, et la standardisation permet de comprendre facilement de quoi il retourne. Par exemple, on pourra relire l’article « La lecture facile à l’écran » sur le site uZine.

On verra plus loin que les mots étrangers s’écrivent en italique dans les textes en français. On n’appliquera pas cette règle pour les titres de livre et les titres d’articles : on les traite comme des titres en français (italique pour les ouvrages, romain et guillemets pour les articles) ; seuls les mots étrangers à l’intérieur d’un titre en français passent en italique. En revanche, on respectera les choix typographiques de la langue d’origine (notamment, les titres en anglais comportent souvent des majuscules sur tous les mots importants - noms et adjectifs).

On pourra évidemment compléter de tous éléments jugés nécessaires, tels que le numéro d’une revue, les pages dans un ouvrage (rappel : si plusieurs pages sont concernées, on utilise l’abréviation p., et jamais pp.), le nom de l’éditeur et la date de publication. Cependant, pour un texte courant, tel un article, de tels éléments sont souvent inutiles et surchagent inutilement la présentation (le but d’une note bibliographique est d’indiquer la source d’une information, ça n’est pas le catalogue d’Amazon ; le lecteur qui voudrait acheter l’ouvrage saura se débrouiller avec le titre et le nom de l’auteur).

Les informations bibliographiques sont souvent l’occasion d’un lien hypertexte (sur le titre d’article). Voir l’entrée sur la présentation des liens hypertexte dans le présent guide.

Citation

S’il n’y a pas de règle stricte pour la présentation des citations, l’usage le plus fréquent consiste à les présenter en romain et entre guillemets : « Ceci est mon sang », disait l’autre.

Dans une page Web, où la lecture est moins précise que sur papier, et surtout si l’on a de longues citations à l’intérieur des paragraphes de texte, on peut vouloir accentuer encore la présentation des citations, « en les présentant en caractères italiques et entre guillemets ». Notez bien que cette présentation n’est pas la norme habituelle sur papier ; cette forme est également plus contraignante puisqu’il faut introduire des codes HTML supplémentaires. Sauf besoin spécifique, on se contentera donc de la présentation traditionnelle, les citations « étant seulement signalées par les guillements ».

Pour de longues citations, on pourra les mettre en évidence en utilisant la balise <blockquote> qui provoque un resserrement de la justification du meilleur effet (comme son nom l’indique, cette balise introduit un « bloc de citation »).

Notez qu’en français, on utilise systématiquement les guillemets ayant la forme de « deux petits chevrons », et non les “guillemets anglais”.

Pour présenter une citation à l’intérieur d’une autre citation, l’usage classique recommande d’introduire la seconde citation avec des guillemets français. L’usage actuel consiste à différencier cette seconde citation en l’introduisant avec des guillemets anglais : « Dans son article sur la typographie en ligne, Bidule citait Sartre : “Avec du savon de Marseille, ça va déjà mieux.” »

Lorsque la citation est une phrase complète, elle est précédée par un deux-points et le point final est à l’intérieur de la citation : « Le point, c’est important. » Lorsque la citation est fondue dans la continuité d’une phrase du texte, il ne faut pas « la faire précéder du deux-points, et le point final est rejeté hors des guillemets ». Mais pour ces histoires de signes de ponctuation à l’intérieur ou à l’extérieur des guillemets, le mieux est encore de s’en remettre à son bon sens : « N’est-ce pas ? »

Pour indiquer qu’une citation est tronquée, on utilisera l’abréviation etc. lorsque la fin est supprimée (etc. étant placé après le guillemet fermant) ou des points de suspension (les points de suspension étant, eux, placés avant le guillemet fermant). Notez que ces indications ne sont réellement utiles que si l’on a supprimé la fin d’une phrase ; sinon, puisqu’il s’agit d’une citation, le lecteur est bien conscient que l’auteur initial a certainement poursuivi son propos au-delà de la courte citation.

Pour indiquer une coupe à l’intérieur d’une citation, on utilisera [...] des points de suspension entre crochets. Cette indication est indispensable (sinon l’auteur risque bien de vous abattre au petit matin lors d’un duel au pistolet, pour avoir dénaturé sa pensée).

CEDEX

Dans une adresse, le mot CEDEX s’écrit en majuscules et sans accent (« Cédex » est totalement faux), puisqu’il s’agit de l’acronyme pour Courrier d’Entreprise à Distribution EXceptionnelle.

Contre

La plupart des mots composés avec le préfixe contre s’écrivent avec un trait d’union (à l’inverse de anti), espèce de porc contre-révolutionnaire et antisocial ! Attention, il y a une liste d’exceptions d’une cinquantaine de noms, tels contresens et contrepoint ; en cas de doute, consulter un dictionnaire.

Remarque : certains ont retenu de l’école qu’il ne fallait jamais utiliser « par contre », mais toujours « en revanche ». C’est pas vrai.

Coupures des mots et retours à la ligne

Le Web ne permettant pas pour l’instant la césure automatique des lignes, la coupure des mots ne nous intéresse pas ici. Ceux que le sujet intéresse consulteront un guide typographique plus spécialisé. Notre seul conseil ici : si vous utilisez un logiciel de PAO, pensez à bien indiquer que vous travaillez en français, afin que le logiciel utilise les règles de césure propres à notre langue (on ne coupe pas les mots de la même façon dans toutes les langues).

Pour les retours à la ligne, le Web n’offre pas non plus de grandes possibilités de contrôle. Cependant, il est quelques cas où il est conseillé d’utiliser une espace insécable &nbsp; (dans SPIP : ~) pour interdire des coupures de ligne mal placées :
-  après les abréviations de titres de politesse : M.~Durand,
-  entre un prénom abrégé et un nom propre : J.~S.~Bach,
-  avant ou après certains chiffres : Louis~XIV, chapitre~V, 11~septembre, 10~h~30.

Date

Les dates ne posent généralement pas de difficultés. Elles s’écrivent avec le numéro du jour en chiffres arabes, le mois en toutes lettres (on évite les mois en abrégé, un texte n’est pas un tableau Excel !), et l’année en chiffres arabes.

Sur le Web, pour éviter les retours à la ligne mal placés, on pensera à placer une espace insécable entre le numéro du jour du mois et le nom du mois (11&nbsp;septembre). Selon les usages classiques, on évite également de couper avant l’année, mais inutile de chipoter.

Erreur fréquente : le nom du mois s’écrit en minuscules (pas de majuscule initiale) : 28 juillet 2002, et jamais 28 Juillet. On ne met une majuscule initiale au nom du mois que lorsque la date est utilisée comme symbole d’un événement historique : le 14 Juillet, le 11 Septembre.

