uZine
Retour au sommaire

Web indépendant, Web citoyen

Cyber-économie mon amour

Internet & Journalisme

Pressions & répression



Powow.net ferme boutique
mercredi 11 juillet 2001




Dans un communiqué adressé le 10 juillet 2001 à ses lecteurs, la rédaction de « Powow.net », site officiellement consacré à « l’éthique de l’internet » lancé par la « world company » Vivendi, annonce sa fermeture imminente.

La privatisation du débat public, et en l’occurrence sa tentative de captation par Videndi, avait franchi une étape symbolique avec la création de Powow.net. On peut donc conclure que la fermeture de ce site constitue une victoire pour la démocratie.

VOIR EN LIGNE : Le site en question






De la sublime perversité de Powow.net. 16 juillet 2001

Bonjour Sylvie,

Je ne vais évidemment pas te contredire sur le caractère insignifiant du contenu de ce site. Néanmoins, il faut bien reconnaître qu’un tel jugement repose sur une analyse plutôt subjective qui peut ne pas être partagée par tout le monde. D’ailleurs, on peut légitimement s’interoger sur les raisons qui ont poussé Blondeau à se fendre d’un communiqué dans le monde intercatif annonçant solennellement et avec regret la fin imminente de Powow.

Le copinage entre Blondeau et le directeur éditorial de Powow, Ariel Kiriou, constitue sans doute un élément d’explication. On peut aussi évoquer le fait que Blondeau etait l’un des organisateurs de la Zelig-conf. dont Kiriou fut l’un des mécènes...

Bon, mais là n’est sans doute pas l’important.

-  Tout d’abord, s’il est difficile d’évaluer objectivement la qualité rédactionnelle du site Powow, on peut au moins constater qu’il n’a jamais vraiment réussi à s’imposer dans le "débat public" sur le net. D’ailleurs, l’annonce de sa disparition est peut être à mettre en parallèle avec l’ouverture du Forum des droits sur l’internet (FDI), qui ne mérite cependant pas beaucoup plus d’égard que Powow.net.

-  Surtout, la qualité des contenus de Powow importe peu au regard de l’illégitimité intrinsèque de ce site. En effet, l’objectif de Vivendi était bel et bien de créer "l’agora privée" - expression paradoxale qui traduit bien la finalité du projet et trahit en même temps sa sublime perversité - au sein duquel les "enjeux éthiques" du net devaient être discutés. Comme si les problèmes posés par le développement du net devaient d’ailleurs se cantonner à la question "éthique" alors que les enjeux sont avant tout économiques, politiques, juridiques et sociaux. Mais il est vrai que le fait de cantonner le débat sur les "enjeux éthiques" permet d’occuper les "enculeurs de mouches" professionnels tout en jetant un écran de fumée sur les enjeux plus importants posés par le développement de groupes tentaculaires qui essaient notamment de s’accaparer des pans entiers du net depuis la fourniture d’accès en passant par la production des contenus jusqu’à leur distribution au client final et ceci, indépendamment des supports de production, d’acheminement et de réception... comme Vivendi, justement !

En clair, le rôle central joué par Vivendi dans l’industrialisation des contenus et sa monopolisation par un nombre très restreint d’acteurs de la communication - seuls AOL-Time Warner représente aujourd’hui un poids équivalent à celui de Vivendi dans la communication - ne lui donne aucune légitimité à créer, héberger et surtout animer un espace sur l’éthique de l’internet.

De la même manière que Messier cultive ses faux airs de manager débonnaire, il faut notamment voir dans la créaction du powow.net une tentative de la part de Vivendi de devancer les critiques sur son caractère tentaculaire en témoignant dans le même temps d’une préoccupation stratégique pour les questions d’éthique dont le moindre objectif ne consistait pas à rassurer le consommateur sur la fiabilité des produits de la "world company".

En faisant appel The Link - agence de communication qui se définit comme "spécialisée dans le capital humain" - pour créer ce site, Vivendi s’offrait surtout potentiellement le luxe d’avoir une maîtrise directe sur les évolutions du "débat éthique". Et c’était à mon avis l’aspect le plus inquiétant concernant l’exitence de ce site.

Par l’intermédiare de la boîte de comm. The Link, Vivendi pouvait ainsi :

-  orienter les débats sur les thèmes les moins dérangeants pour ses intérêts tout en passant pour libéral en introduisant une petite dose éventuelle de messages à caractère vaguement subversif bien faits pour endormir la vigilence du "client" ;

-  filtrer les contributions dignes figurer sur le site de l’"éthique du net" ;

Last but not least, la mise en place d’un sytème de plébiscite des articles ouvrait la porte à toutes les manipulations qu’elle pouvait bien sûr non seulement contrôler en fonction de ses intérêts mais en plus, pourquoi pas, utiliser à son profit.

