Alors faire son site, son propre journal, c’est un véritable boulot que tout le monde n’a pas le temps ou envie de faire. En un mot, c’est du journalisme. Et tout le monde n’est pas journaliste.
C’est bien ce que je te dis, ami ! Pourquoi tout le monde n’a pas le temps (et l’envie) ? Et s’il y avait une division sociale et technique du travail dans notre société ?... ;) C’est-à-dire qu’après une journée de boulot, il est plus simple d’allumer la télé pour regarder le 20 heures ou de lire un magazine télé que de se cogner dix heures de recherches sur le web afin de contextualiser retracer, interpréter une info. L’industrie du divertissement-info repose là dessus.
Et je crois que les facteurs déterminants ne sont pas la compétence (cf. entre autre Les Petits Soldats du journalisme) ou les facultés intellectuelles (il suffit de lire un journal ! :)), mais le temps et la pénibilité du travail (qui entraîne fatigue, apathie, etc.).
La justification sociale et économique du médiateur est là, et non dans l’autoproclamation de sa nécessité pour la démocratie. D’autant que, je ne sais pas si tu es allé voir le lien proposé dans le post précédent vers le Sénat...
Cela peut bien sûr à l’occasion avoir son intérêt lorsqu’une révélation vient à propos, cf. par exemple Affaire Calvet / Canard Enchaîné,
mais le reste du temps ?
Et le Canard ne fait pas de l’événementiel et ne s’amuse pas à recopier des dépêches AFP tout de même !
De l’événementiel non, mais l’Actualité médiatique (référendum en Corse, grève des intermittents, etc.).
Quant aux source, les principales viennent par ordre d’importance...1) de la presse et de la télé (rubriques : "zigzag", "la boîte à image", "à travers la presse déchaînée", "rue des petites perles", "vite dit", "la noix d’honneur", "minimares") 2) de rapports publics (par exemple Conseil de la concurrence, Cours des comptes, etc.) 3) de fuites organisées (délation, interception de documents, oreilles compatissantes ou qui traînent lors de réunions publiques).
Tu remarqueras que le gros du rédactionnel consiste en de la revue de presse (qui est l’activité principale d’un journaliste) et de la chronique (éditos, critiques de livres, films etc.), c’est pourquoi j’aime bien le reproche suivant lequel les webzines sont uniquement critiques, réactifs et d’opinion :))
On monte toujours en épingle le (3) avec la conception de l’information comme scoop qui nous révèle des choses cachées (tm) depuis la fondation du monde... Or le gros des informations (y compris scandaleuses) est contenu dans des rapports publics, que la presse à annonceurs ne couvre pas tellement certes (préférant la publi-information et les pubs pour Renault, France Télécom, etc.). Mais la réception de ces informations n’exige pas de qualités particulières : c’est seulement fastidieux, long, il faut éplucher des rapports rédigés en technocratelang ; on retrouve les limitations liées à la division du travail.
La seule chose que n’a pas le citoyen lambda c’est le réseau d’informateurs (contacts à l’ambassade, à la préfecture, au ministère, etc.). Rien d’étonnant, quand tu fais ta journée de boulot, tu n’as pas le temps d’aller à tous les raouts officiels pour, entre deux petits fours, suprendre ou accueillir les confidences du sous-préfet ; d’ailleurs le plus souvent, tu n’es même pas invité, ça tombe bien ! :))
En revanche, chacun a dans son entourage (famille, amis) et son relationnel plus ou moins étendu (boulot, activités de loisirs) non pas de super-VIP au courant de l’actu, mais des personnes tout à fait capables d’analyser et de témoigner de leurs situations ; et donc d’être leur propre média.
C’est l’expérience maintes fois renouvelée : lorsqu’un article de presse parle d’un sujet que tu connais (parce que tu es un spécialiste et qu’il s’agit de ta branche d’activité), tu te rends souvent compte que le papier en question est bourré d’inexactitudes, d’approximations, d’erreurs. Et quand tu parles à un ami spécialiste d’un article de presse sur un sujet que tu connais pas ("alors il paraît que dans ton secteur, il se passe telles et telles choses"), il porte en général le même diagnostic ("qui t’a raconté ces conneries ?").