Doctrines religieuses et philosophiques, écoles artistiques

Les doctrines, écoles, religions s’écrivent en minuscules : le catholicisme, le judaïsme, le structuralisme, l’existentialisme, le communisme, l’anarchie, le romantisme, le cubisme...

De même, le nom de leurs adeptes d’écrit en minuscules : les catholiques, les juifs, les musulmans, les communistes, les romantiques...

Rien de bien compliqué, cependant on peut se tromper facilement, en se basant sur les noms des habitants des nations, qui s’écrivent avec une majuscule (les Américains, les Français...). Ce qui donne : « Les Américains en guerre contre le communisme ».

Exception : quelques rares groupes portent des noms propres : le Bauhaus, les Nabis, la Pléiade...

Les groupes politiques suivent les mêmes règles (évidemment). On ne met une capitale initiale que lorsque l’on cite la dénomination exacte d’un parti (sa « marque déposée ») : le Rassemblement pour la République, la Parti communiste français, le Parti socialiste...

Au rayon « politique », on pourra aussi voir comment écrire les régimes politiques.

Église

Le mot église s’écrit avec une miniscule initiale lorsqu’il désigne le lieu de culte, en tant qu’édifice (débarassé de sa dimension symbolique) : aller à l’église, des chants d’église. Avec minuscule également lorsqu’il s’agit d’un groupe humain partageant une même doctrine : une église très sectaire.

À l’inverse, le mot Église prend une majuscule lorsqu’il désigne l’aspect symbolique, le pouvoir spirituel, l’ensemble des fidèles et la hiérachie : l’Église catholique, un homme d’Église.

Époque

Lorsqu’une époque est désignée sous un nom propre, elle s’écrit avec une majuscule initiale : le Tertiaire, le Quaternaire, la Renaissance, l’Antiquité...

À l’inverse, lorsqu’on désigne une époque par une « ère de... », un « âge de... », on n’utilise pas de majuscule : l’âge de bronze, l’âge de la pierre, l’ère tertiaire, l’ère chrétienne, les grandes invasions.

Erreur fréquente : le Moyen Âge porte deux majuscules et ne contient pas de tiret de liaison.

État

Lorsqu’il désigne un pays ou son gouvernement, le mot État commence par une majuscule : au service de l’État, un secret d’État, l’État d’Israël, un État palestinien....

Débarassé de cette dimension symbolique (liée au pays), il s’écrit avec une minuscule : état civil, état d’âme.

Espace

Je me la pète en typographie : en jargon typographique, espace est un nom féminin. On place donc une espace avant ou après certains caractères, on insère une espace insécable entre deux mots...

Événement historique

Les événements historiques s’écrivent avec une majuscule au premier mot significatif (le plus souvent un nom). Si ce mot est précédé d’un adjectif, celui-ci comporte également une majuscule initiale ; si l’adjectif suit le mot important, il reste en minuscules. (Cette même règle s’appliquera aux titres d’oeuvres.) L’article défini initial (le, la, les) ne comporte pas de majuscule (contrairement à la plupart des titres d’oeuvres).

La Réforme, la Révolution française, la Résistance, la Libération, la Longue Marche, la révolution d’Octobre...

Notez que le choix du mot significatif peut poser problème. On écrit : les massacres d’Octobre (et non les Massacres d’octobre), l’affaire Dreyfus (mais si dans la littérature du début du siècle, on évoquait simplement l’Affaire).

Fête

À l’instar des événements historiques (que souvent elles commémorent), les fêtes civiles et religieuses s’écrivent avec une majuscule initiale au premier nom la caractérisant, et lorsque c’est le cas à l’adjectif qui le précède : le Jour de l’an, le Nouvel An, Mardi gras, Vendredi saint...

Lorsqu’il s’agit de dates (voir cette entrée), elles sont évidemment prises ici dans leur acception symbolique, donc avec une majuscule au nom du mois : le 11 Novembre, le 1er Mai, le 14 Juillet.

Fonction officielle

Les noms des fonctions s’écrivent sans majuscule initiale (l’erreur est fréquente, parce qu’on a affaire à des péteux qui veulent une majuscule) : le pape, le ministre, le président de la République, le roi, le député, le général...

Attention : le Premier ministre. Les textes officiels peuvent souvent écrire, par déférence : le Président de la République.

On peut, dans certains cas, utiliser le nom de la fonction avec une majuscule initiale lorsque, sans équivoque possible, on utilise cette fonction en lieu et place du nom propre de la personne. L’Empereur (lorsque l’on est sûr, dans ce texte précis, que l’on parle de Napoléan Ier), le Cardinal (à la place du cardinal Richelieu).

Ainsi, certains titres, qui n’ont été attribués dans l’histoire qu’à une seule personne, sont systématiquement écrits avec une majuscule initiale (puisque le titre peut être utilisé sans risque de confusion à la place du nom propre) : le Führer, le Caudillo, le Duce.

Guerre

Les guerres, batailles et autres expéditions militaires s’écrivent toutes avec en minuscules : les guerres puniques, la guerre de 1914-1918, la seconde guerre mondiale, les guerre de Religion, la guerre des Six Jours.

Seules les guerres qui consituent de véritables noms propres prennent une majuscule initiale : la Grande Guerre, la Longue Marche.

Puisque les guerres sont l’occasion d’évoquer une tripotée de titres et autres fonctions prestigieuses, rappelons que ces grades et fonctions s’expriment sans majuscule initiale (un général de la guerre de Six Jours), sauf si dans un cadre très précis le grade est utilisé pour évoquer une personne sans équivoque possible, à la place de son patronyme : le Général (de Gaulle), le Maréchal (Pétain).

Habitant

Les êtres humains nés quelque part ou d’une certaine couleur prennent systématiquement une majuscule : les Américains, les Français, les Chinois, les Parisiens, un New-Yorkais, un Noir...

Les adjectifs et les langues prennent une minuscule : le peuple français, le flegme britannique ; ici, on parle le français et l’italien...

Ces règles sont importantes (voir aussi les règles consacrées aux doctrines et aux religions), et sources d’erreurs fréquentes. Un juif d’Israël parle l’hébreu, les Arabes israëliens aussi, un Français parle le français, même s’il est communiste ou Marseillais, un New-Yorkais habite New York (sans trait d’union), et on se fait naturaliser anglais (c’est ici un adjectif). Cela peut sembler un peu confus, mais l’habitude se prend vite : les habitants des pays avec une majuscule, les langues en minuscules, c’est déjà l’essentiel.

Internet

L’usage est en train de se fixer : de la même façon qu’en anglais, on the internet, on navigue « sur l’internet », nom commun précédé d’un article et sans majuscule.

À la rigueur, si l’on tient à naviguer « sur Internet », c’est alors un nom propre et on place une majuscule initiale (mais cette forme est désormais considérée comme erronée).

On proscrira absolument les mélanges, « sur internet » et « sur l’Internet ».