Naturellement, l’analyse des menaces que l’existence d’un site comme powow représentait pour le "débat public" sur le net ne signifie pas que Vivendi - via l’agence de comunication The Link - allait nécessairement vouloir, ou tout simplement pouvoir, exploiter toutes ses potentialités - De ce point de vue, le faible écho rencontré par ce site constituait le meilleur antidote à la menace Powow. C’est d’ailleurs probablement l’une des raisons pour laquelle Vivendi a décidé de mettre fin à l’expérience.

Mais le fait même que ces potentialités existent suffit largement à condamner l’existence de site et à se réjouir de sa disparition prochaine.

Bien à toi, Pascal.


Je te conseille au passage la lecture de la présentation officielle, ci-dessous reproduite, du "projet powow", également disponible sur le site en question :

[Le projet powow.net

Avec le développement d’Internet à la fois rapide et diversifié, se pose la question de l’éthique. A cette interrogation, aucune réponse officielle, pas de loi, mais des chartes écrites par les acteurs du web. Le groupe Vivendi, comme tout grand groupe de communication se préoccupe de ces questions et lance, en septembre 99, sa Charte Internet Confiance dans laquelle il affirme sa volonté d’ouvrir le dialogue avec les internautes. C’est donc ensemble que l’éthique d’Internet doit se construire, en créant le débat, en proposant des points de repères, en favorisant la réflexion , en s’enrichissant des opinions de professionnels, d’experts, de journalistes, de philosophes, d’internautes et de citoyens. C’est dans ce contexte que The Link, agence de communication spécialisée sur le capital humain, propose à la Direction Stratégique de Vivendi un journal en ligne de dialogue sur l’éthique du Net. Pour que powow.net fonctionne, The Link devient l’éditeur et met en place une rédaction autonome grâce au financement de Vivendi Universal. Le 31 janvier 2000 powow.net est lancé. Le site est composé d’interviews, brèves, contributions, sondages. Powow.net voit défiler les opinions les plus contradictoires, écoute et fait entendre les sons de cloches les plus différents et participe aux débats qui animent tous les internautes épris d’éthique.]

[Répondre à ce message]

> Powow.net n’est pas la Pravda 12 juillet 2001, par Harry Hell

Cher gratouilleur de brève,

Bravo pour votre style Pravda digne des plus grands moments de la pitrerie stalinienne. C’est si bon de rester bien au chaud dans ses certitudes, au mépris de ceux qui vont au charbon.

Avec une conclusion pareille sur "la victoire de la démocratie", vous vous mettez au niveau de ceux qui ont enterré Powow.net en lui reprochant son indépendance. Et vous méprisez les journalistes qui l’on fait vivre sans jamais céder sur leur éthique (justement). Que Powow.net ait été un projet critiquable, certes.

Ô misérable scarabée de la pensée, respectez au moins ceux qui sont morts dignement.

So long. Bisous anarchiques.

Harry

L’article d’Olivier Blondeau sur la fin de Powow.net

[Répondre à ce message]

> > Powow.net n’est pas la Pravda 12 juillet 2001, par PeeFF

Cher Kiri-Kou,

Est-ce le signe d’une déficience intellectuelle ou plus tout simplement l’émotion ?

Toujours est-il que tu confonds deux niveaux :

-  la condamnation du principe même de l’existence de ce site pour les raisons évoquées dans cette brève. Une entreprise tentaculaire crée un site sur "l’éthique du net" pour se donner bonne conscience et améliorer son image tout en profitant de l’occasion pour tenter de capter le débat public dans ses filets pour mieux en contrôler l’orientation ;

-  la qualité éventuelle et le respect du travail fourni par les "professionnels de la profession" qui ont collaboré à cette entreprise qui n’en reste pas moins moralement (puisque tu fais allusion à l’éthique) et politiquement condamnable.

Que Blondeau cautionne ce type d’opération et fasse semblant d’avoir cru à la sincérité des discours de Messier sur la "diversité culturelle et les bienfaits du débat éthique" alors que le débonnaire PDG de Vivendi-Universal est l’un des principaux acteurs de l’uniformisation de la culture dans le monde prêterait à sourir si le sujet n’était pas si grave !

PeeFF (scribouillard amateur mais pas dupe de la prose larmoyante d’un cumulard de la "comm"qui n’est vraiment pas à plaindre.

[Répondre à ce message]

> > > Powow.net n’est pas la Pravda 13 juillet 2001, par Harry

Cher Pee FF,

Ne refaisons pas ici, et post mortem, un débat qui a déjà eu lieu, et qui s’est élargi de façon cocasse avec Dantec en article87...

Sache juste, car je crois que tu sais lire malgré ta tendance au psycho-rigidisme, qu’Olivier pas plus que nous tous n’avons jamais cru à la sincérité des discours que tu cites (ne crois-tu pas, d’ailleurs, que c’est pour ça que nous sommes tombés ?). Nous avons saisi une perche inouïe et défini des conditions de liberté dans un projet qui ne devait être qu’une prison de la pensée, de la morale et de tout ce qui tu voudras encore.

