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> Se rebeller seul(e) dans son coin ne mène à rien.
21 mars 2001,
message de Yvan
Hello, quand on parle de réapropriation, de prise de conscience de son autonomie ben c’est bien mais tant que ça concerne pas les trucs centraux de ta vie, ta bouffe ton logement tes vêtements et ton transport c’est un peu une rebellion intello/luxe et qui finalement gène assez peu... En parlant plus spécifiquement d’internet ben déja l’accès au web est quand même soumis à plein de facteurs socio-économique (thune, âge, sexe...) donc une alternative à l’intérieur d’un endroit déja pas du tout ouvert c’est dur... Un peu comme monter une section syndicale CNT avec des fonctionnaires qui sont en majorité de catégorie A (vécu je sais de quoi je parles :))) ), un peu comme faire une barricade dans la cour du château de versailles, tenter de squatter dans une base militaire etc. Les personnes qui accèdent au net sont déja un maximum consuméristes (à l’exception peut être des informaticien(ne)s ou apparentés dont c’est une nécessité professionelle... et parmis lesquel(le)s tu trouves plus facilement de tout => je pense pas qu’à la France). Donc quoi ? Internet est en effet un bac à sable pour "jeunes bourges" (de moins en moins jeunes d’ailleurs) dont la rébellion de forme n’est tolérée que parce qu’elle ammène une créativité et une iconographie nouvelle à la vieille machine (un peu comme est tolérée la "drogue" chez les artistes par la police...) et surtout parce qu’elle ne déborde pas hors d’internet. => sinon ce n’est plus toléré, voir le sort réservé aux pirates, aux sites militants contre les monopoles, contre le droit des marques etc. Que les révoltes sur le net se fassent récupérer, détourner, ensevelir sous la communication publicitaire et la désinformation, rien de moins logique : à qui appartiennent les lignes téléphone, les lignes spécialisées ? les matériels de consultation du web et ses standards techniques ? les médias non électroniques (pour le moment principale base pour faire de la pub à un site et touche le "grand public" non ?) ???? C’est uniquement en fédérant les révoltes d’Internet avec d’autres que la pérénité de celles-ci peut être conservée ; hors en ce domaine il manque beaucoup de maillons pour constituer une chaine d’information/culture/loisirs, d’alimentation, de transport, hors du système de propriété capitalisée et de toute la vassalité et la déresponsabilisation qui y sont liés... Les échecs de révoltes sont aussi liés au manque de nombre de personnes qui se révoltent, il est assez facile à 10 de faire vivre un site web, de publier et faire du bruit, il est par contre impossible à 10 de proposer un modèle viable et pérène de lutte. (quand je dis ça je compte pas les milliers de gogols genre attac et consorts qui disent lutter mais ne font rien ou presque. Voire pire, servent à noyer le débat sous leur citoyenneté bellante...). Dans les faits, les personnes qui luttent en France se comptent en 10aines de milliers, pas plus... donc pas suffisant. Est ce que comme l’a suggéré la CGT espagnole il va falloir beaucoup plus regarder vers le sud pour trouver des personnes nombreuses motivées à construire un autre avenir ? Les habitant(e)s de ce pays sont-ils/elles beaucoup trop embourgeoisé(e)s pour bouger dans quelque domaine que ce soit ? Dans tous les cas la position traditionnelle des "intellos" de gauche qui consistait à se crêper le chignon entre eux pour éclairer les masses et guider ainsi le monde vers leur chapelle de pensée est à mon avis même plus une forme de lutte en soi, attendu que la poussée populaire vers un changement n’existe presque plus... en ligne : Un petit aperçu de l’anarchisme à Nantes
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> La rébellion est tendance, coco !
20 mars 2001,
message de Roland Trique
C’est bien joli tout ça, mais le marketing a toujours fonctionné sur la base d’une vampirisation généralisée de tout ce qui lui passe sous le nez, pour aboutir à une absence de sens (’la lessive qui lave plus blanc que blanc’), seule voie possible puisque tout le bazar est basé sur une tautologie : achetez-moi parce que je le dis. Les marketroides peuvent broder tout ce qu’ils veulent (autrefois ils se présentaient comme ’créatifs’), ils ne sortiront jamais de cette absence de sens, qui, malheureusement pour eux, les empêchera à jamais de comprendre ce qui se passe sur le Réseau. On n’y existe en effet que par les messages qu’on y envoie, donc si ceux-ci sont faux ou bien n’ont pas de sens, on ne peut pas exister. Ennuyeux.
