Alors qu’en fait, j’étais simplement déçu et fâché la première fois que j’avais lu cet article, ma déception s’étant ajoutée singulièrement à ma mauvaise humeur.
Bon allez, c’est oublié ! Un bisou et on en parle plus ! :))
le fait de recourir à l’artifice de langage disproportionné sur des exemples bénins ne provoque une certaine lassitude de la part de nombreux lecteurs ?
Bah, la lassitude, elle est nécessairement conjoncturelle, variable suivant l’humeur, et générale (auteurs, lecteurs). C’est pourquoi là, on a pris un article, certes bénin, mais amusant (en jouant entre autre sur le "c’est l’été"). Il n’y a pas d’artifice de langage disproportionné, on fournit le résumé de la chose (en moins de dix lignes) :
Le Canard a raison de s’indigner : on apprend qu’un petit garçon abandonné seul sur l’internet peut, en six clics de souris bien choisis, en traversant trois sites différents, dont un annuaire généraliste, et en certifiant avoir plus de 18 ans, parvenir à un site de boules
Le reste de l’article reprend une narration avec des images. Je ne vois pas où il y aurait artifice de langage disproportionné. C’est descriptif, à vocation humoristique (dans l’exagération comique sur la BZH, un jeu sur les clichés, dans les légendes des images), peut-être pas drôle, chiant à lire, décevant, etc. mais sûrement pas manipulatoire.
Que le plaisir pris à l’écriture ne suscite pas de plaisir à la lecture chez tout le monde, ou même uniquement chez très très peu de monde, voire les seuls auteurs ce n’est pas grave. Premièrement parce que c’est toujours une alchimie mystérieuse (tm), deuxièmement surtout parce que l’article a un forum qui permet de causer dessus, à propos, autour.
D’aucuns pourraient dire "ce qu’il dit n’est pas sérieux" et généraliser abondamment jusqu’à prendre faits et causes pour ceux qui ont une image de sérieux
Oui c’est vrai, mais on fait le pari contraire, c’est-à-dire que cela peut amener le lecteur à effectuer lui-même ce travail critique sur d’autres articles. Ceux du site bien entendu, (c’est pourquoi il y a des forums), et ceux d’un titre critiqué ici. Car ce n’est pas parce que (1) "la Gouesnac’h connexion" dit faux/n’est pas sérieux que (2) les autres articles de presse non critiqués ici disent vrai/sont sérieux.
Nous n’avons pas les moyens et l’envie de relever toutes les "perles" ; celles relevées dans la rubrique sont là à titre d’exemple significatif, avec la contrainte thématique (internet), quand on a le temps et qu’on tombe dessus (c’est pourquoi le reproche d’acharnement me fait beaucoup rire).
Pour l’image de sérieux, de toute façon, on touche alors très vite à la croyance, et plutôt à la relation quasi affective qu’entretient le lecteur avec son titre fétiche. Cela n’a pas manqué par exemple ici. C’est pourquoi, à chaque fois que l’on ose, (véritable crime de lèse-majesté pour certains), critiquer avec raison (selon nous) un article de presse, on se cogne les mêmes reproches offusqués qui brodent sur les mêmes thématiques ; d’où parfois une certaine lassitude aussi ;)
L’image de sérieux, avec ce qu’elle implique, ne m’intéresse pas particulièrement. C’est un code, une convention qui vise à habiller un certain type de produit (signifier la crédibilité) ; c’est pourquoi le présentateur du journal a une cravate. Je crois que les réactions parfois violentes que les articles d’uZine peuvent susciter illustrent la relativité de ce code.
Le vrai sens politique me semble donc résider dans la proposition d’intégrer à l’outil éducatif, que vous devez bien connaître si je ne m’abuse, des programmes sur l’information, la désinformation, qu’est-ce que l’image ?, comment l’interpréter ?, etc.
