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réponse à olivier, par e-m pillequant

1er juin 2001, 13:21, par ether-michel pillequant

voici,
_-/1ma réponse à un premier lecteur qui posait la même question à peu de chose près ;
_-/2un rajout par rapport à votre question
_-/3 une note

_-/ 1 première réponse

vous mettez en effet l’accent sur un des noeuds du sujet ; ce que je puis répondre quant à moi, c’est

1/ il s’agit en effet de susciter de nouveaux rapports de marché, ou de consommation, basés sur confiance, reconnaissance et courtoisie (sans aller jusqu’à se réclamer de george steiner pour ce dernier terme, mais il y a de ça - cf. son livre "réelles présences", éd. gallimard, 1990 environ, coll. essais, fondamental, mais il parle surtout de culture, littérature, philosophie, livre et non web) ;
ceci est, on peut le penser, utopique, mais on peut aussi l’affirmer EUtopique, (utopie = lieu, chose, concept qui n’existe pas, n’existera pas / EUtopie = "bon" [la racine grecque] lieu, chose, concept, qui existe, existera selon le vouloir humain à le faire exister)

2/ les règles, je pense, qui sont esquissées ou définies dans la GNU-GPL, et à venir dans la FMPL (free-music), tendent justement à permettre la réalisation de telle entreprise ( à ce que je sache, richard stallman le premier, n’est pas aussi riche que gates ou case, mais s’en fout, et surtout ne crève pas de faim quand même, gagne sa vie tout en défendant ces idées, et bcp de programmeurs, ou autres, pareil ).

3/ le tout est de bien penser la chose, et établir des projets et cadres juridiques etc aussi précis et concrets que possible ; à cet égard et juste à titre de contre exemple, le projet dit "licence art libre" qui mélange toutes formes d’art et de création, me semble entaché de graves défauts, et ne refléter que la confusion intellectuelle de tout ou partie de ses "promoteurs", soft, c’est une chose, musique une autre, etc.. et chaque domaine doit élaborer et vérifier l’élaboration de ses règles propres

4/ un point précis pour finir, diffuser son travail sous copyleft n’est pas forcément s’exposer au vol de son travail, je crois que stallman lui-même dit qu’on peut fort bien déposer son travail ss copyright, et le diffuser soi-même ss copyleft ensuite ; ce qui protège le travail original et laisse sauve toute possibilité de collaboration, ajout, remix, etc... chacun précisant ce qui lui revient, et ce qui revient à d’autres programmeurs, musiciens, etc...

je m’arrête là car je ne suis pas très calé ds le domaine, mais vous envoie à wagdi, eric aouanes, l’auteur de l’article, et mon collègue et complice ds divers projets, dont surtout vnatrc-bortch.org ; quant à la musique libre, c’est surtout à lui qu’il faut s’adresser.

_-/ 2 je vous rajoute ceci :

dans "free software", "free music", free, (mot anglais polysémique : libre, et gratuit) n’est pas utilisé forcément ds les deux sens à la fois et sans distinction ; diffuser sous copyleft : copie libre, ne tend pas tant à priver les créateurs de toute rémunération qu’à créer de nouvelles conditions d’échange et de commerce également, dans lesquelles précisément les créateurs maîtriseront mieux le devenir de leur production, et ne seront pas obligés de se contenter des 5, 6%, allez, 10% parfois pour les chanceux, que leur octroient royalement les maîtres actuels de la distribution, et il faut dire merci pendant toute sa vie pour qq cacahuètes reçues...

la chose n’est pas facile à réaliser (aux deux sens du terme cette fois), elle reste à créer, c’est à cela que nous travaillons, et qu’il faudra être nombreux à travailler, cet article est une prise de position et un appel à collaboration, non un cri aigre dans le vide.
(cf : "u"topie, "eu"topie dans ma 1ere réponse)

un dernier point : il s’agit profondément, par ces nouveaux rapports et moyens de diffusion, échange, d’opérer un renversement profond non seulement du "commerce" de la musique, mais des modes également de production, diffusion et réception de la musique :
notons ce paradoxe :
n’est-il pas étonnant de constater que ce qu’on appelle "culture de masse" * (soit-disant "démocratique", "pluraliste", etc), est quant à sa production et proposition, le fait de quelques-uns, qui maîtrisent les modes de décision et diffusion et par là sinon maîtrisent totalement la création, du moins l’influencent, la modèlent, la "formatent" autant qu’ils peuvent ;
alors qu’en établissant un mode de production et diffusion beaucoup plus diversifié, on aboutit et aboutira à une culture, une musique beaucoup plus individuelle, non "massifiée", qui méritera ainsi non seulement d’un point de vue juridique ( le copyleft : c ] ), mais dans son exercice même et la situation de ses intervenants, créateurs et autres, le nom de musique libre

cordialement,
ether-michel pillequant
(je vous renvoie encore à wagdi,eric aouanes (l’auteur de l’article et promoteur de la fmpl en france) sur http://musique-libre.com.

_-/ 3 une note

* (ceci par ailleurs est encore plus criant en art contemporain : qq-uns, commissaires, conservateurs, critiques, etc. tiennent tous les leviers d’un art "de masse", mais sans masse : où sont les regardeurs ?
cf. http://www.lapetition.com : appel des artistes pour la transparence du monde de l’art ;
et notre travail : http://vnatrc-bortch.org -
cela étant les situations, de l’"art" et de la musique sont spécifiques, et doivent être distinguées, d’où notre regard critique sur ladite "licence art libre" : qui trop embrasse mal étreint, et cela est dommageable surtout pour ce qui est étreint) : il me semble que le point décisif est là : la musique, l’art (“arts plastiques”), la littérature, souffrent des mêmes maux, d’où la tentation de leur appliquer la même solution ; or c’est oublier que la situation de chaque discipline est fondamentalement différente, spécifique, et les maux portent différemment, d’où la nécessité de solutions propres, spécifiques.

Voir en ligne : v.ous n.’a.vez t.oujours r.ien c.ompris ?