En fait non. Il n’est pas bien difficile d’etre "admin" non plus, cela dit, il suffit de demander...
Le message le plus interessant dudit forum - que dans l’ensemble je n’ai pas personnellement trouve bien passionnant mais bon- etait celui de Raphaël Meyssan. Je te le copie-colle parce que c’est toi :
"Juste deux pages d’inexactitudes...
2001-07-27 00:48:10 / Raphaël Meyssan
Bonjour Marc,
Je ne sais pas si l’on peut écrire deux pages dans le forum… mais les voici. Quelques remarques, donc, sur ton article, par une personne qui n’est pas objective, puisque à qu’ayant participé depuis le début au site Jeboycottedanone.
De ton article, je comprends que les licenciements de Danone ont été occultés par l’assignation en justice du site Jeboycottedanone.
Tu expliques que le débat a glissé des licenciements, décidés par une entreprise à qui l’on demande des comptes, à la très vague « liberté d’expression sur internet », un débat dans lequel se sont engouffrés les médias. C’est ce que je retiens de cet article et qui me semble être un constat assez juste : au fil des procès, on voit que bien que le droit d’expression sur le Net est aujourd’hui un sujet piégé, sur lequel on se retrouve en face d’adversaires qui se sont jadis battus pour les libertés, tout cela dans un climat à la fois d’extrême passion et de suspicion par rapport au réseau.
Je ne pense pas pour autant que Danone ait délibérément choisi de mettre sur le devant de la scène ce débat, dans le but délibéré d’occulter ce qui lui était reproché. Toutes les informations que nous avons sur Danone nous donnent à penser qu’ils ont été complètement dépassées et ont agit dans l’urgence.
Il y a quelques temps avait lieu à l’école des Mines un colloques sur « la gestion des situations de crises par les entreprises », avec des représentants des cellules de crises d’EDF, Bull, Total et Danone. Je m’attendais à entendre des gens cyniques, qui avaient parfaitement analysés les sources possibles des crises, les ennemis éventuels et préparé des plans d’action… Bien au contraire ! Un à un, ils ont expliqué que la crise n’avait aucune raison et qu’elle avait été montée en épingle par les médias. La source de tous leurs problèmes serait donc complot médiatique ! Et lorsqu’il n’y a pas de problème au départ, que tout est le fait des « médias », alors, on ne peut rien faire… Toutes les explications rationnelles ne passaient pas auprès des masses totalement prises dans leurs passions. C’était assez pitoyable pour ces grandes entreprises… et très encourageant pour les contestataires.
Ton accroche est très attirante : « contrairement aux apparences l’entreprise Danone a parfaitement géré la crise qu’elle a affronté durant plusieurs mois ». Mais je ne pense pas qu’elle soit juste. Il me semble que Danone a effectivement gagné. Mais ce n’est pas grâce à ses brillants collaborateurs. Plutôt parce que la contestation, si elle était massive, n’était pas pour autant très sérieuse. Chacun se mettant en valeur en défendant les « p’tits Lu » (chacun = les « personnalités médiatiques », les partis politiques, les journaux branchés…).
Le site mis en place par Olivier Malnuit ne faisait pas exception. Mais il a eu quelque chose de particulièrement intéressant : il a fait du marketing contre le marketing. Notamment en reprenant le logo Danone contre Danone elle-même. Ce site n’avait pas de véritable propos politique, mais il avait une manière de faire extrêmement efficace. Il touchait Danone là où cela fait mal : son image de marque. Tu imagines, c’est grâce à cela que les bobos peuvent parler avec tendresses des « petits Lu »… sans penser qu’il s’agit bel et bien d’ouvriers ! Evidement, si l’on en reste à critiquer une entreprise en s’attaquant seulement à sa marque, ça retombe…
Au Réseau Voltaire, nous avons décidé de publier Jeboycottedanone en le mettant sur notre site internet (ce qu’avait peur de faire Technikart). Nous n’avons pas créé de site miroir comme tu le dis. Jeboycottedanone a toujours été sur reseauvoltaire.com/jbd>http://www.reseauvotlaire.com/jbd. Lorsque le nom de domaine en .com a été arrêté (sur décision arbitraire de l’entreprise qui en avait la gestion, mais sans qu’Olivier Malnuit, ni son avocat ne tentent vraiment de le réactiver), nous avons lancé un autre nom en .net.
