Oui, cette page est longue et diverse, et c’est pour moi un étonnement de constater qu’elle vit encore bien après la première publication de l’article comme toujours aussi talentueux que discutable de Mona.
De fait, on trouve de tout sur Uzine, de tout sauf des abrutis du bon côté du manche (droite dite libérale). Et tu as raison, bien évidemment : il y a sur Uzine des gens d’exception, qui mouillent leur chemise pour donner corps à leur utopie d’un autre monde (dont beaucoup sont sur cette page). Mais il y a aussi quelques rares figures à l’esprit plus court qu’une cravate à l’effigie du Petit Père du Peuple. La grande force d’Uzine, c’est sa liberté et son ouverture, et c’est pourquoi nous devons accepter d’avoir parfois l’impression de parler dans le vide voire de se faire agresser.
Enfin, sur le fond de ta contribution, j’y ajouterai un point crucial : si j’ai pu contribuer à créer powow.net "au sein de Vivendi", c’est justement parce que je ne suis pas "au sein de Vivendi". J’ai ma propre toute petite boîte, une anti start up du nom de Moderne Multimédias, créée en 1987 pour ma liberté et celle d’un ami, et qui vient de mécéner (si si) la Zelig Conf. Moderne Multimédias, société liliputienne sans chefs ni horaires, a une convention avec The Link, éditeur de powow.net, support financé par Vivendi qui se présente à juste titre comme son mécène et initiateur. Cela peut paraître compliqué, mais cette distance vis-à-vis de Vivendi est la clef du projet, clef qui nous permet de mettre côte à côte les contributions de Yahoo et Blondeau, Meyssan et Samizdat.net, Marc Laimé et le PCF, etc. Clef qui nous permet l’indépendance éditoriale. Clef qui nous donne une posture révolutionnaire pour un groupe comme Vivendi en rapport aux pratiques du monde de la com’. Sachant que je dis "nous", mais que je ne passe que de 2 à 4 jours par mois sur le sujet powow.net. Pour que tu comprennes mieux encore cette distance : Vivendi ne me paye pas. The Link paye ma boîte qui à son tour me règle mon salaire. Enfin, dernier point : si j’ai pu contribuer à pousser Vivendi sur une voie de traverse, c’est aussi parce que je vis ailleurs, que le respect, même ironique, de Michel Onfray ou des gens de Uzine importe pour moi beaucoup plus que la considération de quelque magnat de multinationale. Mon carburant, je le trouve chez Uzine et dans le mouvement Dada, chez Nietszche ou chez Desproges, chez Boltanski ou Vaneigem. Pas à la Redoute ou chez Cegetel.
Enfin, comme je l’ai déjà dit moi-même mille fois : la crédibilité de powow.net, "projet alimentaire supérieur" comme je l’appelle parfois, repose sur la capacité de son équipe à préserver son indépendance éditoriale. Du jour où nous acceptons une dérogation à cette règle, powow.net est mort.
Merci pour ton message et ta patience à lire encore un long texte.
Cher Mikeul,
Oui, cette page est longue et diverse, et c’est pour moi un étonnement de constater qu’elle vit encore bien après la première publication de l’article comme toujours aussi talentueux que discutable de Mona.
De fait, on trouve de tout sur Uzine, de tout sauf des abrutis du bon côté du manche (droite dite libérale). Et tu as raison, bien évidemment : il y a sur Uzine des gens d’exception, qui mouillent leur chemise pour donner corps à leur utopie d’un autre monde (dont beaucoup sont sur cette page). Mais il y a aussi quelques rares figures à l’esprit plus court qu’une cravate à l’effigie du Petit Père du Peuple. La grande force d’Uzine, c’est sa liberté et son ouverture, et c’est pourquoi nous devons accepter d’avoir parfois l’impression de parler dans le vide voire de se faire agresser.
Enfin, sur le fond de ta contribution, j’y ajouterai un point crucial : si j’ai pu contribuer à créer powow.net "au sein de Vivendi", c’est justement parce que je ne suis pas "au sein de Vivendi". J’ai ma propre toute petite boîte, une anti start up du nom de Moderne Multimédias, créée en 1987 pour ma liberté et celle d’un ami, et qui vient de mécéner (si si) la Zelig Conf. Moderne Multimédias, société liliputienne sans chefs ni horaires, a une convention avec The Link, éditeur de powow.net, support financé par Vivendi qui se présente à juste titre comme son mécène et initiateur. Cela peut paraître compliqué, mais cette distance vis-à-vis de Vivendi est la clef du projet, clef qui nous permet de mettre côte à côte les contributions de Yahoo et Blondeau, Meyssan et Samizdat.net, Marc Laimé et le PCF, etc. Clef qui nous permet l’indépendance éditoriale. Clef qui nous donne une posture révolutionnaire pour un groupe comme Vivendi en rapport aux pratiques du monde de la com’. Sachant que je dis "nous", mais que je ne passe que de 2 à 4 jours par mois sur le sujet powow.net. Pour que tu comprennes mieux encore cette distance : Vivendi ne me paye pas. The Link paye ma boîte qui à son tour me règle mon salaire. Enfin, dernier point : si j’ai pu contribuer à pousser Vivendi sur une voie de traverse, c’est aussi parce que je vis ailleurs, que le respect, même ironique, de Michel Onfray ou des gens de Uzine importe pour moi beaucoup plus que la considération de quelque magnat de multinationale. Mon carburant, je le trouve chez Uzine et dans le mouvement Dada, chez Nietszche ou chez Desproges, chez Boltanski ou Vaneigem. Pas à la Redoute ou chez Cegetel.
Enfin, comme je l’ai déjà dit moi-même mille fois : la crédibilité de powow.net, "projet alimentaire supérieur" comme je l’appelle parfois, repose sur la capacité de son équipe à préserver son indépendance éditoriale. Du jour où nous acceptons une dérogation à cette règle, powow.net est mort.
Merci pour ton message et ta patience à lire encore un long texte.
Amitiés
Ariel
Voir en ligne : L’éclipse sur le site "k.ozen" de Kenzo, ouèbe qui est mon dernier beau projet alimentaire supérieur