racine uZine

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28 septembre 2001
 
lundi 15 janvier 2001
Aux enculeurs de startups...

Merci Lefayot !

... qui leurs préfèrent J6M.
par Caféine
 

Chers amis du web indépendant,

Du temps où j’étais jeune et belle, j’étais vendeuse de camions. C’est à dire que je travaillais dans une grosse boite, une vraie, une qui a du bénéfice sous les aisselles et de la trésorerie dans les fouilles, une vraie société qui produit vraiment de vrais produits qui polluent pour de vrai, bref l’inverse du pipeauware de la startup commune dont l’incompétence arrogante et vulgaire hérisse votre poil.
Puis j’ai fait un enfant et j’ai été démissionnée.

Alors j’ai cherché du travail et j’en ai trouvé. Dans une start-up. C’est à dire une boite de jeunes qui vend des ours en pluche par correspondance (je vois pas bien l’innovation au niveau du business concept mais comme on a un site web et de l’acné, on est une start-up). J’ai été embauchée. Moi. Avec un gamin à charge et mes ovaires guillerets prêts à en pondre d’autres. Et au même salaire que mes collègues masculins. Et je ne suis pas la seule : d’autres jeunes mères de famille ont été embauchées, et non seulement elles sont mères de famille mais en plus il y en a qui sont noires. Si.
Alors que ma précédente boite était tout à fait monocolore.
Rentable, compétente, ménopausée et monocolore.
Mes horaires sont décents, mes conditions de travail correctes, l’espérance de vie de mon job est égale à celle d’une PME récente (une chance sur dix de fêter ses 5 ans) et en ce qui concerne l’incompétence et l’arrogance vulgaire dont, à lire le web indépendant, on suppose qu’elles sont l’apanage des startupiens, je peux vous jurer par expérience que rien jamais n’approchera celles du petit chef sévissant dans l’industrie lourde.
Rien.
D’ailleurs depuis que j’ai embauchée dans cette bande de djeunz je ne me fais plus traiter de pute, de bonniche ni de smicarde de merde. Y a pas de pointeuse, on me compte pas mes pauses-pipis et mes pauses-clopes, c’est vrai que c’est pas rentable mais c’est agréable. Je suis bien tombée, quoi. Quelques mois de douceur dans un monde de chomedu.

Ce qui me navre en vous écrivant c’est que je suis certaine, c’est à dire absolument certaine que pas un lecteur ne se sera collé au plafond au bon moment,
au moment obscène, c’est à dire à « Puis j’ai fait un enfant et j’ai été démissionnée ». C’est pour ça que je me sens moins d’affinités avec le web indépendant qu’avec la CGT. Parce qu’à la CGT ils percutent quand je parle de congé « mater », d’AGED ou de PMI. Parce qu’ils sont au courant que, startupiens antistartupiens ou cégétistes, nos chaussures sont fabriquées par des gosses, nos pantalons par des sans papiers payés 3 francs la pièce (7 F s’ils ont un récépissé de la préfecture) et les éléments de nos PC par des prisonniers chinois. Et surtout, surtout, parce que jamais il ne leur viendrait à l’idée de trouver top cool que des gens soient foutus au chômage, que ce soit par l’ancienne ou la nouvelle économie.

Tout ça pour dire que quand Lefayot écrit « Sans compter qu’on peut se demander si ce sont vraiment les startups qui mettent (enfin ; auraient mis, plutôt) l’internet citoyen en danger. A mon avis, ce sont plutôt les méga-fusions et les magouilles entre opérateurs. En bref, ce qui se passe dans la cour des grands  » j’applaudis des deux mains.
En fait j’écrivais juste pour dire que j’étais bien d’accord avec lui. Qu’il était temps que quelqu’un enfonce les portes ouvertes.

Au passage, une question rigolote aux vakooleurs (il doit y en avoir sur minirezo) qui manient aisément les millions de kopecks : le temps que vous lisiez cet article, combien de millions ont gagné Bouygues et Bettencourt en rien foutant dans la netéconomie ?
Et ça représente combien de fois ce qu’a gagné Berrebi ?
Et combien de millions de fois le versement de la CAF au premier enfant (statut femme seule) ?

