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6 mai 2003, 15:11, par Escape

Bonjour,

indépendemment de toutes les questions que l’on peut poser quant à la (faisabilité|pertinence|validité|carure idéologique) du projet, je poserai deux questions ayant rapport à l’algorithmique de la chose, toutes simples :

(1) qu’est-ce qui garantit la consistance logique de la base ? Autrement dit, la base avec un algolite A donne des résultats vrais, si on ajoute l’algolite B ça reste vrai et cohérent, mais si on ajoute C, on a à la fois A, B et C qui sont incompatibles entre eux.

Comment évites-tu cela, Walk ?

(2) comment représentes-tu l’information logique ? Private-Joker s’est gentiment moqué de l’aspect aristotélo-médiéval du syllogisme (à juste titre car on a fait mieux depuis), et le problème est bien là.

Par exemple, prenons :

(1) Socrate est un homme

(2) Tous les hommes sont mortels

=> (3) Socrate est mortel

Est-ce que (1), (2) et (3) sont représentées comme des unités indivisibles (par exemple des chaînes de caractères que l’on n’analysera pas), auquel cas effectivement c’est du pur syllogisme, mais ta base de "faits" risque d’être démentiellement grosse, sans parler du fait que tu risques d’enregistrer en plusieurs exemplaires des assertions en fait équivalentes...

Ou bien tu analyses (1), (2) et (3) suivant une syntaxe (par exemple logique des prédicats). Dans notre exemple, tu pourrais invoquer deux prédicats "homme()" et "mortel()", plus un atome "socrate" et réécrire l’algolite comme :

(1) homme(socrate)

(2) mortel(X) :- homme(X)

=> (3) mortel(socrate)

Ca ressemble très fort à du Prolog et c’est tout à fait normal. Mais si tu fais cela, tu auras plein de problèmes :

(A) Quels prédicats choisir pour représenter le monde ?

(B) Quels prédicats sont en trop d’un point de vue formalisateur ?

(C) Une telle approche, qualifiée de logiciste, n’est-elle pas impuissante à saisir la réalité ultime de l’univers, ou même simplement celle du langage ?

(D) A quoi bon enregistrer les raisonnements, puisque (3) peut se déduire logiquement de (1) et (2) à partir d’une simple machine Prolog ?

(E) Dans ce cas, à quoi bon un site d’algolite, puisqu’un serveur Prolog suffit ?

(F) Qui détermine quels sont les prédicats qu’on enregistre ? Et comment assurer la cohérence ?

(G) Même en admettant que tous les problèmes mentionnés plus haut aient été résolus, il faudra encore un programme capable de traduire le français usuel en formules logiques, ou bien confier cette tâche à un esclave nubien. Pour ce qui est de la première alternative, il n’existe encore aucun programme capable de faire cela de façon satisfaisante à ce jour.

— -

En bref, je ne veux pas te décourager, mais je crois que tel que tu le poses, c’est injouable.

Escape (aussi sur http://www.vulgum.org)