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> La société de l’information est un mythe

4 avril 2001, 00:15

Bonjour,

En fait, figure-toi que je suis plutôt d’accord avec ce que tu écris.
D’ailleurs, non seulement Breton dénonce les discours sans voir les
pratiques mais en plus je lui reproche de ne pas prendre suffisamment
en compte la diversité des discours en présence, notamment du côté de
l’INMSC justement.

Par ailleurs, je n’ai pas dit que les critiques adressées à Breton
était fondée sur une défense du mythe de "la société de
l’information".

Au sujet dudit mythe, le fait de le dénoncer, comme le fait
Mattelart ne signifie en rien que l’on dénoncerait unilatéralement
l’internet (cf. mes réponses à Severino sur ce même forum)
même si je reconnais par exemple que, dans le cas de Breton, à force
de vouloir dénoncer le discours "techno-béat" sur le net, il en vient,
malgré ses dénégations répétées, à prendre une posture opposée
quasi- symétrique, c’est à dire "techno-phobeé", donc tout aussi
caricaturale.

On peut dénoncer une "récupération idéologique" d’une innovation sans
dénoncer l’innovation en tant que tel.

Pour conclure, je pense que la notion de mythe correspond parfaitement
à celle de "société de l’info". je pourrais très facilement développer s’il le fallait mais un autre
universitaire l’a fait avant moi. Et très bien. Il s’agit d’Erik
Neveu (in Une société de la communication ?).
Nous vivons de toute manière dans un monde où les mythes sont partout
présent. Alors, un de plus ou de moins...
Il est vrai que celui-là est de taille puisqu’il s’est substitué à celui de" société de consommation" notamment

Voilà. J’espère que ma réponse - et celles qui ont précédé sur ce forum public -
permettra un peu de clarifier mon propos initial.

Cordialement, Pascal Fortin.

PS1 : au fait, je te signale au passage que Wolton, Mattelart et Breton
ne sont pas les seuls universitaires à travailler sur le net. de
nombreux sociologues travaillent justement sur les usages du net. Mais
il est vrai que leurs analyses sont moins spectaculaires. Donc
beaucoup moins relayées par les médias.

PS2 : Quant àl’article de Chemla, je n’ai pas l’intention de m’étendre sur ce point non plus - libre à chacun de lire son texte et de se faire une opinion. Mais à mes yeux, expliquer le développement du net à l’existence d’un "besoin" correspond au "degré zéro" de la pensée et renvoie à une pensée néo-fonctionnaliste dont on pouvait espérer qu’elle ait disparu du paysage intellectuel français - à part en science-po, bien sûr :-).

Amicalement, PF