> Quand J2M suscite malgré lui un débat entre Kiki et Davduf
10 septembre 2000, 22:48, par Davduf
Cher Ariel,
Merci de votre message. Il me touche, mais si. Hélas, nous ne sommes pas ici pour parler de moi, ni même de vous. Quand j’écrivais « vous », je parlais de l’entité Pow-Wow pas de votre honorable personne. Cette petite précision pour répondre à l’« art du compromis » que vous me prêtez, dans mes occupations salariées et dont, au passage, je note avec plaisir que je n’ai « pas à en rougir » selon vous ;-)
Mais trêve de coquetterie. Entrons dans le vif. Votre réponse. Bien sûr, loin de moi l’idée de confondre les Jean-Marie — je me méfie de ceux qui voient des fachos partout.
Mais reprenons. Vous écrivez :
« Le plaisir idéaliste : car powow.net sert de relais à des textes et des sites qui, sans lui, seraient moins sinon pas du tout visible ».
Vous touchez là au problème même. Et ceci nous ramène à nos préoccupations salariales. Pourquoi donc transposer sur le Net ce qui existe ailleurs. Pourquoi donc chercher à vivre de ce médium ? Pourquoi en faire un outil rentable ? Vous avez assez de talent (ceci écrit sans moquerie aucune) pour trouver de quoi grignoter ailleurs, non ? Oui, cher Ariel, pourquoi donc servir de marchepied à JMM ? Pourquoi prendre son fric pour réaliser ce qui ne coûte rien, ou presque (voir ce site même, et tant d’autres). La question est bien là : votre désir d’un Internet pertinent vaut combien ? Et quel est son coût ? Moi, je vous le dis. Il vaut tout et ne coûte rien ou presque. Comprenez donc nos interrogations vis à vis de JMM.
Vous écrivez également : « le capitalisme mérite une critique de l’intérieur autant que de l’extérieur, loin du gauchisme immortel ». Bonne nouvelle ! le gauchisme est immortel ! Non, je déconne. Pardonnez moi. Je suis d’accord, évidemment, pour une confrontation frontale, et de l’intérieure toute à la fois, du capitalisme. Le repli crypto, très peu pour moi. Mais je crains que Pow Wow évolue plus dans le registre de la danseuse que dans celui de la nuisance. Comment croire qu’un projet, sorti ipso facto de Vivendi, ou du moins financé par, puisse avoir un quelconque impact sur lui ? Je me trompe peut-être. Mais votre travail, aussi bien fait soit-il, n’a pas réussi à me convaincre du contraire.
Pour le reste, le hold-up, votre « obsession vitale », et votre sens du compromis, vous allez rire : je suis d’accord avec vous. Mais, sur le Net, je suis au Mini Rézo, vous chez Vivendi. Ne croyez absolument pas que j’en fasse une guerre de religion, ou je ne sais quelle victoire sectaire sur vous, mais, après des années sur le Net, après des tas de propositions plus Amazonniennes.com que les autres, je suis toujours là, avec mon modem 28.800 et c’est cela qui m’enchante. Je refuse, avec mes amis, c’est à dire un peu seuls, un Internet qui ne serait que la transposition électronique du monde actuel. Je refuse un Internet vivendizé, je refuse un Internet qui donne des millions pour garder un nom de domaine (cf. l’affaire Vizzavi, et même si l’heureux bénéficiaire, Ababacar D., fut, en août 1996, un ami, ou presque, rencontré justement dans le cadre de mes activités professionnelles...). Je refuse un Internet du compromis parce que, justement, nous crevons tous de ce compromis, tous plus ou moins contraints à courber l’échine dans notre quotidien trop quotidien. Bref, je refuse un Internet qui ferait pow-wow mais pas de bruit. En clair, je refuse d’accepter ce que vous avez accepté. Entendons nous, il n’y a évidemment rien de personnel dans ceci. Juste un soucis, foutrement utopique, de croire en l’impossible.
