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jeudi 14 février 2002
Dot-com forces strike back !

Un air de famille

Analyse citoyenne du marché de la citoyenneté
par Lirresponsable
 
 
Mes cousins sont venus me voir, hier, et l’un des deux était un peu déprimé. En effet, son site d’achats groupés de rubans pour Yorshires avait non seulement raté son IPO, mais plus radicalement n’avait même pas trouvé d’investisseurs. Pourtant, il avait réalisé un superbe site en cinq minutes sous Frontpage (l’éditeur HTML des winners) et un beau Business Plan sous Powerpoint. Un peu las, toute famille a son lot d’incapables, mon cousin Bobby a alors dit à son frère : « Écoute Billy (tête de noeud), tu ne veux pas écrire un bouquin, type : Comment j’ai foiré ma start-up et le livre qui racontait mon échec, fouettez-moi ! ? » Cette hypothèse ne semblait pas lui plaire. L’autre poursuit : « et si tu montais un site de rubans pour Yorshires citoyens ? »... Une lueur d’incompréhension illumina le regard de Billy. Il ne savait même pas que c’était l’EFF qui avait lancé la campagne du ruban bleu pour la liberté d’expression...

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1901, mieux que le 421

Bobby commença par conseiller à Billy de créer une association, type loi 1901, qu’il appellerait, dans son patois à lui, « YRSC », pour Yorkshire’s Ruban for Solidarity and Citizenship. « Mais pourquoi ?, demande cet abruti de Billy, moi c’est de la thune que je veux, du pognon, du flouze, du blé, de l’oseille, de la fraiche quoi ! ». S’en suit ce dialogue que je retranscris de mémoire :

-  Pour payer l’impôt sur les sociétés et les différentes taxes ? Tu n’as donc rien appris lorsque tu étais cucurbitacée-novice niveau 3 dans ta secte des Adorateurs du Christ-Concombre qui est la Conscience Cosmique (A4C) ? Le statut de religion aux Etats-Unis, c’est, comme le disait un pétrolier de la CIA ayant fini président : « No-more-Taxe ». En France, pour le marché local donc, il faut quelque chose de laïc mon pote ! Et puis réflechis, tu fais dans le citoyen, pas dans le bizness, et une association à buts non lucratifs c’est-ti pas beau ?

-  Ouais mais je... Comment je vais faire des bénéfices, dans ces conditions moi ? OK, une amicale laïque permet d’avoir des tarifs de groupe, pour aller à Eurodisney, mais bon...

-  Ton plus produit, la citizen-touch, les rubans sont fabriqués en Chine, mais bénéficient d’un label Cool-Work-Shop and Friendship between People of Earth, que tu achètes de manière solidaire, et la majoration du prix sert à améliorer la citoyenneté dans le monde grâce aux NTIC. Tu déclares reverser 20% de tes bénéfices à une autre association que tu gères, et qui oeuvre à l’équipement des défavorisés. C’est un marché en or, car les dames qui ont des Yorkshires, non seulement en ont plusieurs mais en plus sont très flattées d’oeuvrer au bonheur des pauvres. Si à cela, tu ajoutes les NTIC... Tu peux ainsi changer ton parc informatique gratos tous les six mois et refourguer les modèles périmés ailleurs, chez des pauvres du tiers-monde qui sont bien contents d’avoir du matériel pour réaliser les commandes de l’édition délocalisée, ou même, chez les enfants de ceux d’ici pour qu’ils s’initient à la citoyenneté des NTIC afin de trouver plus tard un emploi dans un centre d’appels et de savoir faire leurs courses en ligne.

-  Mais comment je vais l’obtenir ce label ?

De la tranversalité helvétique

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Ce damné Billy était vraiment long à la détente, et il allait falloir en passer par un détour rapide sur les moeurs des transnationales, qui offrent un joli modèle de complexité de la vraie vie réelle du monde de l’entreprise. À cette occasion, il se rendrait compte que les biens de consommation, aussi fondamentaux que les rubans pour Yorkshires, étaient finalement d’une mauvaise rentabilité, en plus des aléas de la production délocalisée, et que les biens virtuels seraient de loin préférables. Il n’avait pas tout à fait tort d’après moi, car le B.P. que lui proposait Bobby ne visait pas l’essentiel. Mais à présent, je soupçonne ce dernier de s’en être servi qu’à titre d’introduction, pour creuser le désarroi grandissant de son frère afin de l’entretenir d’autre chose. En effet, Bobby décrivit la procédure de création d’un label ainsi :

