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mercredi 15 janvier 2003
Brevets / EUCD / Copie privée

Cerise et gros gâteaux

par Christophe Espern
 
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« Aujourd’hui, de manière formelle, on pourrait interdire complètement la copie privée sur un plan strictement juridique, mais cela est absolument impossible sur le plan politique. »

Hervé Rony, directeur général du Syndicat National de l’Edition Phonographique-12/01/02 - ebg.com

Cet été, l’UFC Que Choisir a clairement pris position contre l’extension de la redevance sur la copie privée aux disques durs intégrés, extension adoptée par la commission Brun Buisson et publiée depuis au Journal Officiel. Dans un communiqué de presse étudiant notamment le mécanisme de double facturation mis en place par TPS et comparable à une simulation logicielle de magnétoscope, l’association se demandait ainsi : « Le consommateur doit-il payer une troisième fois pour visionner une oeuvre pour laquelle il a déjà payé deux fois des droits d’auteurs ? ».

Car les technologies numériques, si elles réduisent les coûts de certaines entreprises, ne sont pas forcément synonymes d’économie pour le consommateur. Grâce à un lobbying actif, les industriels du disque, du film et de la culture ont réussi à convaincre le législateur de les soutenir dans une « logique inflationniste ». Ainsi, à l’inverse de l’UFC-Que Choisir, le président de Sony France était lui ravi de l’extension de la redevance estimant que ce n’était « qu’un tremplin », dernière étape avant une taxe sur les disques durs d’ordinateurs.

Et après ?

Le 5 Décembre 2002, suite à la publication fortuite par le CSPLA de l’avant-projet de loi sur le droit d’auteur qui vise à transposer la directive européenne connue sous le nom d’EUCD, l’UFC Que Choisir a de nouveau rédigé un communiqué de presse intitulé Menaces sur la copie privée et invitant le gouvernement à justement « revoir sa copie » jugeant que ce dernier ne devait pas « sacrifier le droit légitime d’usage de tous les acquéreurs sur l’autel des intérêts purement mercantiles des majors ».

L’art de multiplier les pains

Actuellement, une partie du modèle économique de Sony est construit autour du copyright et des brevets. Avec l’arrivée d’Internet et la standardisation du matériel, l’entreprise doit réorienter une partie de ses activités tout en essayant de préserver ses marchés actuels le plus longtemps possible.

Sony dispose de brevets sur plusieurs supports et périphériques matériels et la société essaie désormais de s’imposer sur le marché de la fourniture et de la gestion de contenus sur Internet. La société a annoncé une architecture logicielle de gestion de droits numériques (DRM - Digital Rights Management) appelée OpenMG X intégralement brevetée et qui doit lui permettre d’exploiter ses oeuvres dans un environnement réseau sécurisé et protégé. Sony a également doté ses CD audio d’un système empêchant qu’ils soient lus sur un PC ou sur un Macintosh.

Désireuse de mieux contrôler la distribution des oeuvres qu’elle produit, Sony a également créé une joint venture avec Universal qui commercialise désormais une partie du répertoire des deux majors via à un service Internet de musique à la demande intitulé Press Play. Ce service proposait jusqu’à présent son propre lecteur multimédia mais Sony souhaite désormais le remplacer par un lecteur supportant sa technologie OpenMG X. Ce dernier est installé d’origine sur les ordinateurs et les périphériques matériels fabriqués par la firme.

La multinationale maîtrise désormais l’intégralité de la chaîne culturelle, de la création à la reproduction en passant par la production et la distribution. Sony gère des écuries d’auteurs et d’artiste-interprètes, exploite leurs oeuvres sur tout support, produit les périphériques matériels et édite les logiciels nécessaires à leur représentation et à leur diffusion. Sony s’occupe aussi de la protection de ces oeuvres et ce quel que soit le média.

Pour l’instant, toutes les oeuvres du catalogue Sony ne sont pas encore disponibles sur le service Press Play. Si l’oeuvre n’est pas disponible sur Internet, le consommateur doit donc l’acquérir sur un support physique. Toutefois, il ne peut pas forcément l’écouter sur son ordinateur car le support est désormais protégé. A l’inverse, s’il obtient l’oeuvre numériquement, il ne peut pas forcément la stocker sur un support matériel sauf à payer un supplément, la licence d’utilisation du service précisant cependant que certaines oeuvres ne sont pas susceptibles d’être copiées et ce, même si vous les avez « achetées » en ligne.

