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Samizdat (Communique à Gênes)
24 juin 2002,
message de ARNO*
Élément de réflexion, extraits du texte « Communiquer à Gênes, communiquer Gênes », de Samizdat :
Plus loin :
Rien de très original au premier abord, notamment par rapport au fonctionnement de la presse mainstream. Avec toutefois une spécificité qui fait l’originalité et la différence de ce dispositif. Il s’agit clairement d’un fonctionnement affinitaire, qui, malgré ses limites, permet de refléter la diversité de points de vue, de sensibilités au sein du mouvement. [...] Le travail d’information n’est plus alors ni « extérieur » à l’événement, ni à « sens unique » comme dans le rapport médiatique. Nous « profitons » du travail réalisé sur le terrain par la qualité des informations que l’on retrouve sur le web et/ou les listes de diffusion, les « correspondants » bénéficient de la centralisation des informations opérées par les « permanents », les seconds redistribuant l’information aux premiers sur ce qui se passe sur place. [...] » en ligne : Samizdat
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> Info pourrie > pas d’info du tout
20 juin 2002,
message de Girafe
Si j’ai bien tout compris, L’information est un spectacle, c’est à dire
A mon sens, l’idée de développement d’une stratégie commerciale tendant à présenter comme une nécessité le fait de s’informer ne fait aucun doute. Mais peut on jeter le bébé avec l’eau du bain ? Dire que l’information est un spectacle, en dénnoncer les dérives certes nombreuses, celà aboutit il à dire que l’intérêt de l’information est nul ? Pourtant, l’idée de quatrième pouvoir est bien réel. La presse en général, et les mass medias par leur poids en particulier ont historiquement constitué un relai de poids pour la diffusion d’informations dont la connaissance par le plus grand nombre a un effet sur l’organisation de la société, et le cours des événements ; ainsi que d’informations pratiques pour la vie de tous les jours. chiracgate, dumasgate, watergate ? diffusion d’informations sur les bouchons / météo ? information sur la prévention du sida / de la pédophilie ? Je vous laisse poursuivre la liste. Bien sur, on regrette que bien souvent cette information ait un format déplorable (larmoyant sur le sida, technocon sur la météo...). Bien sur, on regrette que bien souvent, le fait d’être informé ne change rien (Israel, chiracgate..) Bien sur, ce monde est loin d’être parfait. Et bien sûr, fabriquer son information avec internet c’est mieux, et quand on a commencé, on se passe bien des mass medias. Mais aujourd’hui, pour le plus grand nombre, c’est les mass medias, ou rien. Et dans ce cadre, à mon sens, l’info diffusée par ces medias, avec son aspect commercial, ses codes de déontologie bidon, ses reportages à deux balles et son accent sur le spectaculaire, ses points de vues déformés, ses présentateurs puants et hautains.. joue tout de même un rôle important et positif dans la régulation de pas mal de phénomènes régulatoires au sein de notre société. en ligne : girafe-info
> Info pourrie > pas d’info du tout,
Sam,
21 juin 2002
Sans vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain, j’ai le sentiment que l’information-sic _télé_ , du moins en France et depuis le grand Charlot a davantage été un instrument de manipulation - et d’abrutissement - qu’autre chose. Quant au quatrième pouvoir, il me semble que la presse, et la radio si vous voulez, font largement et beaucoup mieux l’affaire.
> Info pourrie > pas d’info du tout,
paupol,
21 juin 2002
> Info pourrie > pas d’info du tout,
Sam,
23 juin 2002
> soyons pointus ou ne soyons pas,
Jedi ,
24 juin 2002
> soyons pointus ou ne soyons pas,
#,
24 juin 2002
> soyons pointus ou ne soyons pas,
Sam,
24 juin 2002
Enfin, un gars au jus ! Rappelons que, contrairement à ce que pensait ce sot d’Héraclite, le truc est circulaire et que ça revient toujours ; suffit d’attendre. Personnellement, je m’entraine quotidiennement pour le retour des pattes d’eff et tente de conserver quelques ultimes capillaires pour m’en faire une belle banane de roqueur années 50 dès que M6 nous enverra le signal requis, tout en baptisant ma fille Germaine (destiné à remplacer Pamela et Sue Elen dès 2025). Etc.
> soyons pointus ou ne soyons pas,
Jedi contre attaque,
24 juin 2002
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> L’Internationale Situnaturiste
14 juin 2002,
message de David TB.