Faute d’une opposition citoyenne forte c’est pas internet qui risque de perdre son indépendance au profit de la marchandisation voulue par la « cour des grands », c’est le monde entier qui l’a déjà perdue et c’est pas en tirant sur d’éphémères PME qui emploient ceux dont Vivendi et General Motors ne veulent pas que vous allez y changer quelque chose. Y aura pas d’internet citoyen dans un monde d’esclaves.
Vous vous trompez de cible lourdement, épaissement, grassement. Et comme vous avez la culture qui permet de comprendre, un média pour vous battre et visiblement le temps de le faire, vous n’avez aucune excuse. Chaque fois qu’une petite boite coule ou se fait racheter c’est les multinationales qui en croquent et l’ANPE qui grossit. Et ça vous fait marrer. Moi, ça me fait gerber. On sera jamais du même côté.

Salut,

Caféine.

 
 
Caféine
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> Merci Lefayot !
15 janvier 2001, message de Alex
 

Mamzelle caféïne,
Je m’excuse mais quand je lis : "et comme vous avez la culture qui permet de comprendre, un média pour vous battre et visiblement le temps de le faire, vous n’avez aucune excuse" la seule chose qui me vient aux lèvres c’est "je t’emmerde". Mais bon comme je suis un garçon bien élevé ça ne les dépasse pas.
T’as fait de la figuration dans Germinal, et maintenant que tu as dégotté un petit rôle dans Ally Mc Beal, tu nous la joues défense et illustration de la condition féminine vivipare multiraciale dans la nouvelle économie ? Sous prétexte que les chiottes sont mixtes et que tu peux fumer tes clopes ?
Y’a pas deux sous de cohérence dans tes propos. Tu veux dire quoi au juste. Explique : les "vakooleurs" te débectent ? Parce que les faillites de ce système financier les font "se marrer" alors que "toi, ça te fait gerber" ? En effet y’a une grosse différence sur le fond.
Les start-ups sont des instruments financiers entre les mains des VC (tu sais Viventure, Innovacom, atlas, des petits éleveurs sympathiques...). La petite start-up mignonne tellement cool ne se fait pas chasser impitoyablement et manger par le gros porc capitaliste. Le gros porc fait pousser la petite pousse pour la bouffer où la vendre.
Quand le gros n’arrive pas à fourguer sa dot-com engraissée au capital-risque à d’autres pigeons, ça me fait marrer.
Alors parler d’une opposition start-up/gros opérateurs, c’est n’avoir rien compris au film. Reste pour la deuxième séance.
Si ton angoisse c’est le vivant qu’il y a à l’intérieur,l’acnéïque, le jeune qui n’en veut et qui va pouvoir se torcher avec ses rêves de stock options, rassure-toi : lis la presse e-business . sur un CV ça a une gueule folle un passé de start-upien ; ça faut bac+8 un tour de table foiré.
Tu les retrouveras dans ta grosse boîte sexiste et raciste avec 10 ans de plus, la même "incompétence et arrogance vulgaire" mais en beaucoup moins cool avec l’habit du petit chef. Et là, Mamzelle Caféïne, faudra peut-être que tu leur demandes l’autorisation d’aller fumer ta clope dans les chiottes des filles en réfléchissant à qui s’est trompé de cible "lourdement, épaissement, grassement".

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> Merci Lefayot !, 16 janvier 2001

Trés mode ces temps dans le coin de taper sur ceux qui ont le malheur de ne pas pleurer face à l’hécatombe.

Normal, ce qui est étrange est que le monde ait pu croire que ces "start-up" étaient viables.

Ce qui est étonnant c’est que les médias aient été complices en en rajoutant une couche de crédibilité.

Ce qui est un peu effrayant c’est de savoir que les grosses entreprises multimédia vivant sur le dos des start-up risquent aussi de devoir licencier. Personne ne rigole.

Et cet article est effectivement limite caricatural, mais il n’est pas con du tout, si on veut bien le lire.

Le fait de prendre la défense du patron est donc mode. On ne rigole pas des jeunes entreprenautes qui ont joué, et qui perdent.