Alors faire son site, son propre journal, c’est un véritable boulot que tout le monde n’a pas le temps ou envie de faire. En un mot, c’est du journalisme. Et tout le monde n’est pas journaliste.
C’est bien ce que je te dis, ami ! Pourquoi tout le monde n’a pas le temps (et l’envie) ? Et s’il y avait une division sociale et technique du travail dans notre société ?... ;) C’est-à-dire qu’après une journée de boulot, il est plus simple d’allumer la télé pour regarder le 20 heures ou de lire un magazine télé que de se cogner dix heures de recherches sur le web afin de contextualiser retracer, interpréter une info. L’industrie du divertissement-info repose là dessus.
Et je crois que les facteurs déterminants ne sont pas la compétence (cf. entre autre Les Petits Soldats du journalisme) ou les facultés intellectuelles (il suffit de lire un journal ! :)), mais le temps et la pénibilité du travail (qui entraîne fatigue, apathie, etc.).
La justification sociale et économique du médiateur est là, et non dans l’autoproclamation de sa nécessité pour la démocratie. D’autant que, je ne sais pas si tu es allé voir le lien proposé dans le post précédent vers le Sénat...
Cela peut bien sûr à l’occasion avoir son intérêt lorsqu’une révélation vient à propos, cf. par exemple Affaire Calvet / Canard Enchaîné,
mais le reste du temps ?
Et le Canard ne fait pas de l’événementiel et ne s’amuse pas à recopier des dépêches AFP tout de même !
De l’événementiel non, mais l’Actualité médiatique (référendum en Corse, grève des intermittents, etc.).
Quant aux source, les principales viennent par ordre d’importance...1) de la presse et de la télé (rubriques : "zigzag", "la boîte à image", "à travers la presse déchaînée", "rue des petites perles", "vite dit", "la noix d’honneur", "minimares") 2) de rapports publics (par exemple Conseil de la concurrence, Cours des comptes, etc.) 3) de fuites organisées (délation, interception de documents, oreilles compatissantes ou qui traînent lors de réunions publiques).
Tu remarqueras que le gros du rédactionnel consiste en de la revue de presse (qui est l’activité principale d’un journaliste) et de la chronique (éditos, critiques de livres, films etc.), c’est pourquoi j’aime bien le reproche suivant lequel les webzines sont uniquement critiques, réactifs et d’opinion :))
Tiens, pour l’argument des pros, tu peux consulter les réaction en forum de l’article Un journaliste du Monde aurait (peut-être pas) retrouvé Ben Laden sur l’internet.
On monte toujours en épingle le (3) avec la conception de l’information comme scoop qui nous révèle des choses cachées (tm) depuis la fondation du monde... Or le gros des informations (y compris scandaleuses) est contenu dans des rapports publics, que la presse à annonceurs ne couvre pas tellement certes (préférant la publi-information et les pubs pour Renault, France Télécom, etc.). Mais la réception de ces informations n’exige pas de qualités particulières : c’est seulement fastidieux, long, il faut éplucher des rapports rédigés en technocratelang ; on retrouve les limitations liées à la division du travail.
La seule chose que n’a pas le citoyen lambda c’est le réseau d’informateurs (contacts à l’ambassade, à la préfecture, au ministère, etc.). Rien d’étonnant, quand tu fais ta journée de boulot, tu n’as pas le temps d’aller à tous les raouts officiels pour, entre deux petits fours, suprendre ou accueillir les confidences du sous-préfet ; d’ailleurs le plus souvent, tu n’es même pas invité, ça tombe bien ! :))
En revanche, chacun a dans son entourage (famille, amis) et son relationnel plus ou moins étendu (boulot, activités de loisirs) non pas de super-VIP au courant de l’actu, mais des personnes tout à fait capables d’analyser et de témoigner de leurs situations ; et donc d’être leur propre média.
C’est l’expérience maintes fois renouvelée : lorsqu’un article de presse parle d’un sujet que tu connais (parce que tu es un spécialiste et qu’il s’agit de ta branche d’activité), tu te rends souvent compte que le papier en question est bourré d’inexactitudes, d’approximations, d’erreurs. Et quand tu parles à un ami spécialiste d’un article de presse sur un sujet que tu connais pas ("alors il paraît que dans ton secteur, il se passe telles et telles choses"), il porte en général le même diagnostic ("qui t’a raconté ces conneries ?").
a+