Tout ce machin est écrit au conditionnel et est sous-titré De la prospective à deux balles. Tout un programme. J’ai
développé une hypothèse de travail, si on veut, et si quelque
chose, meme de très marginal, pouvait advenir de ce que j’ai
écrit, j’en serais le premier surpris.
Tu parles de valeur financière et tu glisses sur la
valeur personnelle que chacun donne aux objets
culturels.
D’abord, on ne donne pas une valeur personnelle à un item
culturel, enfin pas majoritairement. C’est la culture dans
laquelle on est immergée qui lui en donne un. Presque par
définition. La culture, elle-même, n’a de valeur que pour
autant que notre société lui en accorde une. Un Eskimo
débarquant de sa banquise natale n’en à rien cirer de la
Venus de Milo. Ca parait être un point de détail, ce que je
viens de dire là, mais c’est justement fondamental dans ce
que j’essaie d’exprimer : c’est la société qui donne aux
gens à penser que tel ou tel truc a de la valeur. On ne peut
pas dire que je glisse de la valeur financière à la valeur
personnelle et que je n’ai pas le droit de le faire. Je n’ai
d’ailleurs jamais parlé de valeur financière. Mais de valeur
tout court - si tant est que ça existe ; la valeur que la
société donne à tel ou tel item.
Ensuite effectivement la culture ne s’effondre pas du fait
des biblis. Certes. Mais je parlais d’un futur plus ou moins
proche. Où la bibli ne contiendra pas seulement des livres
mais en fait, tous les items culturels que l’on peut
désirer. Ca change la perspective, non ?
Je ne parle pas d’etourdissement du à la multitude. Je dis
simplement que du fait qu’on n’a que 24 heures par jour et
que ce temps peut être occupé dans la Grande Bibliotheque
Numerique (GBN). Sans problème. Ou du moins, le temps non
occupé à se livrer à des activités sociales.
Pour ce qui est de l’aura, je me reférais plutot à la
conception de Benjamin, selon laquelle l’oeuvre d’art (la
grande) possède une aura intrinsèque qui s’étiole dans la
reproduction (je simplifie, là). Je prolonge le raisonnement
et dis que si en plus de la reproduction , on a l’accès
illimité, l’aura tombe à zero. Je dis pas que c’est bien ou
mal, je prolonge Benjamin. C’est assez caractéristique d’une
conception somme toute religieuse de la Kultur (plutot
frequente de nos jours), qui exige un certain mystère (et
des mystères). Et n’oublions pas que le dieu monothéiste est
par definition unique (et donc non reproductible).
La culture muséifiée n’est pas de la mauvaise culture. C’est
ça le drame. Les plus beaux tableaux du Greco ou de Goya
sont dans des musées. Et de mon point de vue, ce sont des
chef-d’oeuvres absolus. D’ailleurs, et pour en revenir à mon
article, en ce qui me concerne, la GBN serait super, pour
apprécier et re-apprécier ces tableaux. Et je n’aurais pas
besoin d’aller voir dehors. C’est la satisfaction, et la bonne satisfaction qui tue(rait) la creation. Si le désir
est tué par la quasi-realisation virtuelle de tous les
désirs, où est le mal, sur le fond ? Oui, sans désir, pourquoi
faire des choses ou allez voir eventuellement ce qu’on fait
les comptemporains ?
Voila, voila ... Mais je me repète : c’est vraiment une pure
prospective faite dans ma tête entre deux cafés ....
Cher you.
D’abord un truc :
Tout ce machin est écrit au conditionnel et est sous-titré
De la prospective à deux balles. Tout un programme. J’ai
développé une hypothèse de travail, si on veut, et si quelque
chose, meme de très marginal, pouvait advenir de ce que j’ai
écrit, j’en serais le premier surpris.
Tu parles de valeur financière et tu glisses sur la
valeur personnelle que chacun donne aux objets
culturels.
D’abord, on ne donne pas une valeur personnelle à un item
tout court - si tant est que ça existe ; la valeur que la
culturel, enfin pas majoritairement. C’est la culture dans
laquelle on est immergée qui lui en donne un. Presque par
définition. La culture, elle-même, n’a de valeur que pour
autant que notre société lui en accorde une. Un Eskimo
débarquant de sa banquise natale n’en à rien cirer de la
Venus de Milo. Ca parait être un point de détail, ce que je
viens de dire là, mais c’est justement fondamental dans ce
que j’essaie d’exprimer : c’est la société qui donne aux
gens à penser que tel ou tel truc a de la valeur. On ne peut
pas dire que je glisse de la valeur financière à la valeur
personnelle et que je n’ai pas le droit de le faire. Je n’ai
d’ailleurs jamais parlé de valeur financière. Mais de valeur
société donne à tel ou tel item.
Ensuite effectivement la culture ne s’effondre pas du fait
des biblis. Certes. Mais je parlais d’un futur plus ou moins
proche. Où la bibli ne contiendra pas seulement des livres
mais en fait, tous les items culturels que l’on peut
désirer. Ca change la perspective, non ?
Je ne parle pas d’etourdissement du à la multitude. Je dis
simplement que du fait qu’on n’a que 24 heures par jour et
que ce temps peut être occupé dans la Grande Bibliotheque
Numerique (GBN). Sans problème. Ou du moins, le temps non
occupé à se livrer à des activités sociales.
Pour ce qui est de l’aura, je me reférais plutot à la
conception de Benjamin, selon laquelle l’oeuvre d’art (la
grande) possède une aura intrinsèque qui s’étiole dans la
reproduction (je simplifie, là). Je prolonge le raisonnement
et dis que si en plus de la reproduction , on a l’accès
illimité, l’aura tombe à zero. Je dis pas que c’est bien ou
mal, je prolonge Benjamin. C’est assez caractéristique d’une
conception somme toute religieuse de la Kultur (plutot
frequente de nos jours), qui exige un certain mystère (et
des mystères). Et n’oublions pas que le dieu monothéiste est
par definition unique (et donc non reproductible).
La culture muséifiée n’est pas de la mauvaise culture. C’est
ça le drame. Les plus beaux tableaux du Greco ou de Goya
sont dans des musées. Et de mon point de vue, ce sont des
chef-d’oeuvres absolus. D’ailleurs, et pour en revenir à mon
article, en ce qui me concerne, la GBN serait super, pour
apprécier et re-apprécier ces tableaux. Et je n’aurais pas
besoin d’aller voir dehors. C’est la satisfaction, et la
bonne satisfaction qui tue(rait) la creation. Si le désir
est tué par la quasi-realisation virtuelle de tous les
désirs, où est le mal, sur le fond ? Oui, sans désir, pourquoi
faire des choses ou allez voir eventuellement ce qu’on fait
les comptemporains ?
Voila, voila ... Mais je me repète : c’est vraiment une pure
prospective faite dans ma tête entre deux cafés ....
Cordialement