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> > Ris, zomme... hic !

6 juillet 2001, 23:37, par Romuald

Etrangement déboussolé... Viens d’arriver sur ce forum, dans la première vague de ceux à venir, attiré par les rumeurs de cette querelle. Je suis une fois de plus conforté dans mon idée, et malheureusement dégoûté : je note que sur les forums, insulte se confond avec argumentation.
Etonné aussi de voir que Maurice se prête au jeu, peut-être parce qu’il me semble que dans toute guerre, les forces de frappe doivent se concentrer sur des objectifs de valeur stratégique reconnue, aussi par que l’écrivain Dantec montre une certaine acuité vis-à-vis de cette problématique.
Pur ma part, je n’aurai pas ici la prétention de participer à quelqu’une des positions ici développées, noyées depuis longtemps, à en juger par le flot de messages, dans un formidable exemple de bruit blanc. Je me contenterai donc de laisser la parole à deux écrivains :

"De plus une conversation n’apporte aucun enrichissement réel : il n’ y a pas, lorsque deux personnes discutent, et même si elles le font avec talent, d’échange d’aucune sorte, contrairement à ce qu’on pense d’ordinaire ; dans une discussion les deux personnes qui y prennent part procèdent dans le meilleur des cas à un échange de balles, les deux discours glissent l’un sur l’autre et jamais les personnes ne se rencontrent - je veux dire qu’aucune des deux ne parvient à pénétrer l’autre, à s’y insinuer et enrouler ses fibres à celles de l’autre ; personne ne peut changer du fait d’une conversation, personne ne peut se laisser corrompre et gâter ( c’est-à-dire se greffer à une nouvelle pulsation) par la parole d’un autre ; les atomes de chacun au lieu de s’ouvrir aux infiltrations pour se subvertir et entrer dans de nouveaux pouls et battements, se resserrent sur eux-mêmes et se font imperméables aux influences venues d’autrui ; deux corps en discutant se vaccinent de toutes parts contre les invasions cellulaires du dehors, alors que dans n’importe quelle rencontre tel devrait être le cas : deux porosités organiques qui s’entrepénètrent et s’imprègnent et se corrompent l’une l’autre de pensées ou d’émois neufs - neufs de leurs altérités mutuelles du départ, puis de leurs mêlées avec la substance de l’autre ; et c’est pourquoi malgré mon inaptitude à jouir le coït m’est si essentiel : c’est peut-être la seule façon, tout compte fait, de rencontrer quelqu’un de se glisser en lui par courants et filées d’atomes vifs....................................."

Mehdi Belhaj Kacem, "Vies et morts d’Irène Lepic"

"Si les mots sont des armes, bien des auteurs devraient se méfier, on ne manie pas des grenades sans un minimumn de discipline"

Maurice G. Dantec, "Le Théâtre des Opérations"

Merci de votre attention,
Cordialement,

Romuald

Voir en ligne : S.I.V.A