Je ne crois pas, sincèrement, que l’on puisse de nos jours trouver un quelconque défenseur de l’ère Ceausescu.
Et pourtant, il y en a, et meme pas mal d’apres un sondage dont helas je ne me rappelle plus precisement des chiffres. Espoirs decus et idealisation du passe aidant, certains en viennent a penser que, tout de meme, du temps du communisme, ils avaient un emploi, et la Roumanie etait encore un grand pays, et, et, etc...
Le score de Tudor vient d’ailleurs en partie de cette nostalgie : envie de retour a Romania Mare, a l’ordre, a un pays qui avait des couilles et le faisait savoir (si je peux me permettre un peu de trivialite), le tout sans trop de tziganes dans les rues...
Est-ce une raison de fermer les yeux sur la situation actuelle ?
Evidemment pas...Mais il convient de rappeler d’ou l’on vient pour expliquer ou l’on en est. Aucun pays de l’Est n’est a la joie, tout simplement parce que le point de depart etait trop bas et les systemes trop differents pour que la transition ne soit pas douloureuse (voire tres douloureuse pour certains pays, Roumanie comprise...).
Y a-t-il, aujourd’hui en Roumanie, une implication de l’état en faveur de l’éducation, des soins, de l’accès à la culture, du combat contre le racisme ?
Bien peu...mais dans un pays deja devaste par le communisme, qui a connu trois ans de croissance negative dernierement, et dont quasi la moitie de la population est sous le seuil de pauvrete, ce n’est guere etonnant. Avec quoi veux-tu qu’ils financent tout ca, puisqu’il n’y a meme pas de quoi bouffer pour tout le monde ? Je jetterais plutot la pierre aux organisations internationales, l’UE, la banque mondiale et le FMI, qui imposent la mise en place rapide de leurs solutions toutes faites, en se foutant pas mal des consequences, et ce en Roumanie comme ailleurs. Liberalisation a marche forcee dont il est bien sur juste de denoncer les tres nombreux effets pervers...Mais les Roumains ont tellement peur qu’on leur coupe le robinet a finances, ou l’espoir de rejoindre l’Union, qu’ils obeissent presque servilement, comme lors de la guerre au Kosovo. Et c’est comprehensible, on ne leur laisse guere le choix.
On demantele donc, au plus grand profit de quelques affairistes locaux et surtout des grands groupes mondiaux qui rachetent pour pas grand chose les structures existantes et occupent le terrain en songeant a l’avenir. Les Francais y sont, vivendi, bouygues, carrefour...
Le social est laisse aux ONG, quant a la lutte contre le racisme, comme d’ailleurs la lutte pour l’environnement, ce sont pour la plupart des Roumains des concepts neufs qui dans leur situation apparaissent lointains et/ou secondaires...
Reste que (retournement antithese en prevision d’une accusation de contradiction rapport a mon post precedent)...la situation me parait -mais je ne suis pas expert non plus hein- plus positive qu’auparavant. N’oublie pas que bon nombre de problemes jusque la passes sous silence sont maintenant montres du doigt, ce qui ne veut pas dire qu’ils ont surgi du neant. Exemple, l’explosion des abus sexuels et de la maltraitance des enfants. En fait, avant, lorsqu’un bambin allait se plaindre d’attouchement douteux ou de gnons quotidiens, on ne l’ecoutait pas. Pas possible au paradis communiste. Maintenant, s’il insiste, on va peut-etre prendre en compte sa plainte. Pareil pour les pauvres. Sous la Roumanie communiste, pas de pauvres, of course. Depuis, on a des statistiques sur eux, et on peut voir qu’ils sont (tres) nombreux. Mais etaient-ils moins dans la merde avant ? Rien n’est moins sur...
aujourd’hui c’est un peuple qui vit dans la douleur. On ne le dit pas assez.
Helas, il y a tellement de peuples vivant dans la douleur que l’opinion occidentale est un peu blase...et la vie continue. Tu ne te resignes pas et je t’en felicite.