-  C’est enfantin ! Tu crées une autre association, boîte postale à Ouagadougou, en partenariat avec une autre association plus ou moins reconnue comme Wonderfull Rubans & Beauties of the World, dans le conseil d’administration de laquelle siègent tes associés (ou ta femme) et toi. Ensuite, tu organises tous les ans la cérémonie du Cool-boss of the year. Ce qui te permet également de monter un site web pour l’occasion ; site dont tu confies la réalisation à Cyber-Solidarity on the web, web agency dont tu contrôles la majorité des actifs. Le mieux bien sûr est d’avoir une fondation pour Le bien du bonheur des peuples dans un progrès humain et citoyen, bref un truc d’après l’oeuvre spirituelle de Tartempion Junior (célèbre marchands de coucous et de bonbons à la menthe du XIXe siècle), basée en Suisse ; très pratique pour les transferts de fonds...

-  Ok, mais c’est finalement du boulot les rubans...

-  Je vois... et les rapports ou l’organisation de colloques, ça te branche pas comme activité ?

-  Oui mais Xavière Tiberi a eu des ennuis ?

-  Attends, toi tu ne fais pas de la politique, tu fais dans le Citoyen ! Je t’explique : tu touches de l’argent provenant des budgets publics, c’est économique pas politique. Et c’est bien citoyen, puisqu’il s’agit de l’argent de la collectivité, le bien commun. De plus tu es ouvert et tolérant, pas sectaire pour un sou : que la collectivité soit locale, territoriale, départementale, régionale, étatique, européenne, tu prends sans discrimination. Think global, mec ! Et c’est aussi solidaire, en effet tu es solidaire de toutes les subventions, d’où qu’elles viennent.

-  Ah d’accord, c’est ce qui va financer toutes mes autres activités...

-  Oui, on peut appeler ça la levée de fonds citoyenne si tu veux. Mais pas seulement, car ces fonds sont limités. C’est pourquoi, une culture diversifiée peut se réveler une bonne solution, ce qu’on appelle dans le jargon : la polyculture alternée du Réseau. Les grosses boîtes privées ont des budgets partenariat-sponsoring et des fondations pour la lutte contre le malheur dans le monde ou contre la dépression chez les baleines à la retraite. Quelques dizaines de briques, une paille, et tu mets leurs bandeaux sur tes sites, travail d’image. Tout le monde est content : toi parce que tu as de la thune et que ton site prend de l’importance institutionnelle (il a des partenaires honorables et solvables, il devient donc un acteur incontournable du marché), eux parce que grâce à cette action ils peuvent enfin employer leur service interne de communication, qui dans la plupart des cas passe son temps sur l’Internet (prétextant une veille des produits) et n’en fout pas une rame. Je t’accorde que ce secteur est très fortement concurrentiel.

-  Aïe ! Fichtre et Mince !

-  Tu es un winner Billy, la concurrence tu en redemandes ! C’est ton credo et ton karma ! Dans la constellation d’associations que tu as créées ou dans lesquelles tu sièges à un poste quelconque, et dans toutes les boîtes non rentables vivant des commandes internes, indirectement subventionnées donc, tu dois bien pouvoir employer quelques politiques (président d’honneur sous contrat, parrain machin de la cause truc, grand mamouchi suprême, etc.) ou enfants de politiques, ou amis de politiques, comme un sociologue par exemple, qui pourrait rédiger une analyse velue sur ton site, à propos des NTIC de préférence. Ce serait vraiment un comble sinon ! Les politiques sont utiles, même quand ils ne sont plus au pouvoir. Les entreprises l’ont bien compris : un poste de consultant pour le malheureux éjecté par les masses irrationnelles. De retour aux affaires, comme l’on dit, leurs contacts t’aideront pour la recherche de sponsors, tout comme ils peuvent aider telle entreprise à obtenir tel marché ou telle abrogation d’une législation trop contraignante...

-  Cool ! C’est rudement chic de leur part !

-  De plus l’avantage avec les politiques, c’est qu’ils n’auront pas trop à se casser la nénette lorsqu’ils chercheront des représentants de la, comment on appelle ça déjà ?... ah oui, de la « société civile » pour cautionner les lois qu’ils voteront. Ce qui représente un peu ton retour sur investissement. Bien-sûr, pour la forme, tu publieras un communiqué sur l’un de tes sites web, pour faire (sans rire), « des recommandations au gouvernement », comme quoi il y a « de bonnes choses » mais aussi « des points encore à débattre » qui dénotent une frilosité, blablabla, ou un truc dans le genre.

