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> La fin du monde a imperceptiblement eu lieu

21 mai 2001, 11:58, par lefayot

Cher rongeur de soja aux yeux hideusement bridés,

Pourquoi Bouveresse et son petit camarade préfèrent la censure au journal (ce qui me les rend très sympathiques étant donné que je suis un neo-nazi refoulé) ?
Si on admet que B n’est pas agi par la haine de soi ™, ne reste plus qu’une hypothese : B dans un but pédagogique, préfère que les gens n’apprenent rien (no news) plutot que des conneries. En substance : il vaut mieux s’emmerder à compter les poils sur ses bras, plutot que de s’affaler devant la télé. Idéalement, il vaut mieux lire Platon dans le texte, mais ça c’est pour plus tard quand on aura fini de compter les poils.
Oui mais pourquoi ?
Pourquoi, quoi ?
Pourquoi, ne faudrait-il pas s’abrutir ?
On peut supposer que B aime les gens (parce qu’il a vu le gout des autres ou parce que c’est inné). Et qu’il leur veut du bien. En général on essaie d’empecher un ami de devenir obèse en bouffant des beignets de saindoux matin, midi et soir. Pareil avec l’enconnement ...
Ou que les gens se presentant à B comme un reflet de B, il est un peu terrifié de voir à quoi il ressemble (c’est déjà moins altruiste).
Après tout, c’est vrai : les gens, c’est pas toujours un cadeau : Quand ils ne plebiscitent pas les dictateurs qui les écrasent, ils organisent des progromes lorsqu’ils sont en forme ou croivent vraiment que l’avenir va changer s’ils gagnent la coupe du monde de baballe (lorsqu’ils sont plus policés).
C’est vrai quoi : laissons les legumes s’abrutir entre Gala et le 20 heures, et essayons de profiter des espaces de libertés qui demeurent.
Oui, je sais, c’est pas bien : c’est pas beau d’être egoiste.
Mais si on ne peut pas sauver tout le monde, essayons au moins de sauver ceux qui ont envie de l’être.
L’ennui, c’est que l’industrie du formatage de l’être, quand elle se met en branle, ne fait pas de detail : les espaces de libertés se restreignent pour tout le monde. Et en particulier pour ceux qui croyaient pouvoir s’en tirer en passant entre les mailles du filet.
Admettons.
Mais on pourrait aussi se dire que B (et K) essaient de préserver un monde totalement idéalisé (fin 19e, debut 20e), monde des scribes et des bourgeois première époque (rigoristes, frustrés et économes), monde de l’information faible et du concret connu et borné. Monde des totalités (le peuple, la nation, l’humanité, l’Occident ...).

Nous n’en sommes vraiment plus là. La sexualité n’est plus révolutionnaire, la caisse d’épargne est ringarde, et l’info, ce dont on manque désormais le moins, constitue une sorte de bande-son pour supermarché.

Dans ces conditions, y’a-t’il encore un sens à vouloir sauver une humanité dissoute pas loin des caisses enregistreuses ?

L’action peut-elle ne pas se résoudre à être autre chose qu’un lobbying destiné à sauver ce qui peut-etre sauver pour ceux qui peuvent l’etre (ou veulent l’etre) ?

Ou même se la jouer TAZ-like, en pur electron libre ? Après tout le contrôle total, façon panopticon n’est pas le but du système ™ ; mais bien plutot un sous-produit ; à mon avis contre-productif de surcroit : Ce qui est important c’est que les gens crachent au bassinet, dans la joie et la bonne humeur de préférence. Pas besoin de les fliquer pour ça. En fait, c’est aussi un fantasme paranoiaque debut de siecle. Tout ce qu’on veut, c’est un grand complexe pour consomateurs hedonistes d’un coté, et un ghetto avec miradors de l’autre (pour les pauvres). Idealement. Le complexe pour hedonistes devra laisser des pistes ouvertes dont certains pourront profiter. (n’importe quel marketeux sait que la recup d’aujourd’hui, ce sont les marchés de demain).

Que devient la subvertion dans ces conditions ? Quelle possibilité de libérer les gens du lager avec les miradors ?

Et d’ailleurs, comment peut on encore défendre « plutot la censure que le journal » alors qu’on est a une epoque du journal avec la censure ?

Hein ?

C’est vrai quoi d’abord !