Mais bon, je ne demande à personne de nous plaindre, et surtout pas à toi et tes sbires dont j’aime tant les diatribes. Je m’amuse simplement à constater la façon dont toi et certains de tes adorables sbires, alors même que vous voulez casser des prisons, ne faites que construire des cellules (ce que tu fais avec les oeillères qui te servent de sens), avec le lot d’excommunications qui vont avec.

Tu te réjouis de la mort de Powow.net, tu es donc d’accord avec les plus conservateurs de la bande de VidenVice. Je te laisse ce genre de proximité.

Bises

Harry

[Répondre à ce message]

> > > > Powow.net n’est pas la Pravda 13 juillet 2001, par PeeFF

Coucou kiri kou,

Tu as raison. Ne prolongeons pas ce débat. Mais alors, arrête de faire ton Begbeder. Et retourne immédiatement dans ta niche du A87 pour prolonger une polémique dont l’intérêt est inversement proportionnel à la passion que les plumitifs de ton espèce semble mettre à l’alimenter.

Le problème, avec des types comme toi, c’est que tu veux le beurre et l’argent du beurre. Le pognon de Messier sans passer pour l’un de ses affidés.

Tu veux jouer les anarchistes alors que tu n’es qu’un pseudo-intello opportuniste grand bourgeois tout juste bon à fréquenter les salons parisiens et à grappiller içi ou là quelques miettes du festin.

Aux yeux des stratèges de la comm de Vivendi, Powow n’était rien d’autre sur le net que le substitut fonctionnel des Guignols de l’info sur Canal +. Tu es le fou du roi Messier, le ménestrel de la cour vivendesque. C’est le luxe des tyrans de nourrir leur petit roquet. C’est le symbole de leur puissance, de leur "libéralisme" et en même temps la condition de leur survie. Aucune monarchie absolue n’est viable sans l’aménagement des artifices d’une petite contestation intérieure pour mieux en contrôler les effets. Tu n’es que l’amuse-gueule, le carnaval de la dictature vivendo-universal.

Ton discours est cousu de fil blanc et ta stratégie tout aussi limpide. J’attends la publication imminente de ton prochain bouquin : "J-M Messier m’a tuer".

Va, cher Kiri-kou. Va rejoindre la meute des pseudo-intellos organiques à la B.H.L., Finkelkraut et autres Beigbeder à laquelle tu appartiens déjà. Les plateaux des Durand et autres Ardisson n’attendent que toi.

Et arrête de vouloir passer pour ce que tu n’es pas ! Cela t’évitera de perdre ton temps - et le mien par la même occasion - en auto-justification stérile. et surtout, lâche-moi les baskets !

Bise, PeeFF.

[Répondre à ce message]

> > > > > Powow.net n’est pas la Pravda 13 juillet 2001

Ah bon ? Tu portes des baskets ? Des Nike je suppose. Je vois que ta pensée s’arrête à l’anathème et au procès d’intention. La Pravda, disais-je. On ne te surnommerait pas le Petit Père des Peuples, par hasard ?

Je t’aime et t’embrasse sur les deux joues.

Kiri-Kou

[Répondre à ce message]

> > > > > > Powow.net n’est pas la Pravda 13 juillet 2001, par PeeFF

De la part d’un bobo libéral-libertaire de ton accabit, passer pour "le petit père des peuples" ne relève certes pas de l’exploit mais représente tout de même un beau compliment. Je vais finir par te trouver sympathique ;-)

Allez, je t’embrasse, PeeFF.

[Répondre à ce message]

> > Powow.net n’est pas la Pravda, non c’est du vide, du rien 14 juillet 2001, par pas de pseudo, je m’appelle Sylvie.

Je me demande pourquoi il y a débat entre ces deux plumes parce qu’il y avait rien sur powow.net... Même écrit par des professionnels de la profession et financé par la world companie qui se donnait bonne conscience, du point de vue débat sur "l’éthique" c’était pipoland sur net. Powow.net n’avait pas de visiteurs because y avait pas de "contenu". Juste c’était joli, façon produit de comm très tendance pour bobos en quête de sens.. Et encore, pas sûr. Qui ici a bookmarké powow.net ??

Sylvie

[Répondre à ce message]

> > > Powow.net n’est pas la Pravda, non c’est du vi 8 août 2001, par dl

Je me demande où est l’éthique dans ce déballage de linge pas très propre. ça fait très famille, ou tribu. On se bise avec des regards de haine, on se fait des enfants et le visiteur moyen a le sentiment d’être parvenu au coeur du zoo devant la cage des initiés. Il découvre un langage, des pratiques, des bonnes manières milles et une façons de se reproduire auxquelles il n’avait pas pensé. Merci pour le spectacle, c’était charmant (un peu boule vard quand même, Grosses Têtes, avec les rires en moins ! Je vous dois quelque chose ?

ç

[Répondre à ce message]