en ligne : Pub gratuite
les vrais faux rebelles : ces véritables faux amis publics N°1,
Fabtroc,
21 mars 2001
Les « faux-vrais », ces véritables faux amis publics n0 1, jouent les rebelles sous les projecteurs du théâtre social, pour faire croire aux spectateurs que faire pipi à côté de la cuvette, c’est révolutionnaire, comme l’avait inauguré dans les années 70, le dessinateur Gébé . Ceux-là, on peut facilement les reconnaître. L’intensité de leur photogénie indique toujours le degré de leur soumission. Par exemple, « José Bové l’icône » (Catherine Coroller, Libération, 27 mars 2000), qui s’emploie à nous faire croire que l’inculture, la mal-vie, la mal-bouffe, ne seraient que des importations de l’étranger, ou Frédéric Beigbeder, « le Che Guevara du Flore », comme le déclare ce nouveau pauvre (Le Figaro, 7 septembre 2000), enfin libre de consommer le café à 24 francs, le thé à 32, la pression à 42, et le pastis à 48 francs (vérifié sur la carte du Flore le 9 septembre 2000), sans oublier les nombreux artistes rebelles, tel que le groupe de rap « Assassin » : « Ça t’arrive d’acheter du pain ? Eh bien, sais-tu qu’avec la TVA prélevée sur le prix de la baguette, tu finances la poiltique dùn Etat bourgeois ? » a répondu un membre de ce groupe de démagogues à des étudiants gnan-gnan qui lui reprochaient de porter des Nike, alors qu’un morceau (Esclave 2000) de leur nouvel album (Touche d’espoir) s’en prend à cette marque de chaussures qui fait travailler des enfants esclaves du Sud-Est asiatique (Les lnrockuptibles, 13 /19 juin 2000). Le groupe de rock « Trust » va encore plus loin : l’ex-chanteur et le guitariste se font des procès réciproques au sujet d’un disque. Devinez son titre ? ... « Ni dieu ni maître ». Je ne m’étendrai pas sur les artistes plasticiens qui nous polluent avec leurs morbides « performances ». Chacun peut voir leurs déjections industrielles qui parsèment les carrefours, et leur salacité dans les médias. . Quant aux « radicaux » - ces sempiternels dépasseurs -’ ils n’ont, la plupart du temps, de radical que leur suffisance élitiste qui dissimule mal leur conservatisme recyclé, voire leur stalinisme frustré. Ceux-là trouvent toujours palpitants toutes sortes d’indignations littéraires, de bavardages de l’extrême, de négativisme théâtralisé, car ils adorent l’arrogance qui s’adonne à la critique pour entretenir l’argenterie du néant maniéré, et abominent la critique terre à terre. Cela leur rappelle par trop précisément leur spectacle domestique (frime, égoïsme, fausseté, prétention, esthétisme, agressivité, sectarisme, etc). Certains étalent leur pédanterie pour entretenir la confusion. Ils font semblant de critiquer ce qui les nourrit (la mort>, afin de briller parmi les admirateurs de la survie esthétisée « Rendez nous nos vies, vous ne savez pas quoi en taire » (graffiti lu en juillet 2000 sur un mur de la rue des Volontaires, à Paris Et enfin, il ne faut pas oublier les innombrables jouisseurs du malheur, ces sempiternels cancaniers qui dissimulent leur impuissance derrière les persiennes de leur rancoeur. Ceux-là, au fond, ne trouvent excitantes que les schizophrénies, qui passent de la rage la plus Psychopathique (agressions, assassinats de passants, à la soumission la plus dissolue (renoncement, conversion miraculeuse>. Ils adorent les « accidents », les catastrophes et abominent « le temps », la vie courante, car ce qui leur tient lieu de pensée passe plus vite d’une émotion bilieuse à une satisfaction béate (Jean qui rit, Jean qui pleure>, que le TGV à travers les vignes du Mâconnais. Combien d’admirateurs de dorures, qui maintenant se complaisent à annoner les Slogans épidémiques (« Maintenant il faut .. »), balbutieront peut-être un jour « Je ne sais pas », ou plus sordidement, « J’ai exécuté les informations » ? Combien de désinformateurs Spontanés ou professionnels, qui nourrissent le mensonge, diront ; « Je me Suis tué à vous le dire » ? en ligne : Le grain de sable
> les vrais faux rebelles : ces véritables faux amis publics N°1,
21 mars 2001
> les vrais faux rebelles : ces véritables faux amis publics N°1,
Roland Trique,
21 mars 2001
Non, on dirait plutôt une balle dans le pied... ;-)
> les vrais faux rebelles : ces véritables faux amis publics N°1,
fabtroc,
22 mars 2001
On peut certes me taxer de faux rebelles mais contrairement à la plupart d’entre vous je ne bénificie pas de l’appui des medias. Je n’écrirais jamais dans Politis, ni ne passerais sur la cinquième, France-Inter ou Canal Plus. Même sur ce rezo on m’a fait comprendre que je suis indésirable.Il n’y a plus d’espace polémique. Il y a des miliers de tabous de toutes espèce, moraux, sociaux, politiques, économiques, administratifs, etc qui ont envahi l’existence entière. Partout l’individu rencontre des obstacles lorsqu’il tente de s’évader du conformisme. Essayer de remonter le courant c’est se mettre dans un mauvais cas. C’est s’exposer à être lapidé. Tenter de franchir les limites que les tabous vous imposent, c’est se jeter dans la gueule du loup.