Tu expliques que le site a connu un succès médiatique, puis que Danone a porté plainte. C’est inexacte. Danone a fait un premier constat d’huissier le mercredi, jour de sa mise en ligne officielle, et a porté plainte immédiatement.
Pendant toute cette affaire, Danone n’a pas été particulièrement originale dans sa contre offensive. L’entreprise a simplement utilisé tous les moyens de pressions qu’elle avait sous la main. Olivier Malnuit a reçu des pressions de toutes part, rarement d’ailleurs directement de la société.
Le gros problème que nous avons eu au Réseau Voltaire, c’est qu’Olivier Malnuit et son avocat n’ont pas voulu défendre ce site ! Maître Pierrat espérait tout au plus la condamnation au franc symbolique, qui aurait été une grande victoire, car il n’y avait rien à faire : son client était « condamnable » ! C’est assez balaise pour un avocat de dire cela ! (cf interview à Transfert>http://www.transfert.net/fr/cyber_societe/article.cfm ?idx_rub=87&idx_art=5218).
Pierrat travail dans le droit civil. Au contraire du pénal, il n’y a pas de crime. Il s’agit d’un profond différent entre deux parties. C’est pourquoi il n’est pas rare, et souvent moins coûteux, de faire des accords d’avocats, plutôt que de se battre sur le fond. Je ne sais pas pour autant si cela a été le cas ici. Pour autant, je ne comprends pas l’attitude de Pierrat et de Malnuit qui n’ont pas joué franc-jeu (cf. le dossier que j’ai fait dans L’Asile utopique>http://www.asile.org/citoyens/numero11/danone ).
Le Réseau Voltaire n’a pas créé de site miroir, mais il a repris en main celui créé par Olivier Malnuit et dont il était l’éditeur. J’ai d’abord fait quelques changements sur le site, en y ajoutant notamment un fil d’actu dans le but d’informer sur le mouvement. Puis Arno* est venu avec la grosse artillerie (Spip bien sûr) et a passé tout le site en dynamique, avant d’y faire quelques changements graphiques. Nous avons alors essayé d’en faire un centre d’information et une tribune d’expression (avec des textes de politiques, syndicalistes…).
Et puis nous avons été condamné en référé : interdiction d’utiliser de quelques manière que ce soit le logo Danone (qui était pastiché). Nous avons fermé le site parce que nous n’avions pas réussi à en faire un véritable lieu d’information politique sur les licenciements boursiers (comme tu le constates) et parce que le détournement du logo qui nous était interdit était ce qui était alors le principal intérêt de ce site. De plus, l’argument du juge Gomez était « vous n’avez pas besoin du logo pour vous exprimer sur Danone, les mots suffisent, donc je vous l’interdit d’en faire usage ». Si nous avions continué un site sans logos, nous serions allés dans le sens de ce juge.
Bon, dernier truc : il y a eu 98 117 visiteurs, 11 420 signataires de la pétition et 8 205 participation dans le forum (remarque que si tu t’étais trompé dans l’autre sens, en gonflant les chiffres, je n’en aurais peut-être pas parlé…).
Bon, c’est tout ! A bientôt !
Raphaël"
Fin ce citation. Y a des forums qui sont mieux hein, des ou on apprend vraiment plein de trucs, avec des silences pleins, tout ca...
Je m’appretais meme a te filer l’url, mais ca ne rime plus a grand chose puisque comme je viens de m’en rendre compte, suite a un choc electro-magnetique sans doute, la plupart du contenu du forum a ete expurge dans la joie et la bonne humeur. Rhalala, les erreurs techniques tombent toujours mal...
Heureusement que d’honnetes citoyens ont des archives et des serveurs smtp a leur disposition, sinon ou irions-nous ; je vous le demande ?
