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Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs

Les indépendants

qui êtes vous ?
par Matthieu Labonnelie

Depuis quelques jours, on assiste sur uZine à un pilonnage systématique des propositions émanant du secrétariat d’état à l’économie solidaire. Je dis systématique, pour ne pas dire organisé : bien que ne connaissant pas individuellement les membres d’uZine, leurs précédentes interventions sur la toile montrent que l’écriture d’un article drôle et méchant, suivi d’un article moins drôle et moins méchant, mais plus constructif, lui même suivi d’un article explicatif, ne sont que le fruit du hasard et de l’auto organisation.

Eh quoi !? que se passe-t-il soudain, qui vaille au secrétaire d’état les foudres des indépendants ?

Mon métier n’est pas la plume, et si j’attrape aujourd’hui le clavier, c’est pour exprimer mon incompréhension sincère, même si elle est un peu brutale. Je me trompe, je le sais, et c’est pour ça que je le clame.

Solidaires de qui ?

Le grand thème de la semaine est, je cite, « l’internet (en chœur) so-li-dai-reuuuh ». Et chacun d’y aller de sa rengaine : « fais pas ci fais pas ça, gna gna gna... » de quels droit vous, indépendants, vous proclamez-vous comme principal groupe apte à définir, normer, baliser ce terrain ? Le droit d’aînesse simplement ?

Ce qui me dérange dans tout ce battage autour d’un secrétaire d’état qui n’en demandait pas tant, c’est cet auto saisissement du sujet par une minorité agissante : « l’internet solidaire, c’est nous ! (et pas la Scouette) ». On pourrait faire de nombreux parallèles sur la prise en main du destin des hommes libres par quelques intellectuels éclairés, au nom de grands principes humanistes ; elle aboutit souvent, pour ne pas dire inéluctablement, à l’échec : on pressent ici un ensemble de personnes se dévouant pour faire vivre une certaine idée de l’internet, et qui à force de tourner entre elles, finissent par ne plus se rendre compte qu’elles ne pourraient représenter qu’elles même.

À lire les diatribes emportées (mais drôles) de ces derniers jours, j’ai peur de voir surgir des indépendants professionnels, qui indépendent comme certains révolutionnaient par profession vers la fin des années soixante, et prétendaient être au cœur de tout débat de société, pour se justifier à leurs yeux de leur propre existence.

Indépendants de quoi ?

Pourtant les différentes déclarations et manifestes sont on ne peut plus explicites : quand on s’engage sur uZine, c’est parce qu’on est indépendant. Moi pas. Je dépends de ma femme, de mes enfants, de mes parents, de mon employeur, de ma banque, de mon fournisseur d’accès, de mon hébergeur, ... l’indépendance semble être une vertu majeur ces dernier temps, à ce point qu’il faut absolument en être ; mais je ne m’y retrouve pas, alors même que je le voudrais.

Alors, quoi ? Alors, j’ai l’impression un peu confuse que derrière une déclaration pleine de bonnes intentions, se cache un coté obscur, qu’une bonne idée risque de se dévoyer, par les chemins mêmes qu’elle semble combattre. je ressens l’appropriation d’un joli mot de la langue française par un peu nombreux collectif dont les écrits semblent dénier à tout autre l’utilisation de ce terme, en ce sens que non seulement, ils se posent comme référence du net indépendant, mais plus encore, comme le passage obligé de l’internet non commercial.

De fait, on croirait entendre les cris éplorés de l’amante délaissée, vidant ses poumons pour expulser sa rage d’avoir été quittée, ou sa déception de n’avoir pas été honorée par le maître : ces collusions politiques, que vous dénoncez, à juste titre et avec force cris, ne sont-elle pas justement celles dont vous avez étés écartés ? Je ne vous connais pas, et je le regrette, mais vous me semblez trop proches du pouvoir pour le critiquer, et malheureusement trop loin pour y participer. Cette frustration serait-elle la source de tous ces bruits ?

Alors, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les indépendants, parce que je me trompe, je vous demande :

-  Qui êtes vous ?

 
 
Matthieu Labonnelie
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> Les indépendants, c nous
27 septembre 2000, message de Greg.fr
 

de quels droit vous, indépendants, vous proclamez-vous comme principal groupe apte à définir, normer, baliser ce terrain ? Le droit d’aînesse simplement ?

Simple : le droit que tout être humain a de s’exprimer, comme bon lui semble, sur un sujet qui le touche. Et parce que l’alternative aux indépendants ressemble furieusement à une régulation étatique, qui, elle aussi, a régulièrement débouché sur tout un tas d’extrèmes politique ou religieux. Autre chose fondamentale : je refuse catégoriquement tout droit à un politicard quelconque de s’exprimer en mon nom. Je revendique haut et fort mon privilège de grain de sable, d’élément perturbateur, quel que soit le débat. Un indépendant, en somme, loin de la logique des marchés ou des Etats.