en ligne : Le grain de sable
> les vrais faux rebelles : ces véritables faux amis publics N°1,
22 mars 2001
Enter Salesman,
calvz,
22 mars 2001
Je dis ca je ne dis rien, mais une des plus belles recuperations de la rebellion par le business recemment, c’est bien le film fight club, encense sur ton site : Fight Club est assurément le véritable choc cinématographique de ces dernières années. Que dis-je ? Un véritable séisme ! Bouleversant , corrosif, dérangeant, subversif voire dangereux ! Voire meme carrement destabilisateur, d’ailleurs le systeme a tremble sur ses bases...Pour ma part ca m’a fait reflechir a peu pres autant que matrix (devant lequel je me suis endormi), c’est dire. Ah oui, il y a une critique revolutionnaire de la liposucion, du port de la cravate et de l’ameublement Ikea, subversif a donf donc. Pour etre scotche a son siege par l’aspect novateur de ce genre de theses, faut vraiment venir de tres loin. Divertissant, je ne dis pas, mais dangereux (et nietzscheen), il faut quand meme pas deconner. De la vulgarisation lumpen-subversive, basic critical sense for the masses a la limite... En tout cas, belle illustration pour cet article : les petites phrases chocs politiquement incorrectes (dans les limites du raisonnable) et les peoples deguises en pouilleux crasseux au-bord-de-la-rupture, ca draine les ados middle-class dans les salles obscures, dont ils peuvent sortir par la suite tout contents pour acheter un t-shirt fight club. Et c’est tout benef pour la Fox. Rebellion delivers ! calvz
> Enter Salesman,
22 mars 2001
D’accord avec Calvz, et pour un bel exercice philosophique semi-sérieux
sur Fight Club, je ne saurais que trop conseiller d’aller voir cette page de Jean-Pascal
sur sa maison-page.
en ligne : La Maison-Page de Jean-Pascal
> Enter Salesman,
fabtroc,
22 mars 2001
Fight Club des sa sortie a subi de nombreuses attaques par les censeurs autorisés(Les Inrocks, Le Monde, Libé Télérama). je le sais il n’y a pas besoin d’aller tres loin pour devenir un paria ,un pestiféré. C’est aussi cela qui me choque dans ce monde de la bien-pensance.
FC est original car il repose sur le couple représenté par Durden et son double. Dans ce film Durden n’a finalement aucune réalité sociale. Il n’existe pas. Il est la face obscure d’un petit fonctionnaire torturé par le vide de son existence. Et c’est ce dédoublement de personnalité, cette schizophrénie incarnée qui est la trouvaille la plus ingénieuse de FC car elle illustre le duel inscrit au coeur même du révolté, balancé entre le scrupule et le cynisme, entre le découragement et la persévérance. Lorsqu’il prends conscience de son état, notre homme tente d’utiliser son autorité pour faire avorter le projet chaos ; mais c’est trop tard. Le FC est devenu une machine totalitaire, fonctionnant d’elle-même qui ira jusqu’à broyer celui qui l’a mis en branle, puique celui-ci faiblit...Norton est l’homme révolté mais il est avant tout l’homme décadent et dégénéré, l’occidental scupuleux et moral. Refusant cette condition d’homme "libre" qui le rend stérile, il reve à l’age d’or de la barbarie. Les caracteres qui sont généralement vus comme élément mauvais(violence , domination , exclusion)peuvent dans ce film nous séduire. C’est sans doute cela qui est troublant et qui nous dérange. Mais j’aime ce qui dérange....