Avec un tel système, dans le meilleur des cas, le consommateur est contraint d’acheter l’oeuvre deux fois : une fois pour l’écoute dans un flux numérique et une fois pour la conservation du titre sur son ordinateur. S’il copie ces oeuvres sur un lecteur MP3, doté comme il se doit d’une carte mémoire ou d’un disque dur intégré, il paie dès lors la fameuse taxe sur la copie privée.

Pour peu que cette taxe soit étendue aux disques durs d’ordinateur et qu’il achète de nouveaux le titre sur un album CD, il paiera trois fois de plus : une fois pour la taxe sur le disque dur et deux fois pour le CD audio (CD + taxe). Au final, pour une chanson précise, le consommateur aura payé jusqu’à six fois des droits d’auteur en ayant bien entendu financé la communication, l’accès au réseau et les périphériques matériels (ordinateur, modem, lecteur MP3, ...).

Extension du domaine de la lutte

Financé par le public pour ses « pertes » sur des supports physiques qu’elle a d’ailleurs brevetés, et espérant faire payer une taxe supplémentaire à l’utilisateur, s’appliquant notamment sur les disques durs d’ordinateurs qu’elle construit, Sony cherche aussi à s’émanciper des réseaux de distribution traditionnels en se réservant, avec Vivendi, l’exploitation de la musique sur Internet.

Ainsi, en janvier 2002, Njara Zafimehy, directeur de la stratégie et du développement de Fnac direct et président du GERA, syndicat européen des distributeurs de produits culturels européens, déclarait :

« Les distributeurs face à la distribution numérique ne peuvent pas lancer des services équivalents à ceux proposés par les deux principales plates-formes du fait de l’absence d’échanges et de négociations entre éditeurs et distributeurs. Les membres du GERA estiment que cette attitude relève d’une pratique anti-concurrentielle qui permettrait, notamment à Press Play de posséder un catalogue fort de près de 100 000 titres au détriment des distributeurs. »

Pour que la Fnac, d’habitude plutôt en position de force vis-à-vis de ses fournisseurs, se plaignent de pratiques anti-concurentielles, la situation mérite sans aucun doute un léger examen. D’autant plus qu’à cet instant, M. Zfimehy s’exprime pour tous les membres du GERA. Alertée par des labels indépendants, également en danger, il semblerait que la direction européenne de la concurrence s’intéresse au sujet.

De son côté, le président du directoire de la Sacem, Bernard Myiet, s’inquiétant de cette concentration excessive, s’exprimait en ses termes :

« En toute hypothèse, les autorités régulatrices de la concurrence, à Washington comme à Bruxelles, devront indiquer si elles acceptent que soit concentrée entre quelques mains toute l’industrie de la musique, de l’édition jusqu’à la distribution. Leurs réactions aux tentatives de fusion entre EMI et WARNER, ou EMI et BMG permettent d’en douter. »

Mais les belligérants ne sont pas au complet.

Radio France, service public français, a annoncé cette semaine que les enregistrements de ses émissions ne seraient désormais disponibles qu’au format WMA, format propriétaire poussé par la société Microsoft car compatibles avec Palladium, architecture DRM entrant en concurrence directe avec OpenMG X.

A ce sujet Microsoft a d’ailleurs été poursuivi et parfois condamné par de nombreux Etats américains pour violation des lois antitrust et l’est actuellement en Europe pour abus de position dominante, ce qui n’empêche toutefois pas la société de continuer sa croissance. Depuis quelques années, Microsoft se diversifie notamment dans la fourniture de systèmes d’exploitation pour assistants personnels (Windows CE), dans la vente de console de jeux (Xbox), dans la fourniture de contenu (Corbis) ou dans l’édition de jeux vidéos. Habitué à travailler avec des auteurs-développeurs, le plus souvent salariés, le géant américain essaie de reproduire ce modèle, beaucoup plus lucratif, dans de nombreux domaines.

Cette situation semble particulièrement inquiéter les sociétés d’auteurs. Ainsi, lors d’un entretien avec Valérie Siddahchetty intitulé Pas d’amalgame entre Internet et la baisse des ventes de CD, Catherine Kerr-Vignale, directrice adjointe de la Sacem, déclarait :

« Aujourd’hui, on respecte les droits d’auteur dans le monde de la musique. Nous avons plus de mal à protéger les graphistes ou les auteurs de jeux vidéo. Mais la concentration peut tuer la création, surtout si celle-ci est gérée par des financiers. Ces derniers veulent asservir la création dans le salariat. C’est ce qui se passe avec Microsoft aujourd’hui qui achète des sociétés de photo comme Sigma (via Corbis) pour ensuite vendre des bases d’images sur CD-ROM avec les droits cédés dessus. »

L’arbre qui cache la forêt

Une fois les pièces en place et le fou avancé, il apparaît clairement que l’EUCD n’est finalement qu’un cheval de Troie juridique et technique. Sans trop exagérer, actuellement, ce dont il est question, c’est bien de savoir qui contrôlera les ordinateurs de millions d’européens et donc l’information dans les prochaines années.