C’est déjà le cas (en Lettres par exemple avec l’oeuvre cinématographique, en plus du travail sur l’argumentation). Mais je ne connais pas tout l’outil éducatif, qui est diablement vaste ; je pourrais juste citer une poignée de braves tombés au feu à côté de moi :))
Le problème est plutôt que : 1) tout le monde est convaincu que la manipulation et la désinformation existent 2) Les individus à une très large majorité disposent d’un sens critique et d’outils (pas forcément) conceptuels pour l’analyser ; (en tout cas pour lire des images, d’où les degrés de lecture dans les pubs) 3) C’est rarement fait à propos. 4) Cela ne change souvent pratiquement rien.
A ceci plusieurs raisons (liste non exhaustive) : a) Il ne suffit pas de reconnaître quelque chose comme une illusion pour que les effets de l’illusion cessent et donc que la manipulation disparaisse. b) les manipulations aux enjeux économiques et politiques se doublent souvent d’une forme coercitive (symbolique et physique). c) Une bonne manipulation joue sur un type particulier de profil psychologique visé (en tenant compte de son système de croyances).
Pour (a) c’est la limite de la connaissance par rapport à la volonté. Par exemple, je sais que fumer augmente les possibilités de cancer, mais je ne vais pas pour autant arrêter de fumer parce que j’aime ça. Autre exemple, je sais que le marketing de Nike me vend des bullshits et que mes pompes sont fabriquées par des enfants sous payés, oui mais je veux du nike parce que c’est cool (mes copains en ont, les espadrilles c’est pas beau, etc.).
L’idée d’un démontage du marketing ou de contre-pub, bon, c’est gentillet. Cela repose sur l’idée très XIX qu’il suffit de dire la vérité pour que la vérité soit, que le scandale cesse (couplée à l’idée positiviste de la science et à la notion de progrès). Bon c’est aussi un marché, celui des campagnes institutionnelles.
Je crois que l’exemplarité de manière générale est non seulement préférable mais aussi plus efficiente, donc il faudrait que les prescripteurs de mode que sont les sportifs admirés des masses cessent d’en porter, c-a-d par exemple que les stars de la NBA refusent des contrats avec les marques de sport...Ah ah ah !
Sur le problème spécifique du décryptage de l’information médiatique, idem, les outils sont là en nombre et cela n’empêche pas les manipulations.
Manipulation qui n’est pas forcément voulue en tant que telle par une puissance occulte (et méchante) mais qui tient aux contraires économiques de production de l’information (auto-aveuglement) avec les fausses questions, les fausses hypothèses qui meublent l’antenne autour d’un cortège d’experts (tm), par exemple dernièrement "Les Américains vont-ils se passer de l’ONU ?", "Bagdad = Stalingrad" (quel suspens !).
Pour donner un exemple de (c) sur le réseau, tout le monde se souvient du super-mail à propos du sondage des RG pour le second tour de l’élection présidentielle (Lepen va faire 42%, avec pseudo discours du NSDAP du 29/11/32 la date de naissance de Chirac). Il a bien circulé, y compris chez des spécialistes en communication convaincus de son authenticité :)) On peut dire c’est le réseau, ok, mais la télé, la radio, la presse après le résultat du premier tour n’ont, amha, dans leur ensemble pas fait preuve d’une pluralité dans leurs commentaires et d’une indépendance de ton exceptionnelle. Cela durait une semaine de plus et on avait le droit à des reportages dans des animaleries pour nous dire que les chats pensaient voter Chirac au second tour.
Bref, parler aux gens des règles journalistiques telles que le "mort-kilomètre", évoquer la métaphore de l’entonnoir à la radio, dédramatiser sur les "trucs" des présentateurs TV, expliquer le rôle des institutions (CSA, OJD...), partager des études de cas sur la communication en temps de guerre, etc.
Si tu veux réaliser un article là dessus, tu es le bienvenu, d’autant que comme tu le notes le cadre mis en place ici est là pour ça.
Et encore, tout cela est insuffisant. L’éducation passe aussi (et d’abord ?) par toutes sortes d’autres lectures qui n’ont a priori aucun rapport avec l’information telle que nous la présentons ici.
Oui, mais le problème second, très classique, est celui de la vertu (tempérance, courage, sagesse, justice). Car de belles valeurs, des chartres, des principes, ne suffisent certainement pas. Il faut des exemples de vertu dans la cité, dit Aristote. C’est bien aimable de sa part, mais ne nous aide guère à en trouver de nos jours...