Et puis, il faut bien avouer que ces Etats sont finalement soit tout à fait dépassés par les événements, soit parfaitement conscients des enjeux représentés par Internet, et qu’ils font leur possible, comme à l’accoutumés, pour réprimer avant de réfléchir.

Alors, j’ai l’impression un peu confuse que derrière une déclaration pleine de bonnes intentions, se cache un coté obscur, qu’une bonne idée risque de se dévoyer, par les chemins mêmes qu’elle semble combattre.

Je revendique une fois de plus ce “côté obscur” Luke, I am your father ;o), fondamental à mon sens au développement incohérent d’Internet, qui en fait sa richesse. Des sites de Q aux sites institutionnels, des pages persos aux niouzgroup, Internet doit être et rester un grand bazar. Il y a quelques siècles, nous avions en France (et ailleurs) des carnavals, ces journées où l’on pouvait se permettre de “pêter les plombs” sans craindre (trop) de représailles (passons ici sur leur côté démago, ce n’est pas l’objet de la discussion). Aujourd’hui, qu’avons-nous de comparable ? La fête de la musique, encadré par des cohortes de flics, le foute (quelle gloire, ils ont gagnés, les plus dopés) ? Rien de très réjouissant, en somme. Alors, pour ceux qui peuvent se le permettre, il reste entre autres Internet.

Tout comme en physique la cohésion de la Terre provient de la somme de plusieurs forces antagonistes, celle du net devrait idéalement provenir des pressions exercées aussi bien par les Etats et les entreprises que les indépendants.

ces collusions politiques, que vous dénoncez, à juste titre et avec force cris, ne sont-elle pas justement celles dont vous avez étés écartés ?

Heureusement que j’en ai été écarté, sinon je ne vaudrais guère mieux qu’eux. Avec leurs livres blancs, leurs rapports et leurs missions. Beark. Vive le foutoir. Notez bien cependant que je m’exprime ici en mon nom propre, et pas en celui des autres membres du Minirézo, qui peuvent tout à fait (et c’est là la beauté de la chose), être franchement en désaccord avec moi. Polémiquons, polémiquons, il en restera toujours quelque chose.

Amicalement,

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> Les indépendants, c nous, 11 octobre 2000
Il faut apprendre à ne parler qu’en son nom propre. UZINE 2 ne représente qu’une infime minorité des surfeurs et de loin pas tout le web des "indépendants". Le droit de parler au nom de la personne qui signe.
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> Les indépendants
26 septembre 2000, message de Olivier Zablocki
 

Qui sommes-nous ?

Drôle de question faussement naïve Matthieu, puisque tu nous connais tous, que 99,99% des articles ici sont signés et renvoient sur les sites des uns et des autres.

Le procédé rhétorique qui consiste à jouer les candides et à s’interroger sur le côté "obscur" de je ne sais quelle force est plaisant ; hélas ce n’est qu’un procédé, cher Matthieu.

Plus sérieusement, René Char écrivait : Celui qui ne vient pas déranger ou surprendre ne mérite ni égard ni patience. C’est ce que nous faisons ici et, dans ce sens, nous méritons bien des égards et pour le moins une lecture plus attentive de ce qui est écrit dans les différents articles consacrés à l’Internet solidaire. Relis ce qu’est dit Matthieu ; je serais bien étonné que tu retrouves en seconde lecture les aigreurs que tu prétends avoir repérées sauf à penser que toute vérité n’est pas bonne à dire.

Non, le problème est bien réel ; pour avoir travaillé pendant plusieurs semaines sur l’appel à projets du SEES, pour avoir très sérieusement cherché par quel bout on pouvait le prendre pour être efficace, j’en suis venu comme beaucoup d’autres à considérer qu’il fallait réserver les quelques ressources disponibles (33MF) à une action beaucoup plus réfléchie et délibérée collectivement. Autrement dit l’Etat me semble incompétent pour traiter seul de nos problèmes. Cela ne veut pas dire qu’il faut rejeter le SEES mais proposer un cadre de concertation transparent. Mieux cerner les missions du Secrétariat d’Etat ce n’est pas récuser son existence, bien au contraire, c’est tout mettre en oeuvre pour qu’il aille au bout de ses missions.

Un dernier mot pour en finir avec l’habituelle accusation de sectarisme ou d’élite auto-proclamée qui plane sur uZine dans tes propos (accusation assez commune il faut le dire). C’est tout de même assez gonflé de prétendre cela dans un espace d’écriture collective dans lequel chacun peut s’exprimer comme tu l’a fait, dans lequel chacun peut prendre sa place sans a priori. Bref c’est une contreverité absolue dont chacun peut juger ici même l’absence de fondement.

 
en ligne :
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> Les indépendants, lyra, 5 février 2004

Il est vrai que le projet du SEES est intérressant pour aborder différents fondements de constrution.

Après une certaine désorganisation, la France semble avoir retrouvée son chemin...Bien qui lui soit toujours aussi difficile de participer à l’émancipation de l’europe par manque de connaissance ! Cette France a d’ailleur du mal à "retrouver" certains liens.

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