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> Internet et la fin de la création

9 mars 2001, 01:40, par CUP

Imaginons un instant que la prophétie s’accomplisse et que demain le Web deviennent une sorte de gigantesque bibliothèque multimédia où seraient stockées toutes les données de l’humanité

- Mais c’est incontournable !

C’est bien que ce soit gratuit.

- Gratuit ? Vous avez une boule de cristal ? Jusqu’à maintenant, si vous avez accès à de la gratuité, s’est que quelque part ça s’est payé ! Croyez-vous un instant que les transcontinentales n’arriveront pas à apposer leurs sceaux sur chaques produits qui en passant sont déjà sous le sceau CUP/UPC. Dense en lignes titre le Protégez-Vous (Québec) du mois de janvier 2000 à la page 40 de sa revue. Pierre Frisko l’auteur du texte écrit : On en a collé sur le bec de Pingouins ou le derrière d’abeilles pour suivre leur évolution. Même les puces — d’ordinateur — en sont envahies. Décidément, les codes à barres sont partout.

C’est la tyrannie du libre, comme disent les chiens de garde.

- À mon avis c’est plutôt l’appât du libre afin de créer de nouveaux besoins. Sauf que jamais vous n’aurez accès à un authentique Van Gogh par exemple parce qu’il n’y a que quelques puissants sur la planète qui arrivent à se le permettre. En ce qui vous concernes vous n’aurez toujours accès qu’à des copies (y compris les futur copies plus réalistes que les originaux qui seront peinte par des robots)

Évidemment, reste le problème du droit d’auteur, des copyrights, tout ça.

- Il n’y en n’a pas de problème ! En fait le problème s’est de les faire respecter, et ce n’est pas donné à des gens comme nous, mais aux puissants.

Déjà, on peut se demander si, de ce fait, la Culture, la plus haute des activités humaines (dit-on), pourra résister à cette gratuité.

- Évidemment ! N’importe quel grand peintre contemporain par exemple, n’a aucune difficulté avec ça.

Peut-on rester sur un piédestal quand quiconque peut grappiller comme un promeneur cueille des fleurs dans la campagne ?

- Bien certain ! En quoi la vie de Picasso aurait été dérangé parce que la population se fait des copies de ses oeuvres ? Qui peut prétendre avoir un vrai Picasso chez lui ? Voilà la vraie question.

Ce qui est à tous peut-il intéresser ces fameux tous ?

- Oui ! C’est comme ça ! Les fleurs sont à tous, mais il n’y a que ceux et celles qui les mettent en gerbe qui en tire profit. À l’inverse le tous peut pisser dans le fleuve parce que le cours d’eau ne lui appartient pas en propre, et ça va prendre un futé qui dépollue pour lui revendre une eau qui au départ pouvait être buvable.

Comme chacun sait (ou devrait le savoir), le capitalisme, c’est l’invention ou plus exactement l’organisation de la rareté.

- Désolé, mais le capitalisme s’est la centralisation des biens par une poignée de semblable ( les plus fort) qui doivent s’organiser pour que ce qu’ils vendent soit accessible sinon ils s’étranglent eux même.

La valeur est corrélée à la rareté.

- Faux ! La valeur est celle que l’on achète psychologiquement.

Dans ces conditions, les items culturels ne bénéficient de la vénération des fidèles que du fait qu’ils sont à la fois uniques et difficiles d’accès.

- La définition la plus stupides que je n’ai jamais lu !

Ou s’ils ne sont pas difficiles d’accès, ils sont placés dans des endroits ad hoc, des cathédrales pour le nouveau dieu, les musées. [1]

- Un musé n’est pas une référence.

Walter Benjamin s’était déjà affolé de la possibilité de reproduction infinie des items culturels que permettaient les temps modernes.

- Pourquoi ? Parce qu’il ne pouvait plus prétendre à être l’unique possesseur.

Il s’ensuivait une perte d’aura de l’item !

- La Porshe est une voiture qui perd son aura vous dites ?

Inutile d’aller plus loin, votre opinion ne peut conduire qu’à une poubelle.