Alors qu’en fait, j’étais simplement déçu et fâché la première fois que j’avais lu cet article, ma déception s’étant ajoutée singulièrement à ma mauvaise humeur.
Bon allez, c’est oublié ! Un bisou et on en parle plus ! :))
le fait de recourir à l’artifice de langage disproportionné sur des exemples bénins ne provoque une certaine lassitude de la part de nombreux lecteurs ?
Bah, la lassitude, elle est nécessairement conjoncturelle, variable suivant l’humeur, et générale (auteurs, lecteurs). C’est pourquoi là, on a pris un article, certes bénin, mais amusant (en jouant entre autre sur le "c’est l’été"). Il n’y a pas d’artifice de langage disproportionné, on fournit le résumé de la chose (en moins de dix lignes) :
Le reste de l’article reprend une narration avec des images. Je ne vois pas où il y aurait artifice de langage disproportionné. C’est descriptif, à vocation humoristique (dans l’exagération comique sur la BZH, un jeu sur les clichés, dans les légendes des images), peut-être pas drôle, chiant à lire, décevant, etc. mais sûrement pas manipulatoire.
Que le plaisir pris à l’écriture ne suscite pas de plaisir à la lecture chez tout le monde, ou même uniquement chez très très peu de monde, voire les seuls auteurs ce n’est pas grave. Premièrement parce que c’est toujours une alchimie mystérieuse (tm), deuxièmement surtout parce que l’article a un forum qui permet de causer dessus, à propos, autour.
D’aucuns pourraient dire "ce qu’il dit n’est pas sérieux" et généraliser abondamment jusqu’à prendre faits et causes pour ceux qui ont une image de sérieux
Oui c’est vrai, mais on fait le pari contraire, c’est-à-dire que cela peut amener le lecteur à effectuer lui-même ce travail critique sur d’autres articles. Ceux du site bien entendu, (c’est pourquoi il y a des forums), et ceux d’un titre critiqué ici. Car ce n’est pas parce que (1) "la Gouesnac’h connexion" dit faux/n’est pas sérieux que (2) les autres articles de presse non critiqués ici disent vrai/sont sérieux.
Nous n’avons pas les moyens et l’envie de relever toutes les "perles" ; celles relevées dans la rubrique sont là à titre d’exemple significatif, avec la contrainte thématique (internet), quand on a le temps et qu’on tombe dessus (c’est pourquoi le reproche d’acharnement me fait beaucoup rire).
Pour l’image de sérieux, de toute façon, on touche alors très vite à la croyance, et plutôt à la relation quasi affective qu’entretient le lecteur avec son titre fétiche. Cela n’a pas manqué par exemple ici. C’est pourquoi, à chaque fois que l’on ose, (véritable crime de lèse-majesté pour certains), critiquer avec raison (selon nous) un article de presse, on se cogne les mêmes reproches offusqués qui brodent sur les mêmes thématiques ; d’où parfois une certaine lassitude aussi ;)
L’image de sérieux, avec ce qu’elle implique, ne m’intéresse pas particulièrement. C’est un code, une convention qui vise à habiller un certain type de produit (signifier la crédibilité) ; c’est pourquoi le présentateur du journal a une cravate. Je crois que les réactions parfois violentes que les articles d’uZine peuvent susciter illustrent la relativité de ce code.
Le vrai sens politique me semble donc résider dans la proposition d’intégrer à l’outil éducatif, que vous devez bien connaître si je ne m’abuse, des programmes sur l’information, la désinformation, qu’est-ce que l’image ?, comment l’interpréter ?, etc.
C’est déjà le cas (en Lettres par exemple avec l’oeuvre cinématographique, en plus du travail sur l’argumentation). Mais je ne connais pas tout l’outil éducatif, qui est diablement vaste ; je pourrais juste citer une poignée de braves tombés au feu à côté de moi :))
Le problème est plutôt que : 1) tout le monde est convaincu que la manipulation et la désinformation existent 2) Les individus à une très large majorité disposent d’un sens critique et d’outils (pas forcément) conceptuels pour l’analyser ; (en tout cas pour lire des images, d’où les degrés de lecture dans les pubs) 3) C’est rarement fait à propos. 4) Cela ne change souvent pratiquement rien.