Bonjour, Je voudrais vous soumettre des remarques concernant cet article, mais j’avoue avoir des difficultés à être clair dans mes formulations, ca sera donc un peu brouillon... La première contradiction de l’article m’est venue à l’esprit en lisant les messages. Pour me simplifier la tâche je vais me contenter de citer deux passages, l’un venant de l’article, l’autre d’une réponse donnée par un des auteurs à un message : "Comme si le citoyen n’avait pas lui-même la possibilité d’être un média, c’est-à-dire sa propre source d’information, parce qu’il est témoin et analyste de certains événements qui lui sont très proches, et en tout cas infiniment plus proche que l’homme-tronc du vingt heures et tout son staff. Et ensuite d’organiser lui-même la diffusion de cette information." "Surtout, nous ne considérons pas uZine comme un média." Si vous êtes vous-même un média, comment expliquez-vous que votre production web, uZine, ne soit pas de nature médiatique ? comment nous faire croire qu’une boulangerie ne fabrique pas du pain ? bon ca tombe bien je me suis déjà fabriqué une réponse : uZine serait un néomédia, et la nature de ce néomédia s’inscrit en opposition de l’orthodoxie médiatique. Ce qui m’amène à ma deuxième remarque qui, pas de chance pour vous, est aussi une contradiction. Parmi les figures tutélaires de cet article, je retiens Debord et Baudrillard (de toute façon j’en vois pas d’autres). Bon Debord je l’ai pas encore vraiment lu mais j’ai une vague idée de sa théorie de la société du spectacle, de l’information en tant que divertissement, en tant que spectacle. Il me semble que l’on pourrait croiser sa théorie avec celle de Baudrillard sur la société de conso et l’ensemble colle bien avec votre article, je dirais que c’est un bon "globiboulga". Mais la contradiction de votre article c’est qu’en dénonçant les rouages du spectaculaire comme vous le faites, vous les utilisez aussi, transformant la critique d’un système en extension contestataire mais intégrée du système, torpillant par la même la crédibilité de l’analyse. En fait ça se joue à pas grand chose : la simple présence de six photos est à la base de ma réflexion. Vous avez pour suivre je ne sais quel impératif intégré ces clichés dans votre article, le transformant malgré vous en produit du système que vous critiquez, c’est-à-dire en information/réflexion divertissante, spectaculaire... Et vas-y que je te montre l’image de ce que je dénonce, voyez bien sa bite, ses seins qui tombent... pourquoi ? pour se divertir, s’émoustiller ? Ce qui m’amène à conclure que cet article représente en fait ce que je comprend de la phrase de Debord quand il dit (je cite de mémoire le peu que j’ai lu de lui) : " ...dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux.". Mais je pense que vous le savez bien et d’ailleurs vous y faîtes sans doute référence en parlant de "mauvaise foi assumée". P.S : l’infotainment est donc un parfait pléonasme, en plus d’être un néologisme même pas de chez nous.
> L’humour, on devrait jamais devoir l’expliquer ...,
Rigolator,
14 juin 2002
"Vous avez pour suivre je ne sais quel impératif intégré ces clichés dans votre article, le transformant malgré vous en produit du système que vous critiquez" > J’ai l’impression que la touche "déconne" t’échappe un peu ... les images ne font qu’illustrer l’article de façon légère à mon avis (regarde les commentaires sous ces photos, tu n’y décèles pas une pointe d’humour ? Hein ? Petit coquin !). Je peux me tromper ...
> L’humour c’est pratique quand on veut pas s’expliquer ...,
David TB,
14 juin 2002
> Hein ??,
Rigolator,
14 juin 2002
Je parle ici de TOUCHE d’humour concernant les photos, pas d’une grosse farce générale ! Aucun argument ne peut expliquer l’aspect "comique/drôle/marrant/fun" des choses, désolé ...
Il me semblait pourtant évident que cet élément faisait partie intégrante de la plupart des articles (et c’est tant mieux !).
Bref, je n’ai aucune explication à cacher (ma seule contribution à cette page étant ce micro-débat).