(GIF)
Gaffe à la lettrine !
Jean-Paul ne les supporte pas et il mord.

Lettrine

La lettrine est une grande majuscule au début d’un texte, le paragraphe « habillant » la forme de cette lettre sur deux ou trois lignes. Les premiers mots du paragraphe (le premier groupe syntaxique cohérent) sont composés en petites capitales.

Si le paragraphe commence par une citation, c’est-à-dire avec un guillemet ouvrant, le guillemet est composé dans la taille du texte (en « petit »), et c’est la lettre suivante qui est placée en lettrine. Si le caractère qui suit la lettrine est une apostrophe, celle-ci n’est pas jointe à la lettrine, mais composée dans la taille du texte courant.

Disons-le tout net : l’utilisation de la lettrine sur le Web n’est pas une bonne idée ! Tout d’abord, parce que son utilisation ne se justifie généralement pas : la lettrine, notamment dans la presse, sert à indiquer sans équivoque possible où commence un texte, ce qui peut être très pratique dans la présentation fragmentée et sur plusieurs colonnes d’un journal ; sur le Web, de telles présentations n’existent pas (la présentation sur plusieurs colonnes est extrêmement rare, et quand c’est le cas c’est souvent une catastrophe graphique ; et les articles sont répartis sur différentes pages, donc on sait toujours où commence un texte). L’autre utilisation classique de la lettrine, c’est pour des ouvrages à la finition très soignée ; or, et c’est là le point essentiel : il est rigoureusement impossible de réaliser une lettrine correcte sur le Web.

-  La solution en HTML, grâce aux feuilles de style, est tout simplement hideuse. Ça ne ressemble à rien de connu, et même Word n’arrive pas à produire des résultats aussi catastrophiques.

-  La solution qui consiste créer les lettrines sous forme d’images (vignettes GIF) est plus jolie, mais rien qui approche les exigences d’une typographie soignée : il faut pouvoir travailler l’espacement de la première ligne (par exemple, pour une lettre constituée d’un grand L, décaler la première ligne vers la gauche) et décaler la seconde ligne vers la droite (pour éviter que cette ligne soit « collée » à la lettrine). Il faut de plus que la taille de le lettrine soit exactement celle des lignes qui l’habillent (le sommet de la première ligne doit correspondre au sommet de la lettrine, et la ligne de base de la dernière ligne habillant la lettre doit être au niveau du bas de la lettrine). Toutes choses rigoureusement impossibles à réaliser en HTML.

Bref, l’usage de la lettrine (même moche), destinée à indiquer où commence le texte, n’a pas vraiment de sens sur le Web ; et l’usage d’une lettrine destinée à montrer le soin apporté à la composition aurait plutôt l’effet inverse. Sur le Web, c’est un élément contre-productif (on perd énormément de temps pour réaliser un effet médiocre).

Lien hypertexte

La méthode la plus simple et la plus efficace pour introduire un lien hypertexte dans une page Web consiste simplement à sélectionner un élément de phrase très explicite : l’utilisateur saura de quoi il retourne. Par exemple, un lien vers un article consacré à la lecture à l’écran. Il ne faut pas hésiter à prendre un élément de phrase suffisamment long, et à l’indication très explicite. Eviter notamment de demander à l’utilisateur de cliquer ici (un seul mot court, et on ne sait pas trop de quoi il s’agit).

Si le texte est avant tout destiné à être imprimé, on pourra écrire l’URL du lien hypertexte en toutes lettres. On pourra ici recourir aux notes de bas de page, pour éviter de perturber la mise en page du texte courant [2]. Cela uniquement si la page est destinée à l’impression (sinon on surcharge la page avec une information que l’utilisateur peut facilement récupérer par ailleurs).

Dans un email, en mode texte, la meilleure habitude consiste à écrire les URL en toutes lettres, en revenant à la ligne. Inutile de chercher à créer de véritables liens hypertexte, les logiciels de mail repèrent automatiquement un URL et les rendent « cliquables ».

Je me la pète : URL est masculin : Uniform Resource Locator (et non Location). Mais ça se discute.

Je kiffe grave la technique : on nous signale que le W3C recommande désormais l’usage de l’URI, qui peut être un URL ou un URN (Uniform Resource Name). Mais ça tombe bien, URI signifie Uniform Resource Identifier, donc c’est toujours masculin. On suppose que ça aussi, ça se discute.

Lieu géographique

Autant le dire tout de suite : écrire des noms de lieux géographiques est une véritable casse-tête. Comme je pourrai difficilement faire mieux, je reproduis ci-après l’entrée du Lexique de l’Imprimerie nationale. (Note : cet ouvrage utilise le terme usuel en typographie de bas de casse : il s’agit des lettres minuscules.)

1. Rencontré seul, le nom propre géographique (qu’il soit nom propre par nature ou par occasion) prend naturellement une majuscule :
-  l’Europe
-  les Détroits (Bosphore et Dardanelles)

2. Nom commun d’espèce individualisé par un nom propre ou par un adjectif ; celui-ci reçoit une capitale initiale [3], le nom commun reste en bas de casse :
-  la baie des Anges
-  le cap Vert

2 bis. Exceptions à la règle précédente, certaines dénominations prennent traditionnellement la majuscule au nom commun d’espèce mais la minuscule à l’adjectif qui le suit :
-  le Bassin parisien
-  le Massif central

3. Le nom commun d’espèce et l’adjectif ou le nom propre qui l’accompagne servent, ensemble, de nom propre (avec deux capitales et un trait d’union) à un autre nom commun d’espèce (qui, lui, reste en bas de casse) :
-  les îles du Cap-Vert
-  le massif du Mont-Blanc

4. Nom propre accompagné d’un adjectif « accessoire », dont le rôle consiste simplement à distinguer, dans l’ensemble unique défini par le nom propre, plusieurs parties (selon l’altitude, l’orientation du lieu, la langue, la nationalité de ses occupants, etc.) ; cet adjectif conserve la minuscule :
-  la basse Seine (le cours inférieur du fleuve)
-  l’Asie centrale
-  la Gaule cisalpine

5. Nom propre accompagné d’un adjectif nécessaire à l’identification non plus d’une partie par rapport à un ensemble mais d’un site, d’une contrée, d’un pays nettement individualisé du point de vue physique, économique ou humain : les deux mots portent une majuscule et son souvent liés par un trait d’union :
-  la Basse-Seine (le complexe économique)
-  l’Asie Mineure
-  Terre-Neuve
-  la Haute-Volta

6. Noms français ou francisés d’unités administratives (pays, départements, localités...) ; ils prennent des capitales aux substantifs et aux adjectifs ; leurs composants sont liés par des traits d’union, à l’exception de l’article initial :
-  les Pays-Bas
-  La Nouvelle-Orléans

