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Où nous devrions créer le premier prix de gentillesse pour l’ami Marc

21 septembre 2000, 00:41, par Ariel Kyrou (dit Riki Le Roquet)

"Bien que nos renseignements soient faux, nous ne les garantissons pas", "Refuser le ruban rouge n’est rien, ce qu’il faut c’est ne pas le mériter", Eric Satie.

Cher philanthrope,

Cher Gros Malin,

Cher Marc L’aimé,

Un mot d’abord : merci. Merci d’avoir accepté deux fois (2 !) de collaborer à ce projet si trouble nommé powow.net, et d’avoir ainsi contribué à lui donner une crédibilité côté gôôôche (votre côté si je ne m’abuse, et le mien à en croire mes bulletins de vote) à un site financé par Vivendi. Merci d’avoir refusé de me poursuivre en justice pour le mal terrible que je semble vous avoir causé. Merci de m’avoir faire sourire. Merci de me suggérer de poser ma candidature à l’ignoble Goncourt. Merci de m’avoir confirmé que vous n’êtes pas qu’un méchant canard qui ne voit que de la mélasse en cette chose appelée Net (et Dieu sait si vous les portez avec ostentation, vos chaînes du Canard et de votre folie Internet). Merci pour votre hommage à mon camarade Rachid. Merci pour votre mauvaise foi digne d’éloge et si pleine de contradictions.

Marc, je dois vous faire un aveu : nous avons envisagé de vous donner des sous pour Stratégies, mais, votre texte ne me semblant pas parfait, nous en aurions profité pour vous demander de reprendre votre papyrus. Mais, par paresse, et parce que je ne m’occupe guère de ce partenariat qui nous donne un peu de visibilité sans prendre la moindre publicité, j’ai décidé de ne point vous rappeler et demandé à Rachid de ne point passer la chose, n’ayant pas votre accord. Quant à la reprise de vos propos tenus à l’ami Rachid, je viens d’en découvrir la triste existence, et vais donc m’en entretenir avec lui. Voyez-vous, je ne lis pas Stratégies. Ce canard corporatiste m’ennuie.

En revanche, peut-être l’avez-vous remarqué, powow.net et les débats qu’il suscite m’amusent beaucoup. Et c’est pourquoi je suis reconnaissant à Vivendi, comme vous devez l’être vous aussi pour avoir accepté deux fois de palabrer sur ce site, vous le pur d’ente les purs (je tousse). Merci donc à Marc Laimé et à Vivendi, qui s’aiment tous les deux d’amour tendre tant que de vilains canards ne se glissent pas entre eux.

Allons, cher ami, utilisez votre clairvoyance pour relire ma prose sans la travestir : j’ai une profonde estime pour mes interlocuteurs au sein du monstre Vivendi, ce qui ne m’empêche nullement de critiquer l’entité Vivendi et la tyrannie de la consommation qu’elle représente. Fait inouï : le contrat que nous avons signé avec Vivendi stipule comme règle absolu la pluralité des opinions. Pour ou contre Vivendi. À la gloire du e-commerce ou contre les ravages de l’éco-connerie. J’ai moi-même profité de cette liberté d’expression pour vilipender ces sites commerciaux sans le moindre trou hypertexte qui captent le pauvre internaute comme une mouche dans leur toile, ou sinon pour chanter l’éloge des pirates au cœur même de powow.net, sans jamais me cacher ni de Vivendi ni de vous, curé talentueux aux multiples casaques drôlatiques.

Ma liberté de ton (merci Vivendi), qui pourtant fait tout le cocasse intérêt de powow.net, semble gêner votre belle et complexe intégrité religieuse. Je vous suspecte d’aimer en découdre avec les sociaux-traîtres, Vous voulez qu’ils se trahissent, qu’ils dévoilent le démon qui se cache sous leur bonne conscience. Pire, vous pensez que tout se fait en sourdine, derrière votre dos, le mien, celui des internautes, celui de Vivendi. Et si c’était Kadhafi qui finançait powow .net ? Votre parano est adorable, cher ami. Mais vous ne m’aurez point aussi facilement.

Allez, vous êtes aussi compromis que nous tous avec la bête capitaliste. Et si votre secret désir est de travailler avec Vivendi en simple mercenaire (sans être salarié bien sûr, vous et moi savons que c’est bien plus agréable), je peux sans doute vous donner les contacts de gens intelligents et de grande qualité au sein de cette entité qui présente l’immense avantage, sur powow.net tout du moi, d’honorer ceux qui la critique. Et ce quelle que soit les tartes à la crème qu’elle mérite. Les choses seront ainsi plus inconcevables encore : j’écrirai en toute liberté pour uZine2 (je compte bien le faire, comme un acte gratuit, cela va de soi) et vous serez un collaborateur de Vivendi (dûment rémunéré, c’est une évidence). Je m’en réjouis d’avance.

Bonjour chez vous (vous avez vu, Le sublime Prisonnier repasse en V.O. tous les dimanches soirs sur Série Club, je ne connais aucune production télévisuelle plus admirable que cette œuvre de Mc Goohan)

Ariel

Voir en ligne : Powow.net