Non, on ne peut pas rire. C’est indécent.
Si on rit d’eux on rigole de leurs employés.

raccourcis lapidaires.
certes

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> Merci Lefayot !, Lefayot, 16 janvier 2001

Très élégant vraiment ! Voilà une dame qui parle de vrais problèmes, pas de branlette pour nerds frustrés ("t’as vu monculsurlacommode.com s’est gaufré ! Niark niark !"). C’est à dire des conditions de travail, du fait qu’on n’a pas toujours un petit chef au cul dans la new-economy, ou qu’on ne se fait pas virer pour cause de grossesse, contrairement à la old-economy (tiens va faire un tour dans l’industrie, grand garçon qui sait tout, tu verras). Des préoccupations de gens qui bossent et qui préfèrent bosser dans des conditions décentes. Des trucs de gonzesses, quoi. D’ailleurs, elle à rien compris à la problematique, cette conne. Normal, c’est une fille.

Parce que evidemment le problème, c’est pas la mega-fusion de Vivendi pour le controle des contenus, mais bien J6M qui finance des stratups pour prendre en douce le controle du monde. Sans compter que des gens mal intentionnés pourraient se demander si ce ne seraient pas plutot les banques ou les fonds de pension qui ont aligné la thune, via les fonds hi-tech. Mais bon, t’es un vrai rebelz, toi, alors on ne te la fait pas.

Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’ils t’ont fait les startupeux ? Tu t’es fait bouler à un entretien d’embauche ? Ils sont arrogants ? A mon avis , c’est l’hopital qui se moque de la charité ...

Et pour finir, Miss Cafeine est tout de même infiniment plus subtile : elle ne defend pas les startups en soi. Elle s’en moque aussi gentiment, elle a de l’humour, de la distance ... Capito ? Et elle s’interroge pour savoir ce que c’est une société solidaire et un organe de "presse" radical : un endroit où on défend les droits des gens ou on se moque des cons qui se plantent parce que ça mange pas de main ?

Miss Cafeine a fait une experience : elle la raconte parce que ça la gave un petit peu la langue de bois "vilain startups qui sont tous des salauds et qui vont detruire la couche d’ozone et tuer tous les bébés phoques". Certes son expérience est limitée (elle a pas la prétention de faire une étude de socio), mais elle a au moins le mérite d’exister .... Et de nuancer.

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> Merci Lefayot !, Alex, 17 janvier 2001

"Peut-on rire d’une start-up qui se viande avant son introduction en bourse ?"

Recadrons ce pauvre débat (la dialectique petit prof est contagieuse).

Qu’est-ce qu’une start-up ?
une start-up est une entreprise constituée en vue d’une "opération de sortie" rapide permettant à ses créateurs et premiers investisseurs de réaliser une multiplication importante de leur investissement initial.
Cette activité est somme toute dans l’esprit relativement proche de celle d’un turfiste ou d’un joueur de loto sportif.

Les options de sortie sont au nombre de deux : le rachat ou l’IPO.

Afin d’être présentable dans le cadre d’une de ces opérations, la start-up utilise les capitaux initiaux (puis ceux de son deuxième voire troisième tour de table) à :

1) se faire connaître (publicités diverses, passage dans capital, article dans le journal du net)

2) embaucher du personnel afin de constituer un visage d’entreprise présentable

3) développer une activité quelconque (très quelconque en général) pour occuper le personnel et appâter les futurs repreneurs ou actionnaires

Le chiffre d’affaire étant une composante absente de l’équation, les employés de start-up bénéficient généralement de conditions de travail agréables (cf supra chez caféïne). L’essentiel étant d’avoir l’air occupé.

Quel est l’avenir d’une start-up ?

1) cas défavorable : plus de cash, tour de table foiré.
au revoir tout le monde, prochain tirage dimanche prochain, 100 % des gagnants ont tenté leur chance, 100 % des perdants aussi. Pour les employés : ah bon, vous ne saviez pas ? Vous devriez lire la presse, une start-up, on gagne pas à tous les coups, mais ça a été une aventure hyper cool de vivre tout ça avec vous, vous êtes jeunes, nous aussi, on va se refaire, the show must go on...