7. Noms étrangers (non francisés) d’unités administratives (États, provinces, villes...) ; on s’efforcera d’en respecter l’orthographe d’orignie en ne mettant ni accents ni traits d’union mais en attribuant la majuscule aux substantifs, aux adjectifs et, pour les localités seulement, à l’article initial :
-  le New Hampshire
-  Los Angeles
-  New York
-  Venezuela

7 bis. Les noms et adjectifs francisés dérivés de noms étrangers seront composés « à la française » avec accents et traits d’union :
-  la foule new-yorkaise
-  les Vénézuéliens

8. L’article précédent le nom d’une commune prend la majuscule (sauf s’il y a contraction) :
-  Le Havre
-  La Rochelle
-  la ville du Mans

9. L’article précédant un lieu-dit, un quartier d’agglomération et tout terme géographique autre qu’un nom de commune (pays, îles, montagnes, fleuves, etc.) conserve la minuscule :
-  les Batignolles
-  la Martinique

10. Les surnoms géographiques, expressions traditionnelles suffisant à identifier certaines régions ou villes, se composent généralement avec un capitale aux substantifs et aux adjectifs qui précèdent le premier substantif :
-  la Côte d’Azur
-  le Nouveau Monde

Si, comme moi, vous êtes atterré, reportez-vous en cas de doute au dictionnaire, ou au Lexique de l’Imprimerie nationale (qui fournit plus de trois pages d’exemples courants).

Mémorisez cet exemple très fréquent (et avec une erreur presque systématique) : New York s’écrit sans tiret, mais les tours new-yorkaises s’écrivent avec un trait d’union.

Locution latine

Les locutions latines, comme les mots étrangers, se composent en italique : ad hoc, idem, a fortiori, vice versa...

Les expressions latines passées dans le langage courant se composent directement en romain, parfois accentuées : duplicata, mémento, post-scriptum...

Erreur fréquente : les abréviations « cf. » et « etc. » se composent en romain.

Le Lexique de l’Imprimerie nationale indique que l’on peut composer les expressions : à priori, à fortiori, à posteriori directement en romain, avec un à accentué, car on les considère ici dans des formes francisées. Ne vous en privez pas, cela constitue un chouette sujet de polémique inutile (une fois épuisé le sujet des capitales accentuées) ; d’autant que le code typographique (le vrai, le pointilleux de chez pointilleux) interdit rigoureusement cet usage.

Madame, mademoiselle, monsieur, chers compatriotes...

Peut-on raccourcir monsieur ? Pas de grosse difficulté ici, si ce n’est le risque d’une affreuse faute de goût protocolaire... La question ici ne porte pas sur la majuscule (pour une fois), mais sur l’utilisation de l’abréviation.

Les mots madame, mademoiselle et monsieur sont utilisés abrégés (même au pluriel, voir la partie consacré aux abréviations) devant le nom de la personne dont on parle ou qu’on désigne.

Ils s’emploient en entier (non abrégés) lorsqu’ils n’accompagnent pas un nom propre ou un titre : « je ne connais pas ce monsieur » (cela semble assez évident, on voit bien que « je ne connais pas ce M. » n’a aucun sens).

Surtout (là est le risque diplomatique), on n’emploie jamais la forme abrégée lorsqu’on s’adresse à la personne : « mais je ne vous connais pas, monsieur », « je vous écoute, mademoiselle ».

Évidemment, un larbin ne se permettra pas des abréviations familières avec ses maîtres : « Monsieur, madame me fait dire que monsieur est servi » (et non : « M., Mme me fait dire que M. est servi »).

Jamais de capitales (même pour « monsieur est servi »), sauf pour quelques rares titres honorifiques, tels que : Madame Mère ou Monsieur, frère du roi.

Majuscule initiale

Le lecteur aura remarqué que la plupart des règles typographiques exposées ici concernent la présence ou non d’une capitale au début d’un mot.

On pourra résumer ainsi l’essentiel du propos, en se souvenant que les erreurs de composition reviennent en général à placer plus de majuscules que nécessaire :

-  la plupart des termes génériques (rues, titres de fonctions...) s’écrivent entièrement en minuscules ;

-  les titres spécifiques (précisant ce qu’est l’objet ou la fonction désignés) s’écrivent généralement en plaçant une majuscule initiale au premier mot significatif (le plus souvent, un nom commun) ; si ce mot est précédé d’un adjectif, celui-ci adopte aussi une majuscule initiale. En revanche, tout ce qui suit le mot significatif, à l’exception des noms propres, est entièrement en minuscules : l’Assemblée nationale (A majuscule au nom, l’adjectif est après ce nom, donc en minuscules), le Grand Palais (P majuscule au nom, et G majuscule à l’adjectif qui précède).

Monuments historiques

La plupart des noms de monuments s’écrivent sans majuscule initiale au nom commun désignant leur espèce (tour, place, église, hôtel...) : l’arche de la Défense, la tour Eiffel, la galerie des Glaces, la statue de la Liberté, la chapelle Sixtine...

Seuls quelques rares noms, qui suffisent à caractériser suffisamment un monument, se composent avec une majuscule initiale (et dans ce cas, l’adjectif qui précède ce nom prend également une majuscule) : l’Arc de Triomphe, le Grand Palais, la Sainte-Chapelle...

Dans le doute, on se souviendra que la plupart des monuments s’écrivent sans majuscule initiale, et qu’on a plutôt tendance à mettre trop de majuscules que pas assez (il faut plutôt se réfreiner).

Mots importants

On veut souvent, dans un texte, mettre certains mots ou expressions importants en relief.

L’usage classique recommande de faire ressortir ces mots en les plaçant en romain et « entre guillemets ». Cependant, aujourd’hui, pour beaucoup de lecteurs ce procédé ne se contente pas de mettre le mot en relief, mais aussi introduit de plus une distance entre l’auteur et ce mot, donc lui attache une connotation négative.

De plus en plus, on préférera faire ressortir les mots importants en les écrivant en italique. (Notez bien, l’italique est largement suffisant pour faire ressortir des mots d’un paragraphe. Il est fortement déconseillé d’utiliser le gras à cet effet.)

La difficulté concerne ici le mail en mode texte, c’est-à-dire sans italique. Une convention spécifique permet de faire ressortir les mots importants : il suffit de les encadrer avec des tirets inférieurs (underscore). Par exemple : ceci est un _mot_ important.

Mots étrangers

Les mots et les expressions donnés dans une langue étrangère s’écrivent en italique, sans guillemets. Comme disait le grand homme, l’important c’est d’être aware, c’est-à-dire in touch with your emotions, tu vois.

Cependant, les mots étrangers passés dans le langage courant français s’écrivent directement en romain : week-end, match...