Alors que l’administration essaie peu à peu d’utiliser des formats standards tels que ceux du W3C et que certains parlementaires veulent l’inciter à utiliser des logiciels libres dès que cela est possible, il serait malheureux que l’Etat français laisse un service public comme Radio France promouvoir des technologies américaines ou japonaises, brevetées, et ce dans toute la francophonie au nom du droit d’auteur. D’autant plus qu’il existe des technologies libres de droits comme le format Ogg-Vorbis et que des associations et des entreprises françaises ou européennes sont sûrement à leur disposition quant à leur mise en oeuvre.

Si l’on ajoute le fait que l’OEB (Office Européen des Brevets) risque de valider des brevets couvrant les technologies logicielles de protection, aidé en cela par la Commission Européenne et son récent projet de directive, Sony pourra continuer de faire jouer brevets et copyright en Europe de façon imbriquée pour préserver des monopoles comme elle l’a fait pendant des années avec les supports matériels. Elles utilisera bien entendu son droit de choisir « toute mesure technique appropriée » pour protéger les oeuvres des artistes qu’elle produit.

Gageons sans trop risqué que Sony encouragera l’utilisation de ses propres outils tout comme Microsoft cherche à imposer ses formats de fichiers en multipliant « les partenariats » avec les constructeurs, les diffuseurs et les distributeurs. Ainsi, à l’instar de Radio France, constatant les dégâts, les sociétés exploitant des serveurs de diffusion propageront un monopole, ou l’autre, et les développeurs de lecteurs ou d’encodeurs devront donc faire de même sauf à accepter de se mettre hors la loi.

Pour l’exemple, ce mois-ci, deux procès ont commencé, l’un aux Etats-Unis, l’autre en Norvège. Le premier oppose la société américaine Adobe et la société russe ElcomSoft employant Dimitri Sklyarov, un développeur arrêté aux Etats-Unis par le FBI puis relâché sous conditions que son employeur accepte de se substituer à lui lors du procès. Dimitri avait été interpellé durant une conférence qui expliquait comment il avait fait pour convertir des oeuvres stockées dans un livre électronique vers un autre format lisible par un ordinateur.

La seconde affaire concerne un développeur norvégien, Jon Johansen, qui est actuellement poursuivi pour avoir créé et diffusé un logiciel, DeCSS, qui permet de lire un DVD sur un ordinateur. Les poursuites ont été engagées par la toute puissante association américaine des producteurs de film (MPAA). Jon Johansen, âgé de 15 ans au moment des faits, risque deux ans de prison.

A aucun moment, ces développeurs n’ont contrefait ou incité à contrefaire des oeuvres pas plus qu’ils n’ont enfreint les droits d’auteurs, de producteurs ou d’artiste-interprètes. Ils n’ont violé aucun secret industriel et ils n’ont attaqué aucun serveur. Ils se sont principalement livrés à un exercice de programmation appelé ingénierie inverse qui consiste à reproduire le fonctionnement d’un programme en se basant uniquement sur l’observation et la réflexion.

Ils sont aussi poursuivis pour avoir présenté leur travaux en assemblée publique, comme tout scientifique normalement constitué, permettant à d’autres utilisateurs de lire des oeuvres sur leur ordinateur. Ce qu’on leur reproche, c’est donc d’utiliser leurs neurones, de s’exprimer et de communiquer pour pouvoir regarder un film ou lire un livre sur lequel ils ont payé des droits, et ce, sur un périphérique qui leur appartient et avec des logiciels qu’ils ont eux-mêmes écrits.

Conclusion

Avec de telles pratiques, encouragées par le législateur et relayées par les services publics, au delà de la surenchère économique, c’est bien le droit à la copie privée, la libre concurrence et le droit à la culture pour tous qui sont remis en cause. Le marché du livre ou du disque d’occasion, les petites entreprises et les consommateurs sont clairement menacés. La licence d’utilisation proposée par Press Play est un très bon exemple des débuts de l’utilisation du DMCA par une grande entreprise et l’EUCD risque d’engendrer les mêmes dérives contractuelles en Europe, notamment dans le cadre de services en ligne.