2) cas favorable : on se fait racheter ou on s’introduit
Les créateurs et les investisseurs touchent le Quinté plus dans l’ordre. Syndrome "couilles en or avant 30 balais".
Pour les employés : bande de petits veinards ! Vos stocks-options vous rapporteront 100 000 francs imposés à 56 % = 44 000 F. Alors, ça fait quoi d’être riche ? Merci qui ? Merci le fabuleux monde de la nouvelle économie.

C’est vrai tout ça n’est pas drôle... mais moi ça me fait rire.
Et je travaille dans une start-up.
Et Lefayot... (cette fois-ci, ça franchit mes lèvres) je t’emmerde.

Alex

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> > Merci Lefayot !, david, 27 juin 2001

Relire . Rélié ? Non...
moaaarfff ! Trouver le temps de lire c’est déjà un miracle !
Réagir [et parfois réfléchir].Dans cet ordre.
C’est bien d’avoir des certitudes tellement si gigantesques qu’elles te permettent de ne pas lire ce dont tu parles.
T’es fort tu sais ! J’ai eu l’impression d’être à nouveau en Fac ! Mes chers professeurs professants avec toute l’assurance des lendemains assurés. Des grandes idées dans de grands auditoires. Ca résonnait, ca vibrait, creux comme leur(s) propos. Brrrr... quelle perte de temps quand j’y repense : rien a en espérer que de renconter quelqu’un dans l’amphi.

Il y a tellement plus de nuances et de justesses dans ce billet dont tu te moques.
C’est dommage, mais c’est dommage pour toi seulement.
Je cite :
"Y aura pas d’internet citoyen dans un monde d’esclaves. Vous vous trompez de cible lourdement, épaissement, grassement. Et comme vous avez la culture qui permet de comprendre, un média pour vous battre et visiblement le temps de le faire, vous n’avez aucune excuse"

Tu ne penses-pas que c’est juste (même si c’est un peu court) ?
Alors... Au fond vous partagez la même position, nous tous, j’espère.

Faudrait peut-être arrêter de vouloir *garder* tes certitudes.
Relire.
Très jeune j’ai *voulu* tuer mon cousin avec un pistolet à pétards. J’ai tiré ! J’ai *VOULU* le tuer parcequ’il m’avait volé un jouet. Un jouet qu’on m’avait offert... Cette volonté d’il y a presque 20 ans me térifie encore aujourd’hui.

David
PS : excusez les fautes de français s’il y en a :-). Ce n’est pas ma langue maternelle.

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Start-up vs World Company ???
15 janvier 2001, message de Sisyphe, pousseur de rochers...
 

Heureux les employés de start-up qui travaillent entre amis... Dans un
monde merveilleux...

A lire cet article, ils seraient nombreux, les partisans du web
indépendant à accuser les start-up de tout les malheurs du world wide
web... Personnellement, je n’en suis pas si sur : les start-up créées
majoritairement dans le domaine informatique (la fameuse start-up
internet qui fait tant rever...) contribuent énormément à faire du web
un instrument économique alors qu’il pourrait être bien d’autres choses...

Je suis entièrement d’accord (et je pense que peu me contrediront) sur
la responsabilité des multinationnales dans la precarité de certaines
catégories d’emplois et sur le rôle qu’elles jouent dans l’économie mondiale...
Seulement voilà, si ces points sont facilement acceptés et les syndicats
organisés pour lutter contre ces dérives (ainsi que des associations comme
ATTAC), il est particulièrement dangereux de croire aux bienfaits des
start-up...

Il faut le savoir, les start-up servent la mondialisation... C’est un moyen
détourné pour de nombreuses multinationnales de créer des entreprises
flexibles à leur service (il serait interressant de regarder les chiffres du
nombre de start-up financées par des grandes entreprises). C’est un risque
minime, qui peut rapporter beaucoup...

Les start-up ne sont pas en marge l’économie... et je me demande combien
de start-up de vente par correspondance font fabriquer leurs produit par
des enfant (je sensque c’est un mauvais argument, mais il viennent d’où
les ours en peluche ???).