Lorsque l’on traite des sujets liés à l’internet, les mots anglais ne sont pas rares, et les usages ne sont pas encore fixés. On pourra donc choisir de mettre certains mots, qui sont encore clairement de l’anglais, en italique : browser (les termes butineur, navigateur... étant largement connus en français), et d’autres en romain, car on considère qu’on les utilise comme des mots français : email (le courriel n’est pas tellement répandu).

Notes

La note se présente le plus souvent sous le forme d’une note de base de page : le commentaire ou la précision ajoutés au texte apparaissent en bas de la page où leur appel est inséré ; plus rarement, la note est placée dans la marge (note marginale, parfois rencontrée dans les magazines) ; dans les ouvrages savants aux notes abondantes, celles-ci sont parfois regroupées à la fin du livre, ou à la fin de chaque chapitre.

Sur le Web, on peut considérer que les notes prennent, par définition, la forme de notes de bas de page : la note est insérée en bas de la page Web, sous le texte, souvent dans un corps inférieur. En pratique, sur des textes longs de plusieurs écrans successifs (il faut faire « défiler » le texte pour arriver en bas de la page), puisque les notes n’apparaissent pas directement sur le même écran que leur appel, cela revient plus à une note de fin de livre : il faut faire un effort important pour consulter la note depuis son appel, alors qu’une note de bas de page dans un livre se consulte directement en baissant le regard.

Cette caractéristique doit influer sur l’utilisation des notes dans une page Web, et c’est à l’auteur d’en être conscient. En effet, les notes sont rejetées assez loin de leur appel, donc difficiles à consulter (même avec un système d’aller-retour en liens hypertexte internes à la page). Il est donc conseillé de réserver l’usage des notes de bas de page sur le Web à des informations relativement accessoires : des compléments certainement intéressants, mais dont on peut très bien se passer (i.e. réservés aux lecteurs les plus curieux). Certaines notes, telles qu’on peut en trouver dans les journaux, que l’on considère importantes à la compréhension, seront de préférence insérées directement dans le corps du texte (entre parenthèses par exemple) ; cela influera sur la rédaction de ces notes : il faudra prévoir des notes très concises, qui ne perturbent pas le déroulement de la pensée (les interminables digressions, que l’on rencontre dans certaines notes, sont évidemment à proscrire ici).

Organisme officiel

La question ici concerne la présence ou non d’une majuscule initiale. Il faut différencier les organismes multiples, c’est-à-dire dont d’autres organismes du même type existent dans l’organisation administrative, et les organismes uniques, c’est-à-dire dont la compétence s’étend à l’ensemble du territoire.

Les organismes multiples (il existe plusieurs organismes de même type, même si celui que l’on évoque est identifié précisément par un repère géographique) s’écrivent en minuscules : l’académie de Lyon, le bureau du Sénat, la commission des finances, le conseil municipal de Paris, la direction du Budget, la préfecture de l’Ain...

Cela dit, inutile de perdre votre boulot pour des histoires de majuscules : il y a fort à parier que le directeur de la chambre de commerce de Trifouilli-les-Perpètes insiste pour devenir le Directeur de la Chambre de Commerce. Si c’est lui qui paie, c’est qu’il a sans doute raison.

Les organismes uniques (un seul exemplaire sur le territoire) s’écrivent comme des noms propres, c’est-à-dire avec une majuscule initiale au premier nom significatif, et lorsque c’est le cas une majuscule à l’adjectif qui le précède : les Archives nationales, l’Imprimerie nationale, le Conseil supérieur de la magistrature, le Conseil supérieur de l’audiovisuel, l’Assemblée nationale...

(Voir l’entrée sur les acronymes : nombre de ces organisations deviennent des sigles constitués des premières lettres de chaque mot ; cela ne signifie pas pour autant qu’on écrive en retour tous les mots avec des majuscules initiales. Ici comme ailleurs, on aurait plutôt tendance à utiliser trop de majuscules que pas assez.)

Les institutions internationales sont, pour la plupart, des organismes uniques. On leur applique donc la règle des organismes uniques : capitale initiale sur le premier mot significatif, et s’il y en a un, sur l’adjectif qui précède : la Commission européenne, le Conseil de l’Europe, la Cour internationale de justice, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord... Attention : « Nations unies » est déjà un terme consacré, et conserve partout sa majuscule : Organisation des Nations unies, Fond des Nations unies pour l’enfance...

Ponctuation

Il ne s’agit évidemment pas d’indiquer à quoi servent les différents signes de ponctuation. Nous récapitulerons les espaces typographiques qui doivent accompagner ces signes.

(GIF)

La figure ci-dessus reprend les différents signes de ponctuation, en indiquant pour chacun le type d’espace à placer avant et après le signe :
-  espaces larges : il s’agit d’espaces « justifiantes », c’est-à-dire d’au moins la même largeur qu’un caractère du texte, cet espace pouvant être augmenté par le logiciel de mise en page pour que la ligne de texte arrive à la bonne largeur ;
-  espaces larges insécables : il s’agit d’espaces d’environ la même largeur qu’un caractère du texte, ces espaces ne pouvant être utilisées pour insérer un retour à la ligne. Par exemple, on comprend bien qu’il est rigoureusement interdit de passer à la ligne juste avant un deux-points (avec le deux-points commençant sur la ligne suivante) ;
-  espaces fines insécables : espaces larges d’environ la moitié d’un caractère du texte, que l’on ne peut utiliser pour passer à la ligne.

En HTML, il n’est pas possible de définir des « demi-espaces ». Les espaces fines insécables ne peuvent donc pas être gérées finement sur le Web.

En revanche, on peut parfaitement créer des espaces insécables : il suffit d’utiliser la balise HTML &nbsp; (mnémotechnique : non-breaking space). Partout où le code typographique impose des espaces larges insécables (avant les deux-points, à l’intérieur des guillemets français), il suffira d’utiliser cette balise. Pour les demi-espaces insécables, on pourra également utiliser ce code ; certes, dans l’absolu, l’espace créée est trop important, mais visuellement, à l’écran, le compromis est très acceptable.

(Note pour les utilisateurs de SPIP : SPIP se charge de gérer automatiquement les espaces insécables obligatoires. On n’a donc pas à se soucier d’insérer des espaces « à la main » avant les signes de ponctuation, l’opération est réalisée automatiquement.)

Dans les emails, en revanche, il n’est pas possible de gérer les espaces insécables. On choisira donc :
-  soit de ne pas laisser d’espaces avant les signes qui les exigent ; l’effet est moins correct, mais on est certain de ne pas avoir de retours à la ligne intempestifs, avec des lignes commençant par un point-virgule ou un point d’interrogation ;
-  soit de mettre des espaces (forcément sécables) à la place des espaces insécables ; plus joli graphiquement, mais avec parfois la très mauvaise surprise d’un retour à la ligne catastrophique.