Je ne crois pas, sincèrement, que l’on puisse de nos jours trouver un quelconque défenseur de l’ère Ceausescu.
Et pourtant, il y en a, et meme pas mal d’apres un sondage dont helas je ne me rappelle plus precisement des chiffres. Espoirs decus et idealisation du passe aidant, certains en viennent a penser que, tout de meme, du temps du communisme, ils avaient un emploi, et la Roumanie etait encore un grand pays, et, et, etc...
Le score de Tudor vient d’ailleurs en partie de cette nostalgie : envie de retour a Romania Mare, a l’ordre, a un pays qui avait des couilles et le faisait savoir (si je peux me permettre un peu de trivialite), le tout sans trop de tziganes dans les rues...
Est-ce une raison de fermer les yeux sur la situation actuelle ?
Evidemment pas...Mais il convient de rappeler d’ou l’on vient pour expliquer ou l’on en est. Aucun pays de l’Est n’est a la joie, tout simplement parce que le point de depart etait trop bas et les systemes trop differents pour que la transition ne soit pas douloureuse (voire tres douloureuse pour certains pays, Roumanie comprise...).
Y a-t-il, aujourd’hui en Roumanie, une implication de l’état en faveur de l’éducation, des soins, de l’accès à la culture, du combat contre le racisme ?
Bien peu...mais dans un pays deja devaste par le communisme, qui a connu trois ans de croissance negative dernierement, et dont quasi la moitie de la population est sous le seuil de pauvrete, ce n’est guere etonnant. Avec quoi veux-tu qu’ils financent tout ca, puisqu’il n’y a meme pas de quoi bouffer pour tout le monde ? Je jetterais plutot la pierre aux organisations internationales, l’UE, la banque mondiale et le FMI, qui imposent la mise en place rapide de leurs solutions toutes faites, en se foutant pas mal des consequences, et ce en Roumanie comme ailleurs. Liberalisation a marche forcee dont il est bien sur juste de denoncer les tres nombreux effets pervers...Mais les Roumains ont tellement peur qu’on leur coupe le robinet a finances, ou l’espoir de rejoindre l’Union, qu’ils obeissent presque servilement, comme lors de la guerre au Kosovo. Et c’est comprehensible, on ne leur laisse guere le choix.
On demantele donc, au plus grand profit de quelques affairistes locaux et surtout des grands groupes mondiaux qui rachetent pour pas grand chose les structures existantes et occupent le terrain en songeant a l’avenir. Les Francais y sont, vivendi, bouygues, carrefour...
Le social est laisse aux ONG, quant a la lutte contre le racisme, comme d’ailleurs la lutte pour l’environnement, ce sont pour la plupart des Roumains des concepts neufs qui dans leur situation apparaissent lointains et/ou secondaires...
Reste que (retournement antithese en prevision d’une accusation de contradiction rapport a mon post precedent)...la situation me parait -mais je ne suis pas expert non plus hein- plus positive qu’auparavant. N’oublie pas que bon nombre de problemes jusque la passes sous silence sont maintenant montres du doigt, ce qui ne veut pas dire qu’ils ont surgi du neant. Exemple, l’explosion des abus sexuels et de la maltraitance des enfants. En fait, avant, lorsqu’un bambin allait se plaindre d’attouchement douteux ou de gnons quotidiens, on ne l’ecoutait pas. Pas possible au paradis communiste. Maintenant, s’il insiste, on va peut-etre prendre en compte sa plainte. Pareil pour les pauvres. Sous la Roumanie communiste, pas de pauvres, of course. Depuis, on a des statistiques sur eux, et on peut voir qu’ils sont (tres) nombreux. Mais etaient-ils moins dans la merde avant ? Rien n’est moins sur...
aujourd’hui c’est un peuple qui vit dans la douleur. On ne le dit pas assez.
Helas, il y a tellement de peuples vivant dans la douleur que l’opinion occidentale est un peu blase...et la vie continue. Tu ne te resignes pas et je t’en felicite.
Amicalement,
calvz