Car en plus de régir l’utilisation des oeuvres, cette licence traite de toutes les activités possibles sur Internet, de l’utilisation d’un forum à l’exploitation des informations laissés sur le serveur par le consommateur. La disproportion entre les prérogatives que s’accorde Press Play et les droits du public semble peu acceptable et la nature même du modèle économique permet d’entrevoir l’avenir de la musique en ligne, Press Play se comportant à la fois comme un loueur de chansons et une radio privée.

A l’ère du numérique, les grandes sociétés feront donc visiblement tout pour empêcher l’utilisateur de se constituer une médiathèque personnelle, de prêter une oeuvre à l’un de ses amis ou d’en faire une copie d’un produit à un autre. A force de mélanger politique culturelle et pratiques commerciales, de croire à une Europe seulement économique, les atteintes à la vie privée, à la liberté d’expression et à la liberté de création vont de se multiplier et pour le coup, « l’exception culturelle » va partir en fumée.

De l’autre côté de l’Atlantique, certains sénateurs américains font déjà marche arrière alors que d’autres se battent depuis longtemps, comme le républicain Rick Boucher déclarant récemment :

« Pour le bien de la société toute entière, il faut revoir la législation avant que l’accès à l’information ne soit complètement contrôlé de manière irréversible. »

A défaut, bientôt, la musique, les films et les livres seront vendus jetables et à service unique, tout comme ces bons vieux Bics, ou alors, plus subtil, rechargeables à l’envie mais sur un seul modèle. Contraint par des contrats d’abandonner des droits autrefois légitimes, citoyen vache à lait finançant par l’impôt des monopoles privés et pirate par défaut, suspect gardé à vue, notre consommateur, sans doute bien échaudé, se rappellera soudain ces paroles militantes :

« Si une société dominant le marché essayait de vous écraser et que l’industrie du film et du disque, toute entière, tentait d’empêcher que vos logiciels puissent lire leurs oeuvres, alors vous aussi vous vous engageriez politiquement. C’est juste de l’auto-défense. »

Bruce Perens - 04/12/02 - news.com

Au secours de la copie privée


Par ce froid glacial, pensée émue pour Jean Kévin, premier des maquisards.

 
 
Christophe Espern
 
Ce texte a été publié la première fois sur le site Tekool en décembre 2002.
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> Cerise et gros gâteaux
3 mars 2003, message de Giovanni Cammelli
 

Un Problemino :

Chi mi potrebbe spiegare i cambiamenti della durata dei diritti d’autore, per esempio per le opere letterarie.

Prima 60 anni poi 70 e più : dalle Alpi al Texas.

Esempio italiano (ma che !)

1996 : sono 60 anni che Pirandello romanziere e scrittore di tante belle cose è morto.

Le piccole case editrici come : Mille lire, Newtoncompt ed altre che fra parentesi stampano a prezzi bassissimi

tutto Dante a : 2 Mila Lire ;

Leopardi II Volumi ecc,

Pubblicano : Pirandello !!!!! SCANDALO !!!!!!!!! a chi appartiene ?

Mondadori/berlusconi : do you know, now ?

La legge viene cambiata dal parlamento europeo,

poi ultimamente (2003) fatta propria dalla legislazione USA

Cosa dedurne ?

Argomento MOLTO SENSIBILE

SENSIBILISSIMO

Chi ha studiato questo problema ?

Potrei avere delle indicazioni aggiornate e approfondite ?

grazie Giovanni Cammelli

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> Cerise et gros gâteaux, Pascale, 3 mars 2003

Giovanni mon ami

Sé que erès au moins trilingue picard-italien-français, alors, redis-nous ça aussi en gaulois, s’il te plaît, pour les ceusses qui méconnaissent la divine langue de Dante !