Erreurs fréquentes : deux habitudes fréquentes et insupportables de la part des utilisateurs du réseau : placer des espaces à l’intérieur des parenthèses (rappel : les parenthèses sont « collées » aux mots qu’elles contiennent) ; de même, placer des espaces à l’intérieur des guillemets anglais (rappel : les guillemets anglais sont « collés » aux mots qu’ils contiennent ; seuls les guillemets français doivent être séparés des mots par une espace insécable).

Les guillemets anglais, à l’instar des guillemets français, fonctionnent par deux : le “guillemet ouvrant” et “le guillemet fermant”. Si vous n’arrivez pas à obtenir ces guillemets, vous pouvez copier directement leurs balises HTML : &ldquo; et &rdquo;

Régime politique

Lorsque le régime politique est évoqué de manière générale, en tant que doctrine, il s’écrit (voir les doctrines) entièrement en minuscules : la proclamation de la république, de la dictature, de l’empire...

En revanche, lorsque le régime politique est évoqué pour désigner un pays ou une période de l’histoire, il se compose avec une majuscule initiale au nom principal, et s’il y a lieu, une majuscule à l’adjectif qui précède ce nom (toujours le même principe) : l’Ancien Régime, la République française, le Troisième Reich.

Cependant, si le nom du régime est complété d’un nom propre (notamment un pays), il redevient un nom commun : la principauté de Monaco, la république d’Irlande, le royaume de Belgique.

Rue

Dans l’énoncé d’une adresse, les mots rue, place, boulevard... s’écrivent en minuscules. Les noms, les adjectifs et les verbes qui composent le nom caractéristique de l’endroit prennent chacun une capitale initiale et sont liés par des traits d’union : l’avenue de la Porte-des-Lilas, la rue du Général-de-Gaulle, la rue du Chien-qui-Fume, l’impasse Léon-Trotsky, la place du 1er-Mai...

Boulevard prendra une majuscule dans quelques rares expressions consacrées : les Grands Boulevards, les Boulevards extérieurs, le Boulevard périphérique.

Saint

Les saints sont source de beaucoup de problèmes, pourtant la règle est relativement simple.

Les saints historiques s’écrivent tout bêtement avec une minuscule et sans trait d’union : saint Louis, sainte Giselle, saint Nicolas, saint Dudule...

De même, lorsque le mot saint est utilisé comme nom commun ou simple adjectif, il ne prend pas de majuscule : un saint reconnu par le Vatican, un saint homme, un lieu sain, les Lieux saints (Palestine), le Vendredi saint...

En revanche, il prend une majuscule et est suivi d’un trait d’union lorsqu’il entre dans la composition d’un nom propre (souvent construit à partir du saint d’origine) : la place Saint-André-des-Arts, le lycée Saint-Louis, les feux de la Saint-Jean, la fête de la Saint-Nicolas...

Quelques exceptions (justement) consacrées : la Sainte Vierge, le saint-père, le Saint-Office, le Saint-Siège, le Saint-Esprit.

Pour éviter les erreurs les plus fréquentes, il suffit de retenir que le saint d’origine, celui qui a été sanctifié, porte son propre nom et est indiqué par l’adjectif « saint » : saint Nicolas, c’est le dénommé Nicolas qui est devenu saint. Ensuite, lorsque des édifices, des rues et autres familles nobles ont repris ce nom, c’est devenu un nom propre, et l’ensemble s’écrit entièrement avec des majuscules initiales et un trait d’union : la Saint-Nicolas, c’est la fête qui porte ce nom, Saint-Louis c’est le lycée qui s’appelle comme ça...

Siècle

Fréquents, et souvent massacrés, les siècles s’écrivent en chiffres romains en petites capitales, en respectant l’abréviation des nombres : le xxe siècle.

Erreurs fréquentes : on n’écrit pas les numéros des siècles en chiffres arabes, et l’abréviation est bien e, jamais ème. Par exemple : « 20ème siècle » est à proscrire absolument.

En HTML, « le xxe siècle » pourra se coder ainsi :

(pensez à l’espace insécable pour éviter un retour à la ligne séparant le numéro du siècle et le mot « siècle »).

Dans un mail en mode texte, évidemment cela n’est pas possible. On utilisera simplement les chiffres romains en grandes capitales, suivi du petit « e » en minuscules : « XXe siècle ». Pas très élégant, mais tout à fait lisible.

 

[1] Voir la page consacrée à ce sujet sur le site Langue française.

[2] www.uzine.net/article1738.html

[3] Si l’adjectif peut être remplacé par un complément de nom équivalent, il reste en bas de casse : la côte atlantique (la côte de l’Atlantique), la chaîne alpine (la chaîne des Alpes).

 
 
Phynette et ARNO*
 

Le présent document est la seconde mouture publiée. La façon dont cette version s’est construite nous semble suffisamment originale pour être exposée ici, sous l’optique des expériences de travail éditorial collaboratif menées sur uZine.

Dans la journée suivant la publication de la première version, Phynette a posté dans le forum public un message exceptionnellement long et documenté, enrichissant certains points des explications et en infirmant d’autres ; la lecture de ces informations modifiant largement la documentation fournie par l’article, il a été décidé de modifier profondément le document initial, ce qui a mené à la version actuelle. Ainsi la confrontation d’un article publié en ligne et d’un message du forum public associé ont abouti à la construction d’un nouveau document.

Imprimer
format impression
Vainqueur 1982 du concours « Chateau de sable » du Club Mickey des Pingouins à Sainte-Cécile.
28 septembre 2003
6 octobre 2003
Ordonnatrice de propos de table. Descend les majuscules si on la paie correctement.
 
SPIP
Web indépendant


Répondre à cet article


> Petit guide typographique à l’usage de l’internet
11 mars 2007, message de jamumiwa
 
Surprise ! Tant de lecteurs pointilleux et aucun qui n’ait relevé ce curieux "réfreiner"...
Répondre


> Petit guide typographique à l’usage de l’internet
21 décembre 2006, message de kang
 

Bonjour, J’ai appris beaucoup en parcourant vos pages. Merci. J’ai déjà vu qu’on utilise parfois, entre les pages d’un même courrier, des signes à droite en fin de page ".../...", et à gauche en début de page suivante ".../..." (ou quelque chose comme ça).

Avez-vous déjà vu cela et quelles en sont les règles d’utilisation ? Merci

Répondre


> petite correction
2 novembre 2006, message de xhirafe
 

Juste une petite remarque de correctrice maniaque, l’OCDE, c’est l’Organisation de coopération et de développement économiques (avec un _s_)...

Sinon merci pour tous ces conseils utiles et pleins d’humour.

