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Trop de liberté nuit à la liberté ®
jeudi 8 janvier 2004




A lire dans le compte rendu analytique officiel sur la deuxième lecture du projet de loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) :

-  un peu de spam-pédo-nazi® :

« En revenant de vacances, j’ai mis plus d’une heure à me débarrasser des messages électroniques non sollicités que j’avais reçus, dont certains étaient à caractère raciste et xénophobe. Il me semble qu’il est temps d’agir, et c’est aussi l’avis de nombreux assistants parlementaires et élus. [...] Selon la CNIL, en effet, 55 % des spams francophones et 42 % des spams anglophones sont à caractère pornographiques. Il est urgent d’agir : internet est en passe de devenir le premier média des jeunes, qui risquent ainsi d’être de plus en plus exposés à des contenus choquants. » (Mme Françoise de Panafieu)

-  un peu de protection de la jeunesse et un peu d’ordre aussi :

« Mme de Panafieu a remarquablement décrit les potentialités formidables d’internet et les risques de dérive. Grâce à l’amendement adopté hier, le respect de la dignité des personnes, le respect de l’enfance et de l’adolescence, le respect de la propriété d’autrui, la sauvegarde de l’ordre public et des besoins de la défense nationale sont des exigences inscrites dans le projet. » (Mme la Ministre déléguée à l’industrie Nicole Fontaine)

-  un peu d’Europe, de rusticité responsable et de prétérition :

« Hier, un consensus a été trouvé pour affirmer l’autonomie de la communication en ligne. Mais chacun souhaite aussi définir internet comme un espace de droit. Deux modèles s’opposent : l’un consiste à placer le juge entre l’internaute et l’hébergeur, l’autre - le modèle européen - comprend une phase d’alerte avant le contentieux, ce qui permet à l’internaute de saisir directement le fournisseur d’accès.Permettez-moi de défendre le modèle européen, qui présente l’avantage de la rapidité, ce qui est nécessaire sur internet. Mme de Panafieu et M. Simon l’ont dit, le maître mot dans ce débat, c’est la responsabilité. Je ne ferai pas à vos collègues socialises et communistes l’affront de leur rappeler que nul n’est censé ignorer la loi. » (M. le Rapporteur)

« Il existe en effet deux modèles : le modèle "européen " et celui qui consiste à faire intervenir le juge. Il est exact que l’article 15 autorise une obligation de surveillance dans des cas spécifiques mais, pour notre part, nous ne saurions nous satisfaire de la distinction que vous faites, Monsieur Gouriou, entre le « manifestement illicite », qui appellerait une action immédiate, et tout le reste, qui relèverait du juge. C’est pourquoi nous maintenons notre choix en faveur du modèle européen, plus rustique peut-être, mais pour cette raison plus facilement applicable. » (M. le Rapporteur )

-  un peu de bon sens :

« Confier aux seuls hébergeurs le soin d’apprécier le contenu d’un site serait faire peser un grave risque sur la liberté d’expression (Exclamations sur les bancs du groupe UMP) alors que le juge a, je le répète, la faculté d’intervenir rapidement. Tenons-nous en donc à cette situation qui a le mérite de préserver notre ordre juridique et ne nous engageons pas sur une voie qui conduirait à brider l’accès à internet ! Ne vous donnez pas bonne conscience en édifiant des lignes Maginot numériques qui n’auront aucune efficacité pratique et qui seront dangereuses pour la liberté, tenez compte du vent de révolte que votre initiative suscite déjà. » (M. Christian Paul)

-  un peu de big brother® :

« La liberté que donne aux citoyens le développement de l’internet ne cesse d’inquiéter les grands groupes. Intel, sous le regard bienveillant du big brother Microsoft, prépare un projet « d’alliance » dénommé trusted computing platform alliance qui permettrait d’intégrer dans les puces des ordinateurs personnels un mouchard prénommé Fritz - comme le sénateur américain Hollings qui se bat pour ce projet - afin de surv »eiller tous les usages que les internautes feront de leur machine. Voilà qui ressemble étrangement au monde décrit par Orwell... » (M. Frédéric Dutoit)

-  Un peu de taquinerie :

« En attendant, les grandes compagnies de l’industrie du disque, prenant prétexte de la chute des ventes de disques, qu’elles attribuent au piratage, multiplient les dispositifs anticopie. Pourtant nombre d’experts soulignent que les raisons de la baisse des ventes sont plus complexes. Les dispositifs anticopie utilisés dépassent largement leur objectif, car ils peuvent empêcher d’écouter un CD sur certains appareils tels que les autoradios, voire les lecteurs des ordinateurs personnels. L’association UFC-Que Choisir a saisi le tribunal de grande instance de Nanterre, il y a quelques mois, d’un cas de ce type et le verdict a été très clair : il s’agit bien d’un vice caché. » (M. Frédéric Dutoit)







> Trop de liberté nuit à la liberté ® 9 janvier 2004, par Bob le clavardeur

Insomniaque, de par nature et ma profession (je suis auteur), j’avais déjà appris la nouvelle hier soir. via un article de Libe.fr., annoncé sur l’Autre portail, où figure également un lien vers la pétition.

