Oula, Pierre, c’est la revolte qui gronde ???
Je viens de m’enchainer la totale Madrid, et je m’amuse vraiment. Moins vieux (ancien ??) , je partage avec toi cette drole d’activité de photographe de presse... Et souscri par la meme à l’ensemble de tes propos.(A l’exception de mon amie claudine, peut etre par ce qu’elle à su reconnaitre dans le mauvais photographe que j’étais, une "jeune pousse"...)
Mais quoi ??? Regardons notre congrégation ! Sommes nous plus beaux, plus généreux, plus sinceres que nos tristes commanditaires ? Avec nos affaires d’éthique à 20 centime que nous oublions dés lors que le tres facho Figaro nous offre une garantie à 10000... Nos supposés témoignages objectifs qui sont calibrés sur synopsis bétons. Notre soif de justice et cette belle volonté de changer le monde, entre deux pages de pub...
Ca fait vingt ans que la presse est mariée au beau rève libérale, multinationales aspirentes qui se foutent de changer quoi que ce soit.
Faudrait commencer par s’avouer que l’on gagne notre maigre pitance avec ces images, qu’on les VEND contre de l’argent. Que l’on oeuvre pas en bénévole à l’élévation de la conscience de l’humanité. On témoigne parfois, mais devant des coures remplies de pubs Chanel et Mercedes. Et qu’on monaye ces témoignages.
Alors quoi ? On aimerait trouver en face autre chose que marionettes du grand bisness, des acteurs intelligents et respectueux de la belle aventure du photojournalisme...
Ecoutons les parler les valeureux de Sypagammasygma. A l’heure de la pause café c’est les histoires de sous, de plaques à gros lots, de stories en or qui envahissent les bouches.
Toscani au moins est au courant que ses quatre par trois cherchent à nous vendre des pulls, et nous faignons de ne pas voir que l’ultime voeux de nos clients est de vendre du papier. A des lecteurs qui pleureront une demi page sur le Kosovo avant de voir que les soldes commencent à Monoprix.
J’ai découvert ce métier après avoir compris que les journalistes n’avaient jamais provoqué la fin de la guerre du Vietnam, et que montrer la douleure des opprimés ne provoque qu’un petit frisson fugitif sur l’échine de notre bonne conscience de lecteurs riches et repus d’images.
Aujourd’hui il y en a, des bons, des beaux, des sinceres qui se promenent encore avec la boite à faire des photos. Mais ceux là ont enfin fait le deuil du photojournalisme-qui-va-témoigner-que-le-monde-va-mal et jeter au toilettes leurs illusions sur la presse.
A lire ta conclusion, j’en conclu que tu en es...
Oula, Pierre, c’est la revolte qui gronde ???
Je viens de m’enchainer la totale Madrid, et je m’amuse vraiment. Moins vieux (ancien ??) , je partage avec toi cette drole d’activité de photographe de presse... Et souscri par la meme à l’ensemble de tes propos.(A l’exception de mon amie claudine, peut etre par ce qu’elle à su reconnaitre dans le mauvais photographe que j’étais, une "jeune pousse"...)
Mais quoi ??? Regardons notre congrégation ! Sommes nous plus beaux, plus généreux, plus sinceres que nos tristes commanditaires ? Avec nos affaires d’éthique à 20 centime que nous oublions dés lors que le tres facho Figaro nous offre une garantie à 10000... Nos supposés témoignages objectifs qui sont calibrés sur synopsis bétons. Notre soif de justice et cette belle volonté de changer le monde, entre deux pages de pub...
Ca fait vingt ans que la presse est mariée au beau rève libérale, multinationales aspirentes qui se foutent de changer quoi que ce soit.
Faudrait commencer par s’avouer que l’on gagne notre maigre pitance avec ces images, qu’on les VEND contre de l’argent. Que l’on oeuvre pas en bénévole à l’élévation de la conscience de l’humanité. On témoigne parfois, mais devant des coures remplies de pubs Chanel et Mercedes. Et qu’on monaye ces témoignages.
Alors quoi ? On aimerait trouver en face autre chose que marionettes du grand bisness, des acteurs intelligents et respectueux de la belle aventure du photojournalisme...
Ecoutons les parler les valeureux de Sypagammasygma. A l’heure de la pause café c’est les histoires de sous, de plaques à gros lots, de stories en or qui envahissent les bouches.
Toscani au moins est au courant que ses quatre par trois cherchent à nous vendre des pulls, et nous faignons de ne pas voir que l’ultime voeux de nos clients est de vendre du papier. A des lecteurs qui pleureront une demi page sur le Kosovo avant de voir que les soldes commencent à Monoprix.
J’ai découvert ce métier après avoir compris que les journalistes n’avaient jamais provoqué la fin de la guerre du Vietnam, et que montrer la douleure des opprimés ne provoque qu’un petit frisson fugitif sur l’échine de notre bonne conscience de lecteurs riches et repus d’images.
Aujourd’hui il y en a, des bons, des beaux, des sinceres qui se promenent encore avec la boite à faire des photos. Mais ceux là ont enfin fait le deuil du photojournalisme-qui-va-témoigner-que-le-monde-va-mal et jeter au toilettes leurs illusions sur la presse.
A lire ta conclusion, j’en conclu que tu en es...