racine uZine

Dans la même rubrique
Internet et enjeux locaux : le choc des cultures
5 juillet 2001
18 janvier 2001
 
mercredi 4 avril 2001

Parthenay, ville numérisée en perdition ?

Fermeture unilatérale des forums anonymes
par Henri van de Kraats
 
Le projet Ville numérisée, développé et expérimenté à Parthenay depuis 6 ans, est-il moribond pour la nouvelle municipalité de Parthenay ? Le laboratoire social de l’utilisation des nouvelles technologies qu’est Parthenay, a été mis sur pied pour amplifier une approche supplémentaire de démocratie locale. La participation du citoyen au débat local ne peut qu’être accentuée par le biais des nouvelles technologies. La technique de l’Internet notamment permet à tout un chacun de prendre activement part à la vie locale, et ceci d’une façon immédiate et instantanée. Bien évidemment qu’elle n’est pas le seul vecteur, elle en est un parmi beaucoup d’autres, mais il convient de souligner qu’elle stimule d’une façon indéniable la réactivité du citoyen face aux élus.

Cette participation-là n’est que le prolongement d’une forme de médiation-concertation largement inspirée par Michel Hervé et son équipe, et mise en place depuis de longues années. Bien évidemment, toute tentative de modification novatrice se heurte à des barrages et résistances de toutes sortes, mais n’est-ce pas le prix à payer pour l’audace ?

Ici, l’autorégulation prend toute son importance. Les internautes-citoyens organisent l’espace virtuel à leur guise, sans épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Peut-être convient-il de mettre la phrase qui précède au passé, puisque l’espace virtuel de Parthenay, l’Intownnet, a subi une ingérence frontale, dénuée de fondement. L’Intownnet, outil appartenant aux citoyens et dépendant directement du District de Parthenay, a fait les frais d’une frilosité émanant de la nouvelle municipalité, fruit d’une action en justice d’un citoyen et d’une opportunité étonnante de récupération de cet outil. En effet, depuis la mise en place de l’Intownnet, le droit d’expression y était total, sans l’ombre d’une ingérence quelconque, notamment de la part de la collectivité. Lundi 26 mars, le maire de Parthenay a décidé la fermeture de deux forums à accès libre. Pour information, ceci signifie l’exclusion du débat dans les forums des internautes-citoyens n’ayant pas de compte sur l’Intownnet de Parthenay, c’est-à-dire toute personne en dehors du District. L’anonymat, source plus souvent de créativité que d’excès de langage, fait peur. De fait, les contributions d’ailleurs sont chassées. « On va se retrouver entre nous ». Justement, Parthenay a besoin d’oxygène venant d’ailleurs, elle a besoin de rayonner pour exister.

Suite à cette décision unilatérale, je pose deux questions :

-  Premièrement, pourquoi ne pas avoir provoqué une concertation avec les internautes-citoyens, premiers concernés par cette censure abrupte dans leur espace ?

-  Deuxièmement, les soi-disant débordements constatés dans ces deux forums, ne sont-ils pas plutôt l’expression d’une richesse culturelle et démocratique, à travers laquelle on voit une implication active des citoyens dans le débat local, notamment dans cette période post-électorale ?

 
 
Henri van de Kraats
Imprimer
format impression
chargé d’assistance
 
SPIP
Web indépendant


> Parthenay, ville numérisée perdue...
6 août 2004, message de Suske
 
Mais peut-être pas pour tout le monde ?
 
Répondre


> Parthenay, ville numérisée en perdition ?
13 décembre 2001, message de Fillon xavier
 
Je croyais que ... le pays qui m’avait élevé etait en pleine croissance, j’avais bon espoire.Né à St maixent, j’ai grandi dans le bocage du gatinais.je m’aperçois que l’évolution n’est pas aussi simple (au regard des articles). Pas facile de passer d’un champ de maïs à la fibre optique, du "goupillon" à l’esprit libre.Certain doivent penser qu’il vaut mieux avancer dans un rétroviseur....Rester comme on est, c’est bien plus confortable et rassurant.J’accuse tous ces talibans des deux sèvres, ces terroristes de l’obscurantisme. Internet est un outil, au même titre que la charrue pour labourer,l’engrais pour faire pousser ou une seringue pour soigner.Seuls les déviances, et les abus sont condamnables !!!! A tous ceux qui croient en l’avenir, à la participation démocratique, continuez à vous battre. Le progrès est en marche et nul ne peut l’arêter
Répondre