Amicalement

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J’ai breveté le nombre PI !!! ;-)
8 février 2003, message de Minga
 

Propriété intellectuelle et formats numériques

La numérisation des oeuvres de l’esprit a des conséquences insoupçonnées

Les NTIC et les savoirs sur lesquelles elles reposent bousculent bien des habitudes, bien des modes de pensée anciens : voyez par exemple comment j’ai breveté le nombre PI ;-) D’abord un peu de maths, mais n’ayez pas peur de ça : après vous allez sans doute reprendre mon argument : il est libre de droits :

Saviez-vous que PI est un "nombre univers" ? C’est à dire un nombre qui contient toute suite finie de chiffres ? C’est démontré pour PI, pour e (base du logarithme néperien), et pour quelques autres nombres seulement, car c’est assez ardu à prouver. Donc PI contient le code exact de votre photo en JPEG : ça commence à la décimales 10 puissance n + quelque chose. Ailleurs, on y trouve le code source complet de Windaube XP, les oeuvres complètes de tous les écrivains passés et à venir au format word, et même le dernier tube de Noir Désir en mp3, n’en déplaise à J6M !

C’est pourquoi tout "droit" d’auteur est un verrouillage juridique "fort" du patrimoine commun de l’humanité, passée et A VENIR. Tout brevet sur un logiciel et plus largement toute protection de la propriété intellectuelle interdit potentiellement la publication future de certaines décimales de PI, qui en sont la représentation numérique exacte.

On m’objectera peut-être que je suis loin "des réalités", ou que la question évoquée est fort spéculative : faux ! ! ! Un jugement américain a précisément interdit la publication d’un nombre premier présentant certaines propriétés mathématiques intéressantes, parce qu’il est la représentation numérique du code de cryptage des DVD. La communauté scientifique s’est mobilisée en raison des dangers d’un tel jugement pour la recherche et le partage de la connaissance (source : Scientific American).

Dernière chose : je n’ai pas breveté le nombre PI, ni même aucune suite finie de ses chiffres : je suis un partisan déclaré du logiciel libre !

En défendant le logiciel libre, on défend aussi le droit des générations futures à accéder au savoir sans payer de royalties.

 
en ligne : revoltes.free.fr
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Espionnage & Co
29 janvier 2003
 
Dans le cadre de cette dérive totalitaire, je me demande bien ce qui pourrait empecher ces multinationales, par ailleurs liées à leurs états d’origine, de truffer leurs systemes anti-copie de chevaux de troie. Ces outils seraient aisément capables de "pomper à n’importe quel niveau (du particulier à l’état) des informations sensibles" puis d’exploiter celles-ci afin d’élaborer des armes au service d’une guerre économique et/ou idéologique.
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> Espionnage & Co, Mathieu, 29 janvier 2003

Ce qui pourraît les empêcher, c’est probablement le fait que ce sont des compagnies commerciales, et que la quantité de moniteurs qu’elles peuvent intégrer à leur produit est limitée par la tolérance des acheteurs à cette surveillance.

Un premier test va venir avec les systèmes Palladium. Si le hardware supportant ces systèmes ce vend mal, ce sera un grand signe d’espoir.

D’après *The Economist*, toute cette affaire risque d’ailleurs d’exploser à la figure des multinationales. Elle risque en effet de déboucher sur un vaste débat sur la copyright. Dans la mesure où la vocation officielle de ce dernier est de fournir une incitation à la création et à la distribution de ces créations, la notion de "propriété intellectuelle", qui est une perversion du copyright, risque de partir à la poubelle, et avec elle une bonne partie de l’exploitation commerciale à outrance de toute forme de création.

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> Espionnage & Co, ARNO*, 29 janvier 2003

« D’après *The Economist*, toute cette affaire risque d’ailleurs d’exploser à la figure des multinationales. »

Tu aurais plus de précisions sur cet article ? S’agit-il du dossier « The Internet Society », toujours disponible en ligne ?

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> Espionnage & Co, Mathieu, 30 janvier 2003
C’est bien cela. Ne sachant pas s’il était en ligne, je n’ai pas mis la référence précise, désolé.
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Faîtes chauffer les graveurs
20 janvier 2003
 

Allez encore un peu d’effort les gars, en copiant la musique on contribue à la modernisation du monde de la musique et à la fin annoncée du système de vente actuel (musique toute pourrie qu’on nous bourre dans le crane via la TV 24H/24H à 150 balles le CD).

Quand les éditeurs de partitions on tirés leur révérences à cause de l’arrivée du disque eux aussi ils ont essayé de maintenir leur monopole artificiellement (grâce à des lois) mais cela n’a servi à rien ils ne sont plus là pour en parler aujourd’hui...

Aujourd’hui c’est la même chose, mais c’est au tour des maisons de disques de mettre la clé sous la porte, cela s’appelle le progrés, on ne sait pas où cela va nous mener, mais bon, une chose est sùre ça peut pas être pire que maintenant...

Allez les gars, faîtes chauffer les graveurs et contribuons à la modernisation de la culture !