Bien montrer que tu es quelqu’un de responsable mais critique, vigilant en quelque sorte, toujours au cas où un égaré tombe sur ton site, c’est ton rôle de représentant, n’oublie pas ! Et puis surtout, cela fera un sujet de déconnade lorsque tu te rendras au prochain déjeuner d’affaire ou colloque. Donc, y aller mollo...

-  Oui, ne pas s’aliéner les prospects dans de futures recherches de partenariats clés sur des secteurs gagnants, dans une démarche win-win.

Contenus dynamiques !

-  L’autre difficulté, il va falloir t’y faire : tu ne peux plus mettre de photos de Yorshires sur ton site.

-  Ah ? Je mets quoi alors ?

-  Règle numéro 1 : tu pètes de la frame comme s’il en pleuvait. Règle numéro 2 : chaque lien ouvre une nouvelle fenêtre du navigateur. Règle numéro 3 : dès la page d’accueil, deux-trois pop-up sur les événements que tu organises ou pas. Déjà là, le visiteur arrivé par hasard est découragé. Enfin, règle numéro 4 : tu mets des liens sur des fichiers en .rtf [Rich text format] pour que personne ne les lise.

-  Oui mais au cas où ?

-  T’inquiète, avec le méta-générateur Citoyen, aucun problème, regarde la puissance du PHP : « Des actions de sensibilisation auprès des collectivités locales afin qu’elles s’emparent des NTIC dans un sens favorable à la démocratie locale, la participation citoyenne et l’intégration de tous dans la société en réseaux ». Ou « Les NTIC peuvent constituer un outil hors pair pour relier les acteurs qui s’inscrivent dans des logiques de résistance politique à ceux qui sont dans une tradition de proposition sociétale. » Hum, ça sonne, hein ! Autrement tu peux utiliser des stagiaires ou les emplois jeunes des mairies où tu organises tes colloques citoyens, pour rédiger tout ça sous Word, ou sous StarOffice, ce qui serait un plus indéniable.

-  D’accord, d’accord, mais les colloques, j’invite qui, et on parle de quoi ?

-  Heureusement que tu adhères à Démocratie Libérale, sinon on pourrait te prendre pour un assisté, alors... de NTIC bien-sûr ! Et de citoyenneté. C’est ta raison sociale, et économique. Bon, je ne te cache pas qu’il y a déjà du monde sur le créneau, mais pas beaucoup finalement : on peut être « citoyen », « coopératif », « solidaire » et conserver un goût pour le cumul des mandats. Il s’agit de la polyculture des Réseaux, dont je t’ai déjà parlée...

De la facture numérique

-  Peut-être, mais les gens, c’est vrai, les gens (ceux qu’ont pas de mandat et de polyculture), pourquoi ils viendraient à mes colloques ?

-  Tu le fais exprès Billy ? Quitte cette relation B2C mortifère ! Evidemment, les vrais gens (qui n’ont même pas de connexion Internet parfois, tu te rends compte ?) ne viendront jamais. D’ailleurs pour plus de sécurité, tu fais payer très cher les conférences et le séjour (comme les tarifs prohibitifs d’adhésion à tes associations, au fait), de cette manière tu es sûr de lutter contre la fracture numérique. T’imagines un peu comment ta fête serait gâchée si des gens venaient siffler ton champagne et se baffrer de petits fours ? En plus, tu blanchis en quelque sorte tes frais de fonctionnement puisque bien que ce soient les collectivités qui raquent pour l’hébergement, l’organisation, etc., tu présenteras ta douloureuse, avec un joli papier à en-tête recyclé.

-  Oui mais qui va venir alors ?

-  Les « acteurs citoyens et solidaires », mon bon ! Tes amis, qui bossent sur le même segment. Pas d’angoisse inutile, je vois que tu sourcilles, ils ne viennent pas te voler des parts de marché, mais au contraire contribuent activement à leur maintien par la reconnaissance sociale que te procurent leurs visites. S’ils viennent, tu fais partie du Club. Cela demande bien quelques petits sacrifices, non ? C’est, encore une fois, du capitalisme à la française, comme lorsque des chefs d’entreprises siègent aux conseils d’administration d’autres entreprises.