En fait non. Il n’est pas bien difficile d’etre "admin" non plus, cela dit, il suffit de demander...
Le message le plus interessant dudit forum - que dans l’ensemble je n’ai pas personnellement trouve bien passionnant mais bon- etait celui de Raphaël Meyssan. Je te le copie-colle parce que c’est toi :
"Juste deux pages d’inexactitudes...
2001-07-27 00:48:10 / Raphaël Meyssan
Bonjour Marc,
Je ne sais pas si l’on peut écrire deux pages dans le forum… mais les voici. Quelques remarques, donc, sur ton article, par une personne qui n’est pas objective, puisque à qu’ayant participé depuis le début au site Jeboycottedanone.
De ton article, je comprends que les licenciements de Danone ont été occultés par l’assignation en justice du site Jeboycottedanone.
Tu expliques que le débat a glissé des licenciements, décidés par une entreprise à qui l’on demande des comptes, à la très vague « liberté d’expression sur internet », un débat dans lequel se sont engouffrés les médias. C’est ce que je retiens de cet article et qui me semble être un constat assez juste : au fil des procès, on voit que bien que le droit d’expression sur le Net est aujourd’hui un sujet piégé, sur lequel on se retrouve en face d’adversaires qui se sont jadis battus pour les libertés, tout cela dans un climat à la fois d’extrême passion et de suspicion par rapport au réseau.
Je ne pense pas pour autant que Danone ait délibérément choisi de mettre sur le devant de la scène ce débat, dans le but délibéré d’occulter ce qui lui était reproché. Toutes les informations que nous avons sur Danone nous donnent à penser qu’ils ont été complètement dépassées et ont agit dans l’urgence.
Il y a quelques temps avait lieu à l’école des Mines un colloques sur « la gestion des situations de crises par les entreprises », avec des représentants des cellules de crises d’EDF, Bull, Total et Danone. Je m’attendais à entendre des gens cyniques, qui avaient parfaitement analysés les sources possibles des crises, les ennemis éventuels et préparé des plans d’action… Bien au contraire ! Un à un, ils ont expliqué que la crise n’avait aucune raison et qu’elle avait été montée en épingle par les médias. La source de tous leurs problèmes serait donc complot médiatique ! Et lorsqu’il n’y a pas de problème au départ, que tout est le fait des « médias », alors, on ne peut rien faire… Toutes les explications rationnelles ne passaient pas auprès des masses totalement prises dans leurs passions. C’était assez pitoyable pour ces grandes entreprises… et très encourageant pour les contestataires.
Ton accroche est très attirante : « contrairement aux apparences l’entreprise Danone a parfaitement géré la crise qu’elle a affronté durant plusieurs mois ». Mais je ne pense pas qu’elle soit juste. Il me semble que Danone a effectivement gagné. Mais ce n’est pas grâce à ses brillants collaborateurs. Plutôt parce que la contestation, si elle était massive, n’était pas pour autant très sérieuse. Chacun se mettant en valeur en défendant les « p’tits Lu » (chacun = les « personnalités médiatiques », les partis politiques, les journaux branchés…).
Le site mis en place par Olivier Malnuit ne faisait pas exception. Mais il a eu quelque chose de particulièrement intéressant : il a fait du marketing contre le marketing. Notamment en reprenant le logo Danone contre Danone elle-même. Ce site n’avait pas de véritable propos politique, mais il avait une manière de faire extrêmement efficace. Il touchait Danone là où cela fait mal : son image de marque. Tu imagines, c’est grâce à cela que les bobos peuvent parler avec tendresses des « petits Lu »… sans penser qu’il s’agit bel et bien d’ouvriers ! Evidement, si l’on en reste à critiquer une entreprise en s’attaquant seulement à sa marque, ça retombe…
Au Réseau Voltaire, nous avons décidé de publier Jeboycottedanone en le mettant sur notre site internet (ce qu’avait peur de faire Technikart). Nous n’avons pas créé de site miroir comme tu le dis. Jeboycottedanone a toujours été sur reseauvoltaire.com/jbd>http://www.reseauvotlaire.com/jbd. Lorsque le nom de domaine en .com a été arrêté (sur décision arbitraire de l’entreprise qui en avait la gestion, mais sans qu’Olivier Malnuit, ni son avocat ne tentent vraiment de le réactiver), nous avons lancé un autre nom en .net.