> Parthenay, ville numérisée en perdition ?
11 avril 2001, message de kruel
 

BON, salut les gars la suppresion des forums anonymes.....bein j’suis contre, pourquoi ? parceque....faut -il donner une réponse, justifier ses idées, l’homme fonctionne aussi par intuition,un exemple,une bouteille tombe d’une table et sans réflèchir on la rattrape, sans se poser de questions, du pourquoi ,du comment, moins sèrieusement......je suis contre que cet outil qu’est internet et les forums en particulier soit réservé à une élite, OUI j’ai envie que la "populace" participe au débat sans crainte des hautes sphères de l’intelligencia et du pouvoir, ayant confiance en la nature humaine, je suis pour l’autorégulation sans application de lois qui amèneraient tout de suite dans un cloisonnement qui m’enmerde profondément et pour conclure ,sans forum anonyme je ne serais certainement pas viendre sur votre site (certains le regrettent ??), j’ai l’impression que ces forums anonymes font flipper les politiques , et franchement ils ont de quoi, je parle des moins démocrates bien sur.... KRUEL vous avez sans doute remarqué mon style "terre à terre", mais quand on a la truffe collée au sol,ça a au moins l’avantage que quand y’a une odeur de merde bein on est prèvenu avant les autres.....

kruel de PARTHENAY

Répondre


> Parthenay, ville numérisée en perdition ?
5 avril 2001, message de Antoine
 

Tiens, ça en parle dans Libé. Extrait :

« On va continuer, explique Gilbert [un adjoint au maire]. Il y a une dimension citoyenne à procéder ainsi. Mais la ville-laboratoire, c’est fini. On fera en sorte que ce projet ne se voie plus comme le nez au milieu de la figure. »

 
Répondre
> Parthenay, ville numérisée en perdition ?, Nicole FAUCHER , 6 avril 2001
Je trouve cette réponse de l’adjoint au nouveau maire de PARTHENAY, vous savez, celui qui habite et travaille à PARIS ! complètement nulle... En effet, une petite ville comme Parthenay, qui est touristique (pays d’art et d’histoire), ville médiévale, avec des festivals etc... a pour cela, aussi, besoin de publicité, et n’était ce pas là, une manière de se faire connaître, en montrant ce qui a été fait pour la démocratie participative...On pouvait tout dire dans cet intownet, et surtout toutes les "barbaries" administratives, se faisaient sans faire la queue...puisqu ’on avait nos documents par internet... Bien sur il n’y avait pas que cela... Bref, ce nouvel adjoint, inconnu dans la vie de Parthenay...ne veut pas que cela se sache... Cachons, cachons, ça c’est très "curé" et lui, l’ancien scoot, il suit sa ligne de réflexion "pour vivre heureux, vivons caché..." Je ne crois pas que c’est comme cela qu’on va faire venir de l’économie à Parthenay... Je crois très sincèrement, que nous avons perdu très gros, et le malheur, c’est que la population, enfin une partie, s’en apercevra Trop tard... C’est toujours comme cela... Dommage, vraiment dommage, nous étions des cyber-citoyens, et heureux de l’être... Nicole F
Répondre
> Parthenay, ville numérisée en perdition ?, 14 mai 2001
Au milieu du bric-à-brac inventé par le XXe siècle, l’internet reste un des rares outils vraiment importants. L’idée de l’ancienne municipalité de permettre l’accès libre et sans condition à internet a quelque chose de révolutionnaire. Mettre le tout et le n’importe quoi à la portée de tout le monde : les plus grandes sottises (surtout) et la culture du monde. Normal que ça déplaise à la droite. J’espère seulement que ma grand’mère et mes petits cousins de Parthenay pourront continuer à m’envoyer des e-mails au Mexique où j’habite.
Répondre


> Parthenay, ville numérisée en perdition ?
5 avril 2001, message de Olivier Zablocki
 

Ce débat est capital. Il y a quelques jours nous nous interrogions sur le liste de diffusion re-publique@re-publique.net sur les raisons de l’échec des politiques qui avaient énormément investi sur l’Internet au niveau local. La défaite sans appel de Michel Hervé à Parthenay, et cela dès le premier tour, est bien sûr particulièrement emblématique. Il faut croire que tout n’allait pas pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Hier l’élu perdait son jouet ce qui n’est pas grave, aujourd’hui les citoyens perdent deux forums à accès libre ce qui porte beaucoup plus à conséquence. Mais qui est vraiment responsable ? La nouvelle municipalité qui visiblement ne brille pas particulièrement par sa clairvoyance ou la municipalité sortie qui a mis en place un miroir aux alouettes :