Coquine va ... ;o)
des deux contradictions (avec des citations de Debord),
Lirresponsable,
14 juin 2002
salut, Si vous êtes vous-même un média, comment expliquez-vous que votre production web, uZine, ne soit pas de nature médiatique ? Bein tout dépend du concept de media que tu appliques pour classer l’objet (savoir si un site web est un média ; cf. ma réponse à l’intervenant anonyme). Tu as ainsi des sites web de nature médiatique (tf1.fr par exemple). Et un article d’un site web n’est pas tout le site qui n’est pas tout le web. comment nous faire croire qu’une boulangerie ne fabrique pas du pain ? La question, pour restituer le sens de l’analyse, est plutôt : es-tu une boulangerie parce que tu fabriques ton pain à la maison et que tu le partages (snif) lors d’un repas (tu sais avec tes vieux potes, Judas, Jean, etc.) ? :)) Autrement dit l’identité du produit (ou sa similitude quand le pain maison n’est pas bon) ne suppose pas l’identité des manières d’organiser la production et de la nature des échanges. Tu ne vas pas dire à tes invités : j’ai produit ce pain, vous me devez tant, z’êtes bien gentils mais la farine je l’ai pas gratos et vous savez combien ça coûte un four, etc. Une boulangerie (artisanale) ne fabrique pas que du pain. D’ailleurs à un premier niveau, si on regarde les produits, on constate la présence de friandises, de viennoiseries, pâtisseries, parfois un peu d’épicerie pour le petit déjeuner (jus d’orange, confiture), etc. Pourquoi ? Sans doute à cause du CA et des bénéfices. (Tout comme un grand cinema vend plus de la confiserie que du cinéma). Donc paradoxalement, on pourrait dire qu’une boulangerie assure son existence économique en vendant autre chose que du pain (produit d’appel/produit sur lequel on réalise un bénéfice). Mais au delà de la facilité à énumérer les produits (afin de montrer qu’un produit spécifique est déjà dans un ensemble de produits), la boulangerie produit une certaine forme de socialisation : par exemple les petits vieux qui achètent exprès leur pain à midi, et discutent ad nauseam de la cuisson souhaitée, et que finalement ils vont prendre une demi-baguette, et que madame Machin bein son mari il a des problèmes de santé, etc. Ce qu’en politique, on appelle le « commerce de proximité » qui « humanise l’espace urbain et le vivifie » et où « existe un espace inter-générationnelle de dialogues et de rencontres ». Cela produit aussi (cette consommation de pain) des écoles pour former les boulangers, etc. Donc l’évidence de l’argument : la définition de la structure (la boulangerie) par le produit type (le pain), cette focalisation sur le lien par le type de produit (site web= média de masse, car infotainment) masque en gros la division sociale du travail et l’organisation économique. Et encore, je ne parle pas de la production industrielle du pain. :)) Mais la contradiction de votre article c’est qu’en dénonçant les rouages du spectaculaire comme vous le faites, vous les utilisez aussi, Pour dire « non-A », tu utilises « A » et « non ». Un langage dialectique dans sa forme comme dans son contenu, comme disait l’autre. transformant la critique d’un système en extension contestataire mais intégrée du système, torpillant par la même la crédibilité de l’analyse. Là c’est autre chose : l’extension, l’intégration, le torpillage. Le reproche évident : ils utilisent des photos pour illustrer mais en fait c’est pour strictement les mêmes motifs que ceux qui les produisent (en gros : le cul fait vendre, de l’audience, attire l’attention). Je suis d’accord avec toi : l’iconographie ou l’illustration sont parfois des prétextes ; par exemple : « Scandale : on trouve des photos de femmes nues sur Internet : notre sélection ». Là de quoi s’agit-il ? Pas d’une indignation morale hypocrite, pas de commerce. Reste donc l’effet visuel : cela attire l’oeil et parodie la recette commerciale (on écrit au début de l’article : « avec des photos de gens tous nus dedans et des citations de Baudrillard autour » ; et franchement sur Usenet, il y a des photos plus érotiques). D’autre part, ces images conduisent justement à s’interroger sur la crédibilité de l’article. Illustration de la thèse, au delà du plaisir pris par les auteurs à les utiliser dans cet article. :) malgré vous en produit du système que vous critiquez, c’est-à-dire en information/réflexion divertissante, spectaculaire... En quoi cet article est intégré au Système ? Parce qu’il reprend des codes de communication au lieu d’utiliser des phrases numérotées ? Dans cet article, (qui