-  C’est trop beau ! Mais comment faire pour ne pas apparaître comme le Davos de l’Internet, en ces temps de contestation, voire d’opposition à la mondialisation ?

-  Bien, tu fais des progrès ! Tout d’abord tu trouves quelques clampins pour de la figuration, ensuite tu brodes à ton habitude sur le réseau citoyen de la solidarité des NTIC, enfin, tout le monde se tient par la barbichette, donc personne ne moufte ! Remarque, tu peux même aller à Porto Alegre te montrer, mais évite les favelas et les entarteurs.

-  Oui mais la presse ?

-  Du calme, j’y viens ! La presse, tu en as besoin, il faut une couverture médiatique à l’événement que tu organises. Si c’est juste une page régionale de Ouest-France, c’est beaucoup trop proche du marronnier sur l’épiphanie à la maison de retraite de Daoulas-les-bains. Non, toi tu parles du monde de demain des réseaux, qui nous appartient. Il faut donc viser de la presse nationale NTIC.

Déjà tu invites des journalistes à tes frais (avec dégustation des produits du terroir) bien contents de quitter Paris pour quelques jours, de cette façon tu auras de la bonne publi-information, c’est le charme de la France. Prévois la montagne l’hiver et la côte au retour des beaux jours. Ensuite, grâce à ta multitude d’associations qui ont toutes leurs sites web, cela fait tout de suite du chiffre, donc de l’événement, bien obligé d’en rendre compte.

Enfin, ta web agency, elle peut également faire de l’édition de contenus en sous-traitant, ou en prenant des participations dans le capital de sociétés de presse organisatrices de séminaires (réservés cette fois à des consultants plus que solvables). Ses journaux se feront un devoir d’informer leurs lecteurs de la tenue de ces colloques, avec interviews des principaux intervenants, portraits tout en fines touches, etc. Pour plus de sécurité, invite à tes colloques tel ou tel patron de presse, tel rédacteur en chef, ils seront ravis de parler de la nécessité du passage au tout-payant et de rencontrer des citoyens solidaires de leurs déclarations.

Perspectives et réalités

-  Le problème, cette activité parasite de machine à colloques et de rapports de colloques, ça va finir par se voir, non ? Les vrais citoyens, c’est-à-dire les gens qui sont juste représentés mais qui financent tout le bastringue, ils vont s’en rendre compte, non ?

-  Quel trouillard ! Tu auras toujours un beau bilan : j’ai oeuvré à la citoyenneté des réseaux grâce aux NTIC en organisant des colloques. Comment chiffrer cette activité ? Et bien ta boîte, ou une autre, peut réaliser des études d’impacts sur la citoyenneté des réseaux grâce aux NTIC, et organiser un colloque sur le bilan des colloques. Cool hein ? Et tous les ans, tu remets ça. Tu es dans la « proposition sociétale ».

Les politiques eux, sont plus rustres, le virtuel, ils ont du mal (et là ton association qui recycle des ordinateurs pour la défavorisés peut éventuellement t’être utile). Pour leurs bilans, ils veulent de l’équipement (du hard, quoi), histoire de pas faire clampin, d’exhiber du concret aux électeurs, et aussi de réaliser de jolies photos d’administrés dans des salles multimédias pour mettre dans leur plaquette d’information (vingt numéros consécutifs sur les espaces verts et les pistes cyclables, ça lasse). En plus, cela leur permet d’utiliser leurs Multi-Pôles de Conférences Internationales ou autres palais des congrès, et donc de justifier leur construction et les frais de fonctionnement, puisque il faudra bien quarante ans d’impôts locaux pour tout rembourser...

Toi ton rôle, (prends des notes tu vas oublier sinon), est de dire que l’infrastructure et l’équipement ne suffisent pas et qu’il y a des « barrières culturelles » et un « tabou du virtuel » à prendre en compte, c’est-à-dire dans tes comptes d’exploitation. Et que donc, l’architecture des réseaux de la citoyenneté des NTIC, elle vient en symbiose solidaire de l’architecture des collectivités, c’est pourquoi il faut des colloques dans les palais.

-  Il faut que je fasse de la formation, alors ?