Je cite Henri van de Kraats :

L’Intownnet, outil appartenant aux citoyens et dépendant directement du District de Parthenay

C’est bien là que j’observe une illusion. Quel était le statut de l’Intownnet ? L’outil n’appartenait-il pas aux citoyens seulement de manière subliminale ? S’ils en avaient été les propriétaires directs, dans le cadre d’une coopérative par exemple, j’imagine que la censure d’aujourd’hui n’aurait pas pu faire ses ravages aussi facilement.

pourquoi ne pas avoir provoqué une concertation avec les internautes-citoyens, premiers concernés par cette censure abrupte dans leur espace ?

J’ai envie de dire tout simplement parce que rien dans le statut de l’Intownnet n’obligeaitles nouveaux élus à le faire. Autrement dit parce qu’à Parthenay (comme dans les autres villes numérisées en échec aujourd’hui) la " Ville numérisée " était un instrument de la société politique pour la société politique, et que la société civile d’une part, la société économique d’autre part n’en ont jamais été des partenaires à parité.

L’ouverture d’hier était le fait du prince, la fermeture aujourd’hui tout autant.

Le problème est précisément là.

Amicalement,

Olivier Zablocki

 
Répondre
> Parthenay, ville numérisée en perdition ?, Tiresias, 5 avril 2001

Je suis bien d’accord avec OZ. Sauf que la parité des "sociétés" ne me semble pas avoir grand sens...

L’expérience Parthenay n’est pas morte, elle n’est simplement jamais née pour être perenne, faute que son initialisation soit assise sur autre chose que ce qui descend du haut vers le bas, et s’octroie ou se reprend. Citoyens (mot mode :)deçus, édiles embarrassés de la chose, et finalement rien de fondamental pour la majorité, vraisemblablement...Il faut sans doute reprendre l’initiative autrement.

Merci pour l’article, et bon courage pour la suite.

Répondre
> Parthenay, ville numérisée en perdition ?, Pludici, 9 avril 2001

La remarque sur la non pérennité intrinsèque du concept "Parthenay Ville Numérisée" est tout à fait pertinente mais également perverse.

Elle semble reposer ce constat : c’est parce que les citoyens/acteurs n’en étaient pas les réels maîtres que le cordon a pu être coupé.

C’est pertinent.

Le maître de l’affaire était le Maire : un citoyen comme les autres que le suffrage universel consacre et qui, l’espace d’un mandat, décide et propose. C’est le principe même de la délégation démocratique, me semble-t-il. Lors donc le citoyen/acteur est bien maître du jeu, par délégation. Le Maire change. Le nouveau Maître est, par le même processus, habilité à changer la nature du concept. C’est pervers.

Du moins dans ce débat.

Je n’ai pas le sentiment que le concept ait été le véritable enjeu de ces élections, tout au plus une vitrine derrière laquelle s’est joué un drame. Le drame d’une sans doute très bonne idée qui n’a pas été partagée par le plus grand nombre. Il y avait sans le moindre doute une trop grande distorsion de nombre entre celui des "citoyens" et celui des "acteurs". Ce sont les citoyens qui votent le dimanche ; ce sont les acteurs qui aujourd’hui sont, pour la plupart, choqués et meutris.

Que n’ont-ils entendu les citoyens qui auraient aimé que l’on s’attarde aussi sur leurs petits besoins, sur leurs petits trottoirs, sur leurs petits emplois, sur leur petite garderie, que sais-je encore, sur leur petite vie. Bref que l’on s’occupe d’eux au-delà d’un outil merveilleux mais sans doute un peu froid et lointain.

Pour ce qui est du nouvel édile, chacun comprendra qu’il puisse prendre peur, un peu, devant l’accablant déluge on the web. Il a coupé. Il a eu tort mais au moins il doit se sentir plus tranquille. Fichons-lui donc la paix, il est probablement plus effrayé que censeur.

Trêve de nostalgie, reprendre l’initiative autrement qu’il disait Tiresias. Fort de cette expérience, ce serait quoi, autrement ?

Répondre