Tu expliques que le site a connu un succès médiatique, puis que Danone a porté plainte. C’est inexacte. Danone a fait un premier constat d’huissier le mercredi, jour de sa mise en ligne officielle, et a porté plainte immédiatement.
Pendant toute cette affaire, Danone n’a pas été particulièrement originale dans sa contre offensive. L’entreprise a simplement utilisé tous les moyens de pressions qu’elle avait sous la main. Olivier Malnuit a reçu des pressions de toutes part, rarement d’ailleurs directement de la société.
Le gros problème que nous avons eu au Réseau Voltaire, c’est qu’Olivier Malnuit et son avocat n’ont pas voulu défendre ce site ! Maître Pierrat espérait tout au plus la condamnation au franc symbolique, qui aurait été une grande victoire, car il n’y avait rien à faire : son client était « condamnable » ! C’est assez balaise pour un avocat de dire cela ! (cf interview à Transfert>http://www.transfert.net/fr/cyber_societe/article.cfm ?idx_rub=87&idx_art=5218).
Pierrat travail dans le droit civil. Au contraire du pénal, il n’y a pas de crime. Il s’agit d’un profond différent entre deux parties. C’est pourquoi il n’est pas rare, et souvent moins coûteux, de faire des accords d’avocats, plutôt que de se battre sur le fond. Je ne sais pas pour autant si cela a été le cas ici. Pour autant, je ne comprends pas l’attitude de Pierrat et de Malnuit qui n’ont pas joué franc-jeu (cf. le dossier que j’ai fait dans L’Asile utopique>http://www.asile.org/citoyens/numero11/danone ).
Le Réseau Voltaire n’a pas créé de site miroir, mais il a repris en main celui créé par Olivier Malnuit et dont il était l’éditeur. J’ai d’abord fait quelques changements sur le site, en y ajoutant notamment un fil d’actu dans le but d’informer sur le mouvement. Puis Arno* est venu avec la grosse artillerie (Spip bien sûr) et a passé tout le site en dynamique, avant d’y faire quelques changements graphiques. Nous avons alors essayé d’en faire un centre d’information et une tribune d’expression (avec des textes de politiques, syndicalistes…).
Et puis nous avons été condamné en référé : interdiction d’utiliser de quelques manière que ce soit le logo Danone (qui était pastiché). Nous avons fermé le site parce que nous n’avions pas réussi à en faire un véritable lieu d’information politique sur les licenciements boursiers (comme tu le constates) et parce que le détournement du logo qui nous était interdit était ce qui était alors le principal intérêt de ce site. De plus, l’argument du juge Gomez était « vous n’avez pas besoin du logo pour vous exprimer sur Danone, les mots suffisent, donc je vous l’interdit d’en faire usage ». Si nous avions continué un site sans logos, nous serions allés dans le sens de ce juge.
Bon, dernier truc : il y a eu 98 117 visiteurs, 11 420 signataires de la pétition et 8 205 participation dans le forum (remarque que si tu t’étais trompé dans l’autre sens, en gonflant les chiffres, je n’en aurais peut-être pas parlé…).
Bon, c’est tout ! A bientôt !
Raphaël"
Fin ce citation. Y a des forums qui sont mieux hein, des ou on apprend vraiment plein de trucs, avec des silences pleins, tout ca...
Je m’appretais meme a te filer l’url, mais ca ne rime plus a grand chose puisque comme je viens de m’en rendre compte, suite a un choc electro-magnetique sans doute, la plupart du contenu du forum a ete expurge dans la joie et la bonne humeur. Rhalala, les erreurs techniques tombent toujours mal...
Heureusement que d’honnetes citoyens ont des archives et des serveurs smtp a leur disposition, sinon ou irions-nous ; je vous le demande ?
calvz