Amitiés pas tiqués du tout, et toutes sincères.
Davduf
Cher Ariel,
Merci de votre message. Il me touche, mais si. Hélas, nous ne sommes pas ici pour parler de moi, ni même de vous. Quand j’écrivais « vous », je parlais de l’entité Pow-Wow pas de votre honorable personne. Cette petite précision pour répondre à l’« art du compromis » que vous me prêtez, dans mes occupations salariées et dont, au passage, je note avec plaisir que je n’ai « pas à en rougir » selon vous ;-)
Mais trêve de coquetterie. Entrons dans le vif. Votre réponse. Bien sûr, loin de moi l’idée de confondre les Jean-Marie — je me méfie de ceux qui voient des fachos partout.
Mais reprenons. Vous écrivez :
« Le plaisir idéaliste : car powow.net sert de relais à des textes et des sites qui, sans lui, seraient moins sinon pas du tout visible ».
Vous touchez là au problème même. Et ceci nous ramène à nos préoccupations salariales. Pourquoi donc transposer sur le Net ce qui existe ailleurs. Pourquoi donc chercher à vivre de ce médium ? Pourquoi en faire un outil rentable ? Vous avez assez de talent (ceci écrit sans moquerie aucune) pour trouver de quoi grignoter ailleurs, non ? Oui, cher Ariel, pourquoi donc servir de marchepied à JMM ? Pourquoi prendre son fric pour réaliser ce qui ne coûte rien, ou presque (voir ce site même, et tant d’autres). La question est bien là : votre désir d’un Internet pertinent vaut combien ? Et quel est son coût ? Moi, je vous le dis. Il vaut tout et ne coûte rien ou presque. Comprenez donc nos interrogations vis à vis de JMM.
Vous écrivez également : « le capitalisme mérite une critique de l’intérieur autant que de l’extérieur, loin du gauchisme immortel ». Bonne nouvelle ! le gauchisme est immortel ! Non, je déconne. Pardonnez moi. Je suis d’accord, évidemment, pour une confrontation frontale, et de l’intérieure toute à la fois, du capitalisme. Le repli crypto, très peu pour moi. Mais je crains que Pow Wow évolue plus dans le registre de la danseuse que dans celui de la nuisance. Comment croire qu’un projet, sorti ipso facto de Vivendi, ou du moins financé par, puisse avoir un quelconque impact sur lui ? Je me trompe peut-être. Mais votre travail, aussi bien fait soit-il, n’a pas réussi à me convaincre du contraire.
Pour le reste, le hold-up, votre « obsession vitale », et votre sens du compromis, vous allez rire : je suis d’accord avec vous. Mais, sur le Net, je suis au Mini Rézo, vous chez Vivendi. Ne croyez absolument pas que j’en fasse une guerre de religion, ou je ne sais quelle victoire sectaire sur vous, mais, après des années sur le Net, après des tas de propositions plus Amazonniennes.com que les autres, je suis toujours là, avec mon modem 28.800 et c’est cela qui m’enchante. Je refuse, avec mes amis, c’est à dire un peu seuls, un Internet qui ne serait que la transposition électronique du monde actuel. Je refuse un Internet vivendizé, je refuse un Internet qui donne des millions pour garder un nom de domaine (cf. l’affaire Vizzavi, et même si l’heureux bénéficiaire, Ababacar D., fut, en août 1996, un ami, ou presque, rencontré justement dans le cadre de mes activités professionnelles...). Je refuse un Internet du compromis parce que, justement, nous crevons tous de ce compromis, tous plus ou moins contraints à courber l’échine dans notre quotidien trop quotidien. Bref, je refuse un Internet qui ferait pow-wow mais pas de bruit. En clair, je refuse d’accepter ce que vous avez accepté. Entendons nous, il n’y a évidemment rien de personnel dans ceci. Juste un soucis, foutrement utopique, de croire en l’impossible.
Amitiés pas tiqués du tout, et toutes sincères.
Davduf