Pour une syndicaliste convaincue (n’y voir aucun sens péjoratif...)
une chose qui n’apparait pas dans l’article me frappe : où sont les syndicats
dans les start-up... Réponse : nulle part... Ben oui, c’est dommage... Et les
premières tentatives effectuées outre atlantique ne se sont pas si bien
passées dans ces jeunes entreprises ou tout le monde s’entendait si bien...
Pas de pointeuse, par exemple, voila une porte grande ouverte aux abus...
Et il y en a tant d’autre...

Je le repète encore, les start-up sont un phénomène de mode. Derrière le
concept, on y met tout et n’importe quoi... Il y a des start-up dans tout les
secteurs d’activité mais avec une idéologie commune (cf article "la
start-up canada-dry"). Leur but n’est encore une fois pas la philanthropie,
mais faire de l’argent comme tout entreprise commerciale mais surtout
en faire vite et le plus possible. La start-up est ephémère : ou elle coule, ou
elle rejoint l’économie classique (par rachat en général)... Le seul a gagner
le gros lot étant le créateur...

BIG BROTHER VOUS DIRAIT :

VOUS ETES HEUREUX ICI... VOUS ETES UNIQUE... ON S’OCCUPE DE
VOUS... REGARDEZ, VOUS ALLEZ ETRE HEUREUX...

PS : A tous ces gens si heureux dans leurs jeunes start-up, j’ai envie de citer
Antotionni : "Je crois au bonheur, mais je ne le crois pas durable..." Les
start-up sont une façade...

 
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> Start-up vs World Company ???, tiyou, 15 janvier 2001

>Les start-up ne sont pas en marge l’économie...
Personne n’a jamais dit cela !!

>où sont les syndicats dans les start-up... >Réponse : nulle part... Ben oui, c’est dommage... <Et les premières tentatives effectuées outre <atlantique ne se sont pas si bien passées dans ces <jeunes entreprises ou tout le monde s’entendait si <bien... Pas de pointeuse, par exemple, voila une <porte grande ouverte aux abus... Et il y en a tant <d’autre...
Vous connaissez beaucoup d’entreprises de 30-40 salariés qui ont des syndicats, quel que soit le secteur d’activité.
Les tentatives outre atlantique sont faites dans des sociétés abusivement appelées startup : peit on objectivement appeler Amazon une Startup ? Elle a quitté ce stade depuis longtemps.
De plus personne n’a jamais dit que les startups vivent dans un monde merveilleux. C’est vous qui vous obstinez à le faire dire aux différents auteurs qui tentent juste de dédiaboliser ces sociétés.

<Leur but n’est encore une fois pas la <philanthropie, mais faire de l’argent comme tout <entreprise commerciale mais surtout en faire vite <et le plus possible. La start-up est ephémère : ou Mais personne n'a jamais dit que les startup étaient des asoociations de bénévoles. Les startups sont des sociétés commerciales qui ont comme toutes les entreprises pour objectif de créer de la valeur. Une des composantes de la valeur est l'argent.
La startup est éphémère : oui c'est vrai, la startup n'est qu'un stade de l'entreprise. Quand elle grossit, elle est souvent rachetée oui. Et alors, où est le problème ? Très souvent dans ces cas on assiste à 1 + 1 > 2 ; il ya synergie entre l’entreprise de l’économie classique et la startup, donc création de valeur supplémentaire.

<... Le seul a gagner le gros lot étant le <créateur...
C’est totalement faux en cas de réussite de la société tous les salariés et actionnaires y gagnent. En cas d’échec, le créateur est souvent celui qui perd le plus ; avec les investisseurs (je parle des capitaux risqueurs) bien sur, mais c’est leur métier.

<BIG BROTHER VOUS DIRAIT :
<VOUS ETES HEUREUX ICI... VOUS ETES UNIQUE... ON <S’OCCUPE DE VOUS... REGARDEZ, VOUS ALLEZ ETRE <HEUREUX...
<PS : A tous ces gens si heureux dans leurs jeunes Vous parlez de l’idéologie soi disant véhiculée dans les startup, mais je pense que vous inversez : c’est vous qui êtes pris dans une phobie totalement irrationnelle qui vous fait dépeindre ces sociétés comme des sectes.
Personne n’a jamais dit que les startup c’était le bonheur sur terre, ce sont des sociétés comme les autres, avec des points positifs et des points négatifs, mais en tous cas avec une richesse humaine souvent bien plus importante que dans d’autres types de société.