n’est pas tout le web mondial, encore une fois :)), nous ne critiquons pas NakedNews en disant : « ouh le vilain infotainment ! ». Nous disons, en gros hein, qu’un exemple d’infotainment a une utilité pédagogique, il permet de se défaire d’une l’illusion : l’importance de l’information médiatique. Autrement dit : il est la propre vérité de la contradiction globale. C’est une expérience à tenter bien-sûr, comme toute vraie épreuve spirituelle. :)) Si notre article a une vertu « informative » et reste « divertissant »,plaisant, tant mieux. Peut-on lui appliquer la notion de Spectacle ? « 24 Le Spectacle est le discours ininterrompu que l’ordre présent tient sur lui-même, son monologue élogieux. C’est l’auto-portrait du pouvoir à l’époque de sa gestion totalitaire des conditions d’existence. L’apparence fétichiste de pure objectivité dans les relations spectaculaires cache leur caractère de relation entre hommes et entre classes : une seconde nature paraît dominer notre environnement de ses lois fatales. » Une autre citation : « 200 C’est ainsi que Boorstin trouve pour cause des résultats qu’il dépeint la malheureuse rencontre, quasiment fortuite, d’un trop grand appareil technique de diffusion des images et d’une trop grande attirance des hommes de notre époque pour le pseudo-sensationnel. Ainsi le spectacle serait dû au fait que l’homme moderne serait trop spectateur. Boorstin ne comprend pas que la prolifération des "pseudo-événements" préfabriqués, qu’il dénonce, découle de ce simple fait que les hommes, dans la réalité massive de la vie sociale actuelle, ne vivent pas eux-mêmes les événements. C’est parce que l’histoire elle-même hante la société moderne comme un spectre, que l’on trouve de la pseudo-histoire construite à tous les niveaux de la consommation de la vie, pour préserver l’équilibre menancé de l’actuel temps gelé. » D’où l’intérêt de construire soi-même ses histoires. l’infotainment est donc un parfait pléonasme, en plus d’être un néologisme même pas de chez nous. exact, tu vois que cet article est utile ! :))
>d’accord en gros...,
David TB,
17 juin 2002
Salut, Bon ben je pense que nous sommes assez d’accord dans le fond, je vais pas revenir sur des détails, ce serait du chipotage. Je reste cependant d’avis que le site est un média (dans un sens bien différent de celui de « média de masse ») au même titre que toi et moi. Le média uZine produit donc une nouvelle forme de socialisation, démocratique en théorie par le vecteur qu’il utilise (ou en cours de démocratisation), élitiste dans la pratique par son contenu (et ça le restera). Par sa nature anti-commerciale, il s’inscrit en opposition du système économique libéral qui régit l’ensemble des médias, tout en s’y inscrivant car il n’aurait pu exister sans l’évolution économique qui a fait naître son support. J’ai cru alors y voir une contradiction mais c’était sans faire la distinction entre l’économie servante fidèle du développement humain et idéologie liberale où l’homme est le chien de l’économie. "...tu vois que cet article est utile !" Bien sûr. PS : ah, à propos de Debord je vous donne mes sources, ça peut servir aux lecteurs de passage et aux autres : http://library.nothingness.org/articles/SI/fr/
Pas vraiment,
Lefayot,
17 juin 2002
Un media c’est un canal de communication ni plus ni moins. Alors oui evidemment, uZine en est un. So what ? Qu’est ce qui ne l’est pas ? De plus les woltonneries comme quoi uZine créerait de la socialité sont à mon avis un peu tirées par les cheveux ou alors il faut admettre que tout objet dont l’utilisation est commune crée de la socialité (un aspirateur, par exemple). En fait, si uZine crée eventuellement quelque chose ce sont des relations interindividuelles ou alors il faudrait m’expliquer les particularités de la socialité propre à uZine (et ça m’interesse à fond quand même). En fait, et comme d’hab’, on inverse les termes : un media ne peut fonctionner/exister que parce qu’il y a de la socialité avant (et pas le contraire). En d’autres termes, faut savoir lire pour comprendre les articles d’uZine. Quant à la logique anti-commerciale, elle n’est pas propre à Uzine, mais à des milliers de sites (qui seraient aussi autant de media ?). Et a vrai dire, je ne suis pas bien sur que la difference se fasse entre site commercial/non-commercial, mais bien plutot dans le fait de se demander si l’info est « utile » en soi. C’est un des themes de l’article, sans quoi on retombe sans cesse dans l’aporie de la recherche/defense de la « bonne » info (i.e non commerciale).