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> Faîtes chauffer les graveurs, 21 janvier 2003

Il me semble que ce genre de message fournit leurs meilleurs arguments à Sony, Microsoft & co., en leur permettant d’aasimiler copie privée et piratage.

L’article porte sur la défense de la copie privée, ie la copie d’oeuvres dont tu as déjà payé les droits. Il ne défend nulle priratage d’oeuvres dont tu n’as pas payé les droits.

Comme tu le signales, les éditeurs de partition ont mis la clef sous la prote, ou presque. Ce qui contribue largement à expliquer pourquoi la pratique de la musique est devenue fort difficile, faute de pourvoir trouver les partitions. Je n’appelle pas ça un gain : pour que des types dans ton genre puissent copier de la musique, il faut que d’autres aient eu les moyens d’apprendre à en jouer.

De même, la production d’oeuvres musicales ou autres a un coût. En refusant de le payer, tu condamnes la création, sauf précisément celle qui peut se rentabiliser sur les produits dérivés. Fais donc chauffer ton graveur : la modernisation de la culture à laquelle tu contribues, c’est la généralisation des produits et sous-produits à la *Star Academy*.

Avant de parler de progrès, vérifie donc dans quelle direction tu regardes : ton progrès ressemble furieusement à un fameux retour en arrière.

Répondre
> Faîtes chauffer les graveurs, eric, 3 février 2003
Et à moi il me semble que ton analyse patine méchant dans le caca. La production musicale a un coût certe, mais un CD à plus de 20 euros c’est du vol manifeste et depuis longtemps. Sa vie, sa reconnaissance un musicien la trouve devant un pulic et pas dans les rayons des supermarchés (n’oublie pas qui tu défends, malheureusement). Tous les meilleurs musiciens du 20eme siècle ont percés par la scène, devant un public. C’est là qu’ils se sont formés, qu’ils ont appris leur métier. Le disque n’est jamais qu’une publicité sonore pour un musicien. Le cachet d’un seul concert est supèrieur pour lui à la vente de centaines de CD. Par contre, désolé tu t’en ais mis partout, Star Academy ne peut exister sans le disque et le marketing qu’il y’a autour. Pour eux le disque n’est pas un passage obligé vers la célébrité mais le but ultime. Tous les bons groupes que j’ai connu ces dernières années c’est grâce à des copies "illégales" ; des musiciens qui sans celà auraient eu trés peu de chances de se faire connaître et de résister à tes potes de Star truc. Le progrès que tu vois, c’est celui d’une masse d’esclave agenouillés devant Sony inc. Pour le coup je ne sais pas quel est le plus progressiste des 2. Avant de parler de progrés, vérifie donc etc...
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> Faîtes chauffer les graveurs, eric, 3 février 2003

juste 1 truc, c pas moi qui ai écrit le premier message, ça aussi signer ses propos c’est une preuve de progrés

et je me suis trompé dans mon mail. lol. eric

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> Faîtes chauffer les graveurs, Mathieu, 4 février 2003

Je crains que tu ne fasses erreur : la majorité des revenus des artistes, y compris des musiciens, provient à l’heure actuelle de leur ventes de disques. Ce sont au contraire les concerts qui servent de publicité à leurs enregistrements. cf *Economie du Star System*, F. Benhamou, ed. Odile Jacob.

D’ailleurs, une analyse un peu fine des coûts de production d’un CD t’éviterai de proférer des contre vférités : le CD est un produit à marge faible.C’est bien pour cela qu’il existe une course au nombre de ventes.

Ensuite, je n’ai jamais dit que j’aimais le système de Star Academy. Je trouve au contraire ce système d’une bêtise abyssale. Mais je refuse de tout jeter. L’apprentissage de la musique est long, demande un très grand investissement, et coûte _très_ cher (imaginez le prix d’un bon violoncelle). Je trouve donc normal que les artistes soient rémunérés en proportion de ces efforts. Et comme ce sont justement les disques qui les rémunèrent...

Je crois que je n’ai pas bien fait saisir la logique du système : en copiant sans payer de droits les oeuvres d’artistes, on condamne ceux qui ne sont pas soutenus par une multinationale aux reins solides, qui peut amortir le piratage par un volume de ventes important. La copie sauvage, c’est donc l’arrêt de mort des labels indépendants, et le plus court chemin vers la toute-puissance des majors, Sony en tête. C’est en cela que je reprochais à l’auteur de l’article précédent de scier la brabche sur laquelle il était assis, et de favoriser les entreprises qu’il croit combattre.

