11 septembre 2000, 22:31, par Léo de Javel (alias Kiki, alias Ariel K.)
Votre joli argumentaire touche à l’essentiel, cher ami Davduf, et permet de mieux comprendre la nature de notre désaccord…
L’argent d’abord. "Pourquoi donc chercher à vivre de ce médium ?", dîtes-vous. Pourquoi pas ? Les textes sans contrainte et sans le moindre sou que j’ai pu écrire pour Crash ne m’ont jamais empêché de gratouiller pour Nova Mag le portrait de Robert Wyatt en échange de quelque monnaie. De la même façon que je me verrais bien envoyer ma prose libre pour uZine sans pour autant cesser de respecter des contrats rémunérés et néanmoins cocasses pour Powow.net ou Kenzo (à venir)… Se battre pour une réalité (le Net qui ne coûte pas grand chose sauf l’énergie et le temps de ses animateurs, ce qui est déjà pas mal) ne signifie pas forcément le refus total d’une autre (la possibilité de faire du boulot pertinent avec rémunération sans peindre de la e-merde en vert pomme). En format papyrus vivaient fanzines sans le sou et magazines payés par la pub… Sur le Net se dégage une réalité similaire. Sauf que les webzines ne seront pas effacés par les gros machins comme hier les radios libres où je me suis agité (merci le CSA), à charge pour des illuminés comme moi d’en relayer l’existence par la parole et l’hypertexte malgré l’opprobre de certains, que ce soit sur Powow.net (si si) ou sur France Culture (plus fréquentable, non ? Et pourtant je ne vous raconte pas l’ambiance Brazil de La Maison de la Radio et de ses cerbères)…
Powow.net ensuite… "Pourquoi en faire un outil rentable ?", dîtes-vous à propos du Net. Powow.net est tout sauf un projet rentable. Notez que je parle de Powow.net, et pas de Vivendi (seriez-vous quelque peu mal entendant au Mini Rézo ?). Si, sur le Net, vous êtes au Mini Rezo, je ne suis pas "chez Vivendi" mais chez The Link, éditeur du site, voire, tout simplement, chez Powow.net (de la même façon qu’à Canal Plus ils ne sont pas chez Vivendi mais chez Canal Plus, ce qui n’est pas, je veux bien le reconnaître, une place toujours bien honorable, et à la nuance près qu’à Powo.net nous dépendons moins de Vivendi que Canal Plus en dépend)… Dit autrement, sur le Net, entre autres territoires, je me sens au moins autant "chez Freescape" que "chez Vivendi"…
Ceci dit, cela ne m’embête aucunement de lui prendre ses dollars pour un projet aussi jubilatoire que Powow.net… Ce pognon sera toujours mieux dépensé à donner la parole à un hacker ou au pote Blondeau qu’à monter un bien morne Vizzavi. On en revient donc au troisième point d’achoppement : l’inutilité de powow.net. Diogène le cynique philosophe disait professer dans la rue, car c’est là qu’il trouvait le plus de crétin à convaincre. Disons qu’avec Powow.net, moi et mes aminches espérons ouvrir d’autres voies à bien des crétins, et ce grâce à ces " estimables personnes " dont Mona déplorait l’adhésion à Powow.net. Et c’est là ce que j’entendais en fustigeant sa dérive sectaire. Je crois à l’utilité (relative) de Powow.net. Au point, d’ailleurs, de n’anticiper que deux issues à cette initiative : la disparition (notre donateur craquant à notre liberté et cessant de payer), ou la multiplication des donateurs (d’autres machins crachant au bassinet).
Je dois avouer, néanmoins, être (sincèrement) touché (moi aussi) par votre démarche comme par celle de Valentin Lacambre (qui pourtant ne m’a pas épargné ses critiques lors de la sortie de Powow.net). Je ne peux qu’adhérer aux objectifs du Mini Rézo et aux vôtres, cher Davduf. Et c’est pourquoi j’espère bien vous cotoyer bientôt de l’autre côté du miroir (sur uZine pourquoi pas ?), à condition que vous acceptiez parmi vos ouailles un individu au pragmatisme critiquable même si trempé dans l’acide.