<Les start-up sont une façade...
Une façade de quoi ? en ce qui me concerne, mon bonheur n’a jamais été calqué sur ma vie professionnelle ; la vraie vie est ailleurs dans la famille, et les amis par exemple.

Répondre
> syndicats... Caca, Laurent Martinez, 15 janvier 2001

Bonjour ! (c ;

Je n’ai pas l’habitude d’attacher à mes opinions une valeur aussi absolue que celles affirmées autant par les "pro-startups" que les "anti-startups". Voici, entre gris clair et gris foncé, une petite histoire, sur le sujet des syndicats, qui j’espère rappelera à tous que, au-delà des concepts abstraits, le pouvoir est dans les mains d’individus.

> où sont les syndicats dans les start-up...
> Réponse : nulle part... Ben oui, c’est dommage...

Mon père travaillait à Nice-Matin. Peut-être connaissez vous ce modèle de la presse indépendante ? Il y a toujours eu des syndicats, tous les syndicats même. Mon père distribuait les journaux la nuit, un autre "rolling stone", Sisyphe, mais moins résigné... Son travail, c’était 7 jours sur 7, 365 jours par an et il devait lui-même se trouver et payer son remplaçant pour s’offrir 2, 3 semaines de vacances.

Ca c’était avant qu’il se bouge le cul et c’était absolument illégal, même dans les années 60, 70.

A force d’entrer et sortir 400 fois de sa voiture, il s’est ravagé les genoux. Et après 20 ans, il se retrouve donc petit chef des autres vendeurs. Au lieu de prendre le pouvoir, il a pris ses responsabilités. Il a créé un syndicat autonome à lui tout seul... parmi les tonnes d’autres pauvres petits employés victimes des méchants patrons.

Son premier combat : se défendre en justice, attaqué par l’ensemble des autres "vrais" syndicats qui, pour une fois, avait réussi à s’entendre pour le juger non-représentatif ( en france, il faut, entre autre, avoir fait l’armée pour être représentatif, vous le saviez ça ? (c : ). Il gagne le procès, il gagne les élections.

Je passe sur les 10 ans de combats qu’il a mené strictement tout seul... parmis les pauvres petits employés victimes des méchants patrons. Vous pourrez imaginer ce que ça représente, ça n’atteindra que 10% de la réalité probablement.

Maintenant, toute l’entreprise de distribution est strictement en phase avec le droit du travail. C’est la moindre des choses, pourtant ça a pris 10 ans d’une lutte acharnée autant contre les méchants patrons, que contre les employés soumis que contre les syndicats opportunistes.

Ok, c’est un exemple, ok c’est mon père, il vous sera facile de réduire mon discours en mettant mon objectivité en doute. Mais rien n’empêchera cette histoire d’être la réalité, témoin qu’un mec tout seul quand il agit, il change le monde.

Un jeune patron requin avant d’être le symbole d’un concept abstrait, startupien ou pas, c’est un individu qui ne se comporte pas avec respect. Il faut peu d’imagination finalement pour comprendre que le problème vient tout bêtement de là et que donc les solutions tiennent tout bêtement à faire pression ( et y’a de nombreux moyens ) pour changer ça.

Il faut peu d’imagination finalement ( un enfant en serait capable ) pour comprendre que lorsqu’on dit "moi, je suis bien dans ma boite, c’est pire ailleurs et de toute façon je peux rien y faire" ou lorsqu’on dit "une boite c’est pour gagner du fric et de toute façon les stats prouvent que y’a pas d’humanité là-dedans", on va tout à fait dans le même sens : accepter et donc poser de plus en plus fort dans la réalité l’individualisme.

Je constate tous les jours que la conscience collective représente une force plus puissante que la Loi. Il y a tant de Loi non suivies, tant de pressions collectives qui soumettent.

Donc, si je ne me trompe pas, seules deux solutions découlent : contraindre la conscience collective par la force ( la Loi ne faisant pas son oeuvre ) pour l’obliger à "bien se comporter" ou, avec persistance, montrer l’exemple, influencer, communiquer agir pour changer la conscience collective et ceci en commençant par soi.