Par ailleurs, je sais bien que les nouvelles s’échangent à la vitesse de la frappe sur le ouaibe, mais je me demande, en toute ingénuité, si ce n’est pas grâce à la sagacité de Davduf.net que vous avez été en mesure d’extraire ces citations du compte rendu des débats à l’assemblée des articles de la loi - que j’ai du reste lu dans son intégralité.

A moins que ce ne soit le contraire ? Mais quelque chose (mon petit doigt ?..) me dit qu’il n’aurait pas manqué de vous citer en réference.

Un peu de confraternalité (sic !), ne nuit pas au ouaib indé.

Cela dit, sans esprit de polémique, ni de corps (je n’ai rien à voir avec aucun des sites cités) et en vous donnant acte de relayer cette nouvelle.

Au fait, j’ai relevé (hier soir) relativement peu de sites web indés dans les signatures collectives de la pétition. Hardi, les gars !

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manufacturing consent and deep linking 9 janvier 2004, par Lirresponsable

Salut,

Je réponds afin d’éclairer ton petit doigt :)) Alors prenons l’histoire depuis le début : je suis allé sur Yahoo/multimedia où j’ai lu la dépêche de l’AFP (ce qui me donne d’emblée un bonus +15 en déontologie) :

-  (AFP) L’Assemblée adopte un texte créant un droit spécifique de l’internet

Je me décide à en faire une brève car j’ai le temps de le faire (en buvant un café). Et comme j’ai également Rezo.net dans mes bookmarkticiels, je vais lire les brèves syndiquées, à la fois l’article de Latrive et la brève de Davduf :

-  (Libé) Les hébergeurs, nouveaux juges de l’Internet

-  (davduf.net)« La liberté que donne aux citoyens le développement de l’internet ne cesse d’inquiéter les grands groupes. »

Ici je tombe sur le lien du compte rendu de l’assemblée, ce qui m’évite de chercher l’URL à partir de la page d’accueil, (signalement direct des sources que j’essaie de réaliser d’habitude, comme par exemple ici ou ici).

Je le suis et tombe sur les conneries diverses, que dénoncent des analyses sur uZine depuis au moins 3 ans, avec dans le rôle des gentils, les méchants d’hier ;)). Ce qui m’incline à choisir un signalement attendu (rôle du contexte et du support) avec Verbatim (tm). Q’un parti de droite soit pour l’ordre, la censure et la répression en faveur de certains industriels, bon, cela ne nécessite pas beaucoup de commentaires explicatifs.

Donc ton reproche est que la brève devrait linker le lien qui linke le lien où se trouvent les extraits du document (ou même tout le cheminement) ? Oui pourquoi pas, mon présupposé est que les lecteurs de cette brève lisent également rezo.net (cela semble être le cas pour toi) et que lorsqu’ils liront cette brève sur uzine, l’info est déjà connue (idem). Il ne s’agit donc pas d’un scoop ou de primeur des nouvelles en temps réel mais plus de commentaire ou verbatim (tm), avec archives thématiques. Donc extrait du document avec source linkée du document ; le fait de l’économie de la recherche de l’URL du document à partir du site de l’assemblée n’apporte rien à la brève (contenu, intérêt). Est-ce que cela lèse ou vole pour autant un contenu rédactionnel produit par un autre ? Non. S’agit-il d’un manque de confraternité ? Non. D’ailleurs, il y a une différence de forme entre une brève et un article (par exemple ici j’indique le cheminement).

Cela pose le problème plus général de la redondance et l’intérêt de publier des brèves. La plupart du temps, l’ayant déjà lu via l’AFP/AP/Reurters ou rezo ou autre, pour ma part, je n’en vois pas l’intérêt (sauf cas spécial). D’ailleurs, pour l’anecdote, on a déjà eu des reproches dans le sens contraire : "vous ne parlez pas de...", etc.

Tu pourras également dire à ton petit doigt, que les sites uzine.net, rezo.net, davduf.net ont quelques accointances historiques et de personnel ;)) (cf. certains articles). Mais c’est très aimable de ta part de te faire le porte-parole de Davduf - loué sa sagacité Aum Ganesh !-, même si le mieux serait de lui écrire afin de connaître son sentiment.

Au fait, j’ai relevé (hier soir) relativement peu de sites web indés dans les signatures collectives de la pétition. Hardi, les gars !

-  Tableau des effectifs de groupes politiques

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