Avec plaisir et amitiés. Et à très bientôt j’en suis convaincu.
Votre joli argumentaire touche à l’essentiel, cher ami Davduf, et permet de mieux comprendre la nature de notre désaccord…
L’argent d’abord. "Pourquoi donc chercher à vivre de ce médium ?", dîtes-vous. Pourquoi pas ? Les textes sans contrainte et sans le moindre sou que j’ai pu écrire pour Crash ne m’ont jamais empêché de gratouiller pour Nova Mag le portrait de Robert Wyatt en échange de quelque monnaie. De la même façon que je me verrais bien envoyer ma prose libre pour uZine sans pour autant cesser de respecter des contrats rémunérés et néanmoins cocasses pour Powow.net ou Kenzo (à venir)… Se battre pour une réalité (le Net qui ne coûte pas grand chose sauf l’énergie et le temps de ses animateurs, ce qui est déjà pas mal) ne signifie pas forcément le refus total d’une autre (la possibilité de faire du boulot pertinent avec rémunération sans peindre de la e-merde en vert pomme). En format papyrus vivaient fanzines sans le sou et magazines payés par la pub… Sur le Net se dégage une réalité similaire. Sauf que les webzines ne seront pas effacés par les gros machins comme hier les radios libres où je me suis agité (merci le CSA), à charge pour des illuminés comme moi d’en relayer l’existence par la parole et l’hypertexte malgré l’opprobre de certains, que ce soit sur Powow.net (si si) ou sur France Culture (plus fréquentable, non ? Et pourtant je ne vous raconte pas l’ambiance Brazil de La Maison de la Radio et de ses cerbères)…
Powow.net ensuite… "Pourquoi en faire un outil rentable ?", dîtes-vous à propos du Net. Powow.net est tout sauf un projet rentable. Notez que je parle de Powow.net, et pas de Vivendi (seriez-vous quelque peu mal entendant au Mini Rézo ?). Si, sur le Net, vous êtes au Mini Rezo, je ne suis pas "chez Vivendi" mais chez The Link, éditeur du site, voire, tout simplement, chez Powow.net (de la même façon qu’à Canal Plus ils ne sont pas chez Vivendi mais chez Canal Plus, ce qui n’est pas, je veux bien le reconnaître, une place toujours bien honorable, et à la nuance près qu’à Powo.net nous dépendons moins de Vivendi que Canal Plus en dépend)… Dit autrement, sur le Net, entre autres territoires, je me sens au moins autant "chez Freescape" que "chez Vivendi"…
Ceci dit, cela ne m’embête aucunement de lui prendre ses dollars pour un projet aussi jubilatoire que Powow.net… Ce pognon sera toujours mieux dépensé à donner la parole à un hacker ou au pote Blondeau qu’à monter un bien morne Vizzavi. On en revient donc au troisième point d’achoppement : l’inutilité de powow.net. Diogène le cynique philosophe disait professer dans la rue, car c’est là qu’il trouvait le plus de crétin à convaincre. Disons qu’avec Powow.net, moi et mes aminches espérons ouvrir d’autres voies à bien des crétins, et ce grâce à ces " estimables personnes " dont Mona déplorait l’adhésion à Powow.net. Et c’est là ce que j’entendais en fustigeant sa dérive sectaire. Je crois à l’utilité (relative) de Powow.net. Au point, d’ailleurs, de n’anticiper que deux issues à cette initiative : la disparition (notre donateur craquant à notre liberté et cessant de payer), ou la multiplication des donateurs (d’autres machins crachant au bassinet).
Je dois avouer, néanmoins, être (sincèrement) touché (moi aussi) par votre démarche comme par celle de Valentin Lacambre (qui pourtant ne m’a pas épargné ses critiques lors de la sortie de Powow.net). Je ne peux qu’adhérer aux objectifs du Mini Rézo et aux vôtres, cher Davduf. Et c’est pourquoi j’espère bien vous cotoyer bientôt de l’autre côté du miroir (sur uZine pourquoi pas ?), à condition que vous acceptiez parmi vos ouailles un individu au pragmatisme critiquable même si trempé dans l’acide.
Avec plaisir et amitiés. Et à très bientôt j’en suis convaincu.
Ariel