-  Non ! Et pourquoi pas brancher les PC pendant que tu y es ! C’est vraiment pénible d’expliquer aux gens, tu laisses cela aux animateurs sociaux en CDD et aux emplois jeunes. Toi tu fais de la libre entreprise de service public, c’est-à-dire que tu vends le baratin « citoyen » pour emballer les politiques des collectivités. Il s’agit de marketing : tu vends ton produit en créant un événement. Bien sûr, tu ne distribues pas des ballons et des porte-clefs comme à une vulgaire foire expo remplie de bouseux, mais de jolies plaquettes et autres livrets en quadrichromie (avec des arobases et des « Citoyen » estampés sur la couverture), qui sont un peu l’échantillon dégustation d’un produit que tu vends mais ne produis pas : la citoyenneté.

T’as eu ton DESS dans une pochette surprise ou quoi ! Et attention, tu transcendes les oppositions archaïques, type capitalisme / socialisme, grâce aux NTIC qui révolutionnent virtuellement la citoyenneté et qui bousculent les tabous.

-  Je ne comprends pas...

-  Tu as envie d’expliquer à Madame Michu comment se servir d’une souris ? Non bien-sûr ! Par contre facturer 600 plaques des sites citoyens (à partir de logiciels sous GPL, il y en a des très bons) ou des colloques citoyens, là tu commences à palper et accéder au carré VIP.

-  Oui mais on va me traiter de vendus, de traitres, moi je suis citoyen avant tout ! Limite rebelle, attention !

-  Arrête de déconner ! Qui et surtout  ? Il s’agit d’un faux problème, les pas contents, au choix, sont : 1) des frustrés ou jaloux. Ce qui constitue un motif psychologique d’une bonne efficacité rhétorique : tout le monde comprend et trouve cela juste, même si cela n’invalide pas leur discours pour autant. D’accord tu ne fais ainsi que retourner l’accusation à la manière gauchiste (ton discours est faux, car ta position sociale donne la validité du discours), mais c’est de bonne guerre. 2) des staliniens poujadistes ; privilégie des insultes à base de qualificatif de mouvements de gauche, attention, l’utilisation n’est pas innocente, car ce sont l’Etat et ses représentants directs, type sénateurs séniles ou journalistes, qui parlent de nazis et de pédophiles. Toi, tu es un citoyen solidaire et tu emmerdes l’établissement. De plus si tu traites un anar de bolchévique ou de trotskyste, il prend la mouche tout de suite. Et puis ça montre que tu as fait tes classes. 3) des irresponsables utopiques (le prends pas mal cousin !). Toi t’es un vrai mec qui connaît le terrain et les réalités sociales, t’as une expérience du Réseau chez les ploucs, il est temps de la faire fructifier. Tu tartines sur le principe de réalité qui s’oppose au principe de plaisir, la complexité du réel et le mythe de la pureté, et hop ! Tu es un vrai chef d’entreprise « solidaire et citoyen » : qui crée du lien social en réseaux, qui oeuvre à l’aménagement du territoire en organisant ses colloques en Province, et qui crée de la richesse en ligne pour la liberté et le bonheur de tous en .rtf et .pdf.

Epilogue

Après, mes cousins ont continué à discuter, mais de choses encore moins intéressantes, tout en repartant dans la nuit. Ce qui fait que j’ai poursuivi ma partie de Diablo 2, en ligne, avec des amis des quatre coins du monde, grâce à ce chouette réseau que l’on appelle aussi Internet.

 
 
Lirresponsable
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Memento finis
6 octobre 2003
15 juillet 2003
7 juillet 2002
 
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ca m’a donné des idées
27 juin 2003, message de françois
 
beaucoup fait marrer et c’est tres bien vue. Suis tombé sur votre site par hasard (google justement) et je suis pas déçu. Vous êtes encore en vie (parceque les articles datent un peu) ?
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La magie d’Internet, Lirresponsable, 27 juin 2003

ouais mais ils n’ont pas pris une ride, mine de rien ! Sauf ici la référence à Diablo II à la limite, d’ailleurs ça me fait penser - justement- qu’il aurait quelque chose à écrire sur le jeu vidéo (en France)...

Uzine est un site citoyen qui s’inscrit dans la durée, il s’agit de développement durable en quelque sorte ;)

a+

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>sauvez les enfants d’irak, françois, 27 juin 2003
le site de la fille du plus celebre breton borgne de france ne s’incrit il pas dans le processus que vous décrivez ? Si vous avez d’autres exemples...
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> Un air de famille
15 février 2002
 
vu la capacité de l’équipe d’uzine à se prendre le chou sur du Rien depuis quelques temps, c’est vous qui pourrez en organiser des colloques, bientôt...
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