La prochaine fois, je vous raconte les syndicats d’IBM, toujours en accord avec Monsieur IBM ! (c ;

" Le capitalisme c’est l’exploitation de l’Homme par l’Homme. Le syndicalisme, c’est le contraire. " Coluche

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> Merci Lefayot !
15 janvier 2001, message de tiyou
 

Salut Caféine,

Tu viens de traduire de façon beaucoup plus élégante que moi la réponse que j’ai fait la semaine dernière à l’article de Laurent Martinez.

Ras le bol que les startups soient les boucs émissaires, ras le bol de subire les amalgames entre deux ou trois startup qui se sont moqués du mode, et ont plumé qulques centaines de petits épargnants, et l’énorme majorité des startup qui sont dirigées par des gens normaux, qui ont juste l’ambition d’être indépendant (comme le web) et d’aller aux bouts de leurs rêves.

Salut.

Répondre
> Merci Lefayot !, Une voix d’une autre génération, 15 janvier 2001

Facile d’aller jusqu’au bout de ses rêves : ’suffit de pas rêver trop loin. Franchement, moi, quand j’étais jeune (hé, oui), j’avais d’autres rêves. Je les ai toujours. Mais j’avoue que je les ai pas atteints...

Répondre
> Merci Lefayot !, 15 janvier 2001

Hé, hé, hé
- Tu vois petit, moi, quand j’étais jeune, j’avais des idéaux...
- et tu les as vendus à qui ?
(je ne sais plus où j’ai lu ça)

Répondre
> Merci Lefayot !, 16 janvier 2001

Oh, on peut toujours ricaner. Seulement si aller jusqu’au bout de tes rêves, c’est être salarié, actionnaire ou patron d’une boîte, arrête de rêver mon gars ! Regarde plutôt la réalité en face...

Répondre
> Merci Lefayot !, chris, 17 janvier 2001

tout le monde ne peut pas être prof ...ou crs.
il paraît que les deux aiment leur job.
bof moyen comme intro.
a titre personnel je considère que cafèine nous a fait partager une vision qui lui est propre et qu’elle doit au moins être respectée pour ça.
on est d’accord ou pas, c’est un débat que j’aborde même pas.
"un raciste est quelqu’un qui se trompe de colère"
pour les grossiers personnages bas du caisson, même pas raciste, je ne saurais que conseiller de réorienter leur colère vers des choses utiles.
Ca remet les choses à leur juste place, selon moi.

 
Répondre
> Merci Lefayot !, 17 janvier 2001

Ce message ne s’adressait pas à Caféine, dont la position me semble tout à fait justifiée. Je m’interroge seulement sur les rèves ultra-conformistes des jeunes générations. Désolé si mon ton familier a passé pour insultant...

Répondre
> Merci Lefayot !, 17 janvier 2001

PS Pour info, je ne suis ni prof ni CRS, juste actuellement au chômage...

Répondre
> Merci Lefayot !, tiyou, 18 janvier 2001

Je suppose que ce message m’était adressé alors je vais tenter de donner une réponse la plus claire possible.

Chaque génération a les rêves qu’elle peut.
Je ne sais pas à laquelle vous appartenez, moi personnellement je suis de la "Génération Mitterrand". J’entends par là celle de l’explosion du chômage.

J’ai 27 ans, et je peux vous assurer que toutes mes années de la classe primaire jusqu’aux années supérieures ont été placées sous l’épée de Damoclès du chômage.

Alors vous pouvez trouver que les rêves dont je parlais sont un peu minables. Peut être.
Ce qui est sur c’est qu’on passe 35 heures minimum par semaine au boulot pendant près de 40 ans. Alors je pense que rêver d’améliorer cette partie de sa vie c’est pas idiot.

Pour conclure, mes rêves à moi se limitent à réussir ma vie le moins mal possible, et à essayer de rendre la vie des gens autour de moi la plus heureuse possible.

Répondre
> Merci Lefayot !, 18 janvier 2001

Encore une fois, toutes mes excuses si mon ton a paru trop virulent. Je suis bien d’accord que c’est le contexte économique qui nous est imposé qui nous empêche de rêver trop loin. On peut espérer qu’avec l’amélioration actuelle (?), nous oserons demander plus à la vie.

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