Ce qui m’énerve, et je pense aussi l’auteur de cet article, c’est que je doive payer des droits (via des taxes sur les MDs vierges) alors que je ne fait que copier des oeuvres pour lesquelles j’ai déjà payé (je copie mes CDs sur des MDs), tout cela pour compenser le manque à gangné dû à la copie sauvage.

PS : j’ai oublié de signer, certes. Mais si je ne mets pas mon mail, c’est dans l’espoir de réduire la quantité de spam.

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>Amen, Jedi, 4 février 2003

Graver c’est voler. Voler c’est mal. Mais tout le monde s’en branle ...

C’est la même chose pour tout ce qui se copie (jeux vidéos,dvd, logiciels ...), il n’y donc pas besoin de s’enflammer sur l’ART, car la question n’est même pas là.

Qui refuse le piratage ?? Qui a le fric pour se payer 1000000000 cd (dvd,jeux ...) ? Qui préfère avoir la jaquette pour lire les paroles de Nolwenn™ ?

> personne.

On parle, on analyse, mais nos comportement suinte le vice, le démon ricane pendant que nos corps formatés ondulent au son d’un mp3 d’une pétasse cokée jusqu’à l’anus. Personne ne pense au droit d’auteurs puisqu’il n’y a plus d’auteur. Il y a mieux. Il y a Obispo™.

Heureusement subsiste encore des braves, des "true one" qui s’opposent, allant jusqu’à prendre le métro pour s’acheter des cd vierges au virgin. Ensuite, par un courage incroyable, ils gravent un ou deux albums d’une House super pointue (aïe !) en se branlant dans un sofa IKEA, et ils ricanent en pensant aux cons qui ACHETENT des cd de U2 à carrefour ...

On vénère sa colection de mp3 comme une possession prestigieuse, on s’adonne à des rituels sanglants pour célébrer la vitesse de son graveur, on surfe à poil ...ou pire, en Kalbut !! L’être humain va disparaitre, remplacé par des machines à regarder des dvd en écoutant des mp3. On ne sait plus quoi en foutre tellement on en a, on en possède, mais on en grave encore, avant que cela ne soit plus possible. Avant la fin des Temps™.

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> Faîtes chauffer les graveurs, eric, 12 février 2003

Le CD est un produit à marge faible pour qui ? Pour l’artiste (entre 1 et 2 euros selon les contrats, contre 20 à 25 euros pour le prix d’un CD neuf, le cachet de base pour un musicien est d’environ 150 euros, soit 150 cd vendus). Point barre et c’est tout, les autres s’engraissent dessus de façon inconsidérée en abusant l’artiste et en nous piquant notre pognon, le prix d’un CD reste injustifiable et les coûts de production aussi. Les majors tuent les petites boîtes de prod, pas le piratage.

Mais là encore c’est clair qu’il n’est pas question de défendre le piratage en masse. Mais le droit de chacun à écouter ce qu’il aime et à le faire connaître à ses amis par exemple. Je peux te dire aussi que certains CD sont introuvables même chez les meilleurs disquaires (pfff, y’en a plus) ou à la FNAC (et on te regarde avec mépris quand tu oses demander un truc qui n’est pas dans les bacs)

Il n’en demeure pas moins que pour qu’un artiste soit connu il faut qu’il soit diffuser et quand on voit les musiciens qui sont promus par les Vivendi et autres Sony on peut se poser des questions sur le choix qui nous est proposé. Ce qui emmerde les majors c’est que les hommes soient libres d’écouter ce qu’ils veulent, c’est même pas l’idée qu’on puisse copier quoi que ce soit. En verrouillant les possibilités de diffusion de la culture on est assurer de contrôler les goûts et les couleurs de chacun, de pouvoir faire payer le prix maximum au gens.

Mais je crois, tout de même, qu’il faudrait commencer à grandir un peu. Il y’a 10 ans la copie par cd n’existait pas, on copiait sur K7, et personnes n’en faisait un flan. Quand j’étais ado (pffff) on s’echangeaient des K7 c’était normal, personne n’y trouvait rien à redire, mais depuis quelques temps celà est devenu un crime ! pourquoi ? parceque les ventes de disques diminuent ? Si les ventes de disque diminuent je pense plutôt que c’est parceque la production globale est plutôt devenue médiocre : Il n’y a plus de trés grands groupes, la musique est devenue un bien de consommation comme un autre, ce n’est pas parceque des gamins jouent avec leur graveur.