> Pas vraiment,
Raoul2,
18 juin 2002
"Et a vrai dire, je ne suis pas bien sur que la difference se fasse entre site commercial/non-commercial, mais bien plutot dans le fait de se demander si l’info est « utile » en soi. " La simple succession de dépêches d’agences de presse vous semble-t-elle pire qu’éventuellement inutile ? Bien plus que de savoir si l’info est utile en soi, je me pose bien plus la question de savoir si le fait qu’on mette quelque chose autour rajoute de l’utilité. Lorsque, comme ici le cas, "l’actualité" n’est qu’un prétexte à un exposé, l’utilité sociale est la qualité de l’exposé : très loin des slogans réducteurs, un exposé laisse au lecteur la possibilité de construire son opinion, mais il ne se sert dans ce cas de l’actualité que comme alibi pour présenter sa cause (ce qui me semble naturel) Il y a éventuellement un parallèle à faire avec la science-fiction : de nombreux auteurs de sceince-fictions s’pproprient un univers imaginaire de sorte à en faire le terrain dans lequel s’expose leur vision sociale ("Etoiles, garde à vous" de Heinlein me semblant un excellent exemple de cette technique).
> information/code formel,
David TB,
18 juin 2002
Salut, Média : tout support de diffusion de l’information constituant à la fois un moyen d’expression et un intermédiaire transmettant un message à l’intention d’un groupe. (Larousse). Socialisation : appropriation des moyens de production et d’échange par la collectivité. (Hachette). Alors oui le terme média s’applique à uZine et pas à n’importe quoi d’autre (un tuyau d’arrosage comme canal de communication). Oui, uZine créé de la socialisation si l’on considère qu’uZine et un lieu où les personnes s’approprient le moyen (le Web) de produire et échanger de l’information, de l’interprétation. Maintenant je laisse à des gens plus compétents que moi le soin d’établir les modalités de socialisation particulière à des sites comme uZine. Bien sûr qu’il y a une différence fondamental entre un média conventionnel qui fournit de l’info et de l ‘interprétation avec comme ligne d’horizon perpétuelle, la rentabilité - ce qui est propre à pratiquement toute entreprise aujourd’hui - et un média « socialisé ». Mais j’en reviens au débat initial. Dans l’article d’Arno* et de Lirresponsable, on parle de la nudité comme « code formel décalé ». Ces termes me laissent perplexe... En quoi considèrent-ils que la nudité n’est pas une information en soi ? un code formel ou non n’est-il pas une information perçue, interprétée, et déterminant une réaction ? Les modalités, les codes de transmission de l’information sont eux-même de l’information. Le site NakedNews nous montre de façon évidente l’inutilité de l’information, et comme Raoul2 je me demande si ce n’est pas plutôt le code informationnel en lui-même qui est important. Ce code pour fonctionner doit adopter les formes du divertissement, ce qui est le cas de la nudité, que vous pouvez juger triste ou moche, quel importance ? d’autres la trouverons belle, joyeuse, qu’en sais-je ? vous allez quand même pas me faire croire que les spectateurs de NN reste sur le site pour rentabiliser leur abonnement ! C’est pour le cul qu’ils restent, c’est évident. Le cul fait vendre, le cul attire, le cul divertit même le cul mou, et s’il on peut continuer à baigner dans l’illusion informative (de façon consciente ou non)- celle qui donne l’impression de faire partie du système/monde ou d’en être un temoin éloigné, celle qui le justifie où le dénonce mollement voire faussement - tout en matant des gens à poils je pense que l’on peut y trouver son compte. Les mélanges information/code informatif les plus saugrenus du type NN pourront voir le jour et être extrêmement rentables du moment qu’ils caresseront le spectateur dans le sens du poil.