en ligne : Le grain de sable
> Enter Salesman,
Roland Trique,
22 mars 2001
J’ai pas vu Football-Club, mais j’ai vu qu’il était critiqué et mis dans le même sac que Matrix, que lui j’ai vu une vingtaine de fois... Comme d’habitude, il y en a qui ont absolument tout compris et peuvent s’écrier "caca !" d’un air satisfait, et puis il y a ceux qui prétendent s’être endormis, malgré les explosions à répétition et les rafales de mitrailleuses.... Quelques films tapent en effet tellement bien dans la fausseté de certains qu’il vaut mieux pour eux faire comme si de rien n’était. Un petit conseil : décide-toi à *faire* quelque chose, car on récolte toujours ce qu’on a semé. en ligne : A messiah movie
> Enter Salesman,
calvz,
23 mars 2001
et puis il y a ceux qui prétendent s’être endormis Eh oui, et en cinema sous THX en plus, sacree performance (j’avais un peu bu avant, faut dire). Quelques films tapent en effet tellement bien dans la fausseté de certains qu’il vaut mieux pour eux faire comme si de rien n’était. Ca doit etre ca, j’ai eu peur de me remettre trop profondement en question face a la puissance metaphysique de l’Oeuvre :-) décide-toi à *faire* quelque chose Ok, je vais faire sauter le vendeur tele du coin de la rue et on en rediscute. calvz
> Enter Salesman,
22 mars 2001
Fight Club des sa sortie a subi de nombreuses attaques par les censeurs autorisés(Les Inrocks, Le Monde, Libé Télérama). Alors critiquer ce que tu aimes, c’est censurer ? je le sais il n’y a pas besoin d’aller tres loin pour devenir un paria ,un pestiféré. C’est aussi cela qui me choque dans ce monde de la bien-pensance. C’est marrant cette façon de ramener toute discussion, quelle qu’elle soit, à des schémas aussi ridicules : les martyrs/parias contre les méchants censeurs, la "rebellion" contre la "bien-pensance".... C’est un fond de commerce ou quoi ?
Règle n°1 : il est interdit de parler du F-C,
Cracounette,
22 mars 2001
> Règle n°2 : il est interdit de ne pas se pamer devant F-C,
23 mars 2001
> Règle n°2 : il est interdit de ne pas se pamer devant F-C,
fabtroc,
23 mars 2001
Je ne sais pas si ce message m’était adressé. Tu as toujours le droit de me critiquer mais j’ai aussi le droit de n’être pas d’accord avec toi .
En tout cas j’ai toujours répondu aux différentes critiques qui m’ont été adressées. Ce qui n’est pas le cas des membres de ce rezo. J’ai souvent démontré qu’ils pouvaient avoir tord mais mes e_mails restent sans réponse .
Je suis habitué à être critiqué, cela m’est d’autant plus facile à riposter.
en ligne : Le grain de sable
> Règle n°2 : il est interdit de ne pas se pamer devant F-C,
calvz,
24 mars 2001
Je ne sais pas si ce message m’était adressé Pas particulierement non, c’etait juste pour dire une connerie en reference au film...Tu as le droit de ne pas etre d’accord evidemment, et je vois que tu restes zen en toutes circonstances, toute mes felicitations. Tu as l’air plus tai chi que tae kwen do dans l’ensemble... mes e_mails restent sans réponse Oui, souvent les miens egalement, les gens importants qui causent dans le poste ont tendance a etre trop overbookes pour repondre a leur courrier ;-) Amicalement, calvz |
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> La rébellion est tendance, coco !
20 mars 2001,
message de Yan Marchal
On dirait que l’Observatoire des tendances marketing a quelques trains de retard... Les industriels ne l’ont pas attendu pour exploiter la rébellion à des fins mercantiles. Que dire, par exemple, du groupe de rap NTM ? Et que dire de la moto Honda CA 125, qui arbore fièrement le logo "Rebel" sur son réservoir ? Et qui coûte quand même près de 20 000 Francs : n’est pas rebelle qui veut ! La descrpition commerciale de cet engin est d’ailleurs un vrai régal : "Une Honda Insoumise !", "Elle sait tailler la route comme une grosse moto, se faufiler facilement en ville, et même étaler ses nombreux chromes, aux côtés des customs américains". Le "maquillage sur les valeurs" et la "normalisation dissimulée" sont déjà là, et bien là ! Mais pour autant, faut-il dramatiser ? Après tout, la manipulation est si grossière qu’on se demande qui les marketeurs croient pouvoir berner avec ce genre de pratiques. Yan. |