Il me semble qu’il faut prendre le problème autrement. Les techniques numériques permettent de copier à peu près tout aujourd’hui et de le diffuser trés largement. Et ça c’est nouveau. Comment notre société est-elle capable d’absorber cette nouvelle donne ? ça change quoi ? ça permet quoi de plus ou de moins ? Plutôt que de s’arcbouter sur des positions qui de toute façon ne font qu’accroître la puissance des majors (la tienne, la mienne, celle du dessus et du dessous, lol) est-ce qu’on ne pourrait pas aborder le problème d’une façon plus globale. La production intellectuelle appartient à toute l’humanité et pas seulement à son créateur (et certainement encore moins au producteur). Est’ce qu’il n’y a pas là une nouvelle philosophie à trouver, un systeme économique propre à la culture à mettre en place ? Je crois que régler ce problème avec les arguments de tel ou tel groupe de pression ne fait pas avancer les choses. Une nouvelle façon de diffuser l’information et la culture emerge depuis l’arrivée des nouvelles techologies, c’est une histoire récente, dont on ne peut saisir toutes les implications et toutes les possibilités. Il serait plus sage d’expérimenter, de chercher à comprendre, de voir plus loin. On peut encore en parler c’est dejà ça.

Répondre


Corbis n’est pas Microsoft...
15 janvier 2003, message de Cédric Ingrand
 

Dans son interview à 01Net, Catherine Kerr-Vignale dit (...)"C’est ce qui se passe avec Microsoft aujourd’hui qui achète des sociétés de photo comme Sigma (via Corbis)" (...).

L’erreur, c’est que Microsoft n’a rien à voir là-dedans. Corbis n’en est pas une filiale, il n’y a pas de lien capitalistique entre les deux, c’est une société non-cotée.

Le lien, c’est que Corbis appartient à Bill Gates... Mais forcément, l’identification de Microsoft a son fondateur fait que le mythe a la vie dure...

 
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> Corbis n’est pas Microsoft..., Christophe, 15 janvier 2003

Certes, il semble que tout soit fait pour que Corbis ne soit pas assimilé à Microsoft mais de là à parler de mythe ...

Catherine Kerr-Vignale, tout comme moi d’ailleurs, pense sans doute que ce qui est bon pour Bill Gates est bon pour Microsoft et que ce qui est bon pour Corbis est bon pour Bill Gates. Elle fait donc un raccourci rapide mais qui n’est peut-être finalement qu’un simple constat factuel et non pas juridique, je vous l’accorde.

Le propre d’un monopole, c’est d’essayer de ne pas trop faire savoir quand il cherche à s’étendre notamment de façon transversale. Cela peut passer par des montages juridiques opaques au commun des mortels ou plus simplement par le jeu d’alliances discrètes mais pourtant bien réelles à l’aide de dirigeants à la double casquette.

Un simple exemple :

Sur le site que vous proposez, il y a une section appellée Partner API et toutes les technologies proposées sont des technologies Microsoft (ASP, .NET). On notera, fait rare, l’absence de copyright Microsoft. La peur du procès par cette entreprise ne semble pas empecher le président de Corbis, Bill Gates, de dormir. Allez savoir pourquoi ...

http://www.corbis.com/corporate/partners/api.asp

Enfin, si il semble qu’effectivement que tout lien autre que Bill Gates soit évité, cela n’enlève en rien les dangers que fait peser Corbis sur les droits des auteurs.

Pour preuve, une brève du Monde de décembre 2002 signalant que 25 photographes ont assigné Corbis/Sygma pour violation des droits d’auteurs :

http://www.lemonde.fr/imprimer_breve/1,9459,785455,00.html

La société avait déjà été condamné le 9 janvier 2002 pour violation des droit d’un photographe. J’ai mis le lien en bas.

Ces liens représentent mes modestes recherches en une heure suite à votre message. Il doit y en avoir d’autres ..

 
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> Corbis n’est pas Microsoft..., Christophe, 15 janvier 2003

Pour être précis, ce sont les exemples proposés qui sont basés sur des technologies logicielles Microsoft ASP et .Net. Les autres technologies sont des standards du W3C. WSDL est un format et SOAP un protocole, tous deux destinés à la mise en place de services web.

Autrement, une recherche sur le mot Corbis sur le site microsoft.com permet de voir que les deux sociétés ont passé de nombreux accords dans le cadre de la mise en place de gestion de contenu numérique s’appuyant sur les technologies Microsoft et le contenu Corbis.

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