Répondre


> Petit guide typographique à l’usage de l’internet
13 octobre 2006, message de Janine Sfiligoi
 

Super votre abrégé de code typo,

J’ai lu rapidement, mais j’ai décelé une faute dans la rubrique

État : Débarassé au lieu de débarrassé.

Sinon trois réflexions

à priori, à postériori : même francisé, le a doit resté sans accent, nonobstant l’Imprimerie nationale. Il s’agit là du "a" abréviatif comme dans apolitique, et non de la préposition.

Guerres : Dans le code orthodoxe on dit Première Guerre mondiale et Seconde Guerre mondiale l’écriture s’apparente à la logique adoptée dans les règles de l’IN Il s’agit d’une guerre non qualifiée par ailleurs. C’est comme dans République française que nous écririons république de France (kif kif république de Slovaquie) ou le palais de la découverte, mais le Grand Palais... sinon écrire : la guerre des Six-Jours, reviendrait à dire que cette guerre est plus importante que les deux guerres mondiales.

Enfin en ce qui concerne les capitales accentuées :

-  en réponse à Univers Mac, l’Académie française a été ferme : il faut des accents (un petit exemple : les SINISTRES AFGHANS..., ou BRETECHE au lieu de Brétéché).

-  anecdote : les capitales étaient accentuées du temps du plomb. C’est la photocomposition qui a entraîné l’abandon des capitales accentuées : cette invention de trois Français a été développée aux États-Unis, pays qui ignore les accents, Elle nous est revenue avec des polices avec les bdc accentuées, mais pas les cap (question de coût je suppose). De là à pratiquer l’équation fatale : impossible = non autorisé le mental humain ne supportant pas d’avoir tort, il se donne donc de bonnes raisons pour faire les choses qu’il ne sait pas comment traiter.

Répondre
> Petit guide typographique à l’usage de l’internet, Phynette, 13 octobre 2006

Bonjour Janine !

D’accord pour tout, mais je n’ai pas bien compris votre logique à propos des guerres. Selon le principe "faut bien mettre la cap quelque part", Première Guerre mondiale ainsi que la seconde sont capitalisées en tant qu’événements historiques, l’adjectif "première" recevant la cap parce qu’il précède le substantif. La plus ou moins grande importance de l’événement n’a rien à voir avec l’attribution des capitales. Première, seconde et mondiale sont les éléments par lesquels lesdits événements sont caractérisés et trouvent leur unicité. De même pour la guerre des Six-Jours, Six-Jours étant l’élément caractéristique de l’événement. Les trois guerres sont ainsi sur le même plan en tant qu’événements historiques, leur importance relative à d’autres égards (sur laquelle je laisserai d’autres débattre) n’étant pas reflétée par la typographie.

En ce qui concerne les lieux, la capitale doit aussi refléter l’unicité, donc dans ce cas "palais de la Découverte".

Pour ce qui est des capitales non accentuées, vous avez raison de rappeler l’origine purement matérielle de cet "interdit" qui perdure encore chez certains éditeurs. Il me semble que les capitales d’imprimerie étaient accentuées au temps du plomb, mais uniquement pour les petites capitales. Je ne peux pas l’assurer, n’ayant pas sous les yeux d’exemple d’époque. Toutefois il est certain que l’accentuation ou la non-accentuation des capitales n’a jamais été une question autre que technique, les capitales ayant toujours été accentuées en langue française et en caractères latins dans le cas de textes peints ou gravés. Maintenant que rien ne s’oppose, techniquement parlant, à l’accentuation des caps, il faut les accentuer, voilà tout.

Répondre
> Petit guide typographique à l’usage de l’internet, Querulo, 30 janvier 2007

Janine :

à priori, à postériori : même francisé, le a doit resté sans accent, nonobstant l’Imprimerie nationale.

Certains le considère comme une locution latine francisée, auquel cas on pourra écrire « à priori ». Sinon, on pourra l’écrire « a priori » (éventuellement en italique), comme locution latine à part entière.

Il s’agit là du "a" abréviatif comme dans apolitique, et non de la préposition.

En aucun cas. Il s’agit d’une préposition latine.

Pour les sodomiseurs de brachycères, il y a un article très complet à ce sujet :

http://www.langue-fr.net/index/A/a-priori.htm

Répondre
> Petit guide typographique à l’usage de l’internet, Germaine, 3 février 2007
... même francisé, le a doit rester (et non "resté")...
Répondre
> Petit guide typographique à l’usage de l’internet, Gnomon, 2 juillet 2007

L’article GUERRES me pose un réel embarras.

Dans la presse, on lit : "Seconde Guerre mondiale". Wikipedia accrédite cet usage concernant l’emploi des majuscules. Un intervenant à ce sujet parle de "code orthodoxe" (j’avoue ne pas bien comprendre).

J’imagine donc que vous vous reportez au Lexique des règles typographiques en usage à l’imprimerie nationale qui fait référence et qui indique votre typo page 68. Peut-être a-t-il été révisé.

Y-a-t-il donc débat à trancher ou les deux usages sont-ils permis concernant ce phénomène historique ?

Répondre


Petite(s) question(s) concernant les alternatives féminin/masculin et singulier/pluriel
7 septembre 2006, message de R4f
 

Je ne sais pas où trouver la manière, othodoxe ou non, d’exprimer les alternatives masculin/féminin ou singulier/pluriel.

Je suis tombé sur plusieurs manières différentes de les énoncer :

-  le(s) enfant(s)
-  le.s enfant.s
-  peut-être une autre encore dont je ne me souviens plus.

Qui aurait des références à ce sujet ?

Est-ce variable entre langues ou pays (genre anglophonie/francophonie voire au sein même de la francophonie, ex. Suisse-France) ?

Merci d’avance !!

Raph

Répondre


Charte IGN
17 août 2006
 

La pratique de l’IGN est bizarre : ils formalisent avec grande précision leur toponymie, mais sans respect aucun des codes typo dont vous parlez !

Pour prendre la mesure du contraste, voyez plutôt : http://ign.fr/telechargement/education/fiches/toponymie/chartnym.pdf

L’inflation de la capitale a encore de beaux jours devant elle !

Répondre


> Petit guide typographique à l’usage de l’internet
15 août 2006
 

coucou les gens qui ont créé ce site,

juste pour vous dire qu’il est très utile et plein d’humour, merci !

je suis en train d’écrire mon mémoire de master et je galère un peu avec le code typo concernant les citations, les titres d’ouvrages, etc.

bref, c’était un réel plaisir de vous lire, une petite pause bien sympathique au cœur de mes longues journées de rédaction !

très bonne continuation

ps : désolé pour les majuscules, je n’aime pas ça !