A ceci plusieurs raisons (liste non exhaustive) : a) Il ne suffit pas de reconnaître quelque chose comme une illusion pour que les effets de l’illusion cessent et donc que la manipulation disparaisse. b) les manipulations aux enjeux économiques et politiques se doublent souvent d’une forme coercitive (symbolique et physique). c) Une bonne manipulation joue sur un type particulier de profil psychologique visé (en tenant compte de son système de croyances).
Pour (a) c’est la limite de la connaissance par rapport à la volonté. Par exemple, je sais que fumer augmente les possibilités de cancer, mais je ne vais pas pour autant arrêter de fumer parce que j’aime ça. Autre exemple, je sais que le marketing de Nike me vend des bullshits et que mes pompes sont fabriquées par des enfants sous payés, oui mais je veux du nike parce que c’est cool (mes copains en ont, les espadrilles c’est pas beau, etc.).
L’idée d’un démontage du marketing ou de contre-pub, bon, c’est gentillet. Cela repose sur l’idée très XIX qu’il suffit de dire la vérité pour que la vérité soit, que le scandale cesse (couplée à l’idée positiviste de la science et à la notion de progrès). Bon c’est aussi un marché, celui des campagnes institutionnelles.
Je crois que l’exemplarité de manière générale est non seulement préférable mais aussi plus efficiente, donc il faudrait que les prescripteurs de mode que sont les sportifs admirés des masses cessent d’en porter, c-a-d par exemple que les stars de la NBA refusent des contrats avec les marques de sport...Ah ah ah !
Sur le problème spécifique du décryptage de l’information médiatique, idem, les outils sont là en nombre et cela n’empêche pas les manipulations.
Manipulation qui n’est pas forcément voulue en tant que telle par une puissance occulte (et méchante) mais qui tient aux contraires économiques de production de l’information (auto-aveuglement) avec les fausses questions, les fausses hypothèses qui meublent l’antenne autour d’un cortège d’experts (tm), par exemple dernièrement "Les Américains vont-ils se passer de l’ONU ?", "Bagdad = Stalingrad" (quel suspens !).
Pour donner un exemple de (c) sur le réseau, tout le monde se souvient du super-mail à propos du sondage des RG pour le second tour de l’élection présidentielle (Lepen va faire 42%, avec pseudo discours du NSDAP du 29/11/32 la date de naissance de Chirac). Il a bien circulé, y compris chez des spécialistes en communication convaincus de son authenticité :)) On peut dire c’est le réseau, ok, mais la télé, la radio, la presse après le résultat du premier tour n’ont, amha, dans leur ensemble pas fait preuve d’une pluralité dans leurs commentaires et d’une indépendance de ton exceptionnelle. Cela durait une semaine de plus et on avait le droit à des reportages dans des animaleries pour nous dire que les chats pensaient voter Chirac au second tour.
Bref, parler aux gens des règles journalistiques telles que le "mort-kilomètre", évoquer la métaphore de l’entonnoir à la radio, dédramatiser sur les "trucs" des présentateurs TV, expliquer le rôle des institutions (CSA, OJD...), partager des études de cas sur la communication en temps de guerre, etc.
Si tu veux réaliser un article là dessus, tu es le bienvenu, d’autant que comme tu le notes le cadre mis en place ici est là pour ça.
Et encore, tout cela est insuffisant. L’éducation passe aussi (et d’abord ?) par toutes sortes d’autres lectures qui n’ont a priori aucun rapport avec l’information telle que nous la présentons ici.
Oui, mais le problème second, très classique, est celui de la vertu (tempérance, courage, sagesse, justice). Car de belles valeurs, des chartres, des principes, ne suffisent certainement pas. Il faut des exemples de vertu dans la cité, dit Aristote. C’est bien aimable de sa part, mais ne nous aide guère à en trouver de nos jours...
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