> Vraiment pas vraiment ?,
Olivier Hammam,
10 mars 2006
L’indice réel qu’uZine n’est pas un média (ou médium ?) au sens où l’entend "David TB" est cette contribution : un médium se singularise par le fait que chacun de ses items est fermé, avec une extension finie, un moment de début et un moment de fin. Bien sûr, tout ou partie de chaque item peut (sauf disparition définitive de ses traces) être réinséré dans un nouveaux flux, mais d’une part ce ne sera pas le même item, de l’autre l’item original est (sinon en régime totalitaire) un objet qui ne se modifie pas. Ce n’est pas le même, serait-il reproduit in extenso, car il ne peut plus figurer que comme citation ou reproduction (« l’émission de J.-C. Averty de telle semaine », « le numéro de Libération de tel jour ») ; il est non modifiable parce justement, émission de telle semaine, numéro de tel jour. Cette contribution prouve par l’évidence que « la page “Les chiens de garde se retrouvent à poil” » a une extension infinie dans le temps et dans l’espace, que c’est un objet réel et non pas une « information », que c’est un objet vivant sans cette caractéristique de clôture de l’objet médiatique. "David TB" semble ignorer (ou vouloir ignorer) que “média”, “médium”, a une triple acception et désigne à la fois un vecteur, une structure et une activité. Internet « est un médium » au sens où le téléphone « est un médium » : un appareillage technique permettant de diffuser des messages - un vecteur de communication - ; le web « est un média » au sens où la librairie (c.-à-d. l’ensemble technique, industriel et commercial permettant la diffusion de l’imprimé) « est un média » : une structure permettant de créer, stocker et diffuser « quelque chose » qui est « de l’information » au sens très basique de la théorie de l’information, « des messages mis en forme », “codés” ; enfin, comme dit "Lirresponsable", il y a « des sites web de nature médiatique (tf1.fr par exemple) » c.-à-d. des entités économiques ou/et politiques dont l’objet social est de « diffuser du contenu mis en forme » (“de l’information” au sens que ces « médias » donnent au mot) dans un but autre que de simplement émettre des messages (de « communiquer »). D’évidence, c’est ce dernier type de médias dont parle "David TB". Or, d’une part désigner « média » ces entités est abusif, de l’autre rabattre toute communication à ces types de « médias » est illégitime. La holding TF1 ou la SA “La Vie-Le Monde” ne sont pas des médias mais des entreprises commerciales qui, entre autres activités, réalisent, achètent ou diffusent « du contenu », lequel peut être à-peu-près n’importe quoi (“information”, “divertissement”, publicité, petites annonces, “publi-reportage”, annonces légales) et a pour particularité d’être diffusé à travers des médias (librairie, télécoms, télé, radio, cinéma, disque). Mais elles ont bien d’autres activités qui n’ont rien de « médiatique ». Factuellement, en France il ne doit plus guère y avoir que Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo, et les radios (mais non les télés) publiques dont on peut dire « ce sont des médias » (au sens restreint d’« entreprises de médias »), dont l’unique activité est de « diffuser du contenu » via des médias. Maintenant que voilà circonscrite cette question des médias, on peut dire qu’en aucun sens du terme uZine n’est un média (ou médium) : ce n’est ni un vecteur de message, ni une structure en état de diffuser des messages, ni enfin une entité économique ou politique « diffusant du contenu ». Et pour revenir au début de ma contribution, si même l’on devait considérer qu’uZine « diffuse du contenu », celui-ci ne correspond donc pas aux types de contenus que diffusent les médias-entreprises, puisque comme indiqué ce « contenu » n’est pas fixé une fois pour toute. Une fois ce point établi, il en résulte que l’argumentaire général de "David TB", qui repose sur la considération qu’uZine est un média (mais attention ! Un gentil média « socialisé » et non un vilain média « capitaliste », c’est tout le distinguo...) tombe un peu à côté. Là-dessus, cette opposition entre médias « capitaliste » et « socialisés » sent son réchauffé, "David TB" devrait je crois se mettre à lire sérieusement Debord pour voir en quoi les vieilles catégories de la doxa marxiste version Lénine ont pris du plomb dans l’aile à l’heure de la société du spectacle. Et en quoi ce genre de « socialisation » n’est qu’une variante « non monétaire » de l’organisation sociale qui prépare et réalise une division « spectaculaire » de la société. Il est d’ailleurs intéressant de voir - et l’exemple décortiqué par "Lirresponsable" de la « boulangerie [qui fabrique] du pain » le montre assez - que "David TB" articule son propos en ayant intégré la division du travail comme une donnée sociale fondamentale : qui produit du contenu et le diffuse « est » “médiateur” comme certains « sont » “garçons de café”. Pourtant, je suis presque certain que, ayant produit et mis en ligne son commentaire, "David TB" ne se considère pas “médiateur” pour cela. Or il ne l’est pas moins - et probalement, par son approche réductrice, l’est-il plus - que les a |