Répondre


> Petit guide typographique à l’usage de l’internet
19 juin 2006, message de Mapie
 
Vraiment bravo et merci pour ce petit bijou de site bien utile. Mais il me semble que vous aviez (dans la version précedente ?) une partie pour les points cardinaux (avec ou sans majuscule selon les cas). Je ne la trouve plus et ne me souviens plus de la règle.
Répondre


> Petit guide typographique à l’usage de l’internet
25 avril 2006, message de Bernard, de Montpellier.
 

Ah, que c’est bon ! Que ça fait du bien ! Enfin des gens qui écrivent correctement ! Quel bonheur de lire enfin un texte correctement paramétré !

Il y a quelques petits détails qui manquent et je vous les donnerai bientôt. Et vous pouvez ajouter encore plein de choses.

Dès que j’aurai mon site, je ne manquerai pas de mettre un lien vers cette page.

Bernard.

Répondre


> Doctrines religieuses et philosophiques, écoles artistiques
13 mars 2006, message de Manu
 

Voici ce que donne la grammaire du logiciel "Antidote" :

Cas particulier, le nom « juif » : minuscule ou majuscule, selon le sens

Le nom « juif » a deux sens distincts :

1. Personne de religion judaïque.

Dans ce sens, le nom s’écrit avec une minuscule initiale, suivant la règle générale énoncée ci-dessus.

Ex. : Les juifs, comme les chrétiens et les musulmans, sont monothéistes.

2. Personne appartenant au peuple sémite qui descend d’Abraham.

Dans ce sens, le nom s’écrit avec une majuscule initiale.

Ex. : Les Juifs de l’Ancien Testament Les Juifs séfarades et les Juifs ashkénazes Les Juifs de l’État d’Israël et les Juifs de la diaspora

Répondre


> Petit guide typographique à l’usage de l’internet
27 février 2006
 

Message de Déha.

Article très utile et clair. Puis-je cependant vous demander pour l’abréviation cf. si le c- doit être majuscule, minuscule, ou si c’est laissé au choix du scripteur ?

Répondre


> Lien hypertexte - des suggestions ?
20 janvier 2006
 

Quelles sont les ’tendances’ ou la ’pratique affirmée’ de la composition des liens hypertexte (ou hypertextuels ?) kilométriques, de plus en plus fréquents en notes, dans les ouvrages destinés à la double publication : papier et en ligne ?

Il n’est déjà pas facile de les ’casser’ ’logiquement’ sans compromettre l’espacement dans la ligne et/ou la justification ; et si on les ’casse’, les activer dans le .pdf devient laborieux...

Composer ces notes en drapeau ? Et la cohérence, alors ? Les enserrer entre les signes <...> ? ça résoud pas la question... Laisser tomber ? idem...

Bref, faites-moi savoir comment vous faites ???? Merci !!!

Répondre


> Uniformed ressource locator ou adresse réticulaire ?
31 décembre 2005, message de Jef Tombeur
 
AR(gh) ! On se dispute sur le sexe de la locateur·e (locator, are you a he or a she ?), alors que c’est un peu se tromper d’« adresse ». Avec l’adresse réticulaire, l’affaire est dans le « sac » (le réticule, qui est souvent trop petit pour tuer). ;-)
Répondre


> Petit guide typographique à l’usage de l’internet et d’ailleurs
3 novembre 2005, message de Marion
 
Je me pose une question : quand on met un mot ou un groupe de mots en gras ou en couleur dans un texte, la ponctuation qui suit est-elle aussi en gras (ou en couleur) ?
Répondre
> Petit guide typographique à l’usage de l’internet et d’ailleurs, MIMATA, 17 janvier 2006

Je pense que dans le cas d’un paragraphe complet, tout doit être présenté pareil car c’est bien l’ensemble du paragraphe qui est stylé mais si vous mettez certains mots en gras (ou en rouge peu importe), c’est pour mettre l’accent sur ces mots là en particulier, ensuite, le fil de votre discours reprend son cours.

Donc à mon sens :

-  Je veux mettre ce mot, ce mot et ce mot en avant. La vigule n’est pas en gras.
-  Je porte votre attention sur ce que je dis et surtout sur l’importance d’en débattre, bien que le doute subsiste. La vigule est en gras.
-  J’insiste sur ce point : « La langue française est bien compliquée, vive notepad et le langage binaire ! » Tout le paragraphe, ponctuation comprise est en gras.

Répondre
> Petit guide typographique à l’usage de l’internet et d’ailleurs, MIMATA, 17 janvier 2006
Petite précision : je me rends compte que la police choisie par le webmaster prête à confusion car les virgules en gras et pas en gras apparaissent de la même manière dans mon message. Heureusement que j’avais pris la peine de préciser leur état.
Répondre
> Petit guide typographique à l’usage de l’internet et d’ailleurs, 20 janvier 2006
Si je me souviens bien de ce qu’on m’a enseigné il y a fort longtemps : la ponctuation devrait être aussi en gras (ou en couleur, italique, etc.). Mais la seule vraie règle à respecter est la cohérence.
Répondre


Nom des rues
1er septembre 2005, message de Jean Paul
 

Remarquable article qui fait pratiquement le tour complet de la question.

Une toute petite observation concernant une règle qui découle d’un usage imposé par des consignes administratives et ne concerne donc que la France. Il s’agit des noms de rues, où vous rappelez que « les noms, les adjectifs et les verbes qui composent le nom caractéristique de l’endroit prennent chacun une capitale initiale et sont liés par des traits d’union ». La règle des traits d’union est propre à la France, où elle est la conséquence de recommandations postales plus ou moins bien observées. En Belgique, la règle des capitales est observée (ou devrait l’être), mais pas celle des traits d’union, qui n’est d’usage que pour quelques lieux-dits qui s’écrivent de cette manière indépendamment du fait qu’ils soient ou non dans une adresse. Ainsi la rue Fossé-aux-Loups à Bruxelles, où il n’y a plus ni fossé, ni loups ! Mais nous ne mettons jamais de trait d’union entre le nom et le prénom qui constituent le nom d’une rue dans une adresse (exemple : rue François Dupont 14).

En outre, comme le faisait remarquer un autre correspondant, la Poste belge nous recommande d’écrire, sur un envoi, d’abord la rue, puis le numéro sans virgule. Il y a là, il est vrai, une incohérence, puisque le code postal et la ville se situent à la dernière ligne ! Ce que l’Allemagne avait voulu éviter en imposant (dans les années 60) dans l’ordre :

destinataire

numéro postal + ville

rue + numéro

Cette pratique était intenable au niveau international, elle est abandonnée, néanmoins, ils continuent à écrire, comme en Belgique, le numéro après la rue.

Répondre
> Nom des rues, xo, 31 août 2006

Intenable intenable...

Dans les pays asiatiques, on écrit sans que cela pose de problèmes :

(pays) code postal

province ville arrondissement quartier numéro

nom