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Profession : artiste. Statut : fonctionnaire !
lundi 15 janvier 2001




Taxe : Après les cassettes audio et video, les cd et dvd vierges, le gouvernement persiste et signe, puisque C TASCA signale dans le figaro son projet d’étendre les taxes à l’ensemble des supports numériques, y compris ordinateurs et téléphones.

Mais est ce bien la solution ?

Comment se fait la redistribution ?
Quels sont les effets dans le secteur culturels des subventions généralisées (art contemporain, théatre...) ?

Si les artistes sont rémunérés par l’impot, ne devrait on pas leur faire passer, comme aux autres fonctionnaires, un concours de la fonction publique ?

Et les sourds et les aveugles, devront ils payer la taxe ?







> Profession : artiste. Statut : fonctionnaire ! 15 janvier 2001, par MagicVince

Que les ténors des industries culturelles doivent être rassurés par la présence au gouvernement "socialiste" de personnalité qui comprennent si bien les problématiques capitalistes. Quel bonheur pour les Philips et autres Sony de toucher la dîme sur les ventes de leurs maisons de disques, de retoucher la gabelle sur les supports dont ils possèdent usines et brevet de fabrication. Oh sympathie gouvernementale, voici qu’ils vont en plus toucher une taxe sur nos emails et nos photos de vacances.
Il est vrai que dans les faits, les supports vierges servent à faire des copies des CD et softs que l’ont se passent entre amis. Mais ce fait n’empèche que dans de multiples cas, les données stockées nous sont propres. Dès lors quel moyen gérable propose madame Tasca pour nous rétribuer de nos propres productions ? D’une année sur l’autre aurais-je droit à un crédit d’impots si j’amène mon disque dur au CSA ou à la SACEM et montre que 50% des données sont de mon cru ? Comment va-t-on rémunéré les créateurs sous licence GNU ou GPL ?
La répartition des recettes se fera par sondages, une fois de plus ce système ne fera que renforcer les artistes institutionnalisés et distribués par les canaux officiels.
Quelle est donc la crainte des artistes ? La peur de ne pas être popularisé ou la crainte de ne pas être superpayé ?
Soyons clair, qui sont les artistes menacés ? Ceux qui ne vivent que de la production distribuée et qui n’ont pas les moyens de susciter le désir de les rémunérer pour qu’ils continuent ou le plaisir d’assister à leur performance publique.
Bien sûr c’est là la redéfinition d’un statut et d’une fonction sociale. Ce n’est pas l’artiste de contact qui est menacé, c’est le star système. Hors cette menace n’est-elle pas celle de la désidéalisation positive d’une compétence artistique qui se diffuse dans la société ? Et puis quand il n’y a plus eu de charbon n’a-t-on pas fermé les mines ou a-t-on continuer à envoyé les gars au fond en prélevant une taxe sur le nucléaire ?
Oui le paradoxe est là. L’ère numérique revalorise l’artiste baladin contre la Britney Pire de service pour les trois mois à venir.
Que nous reste-t-il pour nous insurger contre cette nouvelle taxation (parions d’ailleurs que les sociétés de productions seront exemptés de la taxe) ?
Ne plus acheter de support de stockage ?
Exiger la taxation de tous les supports inscriptibles(murs, papiers hygieniques, tables de lycée...) pour pousser le raisonnement jusqu’à son absurdité la plus délirante ?
Il me semble qu’outre une campagne de dénonciation du projet scélérat, ils nous faut envisager, petits producteurs de mots partagés, d’imposer une société des auteur(e)s quotidiens exigeants de partager les deniers de la dîme et de la gabelle à (h)auteur du volume que nous produisons et consultons quotidiennement.

PS : Remercions aussi, je ne sais pas qui de nous avoir évité une madame Tasca ou un juge anti-napster lors de l’invention du langage car nous nous devrions aujourd’hui de verser notre écots à Larousse et Robert avant de l’ouvrir...

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> Profession : artiste. Statut : fonctionnaire ! 19 janvier 2001

La grande réussite de Lang est d’avoir institutionnalisé l’Art en mettant en place une baronnie culturelle digne de la renaissance qui n’a de cesse de justifier sa présence en prétendant être les créateurs d’aujourd’hui, alors qu’ils puisent et épuisent le répertoire classique sans s’interesser aux auteurs contemporains.

La perte de Catherine Trautmann est d’avoir tenté de s’opposer à cette baronnie pour se tourner vers les Arts émergeants ( Art du Cirque, Art de la Rue, Musique électronique,etc.

Avec l’appui des journalistes spécialisés dans l’institution culturelle,avec l’appui de Lang et de sa cour, ses barons créateurs qui oeuvrent pour 9% de la popuation, C. Trautmann était peut-être trop isolée et mal conseillée pour lutter contre cette corporation au discours pourtant humaniste mais qui dans les faits, sont plus royalistes et mondialistes que les rois mondiaux eux-mêmes.

Il est donc facile aujourd’hui pour Tasca, de désigner les artistes intermittents du spectacle (donc indépendants) comme boucs émissaire et faire croire à la population que les taxes leur seront rétribuées.

N’oublions pas que les socialos nous parlent du 1% culturel depuis 1981.
Peut-être est-il temps de rappeler à nos responsables (mais pas coupables)
même si cela peut paraître abracadabrantesque, que nous sommes au troisième millénaire et que sous Louis XIV, le budget culturel était de 12%.
Rassurez-vous, je ne suis surtout pas monarchique, mais en tant que citoyen, je suis honteux de cette mascarade démocratique que des monarques socialisants nous interprètent au quotidien en nous faisant croire qu’ils ont du talent...

"pardonnez les phrases longues et les fautes éventuelles, mais c’est une réponse sur le Vif !"

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